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 Pourquoi ne serais-tu pas l'appât ?

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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Pourquoi ne serais-tu pas l'appât ?   Mar 15 Déc 2015 - 22:57


    Le temps passait et je n'avais toujours aucune nouvelle de ma famille, espérant toujours chaque jour les voir au coin d'une rue ou par une fenêtre. Je m'étais promis de ne pas trop m'éloigner de mon appartement mais le coin commençait à pulluler de cadavres et autre humains bien vivants. Résultat de cette invasion grandissante : les vivres étaient de moins en moins trouvables et un pillage surprise n'était pas exclu. J'avais donc pris la décision de quitter le centre pour quelques jours, m'extrapoler un peu de cette masse pour aller plus au sud de la ville, voir ce qu'on pouvait y trouver. Certes, il serait inévitable qu'il y ait de la vie là bas, mais qui sait, peut-être que les maisons avaient été moins pillées et que j'aurai la chance de refaire le plein de réserves.

    C'est donc dans cette optique que je me baladais dans les rues du quartier de Georgetown, mon sac et ma guitare bien hissés sur le dos. Je m'étais déjà retrouvé quelques fois aux alentours avant, notamment pour rejoindre l'aéroport quand il s'agissait d'aller en urgence dans le Montana, mais il était évident que je ne connaissais pas le coin comme ma poche, je devais donc rester plus sur mes gardes que d'habitude. Les alentours semblaient bien calmes, et j'avais remarqué que je croisais de moins en moins de cadavres, ambulants ou non, au fur et à mesure que je m'éloignais du centre de la ville. Il devait certainement y avoir encore suffisamment de ''repas'' dans les quartiers les plus habités auparavant ; au moins ils avaient cet avantage, ne pas se retrouver en pénurie de bouffe aussi vite que nous.

    Des poubelles sont renversées et des vitres brisées, signe que malgré le calme sinistre qui semble s'être fait maître ici il y a tout de même de la vie -ou peut-être que celle-ci n'est plus-. Me munissant de mon couteau, j'avance lentement, regardant à droite à gauche ; ayant l'impression de sentir une présence derrière moi je me retourne et crois voir l'ombre d'une silhouette sur le sol. Soupirant légèrement je marmonne, me disant que même dans un coin qui a l'air mort comme celui-ci, des humains viennent sans cesse fourrer nez ; décidément, je ne serai jamais tranquille. J'avais espéré passer quelques jours ici pour m'éloigner un peu de tout ça, de toute cette agressivité humaine qui n'a fait que croître depuis le début des événements, mais ma joie fut de courte durée. Accélérant le pas, tout en jetant un œil derrière, je vois l'ombre bouger -pas vraiment comme un cadavre-. Je repère alors une petite épicerie et me décide à y entrer, espérant qu'elle n'ait pas été totalement pillée et que mon suiveur n'arrive pas jusqu'ici. Après m'être assuré que la pièce était vide, je remarque une autre porte au fond, fermée à clé ; le verrou est relativement bien construit et ne semble pas pouvoir être crocheté.

    Me calant derrière une étagère, j'attends de voir si l'ombre aperçue plus tôt s'amène jusqu'ici. Ça ne tarde pas et j'entends la porte grincer, puis des pas sur le plancher. Les pas ne sont pas traînant, certainement pas un cadavre. La porte se referme puis plus aucun bruit. Retenant mon souffle, je prends mon fusil et le braque devant moi en me relevant. Les fenêtre sont condamnées par de gros volets en métal, mais dans la pénombre j'aperçois effectivement une silhouette. Levant la sécurité de ma carabine, je lance :

« J'te conseil de bouger, et vite. Je suis pas d'humeur à jouer. »

    A peine ma phrase terminée que j'entends des grognement à l'extérieur, et pas qu'un. Cette expédition s'annonce vraiment plus fatigante que prévu et j'imagine que la seule solution sera de bloquer la porte le temps que ces cadavres aillent voir ailleurs. Que la personne me faisant face reste ou non m'est égal ; c'est elle qui a attiré les morts ici alors elle pouvait bien s'offrir en appât.





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
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MessageSujet: Re: Pourquoi ne serais-tu pas l'appât ?   Ven 18 Déc 2015 - 14:11

Je file à travers les rues de Gorgetown, seule. Bilan de la situation : critique. Stew et moi, on avait décidé de faire notre grand retour en ville, poussés par le froid principalement. Autant on s'était bien amusé jusqu'à novembre à tourmenter de petits groupes de survivants isolés pour manger; autant ces derniers temps, ils se font rares. Et crapahuter, nos sacs sur le dos, sous la pluie et le ventre vide, ça nous a vite donné envie de rentrer à la maison, au moins pour y trouver un abri et, avec un peu de chance, de quoi festoyer aussi.

Problème : si on s'était attendu à rencontrer nombre d'infectés et autres joyeusetés sur le chemin, on avait quand même un peu sous estimé le danger. D'où le fait que je me retrouve là, à courir pour semer mes poursuivants et surtout, séparée de Stew.
La situation n'est pourtant pas si désespérée, en leader prévoyant, mon partenaire à eu la bonne idée de désigner un lieu de rendez-vous au cas où l'on se perdrait de vue. Tout ce que j'ai à faire, c'est échapper à tous ces chicots pourris qui veulent me déchiqueter et trouver le restaurant Fonda. Facile, très facile. Après tout je suis juste épuisée et... comment on dit déjà ? AH ! Perdue.
Enfin, c'est pas le moment de flancher, je cours bien plus vite qu'eux. Alors je décide de profiter de mon avance pour tenter un truc. Les vitres du bâtiments sur ma droite sont fracassées, ça me facilitera le passage. Avec plus ou moins d'agilité, je me glisse – ou plutôt je me fourre, mais passons – par l'encadrement en évitant tant bien que mal les coupures. Et puis, comme l'autre côté de ce que je crois avoir été un bureau de poste a également été ouvert avec grande délicatesse, j'essaie de dégager quelques débris de verres du bout du pied avant de me glisser hors de la salle.

Je prends le temps de vérifier que je ne me suis pas entaillée avec toutes mes acrobaties. R.A.S, j'ai géré. Bravo championne. Des bruits de pas écourtent cependant ma danse de la victoire. Je me jette vite au sol, plus ou moins dissimulée par une carcasse de voiture qui traînait là. L'intrus marque une pause avant de reprendre son chemin. Je me risque à jeter un coup d’œil. Oh oh oh ! Visiblement, il ne s'agit pas d'un rôdeur, ce qui peut être une bonne autant qu'une mauvaise nouvelle.
Je décide de tenter ma chance, il part assez vite mais je lui emboîte le pas. Je vais peut-être avoir une occasion de lui piquer quelque chose d'utile, ou alors je vais découvrir sa planque. Ou bien, plus simplement peut-être que si je le lui demande, il saura me dire où c'est La Fonda.
Cependant, je n'oublie pas qu'en cas de pépins, Stew ne sera pas là pour me sortir des ennuis cette fois. Alors je joue la carte de la prudence. Voyons où il va, comment il se conduit... Une fois que j'en saurais plus, j'aviserai.

Je le file donc jusqu'à une petite épicerie dans laquelle il pénètre sans attendre. C'est là que la situation devient délicate. Je sais que dès l'instant où j'aurais passé cette porte, tout et n'importe quoi pourrait arriver. Je jette un petit coup d’œil à travers le carreau poussiéreux, mais entre la saleté et le rideau ciselé qui y est suspendu, je n'y vois rien. Je souffle un bon coup et... allez ! J'entre.
Après tout il n'y a aucune raison pour que ça se passe...

« J'te conseil de bouger, et vite. Je suis pas d'humeur à jouer. »
...Mal. Qu'est-ce qui m'a pris d'y croire ? Je devrais le savoir pourtant, que la chance et moi...
Enfin tant pis. J'imagine que je ne peux plus reculer. Je fais donc quelques pas, sors de l'ombre, pour me retrouver nez à nez avec un fusil. Ah ! Quand je disais que j'étais poisseuse.

« Bon, bon, on s'calme cowboy. Je vois que je me suis faite avoir sur ce coup là. Félicitations ! »
Je lâche ça avec un petit air suffisant, comme si on venait de terminer une partie de cache-cache. En vérité, j'ai les mains moites et le cœur qui s'emballe mais bon, ne pas leur montrer qu'on a peur, c'est une bonne façon de faire. Le tout, c'est de ne pas lui donner trop envie de presser la détente.
« Ecoute, j'veux pas d'ennuis, je vais juste s... »

Je m'interrompt, dans mon dos, j'entends quelques sons gutturaux qui me glacent le sang. Et merde. Maintenant je ne peux même plus repartir d'où je suis venue.
« Ah ! On dirait qu'on est coincés ici tous les deux ! » j'annonce en souriant, avant de me déplacer, les mains bien en évidence, vers un coin de la pièce et de m'y asseoir.

« Tu... vas garder ce truc pointé sur moi longtemps ? »
Mais oui continue, fais la maline ! Prétends être sure de toi et détendue en jouant avec tes cheveux. La vérité est cependant toute autre, je suis clairement en panique ! Et je ne sais absolument pas comment je vais bien pouvoir me sortir de ce mauvais pas.
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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Pourquoi ne serais-tu pas l'appât ?   Sam 19 Déc 2015 - 14:45


    La demoiselle qui me fait face tente de calmer le jeu et, à peine a-t-elle amorcé un pas pour sortir que les grognements des cadavres de font de plus en plus forts. Je ne répond à ses paroles et la regardé aller s'asseoir dans un coin, mon fusil toujours braqué vers elle. Elle est vraiment sérieuse ? On est sur le point de se faire encercler et tout ce qu'elle trouve c'est poser son derrière et attendre ? Mais la porte va pas se fermer toute seule. Décidément tous les mêmes, ils attirent les ennuis et après c'est à moi de me débrouiller. Soupirant bruyamment, je descends le rideau en fer de la porte -il est coincé mais en donnant un coup de crosse sur l'enrouleur ça se débloque vite- puis ferme la porte en vieux bois et rabat le loquet. La brune est toujours assise dans l'ombre alors que je vais me positionner dans l'angle en face ; la jaugeant toujours d'un œil mauvais, je lance d'un air amer et blasé à la fois :

« Vraiment sympa d'avoir amené tes petits copains avec toi. Pourquoi tu me suivais ? »

    Le fusil étant toujours braqué sur elle, je l'abaisse, laissant toutefois la sécurité ôtée ; mieux vaut être prudent, même si elle semblait être une femme isolée, elle pouvait très bien être accompagnée de camarades bien plus vivants que ceux qui tentaient en ce moment même de passer les rideaux de fer. Parce qu'il faut être lucide, les gens ne restent pas longtemps seuls avec les temps qui courent ; plus sécurisant, sans doute. Mais son air suffisant et arrogant m'agace au plus haut point. Je voulais trouver un coin tranquille et il fallait que je tombe encore sur eux, ces humains qui croyaient que tout leur est dû et qui s'estime au dessus de tout le reste. Elle pense peut-être que je vais la craindre si elle n'a pas peur, ou avoir de l'estime pour elle de se montrer forte, mais c'est tout le contraire, j'ai encore plus envie de la descendre et Dieu sait que je n'aurais aucun scrupule à le faire.

« Qu'est-ce que tu fous ici ? Y a plus rien à part des cadavres. En tous cas j'ai croisé personne à part toi. »

    J'avais toujours mal supporté de me retrouver coincé quelque part. Je me suis bien trop longtemps cloîtré dans mon appartement -bien que la situation était différente étant donné que c'était de mon plein gré, ou plutôt que je n'avais pas le choix, ne supportant pas la masse humaine qui pullulait à l'extérieur- mais j'avais à présent besoin de quitter tout ça et de vivre ma vie, celle à laquelle j'avais tellement aspiré. Je commençais à devenir nerveux ici et n'étais pas certain que garder mon fusil sans sécurité était la meilleure option, mais je n'avais aucune confiance en mes semblables et n'avais pas d'autre option pour le moment ; ils avaient toujours été la plus grande menace en ce monde, maintenant plus que jamais.

« Ça a pas l'air de te déranger plus que ça d'être ''coincée ici'' comme tu dis, y a personne qui t'attends là dehors ? »

    Je voulais comprendre. Et j'étais bien trop soupçonneux pour le moment pour l'accabler de reproches quant aux morts qui nous encerclaient. Le tout était de se faire discret en attendant qu'ils partent ; peut-être qu'ils trouveront quelque chose de plus attrayant qu'un rideau de fer renfermant une promesse de repas. Me massant la tempe, j'ajoutais d'une voix plus basse, désignant la porte de secours de mon autre main :

« La porte est fermée et ne semble pas être une sortie possible, va falloir se faire tout petit jusqu'à pouvoir ressortir. »





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
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MessageSujet: Re: Pourquoi ne serais-tu pas l'appât ?   Mer 30 Déc 2015 - 20:37

Si j'avais été en présence de Stew, j'aurais sans doute laissé échapper un rire nerveux jusqu'à ce qu'on finisse par s'esclaffer tous les deux dans la petite épicerie. Madame Prudence qui oublie de fermer la porte, ça arrive pas tous les jours. Ça aurait été une manière bien conne de s'attirer des problèmes. Mais là, vu comment mon nouvel ami a l'air farouche, je m'abstiens de tout commentaire et préfère faire profil bas... au moins pour une minute.
Parce que oui, aussitôt assis face à moi, monsieur m'accuse d'avoir attiré tous les charognards du coin vers sa superbe cachette ultra secrète ! Gonflé quand même. Avec ou sans moi, les morts de faim seraient sans doute parvenus jusqu'ici. Si je l'ai repéré, ils l'ont repéré. Après, j'ai peut-être ajouté deux ou trois loques au total, mais enfin... J'évite de lui exposer mes arguments implacables. Mon petit doigt me dit que ce serait moyennement apprécié. En revanche, je me rends compte un peu tard que je n'ai pu m'empêcher de rouler des yeux. Avec un peu de chance, ce sera passé inaperçu. On y croit !
Il me demande alors ce que je fabriquais dans le coin, pourquoi je le suivais. Tiens c'est vrai ça... Pourquoi ?

« Bah... En fait j'sais pas trop. J'étais un peu hm... paniquée. Alors quand je t'ai vu je me suis dit que peut-être... tu connaissais un abri. » C'était la vérité. Bon, il en manquait notamment la partie où je comptais repérer une éventuelle planque pour revenir la piller avec Stew, mais on a tous nos petits secrets.
« Et puis aussi je cherche un endroit qui s'appelle La Fonda, c'est un restaurant je crois. Je comptais te demander mais avant ça je préférais m'assurer que t'étais pas un type trop bizarre. Y'en a plein qui traînent ces derniers temps. Alors je me suis pas manifestée tout de suite ! »
Voilà. Il savait tout ou presque.

Je me préparais à lancer un « et toi ? » des plus classiques, histoire qu'on fasse connaissance. Après tout peut-être que ça le rendrait moins hostile. Parce qu'il a beau avoir abaissé son fusil, je vois bien à sa tête que je m'en suis pas encore sortie pour autant. Mais visiblement, c'est lui qui pose les questions. Et comme son regard noir me fait flipper, je m'empresse de répondre, sans protester.

« Non. »

J'ai accompagné ma monosyllabe d'un haussement d'épaules. Non, personne ne m'attends là dehors. C'est qu'un demi-mensonge après tout. Peut-être bien que Stew est lui-même en pleine course pour sa survie, ou qu'il est aussi en train de copiner avec d'autres survivants, à moins qu'il ne s'impatiente déjà au point de rendez-vous. Quoi qu'il en soit, s'il m'attend, les chances pour que ce soit dans un rayon de cent mètres autour de ce bâtiments sont minces. Quand bien même il lui viendrait à l'esprit de partir à ma recherche, je doute qu'on le voit débouler ici dans un futur proche...Hélas !

Mon compagnon d’infortune m'avise alors de nos options, ou plutôt de notre option en l’occurrence, qui est de s’asseoir et d'attendre que ça passe. Il me semble que c'est déjà ce qu'on fait depuis au moins dix minutes mais là encore, la remarque me paraît peu pertinente, surtout une fois que mes yeux papillonnent de nouveau vers son arme.
Un silence tendu s'installe. Quelle joie ! Non contente de me retrouver enfermée dans une épicerie minuscule, à première vue pas très riche en ressources et en plus avec un inconnu, il faut encore que ce soit avec quelqu'un d'aussi agréable qu'une porte de prison. Je soupire longuement.

« Je m'appelle Isla, j'étais serveuse... Enfin c'était pour payer mes études ». Quoi de plus normal que d'aller raconter sa vie à un parfait inconnu quand celui-ci à l'air prêt à vous mettre un peu de plomb dans la tête et ce en sens propre ?
En tout cas, s'il a un cœur, maintenant que moi j'ai un nom, ce sera plus difficile. Mais j'ai le pressentiment que ça suffira pas. Et aussi qu'il va très vite me regarder avec un drôle d'air alors je prends les devants et je m'explique.

« Puisque qu'aucun de nous deux ne peut sortir, je me suis dit qu'il y'avait une petite chance pour qu'on arrive à avoir une conversation. Ce sera toujours moins désagréable que les grognements. Puis si on crie pas, ils devraient pas entendre... »
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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Pourquoi ne serais-tu pas l'appât ?   Jeu 7 Jan 2016 - 18:32


    J'avais écouté les explication de la brune assise dans le coin sans la quitter des yeux. Les cadavres continuaient de cogner bêtement contre la porte mais ils finiraient certainement par se lasser et, comme je l'avais fait remarqué, nous n'avions pour le moment pas d'autre choix que de rester là et d'attendre. Je ne pu m'empêcher de produire un reniflement dédaigneux à ses paroles. Alors soit disant elle avait été paniquée, était seule, mais souhaitait rejoindre ''La fonda'' ? Je parierais gros sur le fait qu'elle ne sache même pas à quoi ça ressemble ; moi je savais, j'étais passé devant y a peu, mais c'était hors de question de lui dire. Parce-qu'après tout, si elle était effectivement ''seule'', pourquoi elle chercherait à rejoindre un foutu endroit qu'elle connaît même pas ? C'est forcément que quelqu'un l'attend là-bas, et j'ai aucune envie que ça me retombe dessus. Je décides donc que le plus prudent à faire est de rentrer dans son jeu.

« Je connais pas cet endroit, mais une fois qu'on sera sortis d'ici tu pourras t'adonner à tout le loisir que t'offrira cette recherche. »

    J'étais acerbe et bien conscient de l'être mais comment pouvais-je faire autrement ? Ç’avait toujours été plus fort que moi et là, je m'étais préparé à passer du temps tranquillement sans humains aux alentours, et elle venait de tout foutre en l'air, alors il était hors de question qu'on copine. Surtout pas alors que je sentais bien qu'elle cherchait à cacher quelque chose ; tous les mêmes. En réalité je m'en fous royalement de savoir ce qu'elle ne me dit pas, tout ce que je veux c'est sortir d'ici en vie et avoir la paix ; mais il faut croire que j'ai déjà assez vécu pour ne pas savoir que la vie n'est jamais aussi simple.

    Un silence lourd s'installe, on sent bien qu'on est l'un comme l'autre aux aguets du moindre mouvement même si la brune a pas l'air très sûre d'elle ni très rassurée ; mais ne faut-il pas toujours se méfier des apparences ? Après avoir déposé mon paquetage au sol, je me hisse sur un meuble contre le mur, je m'y assois, montant une jambe à mes côtés et laissant l'autre pendre dans le vide ; le fusil toujours dans une main, je me masse la nuque de l'autre. Et c'est en plein dans ce silence qui n'est qu'à moitié reposant que la brune se remet à parler... de sa vie ? Elle est sérieuse là ? Haussant un sourcil, je la regarde d'un air sceptique et elle s'empresse alors de justifier sa démarche. Elle s'attend à quoi ? Que je sois pris de pitié maintenant que je peux mettre un nom sur son visage ? Je me contente cependant de la regarder avec de grands yeux ronds, laissant traîner le silence quelques longues minutes encore.

« Alors celle-là on me l'avait jamais faite, discuter avec un inconnu pour ''passer le temps''. T'es consciente que tu devras discuter tout le reste de ta vie pour t'occuper maintenant ? »

    Ma remarque n'avait rien de sympa, mais elle n'était pas non plus négative, elle avait presque des connotations moqueuses mais au final tout était vrai ; il n'y avait plus rien à faire et la plupart des gens mourraient probablement d'ennui. Ce n'était pas mon cas, le monde était un énorme terrain de jeu où j'avais enfin l'opportunité d'avoir la vie dont j'avais toujours rêvé, et ce n'était certainement pas cette petite étudiante qui allait me mettre des bâtons dans les roues. Ne souhaitant toutefois pas être mal poli et me disant par le même coup que de toute façon, nous n'avions en effet rien de mieux à faire, je lui réponds d'un ton relativement morne :

« Moi c'est Axel. Tes études, c'était quoi, Isla ? »

    J'avais volontairement accentué son prénom, comme pour lui montrer que j'avais bien reçu l'information. Jetant un œil sur l'étagère à ma gauche, je vois quelques paquets de crackers ; ça se garde longtemps ces trucs. Ouvrant un paquet, j'en prends quelques un au creux de ma main et lui fait glisser le reste. C'est ensuite la bouche pleine que je reprends la parole :

« Tu viens d'où ? Ça doit pas être simple d'se retrouver seule là dehors. »

    Essayer de se mettre à la place des gens pour acquérir un semblant de conscience, ça n'était pas une méthode née de la dernière pluie. Peut-être que j'en apprendrais un peu plus sur ses intentions, ou peut-être pas.





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MessageSujet: Re: Pourquoi ne serais-tu pas l'appât ?   Jeu 21 Jan 2016 - 19:40

« Dommage ! » j'ai soupiré en regardant mes chaussures. Je suis assez déçue, moi qui pensais trouver mes infos ou en tout cas de quoi grignoter, je n'ai droit ni à l'un ni à l'autre. M'enfin... à quoi tu t'attendais Isla ? Suivre un mec lambda comme ça et tomber sur le Graal, hein ? Plus j'y pense et plus je me rend compte que mon plan était tout simplement pourri. Le pari était risqué, bien trop pour se laisser tenter. À croire que cette tête brûlée de Stewart était en train de déteindre sur moi.
Mieux encore, ma tentative de communication n'a pas vraiment l'air de passer aussi bien que prévu. J'ai du mal à déchiffrer l'expression que je vois sur le visage de mon compagnon d'infortune mais je dirais qu'il paraît à la fois surpris, et... agacé peut-être ? Ou alors il est en train de me juger et vu sa tronche l'évaluation n'est pas vraiment élogieuse.

À la vérité ça me vexe un peu, mais il est hors de question de le lui montrer, ni de chercher à lui rendre la monnaie de sa pièce. Ce qu'on veut, c'est sortir d'ici vivant, pas s'étriper avant que les rôdeurs ne le fassent. D'ailleurs, je doute sincèrement de mes chances si on devait vraiment en venir aux mains, et c'est sans parler du fusil. Le mieux, c'est d'encaisser les piques jusqu'à ce que je puisse me tirer d'ici. Je m'abstiens donc de tout commentaire, même si quelques répliques cinglantes me brûlent le bout des lèvres.
Une fois de plus, je me contente de hausser les épaules.
Et là, contre toute attente, monsieur se décide tout de même à entamer la conversation avec moi. C'est avec surprise que je relève le visage vers lui, et écoute très attentivement pour le coup. Peut-être au fond que j'ai jugé Sarcasme Man un peu vite. D'autant que dans la foulée il se décide même à partager une boîte de crackers avec moi. Je lui adresse un signe de tête, en guise de remerciement tout en me saisissant du trésor. C'est l'heure de se mettre à table ! Je n'y avait pas vraiment prêté attention jusque là mais c'est vrai qu'avoir crapahuté toute la matinée, ça creuse.

« Ach'trophysique, je lâche entre deux bouchées. Et c'était pas de la tarte ! »

Je ne m'étale pas plus sur le sujet. Si le dénommé Axel a enfin décidé de s'ouvrir, je vais éviter de trop en balancer d'un coup, histoire qu'on n'ait pas fait un pas en avant pour deux en arrière. Quoique... Il a l'air prêt à continuer sur sa lancée. Alors je continue aussi.

« D'ici. Enfin de Seattle j'veux dire. Mais j'habitais plutôt vers Northgate. Le sud de la ville je connais mal... C'est pour ça que je me suis perdue. » Je marque une pause, qu'il fasse bien attention à ce que je viens de dire, des fois qu'il devienne sensible en plus de bavard. « J'étais partie avec ma mère, parce que son copain a disparu. Et puis on s'est fait surprendre par la rue. Tu sais les pillards et... eux – je jette un regard à la porte. De fil en aiguille on s'est... retrouvées à... enfin ici. Puis je l'ai, - je racle ma gorge, désormais nouée- perdue. »
Je viens d'inventer ça de toute pièce. Mais le fait est que je suis effectivement sans nouvelles de ma mère, et même si mon intention au départ était de sortir le premier bobard qui venait pour me débarrasser de la question, je viens de me laisser prendre à mon propre jeu. Est-ce qu'elle vit ? Où est-elle ? Est-ce qu'elle va bien ? Toutes ces questions remontent, et avec elles, une drôle de sensation de chaleur qui parcoure mon visage. Et puis j'ai le nez qui commence à me démanger, comme si j'étais à deux doigts de pleurer.
Ça me gêne. Et je ressens soudain un besoin urgent de mettre de la distance entre Axel et moi. Et vite.

Alors je me lève, lui tourne le dos le temps de renifler bruyamment et de retrouver ma contenance. Puis, c'est direction le comptoir, sur lequel je m'assieds, bien plus à l'aise une fois au fond de la pièce.

« Et toi Axel ? D'où est-ce que tu viens ? Hm ? » je demande avec sans doute un peu trop d'entrain pour que celui-ci paraisse spontané.
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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Pourquoi ne serais-tu pas l'appât ?   Sam 23 Jan 2016 - 15:21


    Son petit air déçu quand je suis dit que je sais pas de quoi elle parle quand elle me demande où est ''La Fonda'' me ferait presque rire, il vaut mieux cependant ne pas en rajouter une couche et je me contente de hausser les épaules ; même si mes yeux ne peuvent s'empêcher de sous-entendre un ''c'est con hein'' des plus ironiques. Soyons honnête, elle est perdue et c'est vraiment dommage pour elle, mais j'ai aucunement l'envie de l'escorter dans un endroit où ses petits camarades me cueilleront bien gentillement. Elle pouvait déjà s'estimer heureuse que je l'ai pas foutue à la porte pour la donner en pâture à ces macchabées. Mais ça n'empêchait pas que derrière son air perdu et innocent se cachait autre chose, une certaine insolence et un agacement palpable ; peut-être que je le ressentait parce-que j'avais tendance à ressentir le même agacement dans pas mal de situations ? Qui sait. Je faillis pouffer à nouveau quand elle se mit à croquer les crackers que je lui avais lancé ; elle avait rien bouffé depuis quand exactement ? Parce-qu'on aurait vraiment dit que c'était la première fois qu'elle en revoyait depuis le début de l'apocalypse ; elle répondit rapidement à ma question, me laissant pas vraiment d'en placer une sur sa manière de manger. Astrophysique hein ? Pas mal, tu m'étonnes qu'il faille bosser à côté pour payer tout ça. C'était un boulot ambitieux avec des promesses intéressantes, même si mon boulot à la librairie me convenait parfaitement. Je me demandais un instant si elle aurait réellement trimé comme ça, entre études et boulot, si elle avait su que du jour au lendemain tout s'effondrerait.

« Et finalement voilà que ni tes études, ni le fric que t'as pu mettre de côté se trouvent être utiles. »

    Ma remarque n'avait pas été réellement cinglante, c'était plutôt une affirmation dite sur un ton presque las. Remontant mes jambes pour les mettre en tailleur en dessous de moi, j'y pose mes coudes afin d'appuyer mon menton sur mes mains, écoutant les paroles de la brune qui se lance dans une explication sur ses origines avant d'arriver là. Haussant les sourcils, je l'écoute sans rien dire, enregistrant chaque mots. Puis sa voix se met à trembler ; beaucoup de perdus dans l'histoire, elle s'est perdue, sa mère s'est perdue, le compagnon de cette dernière a disparu. Il semblait qu'elle n'ait réellement eut aucune chance. Mais c'est comme ça, la vie maintenant. Évidemment je ne peux m'empêcher de penser à ma famille, où sont-ils ? Vont-ils bien ? Mais à quoi bon pleurnicher sur son sort hein ? Ils viendront au moment venu, j'en étais persuadé et c'était tout ce qui comptait. Regardant fixement Isla, je me demandais si j'éprouvais une quelconque pitié quant à sa situation et en vint à la conclusion que ce qui devait arriver arrivait toujours. C'était triste, c'était horrible de perdre les siens, mais au vu de son petit air arrogant porté par un visage d'ange, je doute pas une seconde qu'elle saurait retrouvé ses marques et amadouer quelqu'un ; si ce n'était pas déjà fait. Sauf que ce quelqu'un, ça serait pas moi. Quand elle se leva et me tourna le dos pour se diriger vers le comptoir, je passais une main sur ma nuque, presque agacer de l'entendre renifler.

« Dis toi qu'elle est sûrement mieux là où elle est maintenant. »

    Ou pas. Mais qu'importait ? De toute façon personne ne savait sur ce qu'il y avait après, ni sur ce que devenais les esprits des gens une fois qu'ils se relevaient. Si ça se trouve, les êtres humains qu'ils étaient étaient encore coincés quelque part au fond des monstres qu'ils étaient devenus ; et si c'était le cas, ce n'était qu'un juste retour des choses de l'arrogance humaine et de tout ce qu'elle a engendré. Puis ce qui était prévisible arriva et la brune me retourna à son tour la question avec un enthousiasme qui avait tout d'être feint ; comment pouvait-il en être autrement au vu de la situation dans laquelle elle était ? Sans vraiment réfléchir à mes mots, je répondis d'une voix calme.

« Je vivais dans le centre de la ville. Marquant une pause en jetant un œil sur les étagères en face, je poursuivis. Je bossais dans un café-librairie, c'était pas un truc très réputé mais ça marchait plutôt pas mal. »

    Qui sait, peut-être que la brune y était déjà passé un jour ou l'autre, dépenser le maigre pourboire qu'elle avait dû recevoir après une longue soirée de boulot. Ou peut-être pas. Je retenais relativement bien les visages et le sien ne me disait foutrement rien. Qu'aurais-je pu ajouter de plus ? J'avais pas l'intention de lui donner l'adresse de mon appartement ni de lui dire que je comptais retourner dans le centre et attendre que ma famille m'y rejoigne ; mais peut-être les avait-elle croisé ? Quand bien même ç'aurait été le cas, elle ne me dirait certainement rien au vu de l'ambiance relativement tendue qui régnait encore dans l'épicerie. Jetant un regard un coin à mes affaires, juste pour vérifier que tout était encore là, je reposais finalement mes yeux sur elle, toujours pas convaincu par sa bonne foi. A la porte, les morts cognaient toujours, ils semblaient assez nombreux, une dizaine peut-être plus, mais ils finiraient bien par s'en aller à un moment ou à un autre ; j'espérais pouvoir sortir d'ici avant la nuit.

« Si tu ne connais pas le coin, pourquoi tu restes ici au juste ? Peut-être que retourner à Northgate serait la meilleure chose à faire. »





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
»

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Pourquoi ne serais-tu pas l'appât ?

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