The Walking Dead RPG

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Tip the scales
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Maeve Wheelan
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Sujet: Re: Tip the scales   Mer 22 Sep 2021 - 21:30
La doc se mure dans un long silence, non pas par manque d’intérêt ou d’arguments mais parce qu’elle juge nécessaire de laisser une liberté pleine et entière de paroles à la jeune femme. La brusquer, l’interrompre, c’était prendre le risque qu’elle se renferme dans une coquille dont il serait difficile voire impossible de l’en sortir. La chirurgienne n’est sans doute pas la meilleure oreille que May aurait pu trouver, mais certainement pas la plus indifférente. Elle se sent concernée, parce que la blonde a déambulé entre ces murs, parce qu’elle l’a vu s’investir dans ce lieu si cher à son cœur et prendre part à son activité. Elle a rendu le dispensaire vivant, comme tous ceux se donnant du mal pour qu’il continue d’exister. Seule, la quadragénaire ne pourrait pas tenir la cadence. Ce qui fait que la machinerie fonctionne c’était l’équipe médicale dans sa globalité. C’est pourquoi elle avait toujours eu un profond respect pour ses collaborateurs. Certes, la Canadienne n’avait pas le pouvoir de tout arranger d’un coup de baguette magique ni même de panser des plaies trop profondément ancrées dans le subconscient mais elle pouvait l’aider à avancer, et, de nos jours, une main tendue ne se refusait pas, dans un sens comme dans l’autre.

L’élan d’affection de la jeune femme la surprend et un instant, elle se tend, coite, ne sachant comment réagir alors qu’elle juge ne rien avoir fait de si extraordinaire. Une main vient se poser brièvement dans le dos de May, comme pour ne pas la laisser dans un non retour et un sourire un peu gêné finit par se dessiner sur ses lèvres tandis que sa vis-à-vis reprend place sur sa chaise.

Les mots de sa comparse font écho à sa propre incompétence à poser des mots sur ses maux. Maeve, c’est l’intériorisation dans toute sa splendeur, jusqu’au trop plein, jusqu’à l’excès, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. C’est pourquoi elle se sent si peu légitime dans le rôle qu’elle se donne ici. “C’est le paradoxe de la victime” commence doucement la chirurgienne, même si le mot est rarement apprécié. “Ce n’est pas un terme officiel, je ne suis ni psychiatre, ni psychologue et je n’ai pas la prétention d’affirmer que je connais tous les secrets de la psychée humaine. On se sent souvent coupable après ce genre de traumatisme. On se demande ce qu’on aurait dû faire pour que ça n’arrive pas. Ce qu’on aurait dû dire. Ne pas faire, ne pas dire. Si on l’a provoqué. Si on aurait dû résister plus. Tu n’es pas la méchante dans l’histoire, pas plus que tu aurais pu éviter ce qui s’est passé, peu importe tes actions. Ça ne rend pas la chose moins horrible ni plus facile mais ça doit faire son chemin dans ta tête, d’une manière ou d’une autre. Mais c’est aussi une perte de contrôle. On est victime et on déteste cet état de fait pour ce qu’il implique sur nous. Oui, c’est toi qui doit vivre avec les conséquences, avec les cauchemars, et tu as horreur de ça parce que c’est donner de l’importance à ton agresseur. Lui accorder du crédit, une existence et un pouvoir que tu ne veux pas lui conférer.” Les mots sont peut-être durs, et ce n’est probablement ce que la jeune femme veut entendre mais pour avancer, il fallait statuer. “Comme je l’ai dit, je ne suis pas psy et je ne t’insulterai pas en disant que je comprends ou que je sais ce que tu ressens.” Parce qu’elle n’avait pas vécu le viol. “Il n’y a pas de méthode miracle, de paroles que tu es censée dire pour aller mieux. Tu dois juste te réapproprier ton corps et ta vie, et reprendre le contrôle sur ça. Un pas après l’autre. Oui, ce sera long, mais je ne te lâche pas. Et ce sera d’ailleurs ma condition à ton retour.”

La chirurgienne se laisse retomber sur sa chaise. Quelque part, ça lui fait mal, bien plus qu’elle ne le montre, bien plus qu’elle ne veut l’admettre, de penser à remplacer Lucy comme ça. Mais elle aussi doit avancer, sinon, elle ne serait qu’une hypocrite, une fois de plus, une fois de trop. “Tu travailleras avec moi quand tu seras ici, au moins les premiers temps. Tu m’accompagneras pour les auscultations, avec les patients, pour la préparation du bloc au besoin et, si tu t’en sens la force, sur certaines interventions en renfort. Je veux pouvoir te garder à l'œil et prévenir tout risque que ce soit trop pour toi.” À May de voir si elle avait envie de s’investir en ce sens et d’aller plus loin que ce qu’elle avait déjà fait ici.


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May L. Goldenberg
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Sujet: Re: Tip the scales   Dim 26 Sep 2021 - 15:44
Le paradoxe de la victime. Putain, qu'est-ce qu'elle détestait ce mot. May ne voulait rien savoir d'être une victime. Et pourtant, elle avait bien l'impression de l'être, contre son gré. De s'enliser dans ses propres tourments, incapable de sortir de sa tête et de ses histoires, comme si elle était carrément incompétente. C'était frustrant pour la blonde, elle avait l'impression d'être dans des sables mouvants; plus elle tentait de s'en sortir et plus elle s'enfonçait. Enfin, le simple fait de se présenter ici, de parler des événements, était probablement un pas en avant. Elle écoutait donc sagement la doc parler, et même si elle était attentive à ses paroles, elle ne pouvait s'empêcher de jouer nerveusement avec le tissu de ses vêtements.

Non parce que ce qu'elle disait faisait beaucoup de sens. Trop de sens. Elle détestait être dans cette situation, détestait absolument tout de cette sensation de dégoût qui l'habitait jour et nuit. Cette rage qui, soyons honnêtes, était déjà bien présente dans son petit coeur. Ce deuil impossible qu'elle devait faire. Maeve avait raison sur toute la ligne, à un point tel que Liv ne savait pas quoi dire, là, tout de suite. C'était assez brutal, au final, ce que la chirurgienne affirmait. Mais la princesse avait peut-être besoin de l'entendre. Expliquer les choses telles qu'elles étaient, sans arc-en-ciel, et sans dentelle. Peut-être qu'enfin elle pourrait accepter les événements au lieu de constamment se battre contre ceux-ci.

Son silence parlait pour elle, sûrement. May n'avait pas l'habitude de délaisser les répliques cinglantes ou les blagues boueuses. Et la brune continuait, mentionnant qu'il n'y avait pas de mode d'emploi pour aller mieux, qu'elle devait simplement trouver le moyen de reprendre le contrôle, ce contrôle si précieux qui l'empêchait jadis de perdre la carte. Elle hocha la tête, un brin perturbée par cette conversation bouleversante aux yeux de la miss. Elle releva cependant les cils sur sa comparse quand elle mentionna une condition à son potentiel retour au boulot.

Travailler avec elle? Ce que Maeve mentionnait était beaucoup plus que ce qu'elle avait fait jusqu'ici, au dispensaire. Selon la doc, ce serait une façon simple pour l'avoir à l'oeil en tout temps. « Un peu comme une période d'essai, finalement? » demanda-t-elle plutôt pour résumer la situation que pour obtenir une réelle confirmation. « J'suis prête à apprendre. » affirma-t-elle ensuite pour lui signifier qu'elle aimerait relever le défi. « Et je m'engage à respecter toute autre condition, je - » Elle hésita avant de poursuivre, respirant un grand coup avant de finalement se lancer. « J'ai tendance à mentir. » Nouvelle pause. « Je dis ça parce que j'essaie d'te montrer que je suis sérieuse dans ma demande. Et je sais que... j'ai la fâcheuse habitude de - de faire comme si tout allait bien quand tout va mal. Je veux m'engager à venir te trouver si jamais j'me retrouve dans une telle situation, une situation qui pourrait mettre en danger les usagers du dispensaire. » Bordel de merde, elle avait la gorge serrée juste à dire tout ça.

Une certaine anxiété s'empara pourtant de son être quand elle réalisa un truc. Un truc qui n'avait aucun rapport avec ce qu'elle venait d'avouer. « Au final, je - tu, tu me demandes de remplacer Lucy? »


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Maeve Wheelan
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Sujet: Re: Tip the scales   Dim 26 Sep 2021 - 22:34
”Je ne compte pas te renvoyer d’où tu viens dans un mois” souligne la quadragénaire quant à la fameuse période d’essai. “Mais je t’offre une porte de sortie si jamais tu sens que c’est trop” précise cette dernière pour ne pas mettre la pression à la jeune femme. Après tout ce que May avait vécu, la soumettre à une telle exigence serait suicidaire pour tout le monde, au sens figuré du terme. Les paroles de la blonde font d’ailleurs un peu trop écho à tout ce que la chirurgienne vit actuellement. Difficile d’absorber tous les problèmes des autres quand les siens lui donnaient déjà la sensation de se noyer. Certes, la Canadienne avait signé pour ça, mais depuis quelques mois, tout s’enchaînait à un rythme effréné et il lui était de plus en plus compliqué de suivre la cadence sans en subir les conséquences, physiques et surtout psychiques. Maeve avait beau se mettre de réguliers coups de pied au derrière pour se maintenir à la surface, elle avait parfois le besoin égoïste qu’on prenne soin d’elle en retour. Paradoxe masochiste quand elle repoussait trop souvent les mains tendues dans sa direction. La complexité dans toute sa splendeur. Ou peut-être qu’elle attendait toutes ces choses de la mauvaise personne, celle-là même qui prônait une insouciance qui la blessait plus qu’elle ne voulait l’admettre.

“Tu as fait la démarche de venir me parler aujourd’hui. Je te crois sincère et suffisamment réfléchie pour mettre en pratique tout ce que tu viens de dire” la rassure la doc. Oui, absorber les problèmes des autres était compliqué en ce moment mais ne pas s’investir et ne pas offrir une échappatoire dans un lieu qui lui offrait un besoin salutaire aurait été à l’encontre de toutes ses valeurs les plus sommaires. Ça n’avait jamais sa façon de faire et peu importe les épreuves et les coups durs, ça ne devait jamais le devenir. Elle pouvait se mentir à elle-même sur bien des points, dans bien des domaines, mais assurément pas celui-ci.

Et si cette dernière pensait contrôler cet échange, la dernière phrase la coupe net dans cette expectative. La corde sensible est touchée, un peu trop brutalement, et la quadragénaire sent sa gorge se nouer. “Personne ne remplacera Lucy” répond-elle un peu trop abruptement, comme pour se convaincre elle-même. La perte est trop récente, trop lourde, et le deuil loin d’être terminé. Fermant les yeux quelques secondes, la chirurgienne inspire un grand coup, détestant se laisser aller de la sorte et exposer aussi facilement ses failles. “Désolée…” ne peut-elle s’empêcher d’ajouter, peu désireuse de blâmer sa vis-à-vis après tout ce qu’elle lui a confié. “Je…” Elle s’interrompt, cherchant les mots qui expliqueraient le plus posément son choix sans remuer le couteau dans une plaie béante. “Je dois me montrer pragmatique” finit-elle par souffler. C’était son rôle ici, même quand tout allait mal, même quand les problèmes s’accumulaient, que l’affect et l’intime étaient touchés. “Force est de constater que si quelque chose de plus dramatique se produisait à Fort Ward et que d’autres médics étaient touchés, il n’y aurait personne pour prendre le relais. Je ne suis pas invincible, et certainement pas immortel. Jackie, Ismael et Jack non plus. On est tous chirurgiens et on n’a jamais pris la peine de chercher des personnes susceptibles de prendre la suite. Par orgueil, par manque de temps, par prétentieux. Les causes sont nombreuses mais ça ne règle pas le problème. Il faut des gens capables de faire plus que changer des pansements.” Et l’attaque avait été le déclic pour Maeve. “J’ai travaillé dans un hôpital universitaire quinze ans, et passé les dernières années de ma vie à former des internes et futurs médecins. Je ne dis pas que je peux faire de n’importe qui un chirurgien mais je peux au moins apprendre les bases à ceux qui le voudront. Ça doit redevenir une de mes priorités.” Tout comme elle n’affirme pas former May à plus que ce qu’elle voudra apprendre. Mais ils auraient davantage de mains dans les mois ou années à venir, s’ils survivaient jusque-là. “Ne te méprends pas. Ce n’est pas que de l’altruisme. Il y a un fond égoïste dans chaque chose, celle-ci n’échappe pas à la règle.” Elle hésite, peu habituée à se confier plus que nécessaire. “J’ai aussi besoin de ça pour avancer. Pour garder la tête hors de l’eau.” Un but, un projet, un concept nouveau, peu importe la dénomination choisie. Ce n’était pas qu’une main tendue. Elle avait aussi besoin de celle de May en retour.

Se maintenir à flots, chacune de façon différente. Que May ne pense pas seulement être un boulet accroché à sa cheville. Elle serait également une bouée à laquelle se raccrocher.


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May L. Goldenberg
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Sujet: Re: Tip the scales   Lun 27 Sep 2021 - 7:39
Une porte de sortie au besoin. C'était pour le mieux, sûrement, même si elle n'aimait déjà pas l'idée que ce projet puisse devenir un échec. Enfin, un échec à ses yeux. Mais peu importait, Maeve lui assurait qu'elle croyait en ce que la blonde venait péniblement d'affirmer. C'était au moins ça. Sauf qu'un froid glacial envahissait bientôt le petit bureau, à la mention du prénom de Lucy. May recula même sur sa chaise, se crispant aussitôt sans toutefois en avoir conscience. Elle avait l'impression d'être une grosse merde, sur le coup, tellement ses paroles semblaient affecter sa vis-à-vis.

Elle allait se confondre en excuses, paniquée, mais la doc s'excusa trop vite pour la laisser faire. Liv ne savait pas trop pourquoi elle s'excusait, honnêtement. De sa rudesse momentanée, du fait que Cendrillon ne serait jamais Lucy, ou que son deuil avait été trop évident, trop visible, l'espace de quelques secondes? Peut-être toutes ces réponses. Encore une fois, la petite allait parler pour tenter de mettre fin à cet espèce de malentendu, mais sa comparse semblait vouloir s'exprimer. Et elle n'allait certainement l'en empêcher. La miss plissa un peu les yeux, toutefois, quand elle avoua qu'elle devait se montrer pragmatique, incertaine de vraiment saisir ce qu'elle essayait de lui faire comprendre.

Le déclic ne tarda pas. La brune expliquait finalement qu'elle devait se montrer plus responsable par rapport à la formation du personnel du dispensaire. Qu'elle devait s'assurer que plus de gens puissent avoir un maximum de connaissances - au cas où. De penser à une attaque si puissante qu'elle pourrait neutraliser autant de gens lui donnait des frissons dans le dos, mais c'était une possibilité bien réelle. Il faudrait être aveugle pour ne pas s'en rendre compte, après l'attaque de New Eden.

Rien de ce qu'elle disait n'était une surprise pour Lively, n'empêche. C'était très logique, même. Maeve ne parlait que très rarement de choses qui ne l'étaient pas. Non, ce qui surprenait la princesse, c'était plutôt ce qu'elle avait osé dire ensuite. Que c'était, pour elle aussi, une façon de continuer d'avancer. Pour la première fois depuis leur rendez-vous improvisé, May souriait - avec prudence. Elle aimait bien cette dualité un peu particulière, cette entraide pas tout à fait avouée.  « Je suis loin d'être infirmière, encore moins médecin, ou chirurgienne. » Jamais de sa vie n'avait-elle prétendu une telle chose depuis qu'elle bossait ici. Tout le monde savait qu'elle ne faisait qu'aider. « Mais si je peux me rendre utile en apprenant des trucs sur le terrain, si je peux aider encore plus qu'avant, alors bien sûr que j'suis partante. » Elle marqua une pause. « Te méprends pas, c'est pas de l'altruisme. » dit-elle en reprenant ses mots exacts, une moue un peu moqueuse collée sur les traits. « ...Ça me donne juste l'impression que ma vie ici fait du sens. » avoua-t-elle en étant à nouveau brutalement honnête.

« Je ne voulais pas t'insulter en parlant de Lucy, pardon. » lâcha-t-elle en retrouvant son sérieux, plongeant son regard bleu dans le sien pour qu'elle comprenne bien qu'elle n'avait pas voulu lui faire de mal. « Je - je parlais de son rôle, tout simplement. Je sais bien que je ne pourrai jamais me mesurer à ce qu'elle était. » Ce n'était pas de l'auto-dérision, seulement la vérité. « Encore une fois, je suis désolée. » Elle voyait bien que la doc n'était pas dans son assiette. Loin d'elle l'idée de la pousser trop loin, mais May restait May. Elle ne pouvait s'en empêcher. « Cette entente que j'vais honorer, par rapport aux mensonges. Ce devrait être dans les deux sens. » osa-t-elle dire finalement, le regard toujours planqué sur elle. Putain, elle allait se faire assassiner sur place, et personne ne retrouverait jamais son corps, c'était sûr et certain.


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Sujet: Re: Tip the scales   Dim 3 Oct 2021 - 17:04
Un léger sourire, tout aussi fugace que les autres, étire un instant ses lèvres quand la jeune femme reprend ses propres termes. Elle ne comptait pas prétendre avoir le don d’apprendre à qui que ce soit ce qu’il lui avait fallu quinze ans à maîtriser. Elle ne comptait pas prétendre pouvoir faire de chaque habitant de Fort Ward qui le désirerait un médecin compétent. C’était une utopie et Maeve était trop ancrée dans la dure réalité. Mais se contenter du peu mains qu’ils avaient, s’endormir sur des lauriers qui pouvaient disparaître aussi facilement que les autres, même protégés derrière leurs murs, était un rêve qu’elle n’avait pas le luxe de voir se prolonger. Du personnel, même pour les blessures les plus banales, les plus minimes, un savoir à transmettre, des procédures à apprendre, ça, c’était quelque chose de concret qui pouvait et devait être mis en place. L’attaque l’avait au moins confronté aux limites du dispensaire et ce qu’ils étaient capables de réaliser en cas d’urgence, en cas de privation de tout ce beau matériel hors de prix. Presque rien. Oui, ils avaient pu sauver Maryweather et son bébé, et quelques autres patients maintenant amputés d’un membre. Mais combien de morts, de perte, parce qu’elles n’avaient été que deux? “Je ne ferai pas de toi une chirurgienne, mais si je peux t’enseigner le b-a-ba et renforcer le personnel ici, c’est un projet que je peux plus me permettre de laisser de côté.” Trop de choses avaient été remises à plus tard pour des raisons qui ne faisaient aujourd’hui plus sens.

Quant à trouver un sens à tout ça, Maeve ne pouvait qu’acquiescer. Cet endroit était autant un fardeau sur ses épaules qu’une planche de salut pour continuer à avancer. Mais c’était un prix de gros, l’un n’allait pas sans l’autre.

Balayant les excuses de May d’un geste de la main, elle tente de faire refluer les sentiments que l’évocation de l’infirmière fait ressurgir. Elle n’a pas le loisir de s’abandonner au deuil maintenant. Elle doit le mettre de côté, avec tout ce que ça entraîne de non-dits, d’accumulation, d’intériorisation. Se laisser submerger par cette vague signifiait se noyer. “Tu n’as pas à te comparer à elle. Je ne le ferai jamais et je ne te demande pas de le faire.” Ce serait cruel et improductif. Surtout cruel. Pour Lucy et pour May.

Et parce que ses conseils doivent sonner un brin hypocrite, la balle est renvoyée dans son camp sans grand tact. Se calant dans sa chaise, Maeve remonte ses iris dans ceux de sa comparse, la sondant de longues secondes sans expression particulière avant de capituler, laissant son regard errer quelques secondes au-delà de l’unique fenêtre qui éclaire la pièce. La quadragénaire n’avait jamais été très prompte à se confier ou à étaler ses problèmes à la face des autres, qu’ils soient en capacité de les entendre ou non. “En parler ne changera pas ce que je ressens, je me connais malheureusement trop bien” finit-elle par répondre. “On aura beau me dire et répéter que je ne suis pour rien dans sa mort, que c’est la faute de New Eden, que Lucy était une adulte et savait ce qu’elle risquait, les faits resteront les mêmes. Je lui ai demandé de rester alors qu’on m'a sommé d’évacuer le dispensaire et elle est morte. Entendre les autres me raisonner ou tenter de me dédouaner n’enlèvera pas la culpabilité." Elle devrait vivre avec, s’en accommoder avec le temps. La plaie était seulement trop récente. “Je ne devrais pas faire de préférence mais… je suis humaine… et Lucy… j’étais très attachée à elle et très protectrice. J’aurais juste voulu la protéger jusqu’au bout.” Voilà pour l’honnêteté. Et puisque May ne voulait pas de mensonges, autant qu’elle sache dans quoi elle mettait pleinement les pieds. “Je suis… à fleur de peau depuis…” Elle pointe le morceau de tissu noir qui recouvre la cicatrice de la morsure à son avant-bras. “Moins de patience, plus nerveuse, plus à cran. C’est peut-être purement psychosomatique mais le fait est qu’il y a cette… chose qui circule dans mon organisme. J’aurai besoin que tu me dises si je vais parfois trop loin.” Non, elle ne se transformerait pas, ne deviendrait pas l’une de ces choses pas plus qu’elle ne vrillerait autant que certains habitants comme l’année dernière mais c’était une parano qu’elle voulait évincer. Elle préserverait May et lui poserait des limites pour l’aider à aller de l’avant. En échange, elle demande également une paire d’yeux pour la surveiller. Un contrat tacite qu’elles seules connaîtraient, pour leur bien à toutes les deux et le bien commun de tout le camp.


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Sujet: Re: Tip the scales   Mar 5 Oct 2021 - 6:43
« J'veux bien être le projet. Enfin, en faire partie. » lâcha-t-elle en un souffle, quand elle parla du fait de vouloir renforcer le personnel - et de ne plus vouloir perdre de temps pour le faire. Elle ne pu pourtant qu'hocher la tête lorsque Lucy se pointa à nouveau dans la conversation et que sa comparse affirma qu'elle ne lui demanderait jamais de se comparer à elle. Mais Liv ne s'inquiétait pas des comparaisons. Elle s'inquiétait pour Maeve, souriant tristement tout en essayant de ne pas être un fardeau de plus pour la brune, et souhaitant seulement qu'elle puisse traverser ce deuil sans trop de tourments - parce que c'était évidemment une chose qu'elle ne pouvait pas faire pour elle. La petite était passée par là de nombreuses fois, n'empêche. Et elle ne trouvait toujours pas les mots.

Elle trouvait pourtant la force de soutenir le regard de sa vis-à-vis - par respect, peut-être, suite à ce qu'elle avait eu les couilles de dire. Dr Wheelan avouait que le fait de parler ne changerait rien à ses sentiments, et si la blonde se retrouvait tout à fait dans ce discours, elle ne répliqua rien, la laissant continuer. « J'vais pas tenter de te raisonner, alors. » dit-elle d'abord très doucement. Les choses n'avaient pas besoin d'être compliquées, après tout. « Mais elle aurait aussi bien pu mourir en évacuant les autres, en se mettant à l'abri - merde, en avalant un raisin de travers. On peut y laisser notre peau pour un rien, depuis l'épidémie. » La culpabilité devenait donc bien relative.

Elle secoua la tête en soupirant un peu - un brin découragée, encore aujourd'hui, de cette sordide réalité qu'elle décrivait - et encore plus quand son aînée avoua qu'elle aurait voulu la protéger jusqu'au bout. « Je sais trop bien de quoi tu parles. » avoua-t-elle tout bas, pensant évidemment à tous les fantômes qui faisaient partie de sa vie.

Enfin, la chirurgienne mentionnait maintenant qu'elle était plus fragile, à bout de nerfs, depuis sa morsure. Les yeux clairs de Goldenberg se posèrent sur son bras, une seconde, avant de remonter à son visage. Ce venin qui circulait dans ses veines ne lui amenait aucune paix d'esprit - et c'était honnêtement très compréhensible. Dans tous les cas, elle lui demandait d'être un peu la balise qui pourrait l'avertir lorsqu'elle franchissait la ligne invisible de ce qui était acceptable. May ne savait pas si elle était la meilleure personne pour juger ce qui était acceptable ou non, mais elle savait qu'elle était la bonne personne pour ouvrir sa grande gueule en cas de doutes.

Et pour tout dire, elle appréciait cette entente un peu secrète, ce pacte qui permettrait à l'une comme à l'autre de voguer sur des eaux plus calmes. Maeve ne le savait probablement pas, mais Cendrillon ferait absolument tout pour honorer ce contrat. « Tu peux compter sur moi pour te dire c'que tu veux pas entendre. Il semble que je suis douée pour ça. » répondit-elle en soufflant du nez, se moquant à moitié. « Moi aussi, j'en ai une, t'vois? Enfin, je - c'est pas pareil, mais - » Elle pointa son cou pour montrer la cicatrice de morsure d'Adam - c'était avant qu'il ne reçoive le sérum, lors de cette fameuse nuit. Elle baissa rapidement la tête, cependant, ne désirant pas s'attarder sur ce qu'elle considérait comme très laid, puisqu'à la cicatrice de morsure s'ajoutait celle de d'une tentative de meurtre par le père de sa fille, et par strangulation, rien de moins. La petite ravala sa salive, désirant changer de sujet.

« J'imagine qu'il y aussi d'autres... conditions? »


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Maeve Wheelan
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Sujet: Re: Tip the scales   Sam 16 Oct 2021 - 22:43
Son regard s’échappe, comme chaque fois qu’un sujet devient trop pesant et que le regard de l’autre devient trop insidieux, avec cette faculté sournoise de lire dans le miroir de ses émotions. Sa conscience lui souffle qu’il serait plus sain d’évacuer ce surplus qui la ronge, plus salvateur pour sa personne. Mais Maeve est une contradiction à l’état pur, offrant des conseils avisés qu’elle est bien incapable de suivre, prisonnière d’un cercle vicieux que les bonnes intentions ne brisent pas. Les paroles de May s’accrochent mais ne s’ancrent. Parce que sa vérité n’est pas la vérité. Si Lucy était sortie du dispensaire pour s’occuper de Maryweather, elle aurait gagné l’un des abris et serait aujourd’hui en vie. Si elle n’était pas restée auprès d’elle, par loyauté ou tout autre sentiment qui l’a habité à ce moment-là, elle serait encore ici, à déambuler dans les couloirs du dispensaire. C’était un fait. Certes, elle aurait pu mourir le lendemain, trois semaines plus tard, dans quelques années, pour n’importe quelle autre raison. Mais ce n’était pas arrivé. C’était la demande de la chirurgienne qui avait précipité sa mort, quoique les autres en disent. Et c’était son fardeau que de le traîner encore un peu. Probablement jusqu’à sa mort…

Alors elle reste muette, encaissant les conseils sans se nourrir de ces derniers. Elle ne demandait à personne de comprendre. Finalement, elle ne demandait jamais rien. Ni aide, ni compréhension. Sociale et pourtant si solitaire. Oui, elle était bien seule, seule dans sa petite boîte crânienne encombrée de mille et une pensées parasites et c’était son lot quotidien que de vivre avec. Si elle ne s’acceptait pas à bientôt quarante-trois ans, elle ne le ferait jamais, et tout ne serait qu’une longue et interminable survie sans saveur.

Un sourire finit pourtant par étirer ses lèvres quand la jeune femme se place en choix vital pour la contredire ou contrer ses actions en cas de dérapage. “C’est tout ce dont j’ai besoin. Ils sont trop peu à oser aller à l’encontre de mes mots.” Ce n’est pas de la vantardise mais un fait. Ici, on lui accorde un crédit mérité ou non mais l’on conteste rarement ses directives ou même son avis. On la préserve, sans doute un peu trop, la brosse dans le sens du poil comme si son autorité avait un poids plus important que celui qu’elle se confère seule. C’était parfois frustrant. Peut-être par masochisme, la quadragénaire avait toujours aimé qu’on lui tienne tête et qu’on la sorte de sa zone de confort. Ce n’était évidemment pas ce dont elle avait besoin maintenant. Juste quelqu’un qui lui fasse comprendre qu’elle allait trop loin ou que son comportement n’était pas forcément le bon. “Mais tu es connue par ne pas faire dans la langue de bois alors j’ai toute confiance à ce sujet” Comme pour le reste d’ailleurs.

Peut-être qu’elle l’admirait aussi, pour avoir le courage de réclamer une main tendue, même de façon détournée, là où elle-même en était incapable. Elle venait de le faire, à une échelle minime, mais Maeve aurait besoin de tellement plus. Oui, tellement plus...
Et comme toujours, les mots mouraient avant d’être prononcés et les non-dits polluaient son oxygène, jusqu’à lui donner l’impression de manquer d’air.

Ses yeux glissent sur la cicatrice à son cou et son esprit revit cette soirée, du moins avant qu’elle ne s’évanouisse et ne se réveille au dispensaire. Adam, sa folie, la crainte que la doc avait ressenti à l’idée de finir comme lui, le sérum tous les mois pour ne pas courir ce risque, puis la morsure, et la boucle était bouclée. Maeve se rend compte qu’elle en est finalement au même point et que tout est plus moins lié dans sa psychée. Cette peur ignoble de finir comme l’un de ses monstres. Et Dieu sait que le virus courait davantage dans ses veines. Peut-être devrait-elle en parler avec la seule ayant subi la même chose ici mais Maeve s’était toujours tenue éloignée de tout ce qui touchait à la religion. Revenant au présent, elle ne peut s’empêcher de demander, “Tu ne sais rien de ce qu’il est devenu?” Adam évidemment. Où il était parti, comment il survivait aujourd’hui? Elle comprenait son besoin de fuite, un peu moins d’abandonner ainsi des personnes aussi chères.

Hochant la tête à la négative, elle joint ses mains sur ses cuisses, y croisant ses doigts. “Pas d’autres conditions non. Pas plus que celles évoquées précédemment. Ce n’est pas un test, juste une précaution. Et je suis certaine que tout se passera bien” la rassure-t-elle du mieux possible.

Parce que finalement, Maeve craignait davantage ses propres excès que ceux de sa cadette, mais ça, elle se garderait bien de lui dire.


Beat happy stars, timing with things below, Beat with my heart more blest than heart can tell, Blest, but for some dark undercurrent of woe that seems to draw-but it shall not be so..
Let all be well, be well

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