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Dangerous travel for food and water

Dim 19 Nov 2023 - 17:56

Février 2016

Bientôt un an et demi que Joyce et moi nous étions terrées dans son appartement. Notre base, notre fief, notre refuge. Le bâtiment entier était vidé de ses habitants. Ça ne nous empêcher pas d'avoir parfois la visite d'inconnus... Heureusement nous avions vu sur la rue et connaissions chaque recoin pour nous cacher jusqu'à leur disparition. La plupart du temps, il s'agissait de chineurs, seuls ou en petit groupe. Mais notre plus grande peur restait les gens à la peau déchiré, défiguré, les cannibales entre la vie et la mort. Peu importe comment on s'en défend, ils finissent toujours par se relever.

Chaque sorties jusqu'ici ont été de véritables moments de stress. Je crois qu'on ne s'y habituera jamais. Mais l'effort est obligatoire si on veut vivre. Survivre. Espérer revoir les militaires un jour et se dire que tout ça va être fini. On se doit de ramener tout ce qui peut être utile. Sans se surcharger pour pouvoir fuir rapidement sans rien abandonner.

Joyce vit la situation bien plus mal que moi. Ma famille aussi me manque, mes parents me manquent. Moi aussi j'ai peur de mourir chaque jour que Dieu fait. Les siens ne sont pas si loin. Elle a juste peur de s'aventurer trop loin. Alors que dire des miens qui sont à l'autre extrémité du pays ? Je prie chaque soir pour eux et en voyant mon amie déprimée de jour en jour, je m'efforce d'être forte pour deux. Parce que je suis une O'Malley. C'est difficile mais j'en suis capable.

*****

Il fait froid ce 14 février. Ou peut-être sommes nous le 15, ou le 16. On a dû oublier de cocher quelque cases sur le calendrier que nous avons dessiné par nos propres moyens. Les gargouillis de nos ventres sonnent l'alerte d'un ravitaillement nécessaire. Avec appréhension, il va falloir sortir. Pour le moment nous observons par la fenêtre, silencieusement le passage d'un groupe de boiteux affamés mais je signale qu'une fois la voie libre, je m'y collerai.

Chacune son tour désormais, les sorties à deux étaient prescrites après être rentré et avoir vu l'appartement dévasté et nos provisions envolée.

Habillée chaudement, revolver cachée dans mon dos, sac en bandoulières contenant un briquet, une lampe torche et une boîte de raviolis, esperant trouver de l'eau (et bien d'autre choses) sur le chemin, laissant le peu qu'il reste à ma camarade, je sais d'avance qu'il va falloir faire des kilomètres pour ça. On doit élargir notre périmètre car il ne reste plus rien dans les alentours. C'est donc non sans mal, plusieurs arrêts pour me cacher des groupes de morfales, que je finis par atteindre une ville nommée Puyallup.

Sauf que j'ai dû marcher des heures... Et que le ciel s'assombrit déjà. Après tout nous sommes en hiver... J'aurais dû prévoir ça. Mais la faim empêche de réfléchir correctement. J'ai froid, j'ai les jambes en compote, j'ai la tête qui tourne. J'suis exténuée.

Je dois m'abriter avant de m'écrouler. Le vent commence à souffler et j'ai les oreilles qui sifflent... Je suis en danger.
Pas le choix, je répère une boutique d'antiquités. Personne n'a besoin de ça alors je m'y engouffre, pas forcément sûre de moi.

Peur d'y trouver un mort mais avant même de pouvoir sortir ma lampe torche, j'entends le cliquetis d'une arme et je sais ce que ça signifie...

"Tirez pas s'il vous plaît..."

Mon cœur manque de sortir de ma poitrine et des larmes parlent sur mes joues directement. Je manque de vaciller... Je veux pas mourir ! Je ne veux pas être volée, nous avons galéré pour avoir le peu que j'ai emporté et j'ai faim ! Je ne veux pas... Non ça je ne préfère pas y penser... Les vivants sont un danger et je viens peut-être de signer pour vivre quelque chose d'horrible en choisissant cette enseigne.

"Je... Je... m'appelle Chiara... j'ai... j'ai que... sei... seixe ans... je...viens.... de... de... New-York et... et... j'ai une famille aimante..."

Ces mots sortent malgré moi de ma bouche, la voix chevrotante, entrecoupées de sanglots que je n'arrive pas à maîtriser. Mais c'est mon cerveau qui s'est mis en mode survie. En se rappelant de ce reportage sur les tueurs en série, il y a longtemps. Il disait que pour avoir une chance de survie il fallait s'humaniser au maximum pour passer de proie, à être humain aux yeux d'un taré. Le faire hésiter, réfléchir si tel est le cas. En tout cas je suis tétanisée.

"Je... su... suis seule et... et perdue..."

Ce n'était ni faux, ni vrai mais inutile de mentionner Joyce.
N'osant pas faire de mouvement brusque, même celui de lever les bras, par quelques clignements d'yeux, je finis par percevoir vaguement le visage de l'homme qui me tient en joue.

Alors par instinct, avec espoir, je décide de jouer sur une corde qui pourrait lui être sensible car il me semble pressentir qu'il aurait plus ou moins l'âge de papa.

"J'ai... J'ai jamais fait de mal à personne monsieur..." Exceptée cette garce d'Alicia au 5th Grade, en lui arrachant une bonne poignée de cheveux parce qu'elle m'avait piqué mon amoureux. "Je... Je suis la seule fille de... de... mon père. Il... Il s'appelle Patrick... Ne tirez pas... J'ai... une arme dans le... dos... je l'ai trouvé... sur... un... un... cadavre qui ne bougeait pas... Je... je... vous la donne mais... me faîtes pas de mal s'il... s'il vous plaît..."

Je n'arrive pas à m'arrêter de pleurer, ni de sangloter entre chaque mot... Ni de trembler...


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Chiara O'Malley
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Re: Dangerous travel for food and water

Dim 19 Nov 2023 - 22:49



Il avait fallu quelques jours à Janek pour se convaincre que la décision d’abandonner le groupe était la bonne. Il avait agi par instinct, et après coup sa conscience le taraudait comme un tison chauffé à blanc. Mais il continuait à se persuader qu’il n’avait pas eu d’autre choix. S’il était resté, il serait probablement mort. Ou pire.

Depuis Seattle et le stade, ils avaient avancé lentement vers le Sud puis l’Est. Renton les repoussa, après qu’ils aient du abandonner une bonne partie de leurs possessions à un groupe plutôt agressif. Ils continuèrent vers le Sud, et trouvèrent un abri à Kent, où ils durent attendre que les températures remontent un peu. Une foutue tempête les cloua sur place un bon moment, rendant les déplacements nécessaires à rechercher de quoi manger très compliqués. Quand ils purent enfin bouger, certains membres du groupe voulaient aller vers l’Ouest, mais le plus logique était de continuer vers le Sud sans trop s’éloigner de la côte, pour profiter de températures plus douces.
Après d’âpres discussions, le groupe se divisa. Ceux qui le voulaient mirent le cap vers Covington, le reste ‒ dont Janek ‒ continuèrent vers Auburn.

La neige leur fit perdre leur chemin, et ils se retrouvèrent sur Lakeland North. Ils y passèrent plusieurs jours pour faire le plein, sans grand succès. Le peu qu’ils arrivaient à trouver ne leur permettait qu’à se nourrir pour la journée, mais pas de faire des provisions, même en rationnant.

L’une des sorties de ravitaillement avait poussé l’équipe assignée à rencontrer un problème assez sérieux. Impossible de savoir quoi, mais après trois jours à les attendre, il était possible de raisonnablement penser qu’ils ne rentreraient plus. Janek, qui était resté pour sécuriser le campement en l’absence du gros des troupes, devait se rendre à l’évidence.
Ceux qui restaient représentaient davantage des difficultés qu’une aide véritable. Des bouches à nourrir et peu d’utilité, soit à cause de leur âge ‒ trop jeune ou trop avancé ‒ soit de leur forme physique.

Au milieu de la troisième nuit d’attente, alors que la majorité dormait, il feignit de partir pour une ronde, rassembla quelques affaires, et abandonna le groupe.

Il gagna Lakeland South assez rapidement pour réaliser à quel point le groupe le ralentissait. En revanche, il réalisa aussi vite que la recherche de nourriture et d’équipement utile l’empêchait d’avancer efficacement, et qu’il devrait revoir son organisation sur le sujet.

Il trouva un endroit où s’installer provisoirement, à Milton. Là, il trouva assez de nourriture pour tenir plusieurs jours de suite. Avec ça, il pourrait reprendre la route, jusqu’à sa prochaine halte. Au fond, c’était curieux de penser de cette façon, comme s’il avait un objectif, une destination, parce que… parce qu’il n’en avait pas !

Il faillit se faire dépouiller en se retrouvant pris entre deux feux. Deux groupes, plutôt bien armés, s’affrontaient pour un territoire, visiblement sérieusement disputé. Même s’il ne pouvait s’empêcher de se dire que l’endroit devait abriter d’intéressantes et nombreuses quantités pour mériter une guerre si farouche, il savait aussi ne pas être en mesure de s’y mêler. Il préféra trouver son chemin et contourner la zone.
Sa route le mena jusque Puyallup, qui avait l’air plutôt calme.

Janek s’étonna même de ne pas voir beaucoup de Mâcheurs ici. Les quelques uns qu’il avait croisés, jamais plus de trois ou quatre à la fois, il avait pu les éviter sans mal.
Le vent, lui, avait forci, rendant le froid plus mordant que les jours précédents. À en juger par la luminosité, c’était le milieu d’après-midi. L’estomac de Janek lui indiquait que le dernier repas n’était pas si lointain, ce qui lui confirmait son impression.
Une rapide réflexion l’amena à se dire qu’il serait temps de trouver un abri pour la nuit à venir. Il y avait assez de commerces et d’habitations dans le secteur pour ça, et il pourrait même s’arrêter deux ou trois jours, histoire de faire ses courses.

Janek s’arrête devant une large vitrine couverte de plaques de bois.
Victoria sells antiques & collectibles. Ce genre d’endroit pouvait renfermer de belles trouvailles, en termes de matériel. Avec un peu de chance, il y trouverait même un lit décent, ou des vêtements.

Il chercha un accès, et trouva une fenêtre entrouverte dans la ruelle à l’arrière. Un container poubelle pour grimper, sa hachette pour faire levier, et il termina de se créer une entrée. Moins de deux minutes et le voilà à l’abri du vent et du froid.

Il resta immobile et silencieux un instant, cherchant tout son trahissant une présence. Rien. Il pouvait commencer un tour de reconnaissance.
Le magasin semblait s’étendre sur deux niveaux. Il se contenterait du rez-de-chaussée pour l’instant. Au bout de dix bonnes minutes, rien à signaler. Il commence donc à regarder les objets restés dans les rayons, comme s’ils attendaient une prochaine réouverture.

Il se figea sur place quand un bruit se fit entendre. Puis un autre. Il se tourna vers l’origine, pour voir une porte qu’il n’avait pas vue au départ. Une issue de secours. Quelqu’un cherchait à entrer, et y arriverait sans doute.
Sa hachette à la main, mais ne sachant pas ce qui allait lui faire face dans quelques secondes, Janek sorti en plus son pistolet.
Au moment où la porte s’ouvrit ‒ silencieusement, étrangement ‒ il arma le marteau.


« Tirez pas s'il vous plaît… Je... Je... m'appelle Chiara... j'ai... j'ai que... sei... seixe ans... je...viens.... de... de... New-York et... et... j'ai une famille aimante… J'ai... J'ai jamais fait de mal à personne monsieur… Je... Je suis la seule fille de... de... mon père. Il... Il s'appelle Patrick... Ne tirez pas... J'ai... une arme dans le... dos... je l'ai trouvé... sur... un... un... cadavre qui ne bougeait pas... Je... je... vous la donne mais... me faîtes pas de mal s'il... s'il vous plaît... »

Putain, une gamine. Janek détestait ces situations. N’importe qui, y compris lui, aurait tendance à baisser la garde face à un gamin. Ça pouvait amener à des situations compliquées. Mais cette fille, si elle avait bien l’âge qu’elle prétendait avoir, pouvait être menteuse, manipulatrice, dangereuse, tout autant qu’inoffensive. Il allait falloir le déterminer. Janek choisit de jouer la carte de la prudence.

« Sors ton arme, doucement, en la tenant par deux doigts. Pose-le devant toi, et pousse-la avec le pied. »
Il attendit qu’elle s’exécute, tout en observant chacun de ses mouvements, son arme à lui toujours pointée.
« Tu es seule ? Où sont les autres ? Ton père ? »

Une gamine de cet âge, seule, c’était louche. Elle pouvait être débrouillarde, mais tous les ados que Janek connaissait seraient bien incapables de se nourrir par eux-même. Elle chouinait, certes, mais ça pouvait aussi être du baratin.
Il dévisagea la jeune, détaillant sa tenue et ce qu’elle portait. Elle semblait voyager léger, ce qui voulait dire qu’elle devait avoir un campement dans les environs. Ou qu’elle ne possédait rien de plus, ce qui la vouait à une mort certaine dans les prochains jours.


« Je… J’allais manger un peu. Tu as ce qu’il faut ? J’ai assez pour deux. »

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Re: Dangerous travel for food and water

Mar 21 Nov 2023 - 17:03

Voilà donc où je suis amené à cause de mon imprudence et de mon état physique lamentable. Les paupières closes, les joues humides, attendant la détonation qui va m'enlever une vie qui aura été courte...
L'instant entre mes dernières supplications et l'ordre qu'il me donne froidement paraît long mais je manque un sursaut. Il paraît agressif mais je sais que je dois m'exécuter. Si je veux vivre ne serait-ce qu'une heure de plus, une heure qui avec un peu d'espoir, pourrait me permettre de trouver un échappatoire si ce daron me veut du mal.

"Vou... Voi... Voilà..." D'une poussette du plat du pied, mon arme, sortie prudemment comme demandé glissé jusqu'à ses pieds.
Néanmoins, son canon est toujours braqué sur moi... C'est indescriptible comme sensation. Ce n'est plus de la peur mais de la frayeur. Une simple pression voulue ou non sur la détente et c'en est fini de moi. Je viens de Brooklyn Heights, je le sais. Mais je ne veux pas finir les pieds devant avant même ma majorité comme beaucoup de jeunes de mon quartier d'enfance. "Oui... mon...monsieur. Je ne mens... pas... Mon père... Ma famille... Ils sont à New York monsieur..."

Et pourtant j'aimerais savoir ce qu'il advient de papa. De maman. De John, de Roan et même de Finan.

"Il... n'y a pas d'autres..." Concluais-je d'une voix chevrotante, presque hésitante au point d'en avoir peur qu'il se mette à s'énerver et me frapper en pensant que je lui mens... "Juste moi mon... monsieur..."

Pourquoi émet-il cette hypothèse ? Aurais-je dû mentir ? Est-ce que cette question est intéressée ? Pour savoir qu'il peut faire ce qu'il veut de moi , sans que personne ne le sache jamais ? Avec la confirmation que personne ne m'attend, que personne ne sait où je suis ? Que personne ne viendra me chercher ?

Ces pensées affolantes ne volent pas pour autant en éclat lorsque son ton abrupt paraît, légèrement, très légèrement adoucit lorsqu'il me propose un repas... C'est un mélange de surprise et de méfiance qui s'insufflent en moi. Et si c'était pour m'empoisonner ou me droguer ? Mais j'ai tellement froid... soif... et faim...

"J'ai... une conserve de raviolis dans ma besace."

Mais rien pour l'ouvrir évidemment. J'escomptais trouver un endroit tranquille, où trouver quelque chose de métallique et assez tranchant pour ça. Alors de fait, bien que je ne sois toujours pas rassurée, cette rencontre, est-ce que c'est le genre de signe de Dieu dont maman parlait ? Quand il décide de mettre quelqu'un sur notre chemin quand la situation semble desespérée ?

"Une seule boîte... Juste une..." Pour tenir juste ce soir. Mais dans un élan d'honnêteté je confie également. "J'ai aussi un briquet et une lampe torche... mais... mais c'est tout.

Ça me fait quand même bizarre. C'est le premier être humain qui me pose une question. Positive ? Gentille ? Le premier depuis bien longtemps en tout cas. Les autres avec Joyce, nous avons dû où préférés les fuir. En parlant de Joyce c'est aussi le premier avec qui j'échange autre qu'elle depuis bien longtemps. Alors la panique s'estompe légèrement mais la suspicion elle, reste présente.

"Vous... Vous n'allez pas me faire de mal alors ?" J'ai besoin de l'entendre. "Je... peux m'asseoir s'il vous plaît ? J'ai la tête qui tourne monsieur."

J'entends la voix de mes frères qui m'hurlent "C'est un aveu de faiblesse petite soeur ! Tes faiblesses en vitrine feront le bonheur de tes ennemis !"

Taisez vous bordel ! Vous êtes pas là, vous êtes pas à ma place et je tiens plus debout ! Merde !


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Re: Dangerous travel for food and water

Mar 21 Nov 2023 - 21:44



La gamine déposa son flingue au sol et le poussa du pied. Elle continua à bafouiller des choses sur elle, sa famille, son père…
Janek gardait son arme pointée vers elle, fit un geste avec pour lui faire comprendre de ne pas avancer, et se baissa pour ramasser le pistolet. D’une pression sur le bouton d’éjection, il en fit tomber le magasin. Il pu voir qu’il contenait quelques munitions.
Marchant sur le magasin, Janek fit coulisser la culasse de l’arme pour éjecter la munition chambrée, avant de tendre le pistolet vide à la jeune fille. Il attendit qu’elle l’ai prise et rangée avant de lui rendre le chargeur d’un petit coup de pied.


« Garde tes histoires pour qui ça intéresse. C’est un endroit qui a l’air sûr, tu as de la nourriture, moi aussi. C’est tout ce qu’il y a à dire. On a l’occasion de ne pas s’entre-tuer, de chercher ce dont on a besoin dans ce magasin. Faisons ça. »

Il rangea son arme, et glissa sa hachette à l’étui rudimentaire fixé à sa ceinture. Il jaugea du regard la gamine. Elle ne paraissait pas spécialement forte, ni faible d’ailleurs. Elle n’avait pas non plus l’air en mauvaise santé. Elle avait donc certainement un point de chute, un lieu où elle pouvait être à l’abri, stocker des ressources. Peut-être même des amis. Peut-être qu’elle mentait. Peut-être pas.

« Chiara, hein… Janek. Jan, si tu préfères. Je crois qu’il n’y a pas de Mâcheur au rez-de-chaussée, mais il faut encore vérifier l’étage pour être tranquilles. On y va ? »

Sans vraiment attendre de réponse, il se dirigea vers l’escalier.

Il n’était pas vraiment rare de trouver un commerce qui n’ait pas encore été pillé. Les endroits à être visités les premiers avaient été les commerces d’alimentation, les magasins de sport, les armureries. Les antiquaires semblaient avoir été épargnés, si on en croyait l’état de cette boutique. Rien ne semblait avoir été touché. Aucun désordre dans les rayonnages. Une bonne couche de poussière recouvrait les bibelots répartis sur les différentes étagères.

L’escalier était large, les marches couvertes d’une horrible moquette kaki élimée là où des centaines de chaussures l’avaient piétinée. Janek avançait doucement entre les rayonnages, prêt à n’importe quoi.
Tout en avançant, il balayait du regard l’endroit. Son sac accrocha quelque chose, et un bruit fracassant résonna soudainement.

Les morceaux de porcelaine au sol semblaient provenir d’une vieille soupière blanche à motifs hideux. Mais pas le temps de s’appesantir sur l’inventaire de la vaisselle. Le bruit, sitôt tu, laissa place à des râles.


« Szar... »

Sortant sa hachette, il chercha du regard en direction du bruit. Un Mâcheur sortit de ce qui semblait être un bureau ou une remise, au bout du magasin. Il avançait particulièrement lentement et péniblement. Janek fit un signe à la gamine, lui indiquant de continuer de ce côté, et il bifurqua de manière à se trouver sur la droite, le plus loin possible.

Le Mâcheur sembla décontenancé de voir deux proies pour lui tout seul, et semblait regarder l’homme puis la fille à tour de rôle, comme s’il ne parvenait pas à se décider lequel serait son premier repas.
Finalement, il dut se dire que la jeune chair devait être meilleure ‒ il ignorait si ces trucs pouvaient même penser ‒ et il se remit à avancer vers Chiara.


« À toi l’honneur, on dirait. »

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Re: Dangerous travel for food and water

Ven 24 Nov 2023 - 11:41

Il manipule mon arme avec une aisance qui me surprend. J'ai pu voir grâce à mes frères comment utiliser, manipuler, entretenir un revolver mais il m'aura fallu cinq voir dix minutes pour faire ce qu'il a fait en quelques secondes.

Quand il finit par me tendre l'armée, je n'ai toujours pas bougé d'un pouce et je ne sais pas si c'est une invitation à le faire. En tout cas, il ne comptait pas me le voler et c'est tant mieux. Le chargeur se retrouve à mes pieds et je le laisse là, n'osant pas me pencher pour le ramasser. J'ai une légère hésitation avant d'avancer de quelques pas, mais il semble que c'est une invitation alors je finis par le récupérer délicatement et le replacer là où il se trouvait.

Cependant elle paraît bien inutile sans les munitions et je n'ose pas demander s'il est possible de le réenclencher au vu de la manière dont il m'envoie paître, alors que c'est pourtant lui qui m'a posé ces questions, qui ont amené ces réponses, pour ensuite balayer vulgairement tout ce que je venais de lui raconter.

"Mais... C'est pas des histoires... C'est vous qui m'avait demandé."

J'suis perplexe mais la tension redescend tout de même. Il parle de manger, de ne pas se faire de mal et de fouiller notre point de chute. C'est tout ce que je demande.

Il a l'air calmé, range son équipement d'attaque. Même si bon, vu son air bourru, papa le définirait sûrement comme un "gros con". Un gros con prénommé Janek du coup. Ou Yanek. J'ai pas bien compris alors ça sera Jan, comme il me l'autorise. Plus facile à retenir et à prononcer.

"Enchantée."

C'est lâché dans un souffle à peine audible, à peine pensé. Et lorsqu'il mentionne que le rez-de-chaussée est sécurisé, ce que je crois sinon nous aurions déjà été importuné, il finit par mentionner l'étage et avant même que je commence à balbutier pour lui rappeler que je suis à bout de force, il ne me laisse pas le temps d'émettre le moindre balbutiements, qu'il me tourne le dos, ne me laissant pas le choix.

J'obtempère non sans prier en secret pour que l'étage soit aussi calme. Je marche à ses côtés dans les escaliers poussiéreux, histoire qu'il garde cette soudaine confiance en moi. Qu'il ne pense pas que je compte lui jouer un tour en l'attaquant dans le dos...

J'essaie d'inspirer, d'expirer, d'avancer prudemment en observant le moindre mouvement quand un fracas me fait sursauter, suivi d'un juron qu'il lance dans une langue incompréhensible, suivi de ce que je redoutais le plus. L'apparition d'un cannibale.

J'obéis en me plaçant sur la gauche du couloir, le voyant sortir sa hachette sans pour autant prendre les devants. De mon côté, je finis par ressortir l'arme de mon dos et essaie d'y placer le chargeur mais mes mains tremblent et je n'y parviens pas.

Le mordeur semble hésiter et j'ai l'impression qu'il semble me faire une offrande en me laissant essayer de me battre contre la créature qui finit après une intense réflexion, s'ils en sont capables que je serais le casse-croûte parfait. Ça me laisse en tout cas le temps de réussir à charger mon arme et y enlever le cran de sécurité.

Un léger regard sur mon partenaire de fortune et je tire, une fois, puis deux, puis trois mais aucune des balles qui se plantent dans son torse ne le fait tomber.

Un honneur hein ? L'honneur de finir agripper, être renversée au sol avec la gueule qui claque proche de ma jugulaire et ce n'est que grâce à l'adrénaline que j'arrive à éviter qu'il y parvienne sans pour autant réussir à le repousser.

"Aidez moi ! AIDEZ MOI !"

Merde ! Je sais pas comment on fait ! J'ai vu des gens le faire mais j'ai jamais compris comment ! Avec Joyce nous avons pu y parvenir une ou deux fois mais ce n'était que des coups de chance !

Moi ils me font peur ! Ils sont horribles ! Ils tombent en lambeaux et ils puent !

Mais d'un coup la lutte s'arrête, j'entends la hachette fracturer les os pourris de ce monstre et je ferme les yeux tandis qu'une giclée de sang vient maquiller mon visage. Et je fonds en larmes en utilisant mes dernières forces pour dégager le cadavre écrasé contre mon buste. Je n'arrive même pas à articuler un remerciement, ni à me relever. Je reste là allongé sur le sol crasseux à sangloter... Je suis vidée.


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Re: Dangerous travel for food and water

Lun 27 Nov 2023 - 22:19



Janek voulait tester la gamine. Elle lui paraissait tellement fragile qu’il ignorait même comment elle avait survécu à ce merdier jusqu’à maintenant. Clairement, parce qu’elle faisait partie d’un groupe. Seule, elle n’aurait aucune chance. Et pourtant, elle semblait bien seule dehors avant d’arriver ici. À moins que d’autres n’arrivent bientôt, ne la voyant pas ressortir.

Toujours était-il que le Mâcheur s’approchait d’elle, avec une lenteur inébranlable, et la ferme intention de se faire un repas. La petite réussit à réapprovisionner son arme et à la charger. La prise de visée est sommaire… mais au moins elle la pointe dans la bonne direction.

Trois coups sont tirés, et Janek était surpris de les voir toucher leur cible. Seulement, atteint à la poitrine, le décharné continuait d’avancer, comme si rien ne s’était passé. C’était à peine s’il avait tressailli sous les impacts.
Il franchit les derniers pas qui le séparaient de sa proie en claquant des mâchoires.

Lorsqu’il referma ses mains maigres et poisseuses sur la pauvre gamine, celle-ci chancela et tomba à la renverse, le mort sur elle prêt à lui lacérer le visage de ses dents saillantes.


« Aidez moi ! AIDEZ MOI ! »

Il la laissa se débattre encore un peu, mais manifestement elle ne s’en tirerait pas sans un coup de main. Avec un soupir, il tira sa hachette de son étui, avança vers le Mâcheur, et enfonça la lame de la hachette dans l’occiput échevelé. Les râles et les claquements de dents s’arrêtèrent net, de même que le tonus musculaire. Le corps désormais bien mort s’affala de tout son poids sur la jeune fille, qui le repousse comme elle peut pour s’extraire.

Alors qu’elle pleure, Janek récupère sa hachette et en essuie nonchalamment la lame sur les vêtements du cadavre.


« Si tu veux les tuer, c’est la tête qu’il faut viser. C’est radical. Les blesser ne sert à rien. C’est comme s’ils ne sentaient rien. Ça ne les ralentit même pas. »

Il se baisse pour faire les poches du cadavre, sans succès. Il le retourne, contemple le visage émacié, bouche béante, yeux vitreux grands ouverts. Comment ces trucs pouvaient-ils marcher, grogner, manger ? Comment la Nature avait-elle permis une telle chose ?

En se relevant, Janek regarda Chiara. Seule, cette gamine ne finira pas la journée. Il n’avait pas vraiment prévu de jouer les nounous, mais… Aussi étonnant que ça paraisse, même pour lui, il avait des scrupules à la laisser.

Lui laissant le temps de se remettre, il alla inspecter l’endroit d’où était sorti le cadavre. Le bureau du gérant, à en juger par le mobilier. Un meuble qui servait de table de travail, avec un vieil ordinateur éteint, des tas de papiers, de factures, un cendrier à moitié plein, un paquet de cigarettes entamées et un briquet. La poubelle était pleine de papiers froissés et de canettes vides. Dans un coin, une tablette supportait une cafetière vide. Les murs étaient tapissés d’un papier-peint verdâtre, délavé, et un tableau de liège y était fixé, lui-même plein de notes, photos, bons de commandes, mémos, punaisés à sa surface.
Une fouille sommaire ne donna rien, mais Janek ramassa les cigarettes et le briquet. Il ne fumait pas, mais il savait que ça lui servirait. Ça pouvait être une belle monnaie d’échange.

Revenant vers la fille, il la trouva dans un état à peine meilleur, toujours remuée.


« Ça ira. Tu n’es pas blessée ? Il ne t’a pas mordue ? »

Elle irait bien. Pour l’instant. Janek entreprit de quadriller les rayons à la recherche de matériel.

« Ça serait bien le diable si on ne trouvait pas un ouvre-boîte pour tes raviolis, ici…  »

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Re: Dangerous travel for food and water

Mar 5 Déc 2023 - 15:36

J'ai le souffle coupé et je suis prise de frisson quand enfin le corps est dégagé. Ma voix est étranglé par un sanglot.

"Me... Mer... Merci."

J'ai failli y passer... J'ai eu une peur bleue que ce vieil inconnu me laisse me faire dévorer...

Mais l'homme n'en a que faire de mes remerciements et du choc qu'il vient de me faire subir. Il ne fait que m'apprendre, sur un ton que je trouve légèrement condescendant, qu'il faut donc broyer le crâne de ces satanés morts-vivants. La tête donc ? C'est horrible de se dire qu'on y a jamais pensé avec Joyce autant que de se dire qu'on l'aurait fait sciemment si on avait su. Et elle le saura à mon retour.

Tandis que je me relève difficilement, en inspirant et en expirant profondément, une main sur mon abdomen pour reprendre contenance, essuyant ensuite les billes salées qui roulaient encore sur mes joues d'un revers de la manche restée non ensanglantée par l'effusion produite au contact de la hachette avec la créature, lui se la joue détrousseur.

Je le vois récupérer un paquet de cigarettes et mon cerveau me rappelle les deux vulgaires soirées étudiantes auxquelles j'zi pu participer ici, loin de la surveillance de mes frères.
J'en veux, cette sensation d'avoir la tête qui tourne, qui est vide, les muscles se relâchant quelques instants sous les effets de premières tzffes qui nous arrachent les poumons. A chaque bouffée mais ça serait un moindre mal pour évacuer la pression que je ressens depuis mon entrée chez cet antiquaire.

"Je... peux en av... avoir une ?"

S'il le veut bien. En attendant il semble s'inquiéter de mon état... Mais je ne suis pas dupe. Il a mis du temps avant d'enfants se bouger pour me sauver, alors je réponds précipitamment et sans hésitation, ni bégaiement cette fois :

"Non, rien à signaler."

Je préfère attendre d'être hors de son champ de vision pour vérifier si je dis vrai. Si l'adrénaline manque de me faire ressentir la douleur d'une hypothétique morsure.

Parce que je suis sûre que presque aussi bon qu'il essaie de paraître depuis qu'il a baissé son canon, je ne peux pas totalement lui faire confiance. Qui me dit que si j'avais répondu par l'affirmative, il ne m'aurait pas déjà abattu sur le champ ou même juste abandonnée ici.

En le voyant commencer à continuer ses "emplettes" si je puis dire. En fouillant les rayons de cet étage, j'en profite donc pour aller inspecter la pièce d'oû venait le charognard. Et j'y inspecte mon corps... Bonne nouvelle, j'ai dit vrai, je vais vivre.

J'inspecte ensuite l'endroit. C'est poussiéreux et bordélique. On dirait qu'il s'agissait du bureau du propriétaire des lieux. Mon œil scrute la pièce. Un vieux planche, une tapisserie en moquette rouge absolument horrible. Mon œil s'arrête sur chaque meuble présent. Un fauteuil rapiécé, un miroir mural plein de traces de doigts ensanglanté qui me fait tresaillir. Un vieux pupitre orné de factures dispersés au milieu de quelques billets de banque... Et du reste une armoire que je m'empresse d'ouvrir.

A l'intérieur, rien de bien intéressant. Des vêtements, de vieilles montres, de vieux bijoux... Ca aurait pu avoir de la valeur avant tout ça. Mais, derrière un vieux carton plein de pochettes cartonnées, un vieux coffre-fort est dissimulé. Je préfère le garder pour moi... Qui sait, je pourrais revenir plus tard et être surprise par son contenu.

Dans l'autre pièce, j'entends l'homme parler de ma nourriture et je me dis que je fais bien de la jouer cachotière. C'est donc moi qui va payer à manger ce soir ?

"Pourquoi pas l'ouvrir avec votre hachette ?"

Y'aurait moyen non ? Pas en la déglinguant comme un cadavre ambulant mais avec un peu de doigté ?
En attendant, il a pas tort alors j'reprends :

"Rien de ça dans le bureau en tout cas... A part pas mal de paperasses." Mentis-je sans réellement le faire. "Où est-ce que vous voulez que je fouille ?" En somme, quels rayons n'a-t-il pas fait ? "Et pour une cigarette ? J'vais me faire foutre ou bien ?"

Curieusement, j'commence à faire la O'Malley pour le coup mais je retiens que ce partenaire de fortune a failli me laisser me faire tuer, que je lui cache un truc alors... Je reprends un peu confiance. Ou j'essaie de le lui faire croire.

"Et vous, vous avez quoi à manger ? Vous aviez dit en avoir pour deux ?"


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