The Walking Dead RPG

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Le butin du diable
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Zelda Anderson
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Sujet: Re: Le butin du diable   Dim 12 Sep 2021 - 11:00
« Ah oui, quand même... »
Zelda observe la taille de cette aiguille. Et même si elle n'est pas certaine de savoir ce qu'est une péridurale, la longueur qui sépare les deux doigts de la doc' lui fait vite comprendre qu'il n'est pas dans son intérêt de se mesurer une nouvelle fois à son aînée. « Ce serait pas du gaspillage médical, ça, par hasard ? » fait-elle remarquer, taquine, se référant à cette excuse qui l'a privée de morphine quelques longues minutes plus tôt. Quoi qu'il en soit, c'est plutôt une bonne chose qu'elles arrivent à plaisanter sur le sujet. C'est la preuve que suffisamment d'eau semble avoir coulé sous les ponts. Couplé au fait que Maeve vient tout de même de s'occuper d'elle avec professionnalisme, et même douceur.

Le rire de l'adolescente raisonne enfin lorsque son interlocutrice ne se laisse pas corrompre. Il est bref, dénué de l'éclat de l'insouciance et nimbé de douleur. Mais également révélateur d'une certaine résilience. « Vous, les docs, vous avez quand même d'la chance... » souffle-t-elle, envieuse mais pas réellement jalouse. « Vous êtes tellement précieux qu'vous n'avez pas vraiment à vous inquiéter pour votre survie ! » C'est sans doute pour cette raison que Maeve ne craint personne dans ce camp. « C'est pas l'cas d'tout l'monde... » L'australienne craint deux personnes, elle. L'une est une cheffe plus froide que les pôles. Et l'autre, un psychopathe qui vient tout juste de la délester d'un doigt... Toutefois elle a bien saisi le sens de la remarque de la doc'. Et elle ne peut qu'approuver son bon sens. Elle a plus à gagner en respectant les règles qu'en les enfreignant, oui, effectivement.

Toujours est-il que Zelda continue un peu à marcher sur des oeufs. Déjà parce que l'anti-douleur a le don de l'apaiser, mais également de brouiller un peu son esprit. Et ensuite, parce qu'elle n'a aucune raison de se montre désagréable avec Maeve mais qu'elle sait qu'elle s'exprime parfois trop directement. L'australienne sait ce qu'elle lui doit. Et elle fait de son mieux pour être agréable. C'est la moindre des choses, non ? Alors elle est plutôt soulagée lorsque son aînée lui avoue être confrontée à un certain malaise. C'est peut-être pour ça qu'elles se retrouvent maintenant à évoquer un sujet aussi étrange que la couleur des blouses médicales. « Pourquoi, d'ailleurs ? » s'étonne-t-elle quand la doc' lui explique qu'elle porte plutôt du bleu ou du vert lorsqu'elle opère. « C'est qui qui a décidé qu'les blouses devaient être d'cette couleur ? » Dans les séries médicales, c'est pareil. À croire qu'il y a un code international concernant les tenues du personnel médical. « Si tu veux mon avis, vous devriez porter des couleurs vives. Chaleureuses ! Genre de l'orange, du jaune ou du rouge ! » Déjà parce qu'elle aime bien ces teintes-là, Zelda. Mais aussi parce que oui, ça lui semble plus sympathique.

« Ouais, j'avais bien compris... » souffle-t-elle, presque amusée, lorsque Maeve lui confirme qu'elle n'obtiendra pas d'excuses pour cette histoire de gerbe. « Honnêtement ? J'ai un peu abandonné l'idée d'en obtenir. Et puis c'n'était pas d'ta faute, j'imagine, ouais... » concède-t-elle. Ce qui ne l'empêche pas, toutefois, de quitter sa main du regard pour poser ce dernier sur son interlocutrice. « T'as vraiment pas fait exprès, hein ? C'était juste... du hasard ? » Elle aimerait bien en avoir le coeur net. Ou du moins, l'entendre de la bouche de l'intéressée. Pour pouvoir clore ce chapitre une bonne fois pour toute et passer à autre chose.

Et puisqu'ils en sont aux confidences, la conversation continue de tourner autours de l'astre du sérieux. Maeve lui expose son point de vue sur leur relation, souligne leurs points communs et parle de son erreur. Celle de l'avoir trop considérée comme une enfant. Zelda ne peut pas s'empêcher de ricaner avant d'écraser une larme au coin de son regard. « Tu sais combien d'fois j'ai espéré entendre ces paroles ? » La question est bien évidemment rhétorique, et elle ne laisse guère le temps à Maeve d'y répondre. « J'en sais rien, en fait. Mais beaucoup ! » Elle vient enfin de comprendre le véritable sens de l'ironie, l'australienne. Elle tourne la tête sur l'oreiller et observe quelques instants la doc'. « Mon erreur à moi, ça a été d'me prendre pour une adulte alors que j'reste une foutue gamine... » Ses épaules s'élèvent doucement avant de s'affaler. Maeve l'éclabousse de sa maturité. Et elle, elle se rend ainsi bien compte que c'est ce qui lui fait cruellement défaut. « Tu sais quoi ? C'est plutôt à moi d'm'excuser ! » reprend-t-elle avec plus de courage. Parce qu'être adulte, c'est peut-être accepter de commettre des erreurs et faire en sorte de les corriger. « J'aurais pas dû t'gifler avec ce gant ! Et j'aurais pas du t'frapper pendant qu't'étais inconsciente, non plus. C'était con ! Et puéril ! Connement puéril ! » Ou inversément. Elle ne manque pas de qualificatifs. Et puisqu'elles ne sont que les deux dans cette pièce et que l'ambiance est bercée par leur bonne volonté et l'anti-douleur, l'instant semble se prêter au bon sens. « Alors... Ouais, j'te présente mes excuses ! » Même si elle est persuadée de faire ce qui doit être fait, l'australienne a tout de même l'impression que des aiguilles lui transpercent la langue. Et ce silence qui suit brièvement la met encore plus mal à l'aise. « Là, normalement, c'est l'moment où tu m'dis qu'tu les acceptes... » Et ainsi, l'adolescente aurait sans doute un peu moins l'impression de patauger dans la gêne...


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Maeve Wheelan
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Sujet: Re: Le butin du diable   Lun 13 Sep 2021 - 18:55
Un simple sourire énigmatique pour ponctuer sa demande, mais la chirurgienne ne surenchérit pas, passant sur la menace de l’aiguille de péridurale.
En revanche, son regard s’assombrit quand sa chance est évoquée. Si elle a longtemps pensé comme la jeune fille alitée à ses côtés, les mots de Jill lui reviennent en mémoire comme une tortueuse litanie. Certes, pour ce qui est de la place gagnée et de son utilité, elle n’a rien à redire, mais pour le reste… “Si tu penses que je suis chanceuse d' attendre que mes amis reviennent de mission pour les soigner, sachant qu’un jour, il sera forcément trop tard…” La quadragénaire ne termine pas sa phrase, laissant l’imagination de l’adolescente faire le reste. Oui, un jour, sur cette table, il y aurait une amie, son amante, ou n’importe qui de proche et elle sera aux premières loges pour assister à leur dernier souffle. Position enviable? Elle n’en était plus si certaine maintenant, surtout avec la conjoncture actuelle et cette épée de Damoclès qui ne cessait de planer au-dessus de leur tête.

Si ses pensées dérivent un court instant, elle se fait rappeler à la réalité par la question de la blondinette. “Tu n’as jamais passé douze heures dans un bloc opératoire, le regard rivé sur des boyaux ou du sang. Le vert et le bleu contrastent avec l’intensité du rouge. On a parfois besoin d’une pause et de fixer une couleur neutre pour poursuivre l’opération. Comme une remise à zéro pour la vue. C’est purement pratique, le style n’a rien à voir là-dedans” et elle hausse les épaules. Ce n’est qu’une information. Ça lui manque parfois, les heures passées sur le front, infatigable, inflexible. Mais comme dit précédemment, il n’y a que des têtes connues ici et elle ne peut envier retrouver ce genre d’instants sans envisager l’idée d’un proche allongé sur sa table d’opération. Sadique paradoxe…

Levant les yeux au ciel à la question qui suit, Maeve se revoit ce fameux jour, peut presque ressentir les crampes abdominales qui l’ont empêché d’être d’une quelconque utilité. “J’ai quarante-deux ans. J’ai passé l’âge de vomir volontairement sur les gens. D’ailleurs, ce n’est pas comme si j’avais eu un jour l’âge pour. Je me suis écroulée la seconde suivante…” Et pourquoi se justifiait-elle déjà? Ah oui, faire des efforts et tenter d’arrondir les angles avec l’australienne. Constat qui lui revient en plein visage quand la jeune fille la prend de cours et lui fait… des excuses?
Ses yeux s’ouvrent légèrement sous la surprise, et elle reste un moment interdite. Zelda Anderson? S’excuser? Elle ouvre la bouche pour répondre, se ravise, et se souvient maintenant qu’effectivement, on lui avait signifié le coup traître que lui avait donné l’adolescente une fois évanouie, qu’elle avait pourtant fini par oublier.

Laissant un sourire étirer brièvement ses lèvres, elle inspire, reposant ses yeux sur la blonde. “Excuses acceptées” finit-elle par souffler, laissant le silence s’installer de nouveau, réfléchissant à la meilleure manière de contrebalancer le fait que sa vis-à-vis se soit fustigée aussi durement. “Tu n’es plus une gosse et tu n’es pas encore entièrement une adulte. J’imagine que c’est l’entre-deux le moins enviable. Il faut jongler entre les différents interlocuteurs…” Ceux qui la voyaient encore comme une petite fille inconsciente et ceux qui attendaient sans doute trop d’elle. “J’ai eu toute une vie avant que le monde s’écroule. Le temps de me forger un caractère, de défendre mes convictions, de choisir une morale et de m’y tenir. Je n’ai eu qu’à me reconstruire et ce n’est déjà pas si mal” commence-t-elle en s’avançant un peu sur la chaise. “Toi… il faut te reconstruire et te construire, avec un panel de modèles tous plus différents les uns que les autres. Je peux comprendre que ce soit déroutant, ou que tu aies parfois l’impression de ne jamais suivre le bon cap.” Maeve n’était pas très au fait de qui s’occupait de la jeune fille à vrai dire. Elle savait simplement que ses vrais parents ne faisaient pas partie du décor mais comment s’identifier quand d’un adulte sur l’autre la morale vacillait, les opinions changeaient, l’autorité différait? Comment s’y retrouver là-dedans? L’adolescence n’était déjà pas une phase facile à apprivoiser pour tout enfant lambda dans un environnement sain. Alors dans ce chaos ambiant.

Il n’y avait pourtant pas la place pour la psychologie. Les enfants d’hier feraient les futurs soldats de demain et on oubliait parfois l’essentiel, qu’ils n’étaient que ça finalement, des gosses. Des gosses dans les mains desquelles on collait une arme en leur tapotant l’arrière du crâne pour mieux leur couper un doigt dès qu’ils s’égaraient trop loin. Voilà ce qu’ils étaient, eux, les adultes bien pensants. “Qui s’occupe de toi ici d’ailleurs?” S’intéresse soudainement la quadragénaire. Peut-être que la personne en charge voudra connaître les détails de ce qui s’est passé ici ce soir.


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Sujet: Re: Le butin du diable   Jeu 30 Sep 2021 - 6:17
« J'vois c'que tu veux dire... »
Zelda hoche d'ailleurs doucement la tête. Cette chance qu'elle évoquait, celle qu'elle prêtait à Maeve, semble soudainement être devenue bien relative. « Mourir, c'est pas si difficile. Ca doit sûrement faire mal et puis j'suppose qu'on doit ressentir des trucs vraiment pas chouettes. Genre... des regrets ? Ou d'la solitude ? » L'adolescente lève les yeux vers la doc' comme si elle s'attendait à trouver une forme de confirmation dans son regard. « Mais ouais, quand on y pense, c'est facile... » Et parfois l'australienne se demande même si la mort n'est pas une bénédiction. L'unique porte de sortie d'un monde qui n'amène plus grand chose de beau, ou de bon, dans une existence. « C'qui craint vraiment, c'est d'survivre aux autres. D'les voir tomber et continuer à avancer... » Maeve a sans aucun doute raison, oui. La vie est une malédiction. Et lorsque l'on accepte cette vérité, la perdre ne semble pas être une perspective si terrible.

« Oh, ok ! C'est étudié, alors ! » Elle n'est pas vraiment étonnée, Zelda, dans le fond. Les gens d'avant aimaient bien se préoccuper des détails, de toutes ces choses sans grande importance comme la couleur d'une blouse ou la forme d'un bâtiment. C'est un luxe qu'ils n'ont plus, aujourd'hui. Tout ce qui entoure l'adolescente, c'est l'héritage d'un monde qu'elle n'a pas réellement connu. « C'est pratique qu'ce soit pratique... » s'amuse-t-elle, un léger sourire sur les lèvres. Car dans le fond, elle n'a pas grand chose à redire sur le coloris des vêtements employés par le corps médical. Ni la force d'être trop curieuse.

Il en va de même pour les explications de la doc' au sujet de ce vomi de la discorde. Voici donc l'adolescente qui hoche à nouveau la tête. Elle se sent bête d'avoir accordé une aussi grande valeur à cet incident. Et d'avoir écouté sa fierté plutôt que sa raison. « J'te donnais un peu moins que quarante-deux balais... » souffle-t-elle simplement. « Mais c'est toujours un peu compliqué de dater les gens d'ta génération, quand on y pense. Les vieux, on voit qu'ils sont vieux. Et les jeunes, il n'y a qu'à regarder leur taille pour s'faire une idée d'leur âge. Mais entre deux, putain, c'est l'foutoir ! » Et c'est à ce moment que l'australienne se rend compte que la discussion devient peut-être un peu trop triviale. Et dénuée d'un réel intérêt. Mais entre les calmants, la fatigue et le choc de l'amputation, tenir une discussion réellement sensée est pour le moins compliqué.

Pourtant Zelda s'accroche encore à l'instant, à ce fil sur lequel elle se tient en équilibre et qui la suspend au-dessus d'une semi-inconscience. Une ondée de culpabilité et de reconnaissance l'encourage à présenter ses excuses. Ce n'est pas facile. Et ce n'est que lorsque la doc' lui indique qu'elles sont acceptées qu'elle s'autorise à lâcher un petit soupir soulagé. Elle vient d'améliorer un peu les choses. Et les victoires, même infimes, lui semblent plutôt rares ces temps-ci. « Merci... » lâche-t-elle timidement, armée d'un sourire crispé. Et puis elle hésite. Elle observe Maeve un instant tout en se demandant si elle peut se confier. Car cette femme semble avoir compris bien des choses. « Tu sais... Avant la Chute, mes parents ou même mes profs ont tout fait pour que j'devienne quelqu'un d'chouette. On m'a dit que j'devais pas mentir, que j'devais pas envier les autres et puis surtout, ne pas leur faire c'que j'aimerais pas qu'on m'fasse. À faire la distinction entre l'bien et l'mal, et à toujours opter pour l'premier. »  explique-t-elle, faisant écho aux propos de son interlocutrice. « Et puis l'monde s'écroule, les morts s'relèvent et on m'dit que j'dois changer et oublier tout c'qu'on m'a appris. Que j'dois oublier les anciennes règles et m'habituer aux nouvelles ! » La gorge de l'adolescente se noue et son regard s'inonde un peu. Elle essaie de retenir ses larmes mais il semblerait que ce soit déjà trop tard. « Sauf que... » Un sanglot la coupe dans son élan et lui brûle la trachée. « Sauf que ces nouvelles règles sont dures. Elles sont... » Ses épaules s'élèvent brièvement avant de s'affaisser. Zelda ne trouve pas le mot adéquat.

Et à défaut, elle préfère simplement chasser ses larmes de sa main valide et observer un coin d'un plafond. Comme pour y trouver le calme. « Alors tu vois, Maeve... J'ai d'la peine à virevolter dans tout ça. J'trouve plus mes limites. J'vois même plus vraiment vraiment de différence entre l'fait d'buter un ennemi et celui d'éventrer une femme enceinte qui habite dans ma propre raison. Et c'qui m'fait peur - non, ce qui me terrorise - c'est que j'éprouve exactement la même chose quand j'fais l'un ou l'autre... » Ce regard de désespoir que l'australienne pose sur Maeve, bien peu ont eu l'occasion de le voir. Plus depuis longtemps, en tout cas. « Rien ! » indique-t-elle. « Absolument rien ! » Ses regrets pour l'acte qui lui a valu son amputation n'étaient même pas purs. Ils n'étaient motivés que par l'égoïsme et la crainte des conséquences. « C'est pas normal ! » Et elle s'en rend bien compte. Ce qu'elle ignore, en revanche, c'est la façon dont elle peut s'en sortir.

La question suivante de la doc lui arrache un ricanement nerveux. Il lui arrache d'autres larmes, dues à une douleur qu'aucun médicament ou aucune intervention chirurgicale ne peut apaiser. Qui s'occupe d'elle ? « J'en sais rien... » L'australienne expire et hausse les épaules. « Clay' m'a foutue dehors. Ela est morte et Ka' doit faire face aux mêmes problèmes que moi. Roza n'a jamais vraiment compris que j'avais besoin d'elle. Et June...  » Elle lève difficilement sa main pour exposer sa main bandée. « Ben j'crois pas qu'on peut vraiment dire qu'elle prenne soin d'moi, hein ? » La voici qui écrase d'autres larmes. Elle pensait leur flot tari, et qu'elle n'exposerait jamais une aussi grande faiblesse à quelqu'un d'autre que Ka'. « Putain, fais chier ! » maugrée-t-elle. Cette faiblesse, elle la déteste. Et pourtant elle est bien obligée d'accepter sa présence. « Et toi ? C'est qui qui s'occupe de toi ? » questionne-t-elle en retour, un sourire artificiel sur les lèvres. Une question stupide, qui n'a d'autre vocation que celle de détourner l'attention. De toute façon Maeve n'a pas de solution miracle à son problème, n'est-ce pas ?


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Sujet: Re: Le butin du diable   Dim 3 Oct 2021 - 14:26
La mort. Elle avait cru la frôler, quelque temps plus tôt. Seulement cru. Le vaccin avait fait son œuvre, la préservant de cette ultime épreuve. Ça ne rendait pas les souvenirs moins marquants ou les sensations moins percutantes. Maeve se souvient de la peur, de cette oppressante impression d’inachevé. Oui, il y avait eu des regrets, un peu trop nombreux. Mais l’honnêteté n’avait pas que du bon, et quoi qu’on en pense, la vérité n’était pas toujours bonne à dire. Alors elle ne prend pas son exemple pour une généralité et préfère se raccrocher à la science, c’est après tout ce qui l’a porté toute sa vie. “Même quand ton corps lâche, que ton cœur cesse de battre, que tes poumons arrêtent de chercher l’air, tes neurones restent encore actifs cinq minutes. Cinq courtes minutes où l’électricité court encore dans ton cerveau qui sécrète la même molécule que celle des rêves.” Peut-être que ça avait quelque chose de réconfortant? Peut-être pas. La sensibilité de chacun restait différente. “Il n’y a pas de peur, pas de regrets, juste un rêve qui se prolongera jusqu’à la fin. Un dernier rêve qui met fin aux autres.” Voilà une vision de la mort moins romanesque que les grands guerriers tombant sur le champ de bataille dans une dernière réplique héroïque mais moins dramatique que ce que tous les livres ont jamais dépeint au cours des siècles.

Levant les yeux au ciel quant à son âge, la chirurgienne se félicite de n’avoir jamais fait partie de ces femmes dont chaque nouvelle ride les pousse à une angoisse extrême. Et c’est plutôt flatteur de se voir rajeunir alors qu’elle le sait, elle fait nettement plus que son âge après cinq ans de cette vie. “J’imagine que je préfère être dans le foutoir plutôt qu’on me catalogue directement comme vieille…” se contente-t-elle donc de répondre, un mince sourire en coin.

L’adolescente digresse, se confie un peu plus sur sa vie et sa vision de celle-ci, peut-être portée par l’effet du médicament, peut-être parce que le choc confère à Maeve une aura de confiance nouvelle. Sans doute parce que Zelda n’a qu’elle en cet instant. Les raisons sont nombreuses mais ça n’empêche pas la quadragénaire de lui prêter une oreille attentive, sans la couper. Ce serait prendre le risque de la voir se refermer dans sa coquille, de ne plus pouvoir l’atteindre. Absorber les doutes, les failles, les regrets, les problèmes des autres, sans plus parvenir à seulement les laisser glisser. La doc le sait, elle encaisse trop, emmagasine sans pouvoir extérioriser, en sachant pertinemment qu’un jour, ce sera la goutte de trop. Mais quel autre choix? Simplement fermer les yeux pour se préserver? Ce n’était pas elle, et depuis la morsure, Maeve commençait tout juste à appréhender réellement ce qu’elle désirait et surtout, ne voulait plus.
Alors elle écoute, tente de faire le tri à la place de la jeune fille qui semble perdue dans ce fouilli de modèles, d’autorité, de conseils contradictoires. Fronçant les sourcils quand il est question de… Misha? C’est en tout cas ce qu’elle devine entre les lignes, se forçant à refluer le jugement qui menace de poindre. Pas maintenant. Ce n’est pas son rôle. “Peut-être que tu prends le problème à l’envers” commence la toubib en cherchant ses mots pour ne pas qu’ils sonnent comme moralisateurs ou porteurs de la vérité absolue. Spoiler, elle ne l’avait pas. “On t’a appris à être un soldat, à voir tout ce qui n’est pas Fort Ward comme l’ennemi et à ne pas te sentir coupable de tuer. Dans ton développement, il est normal de se perdre et de… comment dire… extérioriser cette normalité à des comportements extrêmes pour les justifier.” Qui blâmer? Quand on mettait une arme dans les mains d’une gosse en lui autorisant à tuer sans remords, en lui martelant la tête d’idées radicales jusqu’à ce qu’elle devienne son crédo sans se soucier des dommages que ça peut faire et la punir quand cette mentalité est déjà trop ancrée pour être saine. “Tu as appris à ne rien ressentir pour l’ennemi, tu as développé ça inconsciemment à tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec toi ou contre toi. Or, nous sommes tous le méchant de quelqu’un. Il y a des tas de gens à l’extérieur qui voit les Remnants comme nous voyons New Eden. Qui dit vrai? Quelle vision est la plus juste? En quoi le fait qu’on veuille nous nuire est moins justifiable que ce qu’on fait à d’autres? Personne n’est ni bon ou mauvais. Pas avant, pas maintenant. Je ne dis pas que les têtes pensantes de New Eden ne doivent pas être éliminées, juste que les soldats que tu rencontres en pleine bataille défendent les mêmes choses que toi, dans un camp différent. Ne rien ressentir pour eux, c’est aussi leur donner raison sur tout ce qu’ils pourraient nous faire subir.” Ça ne voulait pas dire les pleurer ou hésiter à tirer, juste leur rendre leur condition humaine et par ricochet, commencer à  éprouver de l’empathie pour ses semblables. “Tu n’as pas à choisir entre les enseignements de tes parents ou ceux qu’on t’a donnés ici. Ce serait renier tout ce que tu as vécu avant avec eux. Tu dois juste apprendre à trouver l’équilibre entre les deux et, le plus important, ne pas penser qu’une seule personne détient la bonne méthode. June n’a pas d’enfant et clairement pas d’instinct maternel. Elle a besoin de soldats, pas d’une fille, et, la plupart du temps, pas non plus d’amis. Je la respecte pour ses idées, pour ce qu’elle fait ici, pour le rôle qu’elle a pris et que personne ne pourrait endosser mieux qu’elle, mais sa parole n’est pas d’or et s’il faut lui dire merde, et bien soit!” Sans doute plus facile à dire pour elle qui n’avait jamais craint leur leader et n’hésitait pas à dire tout haut sa façon de penser. Mais les faits restaient les mêmes. La craindre était lui donner trop d’importance et lui donner indirectement raison, et c’était tout simplement hors de question.

Laissant l’adolescente sécher ses larmes sans chercher à la réconforter, son propre instinct maternel peu développé, elle se contente d’un mouvement de la main pour effacer ses pseudos excuses. Maeve ne pouvait guère la blâmer de craquer quand elle-même semblait être à fleur de peau et susceptible de vriller pour la moindre broutille.

Jusqu’à ce que la question lui soit retournée et la laisse coite. Ouvrant la bouche à plusieurs reprises dans une réponse qui ne vient pas, elle finit par la refermer. Celle-ci devrait se formuler rapidement mais plus la doc cherche et moins cette dernière lui semble évidente. “Je…il y a…” Qui au juste? Arizona? Qui la plaçait sur un piédestal et finissait par s’oublier malgré les nombreux conseils de la toubib en ce sens? Qui ne semblait pas vouloir sortir de ce schéma même s’il la rendait malheureuse? Jill, seulement par intérim. Quand d’autres bras ou d’autres cuisses n’étaient pas disponibles que celles de la canadienne s’offraient trop facilement? Oui, la flic était une bouffée d’oxygène et sa cadette savait lire en elle mieux que quiconque ici, mais sans la comprendre non plus. Elle, qui prônait la simplicité et la complète honnêteté sans se rendre compte que la contradiction des deux, avec Maeve, n’était pas viable. Sarah? Pendant une soirée où la jeune femme lui avait tendu la main pour la sortir de sa dépression. Mais qui sur le long terme?
Ses yeux cherchent la réponse au sol tandis que la constatation tombe. Elle écoutait les problèmes des autres, les absorbait, refermait les plaies, tentait de soigner les maux psychiques sans être psy, mais une fois la blouse tombée, personne ne prenait vraiment soin d’elle. Pas comme elle le voudrait. “Je suppose que c’est le problème à passer sa vie à prendre soin des autres, personne ne prend soin de nous, ou pas comme on le mériterait…” Et le méritait-elle vraiment.


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Sujet: Re: Le butin du diable   Jeu 14 Oct 2021 - 7:47
« Et ça marche aussi si on s'fait bouffer par des rôdeurs, ça ? »
Zelda trouve cette idée des rêves vraiment plaisante. Et puis poétique, aussi. L'idée de mourir en rêvant séduirait n'importe qui. Et franchement, l'australienne a envie d'être convaincue. Pourtant, quelque part, elle doute que la mort puisse être agréable. Mais Maeve est médecin. Et à ce titre, elle est sans doute la plus calée des deux sur le sujet... « C'est quand même bien foutu un corps humain quand on y pense, hein ! » souffle l'adolescente, prise d'un certain vertige face à toutes ces choses qui la dépassent. Que ce soit l'effet des calmants, de la fatigue ou de ce choc qui continue à la faire doucement trembler, la patiente ne peut que s'émerveiller face à la complexité de la nature. « Mais... Maeve ? » l'interpelle-t-elle en faisant glisser son regard dans sa direction. « Tu crois que c'dernier rêve peut s'transformer en cauchemar, toi ? » C'est ce que font parfois les rêves conventionnels. Et même la réalité.

Un sourire amusé vient ensuite se dessiner sur les lèvres de l'adolescente lorsqu'elles en viennent à évoquer l'âge de la doc. Et que cette dernière précise qu'elle préfère être dans le foutoir qu'être vieille. L'australienne hoche la tête. « J'pense que t'as raison, ouais ! » ne peut-elle que confirmer. La vieillesse, c'est quelque chose qui fait presque plus peur que la mort quand on y pense. Peut-être parce que l'on erre déjà dans son antichambre ?

Et puis sans trop savoir pourquoi ou même comment, l'émotion commence à la submerger. Zelda éprouve ce désir presque impérieux d'exprimer ce qu'elle ressent. Les mots ont besoin de sortir. Alors c'est précisément ce qu'ils font.  Plus elle parle, plus elle se dévoile et plus elle se sent apaisée. Et faible. Mais qu'importe ! D'autant plus que Maeve a le bon goût de ne pas se moquer. L'australienne a même l'impression qu'elle comprend le problème. La réponse qu'elle y apporte, en tout cas, a le mérite de guider sa patiente vers une nouvelle forme de réflexion. Cette dernière s'accorde quelques instants, le regard perdu dans le vague. La doc vient de lui offrir une nouvelle vision, une perspective différente.

Mais si l'adolescente est parvenue à déballer ce qu'elle avait sur le coeur, elle a l'esprit sans doute un peu trop embrumé pour réfléchir posément à un sujet aussi complexe. L'avantage, c'est qu'elle aura le temps de réfléchir à tout ça en prison. « Mais franchement, qui serait assez bête pour dire merde à la Boss ? » demande-t-elle d'une petite voix, quelques longues secondes plus tard, avant de lâcher un rire fatigué et d'essuyer négligemment ses larmes. Son sourire disparaît, remplacé par un regard vide, perdu. « Elle tient à moi... » souffle-t-elle. « June ! J'sais qu'elle tient à moi ! » Elle a besoin de se raccrocher à cette idée. Parce que June lui semble essentielle. Pour le camp, bien sûr, mais aussi pour elle. Les yeux de l'australienne se posent sur la doc comme pour mieux la supplier de ne pas la contredire. De la laisser rêver, de lui accorder le droit de se reposer sur l'une des rares branches qui soutiennent encore son existence.

Aussi est-elle presque soulagée lorsque la discussion dévie un peu, sur son impulsion. Zelda a d'ailleurs honte de s'engouffrer dans ce semblant de brèche que lui offre la doc. Car oui, elle a bien remarqué que sa question l'avait déstabilisée. Et peut-être même réveillé des maux qu'elle aurait préféré garder assoupis. Oui, l'hésitation de Maeve lui semble assez révélatrice. Et au final l'adolescente préfère se concentrer sur le trouble de son aînée que sur les siens. Pas par empathie. Mais plutôt à cause d'un égoïsme qui lui semble sain, et humain. « Quoi ?! Tu vas quand même pas m'dire que t'es seule, si ? » Si un homme - ou une femme - n'embellit pas sa vie, Zelda refuse pourtant de croire qu'elle n'a pas d'amis. Sa question, posée innocemment, semble d'ailleurs prouver qu'elle ne s'attendait pas une réponse négative. Et c'est pourtant précisément ce qu'elle obtient.

Étonnée, la patiente lâche un petit « Oh... » désolé et garde le silence quelques instants. Elle ne sait pas trop si elle doit poursuivre sur cette voie et pousser Maeve à se confier davantage. Après tout c'est ce qu'elle a fait quelques instants plus tôt, elle. Elle suppose qu'elle mérite une forme de réciprocité. Mais d'un autre côté et quoi que les gens puissent en penser, Zelda est dotée d'un coeur. Et ce dernier refuse d'abandonner la femme qui a pris soin d'elle dans la morosité. « J'ai l'impression que c'est l'moment où j'suis sensée te demander si tu veux en parler, là, non ? » reprend-t-elle avec une légèreté feinte. L'adolescente se tourne sur le flanc et observe la doc avec plus d'attention. « Et où tu m'réponds que non, t'en as pas besoin. Par politesse ou par peur de déranger. Ou même par gêne, qui sait ? » Elle hausse faiblement les épaules puis décoche un petit sourire à son aînée. « Sauf que j'suis chiante ! Et qu'on sait toutes les deux que j'vais insister ! » Bon, bien sûr, la doc pourrait la renvoyer en taule. Mais Zelda s'est bien rendue compte que Maeve ne pas le monstre qu'elle imaginait.

« Bref ! On va quand même faire les choses dans l'ordre ! » Sa verve retrouvée, l'adolescente ne laisse guère le temps à l'intéressée de répondre avant d'enchaîner. Non sans s'être auparavant râclé la gorge d'un air presque impérieux. « Maeve ? Tu veux bien t'confier un peu sur ce grand vide qu'il semble y avoir dans ta vie ? » La question est posée d'une voix douce, encourageante. C'est du moins l'état d'esprit qui habite l'australienne. « Et tant qu'à faire, m'dire si t'as quelque chose contre les mecs qui viennent d'une classe sociale inférieure à la tienne ? Comme les bûcherons, par exemple ? » À tout hasard, hein, évidemment. Ce n'est pas non plus comme si elle avait dans l'idée de lui refourguer Jeremiah... « Putain ! » s'exclame-t-elle finalement en prenant conscience d'une chose. « J'ai l'impression d'me retrouver dans une sorte de groupe d'parole, tu sais ? Genre alcooliques anonymes ou j'sais pas... » Mais c'est plutôt chouette, quand on y pense, non ?


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Maeve Wheelan
Maeve Wheelan
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Sujet: Re: Le butin du diable   Ven 22 Oct 2021 - 16:40
La question en soulève une dizaine d’autres dans l’esprit de la quadragénaire et son regard s’abaisse une nouvelle fois sur le morceau de tissu qui recouvre la cicatrice à son avant-bras. La scène flotte plus ou moins sans interruption dans ses songes, polluant le reste de ses pensées avec entêtement et pourtant, elle doit bien avouer qu’aucun rêve n’est venu la visiter durant cet épisode. Seulement la peur et la douleur, l’obscurité de ce couloir, les coups de feu et l’odeur de poudre, le doute. Sa vie n’a pas défilé devant ses yeux et encore moins les souvenirs les plus beaux. La science et la biologie auraient-elles trouvé leur limite dans ce chaos général? Mais comment l’avouer à la jeune fille qui lui pose la question? Comment revenir sur sa parole et sa volonté de la réconforter? Zelda n’a pas besoin d’entendre tout ça, il y a déjà trop de noirceur dans sa vie et dans sa tête, une vision erronée et ma foi très minimaliste des choses. Comme s’il n’existait que deux alternatives à tout le panel d’émotions censé habiter l’humain. “Ça marche dès que le cerveau est le seul maître à bord. Mais je crois à la faculté de contrôler de dernier songe. Qui voudrait que sa dernière pensée soit un cauchemar? Je suis convaincue que l’on peut choisir quelle vision sera la dernière” assure-t-elle dans un faible sourire, possiblement autant pour se convaincre elle-même de la chose. Elle en a besoin, tout autant que l’ado allongée sur le lit. La seule différence entre elles finalement était la capacité de retenue de Maeve, ni plus, ni moins. Et cette constatation ne fait que l’enfoncer un peu plus dans le brouillard duquel elle cherche à sortir depuis quelque temps déjà. Pourtant, chaque fois qu’elle espère s’en extirper, il lui semble devenir un peu plus épais.

Le sujet change, les réactions aussi. La doc laisse le temps à l’australienne d’essuyer les sillons humides souvent symboles de faiblesse dans ce nouveau monde. C’est probablement comme ça que le verra la blondinette en tout cas, loin d’une façon saine d’extérioriser ce qui peut la ronger, là, à l’intérieur. La toubib n’a même plus la force pour les larmes, elle en a tari le stock lors de sa dernières crise existentielle. Ce serait plus salutaire que le chemin qu’elle est en train d’emprunter, sans doute, assurément. Mais elle s’obstine, têtue qu’elle est.

Qui serait assez bête pour dire merde à la cheffe? “Moi, plus d’une fois. Pas forcément en ces termes mais je crois au pouvoir de la contestation.” June n’avait jamais semblé lui en tenir rigueur d’ailleurs, ou peut-être qu’elle appréciait justement que quelqu’un ose lui tenir tête. Il y avait toujours eu un profond respect entre elles à défaut d’autre chose. D’autres se chargeaient de toute façon de lui lécher les bottes, son ego s’en trouverait donc sauf. Et parce que la jeune fille est visiblement plus touchée par cet aspect de son discours, Maeve se sent obligée de le modérer et d’arrondir les angles. “Je n’ai pas dit qu’elle n’était pas capable d’affection. Juste que tu ne devrais pas attendre d’elle plus que ce qu’elle a à offrir.” Ou elle tomberait de haut. De trop haut après tout ce qu’elle avait vécu. Et qui la ramasserait à la petite cuillère, après toute l’inimitié qu’elle a su inspirer? Dans quelle nouvelle dérive glisserait-elle?

Malheureusement pour elle le sujet se recentre sur sa personne et la quadragénaire n’a pas vraiment l’opportunité d’interrompre la jeune fille pour stopper le train en marche. “Non, je ne suis pas seule…” Peu importe le sens intime ou amical donné à cette phrase, c’était plutôt un sentiment de solitude plus qu’un fait avéré. Mais comment se confier quand la première refusait ce genre d’échanges et n’aimait pas les ambiances trop pesantes et quand la seconde méritait tout sauf un nouveau drame? Quelque part, elle apprécie la démarche de l’adolescente, mais sait très bien que ça ne donnera rien. D’abord, parce qu’il lui est trop difficile de se confier, ensuite parce que c’est la première vraie conversation qu’elles partagent et qu’elle n’a pas confiance en Zelda pour garde tout ce qu’elle pourrait lui dire pour elle et enfin parce qu’elles ont étrangement bien trop de proches en commun et que les histoires sont déjà bien trop emmêlées dans sa vie. Et puis, si elle en venait à se confier à une gosse de seize ans, qu’est-ce que ça disait sur elle?...

Coupée dans toutes ses pensées par une question plus déroutante que les autres, Maeve fronce les sourcils. Une classe sociale inférieure à la sienne? Elle la prend pour quoi? Une aristocrate? Un rire amusé passe ses lèvres, fugace et elle le ravale rapidement. “J’ai grandi dans un milieu ouvrier tu sais alors non, je n’ai rien contre les bûcherons mais je crois voir où cette conversation se dirige et je n’irai pas avec toi sur ce chemin. Je… je ne suis pas libre de toute façon” histoire de clore le sujet. Si elle l’était plus ou moins avec le refus d’exclusivité de Jill, son cœur, lui, ne l’était définitivement pas. Et parce la Canadienne refuse de s’épancher plus longtemps sur ses problèmes ou sa vie personnelle, pas après tout ça, elle se redresse sur sa chaise, vérifiant la perfusion et l’heure à sa montre. “Tu devrais profiter des effets des médicaments et t’autoriser quelques heures de sommeil. Je suis au bout du couloir si tu as besoin, et souviens-toi que je viendrai te voir demain et tous les deux jours pour changer ton pansement.” C’est une affirmation et une promesse.

Laissant sa main se refermer doucement sur le poignet de l’adolescente, son pouce venant caresser sa peau pour la rassurer, la doc se redresse. Elle n’a jamais été douée avec les enfants, encore moins une fois l’âge de raison passer, et moins encore avec les ados. Gênée, ne sachant comment couper court à tout ce déballage émotionnel, pour elles deux ni comment appréhender ce changement radical dans leur relation, Maeve finit par se pencher et poser un baiser sur le sommet de son crâne. Trop mal à l’aise pour oser croiser le regard de la jeune fille, elle réitère sa promesse d’être là pour elle durant le temps de son incarcération et s’éclipse lentement de la chambre pour la laisser dormir et trouver un peu de repos avant qu’on la ramène en cellule.


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