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Hayun Ye-Jin [en cours]

Sam 29 Avr 2023 - 20:50


HAYUN YE-JINMy standards are fine. You just have to live up to them.

Prénom(s) : Hayun
Nom : Ye-Jin

Date de naissance : 4 septembre 1981
Âge : 41 ans

Ville de naissance : Yangpyeong (province de Gyeonggi, Corée du Sud)
Métier : Ingénieure électrique
Groupe : The Remnants

avatar : Bae Doo-Na

what i am


Qualités
Observatrice
Patiente
Intelligente
Maîtrisée
Empathique

Défauts
Austère
Pointilleuse
Intransigeante
Anxieuse
Asociale
Equipement :
C'est quand tout s'effondre qu'on réalise qu'on ne possédait en réalité pas grand chose d'essentiel. Ce qu'Hayun a de plus cher, aujourd'hui, c'est une matraque télescopique troquée au No Man’s Land. Elle n’a pas eu à l’utiliser depuis plusieurs années, maintenant, mais continue de travailler sa maîtrise en adaptant des techniques issues de l’hapkido.    
Détails physiques :
Hayun est petite, autour de 1m60. Assez menue, elle donne une impression d'énergie contenue, animée par une musculature nerveuse qu'il est facile de sous-estimer. Ses gestes sont précis, économes. Tout, dans sa façon de bouger comme de s'exprimer, semble chercher la justesse. A première vue, elle a l’aspect de quelqu’un que l’Apocalypse a relativement épargné ; mais sous les vêtements, le côté gauche de son corps raconte une histoire différente.    

Evolution psychologique

"Dans un monde comme celui-ci, s’attacher n’a pas beaucoup de sens. Ce n’est pas leur faute, pas réellement, mais les autres vous utilisent. Pour survivre s’ils sont faibles, pour survivre mieux s’ils ne le sont pas.

Tout organisme se construit autour de la tension vers sa propre survie, individus comme sociétés. Il est futile de le leur reprocher, encore plus futile de prétendre que ce n’est pas le cas.

L’autonomie, matérielle, intellectuelle et émotionnelle, est la seule voie possible. Pas la solitude, qui n’est pas une stratégie de survie viable sur le long terme, mais la conscience que ce que vous êtes n’est précieux que pour vous-même et que chaque trait autorisé à exister en vous doit être soit une force, soit une monnaie d’échange contre la force de quelqu’un d’autre.

Ce n’est pas de la misanthropie, vraiment. Je trouve les êtres humains remarquables, singulièrement et collectivement. C’est juste de l’observation."

Vingt ans plus tard, l’Apocalypse zombie n’a pas fait changer Hayun d’avis.



Story of survival

Pré-apocalypse

“Je me souviens que ma première impression de Seattle a été une étrange sensation de familiarité. Pas avec la ville elle-même, encore que la Space Needle aurait pu service de brouillon pour la Namsan Tower de Séoul, dans son rétro-futurisme absurde. Non, c’était le cadre, le paysage, la nature, les montagnes au loin - et ce quelque chose d’indéfinissable dans l’air qui me rappelaient la maison.

Je serais volontiers remontée dans l’avion.

Il n’y a pas grand chose à dire d’une enfance à Yangpyeong. J’étais généralement seule, sauf quand mes parents s’inquiétaient de mon développement et organisaient des playdates. Ce n’était pas plus enthousiasmant pour les autres enfants que pour moi, mais les petits Coréens ne sont pas élevés à remettre en question leurs aînés ; pas à mon époque, en tous cas. Alors nous nous saluions, nous jouions en silence, puis nous nous disions au revoir poliment et partions chacuns de notre côté, soulagés d’en avoir fini pour cette fois. Eux sans doute plus encore que moi.

Je n’ai jamais trouvé la compagnie des autres enfants très fascinante. Les choses auxquelles ils s’intéressaient, les dynamiques dans lesquelles ils s’investissaient, me paraissaient à la fois assez rudimentaires dans leur principe et d’une complexité sociale épuisante. Mes centres d’intérêts suffisaient à m’occuper et suscitaient en moi une joie paisible que je n’étais pas capable de mettre en mots. Comprendre comment les choses marchaient, le plus souvent en les démontant, généralement en les remontant, souvent en les augmentant, c’était là que mes pensées s’apaisaient. Là qu’était ma place.  

Par chance, on reproche rarement à une petite fille de ne pas être assez remuante, et mes parents ne faisaient pas exception.

J’ai passé le suneung en novembre 1997, l’année de mes 16 ans. Les non-Coréens ne s’imaginent pas ce que représente cet examen, chez nous. Je me souviens du trajet avec mon père, du nombre de policiers dans les rues qui escortaient les candidats. Nous étions les seuls à circuler : le jour du suneung, toutes les entreprises ouvrent plus tard de façon à ne pas entraver notre parcours et risquer de causer un retard à des adolescents qui préparent ce jour depuis une décennie.

Je l’ai obtenu, avec 400 points sur 400, comme il se doit. Apprendre que ces résultats m’avaient valu une bourse prenant en charge la totalité de mes frais universitaires à la Seoul National University (une des SKY - l’équivalent de vos Ivy Leagues) n’était pas une surprise, mais a néanmoins représenté un grand soulagement pour ma famille. Nous n’étions pas riches. J’allais pouvoir étudier.

A mon arrivée à Séoul au printemps 1998, j’ai rapidement réalisé que, dans ce nouveau contexte, provenir d’un milieu modeste revenait à faire pour la première fois de ma vie l’expérience d’un retard dans le cursus - un cursus dont je découvrais l’existence. Le mépris discret de mes camarades mettait en évidence mes manquements : j’ignorais comment m’habiller, me comporter, comment sourire et quand le faire, le niveau de finesse adéquat pour mes plaisanteries, le degré de cynisme judicieux pour mes enthousiasmes, les subtilités de la façon de s’adresser à mes professeurs et l’angle auquel m’incliner devant eux. C’est assez fascinant, la cruauté des élites quand leur regard se pose sur un objet qui ne se trouve pas à sa place.  

Je ne leur en ai pas voulu ; j’étais en tort. Ces compétences, nécessaires pour devenir qui je voulais être, me faisaient défaut. A quoi bon en tirer de la rancoeur ? J’ai simplement travaillé plus.

L’année suivante, je commençais un curriculum accéléré en Electrical and computer engineering. Ce monde me fascinait. Rapidement, j’ai pu avoir mon propre projet de recherche. Il portait sur un sujet dont on commençait alors seulement à explorer les possibilités : le potentiel des smart grids dans l’optimisation de la production d’énergies renouvelables. Ma position en elle-même représentait un intéressant challenge : une jeune femme issue d’un milieu populaire, dans une université prestigieuse, spécialisée dans un domaine de pointe, au début des années 2000, en Corée du Sud.

En 2005, j’obtenais mon Master avec les honneurs. Bien entendu, mes professeurs auraient voulu me voir rester en Corée ; nous étions à cette époque éminemment encouragés à contribuer au développement de la nation. Mais mon plan de carrière avait toujours impliqué l’étranger, raison pour laquelle mes options dès le suneung avaient impliqué aussi bien l’anglais que l’arabe.

Mon choix s’est finalement porté sur l’offre d’une entreprise états-unienne : ConEdison, à New York City. Elle me paraissait offrir le meilleur équilibre intérêt des projets/rémunération aberrante. Ma famille a été triste de me voir partir si loin, bien entendu, mais s’est consolée avec la certitude que me savoir aux Etats-Unis allait impressionner leur petit cercle social. Non pas que le statut social ait encore beaucoup d’importance aujourd’hui, bien sûr. Pas plus que mes parents, et pour les mêmes raisons.

Pour être honnête, New York me choquait profondément. La crudité des gens, des modes de transport, la brutalité des rythmes, les odeurs, le bruit… Je n’ai jamais compris qu’on puisse aimer vivre dans cette ville. S’y astreindre, oui. Mais en tirer plaisir ?

Là encore, les compétences nécessaires pour m’intégrer me manquaient. Mais, différence essentielle : les acquérir n’était pas nécessaire. J’étais étrangère - et donc étrange, de manière inhérente. Quoi que je fasse, j’allais être scrutée pour mes particularismes, mes exotismes. Si je refusais un verre après le travail et expliquais que je me levais une heure avant le soleil pour entretenir mon corps et mon esprit, c’était que j’étais délicieusement coréenne - et non rigide et asociale. Juste… autre ; alien. Aucune autre explication que mes origines n’était nécessaire.

Je sais que pour beaucoup de gens, c’est une violence. Je le comprends. Pour moi, ça a été une libération.

Affranchie des contraintes sociales, à l’exception de celles nécessaires au progrès de ma carrière, j’ai pu me créer la vie qui me convenait ; une vie de routines, calibrée pour moi, ne nécessitant aucune altération, aucun compromis. Parfaitement accordée au fonctionnement de mon esprit et de mon corps. Nourrissante, pour tout mon être.

Bien sûr, parfois, la courbe d’une nuque, le mouvement d’une épaule, un regard curieux, frangé de longs cils… Mais les chemins qui se croisaient la nuit se séparaient le lendemain matin, sans animosité.

Je suis restée à New York jusqu’en 2012, où j’ai, ironiquement, quitté ConEdison pour une jeune entreprise du nom de Tesla. San Francisco m’a immensément mieux convenu que New York, ce qui ne signifie pas que la structure de ma vie ait changé avec le décor. Mais il faut bien reconnaître que ma séance de QiGong matinale, tandis que le soleil se levait sur la ville en contrebas, encore noyée d’un brouillard dont n’émergeait que le Golden Gate Bridge, avait un cachet particulier.

Ma vie aurait sans doute paru terriblement insipide à la plupart des gens. Pour moi, mieux qu’une vie heureuse, elle était exactement la vie que j’avais prévu.

But the best laid plans of mice and men…”


Post-apocalypse



  • Septembre 2015, Four Seasons (Seattle)

“On ne peut pas vraiment parler de hasard, je pense. C’était la première offre d’emploi qui suscitait mon intérêt depuis que j’avais commencé chez Tesla ; mais était-ce l’offre en elle-même ou bien mon malaise grandissant devant ce que nous rapportaient les bulletins d’informations qui m’avait motivée à quitter San Francisco ? Quoi qu’il en soit, le 25 septembre 2015, je refermai la porte de ma suite sur un groom ravi de son pourboire et inspirai profondément l’air de Seattle.

Le Four Seasons était une petite folie. Petite, parce que j’avais les moyens de me le permettre ; mais, tandis que je scannais l’élégance sobre de la pièce autour de moi, une part de mon esprit ne pouvait s’empêcher de la percevoir à travers les yeux de mes parents.

Je sais que c’est trop. Mais cette vue…

La baie scintillait, féérique, dans les dernières lueurs du soleil, l’orange mordoré des nuages suggérant tout juste l’orage à venir. C’était pour cela, pour ce paysage que j’avais choisi cette suite. A cet instant précis, chaque centaine de dollars dépensée me paraissait bien investie.

Vraiment ?

Réalisant avec un sursaut que ma contemplation avait fait dériver mes pensées, je secouai la tête, ramenai mon attention en moi-même et ancrai ma posture dans le sol.

Inspire. Expire. Épaules dégagées, mâchoires décontractées. Ici ; maintenant.

Devenu automatique au fil des années de pratique, le processus ne me prit qu’un moment.

Ding.

J’ouvris les yeux et glissai la main dans ma poche, pour consulter la notification.

Déjà ?

Contenant mon agacement à l’idée d’avoir perdu autant de temps perdue dans ma propre tête, je traversai la pièce et m’agenouillai près de mon sac.

Prendre mon traitement, défaire ma valise, disposer les choses à leur place logique…

Détail par détail, respiration par respiration, une tâche mécanique à la fois, le monde se réorganisait, faisait sens et s’apaisait. Il finissait toujours par le faire.”

  • Fin octobre à début décembre 2015, Four Seasons (Seattle)

“Eomma, appa.
Je ne pense pas que vous lirez cette lettre. Je ne sais pas si vous êtes encore là. Les informations ne sont plus diffusées depuis plusieurs semaines, je ne sais pas comment est la situation en Corée. Mais à la vitesse où les choses se sont passées ici, j’ai peu d’esp-”

“Eomma, appa.
Vous êtes sans doute morts. Je vous écris parce que je ne sais pas quoi faire d’autre pour tenir. Nous dormons à 5 dans ma suite. Grilles baissées, le Four Seasons s’est avéré étonnamment défendable. Mais ses vues imprenables sur la ville, sur ce qu’il se passe en bas, sont devenues notre pire cauchemar. Sans même en discuter, nous avons tous cessé de regarder dehors. Nous nous replions vers l’intérieur et essayons de notre mieux de prétendre que ce sera bientôt fini, qu’on va venir nous chercher et que nous allons rentrer chez-”

“Eomma, appa.
Je n ‘avais pas réalisé. Aucun d’entre nous. Est-ce que c’est un virus ? Cette jeune femme appelait à l’aide, nous l’avons faite rentrer par la porte de service. Elle avait été mordue - mordue ! par quelqu’un dehors. Elle est morte.
Elle s’est relevée.
Comment-”

"Eomma, appa.
Warren Clay (c’est le nom du groom) est une ressource précieuse dans tout ce chaos. Il connait l’hôtel mieux que n’importe lequel des survivants d’entre nous. Il a pu me trouver, discrètement, de quoi poursuivre mon traitement. Mais je sais bien qu’une fois ces tablettes terminées, il faudra faire sans. L’idée me terrifie, absurdement, au regard des sons que nous entendons chaque jour provenir de l’extérieur. Nous n’entendons plus de coups de feu ; c’est déjà quelque chose, encore qu’une partie sombre en moi se doute que ce n’est pas réellement une bonne nouvelle.
M. Donnelley - Henry, puisqu’il insiste pour que je l’appelle par son prénom (ce qui ne vient PAS naturellement à une Coréenne qui s’adresse à un monsieur de quarante ans son aîné), est d’une grande aide. Lui et Lottie Donnelley, son épouse, sont deux des personnes avec qui je partage la suite. Je leur ai bien évidemment laissé le lit. Nous prenons soin d’eux, mais leur gentillesse et leur optimisme nous apportent infiniment plus que ce que nous faisons pour eux.
La vie s’organise. Chacun contribue à l’aune de ses compétences et les choses, étrangement, fonctionnent de façon assez fluide. Je n’aurai pas pensé trouver autant de chaleur humaine, en situation de crise, parmi la clientèle d’un hôtel de luxe. Je suis reconnaissante d’avoir eu tort et j’espère que vous aurez vous aussi trouvé-”

"Eomma, appa.
Je n’ai plus de médicaments depuis plusieurs jours.
C’est dur.”

"Eomma, appa.
Je m’accroche à mes routines. Le QiGong aide - a toujours aidé. Je respire. Une minute à la fois, chaque minute où je respire est une victoire.Ce matin, j’ai assemblé un autel de fortune, pour vous et pour les ancêtres, dans une boite de cigarettes en métal. Elle sent encore le tabac. Peindre et graver l’Ihai de vos noms m’a apaisée un moment.
Nous avons commencé à rationner la nourriture.”

“Si quelqu’un entre ici et trouve cette note : NE RENTREZ PAS dans la Corner Elliott Bay Suite.
Warren Clay est mort. M. Donnelley, Henry-
C’était un arrêt cardiaque, je pense. Il n’a jamais été mordu. Et IL S’EST RELEVE.
Les morts se relèvent tous.
Warren Clay est mort. Il préparait le corps de M. Donnelley pour ses funérailles. Lottie Donnelley n’a pas survécu non plus. Son mari-

Nous quittons l’hôtel. Priez pour nous.”


  • Eté 2016, Seattle

“C’est vraiment pas une bonne idée.”

Dans un monde meilleur, Eddy Hart n’aurait pas été quelqu’un dont j’aurais toléré la voix. Rougeaud, agité et globalement déplaisant, il avait réussi à conserver un certain nombre d’opinions concernant les femmes, les “étrangers”, les homosexuels et les juifs, dans un quotidien où la seule distinction opérante me paraissait être : mort/pas encore mort.

En l’état, tant qu’il insistait pour faire partie de la seconde catégorie, c’était assez pour que je fasse de mon mieux pour lui. Irritant, mais assez.

“Ca l’est. Ils ont quitté le magasin, comme ils le font tous les jours depuis que je les observe. Ces hommes sont dangereux, mais prévisibles.
- D’accord, mais ça veut pas dire…
- Qu’ils n’ont laissé personnes pour surveiller. Tu l’as déjà mentionné. Et comme je te l’ai déjà répondu, leur effectif est resté stable durant les dernières semaines, et tous les membres de leur groupe sont sortis.”

Ils chuchotaient, ou en tous cas Sue Atkinson chuchotait. Eddy Hart faisait partie de cette catégorie de personnes qui n’avaient apparemment jamais eu à apprendre à le faire. Néanmoins, il faisait de son mieux. Les risques d’attirer des marcheurs depuis le toit où nous nous trouvions restaient limités, mais aucun d’entre nous ne voulait répéter l’épisode du mois précédent. C’était à cause d’un éclat de voix que nous avions perdu Louis.

Les yeux noirs et vifs de Sue Atkinson dissimulaient mal son agacement. Tout comme moi, elle savait qu’Eddy n’aurait pas discuté aussi opiniâtrement une stratégie proposée par Louis, ou même Hassan Jafari - dont le genre, apparemment, rachetait en partie la couleur de peau et la religion.

“Oui, mais…
- Ecoute. Hayun pense que ce magasin peut avoir en stock ce qu’il lui faut pour réparer le groupe électrogène. De mon côté, je suis à peu près certaine que ces types n’ont pas touché à cette partie des rayons, parce qu’ils ne sauraient pas quoi en faire. Je pense qu’on est tous d’accord pour dire que ce serait vraiment, vraiment bien d’avoir à nouveau de l’électricité - et il n’y a pas d’autre boutique de ce type à 15 km à la ronde.”

Sue Atkinson avait prononcé cette dernière phrase d’une voix plus ferme et à un volume plus croissant, pour couvrir la nouvelle interruption d’Eddy Hart. Celui-ci, comme le reste d’entre nous, se crispa et regarda en bas avec inquiétude.

“Bon Dieu, Sue, pas la peine de crier…”

Celle-ci ferma les yeux, son visage affichant clairement ce que j’avais appris à reconnaître comme son expression so-help-me-God… Je posai les doigts sur son bras.

“Je pense qu’il n’y a rien à ajouter à ce qu’a dit Sue Atkinson. Tu peux ne pas venir, si tu préfères. Ce serait dommage. Mais personne ne veut t’obliger.
- Ca va, ça va... Je disais juste. Et c’est pas la peine de dire nos noms à chaque fois, comme ça. On est aux States, pas en Corée.”

Je hochai la tête. Hassan Jafari, qui était sagement resté hors de cette énième redite d’une conversation futile, se tourna pour scruter la rue - et cacher son sourire.

“Oui. Nous y allons ?”

Etonnamment, enfin, nous y allâmes.

Je trouvai effectivement dans ce magasin le nécessaire pour réparer le groupe électrogène ; les hommes qui squattaient là ne revinrent pas plus tôt que les jours précédents.

Ni Eddy Hart ni Sue Atkinson ne survécurent aux marcheurs qu’ils avaient enfermés dans l’arrière-boutique.

  • Août 2017, No Man’s Land

“Combien ?”

Je n’étais pas sans savoir que ma voix était sèche et mon ton trop abrupt ; mais passé un certain degré d’épuisement, savoir n’est pas être capable de remédier. Et cette femme m’agaçait.

“Oooh sweetheart, c’est difficile à dire… Ils sont devenus extrêmement rares, tu sais. Enfin - je sais que tu sais. Mais, enfin, tu vois ?”

Je fermai brièvement les yeux. Inspirer, compter jusqu’à cinq, bloquer, expirer, ne pas mettre un coup dans la trachée de cette idiote.

“Oui. Combien ?”

La nomade étira ses lèvres sèches en un sourire jaune. Elle savait bien qu’elle me tenait, et je le savais, et elle savait que je le savais. Si je n’étais pas venue la voir, elle n’aurait jamais deviné que j’étais ce genre-là ; j’avais toujours été capable de le cacher. Mais maintenant qu’elle le savait, elle savourait son aubaine - et la possibilité de me regarder de haut.

“Trente.”

J’écarquillai les yeux, sonnée par son audace.

“Pardon ?
- Trente. C’est un bon deal. On te nourrira une fois par jour, c’est pas rien non plus.
- Je sais ce que vous appelez de la nourriture, Karen Summers. J’apporterai la mienne. Vingt.”

Elle secoua la tête, l’expression faussement désolée de ses traits contrastant avec son regard dur.

“Vingt… Sweetheart, sois sérieuse, s’il te plait. N’importe quel autre camée me donnerait cinquante heures et je te prie de croire que ce seraient cinquante heures pas mal moins tolérables.”

Je lui rendis son regard, sans prendre la peine de dissimuler mon mépris.

“Mais je ne suis pas n’importe quelle camée, sweetheart : je suis une camée qui a les compétences dont vous avez besoin pour transformer le trou à rat dans lequel vous nichez en quelque chose qui commencerait à ressembler à un camp. Vingt.”

Son rictus me fit craindre un instant d’avoir été trop loin ; le temps d’un souffle, je me racontai que ça irait, que je pouvais faire sans - mais la boule d’angoisse dans ma gorge n’en finissait pas de gonfler. Je n’en pouvais plus. Il me fallait quelque chose, n’importe quoi, pour soulager le magma informe qui me tournait dans la tête, m’empêchait de dormir, usait mon énergie. J’avais géré, plus ou moins, ces derniers mois. Mais apprendre ce qui était arrivé à Emerald Freedom, les atrocités que les Remnants avaient commises à Garfield Highschool, m’avait mise à genoux.

Hassan y était.

“Vingt-cinq. Et tu commences demain à l’aube.
- Vingt-cinq. Je serai là.”

Elle me jeta le flacon poussiéreux de Lexomil, qui atterrit sur la table avec un bruit comme un crachat.

“J’espère que tu sais ce que tu fais, parce que si c’est pas le cas, on trouvera une autre façon de te mettre au travail.”

Je hochai la tête d’un air absent et ramassai le flacon.

“Je sais ce que je fais.
- Mmmh mmh. On verra ça.”

Et, dans un ricanement déplaisant, elle ajouta :

“Au pire, on pourra toujours te refiler à New Eden. Wifey ou pute, ceux-là, ils recrutent toujours.”

  • Fin 2019, No Man’s Land

“Eomma, appa.

Je vous écris dans ma tête, ces jours-ci. C’est là que vous existez, dans cet espace qui se crée quand je m’incline devant l’autel que je vous ai bricolé.

Ils disent qu’ils ont un vaccin. Tout le monde dit qu’ils ont un vaccin. Ceux qui ont tué Hassan ont un vaccin.
Je sais que mes compétences sont précieuses, dans ce monde ravagé. Je pourrais attirer leur attention. Je pourrais les amener à regarder dans ma direction, à vouloir me recruter.

C’est trop dur, seule. Survivre, endurer, ne jamais savoir si je verrai le soleil se coucher. Vivre pour rien, pour vivre. C’est trop dur.

Je ne peux pas aller à New Eden. Quelqu’un comme moi, une femme comme moi, je mourrais. Ils me tueraient, directement ou de mort lente. Je ne peux pas prétendre, épouser l’un de leurs violeurs arrogants et faire comme si ma vie en valait la peine. Je ne peux pas.

Mais les Remnants ?

C’est un choix impossible. Tout est impossible. Mes pensées ne me laissent aucun répit et je ne sais pas comment faire.”


  • Début 2022, Kitsap

Hayun se redressa et inspira profondément l’air cristallin. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres.

Comme elle aimait cet endroit…

Entendre les Remnants récemment arrivés de Fort Ward geindre sur les conditions de vie à Kitsap lui donnait toujours envie de rire. Pour elle, une tente dans un endroit sûr, c’était déjà une tente et un endroit sûr de plus que ce qu’elle avait six mois plus tôt. Et le travail, ici, était utile. Reconstruire, aider, mettre à profit ses compétences pour créer quelque chose de pérenne…

La soudaine crispation de ses lèvres ne fut qu’un mouvement infime, à peine remarquable.

Mais ils ont tué Hassan.

Hayun ferma les yeux et força ses épaules à se détendre.

Oui ; ils avaient tué Hassan. Et, elle, ils l’avaient sauvée. Accueillie. Vaccinée. Ils lui avaient fait une place, avaient rendu une forme de sens à sa vie.

Il faudrait bien que ce soit assez pour garder à distance la culpabilité. Elle ne pouvait pas retourner dans le No Man’s Land.

Recomposant son expression, Hayun ferma sa veste et jeta son sac sur son épaule.
Ses yeux, dans la lumière pâle du matin, étaient presque sans larmes.

time to meet the devil

• Pseudo (sur internet) : Ada
• Âge IRL : 35 ans
• Personnage : Inventé [ ] / scénario/prédef [X]

• Voulez-vous un parrain pour vous aider sur le forum ? Oui [X] / Non [ ]
• Voulez-vous bénéficier de la méthode inclusive ? Oui [X] / Non [ ]

La méthode inclusive vous permet de commencer le jeu directement avec le Maitre du Jeu. En optant pour cette prise en charge, vous terminez votre fiche directement avec un animateur pour qu'il puisse vous intégrer à une intrigue en cours de jeu.

• Code du règlement Ok Val

fiche (c) langouste.
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Re: Hayun Ye-Jin [en cours]

Sam 29 Avr 2023 - 20:51

Bienvenue Hayun !
Bon courage pour finaliser ta fiche !





Light this world

ANAPHORE
Neela J. Yeo-Jeong
Neela J. Yeo-Jeong
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Re: Hayun Ye-Jin [en cours]

Sam 29 Avr 2023 - 20:52

OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

Super choix de prédef, je suis trop contente ! Bienvenue par ici Hayun, bonne rédac Wink
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Re: Hayun Ye-Jin [en cours]

Sam 29 Avr 2023 - 20:56

Aaah c'est cool de voir ce perso pris !! drama

Bienvenue par ici Hayu' et bon courage pour la fin de ta fiche ! :smile35:
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Re: Hayun Ye-Jin [en cours]

Sam 29 Avr 2023 - 20:58

Ahah merci pour votre accueil et votre enthousiasme ! J'avoue que je m'éclate à chercher la voix de ce personnage. To be continued cheers
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Re: Hayun Ye-Jin [en cours]

Sam 29 Avr 2023 - 21:00

Bienvenue par ici !  :smile6:  Hayun Ye-Jin [en cours] 1342238320
Ça fait plaisir de voir ce prédef être pris ! ** bonne rédaction à toi !



bienvenue sur le forum !


Te voilà fraîchement inscrit(e) sur The Walking Dead RPG ! Après avoir lu consciencieusement le règlement du forum, voilà quelques petites choses à retenir pour tes débuts parmi nous :

1 – Le délai pour finir ta fiche est de 10 jours. Un délai supplémentaire peut être accordé par un membre du staff sur demande.

2 – Si tu as oublié de le faire avant de t'inscrire, jette un petit coup d’œil aux bottins des noms, des prénoms, des métiers et des avatars.

3 – Lors du choix de ton avatar, il est important de bien respecter ces deux points du règlement : Les images choisies doivent être cohérentes avec le contexte, et l'âge de ton personnage avec l'aspect physique de ta célébrité.

4 – Afin d'éviter les RP répétitifs d'intégration dans un camp, nous te conseillons d'intégrer ton personnage à un groupe dès son histoire !  Si tu choisis d'intégrer le groupe des Travelers, il te faudra conserver ce statut durant 1 mois minimum avant de pouvoir t'installer dans l'un des groupes sédentaires.

5 – Si tu comptes jouer un Remnants et que ton personnage est intégré au camp avant juillet 2019 dans son histoire, il se peut que celui-ci ait été vacciné contre le virus qui transforme en rôdeur. Pour savoir si c'est le cas, rendez-vous ici.

6 – Si ton histoire comporte des personnages que tu souhaiterais proposer en Scénario, sache qu'il faudra également patienter 1 mois et être actif en zone RP.

7 – Une fois ta fiche terminée, signale le dans ce sujet AVERTIR ▬ FICHE TERMINÉE.



Bonne rédaction !


ready for the fight
and fate


Awards:
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Valérian Zacharias
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Re: Hayun Ye-Jin [en cours]

Dim 30 Avr 2023 - 2:51

Bienvenue par ici, et bon courage pour le reste de ta fiche ! :099:
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Re: Hayun Ye-Jin [en cours]

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