The Walking Dead RPG

The Walking Dead RPG

It hurts me so much inside, each time we say goodbye | ft. Elijah
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Hoani Hayworth
Hoani Hayworth
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habileté:
Modératrice
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 2136
Sujet: It hurts me so much inside, each time we say goodbye | ft. Elijah   Mer 7 Sep 2022 - 15:36


It hurts me so much inside, each time we say goodbye



New Eden - | Elijah & Hoani





Je me pose enfin au salon, en poussant un soupir allongé. Redressant la tête, je m’octroie un léger massage de la nuque, expirant avec ferveur, complètement épuisée. Bon sang, ce que c’est éreintant, un bébé de deux ans. Je fronce les sourcils, fermant les yeux. Est-ce que je galérais autant avec Oliver ? Je peine à m’en souvenir. Il faut bien dire, pour ma défense, que Louisa avait probablement tout géré de son côté. Mais aujourd’hui ? Ma meilleure amie me fuit comme la peste, et je ne peux pas trop la blâmer. Notre dernière discussion a été frontale, et adoubée de propos dont je ne suis guère fière, aussi n’est-il pas surprenant qu’elle m’évite autant que possible. Même si ça lui arrive de passer à la maison pour prendre de temps en temps Lucy avec elle, ce n’est plus aussi souvent qu’avant. Et quand on se croise, c’est à peine si les politesses sont échangées entre nous. Bon dieu. Il va falloir que j’arrange ça. Pourtant, je peine à en trouver la force et la volonté. Je ne souhaite pas être dépourvue du soutien de Louisa, certainement pas après tout ce qu’on a vécu ces dernières années. Mais c’est comme si… eh bien, je suppose que j’ai honte. Que j’ai peur de l’affronter et de reconnaître que je suis, en réalité, une horrible personne. Incapable de m’accommoder à un rôle que tout le monde, ici, est forcé de tenir. Mais putain, pourquoi c’est si compliqué avec moi, hein ? Il y a vraiment un truc qui ne tourne pas rond.

Un craquement résonne et je redresse la tête. Mon front se plisse, et je me demande si je n’en viens pas à rêver. Eh, manquerait plus que cet endroit soit hanté. Qu’est-ce que des fantômes après des morts-vivants, après tout, ce n’est certainement pas impossible, on a connu pire théorie que celle-là, non ? J’ai un rictus à cette pensée, songeant que je pars vraiment en vrille, quand cette fois, c’est un claquement plus bruyant qui accapare mon attention. C’est moi ou on vient d’ouvrir la porte de chez moi, là ? Je me lève prestement, soudainement aux aguets. Il me semblait que Mia passait la journée chez une camarade, mais peut-être que je me trompe. Ou bien… ma parano n’est pas totalement en tort et ce débarquement impromptu est plus louche qu’il n’y parait. Bon. Ce n’est pas qu’on a grand intérêt à entrer par effraction ici, mais j’ai eu l’occasion de me faire remarquer ces derniers temps, alors on ne sait jamais. Et puis, étant passablement sur les nerfs, j’ai dû mal à rester zen. Tendue, je me rapproche donc en catimini de l’entrée, prêt à bondir sur l’intrus, quand, au bout du compte, je me fige dès lors que je reconnais des pas familiers talonner le sol. Le peu de forces qui m’habitait encore semble s’être évanouie au moment même où un visage que je reconnaîtrai entre mille apparaît dans mon champs de vision, et je ne suis plus capable de rien. Restant sur place, j’examine bêtement le nouveau venu, comme si, pour de vrai, j’en venais à l’imaginer dans ma tête.

Combien de temps s’est écoulé depuis son départ ? J’ai l’impression que cela fait une éternité. La contradiction m’envahie dès lors que mes prunelles se plongent dans les siennes. Le soulagement, la satisfaction, le réconfort de le savoir de nouveau présent. En vie, surtout, de retour à mes côtés. Mais aussi l’inquiétude ravivée, la frustration accumulée, la déception accompagnant l’attente. J’ai envie de hurler et je crois bien que j’ai tourné le volume un peu trop fort, quand j’en viens enfin à ouvrir la bouche : « Non mais je rêve, c’est maintenant que tu rentres ?! » Je reste bouche bée, et Elijah ne doit pas être en reste, avec une telle réaction. Je suis toujours béate quand enfin, je m’approche, mes iris toujours consciencieusement rivée sur lui. « Bon sang Elijah je… j’ai bien cru que tu ne reviendrais pas, cette fois. » J’émets, dans un souffle, la boule au ventre, la gorge encore nouée par cette salve d’émotions qui me dépasse. Mes nerfs lâchent, comme s’ils sentaient que je pouvais enfin me laisser aller, et c’est un rire fébrile, étranglé, qui filtre à travers mes lèvres. « Bordel, j’ai cru que tu étais un fantôme, tu y crois ça ? » J’en rirais presque aux larmes, mais les perles salées qui pointent au coin de l’œil sont en réalité plus subtile. Je secoue la tête, toujours fébrile, mais m’abandonne totalement contre cet époux que je n’aurais cru trouver un jour. Mes bras entourent sa nuque et c’est naturellement que j’en viens à effleurer ses lippes des miennes en un baiser doux, mais prolongé, indécis puis plus déterminé. M’accrochant, il me faut quelques secondes pour reprendre mon souffle et m’écarter de quelques centimètres d’Elijah, observant son visage, ses yeux cernés, ses cheveux ébouriffés. Appréciant bien malgré moi cette vision, je finis par murmurer à son oreille, attendrie : « Re-bienvenue chez toi. Chez nous. C’était vide, sans toi. »


Ⓒslytbitch.


I'll walk through fire and through rain
Snakes and stone, Skin and bone. Vain and revenge, Betrayed by a friend. Grow cold heart consumed by green, Mesmerize me. Oh, I dare you to try, dare hypnotize me, with medusa's green eyes. ----
 
Revenir en haut Aller en bas  
Invité
Anonymous
Fiche de personnage
Invité
CASIER DE SURVIVANT
Sujet: Re: It hurts me so much inside, each time we say goodbye | ft. Elijah   Mar 11 Oct 2022 - 0:03
Plus de deux mois après son second départ, Elijah est de nouveau de retour à Walla Walla. Revenir au QG a quelque chose d’étrange, après avoir passé autant de temps à Providence: dans un certain sens même, il a presque l’impression de se trouver en terrain inconnu. Loin de ce dont il s’est habitué durant quelques semaines. Mais qu’importe: rentrer signifie aussi revoir ses proches, et surtout… Hoani. Avant de partir, il lui avait dit que son absence durerait environ plus d’un mois… Autant dire que ce temps a été doublé, que ce soit par le procès mais aussi divers événements liés à la traque des scarecrows. Alors avant de même oser rentrer dans la maison, il a une légère moue: c’est certain, elle ne sera pas ravie… Même s’il n’y est pour rien.

Le calme règne à l’intérieur, tandis qu’il se trouve désormais dans le hall d’entrée. C’est à se demander s’il y a quelqu’un, au final: alors, sans attendre ni se manifester, il avance à pas rapides, jusqu’à ce qu’il se retrouve face à… Hoani, justement. Pas exactement du moins, car quelques mètres les séparent, mais elle est bel et bien là. Lui qui n’avait de cesse de penser à elle durant ces longues semaines où il se trouvait à Providence, doute presque un instant de sa présence. Son éclat de voix, plutôt fort, le sort assez promptement de ses pensées: il a un léger sursaut de surprise, tant il ne s’y attendait pas. Je… C’est presque s’il ne se met pas à bégayer, comme s’il venait d’être pris en faute. A la place, il la regarde se rapprocher de lui, sans la lâcher des yeux.

Désolé, ça a été plus long que prévu. L’émotion, qu’il ne cherche même pas à réprimer, lui noue presque la gorge: oui très clairement, ces quelques semaines ont tout de même été longues sans son épouse à ses côtés. Ou plutôt, sans qu’il soit à ses côtés. Léger sourire, trahissant une certaine tristesse, en l’entendant dire qu’elle le prenait pour un fantôme quelques instants plus tôt. Pas pour ces mots en eux-mêmes, mais plutôt leur signification: celle d’un départ définitivement trop long, mais auquel il n’avait pas pu se désister. Pas avec la programmation de ce fichu procès. Il l’amène tout naturellement contre lui, la gardant dans ses bras tandis qu’ils s’embrassent: il ne la lâche d’ailleurs pas, une fois de nouveau légèrement éloignés.

Un sourire vient d’ailleurs orner ses lèvres, à son chuchotement. Merci bien, chère madame. Puis il la regarde de nouveau, cette fois-ci légèrement plus sérieux. Je suis là, maintenant. Et si cela peut te rassurer, je ne pense pas repartir d’aussitôt. Même si cela signifie n’avoir aucun contact possible avec Deadpool, ce qui est plutôt fort inconvénient. Tu sais… Durant un instant, son regard se détourne d’elle, hésitant à prononcer ces dernières paroles. De ce fait, il reprend, d’un ton plus bas. Je ne veux plus être séparé de toi. Rester à ses côtés, quoiqu’il puisse arriver. Qu’importe où ils se retrouvent. Tant qu’ils sont ensembles…
Revenir en haut Aller en bas  
Hoani Hayworth
Hoani Hayworth
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habileté:
Modératrice
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 2136
Sujet: Re: It hurts me so much inside, each time we say goodbye | ft. Elijah   Mar 25 Oct 2022 - 11:47


It hurts me so much inside, each time we say goodbye



New Eden - | Elijah & Hoani





C'était plus long que prévu... C'est le cas de le dire, oui. J'ai arrêté de compter les jours sur le calendrier avant son retour, désespérant, presque, qu'il me revienne un jour. Si je ne le dis pas foncièrement à Elijah, je pense néanmoins que ma réaction me trahit. Pendant un long moment, j'ai bien cru qu'il m'abandonnerait à son tour. La réalisation me poignarde le cœur, et alors que je suis plongée dans une longue étreinte avec mon époux, mes muscles se tendent. J'ai le réflexe de serrer plus fort encore celui dont je me languissais, mes ongles frottant son vêtement sans que je ne les contrôle. Bon sang. Et s'il n'était pas rentré, qu'est-ce qu'il se serait passé au juste ? Mes dernières actions ont tendance à parler pour elles-mêmes, mais je me tais. Gardant le silence, savourant ces retrouvailles inespérées. La chaleur d'Elijah m'envahit et je me perds dans ses bras, humant son odeur, enfouissant ma tête contre sa poitrine alors que nous restons ainsi, sans en dire plus. Il n'y a pas besoin, en l'instant. Nous parlerons bien après. Et qu'est-ce qu'il y en a, des choses à exprimer. Je tremble sans le saisir complètement, la nervosité me prenant à mesure que les secondes s'égrènent et que nos embrassades en viennent à se terminer. Je ferme les paupières lorsque l'on en vient enfin à s'écarter l'un de l'autre, de peu, certes, mais suffisamment pour qu'on puisse deviner le trouble sur nos traits respectifs. Trouble qu'il va falloir justifier, désormais.

Les paumes à plat sur sa poitrine, je note qu'Elijah ne semble pas vouloir me lâcher, ce qui me convient un peu trop bien. Un rictus ourle mes lèvres quelques instants, avant que mes iris ne se plongent dans les siens, la voix à moitié étranglée en admettant :  « J'espère bien que tu ne vas pas repartir de sitôt. » Je me mordille l'intérieur des joues, ajoutant :  « C'est égoïste de ma part, je le sais. Mais sans toi... ce n'est pas pareil. A tes côtés, j'ai l'impression de pouvoir mieux affronter cette vie que nous impose New Eden. Elle en vaut le détour, avec toi. » Sans lui en revanche, je brûle de l'intérieur. Le feu me consume, et je ne parviens plus à percevoir ce qu'il y a de bien à Walla Walla. Il faut croire que les derniers propos avec Ela m'ont fait ouvrir les yeux aussi sur pas mal de choses. Sur cette complicité indirecte, sur ce temps écoulé à ne rien faire. Je ne peux plus prétendre n'y être pour rien, alors que cela fait 5 ans que je supporte cet enfer en silence. Je retiens un soupir, m'attardant à la place sur le visage de cet homme qui partage désormais ma vie. S'il fut un temps où on aurait pu douter de la sincérité de notre union, ce n'est plus le cas maintenant. Je ne m'aurais pas cru capable d'aimer un homme à nouveau, mais celui-là, qui se tient en face de moi, il a tout chamboulé. Et je rétorque alors, dans un nouveau sourire :  « Moi non plus, Elijah. Je ne veux pas. Plus jamais. »

Mais est-ce qu'on peut s'en faire la promesse ? Cela ne va pas jusque là, et je finis par me reculer un peu, rompant le contact entre nous alors que la tristesse m'envenime. Je passe une main nerveuse sur ma gorge, ayant bien conscience que des choses doivent être annoncées, des nouvelles, mauvaises, apportées. Et je n'ai pas envie de gâcher cette soirée entre nous, alors j'esquive, préférant jeter la balle dans le camp de mon époux. Juste histoire de retarder de quelques minutes cette souffrance que je vais lui imposer. Parce que je sais, je sais ce qu'il ressent, sentiments que je ne partage pas avec lui. Je n'ai pas envie d'être l'oiseau de mauvaise augure. Pas tout de suite.  « Raconte moi, Elijah. Pourquoi... pourquoi c'était si long ? C'est ce procès, qui a duré aussi longtemps ? Si tu as tenté de fuir sans moi, tu peux me le dire, tu sais. » Je tente une taquinerie mais le cœur n'y est pas vraiment. La sincérité fait défaut à mes propos et je lisse mes cheveux d'un nouveau geste fébrile. Honteuse de ne pas assumer mon rôle de messagère, moi qui devrais lui dire les choses directement. Mais comment ?  « Plus sérieusement, explique moi. Même si j'imagine que le procès n'a pas dû... enfin, j'ai juste du mal à imaginer comment une telle affaire peut prendre sens quand on sait quel genre de personne en est à l'origine. » Un procès façon New Eden ? Cela ne peut ressembler qu'à une farce, forcément.

Ⓒslytbitch.


I'll walk through fire and through rain
Snakes and stone, Skin and bone. Vain and revenge, Betrayed by a friend. Grow cold heart consumed by green, Mesmerize me. Oh, I dare you to try, dare hypnotize me, with medusa's green eyes. ----
 
Revenir en haut Aller en bas  
Invité
Anonymous
Fiche de personnage
Invité
CASIER DE SURVIVANT
Sujet: Re: It hurts me so much inside, each time we say goodbye | ft. Elijah   Mer 30 Nov 2022 - 0:50
Elijah a un sourire, qui ne parvient cependant pas à conserver. Cela n’arrivera pas. Et si je dois partir une nouvelle fois… Ce sera avec toi. Ces propos sont lourds de sens, équivoques: il n’a pas l’intention d’aller où que ce soit, du moins sans être avec Hoani. Ce n’est pas tant égoïste que ça, la rassure-t-il du mieux qu’il le peut. Pour être tout à fait honnête, j’ai aussi cette impression. En fait, c’est même une certitude: la vie au sein de New Eden, ou plutôt cette mascarade qu’il entretient quotidiennement, devient d’autant plus pesante quand il n’est pas à ses côtés. Mais pour elle, et pour les enfants, il encaisse: peut-il de toute façon procéder autrement, quand sa priorité est et restera leur sécurité ? Pas vraiment non.

Si leurs embrassades durent un moment, comme pour compenser ceux n’ayant pas eu lieu durant son absence, l’un comme l’autre s’éloignent légèrement, rompant le contact. Le regard d’Elijah reste posé sur Hoani, attentif: pour le moment il ne dit rien, et ne préfère pas le faire sans être certain de ce qu’il avance, mais elle semble être… nerveuse, non ? Ses gestes semblent l’indiquer en tout cas: de ce fait, il commence à se poser quelques questions. Il a finalement un soupir, lorsque le procès est finalement évoqué: la raison de son départ à Providence, mais une farce sans nom. Et à tous les niveaux. Il a d’abord été retardé par la tempête, commence-t-il à expliquer. Le temps des réparations, et que toutes les personnes concernées viennent à Providence, presque un mois s’est écoulé.

Le procès en lui-même n’a pas été long, mais autant dire que c’était une vaste farce. L’idée d’Armand Phillips d’ailleurs. Il a presque une moue méprisane, en prononçant le nom du militaire: comment a-t-il pu donner du crédit à cet individu, au vu de ses actes ? En tout cas, on ne l’y reprendra plus, c’est certain. Pour quelles raisons a-t-il décidé d'organiser, ou plutôt quels intérêts, va savoir. Sûrement un bon petit poste à Providence. Enfin bref. Là n’est pas le sujet, de toute façon: quoique si, d’une certaine façon. Si cette mascarade a eu lieu, c’est bien à cause de lui. Le jury était composé de New Eden, et de personnes venant des alentours de Seattle. D’autres groupes. Il y avait même un avocat, tu imagines ?

Il a un léger rire à cette mention. Autant dire qu’entre ce procès là et ceux d’ici, la différence est nette, constate-t-il amèrement. Résultat, Harper Jackson a été condamnée à dix ans de travaux forcés. Et tu sais où, justement ? Il laisse un temps de silence, avant de reprendre. Eh bien ici. Au bidonville de Walla Walla. Cela pourrait largement passer pour une vaste blague, s’il ne s’agissait justement pas de la réalité… Donc ils ont décidé de la foutre ici, juste à côté de la population, pour qu’elle paie de ses crimes. Un non-sens complet à ses yeux. Autant lui mettre une bombe dans ses mains à ce stade, tant qu’on y est.
Revenir en haut Aller en bas  
Hoani Hayworth
Hoani Hayworth
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habileté:
Modératrice
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 2136
Sujet: Re: It hurts me so much inside, each time we say goodbye | ft. Elijah   Dim 25 Déc 2022 - 23:43


It hurts me so much inside, each time we say goodbye



New Eden - | Elijah & Hoani





Si je lui rends son sourire, il est faiblard. Partir d’ici revient à rêver démesurément, quand bien même je n’aspire qu’à cela. Mais si Elijah peut se permettre des virées à l’extérieur, et encore, à condition que ses supérieurs le réclame, de mon côté, ce n’est guère un loisir que je peux m’offrir. Et j’ose encore moins lui confier qu’en son absence, j’ai agi pour pousser les choses à évoluer plus encore, prenant des risques inconsidérés. Parce que je me bats pour une liberté que je n’obtiendrai jamais naturellement. La preuve en est avec ce crétin de McCoy, qui nous a forcé à user du chantage pour avoir droit à travailler autrement que derrière les fourneaux ou les couches pour bébé. Alors je soupire, sans commenter la réflexion de mon partenaire, m’y accrochant malgré tout comme une bouée jetée en pleine mer. Je veux le prendre au mot et sortir de cet endroit avec lui, avec Mia, même avec les enfa… avec Lucy. Une ombre teinte subrepticement mon visage et je me cache alors derrière cette affaire faussement judiciaire pour mieux recouvrer mes couleurs, et un contrôle de ma propre nervosité. A l’écoute des révélations de mon époux, toutefois, mon cœur se met à battre plus fort. En rythme avec l’agacement qu’Elijah n’a plus besoin de cacher par ses mots, en cœur avec cette évidente injustice qui domine encore une fois dans cette putain de société. Plus encore en écho avec la tempête mentionnée, qui a apporté son lot de maladies et de morts à Walla Walla. Mais non, toujours pas de confession de ma part, toujours pas d’aveu balbutié, trop lâche que je suis pour transpercer le palpitant de mon mari.

A la place, je tique : « Le Commandant Phillips, vraiment ? » J’hausse un sourcil, quelque peu stupéfaite par l’entreprise du sieur que je connais de longue date. Enfin, connaître est un bien grand mot, cela fait bien des mois que je ne lui ai pas parlé personnellement, si ce n’est un an quasiment. Nos échanges ne se sont jamais particulièrement bien déroulés, et j’ai encore en tête notre face à face virulent à la mort d’Eric. Mais devrais-je être étonnée que le bougre fasse avancer ses propres pions sur l'échéquier ? Je le vois encore rôder autour de la maison de Tasya lorsqu’elle était ciblée pour le trafic de contraceptifs. Et s’il ne m’a jamais dénoncée pour mes propos blasphématoires, il est probable qu’il avait tout simplement mieux à faire… comme réparer sa réputation salement entachée, et son statut, plus particulièrement. Réflexion qui semble naître aussitôt dans la bouche d’Elijah et qui me fait susurrer, frustrée : « Mais quel connard ce type, quel connard de mettre au point une telle blague. » Quel connard tout court, finalement. Je parle peut-être sans avoir toutes les clés, mais la vision que me transmet mon partenaire ne me permet pas de garder mes sentences salées pour moi-même. J’en viens à ricaner, mauvaise : « Un avocat, pour défendre ce qu’on pourrait appeler une terroriste ? Putain, alors ceux qui placent des bombes sous des convois ont droit à des procès, et les petits gens piégés par le système de New Eden, pendus, crucifiés, littéralement torturés ont droit à quoi, mourir en fermant leur gueule ? C’est quoi ces groupes, à quel jeu jouent-ils exactement ? Ils se foutent de nous ! » Ils sont tous complices de cette mascarade qu’entretient l’Adonaï et ses chiens. « Pardon, des travaux forcés ? » C’est tout ce qu’on obtient, quand on essaie de tuer des innocents ? Mais qui l’est vraiment, ici, au fond ? Je souffle, et me met à taper du pied sur le sol. Peu enjouée par les nouvelles rapportées, par ce constat qu’on est vraiment laissés pour compte, ici, à Walla Walla. Les groupes extérieurs interviennent seulement pour garantir un emprisonnement plutôt qu’une peine de mort pour l’un des leurs, et ce fait casse quelque chose de plus en moi. Mon intérieur est dévoré par une indignation inévitable, qui ressort plutôt à l’annonce de la présence d’Harper au bidonville. « QUOI ? ELLE EST ICI ? » Et puis quoi encore, ils ne veulent pas délivrer cette meurtrière sur le perron de notre maison, pour qu’elle finisse le travail avec nous ? « Bordel, qu’on l’amène ici, que je m’occupe de son compte ! J’aimerais bien lui montrer ce que j’ai pu ressentir quand elle a failli te tuer, putain ! Comment peut-elle s’en sortir si facilement ! » Je suis à deux doigts de m’offusquer et d’hurler dans toute la maison quand Elijah mentionne les bombes, et je tressaille. Approuvant son opinion… mais pas complètement. Serait-ce vraiment si mal de faire exploser cet endroit ? Je frisonne et croise les bras, ne préférant pas m’aventurer sur ce terrain là, pas avec lui. De toute façon, avoir son sort scellé au bidonville n’est guère une peine enviable, et je serais idiote de ne pas le comprendre. Peut-on vraiment se dire qu’elle s’en tire bien, piégée au bidonville, à New Eden ? « Elle n’arrivera à rien ici. On peut au moins se consoler avec ça. » Je murmure, la tête basse, sans trop savoir si je dois y croire ou non, si je dois en être contentée ou non.

Mais si la conversation pourrait tourner en débat sur le sujet, un autre point coupe davantage ma respiration que le sort de cette tarée. Parce que si Elijah a su éviter la mort… ce n’est pas le cas de tout le monde. Et si je ne sais comment le lui dire, je ne peux décemment pas le laisser découvrir la nouvelle par lui-même lorsqu’il réalisera qu’un enfant manque à l’appel dans la maison. « Elijah je… » J’interromps sa phrase sans sommation, n’écoutant plus vraiment ce qu’il peut me confier d’autres sur Harper. Le priant de m’écouter par la simple démonstration de ce trouble qui me hante, depuis que la mort a frappé à notre porte, depuis que je compte les jours à attendre le retour de mon compagnon. « Je… j’ai quelque chose à te dire. C’est au sujet de… de la tempête. » Non, pas du tout. Enfin oui, mais ce n’est pas de cette manière que je devrais présenter la chose. « On l’a aussi sentie passer à Walla Walla, tu sais, e-et elle a causé pas mal de ravages. » Je bredouille, maladroite, paumant probablement mon interlocuteur qui doit se demander où j’essaie d’en venir : « Tu vois, c’était tellement violent et les conditions de… de vie, météorologiques, tout ça, ce n’était pas au beau fixe alors… » Alors quoi ? Putain Hoa’, viens-en au fait. Si seulement j’étais capable d’arrêter de tourner autour du pot. « Il y a eu… Euh, des habitants sont tombés malades. Certains d’entre nous ont été atteints d’infection importante, de… certains ont attrapé la pneumonie. » Est-ce qu’il se doute, s’imagine à quel point ça a pu être mortel ? Il n’y a pas besoin d’être médecin pour savoir que toute maladie mal traitée peut mener à un destin tragique. Et Elijah peut lire dans mes yeux qui fuient les siens que je n’ai pas envie d’être cette terrible messagère. Résultat, je n’arrive plus à parler, cherchant les termes à employer au travers de ma gorge nouée, suppliant intérieurement que cette pièce dramatique s’achève, qu’il devine tout seul ce que je ne parviens pas à lui exprimer clairement. Et je cafouille, baragouinant piteusement : « Je.. je euh, jj-jee suis désolée. » Plus pour lui que pour moi, et c'est bien ça le pire.

Ⓒslytbitch.


I'll walk through fire and through rain
Snakes and stone, Skin and bone. Vain and revenge, Betrayed by a friend. Grow cold heart consumed by green, Mesmerize me. Oh, I dare you to try, dare hypnotize me, with medusa's green eyes. ----
 
Revenir en haut Aller en bas  
Invité
Anonymous
Fiche de personnage
Invité
CASIER DE SURVIVANT
Sujet: Re: It hurts me so much inside, each time we say goodbye | ft. Elijah   Sam 7 Jan 2023 - 18:34
Celui-là même, soupire-t-il, mentionner ce dernier étant particulièrement agaçant. Autant dire que la bonne image qu’Elijah avait de cet homme s’est effritée depuis bien longtemps, suite à ses combines dignes d’un politicien. Mais il aurait dû s'en douter avant, non ? Les hauts gradés de l’armée ne sont plus de simples soldats, suivant des ordres: ceux-là, situés dans le haut du panier, sont trop proches de la politique pour ne pas en être imprégnés. Ou tout simplement sans s’y impliquer. Entre le monde d’aujourd’hui et celui d’avant, certaines choses ne changeront décidément jamais…  On peut voir où les priorités sont mises, effectivement. Au lieu de dérouler le tapis rouge pour des procès extérieurs, il devrait plutôt réformer les lois de ce foutu groupe…

C’est complètement absurde qu’ils l’aient ramenée ici, tout en sachant pertinemment qu’elle sait fabriquer des bombes, peste-t-il d’un ton toujours aussi calme, malgré l’indignation flagrante d’Hoani. Il a tout de même un soupir amusé en l’entendant.  Heureusement qu’elle ne se pointera jamais ici alors. Enfin surtout pour elle et sa vie, sachant éperdument que ses propos ne sont pas à prendre à la légère.  Ouais, tant mieux. Le milicien soupire de nouveau.  Enfin bref, tant qu’elle reste au bidonville ça ne sera pas… Elle le coupe néanmoins dans sa phrase: son regard se pose de nouveau sur elle, interrogateur, alors qu’elle semble hésiter sur ses mots. Jusqu’au moment où elle mentionne… la tempête.

Au départ, il ne comprend pas vraiment où elle veut en venir, tout semble devenir un peu plus clair au fur et à mesure de ses explications hésitantes.  Quoi ? S’il voit dans les yeux fuyants d’Hoani une forme d’appréhension, de son côté une inquiétude grandissante le gagne, qu’il ne cherche d’ailleurs même pas à dissimuler.   Qui a été malade ? La pneumonie. La maladie avait frappé leur convoi de plein fouet, alors qu’ils s’étaient retrouvés piégés à l’extérieur, sans aucun abris sûr: par chance, seul un soldat en est décédé, mais bien d’autres auraient sûrement connu le même sort sans l’arrivée des renforts.  Puis elle s’excuse, et cette éventualité à laquelle il refuse toujours de penser devient de plus en plus évidente… malheureusement.  C’est… les enfants, c'est ça ? Sa voix est plus hésitante, redoutant le pire.  Où sont-ils ?

Il n’attend d’ailleurs même pas la réponse d’Hoani, et se rend aussitôt à l’étage. Son inquiétude, elle, ne cesse de décupler alors qu’il se dirige vers la porte la plus proche des escaliers, soit la chambre de Lucy. Je suis désolée. Ces excuses résonnent encore dans son crâne, tandis qu’il ouvre finalement la porte: la pièce est plongée dans l’obscurité, mais la petite fille est bel et bien là, en train de faire sa sieste. Mais le soulagement ne dure pas. Oliver est sûrement là, si sa sœur cadette est présente, non ? Il ne peut s’empêcher de l’espérer, même si d’un autre côté… La réalité est sûrement toute autre.

La porte grince, comme à l’accoutumée. Elle dévoile bien assez rapidement une pièce à moitié vide, éclairée grâce à la lumière naturelle.  Non… Les meubles n’ont pas bougé, mais la pièce paraît bien vide, en dehors de quelques cartons posés à même le sol.  Non, non, non. Pas le moindre signe de vie du petit garçon, présence ou affaires auxquelles il tenait. Et c’est là, à ce moment précis, que la réalité vient alourdir  les épaules d’Elijah: ce qu’il a refusé de croire, d’accepter jusque-là, s’impose à lui à la vue de cette simple chambre. L’enfant est mort. Oliver…
Revenir en haut Aller en bas  
Hoani Hayworth
Hoani Hayworth
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habileté:
Modératrice
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 2136
Sujet: Re: It hurts me so much inside, each time we say goodbye | ft. Elijah   Sam 18 Fév 2023 - 20:00


It hurts me so much inside, each time we say goodbye



New Eden - | Elijah & Hoani





Qui a été malade ? La question m’empoigne, et je me mords la langue pour m’éviter de répondre dans la foulée. Tout le monde. Tout le monde a chopé cette fichue pneumonie, sauf moi. Je suis passée au travers des mailles du filet, et j’ai laissé mes enfants morfler pour moi. La culpabilité m’étreint, tellement le constat est sans appel. Parce que plus j’y pense, plus je crois, plus je sais que j’aurais sûrement pu agir autrement, que j’aurais dû faire quelque chose pour aider ma famille, soigner ceux qui partagent mon sang. Mais est-ce que j’ai vraiment tenté quoi que ce soit, lorsque Lucy et Oliver sont tombés malades ? L’évidence est là, glaçante, m’empêchant d’en dire plus à Elijah, qui en tire rapidement ses conclusions. Mon époux me demande où ils sont et je ne peux que fuir son regard, en baissant lamentablement le menton.

Je redresse bien vite la tête, pourtant, quand les bruits de ses pas précipités vers les chambres résonnent dans toute la maison. A sa suite, je l’interpelle, piteuse, indécise, toujours aussi navrante dans mon rôle de messagère de la mort : « Elijah att… attends ! » Attendre quoi au juste ? Moi ? Pfeuh, quelle blague. Je m’élance derrière lui dans l’escalier, grimpant les marches quatre à quatre. Je m’immobilise pourtant dès qu’il s’engouffre dans la chambre de la plus petite, en ressortant bien vite après avoir confirmé la présence de Lucy, saine et sauve. La couardise m’étouffe plus encore et je me colle contre le coin du mur, refusant de croiser mon époux alors qu’il s’apprête à entrer dans la chambre suivante, évidée de toute compagnie humaine. Il ne trouvera pas Ollie dans son lit. Cela fait bien des jours que ses draps se sont refroidis, et que je n’ai même pas pris la peine d’entretenir un tantinet la pièce. La misère ne peut régner librement là-bas et ma respiration se coupe sitôt que j’entends les suppliques d’Elijah, ces non prononcés à répétition, comme si la réalité avait encore une chance d’être toute autre. Mais ce n’est pas le cas, ça ne le sera jamais. Plaquant mes mains nerveusement contre ma poitrine, je cherche. Je cherche à savoir comment l’approcher, comment le réconforter, quoi dire ou quoi faire qui puisse seulement soulager la peine de mon époux, ou au moins l’accompagner dans cette triste vérité. Sauf que… je ne sais pas, je ne veux pas. Je n’ai pas la moindre idée du bon comportement à adopter, et je n’éprouve pas le moindre regret quant à la disparition soudaine, bien trop précoce, d’Oliver de nos vies. Il n’aura même pas atteint les trois ans de vie. C'est d'une horreur sans nom et pourtant, je ne peux qu'en être soulagée. Le garçon commençait seulement à appeler Elijah « Papa » qu'il n'aura jamais pu apprendre à connaître le seul homme capable de l'élever, de l'aimer sincèrement. Je ne suis même pas certaine qu’il m’ait déjà appelé maman, d’ailleurs, et la pensée m’effleure un bref instant l’esprit. Mais au fond, je m’en contrefiche, je ne l'ai jamais considéré comme mon fils.

Au bout de longues secondes à tenter de contrôler mes propres chimères, je me décide à sortir de ma cachette et à rejoindre Elijah, figé sur le pas de la chambre. La pièce à peine éclairée me miroite mon propre cerveau fragilisé, bien consciente que je devrais réagir différemment, éprouver les choses d’une autre manière… les ressentir, tout simplement. Aussi, quand je pose une main sur l’épaule de mon partenaire, toujours aussi tremblotante, je me déteste car ce simple geste trahit ma fausseté. Mais en l’instant, je suis aussi paumée que lui et je ne sais guère faire mieux, murmurant faiblement, tout en restant honteusement dans son dos : « Je.. je suis désolée, Elijah. Il… Ollie a succombé à la maladie. On manquait tous cruellement de soins et… e-et c’était trop tard. » Sans dec, Hoani, il ne l’avait pas encore saisi peut-être ? « Lucy est tombée malade aussi, elle s’en remet difficilement, encore aujourd’hui. » J’enchaîne dans ma maladresse la plus totale, réalisant que ça ne devrait probablement pas ce qui devrait être dit dans l’immédiat. Je soupire, pressant doucement son épaule, ma voix se brisant : « Je… je ne savais pas comment te l’annoncer. Je sais combien Oliver était devenu important pour toi… comme ton propre fils, je… ». Je suis désolée, mais ça je pourrai le dire cent fois, encore et encore. Qu’est-ce que ça va changer ? Ollie comptait énormément pour Elijah. Pas pour moi. Qui suis-je pour prétendre connaître sa douleur de l’instant ? « Pardonne-moi. » C’est tout ce qui sort alors, un bruissement confus, presque imperceptible. Je n’ai pas été à la hauteur et j’en suis rendue là, derrière mon partenaire de toujours, à broyer en mille morceaux son cœur.

Ⓒslytbitch.


I'll walk through fire and through rain
Snakes and stone, Skin and bone. Vain and revenge, Betrayed by a friend. Grow cold heart consumed by green, Mesmerize me. Oh, I dare you to try, dare hypnotize me, with medusa's green eyes. ----
 
Revenir en haut Aller en bas  
Contenu sponsorisé
Fiche de personnage
CASIER DE SURVIVANT
Sujet: Re: It hurts me so much inside, each time we say goodbye | ft. Elijah   
Revenir en haut Aller en bas  
- It hurts me so much inside, each time we say goodbye | ft. Elijah -
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
+
 Sujets similaires
-

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: 
Les archives
 :: Archives :: Archives RP :: RP Terminés
-
Sauter vers: