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Ordeal of a queen | Ela
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Sujet: Ordeal of a queen | Ela   Jeu 22 Avr 2021 - 16:37


Ordeal of a queen

Le trajet t’a semblé interminable. Ciselée par la douleur, l’angoisse chevillée au corps, tu n’as vu que l’arrière d’un van, pendant ce qui a été des jours. Rafistolée autant que possible, tu es cassée, épuisée, fragile et vulnérable. Pas d’armes, pas le moindre objet, pieds et poings liés en permanence. Tu n’as jamais vu que ton geôlier. Un homme à la carrure impressionnante, au visage dur et aux yeux de pierre. Il ne t’a jamais touchée, alors que tu aurais pu le craindre, alors qu’il aurait pu en profiter pendant toutes ces longues heures à deux. Mais non, vos seuls contacts ont été quand il te nourrissait ou quand il te sortait du véhicule pour que tu puisses faire des besoins. Sous surveillance, bien sûr. Quand tu n’étais pas enfermée, il ne te quittait pas des yeux une seconde. Sans aucun respect pour ton intimité, sans t’adresser la parole ni répondre à aucune de tes questions. Et pourtant, ton calvaire ne faisait que commencer…


22 avril 2021 •


Deux jours que tu es dans cette cellule. Des murs de béton, une porte d’acier et aucune fenêtre. Il n’y a pas la moindre ouverture, pas une once de lumière extérieure, de sorte que tu ne peux jamais savoir qu’elle heure il est. Tu es nue, dépouillée jusqu’à tes vêtements, jusqu’au moindre bijou. Tout t’a été enlevé, tout t’a été arraché. Il ne te reste plus que ta dignité, dans la ligne de mire des prochaines attaques. Deux jours que tu es ici et que tu n’as vu personne. Sans nourriture, sans matelas, avec un simple bol d’eau et un seau pour tes besoins impérieux. Appelle, on ne te répondra pas. Cogne les murs, tu ne feras que t’écorcher les mains. Cris, tu seras ton seul public. Tu es seule ici, Ela. Seule, fragile et vulnérable. Prisonnière de guerre comme on dit… mais tu aurais peut-être préféré être morte.
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Ela Amrani
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Sujet: Re: Ordeal of a queen | Ela   Ven 23 Avr 2021 - 21:51
Dès l’instant où l’un des médecins lui avait pris le collier qui portait vos alliances, Ela s’était éteinte. Sa main avait cherché à se tendre pour reprendre le trésor volé, avant que l’on ne la rejette sèchement. Les mots s’étaient asséchés dans sa gorge. La douleur tordait son corps qu’ils se permirent de dévêtir pour quelques soins sommaires. Ils la voulaient en vie. Elle se fige alors que le froid s’insinue dans chaque parcelle de son corps, ne laissant plus que le cœur battre et battre encore – si fort – à cause de cette peur qui lui prenait le ventre. Une peur qu’elle devait taire, qu’elle devait cacher, même si les battements affolés du palpitant la trahissaient. Figée, éteinte. Elle devait se préparer. Mais à quoi ? Elle n’était pas prête à ça. Il n’avait jamais été question de survivre à tout ça alors, qu’est-ce qui arrivait ensuite ?

Le trajet fut long et difficile. Les repères s’effacent les uns après les autres : elle ne voit rien, ne ressent rien et chaque bref arrêt ne lui permet pas de savoir où elle va, dans quelle direction. Puis il y a cette présence et ce regard froid posé sur elle – constamment. Un regard auquel elle ne peut se soustraire qu’en lui tournant le dos, ou baisser son regard car lui ne la lâchera pas. Il la nourrissait cependant, veillait à ce que son état ne se dégrade pas. Mais il n’y eu aucune parole. Aucun contact. L’israélienne ne posait aucune question, ne tenta aucune sortie – elle n’aurait pas été bien loin, de toute façon. Elle restait tétanisée par la crainte … et le renoncement. Ils la voulaient en vie. Mais comment ? Combien de temps ? Le pourquoi, elle s’en doutait légèrement. Et c’était bien ce qu’elle craignait le plus. Allait-elle mettre les siens en danger, ou parviendrait-elle à garder le silence, jusqu’à ce que son âme puisse retrouver la tienne ? Plus que jamais, ta présence l’épaulait. Jusque dans la pénombre du van, tu étais là, à lui souffler d’être forte. Mais entre survivre et mourir, son cœur hésitait. Le choix n’était pas aussi facile qu’il paraissait, les opportunités encore moindre. Une fois, cependant, elle regarda l’arme que son geôlier portait à la ceinture en se disant que peut-être, dans un geste désespéré, il serait forcé de l’abattre. Elle eut quelques secondes, une hésitation mais… elle n’y parvint pas. L’espoir faisait encore battre son cœur. Pour combien de temps encore ?

22 avril 2021.

Deux jours. Une semaine, ou même une heure. Elle ne savait pas. La nuit, le jour devenait un concept abstrait. Le froid et la faim, un mal qui la rongeait jusque dans ses os. L’israélienne se tient assise sur ses genoux abîmés, le dos tenu si droit qu’on la penserait retenue par un fils invisible. Dépouillée de ses biens matériels, elle ne porte plus sur le dos qu’une dignité encore obstinément défendue, là où la pudeur n’a plus de raison d’être. Ses mains posées sur ses cuisses portent les stigmates de tentatives à trouver une issue. Ses phalanges quelque peu abîmées, à cause de cette angoisse l’a prise il y a quelques heures et qui l’a poussé à frapper vainement, contre les murs de cette cellule. La gorge est un peu enrouée, à cause de l’attente qui lui avait fait perdre pieds. Un jour, une heure ou une semaine. Elle ne savait plus vraiment. Puis était venue cette forme de renoncement. Les battements de son cœur s’étaient apaisés, ses idées revenues à leur place. La dignité repeinte sur ses traits. Ils lui avaient tout enlevé, jusqu’au moindre vêtement. Et si cet état l’avait rendue malade, elle ne pouvait plus subir cette pudeur qui la fragilisait. Elle n’avait plus aucun sens, aucune légitimité. Vulnérable et fragile, ils l’avaient voulue ainsi. Ils ne pouvaient savoir à quel point ce geste l’affectait… ou peut-être que si. Mais l’israélienne avait encore quelques ressources, une force intérieure qui pouvait l’aider à redresser la tête. Les émotions n’avaient plus leur place, présentement. Elle les enferma une à une dans des boites scellées dans son esprit. Elle érigeait des murs autour d’elle, et détachait son cœur de son corps, comme elle l’avait souvent fait à Fort Ward. Quelques semaines auparavant, sa fille lui reprochait de constamment dresser des murs entre elle et les autres, empêchant les siens de l’atteindre et de se rapprocher. Pour elle, Ela avait commencé à percer des brèches. A laisser son cœur parler, un peu plus souvent. Mais ce n’était pas de cet Ela là qu’elle avait besoin présentement. Il lui fallait celle, éteinte, qui ne gardait plus ses émotions que pour ceux qui n’étaient plus. Ces murs allaient devoir être solides si elle ne voulait pas voir son esprit s’étioler en mille morceaux sur ce qui l’attendait ensuite.

Elle mentirait si elle affirmait ne pas avoir peur. Pour elle, pour les siens. Mais la dignité la parait si bien. Son visage dans son immobilisme semblait ciselé dans le marbre, ses paupières étaient hermétiquement closes et les traits fins de sa silhouette nue ressortaient sous la lumière crue de la cellule. La ligne de ses épaules était droite, le menton à peine baissé dans une attitude de recueillement. Le souffle était encore mesuré, et les battements de son cœur, un son réconfortant dans sa poitrine. Deux jours, une semaine ou bien une heure. Combien de temps attendrait-elle encore ?
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Sujet: Re: Ordeal of a queen | Ela   Sam 24 Avr 2021 - 2:02
Ordeal of a queen

Tu n’as aucun moyen de le savoir, mais c’est le matin du troisième jour que grince la serrure de ta cellule et que la porte s’ouvre. La lumière blanche du couloir s’engouffre violemment, se jette sur ta silhouette nue et amaigrie. Elle t’aveugle, agresse des pupilles habituées aux ténèbres, traumatise tes nerfs optiques. Tu ne distingues alors pas vraiment combien de personnes sont là, tu devines à leurs pas lourd qu’ils sont au moins trois. Ta posture digne déjà mise à mal, tu cherches encore à reprendre tes esprits quand tu es saisi par une gerbe d’eau glacée. Ta respiration se coupe, ta chair prend feu, te faisant momentanément oublier l’acide qui ronge ton estomac. Tu n’as pas encaissé le premier assaut que tu es aspergée une seconde fois. Sans pitié.

- Mange, grogne une voix.

Et les pas s’éloignent, te laissant seule dans le noir. Tu peux prendre le temps dont tu as besoin pour te remettre, car personne ne revient et tu peux rapidement oublier l’espoir d’avoir une serviette ou des vêtements. Tu restes là, trempée, dans cette cellule froide. Et en tâtonnant, tu pourras trouver un objet qui n’était pas là avant : une espèce de gamelle. A l’intérieur, une maigre portion de ce que tu reconnaîtras, à l’odeur, comme des croquettes pour chien. Elles sont sèches et le parfum qu’elles dégagent ne fait pas envie. Mais… c’est visiblement tout ce que tu auras à manger.
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Ela Amrani
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Sujet: Re: Ordeal of a queen | Ela   Mer 28 Avr 2021 - 15:57
Un noir absolument règne dans cette pièce dont elle a cessé d’explorer les moindres recoins, les moindres aspérités. Quand elle avait cessé d’espérer trouver une échappatoire, elle s’était recueillie, assise sur ses talons et avait cherché à calmer sa respiration. La perte des repères était angoissante. Il ne lui restait plus que ses oreilles pour entendre, ses mains pour toucher et le cœur pour ressentir et souffrir. Mais il n’y avait rien à entendre, et ses mains s’étaient abîmées sur les murs et le sol sur lequel elle était agenouillée.

Et puis vint ce grincement terrible qui agressa son ouïe et cette lumière incandescente qu’elle ne put soutenir. Leurs pas lourds lui parviennent, mais elle est incapable de tourner la tête pour les regarder, pas alors qu’elle sent ses pupilles incapables de faire face à cet éclat de lumière soudain. Elle n’a d’ailleurs pas le temps de s’habituer que son corps subit une nouvelle agression, lui arrachant malgré elle un cri de surprise et de douleur face à la morsure de l’eau glacée. Un cri étouffé rapidement par le traumatisme que sa peau subit. Elle tombe sur le côté, se rattrape de ses paumes sur le sol alors qu’une deuxième vague la frappe de plein fouet. Sa peau est à vif, sous elle ses mains se referment et se crispent, ses yeux se ferment à nouveau alors qu’elle empêche tout autre son de franchir ses lèvres.

Mange. C’est tout ce qu’elle aura comme parole. Et puis les pas s’éloignent et la porte se referme la rendant à l’obscurité d’où elle venait. C’est râle douloureux qui s’échappe de sa gorge alors qu’elle prend sa première vraie respiration, contenant un sanglot dans son souffle. Ses cheveux noirs lui collent au visage qu’elle dégage dans un geste tremblant. Elle est transie de froid et ses nerfs sont à vifs. Lui reste encore la colère pour se redresser et l’animer un peu. Fébrile, elle prend ses cheveux dans les mains et les tord, avant de les poser délicatement sur son épaule, ne pouvant plus ressentir la moindre goutte glacée perler sur sa peau.

Mue par la seule parole du geôlier, l’israélienne se penche et tâtonne, le menton tremblotant à cause du froid et de l’humidité qui la rongeaient de l’intérieur. Sa main cherche et trouve ; un récipient. L’instinct de survie la pousse à le prendre, à constater son poids et à l’amener à elle. Mange. Une part d’elle s’y refuse, l’autre lui rappelle l’affamement qu’elle subit depuis des heures – des jours, pour sûr. Elle plonge sa main dedans, avant d’amener la nourriture à son visage pour sentir. Pas une assiette ; une gamelle. L’odeur de croquette pour chien l’assaille et elle tremble de rage et de froid mêlés. C’est un geste de colère – loin de sa retenue habituelle – qui la prend et lui fait violemment rejeter la gamelle loin d’elle, venant buter contre la porte et renversant une partie de son contenu au sol. Elle a froid et faim, pour autant elle n’avalera rien venant d’eux – elle ne pouvait pas. Surtout pas ça.

Mordue par le froid et le cœur saignant à cause de la situation dans laquelle elle se trouvait, Ela se recroqueville sur elle-même. Elle ramène ses jambes contre elle et les entoure de ses bras, autant pour se réchauffer un peu que pour se soutenir elle-même. La colère est toujours présente, parcourt ses nerfs à vifs et réchauffant son souffle tremblant alors qu’elle pose son front sur ses genoux. L’obscurité comme amie, elle ferme à nouveau les yeux et invite son esprit à des souvenirs plus chaleureux, à ton visage et ton sourire. A tes bras qui se referment sur elle et qui l’enlacent encore une fois. Si seulement. Si seulement.  
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Sujet: Re: Ordeal of a queen | Ela   Sam 1 Mai 2021 - 14:20
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Le froid est une chose terrible. Il te donne l’impression que ta peau est transpercée de milles aiguilles qui te pénètrent jusqu’à tes os. Tu peux te draper dans ta dignité, mais ça ne te sert pas de couverture pour autant. Et avec cette sensation d’être glacée, la faim se fait encore plus terrible. Ton corps qui essaye par tous les moyens de monter sa température épuise tes réserves d’énergie. Une nouvelle journée passe et tu ne le sais même pas. Seuls les effets du manque qui s’accroit sont les témoins du temps qui file : la déprime te gagne, tu as du mal à rester éveiller, tes pensées s’enchainent péniblement. Peut-être que tu vas reconsidérer l’idée de manger tes croquettes ? Tu les as renversées, mais elles sont encore là, sur le sol.

Une journée de plus s’écoule. La faim chevillée au corps. Tu ne peux plus t’arrêter de trembler. Tu as tout ton temps pour essayer de cogiter : est-ce que tes amis pensent à toi ? June va-t-elle essayer de te faire libérer ? Est-ce que ce serait si grave de te rabaisser à manger de la nourriture canine à même le sol ? Le froid s’est maintenant logé dans ta poitrine et envahit tes poumons. Parfois, tu te mets à entendre des bruits, sans savoir s’ils sont réels ou s’ils sont dans ton crâne.

Un moment pourtant, la porte de ta cellule s’ouvre à nouveau. Pour de vrai. Même manège : tu es aveuglée par la lumière, tu reçois deux seaux d’eau glacés sans pouvoir te défendre. Il y a un temps de flottement, pendant lequel des mains viennent examiner ta blessure qui cicatrise bien – heureusement ? La même voix que la voix précédente finit par te grogner :

- Madame fait la difficile ? Personne ne rit autour de toi, bien qu’il ait l’air très amusé de sa pique, ramasse ta gamelle et mange, tu les entends s’éloigner et avant de refermer ta prison, ton geôlier s’arrête et te déclare : on te laissera pas crever de faim. Alors soit tu bouffes, sois je te les fourre dans la gorge moi-même.

La porte se referme, tu es seule. …tu n’as pas envie qu’il mette sa menace à exécution, n’est-ce pas ?
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Sujet: Re: Ordeal of a queen | Ela   Mer 5 Mai 2021 - 11:37
La faim est un monstre qui vous dévore de l’intérieur, l’estomac – acide – est lourd, c’est une sensation de gouffre à l’intérieur d’elle qui l’épuise, autant que les quelques heures où son esprit s’échappe et où elle parvient à dormir et desquelles elle se réveille encore plus mal encore, le corps tordu par la douleur, le froid et la faim. Tous ses nerfs sont à vif, il n’y a pas un seul mouvement qui ne la fasse souffrir ; physiquement et psychiquement. Si elle regarde dans la direction de cette gamelle qu’elle a envoyée contre la porte, elle ne s’y résout pas, impossible. Combien de temps cette obstination la maintiendra encore ? Le froid intense s’insinue jusque dans ses os et sa respiration devient douloureuse ; rien ne la réchauffe.

La position de recueillement est abandonnée depuis longtemps, alors qu’elle s’est finalement laissé aller contre le mur pour la soutenir encore en position assise. Entre la faim, la soif, la fatigue et le froid, il lui est difficile d’avoir des idées cohérentes. Elle te voit, assis à côté d’elle, avec cet air malheureux de celui qui n’arrive pas à aider. Elle a tendu la main pour venir saisir la tienne, mais ses doigts se sont refermés sur du vide alors que ton regard – qu’elle imaginait juste – se faisait désespéré. Tu ne pouvais l’aider, pas de là où tu es aujourd’hui. Mais si tu pouvais l’entourer de tes bras, protecteurs, recouvrir son corps nu et souffrant du tien, pour la protéger et la réchauffer, si tu pouvais… être là. Ce sera bientôt terminé. Une petite voix le lui soufflait, la tienne peut-être, Abel. Une voix qui tentait de la rassurer encore, malgré le froid et la douleur. Viendrait bien un moment où elle ne ressentirait plus rien, n’est-ce pas ? Personne ne pouvait l’aider, personne ne viendrait. Si elle eut l’espoir un instant de voir les siens venir la chercher, elle le perdait rapidement en se rappelant que personne ne savait où elle était. Peut-être même que personne ne savait qu’elle était encore en vie. L’attaque du musée avait été un réel carnage. Mais… S’ils savaient, viendraient-ils ? S’ils savaient, June viendrait-elle la chercher ? Le fol espoir de survivre lui disait que oui, tandis que l’esprit encore rationnel savait que c’était impossible.

Puis la porte de la cellule grince à nouveau, la lumière crue l’aveugle à nouveau et l’eau vient à nouveau meurtrir ses chairs, sans qu’elle ne parvienne à émettre un seul son cette fois-ci, malgré le choc pour sa peau. Ses terminaisons nerveuses sont en feu, à nouveau son souffle se coupe et la grande inspiration qu’elle prend enfin lui brûle les poumons alors qu’elle tente de se soustraire à ce châtiment. Des mains la saisissent alors, la retiennent et la touchent sans pudeur, sans précaution aucune, ils inspectent sa blessure au flanc. Elle est sans force entre leurs mains, le regard tourné ailleurs à cause du dégoût que cette situation lui inspire. Elle tremble, malgré elle. Leurs mains paraissent brûlantes au contact de sa peau glacée. C’est un autre traumatisme qui s’ajoute aux autres, l’esprit a beau être fort ; des jours sans manger, sans pouvoir se réchauffer, sans dormir, son corps ne pardonne pas. Il n’est pas taillé pour ça.

Et puis il y a cette voix grondante et cinglante. Elle lèvera un œil vers lui au moment où, refermant la porte, il déclare être prêt à lui enfoncer ces croquettes dans la gorge s’il le faut. On ne te laissera pas crever de faim. Ces mots lui font peur, en réalité. Il y a une part d’elle qui refuse, encore. L’autre qui craint que la suite ne soit pire. La raison pour laquelle ils la veulent en vie et en bonne santé la fait trembler, plus encore qu’à cause de cette douche glacée qu’elle vient de subir – encore. Elle détache un à un ses cheveux trempés qui lui collent à la peau, ses gestes sont fébriles, tremblant. Autant que ce souffle qu’elle mesure alors qu’elle a l’impression que chaque inspiration transperce ses poumons. Mécaniquement, encore, elle tord sa chevelure. Si elle avait pu, des larmes rouleraient sur ses joues.

Elle résiste longtemps contre elle-même et ses pensées qui se bousculent. Il est difficile pour une femme comme elle de se résoudre à ce genre de chose. Pourtant l’éducation et les principes n’ont pas leur place ici. Ela avait toujours vécu choyée, protégée, vivant dans un monde où tous les traitaient comme une reine, noble et sophistiquée. La chute était douloureuse. Le gouffre plus profond encore qu’elle n’imaginait. Elle lutta encore. Jusqu’à ce qu’elle finisse par quitter le coin de sa cellule dans lequel elle s’était lovée pour chercher, à tâtons, la gamelle abandonnée et son contenu répandu sur le sol.

Ses épaules étaient secouées de sanglot sans larmes, ses gestes tremblant de froid et de fatigue. A l’idée de nourriture, son estomac se tord et hurle à la pitance. Ses doigts se saisissent d’une croquette à l’odeur épouvantable qu’elle se force à ignorer néanmoins, et l’amène à sa bouche. Elle craque entre ses dents, le goût lui donne un haut-le-cœur et sa gorge peine à avaler, après autant de temps sans nourriture. La deuxième n’est pas plus facile – tout le contraire. Et très vite, elle doit s’arrêter pour ne pas vomir et laisser son estomac emmagasiner cet aliment et le digérer, un goût âpre sur la langue. Elle se sent si sale, si misérable. Elle ne tient pourtant pas à ce que ce garde exécute sa menace. Mais est-ce que ce qui l’attendait au-dehors de cette cellule était réellement mieux que ce qu’il avait suggéré de faire pour la maintenir en vie ? Elle n’avait pas la réponse. Elle ne savait en réalité même pas si elle voulait vivre, ou mourir. Son corps se mouvait en pilote automatique, alors que quelques temps après la première bouchée, l’israélienne réitéra l’expérience, faisant craquer sous ses dents les croquettes pour chien mélangées à la poussière de sa cellule, une à une. Jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus, l’estomac suffisamment comblé malgré le dégoût contre lequel elle avait dû lutter contre chaque bouchée.
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Sujet: Re: Ordeal of a queen | Ela   Mer 5 Mai 2021 - 12:08
Ordeal of a queen

Tu as fini par te nourrir alors et la faim s’apaise un peu, pour laisser la place à une forme de dégoût. Ela Amrani, femme sophistiquée dans le monde « d’avant », reine déchue de Fort Ward mais ambassadrice de valeur… te voilà dépouillée, nue et brisée, à manger ta pitance à même le sol. Comme un animal. C’est ce qu’ils veulent que tu penses : tu n’es rien ici. Et de nouvelles heures s’échappent dans le néant, deux, quatre, six, dix, tu ne sais pas. Lorsque les pas reviennent cette fois, pas de jet d’eau mais deux poignes de fer qui te saisissent les bras et te soulèvent comme si tu ne pèses rien. Tu es déjà amaigrie et tes forces sont dérisoires, alors ils te trainent plus qu’ils te guident.

Tu quittes enfin ta cellule mais la lumière t’empêche de voir distinctement où tu te trouves. Tu vois un couloir flou, flanqué d’autres portes comme la tienne, puis vous entrez dans un ascenseur. Un ascenseur fonctionnel. A la sortie, les murs sont tout aussi austère, la lumière est moins agressive et les portes ne sont plus renforcées. Tu es conduites dans une pièce que tu devines être une salle d’interrogatoire : il n’y a que deux chaises, face à face, de part et d’autre d’une table. Là où on t’assoie, il y a une paire de menotte reliée à une chaine qui passe par un anneau du plan de la table. De toute façon, une fois installée, tu as à peine la force de tenir sur son siège, alors te débattre ? Impensable.

Quelques minutes passent encore, après que tu aies été abandonnée là, et la porte s’ouvre. L’homme qui rentre présente bien : blond, la quarantaine, cheveux impeccablement coiffé et vêtements étrangement élégants. Une chemise, une blaser, un pantalon, propres et soigneusement repassés. Ses yeux d’un bleu intense se posent sur toi, pauvre créature qui grelotte, et il s’exclame aussitôt :

- Vous voulez qu’elle décède d’une pneumonie ou d’hypothermie ? Allez me chercher une couverture !

Tu entends des voix grommeler mais les interlocuteurs que tu ne vois pas semblent obéir puisque le blond s’approche en soupirant et s’assoit devant toi. Il n’y a que vous deux et dans ses prunelles, il n’y a rien de mauvais. Plutôt de la bienveillance, ou quelque chose qui y ressemble.

- Je suis navré, les gardiens sont un peu rustres ici.
- Elle le mérite largement, gronde une voix – son propriétaire vient de faire irruption avec un plaid qu’il balance sur la table, vous savez ce qu’elle a fait ?! Elle était avec de-
- Je sais parfaitement ce qu’elle a fait, c’est pour ça que je suis là, coupe froidement ton bienfaiteur, vous voulez peut-être qu’on aille en discuter avec monsieur Bahk ?
- Non… pas nécessaire…, maugrée le garde au visage buriné avant de s’en aller.

Quand il est parti, le blond vient te déposer la couverture sur les épaules. Un geste pudique, paternel, qu’il ne cherche pas à faire s’attarder. Il n’est pas de ceux là.

- Je m’appelle Ansbert Kann. Je suis là pour parler avec vous et espérer vous faire quitter cette situation, il se rassoit et sort de sa poche un dictaphone, qu’il se tient prêt à allumer, on commence par le plus simple ? Donnez-moi votre nom, prénom, date de naissance, et la raison de votre présence à Seattle quand nos hommes vous ont capturée.

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