The Walking Dead RPG

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A sister is a special gift from Heaven...
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Maelys Reid
Maelys Reid
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Sujet: Re: A sister is a special gift from Heaven...   Dim 21 Aoû 2022 - 1:11
Si elle l’écoutait attentivement, elle restait perplexe. Elle avait raison, sur le fait d’y aller progressivement, Maelys n’aurait pas remis ça en cause. Mais de là à devenir normal ? Elle en était tout sauf convaincue, surtout que sa normalité n’avait rien à voir avec celle-là. Pinçant les lèvres malgré elle, elle reprit la parole. « J’ai pas les bonnes tenues ? Je les porte mal ? » Elles n’avaient pas tant de ressources avec Jena, avant ça, même si le mariage avec Morgan Cox avait amélioré ça, elles étaient revenues à la case départ à sa mort. Et là… Elles avaient déjà changé de vie alors qu’elle épousait le père de Lynn, mais ça allait encore être le cas. Et ça, c’était compliqué pour Maelys. Enfin, elle savait qu’elle allait avoir quelques tenues plus… riches, mais elle peinait à voir à quel point ça changerait. Sur Lynn, tout était plus beau, mais parce qu’elle était une parfaite jeune fille de New Eden. Elle, elle pourrait jamais porter ça correctement. Parlant à voix plus basse, suffisamment pour être entendue de Lynn uniquement, elle posa la main sur son bras pour l’arrêter un bref instant. « Maman t’a parlé de notre vie, avant ? » Sûrement que oui, elles parlaient tout le temps ensemble, comme si elle était pas là à les entendre. Leurs voix lui parvenaient pas toujours distinctement, mais elle était sûre que Jena disait constamment à quel point elle était heureuse d’avoir une nouvelle fille comme Lynn. « Je sais qu’elle est heureuse de plus la vivre, mais ça n’avait rien à voir avec ce qu’on vit ici. » A commencer par les tenues, justement. « Je sais pas comment faire pour oublier tout ça. » Parce qu’au fond, c’était ce qu’on voulait d’elle, non plus ? Qu’elle croit que rien de ce qu’elle connaissait n’ait existé. « T’as toujours vécu comme ça, toi ? » Elle voyait pas comment il pouvait en être autrement, alors qu’on aurait dit un poisson dans l’eau.

Elle fronça les sourcils, en l’écoutant. Elle comprenait très bien qu’on ne veuille pas d’un homme vieux et laid, mais… Elle aurait été riche, et aurait eu tout ce qu’elle désirait, non ? Il ne l’aurait peut-être même pas trop ennuyée, parce qu’il aurait eu plein d’autres femmes. « Dieu dit que les hommes ont le droit d’avoir plusieurs femmes ? Pourquoi c’est pas tout le monde, alors ? Tous les hommes, je veux dire. » Elle avait bien assimilé que les femmes n’avaient aucun droit. « Mais… Pourquoi tu as refusé ? Les autres demandes. C’était qui ? » Elle avait du mal à comprendre pourquoi Ray et pas un autre. Et pourquoi pas être une Épouse. « C’est vrai que tu as l’air très sûre de toi mais… Si un Général t’avait choisi, c’est parce que tu aurais été exceptionnelle, non ? » Donc ça allait avec son égocentrisme, si c’était vrai. Elle avait eu l’air de pas être très sérieuse, en disant ça, mais Maelys ne la connaissait pas bien, et elle avait passé tellement de temps à ne pas l’apprécier qu’elle noircissait tout. « Tu crois vraiment que Dieu a ce pouvoir ? J’essaye de lire la bible, mais j’y comprends rien, et je finis par oublier le début d’une phrase avant même d’arriver à la fin. » Elle se sentait ignare comme jamais, depuis qu’on l’avait incitée à le faire. Alors qu’elle ne s’était jamais sentie idiote avant ça. « Mais… » Mais pourtant, c’était l’inverse de ce que tout le monde faisait, non ? C’était pour ça qu’on l’avait dénoncée, à l’école.

« Parce qu’ils m’aiment pas, parce que je suis pas silencieuse et que je suis moche. » Elle en était sûre. Elle avait des tâches de rousseur, pas un nez aussi fin que les autres filles de la classe, elle avait encore un peu des joues rebondies, elle parlait trop fort, était trop affirmée… Ils ne pouvaient pas l’aimer. Mais elle s’en fichait bien, ils étaient tous nuls et débiles. Elle grimaça, consciente que ce n’était pas la raison officielle, en tout cas. « J’ai dit à l’école que les gens qu’ils ont tué l’année de mon arrivée, voulaient juste être écoutés et que c’était des bêtises de les tuer pour ça, même si je l’ai pas dit comme ça mais une gentille jeune fille ne dit pas le vrai mot que j’ai employé. Et… y’a quelqu’un qui l’a dit à mon professeur. Il m’a demandé d’écrire ce que je devais faire, en tant que femme, à Walla Walla, avec du vocabulaire convenable. » Elle rougit légèrement, baissant la tête. « J’ai dit que les filles devraient pouvoir porter des pantalons, crier, courir… » Alors il l’avait encore punie, l’ayant obligée à lire un chapitre de la bible, tous les soirs, pendant deux semaines, seule avec lui. Elle répétait tout ça à Lynn, la voix un peu craintive. Elle avait eu très peur qu’il s’en prenne physiquement à elle. « Il a sous-entendu que j’avais peut-être un problème et que je devais voir les médecins, si j’y arrivais pas… » Elle regardait Lynn d’un air implorant, malgré elle : est-ce qu’elle comprenait ce qu’il avait voulu dire ? Ça lui avait semblé énigmatique à l’époque, et elle n’était pas sûre d’avoir compris maintenant, même si elle avait des suspicions. « Je me suis endormie, parfois, pendant que je lisais… On m’a obligée à la lire avec une fille de la classe, celle qui m’avait dénoncée. » Et sa punition avait, en plus, été prolongée. « Et y’a un prêtre, ou quelque chose comme ça, qui m’a dit que si je continuais, les médecins allaient sûrement déclarer que j’étais folle, et que ça allait avoir une influence sur maman. » Elle avait peur qu’elle soit frappée, voire tuée – ou pire, disgraciée. Ils faisaient encore plus ce qu’ils voulaient de ces femmes là, non ? Elle était réellement mal à l’aise, apeurée même, en disant ça. « J’avais dit à des garçons au cinéma à voix haute que j’avais tué des morts-vivants et fait de la moto… » Elle grimaça, avant de reprendre à toute vitesse. « Je le ferai plus jamais ! » Elle avait retenu la leçon, et elle ne voulait pas que sa mère doive passer entre les mains de tous les hommes de Walla Walla, si elle était disgraciée. Même si elle n’avait aucune preuve qu’ils faisaient ça, elle avait vu les Hell’s Angels ne pas se gêner, alors pourquoi ils le feraient pas, ici ?

Elle baissa à nouveau la tête. « Mais April est petite, moi je suis grande. Et ils sont juste idiots de pas voir à quel point c’est quelqu’un de bien. Alors que… » Alors qu’elle, selon leurs critères, elle n’était pas quelqu’un de bien. Elle ne serait jamais quelqu’un de bien, à leurs yeux. S’ils voyaient les cicatrices sur son corps… ils essaieraient de les effacer ? C’était possible ? Elle n’en avait pas envie, mais… « Ils vont se moquer de moi, si tu fais ça, non ? Parce que je saurai pas me débrouiller toute seule. » Ou alors ils voudraient en profiter. « Ils arrêteraient de me détester ? A haute voix, je veux dire. Ils me dénonceraient plus ? Je risquerai pas d’attirer des ennuis ? » Aux autres. Elle, elle pouvait tout supporter. Elle la regardait d'ailleurs avec un peu de défi, malgré elle. Elle ne craignait pas leurs remarques, elle s’en fichait qu’ils ne l’aiment pas, mais elle ne pouvait pas supporter les conséquences. Et si elle gardait la tête haute, même après avoir enfreint les règles, ça lui attirerait des ennuis.

Elle fronça les sourcils, avant de relever la tête. « C’était des miliciens ? » Elle n’avait pas remarqué, juste mal à l’aise et énervée, n’ayant pas osé les regarder dans les yeux. « Ils me tueront. » C’était clair dans sa tête, elle ne voyait pas ce qu’ils pourraient lui faire d’autre. « Ils ne feraient rien à maman, hein ? Elle… Elle irait bien, elle vous a vous, April, toi, Wilan. » Ça lui déchirait le cœur de dire ça, mais elle le pensait réellement. Que Jena serait mieux sans elle, et qu’elle se soucierait pas de sa disparition. Pas maintenant qu’elle avait sa nouvelle famille.
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Lynn Atkins
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Sujet: Re: A sister is a special gift from Heaven...   Dim 21 Aoû 2022 - 22:04
J’ai une moue à sa question, réfléchissant aux différentes réponses que je pourrais lui apporter sans qu’elle se vexe. Et je finis par souffler, pensive. « Ca se voit que tu n’es pas à l’aise. Mais on va trouver un compromis. Quelque chose qui ne te donner pas l’impression d’être déguisée et qui ne t’entravera pas quand tu bouges. Ca te va ? » J’ai un sourire que j’espère encourageant, alors que je cherche déjà les tenues qui pourraient convenir. Pas de robes déjà. Ou alors, des robes d’été, légères, qui ne l’empêchent pas de se déplacer. Surtout des jupes fluides, des chemisiers. Je sais à peu près où trouver ça, ce sera parfait.

J’ai un temps quand elle reprend, préférant la laisser dérouler le fil de sa pensée avant de lui répondre. Et j’ai un bref haussement d’épaules. « Elle ne m’a dit grand-chose non. Tu voudrais me raconter ? » J’aimerais aussi avoir son point de vue à elle sur la façon dont elle a pu vivre. Pour comprendre un peu mieux aussi la difficulté qu’elle a à s’adapter. « Toujours ? Pas vraiment. Enfin… la vie était différente pour moi aussi. Avant tout ça. Mes grands-parents avaient un ranch au Texas. J’adorais monter à cheval et m’occuper avec les animaux. » Voilà bien ce qui me manque le plus dans notre nouvelle vie. Mais je ne vais pas me plaindre, nous avons une chance folle. « Et cette vie… ce n’était pas comme ça au début non plus tu sais. On a vécu longtemps sous des tentes, après le stade. Et après, il a fallu affronter les rôdeurs. Les prisonniers. Tous les gens qui voulaient nous faire du mal… » Je me suis faite un peu plus sombre alors que certains souvenirs me reviennent en tête et que la cicatrice que j’ai à la main semble comme picoter. « Ca ne fait pas si longtemps que ça que nous sommes en sécurité. Et à l’abri du besoin. » Quelques années c’est certain. Mais pas assez pour oublier les premiers temps. Pour moi en tout cas.

Sa question me prend un peu au dépourvu. « Et bien, je ne me suis pas posé la question à dire vrai. C’est un privilège d’avoir plusieurs épouses. Notre Adonaï nous a aussi expliqué que notre rôle était de repeupler la terre. Après un tel fléau, il faut avoir des enfants. Alors, si les élites ont plusieurs épouses, ça doit être pour ça aussi. » Et, j’ai une moue pensive quand elle continue. « Parce que… j’avais envie de laisser une chance à Ray. C’est quelqu’un de bien. Et on s’entendait bien. » C’est toujours le cas d’ailleurs. « Si un Général m’avait choisie, je n’aurais pas eu le loisir de refuser. C’est un honneur quand ça arrive. » Mais je suis tout de même heureuse que ça ne me soit pas arrivé, même si je reconnais avoir envié les belles choses que possède Daisy maintenant.

Une brève inspiration. « Dieu voit tout et entend tout Maelys. Il peut lire dans ton cœur. Et il guide tes pas dans les ténèbres. Il est capable de tout. Absolument tout. » Et je continue, d’une voix douce. « On peut lire la Bible ensemble si tu veux. Je le fais encore parfois avec April. Tu peux te joindre à nous. » Du reste, j’ai un froncement de sourcils. « Tu es tout sauf moche. Qui t’a mis ça dans la tête ? » Je lui lance un regard inquisiteur, me demandant quel est l’idiot qui pourrait lui avoir dit ce genre de choses. Et j’ai un soupir silencieux quand elle continue. « Je vois. » C’est encore pire que ce que je pensais. Son comportement peut avoir des répercussions sur papa, mais aussi sur April. Alors je sais que je dois soigneusement choisir mes mots pour lui parler. « Ils pourraient en effet d’envoyer en thérapie pour ce genre de choses. C’est grave. Tu es là pour écouter quand tu vas à l’école. Pour apprendre. Ton avis, tu dois le garder pour toi. Tu peux en parler avec Jena. Ou avec moi. Mais c’est tout. » Parce que je ne pense pas que papa la laisserait parler de la sorte. Si à mes yeux, ce sont juste des caprices d’une enfant qui n’a pas encore réalisé la chance qu’elle a de vivre ici, ce ne serait peut-être pas le cas de mon père. Et il pourrait mal réagir. « Pourquoi tu t’es endormie en lisant ? » Elle ne dort pas assez ? Elle a un problème ? Du reste, elle a retenu la leçon et l’entendre dire qu’elle ne parlera plus jamais de ce genre de choses est plutôt rassurant.

J’ai un bref haussement d’épaules quand elle continue. « Tu crois que ce serait pire si je viens ? Et je n’aurais pas d’ennuis, ne t’en fais pas pour ça. Je suis de taille à affronter les mauvaises langues et les œillades désagréables, ne t’en fais pas pour ça. » Sa fierté ma placée risque de lui poser des problèmes, surtout qu’elle n’a pas l’air consciente des conséquences que son comportement peut avoir. Et j’ai du mal à trouver les mots pour ça.

« C’était des miliciens oui. Ils ne te tueraient pas. Au mieux, ils te flagelleraient en public. Au pire, ils te couperaient la langue. Et Jena pourrait finir en thérapie pour ne pas avoir réussi à t’élever correctement, parce que tu n’as pas tenu ta place. Peut-être même que Wilan leur serait enlevé. April est assez grande, je pourrais peut-être la récupérer. » Je me tourne vers elle, le plus sérieusement du monde. « Tu fais partie de notre famille Maelys. Ton comportement impactera chacun d’entre nous. Et ta mère… elle t’aime. Elle a besoin de toi. Tout ce qu’elle a fait. Venir ici. C’était pour toi. Pour te mettre en sécurité. On dirait que tu as tendance à l’oublier. » Comment pourrait-elle bien aller en risquant de perdre sa fille ? C’est bien quelque chose qui me dépasse.



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Maelys Reid
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Sujet: Re: A sister is a special gift from Heaven...   Mer 31 Aoû 2022 - 0:15
Elle grimaça, alors que Lynn confirmait qu’elle faisait mal les choses, marmonnant qu’elle faisait de son mieux. S’ils n’imposaient pas des choses complètement débiles, aussi… Haussant les épaules, elle finit par hocher la tête, murmurant un « d’accord » pas très convaincant. « J’en ai jamais porté, avant, même si mam… ma mère a essayé. » Ce n’était peut-être pas tout à fait vrai : elle en avait sûrement porté quelques unes, pour être jolie pour aller rendre visite à sa grand-mère, qui avaient dû finir déchirées, mais elle ne s’en souvenait pas vraiment. De toute façon, ce n’était pas comme si elle avait vraiment le choix. Ça, elle l’avait déjà compris bien avant.

Elle ne put cacher sa surprise, alors que la jeune femme lui confiait que Jena ne lui avait pas dit grand-chose. Maelys était pourtant persuadée qu’elles passaient leur temps à discuter, et qu’elles savaient tout l’un de l’autre. Que sa mère s’était confiée et épanchée auprès d’elle. Mais… Peut-être qu’elle ne voulait plus du tout penser à sa vie d’avant, à leur vie de famille. Peut-être que… Peut-être que c’était pour ça qu’elles n’avaient plus cette complicité d’avant : Maelys lui rappelait une vie qu’elle préférait oublier, et elle ne la supportait plus. Chuchotant, elle laissa échapper sa rancœur malgré elle. « Elle en a peut-être plus rien à faire, elle préfère sa nouvelle vie… » C’était une possibilité qui lui trottait parfois en tête et lui faisait peur.

Secouant la tête, elle essaye de reprendre une voix plus élevée. « Papa était garagiste et il faisait de la moto. J’étais petite, quand tout a éclaté. On avait une vie simple, avec papa, maman et Ewen. Et Nox, notre chien ! Je faisais du roller et du skate, et je m’amusais avec mes amis. On passait aussi du temps ensemble, tous les quatre. Mon père… On est partis de la maison, de tout ce qu’on avait connu, quand j’avais huit ans. Et après… On a rejoint des amis puissants de mon père, qui devaient nous protéger. » Elle voulait pas admettre qu’elles n’étaient pas en sécurité, en réalité, parmi eux. « J’ai appris à faire de la moto et à me battre. A tuer les morts-vivants. A négocier avec les gens. A réparer des voitures. » En somme : elle savait faire énormément de choses et, ici, elle ne servait rien et on lui demandait des choses trop difficiles.

« Tu vivais là-bas ? Au Texas ? C’est loin, non ? » Elle ne savait pas réellement, en fait. Elle ne se souvenait pas avoir appris ça à l’école. « Tu as combattu un rôdeur ? » Elle n’avait pas réussi à cacher son ton plus que surpris, malgré elle. « Je ne sais pas de quoi tu parles… Le stade ? Les prisonniers ? » Elle pensait réellement que Lynn n’avait rien vécu de dur, qu’elle n’avait jamais vécu là-bas, dehors. Qu’elle rejetait sans savoir. « Depuis combien de temps tu es ici, à l’abri ? » Sûrement très longtemps, quand même. Une part de l’adolescente avait envie de lui dire qu’ici, c’était très bien pour ceux qui le désiraient. Mais qu’ils ne devraient pas interdire à ceux qui le voulaient de partir. Mais elle avait peur de la réaction de Lynn si elle lui disait ça.

Elle croisa les bras, alors qu’elle répondait au sujet des hommes qui avaient le droit à plusieurs épouses. Si elle devait être honnête, ça la dépassait un peu. Et, surtout, elle trouvait que c’était n’importe quoi. Mais elle ne pouvait pas dire ça comme ça. Laissant quelques instants passer, elle essaya de réfléchir à ses mots. « Mais un homme et une femme ne doivent pas s’aimer jusqu’à la mort, dans la santé et la maladie, et s’épauler ? » C’était ce que les religieux demandaient pendant les mariages, donc c’était contraire au fait d’avoir plusieurs épouses, elle en était sûre. Elle adressa un regard surpris à Lynn : est-ce qu’elle aurait voulu être mariée à un Général ? Est-ce qu’elle avait choisi par défaut ? Est-ce qu’elle appréciait vraiment Ray ? « Comment tu l’as connu ? C’est comment, d’être mariée ? Est-ce que… Quand est-ce que je vais devoir rencontrer des gens à épouser ? » Elle savait qu’elle n’aurait pas le choix, mais elle espérait le faire le plus tard possible.

Tout comme elle n’avait pas le choix de lire, comprendre et réciter la Bible, à l’église. Elle aurait voulu lui dire qu’elle ne croyait pas que Dieu soit capable de tout ça, ou alors il s’en fichait et les laissait tous souffrir – ce qui était bien la preuve qu’il n’existait pas. Mais… Elle ne voulait pas risquer d’être tendue, ou de la blesser. Parce que si elle y croyait réellement, ça serait le cas, non ? Et si elle l’enviait, était jalouse qu’elle lui vole sa mère et qu’elle n’était pas aimable avec elle, elle ne voulait pas être cruelle non plus. Pas volontairement. « Je veux bien… » Même si elle avait honte d’admettre avoir besoin de leçons sur la Bible. Se renfrognant, elle répondit un peu plus bas. « Les gens à l’école… » Ils lui disaient qu’elle était bizarre, anormale. Elle avait aussi surpris une des filles dire qu’elle aurait mieux fait de mourir dehors, plutôt que de leur imposer sa présence.

Elle baissa la tête, honteuse, alors que Lynn lui faisait la morale. Lui disait qu’elle devait pas partager sa façon des choses. Jamais on ne lui avait interdit de donner son opinion, avant de venir ici. Son père voulait toujours écouter ce qu’elle avait dire, et sa mère aussi, avant. Mais elle avait appris tout ça, à la manière dure. « C’était pas longtemps après que je sois arrivée… Trop sûrement aux yeux de Lynn, puisque ça faisait déjà 6 ou 7 mois. Mais je le referai plus jamais. » Pas comme ça, pas alors que tout le monde pouvait l’entendre. « Parce que c’est trop compliqué. » Elle avait quinze ans, et aucune des autres n’avait l’air d’avoir de problèmes avec. Mais pour elle… les phrases étaient longues, complexes. Les thèmes abordés lui semblaient incohérents.

Elle la regarda, sans bien savoir quoi dire. « Je sais pas. Ça a aidé April ? Qu’est-ce que ça changerait, si tu venais ? Ils… Comment ils réagiraient ? » Elle n’arrivait pas à cacher le ton perdu de sa voix, ni l’incertitude. Si Lynn lui avait proposé avant, elle aurait sûrement tout rejeté en bloc. Mais maintenant ? Elle ne savait pas trop. Elle s’en fichait, de devenir amis avec les autres pimbêches. Mais avoir un peu de répit… Peut-être. « Je m’entends bien avec Mia Hawksley. » Même si elle savait pas trop pourquoi elle l’avait abordée, et si elle était vraiment digne de confiance.

« Je… J’ai pas osé les regarder. Ils m’ont mise en colère, mais ils m’ont fait peur, aussi. » Elle baissa les yeux au sol, arrêtant d’avancer, essayant de chasser les larmes qui étaient subitement apparues dans son regard. Même si elles ne coulaient pas, elle avait les yeux humides, et elle ne voulait pas que Lynn le voit. « Je sais ce que les hommes font aux femmes… Je veux pas qu’ils me fassent ça ! Et je les aurai jamais frappés, tu dois me croire ! » Elle ne comprenait même pas pourquoi elle prenait ça comme ça. C’était évident qu’elle avait parlé sous le coup de l’émotion. Mais elle ressentait soudain un peu de colère, alors que Lynn la sermonnait encore. Lui reprochait de faire souffrir son frère et sa sœur, si elle en venait à agir comme ça. C’était tout ce qui lui importait, au final ? De faire d’elle quelqu’un d’exemplaire, pour qu’elle ne déshonore pas sa famille et n’entache pas leur réputation ? Elle ne la voyait que comme une enfant ingrate, qui reprochait à sa mère d’avoir fait quelque chose pour elle ? « Elle m’a fait enfermer ici, alors que mon père est tout seul dehors ! On l’a abandonné, alors que… Alors qu’il a plus mon petit frère ! Ça se trouve, il nous croit mortes ! Ma mère, elle vous a vous. Elle a même un nouveau fils ! » Au fond, elle se savait injuste, mais elle était trop blessée. Trop triste. Elle voulait juste réunir sa famille, retrouver son père, ne pas être retenue contre son gré ici. Et, à entendre Lynn, elle était la pire enfant du monde. Des larmes, aussi bien de colère que de tristesse, perlaient dans ses yeux, et elle ne voulait pas que sa demie-sœur s’en rende compte, ni de ses légers tremblements. Parce qu’elle était plus affectée qu’elle ne le voulait. Elle culpabilisait, de ne pas être la fille que sa mère voudrait mais elle culpabilisait encore plus d’avoir abandonné son père. De ne pas avoir osé demander à ce qu’on lui passe un message. Elle avait repris sa marche, juste pour que Lynn ne la voit pas. C’était plus facile, qu’elle croit que c’était une petite peste.
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Lynn Atkins
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Sujet: Re: A sister is a special gift from Heaven...   Sam 10 Sep 2022 - 21:44
Je me contente de hocher la tête quand elle me précise que sa mère a essayé. Visiblement sans succès. Mais ce n’est pas comme si elle avait vraiment le choix de toute façon. Les femmes ne portent pas de pantalon, c’est la règle et il n’y a aucune raison de la transgresser. Du reste, j’ai un froncement de sourcils quand elle marmonne quelques mots à propos de sa mère. « Tu préférais qu’elle se morfonde et déprime à longueur de journée ? » Je lui lance un regard curieux, sans bien comprendre pourquoi elle semble reprocher à sa mère de … vivre, tout simplement. Ce serait quand même étrange non ?

Enfin, je l’écoute quand elle me parle de ce qu’elle faisait dehors. « Ewen ? » J’ai un froncement de sourcils, sans savoir de qui elle parle. Je ne lui ai pas menti quand je lui ai dit que Jena n’a que peu évoqué son passé. Parce que ça reste du domaine de l’intime, de sa vie privée et je n’ai pas à chercher à en savoir plus que ce qu’elle veut confier. Et si je l’écoute avec attention, j’ai tout de même du mal à croire qu’elle a appris à faire tout ça. « Tu es jeune pour avoir appris à faire tout ça dis donc. » Surtout qu’elle est ici depuis près de deux ans. Savoir négocier, faire de la moto et que sais-je avant même d’avoir 13 ans ? Peu probable. Mais je préfère ne pas trop le pointer du doigt. Visiblement, elle idéalise énormément sa vie à l’extérieur et j’ai du mal à comprendre pourquoi. Entre la chute de la société, les morts qui se relèvent, la violence et le reste… comment pourrait-elle être nostalgique ?

« Je vivais là-bas oui. Nous étions revenus à Seattle parce que mon grand-père était mort. » Et j’ai une moue triste quand elle me questionne sur le reste. « Nous étions au Century Fields, un stade. Durant les premiers mois. Mais il est tout tombé sous une invasion de rôdeurs. Mon frère est mort dévoré par les rôdeurs sous mes yeux et j’aurais subi le même sort si papa n’avait pas été là. Les gens m’ont piétinée sans même essayer de m’aider. » Mon regard se perd brièvement sur la marque qui subsiste sur sa main, même six ans plus tard. « Ensuite, nous sommes arrivés dans les environs de Walla-Walla. Mais il y avait une prison pas loin. Et les prisonniers s’étaient rebellés. » Une fois de plus, les soldats les avaient sauvés. Heureusement. « Il a fallu du temps pour rendre cette ville telle qu’elle est. Les premiers temps, il y avait des rôdeurs partout. » Maintenant, c’est un vrai paradis, un endroit où tout le monde peut aller et venir en sécurité. Et j’ai du mal à comprendre pourquoi certains veulent en partir, surtout vu le monde extérieur.

Un bref froncement de sourcils à sa question sur le mariage. « Si, bien sûr que si. Pourquoi ? » Et je préfère passer sous silence la façon dont j’ai rencontré Ray. « On se connait depuis le mois de septembre. C’est… agréable. D’avoir quelqu’un avec qui discuter de tout et de rien le soir. D’avoir une présence rassurante. Et de tenir la maison pour lui. » Un sourire au reste. « Pas avant tes 18 ans. Tu as encore le temps, ne t’inquiète pas de ça avant que ce soit nécessaire. »

J’ai un silence alors qu’elle continue de se confier, non sans réaliser à quel point le travail pour qu’elle s’adapte ici va encore être long. Mais je me contente de lui sourire quand elle me confirme qu’elle veut bien qu’on lise la Bible ensemble. « Ne t’en fais pas, je ne vais pas t’assommer tous les jours avec. J’essaie de présenter ça comme une histoire à April. Et puis, ça te fera aussi travailler ton langage des signes comme ça. » Et je lève les yeux au ciel quand ils continuent.  « Les gens à l’école sont des idiots. Tu es très jolie Maelys. Tu as des yeux très expressifs, des cheveux magnifiques. Une très belle silhouette. Et ton nez retroussé est adorable. Alors ne les écoute pas, ils sont probablement jaloux. » Les filles peuvent être de véritables pestes quand elles s’y mettent. Preuve en est l’état dans lequel elles ont réussi à mettre la jeune fille. Si je préfère ne pas insister sur le reste, ses problèmes de lecture, c’est quelque chose que je ne peux pas laisser passer. « Tu en as parlé à ta mère ? Je sais que parfois, les gens ont des difficultés à apprendre parce qu’il leur faut une autre méthode. » J’ai lu quelques articles sur la dyslexie grâce à Ray, alors, forcément, ça m’y fait penser.

Et, à l’évocation de l’école, je souffle, avec un sourire. « En tout cas, ils n’embêtent plus April depuis que je suis venue. » Et je la connais assez bien pour savoir si c’était encore le cas. Donc ça pourrait aussi marcher pour elle. Un hochement de tête quand elle me confirme qu’elle a au moins une amie. C’est déjà ça.

Mais au reste, je m’arrête aussi de bouger, alors qu’elle commence à s’emballer toute seule. Par réflexe, je regarde autour de nous, m’assurant que personne n’est là pour entendre. « Maelys. Calme-toi s’il te plait. Viens-là. » Je l’entraine avec moi pour que nous allions nous assoir sur un banc et j’attrape ses deux mains que je serre entre les miennes. « Respire doucement. » Pas la peine d’en rajouter une couche tant qu’elle n’est pas calmée de toute façon. « Je croyais que ton père était… enfin que vous n’aviez plus de nouvelles de lui depuis très longtemps. » Un soupir silencieux, alors que je laisse de nouveau filer quelques instants. Et si je peux entendre qu’elle se sente coupable ou qu’elle n’aille pas bien, sa façon de parler de mon frère me déplait, surtout qu’elle touche là un sujet autrement plus sensible. « Ce n’est pas son fils. C’est celui de ma mère. Morte depuis quelques mois à peine. Essaie de ne pas l’oublier avant de jeter ma famille aux orties de la sorte. » Et j’ajoute, d’un ton plus sec. « Je pensais que tu nous avais nous toi aussi. Mais je suppose que je dois plutôt m’excuser de bien m’entendre avec ta mère ? Ou que mon autre frère ne soit pas mort ? » A croire qu’elle aurait préféré. Et elle est injuste, terriblement injuste.



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Maelys Reid
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Sujet: Re: A sister is a special gift from Heaven...   Jeu 22 Sep 2022 - 0:29
Maelys se renfrogna, alors que les paroles de Lynn lui donnaient l’impression d’être une très mauvaise fille qui ne voulait que du mal à sa mère. « J’ai pas dit ça ! J’aurai juste voulu qu’elle ait confiance en papa et qu’on l’attende ! » Tout le monde, parmi les Atkins, devait sûrement croire ce que Jena disait, et que Locklan était mort, mais elle savait bien que c’était faux, et elle aurait aimé voir autre chose que le regard peiné et plein de pitié que sa mort posait sur elle quand elle le disait, comme si elle était folle. « Et qu’elle me croit… » Mais il lui semblait que ça n’arriverait plus jamais.

« Mon petit frère… » Ses yeux s’embuèrent malgré elle, l’adolescente passant de la colère à la tristesse en un claquement de doigt, mais elle n’avait pas envie que Lynn la prenne en pitié, elle aussi, et elle essaya de changer de sujet. « Tu me crois pas ! » Elle l’avait dit d’un ton plus véhément qu’elle ne le voulait, mais elle le constatait. « Pourquoi tu me demandes, si tu veux pas me croire ? Papa me prenait à l’arrière de sa moto, et il voulait pas que je me blesse, il a pensé que c’était important que j’apprenne ! On peut apprendre à six ans. C’est pour ça qu’il m’a appris un peu la mécanique. Même si j’ai plus le droit d’en faire. Et j’apprenais un peu à négocier, même si j’avais encore beaucoup à apprendre. Il voulait pas que je sois démunie et incapable de me débrouiller toute seule. Pour ce que ça avait servi... » Maintenant, elle en était sûrement incapable.

Même si elle était vexée, et un peu triste aussi, que Lynn ne la croit pas, elle ne put s’empêcher de ressentir de la compassion alors qu’elle lui parlait un peu d’elle. « Je suis désolée… Vraiment. » Baissant la tête et un peu la voix, elle lui répondit. « Mon petit frère a été capturé et tué par des gens… Il doit te manquer énormément. » Eux non plus, personne ne les avait aidés pour empêcher ça. Pas vraiment. « Tu as dû en affronter ? » Des prisonniers, ou des morts-vivants. Elle… Elle pensait que Lynn avait toujours eu une vie facile, mais elle avait peut-être tort. Elle comprenait que ça puisse être effrayant, mais est-ce que c’était vraiment mieux de se retrancher derrière des barrières, d’ignorer les réalités hors de ces murs ? Même si, au fond d’elle, elle aurait sûrement apprécié d’avoir son père et son frère ici, bien vivants. Malgré les inconvénients.

Mais la suite de la conversation ne l’aidait pas à se départir de sa perplexité. « Comment on peut l’être, si on a plusieurs femmes ? » Ça devait être difficile, non ? Et si on s’aimait, si on s’aimait vraiment, on ne voyait que la personne concernée. Comme son père et sa mère. Elle fronça les sourcils, quand elle entendit qu’ils se connaissaient depuis peu, moins d’un an, en fait. Se mordillant la lèvre, elle se retint de lui demander comment elle avait su qu’elle l’aimait suffisamment pour l’épouser. Pour que ça dure pour toute la vie. Elle avait la sensation que ça ne la regardait pas et que ça serait peut-être mal accueilli. « C’est… vous devez être heureux, ensemble. Mais… Il t’interdit de faire des choses ? » Ça lui faisait peur, même si elle ne l’admettrait pas. Mais peut-être que les interdits étaient ceux des dirigeants de Walla Walla et rien d’autre… « Ils vont pas vouloir que j’apprenne à connaître des garçons ? » Pour qu’elle puisse en épouser un dès qu’elle avait dix-huit ans ? Sa voix tremblait légèrement, parce que ça ne lui semblait pas attirant et que très peu de garçons qu’elle connaissait lui semblaient sympathiques.

Elle prit un air un peu plus enthousiaste, non pas à la mention de la bible, mais à celle du langage des signes. « Je me débrouille de mieux en mieux, et on peut avoir une vraie conversation ! » Elle avait appris étonnement vite, même si elle était vive d’esprit, parce qu’elle voulait vraiment discuter avec sa demi-sœur. « Mais ce serait bien. Mais… » Elle hésita un instant avant de poursuivre. Est-ce qu’elle devait avouer que ni son père ni sa mère ne lui avaient appris ça ? Est-ce que ça ne serait pas trahir sa mère ? Mordant à nouveau sa lèvre, elle la regarda stupéfaite alors que Lynn la complimentait. Elle ne s’était jamais sentie indigne, avant d’arriver ici. « Tu le penses vraiment ? Les autres filles me trouvent trop… brutale, trop rustre. Idiote. » Et menteuse peut-être aussi, même si elle n’avait jamais dit que la vérité. Mais le léger réconfort ne dura pas, alors qu’elle demandait si elle avait parlé à sa mère. Pour lui dire quoi ? Que sa fille était nulle ? « Je devrais savoir faire, mes profs à l’école s’en fichent, ils me jugent juste… Ils m’ont même humiliée en disant que j’avais besoin d’un médecin ou d’une élève moins bête… » Peut-être pas exactement comme ça, mais c’était l’idée. « J’ai pas lu beaucoup, depuis que j’ai eu 8 ans… » Elle avait appris, un peu, mais sans pratiquer, ça n’était pas facile pour elle. Mais elle était sûre d’une chose, sa mère ne pourrait pas l’aider.

Soufflant, ne sachant pas bien comment réagir, elle regarda Lynn à nouveau. « Ils vont pas dire que je suis un bébé incapable de me défendre moi-même ? » Ou n’en avoir rien à faire. Ou parler encore plus dans son dos ? Elle qui avait été populaire à l’école maternelle puis primaire, ici tout le monde la détestait et elle avait peur du regard des autres, même si elle essayait de faire la fière en temps normal.

Sauf que de toute façon, rien ne semblait se dérouler comme elle le voulait. Tout semblait devoir la perturber ou la rendre mal, alors que des larmes de peur, de tristesse, de rage aussi, perlaient à ses yeux sans couler. Qu’elle se laissait aller à dire beaucoup plus de choses qu’elle ne voulait. Qu’elle évoquait malgré elle la rancœur qu’elle ressentait envers sa mère, de l’avoir obligée à abandonner son père. Elle s’était laissée entraîner par Lynn, étrangement convaincue qu’elle ne lui voulait pas du mal, et s’était assise sur le banc avec elle, ne se dérobant pas en enlevant ses mains des siennes, comme elle l’aurait fait habituellement. Elle essayait sincèrement de se calmer, mais c’était plus fort qu’elle : que Lynn sous-entende que son père soit mort, qu’elle sache que c’était faux mais que personne ne la croyait…

Les paroles s’échappèrent de sa bouche, sans qu’elle ne le fasse volontairement. Et elle ressentit comme une gifle, alors que Lynn rétorquait, et de la honte aussi. Elle n’avait jamais dit ça, et n’avait jamais voulu dire ça. Elle balbutia quelques secondes, une minute peut-être, avant de réussir à prendre la parole. « Ce n’est pas… Je… Je suis vraiment désolée. » Est-ce qu’elle lui reprochait son attitude avec Jena parce qu’elle avait perdu sa mère ? Mais elle avait encore un père qui l’aimait plus que tout. Maelys n’avait qu’un père que tout le monde affirmait mort, et une mère qui ne l’aimait plus. Et elle ne pouvait s’empêcher d’être jalouse. « Je sais que vous n’y êtes pour rien… » Elle, sa famille. Mais pas sa mère. « Je ne voulais pas donner l’impression d’attaquer ta famille. Et jamais je ne te souhaiterai de perdre ton frère. » Elle avait dit ça avec conviction, ne voulant pas que Lynn croit ça. Elle avait sûrement mérité le ton employé par sa demi-soeur, mais il l’impactait beaucoup plus qu’elle ne le pensait, et faisait ressortir toutes ses peurs concernant sa mère. Elle n’arrivait pas à se calmer, ni à retenir ce qu’elle avait sur le cœur. « Maman a déjà oublié papa, et elle oublie Ewen. Et moi, je suis pas la fille parfaite qu’elle voudrait. C’est pas… T’y es pour rien, et si elle t’aime, t’as raison de bien t’entendre avec elle. » Mais elle avait peur qu’elle la remplace, et qu’elle refuse d’entendre parler de Locklan, son vrai mari, quand Maelys le retrouverait. Elle avait peur qu’elle finisse par la renier, elle, même si leurs relations s’étaient dégradées. Elle était persuadée qu’il lui serait facile de l’oublier, et même si elle essayait de faire semblant de se désintéresser de sa mère – sans grand succès vu leurs disputes – elle le redoutait. Sans qu’elle s’en rende compte, elle se mit à pleurer, n’arrivant plus à contenir ses larmes.
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Sujet: Re: A sister is a special gift from Heaven...   Dim 25 Sep 2022 - 21:17
J’ai un froncement de sourcils à sa réponse. « Parce que tu crois qu’elle avait vraiment le choix Maelys ? Tu étais malade, en train de mourir. Si elle n’avait pas décidé de nous rejoindre, elle t’aurait perdu toi aussi. » Comment peut-être ne pas le comprendre ? J’ai vraiment du mal à la suivre. « Et te croire à quel propos exactement ? »

Si j’ai un élan de compassion quand elle évoque rapidement son petit frère, je me retiens difficilement de lever les yeux au ciel quand elle dit que je ne la crois pas. « Ce n’est pas ça Maelys. Mais regarde, tu viens toi-même nuancer tes propos. Il y a une seconde tu me dis que tu savais négocier, maintenant que tu apprenais un peu. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose, tu seras d’accord avec moi. » Qu’elle essaie de se faire mousser est une chose, même si je ne vois pas vraiment l’intérêt de le faire, surtout auprès de moi. Mais qu’elle mente pour ça, je trouve ça plutôt agaçant.

Du reste, je me contente de hausser les épaules. « Je suis désolée pour ton frère aussi. » Et j’ajoute, dans un murmure. « Il me manque tous les jours. Mais je commence à… oublier. Sa voix. Son rire. J’essaie de me convaincre que je me souviens de lui sans les photos mais c’est faux. » Je secoue la tête quand elle continue. « Papa m’a appris à me défendre au cas où. Mais je n’ai pas eu à me mettre en danger à partir du moment où nous sommes arrivés ici. Même s’il a fallu tout reconstruire. »

Quand elle m’interroge sur les mariages des généraux, je me contente de froncer les sourcils. « Je ne sais pas. Tu devrais demander à mon père. » Il aura probablement, sûrement même, une explication tout à fait rationnelle. Et j’ai un mince sourire au reste. « C’est quelqu’un de bien oui. Et il ne m’interdit rien. Pourquoi il ferait ça ? » Quelle question curieuse. « Quant à rencontrer des garçons, plus tôt tu en côtoieras, plus tôt tu pourras tomber sur celui qui te conviendra. C’est à toi de voir. » Mais elle n’aura pas le choix quand elle aura 18 ans de toute façon.

Si je suis contente qu’elle s’entende bien avec April, j’ai tout de même du mal à comprendre qu’elle ait autant de difficultés à l’école. Ou qu’on lui ait dit toutes ces choses. J’en viens à me demander si elle n’a tout de même pas un peu exagéré, comme elle a pu le faire pour ses talents « Je le pense vraiment oui. » Inutile d’en rajouter. « Et les professeurs n’ont pas à te parler comme ça. On n’humilie pas les élèves en classe, il faut que tu en parles à mon père ou à ta mère. Et te forcer à lire tous les jours. Sinon, ça ne s’arrangera pas pour toi. » Sauf si elle préfère continuer à se plaindre et se sentir stupide. Là, je ne pourrais rien pour elle. Au reste, difficile de savoir quoi lui répondre. Je lui ai déjà dit ce que j’en pensais, à elle de décider ce qu’elle préfère.

Mais le reste me… déçoit. Je n’ai pas réellement d’autres termes à dire vrai. Et si j’essaie de me monter douce, compréhensive, de ne pas lui reprocher quoi que ce soit, son attitude a de quoi en braquer plus d’un. « Vraiment ? Pourtant, tu sembles affirmer le contraire dans tout ce que tu racontes Maelys. » Le reste m’agace d’autant plus. « Tu n’en sais rien. Est-ce que tu as parlé à ta mère ? Est-ce qu’elle t’a dit qu’elle les avait oubliés ? Non, parce que tu préfères te complaire dans l’idée qu’elle ne t’aime plus. C’est plus facile à gérer pour toi que de devoir accepter que tu n’es pas à la hauteur de tout ce qu’elle a pu faire pour toi. Elle a tout fait pour te sauver la vie. Ce que tu préfères largement passer sous silence visiblement. » Si ses larmes m’ont touchée au départ là, je les trouve déplacées. « Ta mère ne veut pas d’une fille parfaite, elle veut sa fille. Ce que tu lui refuses. Et en plus, tu lui reproches de s’attacher à d’autres personnes. Tu te rends compte à quel point tu es égoïste au moins ? Tu n’es plus une petite fille depuis longtemps. Alors tu devrais apprendre à te comporter comme la jeune femme que tu es. Pas comme une enfant capricieuse qui boude parce que sa mère a le malheur de trouver des gens qui l’aiment pour ce qu’elle est. Si tu l’aimes vraiment, tu devrais être heureuse pour elle. Pas ingrate. » Une brève inspiration alors que je me relève. « Nous devrions y aller. » Je suis persuadée d’avoir parlé dans le vide et qu’elle va se complaire dans ses travers. Alors que Jena mérite tellement mieux que ça. Et plus vite nous aurons terminé cette virée, mieux ce sera.



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Sujet: Re: A sister is a special gift from Heaven...   Jeu 29 Sep 2022 - 12:12
Elle regarda Lynn un moment, sans bien savoir quelle réponse lui apporter. Elle n’en savait rien, en réalité. Les souvenirs qu’elle avait de cette période étaient flous, mâtinés de moment d’inconscience plus longs que les rares instants où elle était consciente. « Je ne sais pas… Je, je me souviens pas. » Elle baissa la tête. Elle savait bien que sa mère était démunie mais elle aurait voulu qu’elle fasse plus. Qu’elle ne l’emprisonne pas ici. « Sur la survie de papa… » Mais personne ne la croyait. Tout le monde la pensait folle. Ou peut-être trop attachée à son père, à la prendre pour un héros. Mais elle savait que c’était vrai.

De toute façon, quoi qu’elle puisse dire, Lynn ne cherchait pas à la comprendre. Elle n’essayait pas de comprendre ce qu’elle vivait, ce qu’elle ressentait. Au lieu de ça, elle prenait tout au pied de la lettre. « Je… parle trop vite. Je voulais pas dire ça comme ça. » Lynn arrivait peut-être à se contrôler en toute circonstances et à mesurer tout ce qu’elle disait, mais pas elle. C’était pour ça qu’elle avait des ennuis à l’école, d’ailleurs. « J’essaierai de mieux dire les choses… » Peut-être.

Mais si elle était plutôt énervée que Lynn pointe ses défauts comme ça et ne cherche pas à se mettre à sa place, elle relégua inconsciemment ce sentiment derrière la compassion qu’elle ressentait. « Vous… Je ne sais pas si on peut faire quelque chose contre ça. » Elle aussi avait l’impression d’oublier tout ça. « Moi aussi j’oublie. Mais… Je pense quand même à lui souvent. Et je l’aime très fort, malgré tout. Toi aussi, tu aimes forcément très fort ton frère. C’est… pas beaucoup, pour nous, mais c’est tout ce qu’on peut faire, non ? » Elle l’espérait en tout cas, parce que sinon, elle ne pourrait jamais se défaire de sa culpabilité de ne pas être une bonne grande sœur même s’il n’était plus là. Elle ne put cacher sa surprise, alors qu’elle lui confiait que son père lui avait appris à se défendre. Même s’il s’était montré très gentil avec elle, elle ne pensait pas qu’il fasse ce genre de choses. « C’était comment ici, avant ? » S’ils avaient eu à tout reconstruire.

Elle écarquilla les yeux, alors qu’elle lui parlait de demander à son père, sans répondre. Ce serait trop… gênant d’avoir ce genre de conversations avec lui. Elle ne pensait pas le pouvoir ou même oser le questionner à ce sujet. « Je verrais. » Maelys essayait de ne pas paraître gênée à l’idée d’aborder un tel sujet. Mais elle semblait devoir aller de surprise en surprise, alors qu’elle voyait Lynn sourire en parlant de Ray. « C’est bien que vous ayez trouvé ça entre vous. » Elle grimaça malgré elle, alors que Lynn lui demandait de préciser sa pensée. « Parce qu’ils en ont le droit, non ? S’ils ne veulent pas que leur femme travaille ou fasse quelque chose... » En tout cas, c’est ce qu’elle avait compris de leur intégration, à sa mère et elle. « Je ne sais pas trop où en rencontrer et où leur parler… » Ils n’étaient pas dans les clubs, ni à l’école, et au cinéma, par exemple, ils se voyaient mais ne se mélangeaient pas.

Baissant la tête, elle reprit la parole d’une voix légèrement plus basse. « Ils m’ont dit que si je me comportais mal, c’était maman qui allait payer… Enfin, c’était pas à l’époque ça, c’était au cinéma, c’était un prêtre. Maman le sait, c’est un milicien qui m’a ramenée à la maison, pas pour me punir mais parce qu’il a dit au prêtre qu’il prenait la suite ! » Qu’elle ne pense pas qu’elle se soit mis à dos un milicien ! « Je me fais plus remarquer à l’école, alors ça se passe plus. » Elle était totalement effacée, presque inexistante. Même si les autres élèves se plaisaient à essayer de la provoquer parfois. « J’essaierai de lire tous les jours. » Mais elle s’ennuyait, devant un livre. Elle avait pas promis de le faire, au moins.

Le reste de la diatribe de Lynn le laissa totalement stupéfaite et bouche bée. Elle pensait bien que Lynn ne l’aimait pas, mais à ce point… Au point de lui dire qu’elle ne faisait que pourrir la vie de sa mère, qu’elle n’avait jamais rien fait pour elle… Et ce qu’elle, elle avait fait pour sa mère ? La porter à bout de bras, après qu’elles aient quitté les motards, la défendre, lui apprendre à tuer un rôdeur et à ne pas en avoir peur. Elle ouvrit la bouche pour répondre mais elle la referma aussitôt, trop estomaquée pour dire quoi que ce soit. Elle faisait semblant, elle aussi, depuis le début, en fait ? C’était évident. Si on lui demandait comment s’était passé leur après-midi, elle dirait sûrement que Maelys était insupportable et qu’elle ne faisait aucun effort, c’était évident. « Tu as raison. » Est-ce qu’elles parleraient davantage ? Maelys en doutait.
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