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Thaddeus 'Todd' Russel

Sam 20 Juin 2020 - 15:17

Thaddeus 'Todd'Russel

WHO AM I
- Informations personnage -
Nom : RUSSEL
Prénom(s) : Thaddeus
Âge : 47
Date de naissance : 08/12/1973
Lieu de naissance : Woodinville, WA
Nationalité : Américaine
Groupe : Travelers
Ancien métier : Barman & musicien
Célébrité : Corey Taylor
- Défauts -
Impulsif
Sadique
Violent
Menteur
Méfiant
- Qualités -
Inventif
Volontaire
Observateur
Rustique
Persévérant

WHAT'S IN MY HEAD

- Psychologie du personnage -

La personnalité de Todd, comme c'est le cas de n'importe qui, a été forgée par ses expériences.
Depuis l'enfance, c'est quelqu'un d'impulsif, qui ne sait pas prendre des décisions réfléchies. Il agit à l'instinct, ce qui peut parfois le mettre dans des situations délicates. Il s'en sort souvent bien grâce à son inventivité, qui le pousse aussi souvent à mentir, soit par nécessité, soit par plaisir. D'ailleurs, c'est d'autant plus drôle que Todd est quelqu'un qui se méfie de tout et de tout le monde, comme s'il craignait que l'Humanité toute entière soit indigne de confiance.
Volontaire, il se montre toujours présent quand on a besoin de lui. Une fois qu'il arrive à dépasser sa méfiance naturelle, Todd est capable de se montrer serviable, voire amical. En revanche, il est fortement déconseillé de trahir sa confiance, car il est capable de colères fracassantes, et se montre fréquemment violent. Une fois lancé, il ne sait pas se mesurer, et il est difficile de l'arrêter, d'autant qu'il semble prendre du plaisir à cela,  et aime infliger de la souffrance.
Todd sait voir tout ce qu'il y a à voir d'un seul coup d'œil ou presque. En bon observateur, peu de détails lui échappent, ce qui fait de lui un bon éclaireur, particulièrement utile pour repérer des ressources ou tout autres choses, mais aussi pour espionner ou traquer.
D'ailleurs, Todd sait aussi très bien tenir le coup dans des conditions qui auraient raison des plus robustes. Cette rusticité, il ne se l'explique pas, mais elle est bien là. Peu de sommeil, peu de nourriture, beaucoup d'efforts, chaleur, froid, peu de choses l'affectent réellement. Bien entendu, comme tout le monde, il a ses limites, mais elles semblent difficiles à atteindre.
Mais sans doute la plus grande qualité de Todd, c'est sa persévérance. Ses expériences passées, particulièrement ses addictions, lui ont inculqué la nécessité de ne jamais abandonner. C'est sans doute ce qui a fait de lui un survivant, et non un Boîteux.


WHAT AM I MADE OF

- Physique / équipement -

Todd est ce qu'on appelle râblé. Guère très grand avec son mètre soixante-dix, il se maintient dans une forme convenable, et s'il était autrefois un peu plus épais, il s'est stabilisé autour de soixante-dix kilos.
Blond, un rien roux (mais il ne l'assume pas), il a connu des extravagances capillaires pendant sa jeunesse, mais se contente d'un coup de ciseaux et de rasoir pour ne pas ressembler à un homme des bois. Ses yeux bleu semblent changer d'intensité selon son humeur, mais ça n'est qu'une illusion. Pourtant, beaucoup jureraient les avoir vu s'éclaircir alors qu'une colère éclatait.
Todd n'a rien d'exceptionnel. Ni grand, ni très costaud, ni difforme, ni rien, si ce n'est son cou qui paraît parfois très large (et qui lui a valu quelques surnoms dans ses jeunes années). Pourtant, il dégage une impression de confiance en lui, avec sa démarche assurée et sa propension à relever le menton.

Son corps porte de nombreux tatouages :

  • Caractères chinois sur le cou ("Papa" et "Mort"), en référence à son père absent, qu'il a toujours cru mort et qu'il ne pourrait jamais connaître.
  • Le chiffre 8 derrière la nuque, qu'il considère comme porte-bonheur
  • "Straight Edge" sur les mains
  • Un "Soleil-lune" sur le torse, illustration de la dualité des gens
  • une panthère bicéphale dans le dos
  • le chiffre 24601 dans le dos (Le numéro de prisonnier de Jean Valjean, son personnage de littérature préféré)
  • Diverses pièces sur les bras destinées à cacher les traces de piqûres


Todd est un fanatique des lames. Il a toujours possédé des couteaux, et ça n'est évidemment pas l'Apocalypse qui le ferait changer. Ne serait-ce que par nécessité. Il en possède deux : un couteau de chasse qu'il porte à la ceinture, et un couteau pliant. Il possède aussi un rasoir droit, dont il ne se sépare jamais.
Il porte également une machette, qu'il garde dans un étui de cuir qui peut se porter dans le dos ou fixé à un sac à dos.
Il garde un Glock 21, récupéré sur le corps d'un policier.


HEAR MY STORY


Thaddeus Russel est né le 08 décembre 1973 à Woodinville, WA
Enfant prématuré de Dan Russel, charpentier, et Rebecca Foster Russel, ouvreuse au cinéma, Thaddeus voit le jour à l'hopital de Woodinville avec trois mois d'avance. Si sa santé n'a pas présenté de problème particulier, Rebecca – qui avait vécu une grossesse difficile – s'inquiétait pour lui bien au-delà du raisonnable. Le cocon de surprotection que la mère bâtissait autour de son fils était tel que Dan ne trouvait pas sa place auprès de l'enfant, et ne la trouvait plus même au sein du foyer, qu'il quitta en février 1974.

La vie d'une maman célibataire et de son fils nourrisson est aussi difficile que ce que l'on peut imaginer, d'autant que la maman dût rapidement subvenir seule aux besoins, le courageux papa ayant disparu du paysage sans laisser de trace.
La difficulté se fit un peu moins lourde du jour où le jeune Thaddeus entra à l'école, où ses premières années se déroulèrent pour le mieux.

Le passage en école primaire marqua le début des perturbations dans la vie de Todd. D'abord par le comportement de sa mère, qui se montrait toujours aussi protectrice envers lui, et plutôt envahissante dans le travail des enseignants. À force de toujours donner des consignes, de prendre des précautions, d'interdire ceci ou cela à son fils, Rebecca – qui ne voulait qu'éviter que de mauvaises choses n'arrivent à son garçon – provoqua ce qu'elle ne voulait pas voir arriver.
Les autres enfants se moquaient de Todd, le bébé à sa môman, le petit trésor fragile. En réaction à cela, Todd s'efforçait d'avoir l'air le contraire de tout ça. Aussi, il eut très vite des ennuis, car il n'avait pour réponse aux provocations que la violence. Mais entre ses colères explosives et les mesures prises par les enseignants, Todd finit par trouver une forme de tranquilité à l'école, où les enfants qui le provoquaient avaient fini par comprendre et le laissaient relativement tranquille.

À passer ses journées au travail, Rebecca n'avait guère le temps pour des relations, et elle n'avait de toute façon pas de place pour cela, toute préoccupée qu'elle était pour son fils. Pourtant, elle parvint à avoir un ou deux hommes dans sa vie, après Daniel. Mais chaque fois, ce fut un fiasco. Pour ne pas l'aider, Todd avait maintenant 11 ans, et il passait à un autre niveau de scolarité, qui allait rendre la vie impossible à Rebecca. Elle n'imaginait simplement pas à quel point.

L'entrée dans ce nouvel établissement scolaire, plus éloigné de chez lui, fut un gros changement pour Todd. Déjà parce que l'emploi du temps de sa mère et le sien, trop différents, ne permettaient plus à Rebecca de le conduire à l'école. Todd devait donc y aller seul, et prendre le bus comme des centaines d'autres jeunes comme lui. L'angoisse était présente chez Rebecca, chaque jour, rien que pour ça. Pour Todd, c'était génial. Il pouvait enfin goûter un peu à la liberté.
Peut-être un peu trop, et tout ça poussa Todd à des comportements que n'aurait pas imaginé sa mère. Pour gagner quelques heures de liberté de plus, Todd commença à mentir, s'inventant des motifs pour rentrer plus tard. Il lui arriva aussi plus d'une fois d'être envoyé en retenue, à cause de bagarres, principalement, et Rebecca n'en fut pas toujours informée, car Todd triait soigneusement les lettres que lui distribuaient les professeurs, ne lui présentant que les moins graves, et signant les autres à sa place.

Todd fit dans cette école quelques rencontres peu recommandables. Notamment avec deux jeunes garçons, qui n'étaient pas précisément des fréquentations qu'une mère aurait voulu pour son fils. Deux petites frappes, un peu rebelles, violents, voleurs, insolents, désinvoltes, bref, des modèles en tout ce qu'il ne fallait pas.
Avec James et Shawn, ils constituaient un trio infernal, et ils régnaient sur la cour de récréation à la force des poings. Ce fut aussi avec James et Shawn que Todd fuma pour la première fois. La cigarette ne lui réussissait pas vraiment, mais Todd aimait se sentir appartenir à un groupe, et en l'occurrence le groupe des gars qui étaient presque des hommes.
Jusqu'à ce qu'il goûte à l'herbe. Son premier joint, Todd l'avait vécu comme une révélation. Chaque sensation, chaque instant qui avait précédé et suivi, les gens avec qui il se trouvait, tout en avait fait un moment qu'il voulait toujours réitérer. Et c'est comme ça qu'il tomba dans la drogue.

Bien sûr, l'herbe, c'est de la drogue douce. Il avait beau toujours goûter des variétés différentes, aucune défonce ne le satisfaisait vraiment. Il lui fallait autre chose, plus fort, plus, plus, plus… Et il obtint ça sans mal, avec son premier fix d'héroïne, proposé suite à un concours de circonstances par Shawn. Todd avait 13 ans et devenait un camé.
Ce comportement se ressentit sur la scolarité de Todd, qui était déjà plutôt moyenne. Son décrochage se concrétisa par la plongée de ses notes, qui ne faisaient que sanctionner son absentéisme.
Todd ne prenait même plus la peine de cacher à sa mère ses absences et ses mauvaises notes, il se contentait de ne pas répondre à ses questions, et s'enfermait dans sa chambre à écouter de la musique pour ne pas l'entendre.

Comme pour de nombreux drogués, la recherche de la défonce toujours plus forte conduisit Todd à l'overdose. Sa première, il l'eut à 16 ans, au terme d'une journée passée seul, durant l'été 1990. Todd avait bossé comme livreur de journaux et s'était fait quelques Dollars, aussitôt engloutis dans l'héro. Pour fêter ça, il s'offrit une journée rythmée par les fix, mais il n'avait jusqu'ici jamais expérimenté de préparer ses doses tout en étant aussi raide. La dernière était bien trop chargée. Ça ne pardonna pas. Lorsque le malaise arriva – rapidement – Todd eut juste le temps de se sortir de l'endroit qu'il squattait, un local technique désaffecté en bordure de la 104ème Avenue, et il s'effondra sur le trottoir. Sa chance fut d'être ramassé par une infirmière qui se rendait à son travail et qui passait là.

Rebecca fut dévastée par le drame. Elle ne savait plus comment gérer ce fils qu'elle voyait dériver sans pouvoir le retenir. Todd, lui, remis de sa mésaventure et rentré à la maison, n'adressait plus la parole à sa mère, sans qu'il ne puisse se l'expliquer.
Une solution fut trouvée, dans l'espoir que ce soit pour le bien de tous : Todd alla habiter à Kenmore, chez sa grand-mère, la mère de Rebecca. Andrea Foster, dite Nana, était une femme à poigne, mais n'était pas comme sa fille et ne comptait pas fliquer son petit-fils. Au contraire, elle comptait bien lui laisser toute sa liberté. En fait, elle avait sa stratégie, et elle était à l'opposé de l'oppression maternelle qu'avait connu Todd.
La règle était simple : il pouvait faire ce qu'il voulait, aller où il voudrait, mais il devait être à l'heure pour les repas. Tout retard se voyant sanctionner par un jeûne forcé. Pareil pour la nuit : passé 22 heures, le jeune trouverait porte close et devrait se débrouiller.

Étonnamment, cette espèce d'autorité par le laxisme réussissait bien à Todd. Il n'était pas encore sorti de la drogue, loin de là, mais il y avait une nette amélioration. En revanche, l'école avait été mise de côté. Complètement oubliée. Todd enchaînait les petits boulots et les petites copines, les premiers lui permettant de payer les quelques doses qui lui étaient nécéssaires et les tatouages qui viendraient pour certains camoufler les traces de piqûres, les secondes réussissant à lui faire oublier un peu le reste.
Une année s'écoula ainsi, et Todd découvrait un nouvel aspect de la vie, et à l'occasion il se trouva de l'intérêt pour de nouvelles choses, dont la musique.

Nana lui offrit une vieille guitare. Elle avait appartenu au père de Rebecca, qu'elle n'avait que très peu connu. Nana racontait souvent comme elle avait passé des heures à l'écouter jouer, quand Rebecca était bébé. Todd trouva dans la housse une vieille méthode pour apprendre et commença à s'y intéresser. C'était le début d'une passion qui devrait le suivre longtemps.

Au printemps 1992, Todd prit l'une des décisions les plus importantes de sa vie. Il décida de s'inscrire à des soins dans un centre de désintoxication. Les thérapeutes semblaient positifs quant à cette volonté qui émanait de Todd et disaient que çe ne pouvait que se montrer efficace.
Et en effet, après quatre mois passés au centre, Todd se vit sortir enfin libéré de ses addictions, et un traitement de substitution qui touchait à sa fin.

En plus de cela, Todd avait fait la connaissance de Charlene, une des intervenantes qui travaillaient avec le centre. Leur relation était allé au-delà du rapport thérapeute-patient, et ils avaient des projets. Todd emménagea chez Charlene.
Ayant décroché de la drogue, Todd n'eut pas de difficultés à fournir les efforts nécessaires à trouver et garder un travail. Il commença comme barman dans un établissement modeste de Seattle. Les débuts ne furent pas de tout repos, mais cela lui demandait assez de présence et de concentration pour occulter les quelques moments parfois un peu compliqués qui subsistaient encore de ses addictions.
À force de travail, Todd avait vite fait le tour de son travail dans ce bar, et il commença à chercher un nouveau job, dans un établissement plus grand, ce qu'il trouva sans grande difficulté. Mais c'était très différent et l'adaptation ne fut pas simple.
Sorti de l'héroïne, Todd tomba dans l'addiction plus insidieuse qui soit, celle à l'alcool. Et ça se fit doucement, progressivement, imperceptiblement.
La chance qu'il avait, c'était d'avoir Charlene, qui refusait de le voir sombrer une nouvelle fois, et qui l'épaula pour s'en sortir. La confiance aveugle que Todd avait en elle les aida à faire le travail, mais il fallut quand même près d'une année pour lâcher la bouteille.

Pour repartir sur de nouvelles bases, Todd changea de travail une nouvelle fois. Il décrocha une place de barman dans un nouveau bar, dans un quartier à la mode de Seattle, où on donnait des concerts. Ce nouveau départ méritait d'être marqué par un événement, et cet événement fut le mariage de Todd et Charlene. Un mariage modeste, pour le moins, où ne furent invités que quelques rares personnes, dont Nana et Rebecca, quelques cousins parmi ceux qui répondaient encore, et la famille de Charlene.

Le mariage ne résista pas à la deuxième plongée de Todd dans l'alcool, suite au décès de sa grand-mère. Après cette rechute et près de deux ans de lutte, Charlene ne pouvait plus supporter et demanda le divorce. Todd avait seulement 23 ans et avait déjà derrière lui un lourd passé.

Il paraît que ce n'est que quand on a touché le fond qu'on peut envisager de remonter. Todd avait non seulement touché le fond, mais il y était resté assez longtemps pour visiter, et après quelques tentatives pour creuser un peu plus, il décida qu'il ne voulait pas vivre comme ça.
Il entama une nouvelle cure de désintox, cette fois dans un centre spécialisé pour les alcooliques. Il lui fallut six longs mois de sessions de groupes, de séances individuelles, d'ateliers artistiques, de verbalisations de ses troubles, bref… six mois avant qu'un avis favorable soit rendu sur sa sortie.

Il n'avait pas récupéré ses affaires, quand il avait dû quitter l'appartement où il vivait avec Charlene. Sorti du centre, avec son sac à dos, quelques vêtements et 100 dollars dans sa poche, il n'irait pas loin. Le tout, c'était de faire les choses de la bonne manière. Alors Todd commença par aller prendre une chambre dans un motel, paya quelques nuits d'avance, le temps de trouver un job et de pouvoir régler le reste.
Il réalisa rapidement que trouver du boulot avec un CV à trous comme le sien ne serait pas simple. Mais après tout, n'était-ce pas l'Amérisque, ce beau pays où les rêves se bâtissaient à la sueur du front ? Il finirait par trouver.

Concours de circonstances, hasard faisant bien les choses, signe du destin, on pouvait y voir ce qu'on voulait, mais il fallut moins d'une semaine pour que Todd trouve le boulot qu'il lui fallait. Barman. Il connaissait le job. Mais côtoyer au quotidien une substance qui l'avait presque détruit, c'était comme flirter avec le Diable, non ? Pas exactement.
Le patron du bar en question, Nolan, était un straight edge. Lui aussi avait connu les addictions, et lui aussi en était sorti. Il ouvrait un bar straight edge, où ne serait vendu aucun alcool d'aucune sorte. Leur discussion mit en évidence leurs deux parcours où il y avait trop de similarités pour qu'ils ne se reconnaissent pas l'un en l'autre. Nolan décida de donner sa chance à Todd, qui ne la gâcha pas. Il se montrait appliqué dans son travail et impliqué dans l'entreprise. Ils organisaientd quelques concerts, et parfois il jouait un peu avec le groupe du soir. Il se fit quelques potes, ils montèrent un groupe, jouaient parfois au bar ou ailleurs. En deux années écoulées, Todd avait l'impression de vivre une seconde vie et que la première était déjà des siècles derrière lui, alors qu'il n'avait que 28 ans. Ayant adopté le mode de vie straight edge, il s'en fit tatouer sur les mains les syboles.

C'est à ce moment de sa seconde vie que Todd rencontra Lindsay Richardson. Une fille qui venait au bar, surtout les soirs de concerts. Elle aimait la musique, disait-elle. Elle finit par venir plus souvent, même quand il n'y avait pas de concert. Nolan poussa Todd à l'inviter à sortir, bien que Todd ne se sentait pas vraiment prêt à vivre quelque chose de sérieux. Mais après tout, qui avait parlé d'être sérieux ?
Lindsay avait ce truc qui rendait Todd différent. Quand elle était là, il n'était plus le même, et le Thaddeus d'avant n'existait plus. Les rendez-vous se succédèrent, et finalement, c'était devenu sérieux. Todd n'avait pas vu les choses venir, mais elles s'étaient faites néanmoins.
Lindsay parlait souvent de se marier, mais Todd, échaudé, esquivait toujours la question, alors elle lui fichait la paix un temps. Mais il savait qu'il ne pourrait pas y échapper s'il voulait la garder. Alors ils passèrent un contrat : ils se marieraient quand ils auraient un enfant.

Il n'en fallait pas plus pour motiver Lindsay, qui tomba enceinte une première fois, peu de temps après le deuxième anniversaire de leur relation, mais elle perdit le bébé rapidement. Ce fut un premier choc qu'elle eut du mal à surmonter, mais elle y parvint avec le soutien de Todd. Nouvelle grossesse environ un an plus tard, et nouvel échec traumatisant.
À la troisième grossesse, les premières semaines encourageantes poussaient le couple à prendre toutes les précautions possibles pour éviter un nouveau drame. Todd revoyait en Lindsay sa mère surprotectrice, mais pas comme quelque chose de négatif. Il commençait à comprendre.
Tout se passa pour le mieux jusqu'à l'accouchement, à terme. Une petite fille, blonde comme sa mère, qu'ils appelèrent Andrea. C'était l'année 2010, et l'été allait bientôt commencer. Il semblait que rien ne puisse assombrir le tableau. Et puis il y eut l'hiver 2013.

Le 27 décembre 2013, précisément. En plein marathon des fêtes de fin d'année, Lindsay se voit terrassée par quelque chose d'invisible qui lui occasionne des maux de tête fulgurants. La fin d'année s'en voit gâchée par un séjour à l'hôpital. Examens, prises de sang, scanners, IRM… merci l'assurance qui couvre les frais et vive l'Amérique.
Le diagnostique tombe. Tumeur primitive du cerveau. Un glioblastome. Le truc sérieux, d'après les médecins. Trop près du tronc cérébral pour être opérable. Avec la chimio et les rayons, les spécialistes donnaient à Lindsay un an, à peine plus.
Evidemment, le traitement fut débuté le plus rapidement possible, et les premiers effets de la chimiothérapie se firent sentir rapidement. Pas les meilleurs : nausées, vomissements. Perte des cheveux, aussi. Lindsay refusa les perruques. Elle était si forte qu'elle voulait que le monde puisse voir son combat.

Comme si ça ne suffisait pas, la fin du monde qui menaçait de s'abattre sur la famille finit par tomber sur l'Humanité toute entière.


La vieille télévision à tube répandait dans la cuisine la voix du présentateur, saturée d'aigüs et de mediums, la rendant nasillarde et presque insupportable. Le volume réduit aidait Todd à résister à l'envie de changer de chaîne. Le besoin de s'informer aussi.

« ...marquant la fin du conflit.
Retour en Amérique, maintenant, et direction Charlotte en Caroline du Nord, où un homme a été agressé par un sans-abri, qui l'a mordu au visage. Trois personnes, témions de la scène, nous révèlent que...
»
Haussement de sourcils chez Todd. Vraiment, ça devenait n'importe quoi ces temps-ci. Encore une histoire à dormir debout, où un gars en a attaqué un autre et a fini abattu par la police. Todd avala une gorgée de café avant de changer de chaîne. C'était toujours les mêmes conneries, chaîne après chaîne. Après être tombé sur un programme de télé-achat qui vendait une poêle superantiadhésive, il finit par éteindre le poste.

« Tu te rappelles que j'ai des rayons aujourd'hui ?
Ouais. À 10h00. J'ai prévenu Nolan que je pourrais pas être là avant cet après-midi, c'est cool.
J'espère que je serai pas trop mal après...
Si c'est le cas, je verrais avec Chad pour qu'il me remplace. Il m'en dois une.
»
Même si c'était vrai, Todd aurait préféré ne pas avoir à le faire. Il avait un patron et des collègues hors du commun, et ils le soutenaient beaucoup dans ce qu'ils traversaient avec le cancer de Lindsay. Mais il se sentait mal de toujours être redevable de quelque chose.
Todd regarda sa montre. 8H30.

« Merde !, fit-il en terminant son café à la hâte. Andie ! Trouve tes chaussures, on est en retard ! »
Il devait déposer la petite au jardin d'enfants à 8h30, et c'était à au moins 15 minutes en voiture… Ça allait être la course, encore.

Andrea arrivée à destination et confiée à qui de droit, Todd était un peu moins pressé. Il devait simplement être rentré avant 9h30 pour que Lindsay soit dans les temps pour sa séance.
Les infos à la radio ressassaient les mêmes choses qu'à la télé un peu plus tôt. Todd changea pour une station musicale. Arrêté au feu rouge, du mouvement attira son attention sur un trottoir.
Ça se battait, apparemment, mais là où cela aurait créé un attroupement, quelques bons samaritains se jetant dans la mêlée pour séparer les protagonistes, les gens semblaient vouloir se tenir le plus loin possible, tout en se maintenant à un endroit stratégique pour observer. Tout le carrefour semblait s'être figé et à l'affût de la scène, qui était tenue par un type visiblement dans un état second qui s'en prenait à un autre. Ça ressemblait sacrément à ces histoires aux infos… Puis le feu passa au vert, et en tant que conducteur au premier rang, Todd se devait de démarrer sous peine de se faire copieusement klaxonner.
La journée se passa sans plus d'extravagances, mais au final, il sembla que d'autres agressions eurent lieu. On parlait de personnes sous l'emprise de drogue, peut-être contenue dans la nourriture. L'idée suffisait à Todd pour avoir l'impression que son estomac se tordait. Tout ça était sans doute encore une de ces théories du complot, comme ces tarés qui pensaient la Terre plate, les avions qui traçaient des traînées toxiques dans le ciel ou les plus hautes instances mondiales tenues par des êtres humanoïdes extraterrestres aux traits reptiliens. N'empêche, s'il y avait une minuscule chance que ce soit vrai, c'était quelque chose qui le rendait malade.

Evidemment, des gens enquêtaient sur la chose, mais c'était certainement plus digne de quelques lignes dans la rubrique des chiens écrasés que d'une première page. Il y avait eu d'autres cas étranges. Les réseaux sociaux s'étaient emparés des vidéos, qui circulaient maintenant partout, et tout le monde – absolument tout le monde – y allait de son avis, plus ou moins éclairé.
Lindsay commençait à trouver tout ça flippant, d'autant qu'on entendait parler de cas dans des écoles. Et si ça devait arriver au jardin d'enfants d'Andie. Todd la rassurait comme il pouvait, mais lui-même s'interrogeait. Les porte-paroles de l'État affirmaient que c'étaient des cas isolés, sans aucun lien, et qu'il ne fallait pas s'en inquiéter. D'un autre côté, on mettait l'hopital en quarantaine à cause d'un nouveau virus. Difficile de savoir à quoi s'en tenir avec autant de contradictions.

Il y eut ensuite ce soir où Todd eut pour consigne de rester chez lui au lieu de venir travailler. Nolan préférait fermer, à cause des flics qui patrouillaient le soir, et il n'y avait de toute façon presque plus personne dehors à cause des recommandations diffusées par les médias.
Mais tout prit une tournure bien différente quand l'armée s'en est mêlée. Des patrouilles de Humvees armés sillonnaient la ville, ainsi que des militaires à pied, et même des camions de troupes. La police était dépassée par les événements. L'ont voyait des images d'agressions contre des policiers, qui se voyaient contraints d'user de leurs armes. Des émeutes éclataient, conséquences de ces actes. Militaires et policiers incitent les civils à rentrer chez eux et à y rester.

« Comment on va faire ? J'ai des soins à suivre, je suis malade !
Circulez, madame. Faut pas rester dehors, rentrez chez vous, c'est ce que vous avez de mieux à faire.
Viens, ça ne sert à rien de discuter. C'est l'histoire de quelques semaines.
Je n'ai pas quelques semaines. Arrêter le traitement c'est perdre les quelques mois qu'il me reste.
»
Todd savait qu'elle avait raison, mais que pouvaient-ils faire ? Forcer les postes de contrôle et se faire tirer dessus ? Il raisonnait Lindsay comme il pouvait, sans être lui-même convaincu. Les écoles, les clubs de sport, les lieux publics, les commerces non essentiels, tout ce qui pouvait l'être fut fermé par décret.
L'armée se fit plus présente. La Garde Nationale elle aussi fut déployée. Des campements étaient installés dans les gymnases, les écoles, les stades. Le matériel arrivait par hélicoptères ou par camions. Beaucoup de monde avait décidé de quitter Seattle, et ils avaient peut-être raison. Lindsay et Todd restaient. De toute façon, où pourraient-ils aller ? Ils avaient vécu toute leur vie ici, et puis avec Andrea, ce n'était pas raisonnable de prendre la route au milieu de cette marée fuyante.
Dehors, c'était l'enfer. Vraiment. La journée, ça allait encore. Les flics et les soldats faisaient en sorte de tenir tout le monde au calme, et ça fonctionnait pas mal. Mais à la tombée de la nuit, ce n'était plus seulement avec les infectés qu'il fallait gérer, mais aussi avec les autres. C'était comme si l'absence de lumière réveillait les bas instincts. Ça attaquait, ça volait, ça pillait, et bien sûr souvent ça dégénérait et des gens pouvaient mourir. C'était pour ça que Todd ne sortait plus après 16 heures. Trop risqué, trop de tensions. La dernière fois, il a assisté à une scène surréaliste, où un flic seul espérait stopper une dizaines de pillards qui s'en prenaient à un magasin d'alimentation. Ils se sont jetés sur lui avec des barres de fer, et se son acharnés sur lui jusqu'à ce qu'il ne bouge plus. Todd était resté caché tout le long, et alors qu'il était venu chercher à manger, il s'était bien abstenu de se montrer tant que les pillards étaient là. Une fois partis, il s'approcha. Le policier gisait au sol dans son sang, les traits de son visage méconnaissables, l'un de ses bras accusant un angle grotesque avec le reste de son corps. Chose étrange, Todd eut l'idée de prendre son arme. D'ailleurs, tout aussi étrange, les meurtriers n'y avaient pas pensé. Il saisit le pistolet. Un Glock. Il n'y connaissait rien. Il n'était même pas sûr de savoir comment tirer s'il devait le faire. Il prit aussi le deuxième chargeur que l'officier portait au ceinturon. Todd cala le pistolet dans la ceinture de son pantalon et le chargeur dans sa poche, et repartit à la recherche de nourriture.
Rentrant avec de quoi tenir quelques jours, Todd trouva Lindsay dans le salon, épuisée, mais s'accrochant aux chaînes d'info. Le pays était dans le même état que Seattle. Les vols extérieurs étaient annulés jusqu'à nouvel ordre, et les vols intérieurs étaient sur le point de connaître le même sort. Bientôt, tout serait à l'arrêt.
Après dix jours de foutoir, on sentait que les choses passaient à un stade supérieur encore, un point de non-retour. Il devenait difficile, voire impossible, de sortir sans avoir à faire à des infectés. La télévision, quand elle fonctionnait, diffusait sur toutes les chaînes les mêmes messages, encore et encore. Pareil pour les radios.
Des camps tenus par l'armée rassemblaient les civils pour faciliter la sécurisation de la population. Lindsay n'était pas très tentée par l'idée d'y aterrir, mais il fallait se rendre à l'évidence : ça finirait par arriver, et ça n'était pas forcément une mauvaise solution. Dans ces camps, les repas étaient distribués, la sécurité était garantie par les troupes, les civils effectuaient les tâches nécessaires pour l'ensemble, notamment sur le plan sanitaire. C'était bien plus facile que de rester dans cet appartement et devoir affronter l'extérieur dès qu'il fallait trouver de quoi manger ou des médicaments. Peut-être même qu'il y aurait de quoi assurer un semblant de traitement pour Lindsay. Todd devait lui parler. Il devait la convaincre que c'était pour le mieux. Mais il devait y aller seul et revenir les chercher, elle et Andrea. Lindsay se rallia à son avis, puisque c'était honnêtement ce qu'il y avait de mieux à faire.
Les militaires accueillirent Todd, écoutèrent son histoire et consentirent à armer un véhicule avec trois soldats pour l'accompagner et récupérer sa famille. Ils prirent quelques affaires, sans pouvoir se surcharger, et ils quittèrent leur appartement, escortés par les militaires, en direction du camp du golf d'Inglewood, installé sur le parcours de golf.
Ils y restèrent près de 6 mois, et franchement, c'était vraiment la meilleure chose qu'ils aient faite depuis le début de ce bordel.


Le camp de réfugiés d'Inglewood était l'un des plus grands et des plus peuplés. C'était du moins ce qui se disait là-bas. C'était aussi certainement l'un des plus difficiles à gérer, et pourtant ça ne s'y passait pas si mal.
Les civils étaient dirigés dès leur arrivée vers une tente où ils étaient examinés par des médecins, puis passaient entre les mains de coiffeurs pour une coupe réglementaire (cheveux courts pour les femmes – ce qui ne posa pas de problème à Lindsay, déjà sans cheveux – et tondeuse pour les hommes) histoire de limiter les risques de vermine.
Puis ils étaient emmenés vers leurs quartiers. Les familles étaient logés dans de grandes tentes, une par famille, dans la mesure du possible. Pour les autres, c'était la cohabitation forcée à 10 ou 12 dans des baraquements préfabriqués, pour les plus chanceux. Le confort était sommaire, mais c'était du provisoire. Le projet annoncé était au mieux le démentellement du camp dès le retour à la normale confirmé, au pire la mise en place d'installations plus durables, si la situation devait s'attarder.
Lindsay, trop faible pour s'occuper d'Andrea en plus d'assurer d'autres tâches, devait rester à la tente, ou au moins à proximité. La situation lui pesait beaucoup. Todd, ne pouvant pas mettre à contribution sa condition de barman ou de musicien, dût se charger de missions telles que le montage ou l'entretien des tentes, la vidange des toilettes sèches ou la gestion des déchets. Petit à petit, la communauté s'organisait et devenait plus efficace.

Après quelques semaines, plus aucun ravitaillement de l'armée n'arrivait. Des survivants arrivaient toujours, en revanche. Il fallut rationner la nourriture et l'eau et en trouver de nouvelles sources.
Malgré ça, l'engagement et la volonté des civils faisait que les choses se déroulaient plutôt bien.

Environ six mois s'écoulèrent. Certaines semaines étaient plus difficiles que d'autres. Lindsay déclinait lentement. Sans traitement, les nausées avaient disparu un temps, les migraines étaient rapidement revenues. Les militaires pouvaient lui donner, dans les premiers temps, de quoi soulager la douleur. Mais bientôt, il fallut économiser les médicaments, alors Lindsay ne reçut plus rien. Elle perdit l'usage d'un œil. Parfois prise de spasmes, les crises étaient de plus en plus fortes et longues.

Et arriva le jour où le camp tomba. Todd ne sut jamais vraiment ce qui s'était passé. Un raté quelque part, c'était certain. Toujours était-il qu'il y avait eu un mouvement de panique, qui commença près des portes Sud, non loin du secteur médical. Il y eut des cris, des pleurs, des coups de feu, des bousculades. Quelque chose avait merdé sévère, parce qu'en très peu de temps, des dizaines d'infectés étaient dans le camp.
Todd fit un sac précipitemment et emmena Andrea vers l'endroit où les militaires conservaient leurs véhicules, et l'installa dans l'un des Humvees. Il essaya de la rassurer, et de la convaincre qu'il reviendrait vite. Il repartit chercher Lindsay, sans être  certain de réussir à faire deux fois le même trajet. Portant sa femme malade, il parvint pourtant à rejoindre Andrea. En un rien de temps, ils étaient en route vers les portes Est, Todd au volant du véhicule. Il forca les portes et ils s'éloignèrent le plus vite possible du campement. Ils virent la horde d'infectés qui s'attaquait aux palissades. Ils étaient des centaines.

Todd mena sa famille vers le Nord de Seattle. Si ce qu'on disait était vrai, si des foules entières de survivants avaient fui la ville, alors elle serait un endroit presque vide, et il serait peut-être facile de trouver un abri et des vivres.
Leur fuite s'arrêta à Briarcrest. L'école de Shorecrest leur offrit son toit. Quelques autres survivants y étaient installés, assez confortablement. Des salles avaient été aménagées pour accueillir des lits récupérés à l'infirmerie, de la nourriture en boîte venait des stocks des cuisines… Il y avait bien de quoi faire.
Mais un tel endroit était bien compliqué à défendre, avec si peu de gens. Et un tel endroit était clairement une mine d'objets utiles, pour n'importe qui. Deux groupes de pillards s'y intéressèrent rapidement, et ça ne faisait que quelques jours que les Russel y étaient que ces deux groupes décidèrent de se battre pour les lieux, quitte à s'entretuer  et à massacrer les actuels occupants.

Une fois de plus, Todd emmena sa famille à l'écart du danger. Ils reprirent le Humvee et se dirigèrent vers le Sud. En y réfléchissant, il valait mieux aller vers le Sud. Quand l'hiver arriverait, ils passeraient un mauvais moment, car ici il pouvait être rude. Déjà rude avec le confort normal d'une habitation, cela devenait mortel dans une situation comme la leur.
Mais le véhicule les lâcha en plein milieu d'Industrial District. Panne sèche. Et ils n'avaient rien pour stocker ou transporter du carburant. Ils durent l'abandonner et chercher un refuge, même temporaire.
Ils purent trouver ce refuge dans un immeuble de bureaux, qui avait été le siège d'une entreprise de transport. Il fallut un peu d'imagination, et ne pas se montrer trop difficile, pour installer de quoi dormir. Et surtout, il fallut à Todd quelques journées à fouiller les environs pour trouver de quoi manger, dans les quelques restaurants des environs à qui il restait quelques bricoles rescapées des multiples pillages.

Industrial District était un endroit où d'autres gens étaient venus trouver refuge. Certains y étaient depuis le début, d'autres venaient d'arriver comme les Russel. Todd portait sur ses épaules tout le poids de la survie de sa famille. C'était à lui qu'il revenait de sortir chercher à manger, lui qui devait assurer leur sécurité, lui qui devait faire en sorte qu'il ne leur manque rien. Lindsay déclinait et devenait trop faible. Elle arrivait à peine à se déplacer de leur paillasse pour aller se réchauffer près du feu. Todd redoutait le jour où l'inévitable arriverait. Il ignorait pour quand ce serait, et comment ça arriverait. Il savait juste que ça arriverait tôt ou tard, et qu'il ne pourrait rien faire.

Le bâtiment où ils étaient installés accueillit d'autres survivants, environ une douzaine. En joignant leurs efforts, ils parvenaient plus ou moins à rassembler le nécessaire en nourriture et en eau, et en sortant en groupe ils étaient en meilleure sécurité. Au moins Todd était presque assuré de rentrer entier de leurs sorties, qui se faisaient quotidiennes. Ils devaient aller toujours plus loin, et les incursions les tenaient plus longtemps éloignés du camp. Quelques fois, ils profitaient d'une météo clémente pour partir deux jours, ce qui leur permettait de ramener plus de vivres en une seule fois. Mais Todd ne partait pas l'esprit tranquille. Il craignait pour sa femme et sa fille, même si elles ne restaient jamais complètement seules : il restait toujours deux ou trois personnes au camp pour s'assurer qu'aucun pillard ne viendrait voler.

L'une de leurs expéditions les mena aux limites de Seward Park. Il leur avait fallu mois de deux heures pour l'aller, et près de deux jours pour le retour. Une horde de Boîteux avait investi Beacon Hill, alors que Beacon Avenue restait le seul axe correctement dégagé et où on pouvait circuler convenablement. Combien y en avait-il ? Impossible de les compter. Le petit groupe ne pouvait se risquer à affronter cette foule, et la contourner n'était pas chose facile, puisque le bruit des voitures trahissait leur présence. Ils profitèrent de la nuit pour cela, ce qui les obligea à prendre leur mal en patience. Malgré tout, ils croisèrent un petit amas de Boîteux, certainement égarés, et ils n'eurent pas d'autre choix que de se battre.

À leur retour, tardif, au camp, leur première tâche fut de vérifier que toute l'équipe allait bien, et ils s'occupèrent aussitôt de partager équitablement leurs trouvailles. Todd s'empressa d'aller retrouver sa famille. Entrant dans le bureau qui leur servait de lieu de vie privé, il trouva Lindsay dans une attitude étrange. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser qu'elle était penchée sur Andie. La petite n'était plus qu'un corps sans vie et sanguinolant, alors que sa mère mâchonnait des lambeaux de chairs.
Ce qu'il  avait redouté était arrivé. Lindsay était morte pendant son absence, et s'était transformée. Et il n'avait pas été là pour sauver sa fille. Il fallut une volonté hors du commun à Todd pour renvoyer Lindsay au sommeil dont elle n'aurait pas dû sortir. Il resta prostré dans cette pièce, l'arme à la main, sans bouger, pendant plusieurs heures. Il finit par trouver le courage de se charger d'Andie quand ses petits membres furent pris de spasmes.

Depuis cet instant, Todd ne fut plus le même homme. Le mari et le père qu'il avait été restèrent dans cette pièce, avec les cadavres de sa femme et de sa fille. Comme si ses liens avec elles l'avaient en quelque sorte bridé, fait de lui un humain convenable. C'était fini, tout ça.





Il se réveilla, la tête douloureuse et de sérieux bourdonnements dans les oreilles. Un vieux poste à cassettes crachait de la musique dans la pièce. Le son se répercutait sur les murs et résonnait, rendant le tout plutôt dégueulasse. Il était assis sur une chaise, dont il était incapable de se lever. Il était incapable de remuer, en fait, saucissonné avec du duct tape. Chacun de ses gestes était douloureux, et faisaient parfois racler les pieds de la chaise sur le sol de béton poussiéreux. Il avait beau se tortiller, pas moyen de voir plus que ce qui était devant lui, à droite et à gauche, à part le plafond, qui se trouvait à bien quatre ou cinq mètres, soutenu par des poutres en acier. Quelques tôles manquantes laissaient entrer assez de lumière pour aperçevoir les murs de béton renforcés d'autres poutres métalliques. Par les ouvertures du toit, il pouvait voir parfois passer un goéland.

Une silhouette se découpa sur le fond sombre du décor, une silhouette qui s'avançait. Qui… dansait ? Mais oui ! C'était un homme, taille moyenne, rien de spécial à part les tatouages. Le type s'avançait en dansant, et s'arrêta à environ deux mètres de la chaise, un large sourire sur le visage.
« Alors, Ducon… On a bien dormi ? Tant mieux. On va pouvoir se marrer ! »
Le gars s'éloigna et revint en faisant rouler une vieille chaise de bureau, qu'il installa pile là où il se trouvait avant. Il se laissa tomber dedans lourdement, et la chaise lâcha un grincement magistral, qui laissa planer le doute sur sa solidité.
« Bon, les présentations… On s'en cogne, pas vrai ? Tu t'en fous de qui je suis, non ? Moi c'est Todd. Moi, qui tu es… je. M'en. Branle. Voilà.
Non, ce qui m'intéresse c'est : pourquoi ?

Pourquoi ?
Ouais, pourquoi ?
Mais, pourquoi quoi ?
AAAAAAH ! "Pourquoi quoi ?" … Voilà une question pertinente. Hé bien, que dis-tu de "Pourquoi tu traînes dans le coin depuis quatre jours ?". Hein ? Ça serait pas un bon début ?
J'ai… Je croyais pouvoir trouver des choses intéressantes… Il me fallait…
… de la bouffe ? Des armes ? Un abri ? Ouais, on en est tous là, mon grand ! Et c'est normal ! Evidemment, tout le monde a droit à tout ça ! Tu cherchais quelque chose d'intéressant, je respecte ça. MAIS… Pourquoi ?
Je… Pourquoi ?
Tu sais où on est ? Non ? Pas loin de l'endroit où je suis tombé sur ta gueule. Le port, mon pote. Le putain de port. Ça te revient ?
Je… oui, mais...
Tu m'as l'air d'avoir la mémoire courte… mais c'est peut-être à cause du coup que je t'ai donné avec une barre de fer, alors je vais te la refaire.
Le port… Mon entrepôt… Mes affaires… C'est bon ?

Je… oui, je me souviens… je croyais… je ne savais pas qu'il y aurait quelqu'un…
Expliques-moi comment tu as fait pour survivre aussi longtemps en étant aussi con ? "Je ne savais pas qu'il y aurait quelqu'un" ? Le feu de camp avec le repas qui chauffait, c'était pas un indice ? HEIN ?!
»
Todd avait hurlé tout en se levant de sa chaise. Maintenant, il tournait autour de son prisonnier comme un fauve autour d'un quartier de viande.
« Donc. Résumons. Tu te pointes tranquille ici, tu tombes sur un entrepôt, mon entrepôt… où il y a un feu et de la bouffe, un couchage, un sac, de l'équipement… bref tout ce qui va bien avec un occupant finalement… Et tu te dis, puisque tu es un génie : "C'est cool, y a personne, j'ai qu'à me servir." ?
Je...
TU T'ES SERVI OU PAS ???
Oui ! Oui !
Et moi, j'étais parti chier. Quel genre de fils de pute il faut être pour piquer les affaires d'un gars en train de chier ? Le genre de fils de pute qui parvient à survivre des années par le plus grand des hasards, ou par une chance de fils de pute. Voilà.
Donc. Qu'est-ce que je fais, moi, quand je reviens de chier et que je trouve mes affaires envolées ? Je pars à leur recherche.
Mais comme tu es con comme un robinet, t'es pas foutu d'aller d'un point A à un point B sans en informer la planète entière.

Que… quoi ?
Faut vraiment avoir de la merde dans les yeux pour voir tout ce que tu as laissé derrière toi. Ça m'a pris dix grosses minutes pour te retrouver, et ça fait quatre jours que je te suis. Tu es lamentable. T'as dû passer quinze fois au même endroit, et visiter trois ou quatre fois le même endroit. Espèce de tanche.
»
Ce gars l'avait suivi depuis quatre jours ? Pour quoi faire ? Dans quel but ? Apparemment, pour le frapper à la tête avec une barre de fer et le scotcher sur une chaise pour lui hurler dessus…
« Qu'allez-vous faire de moi ?
Je suis pas décidé. Dans un premier temps, récupérer mes trucs, c'est sûr. Après, sans doute piquer des trucs à toi. Normal. Et puis après, qui sait ? Selon l'inspiration. Une chose est sûre, c'est que tu repartiras pas d'ici.
Pitié ! Ne me tuez pas ! Pitié !!
Ah non, arrêtes ça, tu veux ? Gnagnagna, je suis une lopette, je veux pas mourir !!! On meurt tous, mon vieux. Certains plus vite que d'autres. Estimes-toi heureux d'avoir tenu si longtemps, déjà. Bon ! Allons à l'essentiel : où sont mes trucs ?
Dans ma voiture.
T'as une voiture ? Bon point ! Et où est-elle ?
Près de la marina.
Parfait ! J'imagine que tu as les clès quelque part ?
Ma poche droite.
»
Todd fouilla dans la poche en question et en sortit une clé de voiture qui pendouillait au bout de la chaînette d'un porte-clé publicitaire. Il faudrait chercher un peu pour la retrouver, mais ça ne serait pas impossible.
« Et où, précisément, se trouve cette voiture près de la marina ?
Ça sert à quoi, que je vous réponde ? Vous me tuerez de toute façon ?!
Moui. C'est vrai. Mais selon que tu seras coopératif ou non, je pourrais bien faire durer le plaisir. À toi de voir.
Vas te faire foutre !
»
La réponse ne sembla pas convenir à Todd, qui eut une moue de reproche. Il rangea la clé de voiture dans l'une de ses poches, et lança un solide coup de poing au visage du malheureux. La réponse ne vint pas. Nouveau coup. Toujours rien. Todd sortit de son autre poche un rasoir, qu'il déplia lentement. Sans un mot, il s'approcha, s'assit à califourchon sur les genoux du pauvre type scotché sur sa chaise, et se pencha sur lui alors que les hurlements commencèrent à s'élever. Quand il se redressa et se remit debout, il tenait d'une main le rasoir maculé de sang, et de l'autre l'oreille qu'il venait de découper. Il la regarda un instant, satisfait, puis la jeta dans la poussière qui couvrait le sol. Penchant la tête de côté, il affichait une expression quelque part entre la curiosité et l'amusement.
« Tu veux toujours pas me dire ? Si tu veux pas, c'est pas grave : y a encore plein de trucs que je peux te couper. Et je suis à peu près sûr que la plupart te manqueraient. »
Le pauvre homme finit par lâcher le morceau entre deux sanglots. Todd, déçu que ça aille si vite, lâcha un claquement de langue pour signifier malgré tout sa satisfaction.
« Bien. J'imagine qu'il ne me reste plus qu'à te régler ton compte… mais tu sais quoi ? Je vais te faire une fleur : ça ne sera pas très douloureux. Ça sera… comme s'enfoncer dans un bain chaud. Tu verras. »/blockquote>
Tout en parlant, Todd essuya le sang du rasoir sur le pantalon de sa victime, puis le rangea dans sa poche. Il tira le couteau de chasse qu'il portait à la ceinture, et l'enfonça dans le ventre de l'homme, juste à côté du nombril, puis le tira vers le haut. L'homme gémit de douleur en se raidissant, puis retomba quand la lame le quitta. À nouveau, Todd essuya sa lame avant de la ranger.
« C'est là que je prends congé. Tu vas connaître une nouvelle vie, bientôt. Je te cache pas qu'elle sera un peu naze : scotché sur cette chaise pour l'éternité. Mais que veux-tu… c'est le tarif pour les voleurs. »

Et sans un autre mot, Todd tourna les talons et quitta l'entrepôt. Il avait une voiture à retrouver.



Todd n'a pas de programme bien défini, à part celui de rester en vie. D'ailleurs, il ne sait pas bien pourquoi, certainement ce foutu instinct de conservation. Sa priorité étant de préserver ce qu'il possède, il évite de posséder trop de choses, ce qui lui évite du souci.
Généralement, il évite de se déplacer de nuit, à cause du manque de luminosité. Difficile de déjouer des pièges ou des obstacles quand on n'y voit rien ou presque. D'autant que les Boîteux, eux, ne semble pas avoir de problème avec le fait de s'empaler le pied sur un fer rouillé et de finir estropié.
N'étant pas un gros dormeur, Todd a tendance à être debout tôt, souvent avec les premières lumières du jour. Comme n'importe quel survivant, il passe beaucoup de temps à rechercher de la nourriture et de l'eau, la priorité de n'importe quel être humain encore sensé.
Sans véhicule, il erre dans une zone relativement restreinte dans Industrial District. Il ramasse ce qui peut se montrer utile, pas pour son compte, mais pour du troc. Il sait qu'avec la bonne quantité d'objets intéressants, il peut obtenir assez de bouffe et d'eau pour tenir un siège, en allant faire des échanges au No Man's Land. Certains survivants avaient leurs sources, que ça soit pour la nourriture ou pour de l'équipement ou des armes, et en se montrant malin et efficace, on pouvait obtenir ce qu'on voulait.

Quand il le peut, il aime passer du temps sur les toits des entrepôts, à regarder les mouvements des Boîteux et des vivants. La fin du monde n'avait pas encore eu raison de tous, et Indistrial District était plutôt fréquenté. Il fallait juste savoir observer.


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Re: Thaddeus 'Todd' Russel

Sam 20 Juin 2020 - 15:20

Rebienvenue Thad! Very Happy






Looking up at all
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ANAPHORE
Jude Lim
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Re: Thaddeus 'Todd' Russel

Sam 20 Juin 2020 - 17:42

R'bienvenue Mister ! =D
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Re: Thaddeus 'Todd' Russel

Sam 20 Juin 2020 - 18:22

Rebienvenue ! Thaddeus 'Todd' Russel 4081257363
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Re: Thaddeus 'Todd' Russel

Sam 20 Juin 2020 - 22:28

OMG OMG OMG :smile13:

Corey Taylor ! Je l'aime tellement d'amour ce mec c'est trop un de mes héros ! Thaddeus 'Todd' Russel 1342238320

Bon courage pour ta fiche :smile6:
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Re: Thaddeus 'Todd' Russel

Sam 20 Juin 2020 - 22:32

re-bienvenue Smile
Cool l'avatar !
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Re: Thaddeus 'Todd' Russel

Sam 20 Juin 2020 - 23:15

Re-bienvenue !!! I love you
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Re: Thaddeus 'Todd' Russel

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