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Re: I am with you

Mer 13 Sep 2023 - 21:19

Jebediah F. Krieger ∞ @Jacob E. Ross


Jacob lui apprit qu'il n'était pas bavard. Cela ne dérangeait pas Jebediah : le silence ne l'avait jamais mis mal à l'aise, il se sentait tout à fait l'aise à l'idée de ne pas entendre ou prononcer le moindre mot des heures durant. Mais si on commençait à converser avec lui, Jeb pouvait se montrer très (trop) éloquent, en particulier lorsqu'il pouvait discuter de ce qui l'intéressait. Jebediah faisait rarement dans la demi-mesure : trop ou pas assez, c'était là ce qui le définissait la majorité du temps, pour toutes sortes de domaines.

"Si vous n'avez pas envie de bavarder, vous pouvez me le dire, quand vous voulez. Je comprendrais. C'est bien aussi, le silence. C'est calme."

Cela pouvait être reposant, dans cette communauté grouillante de vie, à l'opposé de l'existence qu'avait mené Jebediah ces dernières années, avec pour seule compagnie son chien. Mais Jeb faisait désormais partie de New Eden, et il devait donc s'accommoder de ces bruits, de ces discussions dans lesquelles il avait du mal à s'intégrer, de ces dynamiques qu'il peinait à comprendre. Jacob lui semblait plus direct que bien d'autres : en cela, c'était rassurant de le fréquenter.

Jebediah avait hoché distraitement la tête quand Jacob avait évoqué le ranch familial, ses propres souvenirs accaparant brièvement son attention. Contrairement à Jacob, il avait pu revenir chez lui, durant cette apocalypse. Mais ce qu'il y avait trouvé... Jeb préférait ne pas y songer, et se focaliser sur le travail qui l'attendait. Tout en s'exécutant, Jebediah évoqua son passé à la ferme, sa dernière remarque poussant Jacob à répéter ses mots à son tour. Pour lui demander de s'expliciter, ça, Jebediah l'avait compris.

Sans s'arrêter un instant, Jebediah laissa les mots couler hors de ses lèvres, trop focalisé sur son ouvrage pour réfléchir pleinement à ce qu'il disait :

"Je suppose, oui. Ce n'est pas à moi de décider si c'était bien pour moi, ou non, ce qu'ils m'apprenaient, ce qu'ils me faisaient. Ce sont eux qui savent. Qui savaient. Je ne suis pas sûr qu'ils soient toujours en vie."

Le cheval qui occupait son box s'amusa à faire tomber le balai de Jebediah, l'obligeant à le ramasser. Jeb ne témoigna aucune forme d'impatience : il était habitué à ce que les animaux agissent et réagissent comme ils l'entendent. Cela ne l'empêchait pas d'effectuer son travail avec zèle. D'écouter, aussi, tandis que Jacob lui contait sa vocation. Jebediah supposait qu'il en était de même pour lui. Il ne s'était jamais vu autrement que les mains dans la terre. Mais peut-être était-ce parce qu'on ne lui avait pas laissé la moindre autre opportunité...

"C'est ce que j'ai appris à faire, travailler à la ferme. Je ne sais pas ce que j'aurais pu faire d'autre. Et c'est trop tard, maintenant."

Ses propos pouvaient sembler fatalistes, mais c'était une simple constatation que Jebediah faisait, relevant la vérité qui était sienne. Travailler la terre, c'était utile pour vivre ici. Pourquoi abandonner cela pour autre chose ? Il ne savait même pas ce qui pouvait l'intéresser. Ou ce dans quoi il pouvait être potentiellement doué, s'il existait seulement un tel domaine pour lui. Tout ce qui était sûr, c'était qu'il savait travailler dans les champs, et avec les animaux. Ca, c'était certain. Concret. Et il pouvait être utile à la communauté, grâce à ça.

Jacob poursuivit la conversation, se confiant à propos de sa femme. Jebediah fut secoué d'un tic nerveux lorsque l'homme évoqua l’institutionnalisation de sa femme. Lui-même n'avait pas connu ce destin : il avait été épargné de cela par sa famille, qui lui refusait strictement une telle possibilité. C'était probablement ce qui l'avait sauvé aujourd'hui : où serait-il, s'il avait été enfermé toute sa vie dans une institution ? Serait-il seulement en vie à ce jour ?

"Mes parents ne voulaient pas. Ils me gardaient à la maison. C'est ce qu'ils ont toujours fait, jusqu'à ce qu'ils aient appris l'existence de la ferme, de Haven. C'était plus simple pour tout le monde. J'étais au grand air, avec d'autres gens comme moi, et eux... ils n'avaient pas à me supporter. C'était le travail de quelqu'un d'autre. Ils payaient pour ça."

Toujours à constater, sans fatalité, sans amertume, sans regret. Juste les choses telles qu'elles étaient à ses yeux, vision déformée par son manque d'estime de soi, par les traumatismes du passé. Il lui fallut un instant pour saisir pleinement ce qu'avait dit Jacob, les implications, et ressentir le besoin de dire quelque chose à ce sujet. La compassion était là, depuis le début de cette conversation : Jebediah avait seulement du mal à l'exprimer.

"Je suis désolé. Pour votre femme. Elle aurait mérité mieux. La ferme..."

La gorge de Jeb se serra brièvement. Il peinait à comprendre pourquoi. Il continua ses propos, sans jamais se pauser dans son travail :

"Ca faisait du bien de travailler. De contribuer. S'il n'y avait eu que le reste, je... je ne crois pas que j'aurais aimé."

C'était pourtant le reste, le plus important, au fond. Ce qui l'avait modelé, forgé, diminué, traumatisé. Ce qui avait déterminé sa vision du monde, d'autrui, de lui-même. Ce qui continuait aujourd'hui à le guider, influant son fonctionnement tout autant que sa manière de penser. C'était ça qui l'avait vraiment marqué. Mais c'était le travail à la ferme que Jeb voulait retenir. Parce que c'était positif. Parce qu'il aimait ça. Parce que cela lui permettait de contribuer. C'était tout ce qu'il voulait : contribuer. Et qu'on lui laisse une petite place en retour.
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Re: I am with you

Jeu 14 Sep 2023 - 9:23

C'est trop tard ? Souffle-t-il en fronçant les sourcils, étonné par la remarque. Sans doute parce que ça ne fait pas parti de ses appréhensions sur le monde. Qu'il a trop foi en son prochain pour penser que l'existence s'arrête à une décision qui n'est parfois même pas sienne. Je suis du genre à croire qu'on peut apprendre, même en étant vieux. J'ai connu des gens qui ont changé de voix à plus de cinquante ans, pour s'épanouir dans un second métier qui leur correspondait plus que le premier, ajoute-t-il.

Il hausse les épaules. Peut-être se trompe-t-il mais son expérience tend à prouver le contraire alors, rien que pour ça, il préfère rester sur son point de vue. Un bref temps passe, et les excuses de Jebediah lui arrache un bref sourire sans joie : Il n'y a pas à l'être, vous n'y pouvez rien, assure-t-il, même si c'est gentil de sa part. Tout ça remonte à trop loin. Elle était dangereuse, pour notre fils, précise-t-il. Alors, pour lui, bien sûr que ça justifie qu'elle soit isolée de la société.

Jacob ne fonctionnerait pas de la même manière pour un autre type de pathologie. Ce qui lui importe, c'est le danger que peut représenter une personne. Je ne crois pas qu'elle aurait pu vivre dans un endroit comme cette ferme, c'était d'où elle venait puisque nous y vivions, et ça ne l'a pas empêché d'essayer de le noyer, explique-t-il. Je ne lui souhaitais pas ça, mais les soignants étaient catégoriques sur le fait qu'elle avait besoin d'une prise en charge lourde. Ceux sont ses parents qui ont dû s'en occuper à ce moment-là, moi, je devais protéger notre enfant, et ensuite, ça s'est terminé comme ça.

Certes, ça n'est pas une belle histoire, mais par son expérience à nouveau, Jacob se dit que ça aurait pu être bien plus dramatique. Ils se sont mariés jeunes, peut-être trop. Il n'a pas su voir la souffrance de sa femme, ses infidélités, la folie dans laquelle elle se glissait progressivement. Vous auriez pu sortir de cet endroit et travailler dans ce domaine ? Ou vous deviez y rester ? Questionne-t-il en fronçant les sourcils, avant de s'approcher du bord du boxe pour observer ce qu'il fait. Nouveau sourire : Il a l'air de bien vous apprécier, fait-il au sujet de l'animal qui occupe l'endroit. S'il vous embête trop, il se calme en général avec une pomme, il y en a dans un seau à l'entrée, ajoute-t-il en désignant la direction : On présente l'aliment dans le plat de la main, ouverte en grand, par sécurité, explique-t-il.


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Re: I am with you

Sam 23 Sep 2023 - 9:44

Jebediah F. Krieger ∞ @Jacob E. Ross


Jebediah haussa les épaules avec une certaine indifférence lorsque Jacob releva l'un de ses propos, arguant qu'il était trop tard pour faire quelque chose d'autre. Après tout, il avait été formé pendant de nombreuses années à travailler dans une ferme sous supervision, et exercer une nouvelle activité impliquerait, à ses yeux, tout autant d'efforts pour pouvoir effectuer ce nouveau job, quoi qu'il soit, avec efficacité. Trop d'efforts et de potentiels changements dans sa routine pour qu'il puisse se lancer dans cette aventure...

"Apprendre, ça demande beaucoup d'efforts. Si je dois fournir ces efforts, je n'aurais pas assez d'énergie pour travailler correctement. Et si je ne travaille pas correctement, je ne peux pas être utile à la communauté. Et si je ne peux pas être utile, peut-être qu'on ne voudra plus de moi ici."

Sa phrase s'était finie avec une certaine alarme, la peur de l'abandon et de la solitude lui saisissant le cœur. Vivre avec d'autres personnes pouvait être fatigant, mais cela n'en restait pas moins essentiel pour Jeb. Ici, il avait un rôle, une place, une routine qu'il pouvait construire. Il n'était pas abandonné à lui-même dans la nature, sans même la compagnie de son chien pour le soutenir. En toute honnêteté, c'était grâce à Buddy qu'il avait survécu aussi longtemps dans ces conditions. Sans lui, il...

Jebediah chassa ces pensées, se focalisant sur ce que Jacob lui révélait. Il grimaça ouvertement lorsque l'homme admit que sa femme était dangereuse pour son fils. En toute honnêteté, il ne savait pas quoi dire de plus sur le sujet, sans risquer d'être irrespectueux. Il n'avait pas d'enfants, n'avait pas connu d'histoire d'amour, comment pouvait-il seulement comprendre ce qu'avait traversé Jacob ? Il se contenta donc d'écouter attentivement, tant et si bien qu'il en oublia brièvement de continuer à travailler. Le cheval eut vite fait de le ramener à la réalité, avec une petite poussée, et, tout en reprenant son ouvrage, Jebediah souffla d'une voix prudente à l'adresse de Jacob :

"Vous avez fait ce que vous pouviez pour votre famille. Personne ne peut vous retirer ça. Je n'ai pas d'enfants, mais je sais qu'ils doivent être la priorité. Et que ça implique des choix difficiles."

Jebediah secoua immédiatement la tête lorsque Jacob lui demanda s'il aurait été en mesure de travailler et vivre seul, avant de réaliser qu'il ne pouvait probablement pas voir sa gestuelle, et de s'expliciter :

"On ne m'aurait pas accepté ailleurs. Dans un endroit non médicalisé. Je n'ai pas le permis, je n'ai jamais appris à vivre seul, et j'avais besoin de mon chien d'assistance au quotidien. Je ne sais pas si j'aurais pu demander à partir, mais si je l'avais fait, je crois que cela n'aurait pas été possible."

L'idée l'aurait terrifié, à l'époque. Quitter la ferme, c'était se lancer dans l'inconnu. Devoir apprendre à gérer toutes ces choses dont il n'avait jamais eu à s'inquiéter : trouver un logement, payer le loyer, avoir un job etc. Y songer était suffisant pour le rendre anxieux. D'une main, il commença à tirer sur ses cheveux, tentant d'évacuer comme il le pouvait la nervosité :

"Mais je pouvais me débrouiller dans ce monde, avec mon chien. Tant que je comprenais comment les choses fonctionnaient, j'étais en mesure de survivre. Et je n'avais pas à m'inquiéter d'essayer d'avoir l'air "normal" ou quoi que ce soit d'autre. Il me fallait juste Buddy, du courage, et j'étais prêt. Mais Buddy..."

Buddy était mort. Et c'était lui qui avait dû l'achever, pour mettre fin à ses souffrances. La pensée lui donna un véritable coup au coeur, et il tira si fort sur ses cheveux qu'il en arracha quelques mèches, souffle court, yeux brillants. Il secoua la tête, caressant doucement la croupe du cheval, le contact l'aidant progressivement à s'apaiser :

"Il est gentil. Je vais lui donner une pomme. Je sais comment faire."

Son ton s'était fait bien plus atone, en réponse à la détresse qui l'avait si subitement envahi. Il s'empara d'une pomme, lui délivrant la friandise avec délicatesse et expertise. C'était loin d'être la première fois qu'il nourrissait un cheval : il savait s'y prendre. Les bêtes, c'était sa passion. Il les aimait tant...
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Re: I am with you

Sam 7 Oct 2023 - 15:01

Je ne crois pas qu'on vous mettra dehors dans tous les cas, sauf si c'est ce que vous voulez, plaide-t-il doucement. Peu importe si les gens ne sont pas aussi bons qu'ils le devraient selon les attentes de certains, on ne demande pas toujours la main d'oeuvre de réfléchir de toute façon. La masse, par ailleurs, doit être silencieuse et canalisable, sans se faire parasiter par des pensées douteuses. Nous ne sommes pas des monstres, quoi qu'on en dise, ajoute-t-il, en essayant de s'en convaincre aussi. Parce qu'ils doivent surtout réparer les erreurs passées, et puis, celles qui ne s'expliquent plus aujourd'hui.

Il souffle un temps et baisse le regard au retour de Jebediah. C'est ce que sa famille lui a répété souvent, et il reconnait ces mots parce qu'il pourrait les réciter par coeur. Il n'est pas responsable, il n'a rien fait. En réalité, il n'a surtout rien vu, et il portera la culpabilité dans son coeur jusqu'à sa mort. Il n'a pas vu les abus de sa femme, il n'a pas vu sa douleur, son instabilité, il n'a pas vu le diable se nicher dans son âme pour s'y faire une place. Il n'a eu connaissance des amants qui ont foulé ses draps qu'après, il a décidé en plus de jouer les aveugles, d'être sourd à tout ça. Jacob a fait des choix pour protéger Victor, sans se douter que cet enfant ne pourrait pas être totalement le sien.

Peut-être est-il trop naïf. Peut-être s'est-il marié trop jeune. Il n'en sait rien, il a fait ce qu'on a attendu de lui, pendant longtemps. Vous aviez un chien, relève-t-il, en sortant la tête de ses pensées pour les mettre derrière lui. J'ai un ami, qui est maitre chien. Il dresse tout type de chien, notamment pour sortir avec mais... Il songe à River. Il doit être occupé. Il est sans doute possible de vous en dresser un. C'est ce qu'il a fait avec Rover et Darwin qui m'aident avec le bétail, explique-t-il d'un ton ferme, en esquissant un sourire lorsque Jebediah vient donner une pomme à sa monture. Vous vous y prenez très bien, assure-t-il, avant de retourner à son travail. Le temps doit bien passer.


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Re: I am with you

Sam 28 Oct 2023 - 15:10

Jebediah F. Krieger ∞ @Jacob E. Ross


Jebediah n'était pas entièrement convaincu. Même s'ils n'excluaient pas les gens en général, Jeb ne pouvait s'empêcher de penser que, peut-être, ils feraient une exception pour lui s'il venait à se faire indésirable. Parce qu'il n'avait jamais vraiment trouvé sa place nulle part. Parce qu'on ne lui avait jamais réellement fait de place. Comment ne pas être convaincu qu'il pourrait être rejeté à tout moment ?

"Non, vous n'êtes pas des monstres. Mais c'est comme ça que le monde marche, pour les gens comme moi."

Il était plus facile d'écarter ce que l'on ne comprenait pas, de repousser ce qui était différent. En particulier dans un environnement aussi cruel et impitoyable. La nécessité de survie effaçait la culpabilité, faisait fléchir l'altruisme, pour mieux accepter les horreurs à commettre pour pouvoir continuer. Jebediah savait qu'il avait besoin d'une communauté pour tenir le coup, mais eux, avaient-ils besoin de lui ? Assez pour passer outre les préjugés ?

Changeant de sujet, Jeb avait tenté d'apporter son réconfort à Jacob, de lui faire comprendre que, à ses yeux, il n'était pas responsable de ce qui était arrivé. Il n'avait jamais été le plus doué avec les mots, mais il essayait. Il ne pouvait pas rester indifférent à ce qu'avait traversé l'homme et sa famille. Jebediah était incapable d'être indifférent tout court. Il éprouvait trop, intensément, même si cela n'était pas toujours perceptible chez lui.

Parler de Buddy était toujours douloureux. A s'en arracher les cheveux. A en pleurer. Ses yeux étaient toujours brillants de larmes lorsque Jacob s'exprima à son tour, lui laissant savoir que, peut-être, son ami pourrait lui dresser un autre chien. L'idée était tentante, mais... mais Jeb n'avait pas encore fait le deuil de Buddy. Il ne savait pas s'il y arriverait un jour. Pas après la manière dont il avait dû abréger les souffrances de sa pauvre bête.

"C'est gentil."

Jebediah renifla, laissant couler les larmes avant de les essuyer frénétiquement, tentant de se focaliser sur son travail pour éviter que ses émotions n'éclatent trop violemment.

"Mais je crois que je ne suis pas prêt. Je... hmm... Buddy et moi, c'était spécial. Des fois, je me dis qu'il m'aimait plus que n'importe quelle personne ayant fait partie de ma vie. Je ne veux pas le remplacer."

Jebediah savait que ce n'était pas une manière saine d'avancer, de considérer la mort de son animal. Mais comment faire autrement ? S'imaginer un autre chien à la place de Buddy était un crève-cœur. Et il ne pouvait s'empêcher de songer qu'il finirait par lui réserver le même sort. Que ce monde le blesserait, et que Jeb serait forcé de l'achever. Encore.

La nervosité de Jebediah était contagieuse. L'homme pouvait sentir le cheval commencer à s'agiter. Prenant une profonde inspiration, Jeb se força à se calmer, tout en faisant son possible pour apaiser la bête. C'était le plus important à cet instant. Pas les souvenirs. Pas les regrets. Pas la douleur. Le travail. Et ce cheval dont il devait prendre soin.

"Je fais de mon mieux."

La pomme qu'il avait donné avait aidé à calmer le cheval. Malgré tout, Jebediah savait que l'animal sentait sa propre agitation. Qu'il en faudrait peu pour le stresser. Ce n'était pas ce qu'il souhaitait. Jeb aimait trop les animaux pour imaginer leur faire du mal, d'une façon ou d'une autre. Le box étant nettoyé, Jebediah passa aux soins délivrés à la bête, concentré sur sa tâche, mutique à cet instant. Ce ne fut que lorsqu'il en eut fini, s'extirpant du box après une dernière caresse, qu'il s'autorisa à nouveau à parler :

"Merci. De m'écouter. De me donner ce travail. Je... hmm... Ca fait du bien de prendre à nouveau soin de chevaux. Comme avant."

Avant que tout ne bascule. Avant que le monde ne devienne ce qu'il était actuellement.

"Je vais passer au prochain box. Il reste beaucoup de travail."

Cela ne lui venait pas à l'idée de prendre une pause. Il n'était pas épuisé, après tout.



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Re: I am with you

Dim 19 Nov 2023 - 13:04

Ce n'est pas vraiment dans l'idée de remplacer, mais plutôt de faire de la place pour un être qui nous appréciera inconditionnellement, ajoute Jacob. L'avantage avec les animaux, c'est probablement que leur affection n'a évidemment pas de condition. Lorsqu'ils décident de nous faire confiance, il y a quelque chose de très gratifiant dans la manière qu'ils ont d'aimer. De terriblement simple. Jacob se doute que tout le monde ne voit pas les choses comme lui, mais il laisse son expérience parler pour lui de ces certitudes qui sont désormais les siennes à ce sujet.

Cela dit, je comprends ce que vous voulez dire par-là, précise-t-il simplement en haussant les épaules. Il scrute Jebediah d'un oeil distrait, en ayant l'impression qu'il n'a pas vraiment besoin de le surveiller pour l'instant. L'homme s'en sort bien tout seul, et maintenant, c'est une histoire de confiance à tisser. En lui évidemment, et entre eux. Si demain, ma monture devait mourir, je ne pourrais pas en reprendre une comme ça. J'aurais besoin de temps et surtout, d'apprendre à connaitre les autres pour m'y attacher naturellement, explique-t-il. Jacob n'aimerait pas l'idée de le perdre.

Mais il doit se faire quand même à l'éventualité. Tout le monde meurt, et ça, l'homme l'a vécu bien avant, avec des gens proches, qu'il a pourtant aimé inconditionnellement. On finit par tout perdre, d'une manière ou d'une autre. L'idée est de voir le chemin qu'on est prêt à accepter parmi les autres. Et surtout, avec qui. Bien sûr, allez-y, fait-il avec un petit signe de la main, comme pour inviter Jebediah à faire comme chez lui.

Les deux hommes s'échinent dans un silence concentré, entrecoupé de quelques morceaux de conversation. A un moment, Jacob est appelé par son supérieur, Elijah, qui lui demande son avis sur l'homme qu'il lui a trouvé pour la journée. Haussement d'épaules, Jacob ne cherche pas plus loin. Il est bien. Lorsqu'il revient dans le haras, Jebediah n'a pas bougé, et s'applique toujours : Vous voulez faire une pause ? Propose-t-il en lui désignant de quoi boire, et pourquoi pas, de quoi manger également. Ca ne lui fera pas de mal.


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Re: I am with you

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