The Walking Dead RPG

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Le butin du diable
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Levi M. Amsalem
Levi M. Amsalem
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Sujet: Re: Le butin du diable   Ven 27 Aoû 2021 - 21:59
Il ne s'imaginait pas qu'elle éprouverait une quelconque gratitude pour ce qu'il venait de faire. Et probablement que le geste allait relancer les hostilités entre eux. Le traité de paix d'Indiana allait être compromis d'une manière ou d'une autre, mais de toute façon cette mascarade n'était que de la poudre aux yeux pour tous les deux, et ils avaient plus que conscience de ce qu'il en était en réalité. Esquissant ce rictus méprisant alors qu'il la fixait au sol, en position fœtale en train de le chasser de sa cellule, Levi n'éprouva aucune compassion pour la jeune fille.

Elle avait cherché cette situation. Tous ses actes jusqu'ici n'avaient fait que la conduire jusqu'ici. Tout ce qu'elle entreprenait n'était que pour finalement arriver à cette position. Sans doute se pensait-elle victime des événements, injustement traitée par les autres qui ne comprenaient pas ce qu'elle vivait. Mais Zelda était égoïste. Tout le monde vivait la même chose qu'elle, et pourtant il n'y avait bien que l'adolescente pour menacer d'éventrer une femme enceinte sous le coup de la colère, parce qu'elle s'entêtait à croire à des offenses imaginaires.

Mais quasiment un an auparavant, ne l'avait-il pas prévenu ? Elle n'avait besoin de personne pour faire de sa vie un enfer. Elle n'avait besoin de personne pour chasser son entourage. Son comportement seul suffisait à la mettre au pilori, de tout, de tout le monde, qui ne pouvait plus rien attendre d'elle, qui n'avait plus aucun espoir la concernant. Elle s'entêtait à se croire dans son bon droit sans voir que sa vie ne tenait qu'à la miséricorde d'une femme qui était déjà lassée de devoir la border comme une enfant. De fait, Levi se détourna, et sortit de la pièce en refermant derrière lui. Sans un mot supplémentaire pour Zelda.

Dans le couloir menant vers la sortie, il croisa au plus vite Maeve qui devait s'occuper du reste. Il eut un regard en arrière, et revint vers la brune :

Elle est dedans, lui indiqua-t-il. Exactement là où elle devait être de toute façon. L'amputation est nette, j'ai nettoyé la lame mais ça ne fera pas tout, poursuivit-il pour l'information, qu'elle puisse se mettre au plus vite au travail.

Et en l'esquivant, l'homme sortit du bâtiment servant de prison. Il avait autre chose à faire, mais pour le coup, il passait quand même une - très - bonne journée.


Inachevés
La médiocrité commence là où les passions meurent. C'est bête mais j'ai besoin de cette merde pour sentir battre mon cœur. J'ai tellement misé sur mes faiblesses et mes failles, j'mérite une médaille au final j'ai fait qu'briller par mes absences.
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Maeve Wheelan
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: Le butin du diable   Ven 27 Aoû 2021 - 23:49
”Il y a un problème à la prison. Une blessée.”

Lizzie la sort de sa paperasse et la quadragénaire relève doucement les yeux sur la jeune femme. Retirant ses lunettes, qu’elle n’assume pas devant les autres en général mais lui évitent de prodigieux maux de tête, elle les repose sur le dossier qu’elle était en train de mettre à jour, se massant l’arrête du nez du pouce et de l’index. Les derniers jours ont été rudes, et le retour de la dernière mission s’est accompagné de quelques nuits blanches qui jouent aujourd’hui sur son humeur et sa patience. “Tu ne peux pas envoyer Jackie ou même Lucy?” Rétorque la chirurgienne un peu trop abruptement. Ses sautes d’humeur ne se sont guère calmées depuis la morsure et si Friedrich lui a assuré que ce n’était rien, ça ne retire en rien l’inquiétude de la brune. “Il vaudrait mieux que ce soit toi…” suggère timidement la blondinette, faisant arquer un sourcil à la toubib. “On m’a parlé d’un doigt sectionné…” “Quoi?” La doc se redresse dans un sursaut, toute fatigue semblant l’avoir désertée.

Lizzie tente de résumer ce que la talkie lui a recraché à l’autre bout du camp, sans avoir les détails sur l’identité de la blessée. “Et pourquoi on ne l’a pas conduite ici?” s’exclame la canadienne en attrapant une trousse de premiers secours, la secrétaire sur les talons tandis qu’elle prend la direction de la sortie. À ce stade, elle pense encore à un accident et ne comprend pas les termes de cet appel radio. La jeune femme se contente de hausser les épaules. Visiblement, les informations transmises ont été plus que succinctes.

Dans un soupir las et sentant déjà une vague de colère manquant de peu de déferler, elle prend la direction de la prison. La chaleur, bien que moins insupportable, reste désagréable et continue d’assombrir son humeur. Alors quand elle pénètre enfin les lieux - pour la première fois qui plus est - et s'arrête brusquement quand elle manque de percuter Levi. Avant qu'elle puisse le saluer, les paroles de l'Israélien la clouent un instant sur place. L'amputation? Encore portée par l'idée d'un accident malheureux. La lame nettoyée? "La quoi?" s'exclame-t-elle, interdite, alors qu'il prend déjà le chemin de la sortie. Non... il n'a pas pu... pas sciemment. Si?  

Elle se retrouve finalement devant un homme qu’elle ne connaît que de vue, elle marque un temps d’arrêt. “Là” lui signale-t-il pour la faire revenir à la réalité et en la devançant pour ouvrir l’une des cellules. C’est étrange. Cette atmosphère, la moiteur qui se dégage de l’endroit malgré la chaleur extérieure, et Maeve se sent déjà claustrophobe ici. Peu à l’aise en tout cas. Jetant un regard méfiant à l’homme, c’est l’odeur atypique du sang qui lui monte au nez et s’avançant, son regard se pose sur… Zelda?

Ce n’est finalement pas de la voir ici qui la surprend, on ne récoltait que ce que l’on semait non? Mais plutôt sa position foetale, là, dans un coin de la pièce. Puis ses yeux la décortiquent, analysent. L’endroit est trop sombre pour qu’elle puisse déceler ses traits et donc la trace des larmes qui ont coulé mais glissant sur son corps elle constate effectivement un tissu sommaire entourant son doigt, imbibé de sang. S’avançant à grandes enjambées, et il ne lui en faut finalement que deux pour rejoindre l’adolescente, elle s’accroupit à son hauteur. “Zelda?” Doucement, elle approche une main, la posant sur le genou de la jeune fille. “Zelda il faut que je regarde ta main d’accord?” Certes, leur relation n’est pas au beau fixe et sa vis-à-vis à tendance à faire ressortir le plus mauvais chez elle, en témoigne leur dernier face à face. Mais présentement, c’est une patiente comme une autre, visiblement en état de choc.

Le sang sur la table, la taie d’oreiller déchirée dans un coin, le pansement de fortune… “Vous l'avez volontairement amputé?” Son pragmatisme s'envole, l'idée d'un stupide et malencontreux accident aussi. “C’était sa punition.” Un instant, son cœur rate un battement et ses neurones arrêtent de lui envoyer des informations logiques. Sa punition? Comme, on lui a infligé ça exprès? “Je vous demande pardon?” Elle tourne son visage vers le garde, qui la toise de haut et hausse les épaules. “Je ne fais qu’obéir aux ordres. On m’a dit de prévenir un toubib pour la rafistoler, j’ai appelé un toubib.” Le regardant comme s’il venait d’une autre planète, sa patience atteint dangereusement le niveau zéro. “Vous êtes idiot de naissance ou votre mère vous a bercé trop près du mur? On parle d’un doigt sectionné! La lame nettoyée ne change rien au risque infectieux, tout comme ce que vous avez appliqué sur la plaie pour endiguer l’hémorragie? Je l’emmène au dispensaire.” Et se tournant à nouveau vers la jeune fille, elle radoucit le ton. Oui, elles ne s’aiment pas particulièrement, c’est un doux euphémisme, mais ses sentiments passaient après. “Tu peux te lever? Je te sors d’ici.”

“Vous la soignerez ici, juste ce qu’il faut pour pas que ça s’infecte. Elle est prisonnière. Elle doit tirer deux semaines. Elle ne peut pas sortir.” Serrant les mâchoires pour ne pas l’insulter, elle le toise à son tour, de ce regard si noir. “Hitler aussi, devinez quoi, on l’a laissé écrire un bouquin" Et le temps qu’il assimile ce qui n’a aucun rapport avec cette situation mais a pour seule vocation d’être une pique, elle passe un bras sous l’épaule de Zelda, l’incitant à se redresser. “Allez ma grande, j’ai besoin d’un coup de main là…” Et l’aidant à se remettre sur ses deux pieds, elle coupe la parole à l’homme qui était sur le point d’insister. “Je vous laisse le choix. Me donner quelques heures pour nettoyer correctement sa plaie ou  expliquer à June dans quelques semaines pourquoi j’ai dû amputer la main infectée d’un de ses soldats de terrain qui ne peut plus tenir un fusil! Alors?”

Quelques minutes plus tard, Zelda et elle sortent de la prison, prenant la direction du dispensaire. Ils viennent d'amputer le doigt d'une gosse bon sang, et elle ne comprend pas comment une femme comme June, d’un pragmatisme presque robotique, a pu s’abaisser à une chose aussi ridicule.


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Zelda Anderson
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Sujet: Re: Le butin du diable   Sam 28 Aoû 2021 - 1:28
« ... »
À ce stade il est sans doute utile de préciser qu'il existe deux types de médecins. Les premiers sont ceux qui inspirent la confiance, qui trouvent des mots justes et esquissent des gestes apaisants. Ceux qui luttent pour vous extirper de la maladie et vous remettre sur la voie de la santé, qui sont guidés par les préceptes d'Hypocrate et qui se soucient réellement de vos intérêts.

Et puis il y a les autres... Ceux qui s'enorgueillissent de se faire appeler docteur, pour qui les patiences ne sont que des simples numéros et, autrefois, le meilleur des moyens pour amplifier le chiffre de leur compte en banque. Ou encore, celles qui n'hésitent pas à enfermer une adolescente dans une salle d'auscultation et à la menacer avec une aiguille, le visage déchiré par la colère.

Devinez à quelle catégorie appartient la femme qui vient de faire son apparition ?

Zelda espérait un sauveur. Quelqu'un qui chasserait la douleur. Mais c'est bien Maeve qui se tient maintenant debout, face à elle. Et ainsi, un bourreau succède à un autre... Car la présence de la doc' n'est pas un simple hasard. Si elle est là, c'est pour terminer le travail. Oui, c'est évident. Et l'australienne prend alors conscience que Scylla vient tout juste de laisser place à Charybde...

Alors i l'adolescente laisse pourtant Maeve déposer une main sur son genou, ce n'est pas parce qu'elle approuve la douceur de ce geste mais parce qu'elle ne peut pas se recroqueviller davantage dans l'angle du mur. Elle sert encore un peu plus fort sa main meurtrie entre ses jambes et sa poitrine, pour la mettre à l'abri de la prédatrice. Et elle se contente surtout d'un regard luisant de méfiance à son égard. Entre deux sanglots qu'elle ne parvient pas à maîtriser et dont elle a d'ailleurs vaguement conscience. Son ego s'est tu pour laisser place aux sirènes de la souffrance.

Zelda a la tête qui tourne et le tissu imbibé de sang qui recouvre sa plaie n'est évidemment pas étranger à ce constat. Elle note néanmoins le ton calme que la doc' a employé pour s'adresser à elle et celui, nettement plus incisif, qu'elle a réservé au garde. Si bien qu'elle se demande si elle n'est pas en train d'halluciner lorsque son aînée lui demande si elle peut se lever avant de lui indiquer qu'elle compte la sortir d'ici. « Pour... » Elle grimace et s'interrompt lorsqu'une lancée de douleur se propage à nouveau dans sa paume. « Pour aller où ? » À la morgue ? Directement au cimetière, peut-être ? Sa cellule a beau être parfaitement désagréable, elle s'y sent presque en sécurité. Et surtout dans ce coin qu'elle s'est appropriée depuis de longues minutes maintenant.

Le garde ne semble pas non plus enchanté à l'idée qu'elle puisse quitter les lieux. Et étrangement, Zelda lui en est reconnaissante. Même s'il le fait pour respecter ses ordres plutôt que la protéger. Elle a bien compris que son sort lui importe peu. « Je n'suis pas Hitler ! » Et elle ne compte pas davantage écrire de livre. L'australienne réagit mollement, presque dans un murmure, lorsque Maeve inflige une jolie gifle verbale au colosse. Elle manque d'ailleurs presque de sourire. Et sans doute l'aurait-elle fait si un nouveau rictus de souffrance ne s'était pas emparé des traits de son visage.

Toujours est-il qu'elle fait preuve d'une étrange passivité lorsque la doc' tente de glisser un bras sous son épaule pour la relever. Elle ne sait plus que faire. Et finalement, l'argument au sujet de cette main qu'elle pourrait perdre la convainc tout autant que le garde. La combativité de l'adolescente se réveille enfin et l'encourage à faire de son mieux pour se redresser. Sa jambe d'appui, tremblante, vacille sous son propre poids. La faiblesse s'est emparée de son être et s'exprime dans chacun des gestes approximatifs qu'elle tente d'esquisser.

Mais finalement, le duo parvient à l'extérieur. Et le premier réflexe de Zelda est de fermer les yeux pour humer l'air frais, pur, du début de soirée. Elle lâche un long soupir puis se force à marcher en gardant son regard rivé sur le sol. Elles risquent de croiser des gens. Et elle sait qu'elle offrira le plus triste des spectacles. Mais comment rester digne alors qu'elle porte maintenant dans sa chair la marque de sa déchéance ? June l'a abandonnée. Et la petite goutte de sang qui s'écrase au sol, à ses pieds, en est bien la preuve.

Elles font quelques pas et l'australienne est prise d'une quinte de toux. L'héritage de Glenwood lui brûle la gorge et viennent souligner sa faiblesse. « Tu... Tu m'emmènes vraiment... au dispensaire ? » trouve-t-elle la force de demander d'une voix rauque, marquée par l'inquiétude et ponctuée par le rythme difficile de ses pas. Pourtant quelque chose la taraude davantage encore :  Elles semblent effectivement suivre la bonne direction. Et ça l'étonne. Parce qu'elle sait pertinemment que Maeve ne la porte pas dans son coeur. « P-Pourquoi ? » Une question simple qui appelle une réponse autrement plus complexe. Et nécessaire. Car la doc' n'avait aucune réelle raison de se mesurer à Luke et de batailler contre lui pour obtenir le droit de l'emmener dans un endroit plus agréable, propice à de véritables soins. Ne sont-elles pas ennemies ?


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Maeve Wheelan
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Sujet: Re: Le butin du diable   Sam 28 Aoû 2021 - 13:37
Soutenant la jeune fille dont la démarche reste peu assurée, la chirurgienne ne parvient pas à canaliser sa colère. Comme si ces derniers jours n’avaient pas été assez compliqués. Comme si le retour de la dernière mission ne les avait pas assez impactés, tous autant qu’ils étaient. Comme s’ils n’avaient pas assez de travail ici. On décidait de couper volontairement des parties du corps des gens. D’une adolescente! Est-ce qu’il existait attitude plus stupide et puérile actuellement, dans ces circonstances? Appelons la doc, demandons-lui de réparer rapidement la taularde et bonne fin de journée! Imbéciles! Ce genre de blessure n’était pas anodine, même quand on avait visiblement regardé trop de films de guerre américains.
C’est finalement la voix de Zelda qui la tire de ses songes agressifs, son regard azur ayant vrillé vers un bleu foncé presque noir. Ajustant sa prise sur l’australienne, elle lève les yeux au ciel. Qu’est-ce qu’elle croit? Qu’elle l’emmène à l'échafaud? “Je ne m’attends pas à ce que tu comprennes Zelda” souffle-t-elle, désabusée. Puis soupirant pour évacuer la colère sourde qui menace de la faire exploser, elle pèse ses mots, réfléchit à détourner l’attention de la blonde le temps qu’elles arrivent au dispensaire qui ne lui a jamais paru si loin. “J’ai prêté serment. La fin du monde ne m’en a pas libéré. Ça a encore du poids. Ça doit encore avoir du poids.” Se convainc-t-elle seule. “Je soigne tout le monde. Même les adolescentes vindicatives qui me provoquent en duel avec un gant de latex” ironise cette dernière sans réelle joie ni tentative d’humour.

Arrivés à destination, Lucy accourt vers les deux femmes et se plaçant de l’autre côté de Zelda aide la chirurgienne à la conduire vers la première salle d'auscultation qui se présente à elles. “Qu’est-ce qui s’est passé?” Interroge cette dernière alors qu’elles installent la jeune fille sur le lit. Et parce que la quadragénaire refuse de résumer une situation qui la scandalise profondément, elle coupe court. “Plus tard les questions. Maintiens sa main en l’air, plus haut que le cœur. Sa main saigne encore, il va falloir favoriser la formation du clou hémostatique” débite la doc en allant se désinfecter soigneusement les mains et enfiler une paire de gants. “File dans la réserve me chercher tout ce qu’il faut. Les pansements sont sur la seconde étagère, troisième rayon.” Et acquiesçant, l'infirmière n’attend pas son reste et accélère le pas, les laissant seules.

Prenant la place de sa collègue après avoir enfilé un masque, Maeve serre les dents, les yeux fixés sur ce garrot de fortune. Formidable, le desserrer maintenant ne fera que favoriser l’hémorragie un peu plus, mais elle n’a pas le choix. “Je suis désolée, ça ne va pas être très plaisant pour toi” mais cette prévenance lui semble superflue après ce que l’adolescente vient de subir. Prenant une paire de ciseaux chirurgicaux, elle coupe dans la taie d’oreiller et défait aussi délicatement que possible le bandage de fortune. Attrapant une compresse stérile elle fait relais tampon le temps que l’infirmière revienne. Et elle serre un peu plus les mâchoires. L’entièreté du doigt a été sectionnée. Et la coupure est nette. Aucun lambeaux de peau qui lui permettra de travailler correctement. Et surtout, l’impossibilité de prolonger le bord cubital de la main. Ce qui veut également dire impossibilité d’assurer la continuité du ligament inter-métacarpien pour assurer une mobilité normale du cinquième métacarpien. “Abrutis!” souffle-t-elle avec hargne. Tous autant qu’ils étaient. Le garde, Levi, June. Tous y passent, parce qu'elle ne maîtrise rien de ce qui chauffe là, sous la surface.

Lucy revient finalement avec les pansements mais tant que le saignement n’est pas maîtrisé, elle se contente d’évaluer ses possibilités, restreintes. “Mets-lui une perfusion d’anti-douleurs” ordonne-t-elle plus calmement à sa cadette qui s’exécute aussitôt. Au moins, pour les quelques heures où elle aura la jeune fille à sa charge, la douleur sera supportable. Après… en toute honnêteté, Zelda ne vivra pas les quinze jours les plus délicieux de sa vie. La main de sa patiente toujours dans la sienne, elle ne l’a jamais trouvé aussi vulnérable que maintenant. C’était donc ça, l’humain caché derrière les piques assassines, la recherche permanente de conflits et la bassesse des attaques orales? Une simple adolescente? “Tu veux qu’on appelle quelqu’un? Personne n’ira contre ça.” Et si c’était le cas, elle les attendait de pied ferme. Mille questions lui chatouillent l’esprit mais elle les retient. Ce ne sont pas ses affaires. Et la curiosité, si elle n’était pas à fin médicale, lui paraissait incroyablement malsaine dans cette situation. “Je vais devoir rester un moment comme ça le temps de stopper l’hémorragie. Ensuite, je pourrais désinfecter correctement la plaie et mesurer l’ampleur des dégâts. Ce sera douloureux et je ne peux pas me permettre d’utiliser un anesthésiant pour ça.” Les stocks étaient trop importants et savamment sélectionnés pour les grosses interventions. “Je ne pourrais pas te garder cette nuit mais tu es ici pour quelques heures et personne ne viendra te chercher ici avant ça. C’est une promesse.” Même si sa parole ne doit guère avoir de valeur pour l’adolescente, le ton est sans appel.


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Zelda Anderson
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Sujet: Re: Le butin du diable   Dim 29 Aoû 2021 - 0:45
« Ca veut dire quoi déjà, vindicative ? »
C'est étrange mais c'est la seule chose qui l'interpelle réellement sur le moment. Avec, évidemment, le fait que Maeve semble bien décidé à se comporter en véritable docteur, cette fois. Quant à cette sombre histoire de duel, elle appartient au passé. Et l'adolescente est fermement ancré dans l'instant présent et la douleur qui accapare une bonne part de ses pensées.

Le trajet jusqu'au dispensaire lui semble en tout cas bien trop long. Plus que d'habitude. Et lorsque Lucy vient se joindre à la doc' pour l'aider à marcher, elle l'accueille avec un petit sourire crispé. « J'ai été levitée ! » explique-t-elle, dans un vague murmure, à la nouvelle-arrivante. Sans même prendre conscience que sa remarque ne doit pas avoir beaucoup de sens pour elle. Mais c'est qu'elle a l'esprit un peu embrumé, là, Zelda. Et les gouttes carmines qui s'écoulent à intervalles régulières dans leur sillage y sont certainement pour quelque chose. « Le clou ? Quel clou ? » demande-t-elle, hagarde, lorsque ce mot effleure ses oreilles. Est-ce qu'elles veulent la crucifier ? Parce qu'elle n'est pas d'accord, hein !

Quoi qu'il en soit l'australienne se retrouve enfin allongée. Maeve, quant à elle, s'absente et revient bien vite avec un masque. Si bien que Zelda manque de ne pas la reconnaître. « Eh ? » Elle a déjà oublié la question qu'elle souhaitait poser. Et une grimace supplémentaire plus tard, elle note que les prochains instants ne seront pas plaisants. « Oh, ben au point où j'en suis... » Elle s'en fiche un peu, Zelda. Parce que la réalité semble s'être terrée derrière un prisme. Les gens semblent plus lent et ses sens, moins affutés. Comme si elle avant abandonné sa place d'actrice pour celle, plus passive, de spectatrice.

Elle se reconnecte toutefois douloureusement avec l'instant présent lorsque la doc' commence à retirer le bandage. Le tissu qui repose sur sa chair à vif colle un peu et lui arrache une longue plainte qu'elle étouffe comme elle peut dans l'oreiller. Les larmes roulent à nouveau. Mais c'est un réflexe biologique, ça. Personne ne jugera, pas vrai ? C'est du moins ce qu'elle se demanderait si seulement la souffrance lui laissait le luxe de la réflexion. « Bordel de putain de... pute ! » L'insulte est improvisée et ne vise nullement Maeve. Ni Lucy, d'ailleurs. Elle extériorise, rien de plus. Et sa main valide se crispe un peu plus encore autours de le barre métallique qui borde le lit. Comme si elle souhaitait se montrer solidaire de sa voisine, et partager une part de sa douleur.

« Pas d'aiguille... » supplie-t-elle d'une petite voix quand elle comprend qu'elle aura droit à une perfusion. Et pourtant, lorsque la fine tige d'acier se glisse dans sa veine, elle ne sent pratiquement rien. Probablement parce que son système nerveux à d'autres chats à fouetter ? « Ma maman... » souffle-t-elle quand une voix lointaine lui demande quelle personne elle aimerait voir à son chevet. « Mais j'me souviens plus d'son numéro... » Le produit qui se mêle à son sang, couplé à la perte de sang, lui fait confondre le présent et le passé. Et ce n'est franchement pas désagréable.

Alors elle n'a que vaguement conscience des propos que Maeve lui souffle. L'adolescente s'en fait une idée générale, rien de plus. La suite ne sera pas très drôle mais la doc' semble lui avoir fait une promesse. Alors Zelda hoche doucement la tête tandis que son regard s'égare sur les détails du plafond. « Croix d'bras, croix d'fer ? S'tu mens, tu vas chez Levi ? » Un petit rire vient conclure cette remarque sans grand sens. « June... Elle arrive quand, June ? » Elle veut que sa mère soit présente. Pour pouvoir lui serrer la main. Mais que fait donc la rouquine ? L'australienne tourne à nouveau la tête vers la doc et plisse un peu les yeux pour que sa vision s'affine à un niveau acceptable. « Ela ?! » Mais... Elle n'était pas sensée être morte ?

Comme c'est étrange...


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Maeve Wheelan
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Sujet: Re: Le butin du diable   Dim 29 Aoû 2021 - 20:38
La quadragénaire est forcée de filtrer. Premièrement parce que son attention est portée sur tout autre chose que les questionnements de l’adolescente. Ensuite parce que l’embrouiller avec des termes médicaux qui n’auront aucun sens et qu’elle oubliera dans deux minutes est une perte de temps non nécessaire. Enfin, parce que le discours de plus en plus alambiquée de la jeune femme n’est pas sans l’inquiéter. Elle ne peut pas avoir de fièvre, pas après si peu de temps et pas avec une prise en charge rapide. Mais le choc et la réception qu’en fait l’esprit est déjà un élément de réponse en soi. On a le choix. Encaisser, ou tenter de chercher l’évasion. Et dans quatre-vingt-dix pourcent des cas, la deuxième option était la meilleure.
La chirurgienne grimace derrière son masque face aux injures de sa patiente. L’extrémité de la main était une zone particulièrement sensible à cause des multiples terminaisons nerveuses liées à cette articulation. Mêmes les terminaisons nerveuses sectionnées. Et n’ayant pas pour vocation de faire souffrir mais de soulager les maux, ce n’est pas une partie de plaisir non plus en tant que spectatrice et actrice directe de cette douleur.

Alors quand Zelda évoque sa mère, la doc relève un instant les yeux sur sa collègue qui lui renvoie sa propre gêne. Tout le monde sait ici que l’australienne est orpheline et un instant, Maeve réfléchit à toutes les figures d’autorité qui se sont succédées dans la vie de l’adolescente, cherchant un lien logique à sa demande. Jusqu’à ce qu’elle avoue ne pas se souvenir du numéro et que la toubib comprenne qu’elle évoque sa vraie mère. Biologique. D’ordinaire plutôt directe avec ses patients, n’aimant guère leur mentir et les brosser dans le sens du poil pour les plonger un peu plus dans un déni non constructif, elle fait signe à l’infirmière de ne rien dire. “Son numéro est dans ton dossier, ne t’inquiète pas pour ça. Pas maintenant” souffle-t-elle, se détestant pour les mots qu’elle vient de glisser.

“Croix de bois croix de fer, si je mens je vais chez Levi” répète finalement la Canadienne pour sceller sa promesse. Si ça peut permettre à la jeune fille de se détendre au moins quelques heures, ou même quelques minutes, c’est tout ce qui lui importait. Et quand June est évoquée, elle doit serrer à nouveau les mâchoires pour ne pas risquer de s’emporter. Elle demandait leur leader, alors que c’était cette dernière qui avait donné l’ordre? Pas besoin de spéculer, ce n’était pas le genre de décision que l’on prenait sans la concerter. Un instant, elle se demande réellement si Zelda n’a pas un pic élevé de fièvre et en plein delirium. Parce que si ce n’est pas le cas, c’est du masochisme à l’état brut. Cherchant ses mots, elle n’a de toute façon pas l’opportunité et la décence mal placée de trouver des excuses à la rousse que la blondinette la confond avec… Ela.

Fermant les yeux quelques secondes, non pas par vexation mais parce que celle qui a assuré le rôle de mère de remplacement n’est plus de ce monde maintenant, elle prend conscience subitement que l’adolescente a perdu presque toutes les personnes qui ont été ou ont servi de modèle parental. Et pour la seconde fois aujourd’hui et les deux seules fois depuis qu’elles se connaissent, Maeve ressent une profonde empathie pour cette gamine. Oui, une gamine. Qui a grandi trop vite. Qui a été confrontée à des horreurs trop tôt. Que l’on incrimine pour ses bêtises mais que l’on hésite pas à envoyer au front, un fusil d’assaut dans les mains. Eux, les adultes, si prompts à juger l’enfant soldat qu’ils avaient créés. Peut-être qu’ils devraient tous commencer par balayer devant leur porte finalement. Elle la première. “Désolée, ce n’est que la doc un peu dingo qui t’a vomit dessus”

Retirant la compresse de son auriculaire à présent absent, elle constate que le sang continue d’affluer, mais en moindre quantité. Prenant une autre, elle réitère la compression. “Combien de temps avant l’effet du médicament?” Demande-t-elle à Lucy. “Cinq minutes maintenant vu son gabarit.” Acquiesçant à ses propos, elle tente de focaliser l’attention de Zelda sur une idée précise, ni positive, ni forcément négative, juste pour s’assurer qu’elle reste dans le monde de l’éveil et ne délire pas davantage. “Tu en as pris pour combien de temps?” Bon d'accord, ce n'est peut-être pas la chose la moins négative qu'elle aurait pu trouver, mais la colère est parfois un bon stimulant


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Sujet: Re: Le butin du diable   Lun 30 Aoû 2021 - 5:54
« Alors ça va... »
C'est étrange mais Zelda est effectivement rassurée. Même si un signal s'allume dans ses pensées pour lui signaler que cette conversation ne sonne pas juste, que quelque chose lui échappe. Mais elle l'ignore. Car la seule chose qu'elle puisse percevoir en cet instant, c'est la douleur. Elle est omniprésente, Régulière. Et sans doute un peu trop familière, aussi. « Il... Il faudra p't-être l'appeler plusieurs fois ! » Parce que Lara est très occupée. Et lorsqu'un autre numéro que celui de sa fille s'affiche sur son portable, elle n'est pas toujours pressée de répondre...

« Levi... » C'est pourtant elle-même qui vient de prononcer le prénom de l'israélien. Et pourtant lorsqu'elle entend la doc lui répondre qu'elle n'ira pas chez lui, l'australienne renoue avec la réalité. Les choses deviennent plus clairs l'espace d'un instant. Comme si quatre petites lettres étaient suffisantes pour lui rappeler la situation. « T'en approches pas ! Jamais ! » C'est un conseil gratuit, qu'elle lui offre spontanément. Sans trop savoir pourquoi, d'ailleurs. « C'est l'pire fils d'la pire pute ! » Quand bien même elle ne connait pas la femme qui a donné la vie à ce monstre, Zelda ne croit pas trop s'avancer. Seule une créature malfaisante peut l'avoir porté en son sein !

Et la voici qui se tord de douleur lorsque la taie est retirée. Elle étouffe son cri dans l'oreiller puis les gémissent qui lui succèdent. Ses jambes se contractent, elle se tortille sur le lit. Et bien entendu, les larmes roulent. Le fait qu'elle n'en ait même pas honte, c'est bien le signe que la souffrance a la faculté de mettre les choses en perspectives. L'adolescente s'attend à voir June arriver puis croit déceler la présence d'Ela.

Et c'est enfin de la pure déception qui se dépeint sur son visage lorsqu'elle se rappelle qui la femme qui prend soin d'elle n'est pas celle qui avait pourtant juré d'être toujours là, à ses côtés. « Maeve... » Le temps semble retrouver sa cohérence et elle se rappelle des circonstances qui l'ont menée ici et la doc, à s'occuper d'elle. Ainsi que les mots qu'elle lui a adressés sur le chemin. « On doit toujours s'battre en duel ! » Un maigre sourire se dessine sur ses lèvres puis se fait emporter par une nouvelle grimace de douleur. Même les plaisanteries lui demandent beaucoup d'efforts, en cet instant.

« Qu'est-ce qu'il a ? » Elle s'insurge par habitude. Presque pas réflexe, en fait. Comme si sa susceptibilité s'était muée en automatisme. « Mon gabarit ? » précise-t-elle. Avec difficulté et en cherchant Lucy de son regard clair, et pourtant si sombre. Elle n'est même plus certaine de savoir ce que l'infirmière lui a dit. Ni s'il s'agissait d'une insulte ou même si, en fin de compte, elle adressait à elle. Tout ceci n'a que peu d'importance lorsque un battement de coeur un peu plus prononcé que les autres amplifie l'incendie qui dévore sa main.

Maeve s'exprime à nouveau. Zelda tourne la tête de son côté et pendant quelques instants, elle semble s'oublier. Et puis la question résonne à nouveau dans son esprit. Comme un écho lointain, mais net. « Pris quoi ? » Trois, quatre ou peut-être cinq secondes s'écoulent à nouveau et il lui faut bien ce temps pour saisir le sens de la question de la doc'. « Officiellement, deux semaines... » Autant dire une éternité. Et pourtant son optimisme brute la pousse à rester consciente. « Mais June ne m'laissera pas moisir autant d'temps là-bas ! » Elle en est convaincue. Ce doigt coupé... C'est déjà une punition suffisante, pas vrai ?

Et peu à peu, la douleur s'évade. D'abord imperceptiblement. Et puis avec plus d'insistance tandis que le goutte à goutte abreuve son sang d'un doux poison. Un long soupir vient accueillir ce semblant de délivrance. Ainsi qu'un petit sourire absent. « Tu peux m'installer un truc cool ? » Ca doit être dans ses cordes, ça, non ? « Genre... Un couteau ? » Ou un tire-bouchon. Voir même un foutu stylo, s'il le faut. N'importe quoi, mais pas cet affreux vide. Ses désirs s'entrechoquent encore un peu avec la réalité. Et puis elle se redresse vivement. « Mon doigt ! » s'exclame-t-elle. « Il est où ?! » Bien sûr quelle se rappelle que Levi l'en a délesté. Mais est-ce qu'ils l'ont abandonné dans la cellule ? La panique s'empare d'elle. Et elle ne s'interroge même pas sur la pertinence de cette dernière. « Faut récupérer mon putain de doigts ! » Ca lui semble vital, absolument nécessaire. C'est un bout d'elle-même ! Et la voici qui tente à nouveau de se redresser - sans grand succès - pour quitter le lit, animée par cette mission sacrée quoique stupide. « Tu dois l'ressouder ! » Elle sait que c'est possible. Ils faisaient même ça avec des mains, avant. Et Maeve doit bien en être capable. Il le faut !


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