The Walking Dead RPG

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The ones we love, the ones we hate, the ones we miss
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Kassandra Taylor
Kassandra Taylor
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Mar 30 Mar 2021 - 23:14
« Eh bah tu l’fais pas assez bien ! » qu’elle soupire d’un air fatigué alors qu’elles n’ont encore toutes les deux escaladé qu’une partie de cette grande échelle qui les sépare du centre de l’appareil. Elles l’ont échappé belle, qu’elle se dit, en se hissant davantage en hauteur à chaque soupir qu’elle lâche. Elle n’y pense pas, mais elle se sait en sécurité là-haut... loin de ces foutus chiens qui se sont jetés sur elles comme si elles étaient de gros bouts de viande. C’est certainement de cette façon qu’ils les voient, eux qui doivent certainement crever faim autant qu’elles.

Elle n’est pas en colère. C’est la fatigue, la faim mais surtout cette grande montée d’adrénaline inattendue qui la rend malade. Pour une énième fois depuis leur arrivée à Coupeville, elle a pensé le temps d’un instant se faire déchiqueter par une bande de bêtes... Mais ça n’arrivera pas. Si elles doivent mourir ce soir, ce sera d’une chute. Et c’est peut-être mieux comme ça, moins douloureux, plus rapide... Après une petite insulte destinée à leurs agresseurs qu’elle espère voir s’en aller d’ici demain matin, elle préfère économiser son souffle et continuer de se hisser en hauteur de ses mains qui se font de plus en plus moites. « J’suis sûre qu’ils ont tout compris, pourtant... ! » qu’elle lui répond en reprenant une grande bouffée d’air. Quelques frayeurs l’interpellent, elle manque de lâcher l’échelle à quelques reprises, mais c’est surtout l’envie de fuir le débit de parole insensé de Zelda qui la pousse à se dépasser.

« Nan... Pas par amour, mais par survie ! Parce que j’sais que sans toi, j’serais jamais capable de redescendre ou même de survivre, alors... C’est plutôt malin, tu trouves pas ? » prononce-t-elle d’un ton sarcastique alors qu’elle voit enfin le bout de l’échelle. Kassandra est la première à escalader le centre de l’appareil, elle aide d’ailleurs l’australienne en lui tendant gentiment la main. C’est du travail d’équipe ! « T’aimes bien ça, l’romantisme, hein ? » qu’elle lui dit alors que leurs deux mains moites viennent se croiser et que Zelda vient la rejoindre dans les airs.

Kassandra fait la pire erreur de sa vie : elle regarde en bas... et évidemment, une avalanche de vomi vient s’abattre dans les airs pour venir arroser les bestioles d’en bas qu’elle continue d’apercevoir comme des insectes de tout là-haut. Son corps la débarrasse du peu de choses qu’elle a pu avaler ces derniers jours. Zelda est là pour s’occuper de ses cheveux sales qu’elle tient à ne surtout pas salir, même si c’est certainement l’un de ses derniers soucis à l’heure actuelle...

Les petites tapes dans le dos l’aident à se calmer... Quelques secondes plus tard, elle se racle la gorge et attrape la gourde improvisée qui traine dans leur sac et se permet de se déshydrater un peu... même si ce goût pâteux et dégueulasse qu’elle a dans la bouche ne semble pas s’en aller. « Je l’savais pas non plus... » Est-ce qu’elle a vraiment le vertige ? Elle s’essuie la bouche de son avant-bras et tends leur petite réserve d’eau à sa meilleure amie... Ses lèvres n’ont pas touché le bout de la gourde, elle n’aura pas à assumer l’goût de vomi !

« T’as déjà embrassé quelqu’un qui vient d’vomir ? Ça te tente ? » Elle lâche, sans trop faire attention, un p’tit rôt qui l’éloigne de plus en plus de ce portrait de fille mignonne, parfaite, qu’elle aime constamment essayer d’incarner. Mais entre les odeurs et le manque d’hygiène auquel elles ont dû s’habituer... c’est pas grand-chose, si... ? En tout cas, ça la fait rire...

« Ça va aller... et au pire, j’me vomis tout dessus, hein... » Elle en est capable, elles n’peuvent pas s’arrêter là où elles sont, de toute façon... Et comme deux Lara Croft en herbe, elles se hissent à califourchon sur l’énorme poutre métallique jusqu’à la première nacelle qu’elles trouvent à portée de main.




C’était dur et laborieux, mais elles sont enfin dans l’une des nacelles qui sont le plus en hauteur. De là où elles sont installées, Zelda et Kassandra sont les spectatrices de l’un des plus beaux couchers de soleil qu’elles ont certainement dû voir de toute leur vie... Elles profitent de l’évènement dans le plus grand des silences. Rien ne sert de parler quand les regards, les sourires et les doigts entrelacés suffisent. Puis elles finissent par apercevoir l’obscurité de la nuit s’installer et se retrouvent faiblement éclairées par ces quelques étoiles qui ont enfin décidé à pointer le bout de leur nez... C’est presque rien, mais elles n’ont pas besoin de plus.

Elles sont affalées lamentablement dans la cabine. Protégées du froid par ces vitres qui les entourent, c’est surprenant de se dire que c’est là qu’elles passeront peut-être la meilleure nuit de leur petite aventure... Kassandra est calme, elle est silencieuse, fatiguée. Elle profite du doux confort de l’épaule de son amie, de sa chaleur. De choses dont elle ne pourrait plus jamais se passer, elle le sait bien. Elle l’a peut-être même toujours su, même si ce sont les premiers jours passés à Coupeville qui l’ont aidé à réaliser que Zelda était plus importante qu’elle ne l’a jamais pensé.

Elles s’habituent toutes les deux à quelque chose qu’elles n’ont jamais imaginé, à des désirs et des envies qu’elles étaient les premières à dissimuler derrière une amitié qui n’en est plus vraiment une... Ce qu’elles partagent est bien plus fort, même si la plus âgée des deux peine toujours à savoir ce qu’elles sont. Des copines, des amantes ? Elle le pense mais ne le dira pas à haute voix, pas avant qu’elles l’aient décidé...

Zelda brise ce doux silence et se découvre poète... « J’suis ta p’tite bulle de gaz rien qu’à toi... » C’est mignon, ça l’est réellement... même si l’exemple des bulles de gaz lui donne envie de rire, mais elle ne le fera pas. Pour pas que Zelda ne se vexe ou qu’elle ait l’impression d’être ridicule. « Parfois... je me dis que c’est peut-être le destin qui fait qu’on se soit rencontrées, tu sais ? Et je m’attendais vraiment pas à ce que ça se passe comme ça la première fois que j’t’ai vue, mais... j’voudrais jamais que ce soit différent. J’aime bien ce qu’on a, toi et moi. » C’est rare de voir Zelda sous un tel jour. Elle lui montre davantage ses faiblesses (qu’elle connaissait pourtant déjà), réagit naturellement à tout un tas d’choses qu’elles ne connaissaient pas encore un mois plus tôt...

« Continue d’être comme ça... j’te jure que t’es encore plus belle quand t’essaies d’être romantique. » Et belle, elle l’est déjà. Le joint passe des lèvres de l’australienne à celles de l’américaine... Kassandra crache un paquet de fumée contre les vitres de leur cabine et apprécie cette odeur qui va régner un long moment à l’intérieur. Elle préfère ça à l’odeur de sueur.

Les yeux rivés vers les étoiles que, plusieurs minutes auparavant, Kassandra s’amusait à nommer sans rien y connaitre, elle s’amuse à l’observer du coin de l’œil alors que son pouce caresse timidement la paume de la main de sa meilleure amie. « C’est pas débile, y a rien d’débile... Et si c’est débile, j’veux que tu l’sois jusque la nuit des temps ! » Que c’est beau, mignon, drôle même de l’observer dans cet état. Avoir ‘’honte’’ de découvrir une autre facette de sa personnalité qu’elle ne semblait pas connaitre. Est-ce qu’elle avait le même discours quand elle passait son temps dans les bras de Sean ? Est-ce qu’elle était plus à l’aise, est-ce qu’elle l’aimait tout autant qu’elle l’aime elle... ? Ça arrive que ces pensées l’effleurent, même si la présence de la concernée lui rappelle bien souvent que ça n’a pas d’importance. Sean n’est plus dans l’équation, il ne compte plus.

Un sourire amusé coincé sur le bout de ses lèvres, elle tire doucement sur sa main pour l’attirer vers elle et pouvoir embrasser délicatement ses phalanges qu’elle ne mordra pas... « J’me sens de plus en plus niaise quand je suis avec toi... Alors que le but, au début, c’était quand même que j’devienne sauvage... Tu trouves pas ça un peu contre-productif ? »

D’abord timide, la présence de Zelda dans sa vie lui a donné l’impression de gagner un bon kilomètre de liberté. Parce que c’est bien grâce à elle qu’elle s’est doucement détachée des salles de cours pour se faire une réputation de « suiveuse ». Et des conneries, elle n’en a jamais fait d’aussi grandes qu’avec Zelda. Des conneries qui leur ont valu beaucoup de problèmes, parfois... mais des conneries qu’elle ne regrette pas. Ce début de relation qui se profile, ces petits papillons qu’elle sent battre des ailes dans son bas ventre... c’est du sérieux, c’est pas l’une de ces énièmes bêtises dans lesquelles Zelda a l’habitude de la tirer.

Le joint qu’elles ont allumé rejoint délicatement les joues de sa propriétaire... « Maxwell... ? » répète-t-elle, surprise qu’elles se mettent à aborder leur ami à cet instant précis. Un garçon auquel Kassandra s’est attaché, même s’il la saoule autant qu’elle l’aime. Ses impolitesses, ses moments de mauvaise humeur ou ces blagues qu’il prend bien trop au sérieux... C’est le genre de choses qu’elle a du mal à avaler, même si elle l’aime bien, le petit brun. « Il est pas amoureux d’toi, il est... fou d’toi. » Comme elle l’est, elle. Est-ce qu’elle est jalouse ? Oui, elle est possessive lorsqu’il s’agit des gens qu’elle aime, même si elle s’est habituée à devoir partager sa meilleure amie avec les autres jeunes du camp. Connie, Dean, Sean, Maxwell... Elle se fiche un peu du temps qu’elle peut passer avec tous ses amis, elle sait qu’elles sont et ont toujours été meilleures amies. La preuve irréfutable qui la rassure aujourd’hui, ça a été de la voir s’approcher de Sean sans pour autant se détacher d’elle... « Je le disais pas, mais c’est vrai que quand t’as commencé à trainer avec Sean, j’avais un peu du mal... J’avais peur que tu finisses par me remplacer avec lui, tu sais ? » Elle préfère se confier à elle, lui dire ce qu’elle a sur le cœur parce que le lui cacher ne sert à rien. Elles passent toutes les deux leur temps à être honnêtes l’une avec l’autre, pourquoi est-ce que ça devrait changer ? « Et maintenant qu’on est... qu’on est aussi proches, j’ai du mal à penser qu’il a ses chances, Maxwell. »

Elle tourne la tête dès le moment où elle voit Zelda le faire... Pour qu’elles puissent parler et se regarder sans douter de la sincérité de l’autre. « J’continue d’être un peu jalouse, parfois... Parce que j’préférerais t’avoir rien qu’pour moi, tu vois... ? Mais vaut mieux être jalouse qu’égoïste. Puis p’têtre que tu finirais par faire une overdose de Kassandra, et j’ai pas spécialement envie que ça arrive, encore moins maintenant. » C’est le joint, ce sont ces longs jours passés rien qu’avec elle qui l’aident à assumer ces mots qu’elle sait d’autant plus vrais après n’avoir pu profiter que de sa présence à elle, ces derniers temps. Elles se supportent, elles embrassent la présence de l’autre sans se poser de question. Elles semblent inséparables. « Mais c’est vrai qu’au tout début, quand j’ai commencé à voir Max te tourner autour, ça m’saoulait un peu. » qu’elle lui dit de son ton le plus timide, comme si elle est en train d’avouer son plus grand secret. « Parce que j’étais pas sûre de ce que je ressentais, parce que ça m’dérangeait d’le voir essayer de t’embrasser toutes les cinq minutes alors que j’étais en train de tomber amoureuse... » Que c’était douloureux. Pas au point de lui arracher des larmes ou de la faire changer d’humeur... mais quand même. « J’serai toujours un peu jalouse, même si je sais qu’il a aucune chance... » Encore moins maintenant qu’elles semblent être passées à l’étape supérieure, qu’elle se dit... mais elles n’en savent rien, au final. Elles n’en ont jamais parlé, elles ne savent pas ce qu’elles sont. Elles agissent sans réfléchir, suivent les ordres de leurs cœurs qui s’emballent bien trop souvent, et ça semble leur plaire. « Et toi... ? T'es souvent jalouse aussi... ? » Même si elle se doute de sa réponse.

« On est quoi, du coup... ? Si on s’aime comme « ça », est-ce qu’on peut encore être meilleures amies ? » C’est la question qui lui chatouille la langue, celle qu’elle se pose tard la nuit lorsqu’elle se réveille pour boire et que le doux petit minois de l’australienne est la première et dernière chose qu’elle aperçoit en ouvrant et en fermant les yeux. « Est-ce qu’on est genre... ensemble ? » ose-t-elle finalement lui demander en se mordant doucement la lèvre, alors qu’elle continue de lui caresser la main et que sa joue vient frotter contre la sienne avant qu’elle ne vienne la lui embrasser. Elle se retourne, puis vient s’affaler à nouveau contre l’adolescente qu’elle décide de garder captive, un bras autour de son épaule. « J’ai jamais été vraiment amoureuse... » Elle l’a été, elle pensait l’être. Mais là, c'est différent, c'est réel. « Mais toi, je sais que je t’aime. Que c'est fort, tu vois... ? »


    Life After God
    “And then I felt sad because I realized that once people are broken in certain ways, they can't ever be fixed, and this is something nobody ever tells you when you are young and it never fails to surprise you as you grow older as you see the people in your life break one by one. You wonder when your turn is going to be, or if it's already happened.” + aeairiel.
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Zelda Anderson
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Mer 31 Mar 2021 - 18:36
« C'est mignon, non ? »
Zelda se fend d'un sourire dont seules les étoiles peuvent profiter alors que Kassy lui fait prendre conscience qu'elle n'est pas particulièrement une reine de la poésie. Une petite bulle de gaz... Oui, elle aurait sans doute pu trouver mieux. L'australienne garde le silence tandis qu'elle écoute les propos de son amie et savoure la caresse de ses lèvres sur ses phalanges. Elle succombe aisément à cette tendresse que l'américaine est capable d'insuffler aux mots comme aux gestes.

« J'aimerais bien savoir qui j'suis sensée remercier... » souffle-t-elle quand sa compagne évoque leur rencontre et la main qui se cache derrière. « P't-être le destin, oui. Ou alors le hasard ? La chance, sinon ? » Elle se rend bien compte, Zelda, qu'elle est chanceuse. Et que d'autres décisions, même infimes, auraient pu les priver l'une de l'autre. « Sûrement les trois, non ? » Elle se sent profondément reconnaissante. Sans doute s'estimerait-elle bénie si seulement elle croyait à l'existence d'un dieu omniscient. La seule chose divine en ce bas-monde, c'est indéniablement la fille contre laquelle elle se tient.

Et la voici qui rougit à ce compliment qui caresse ses oreilles. Celui qui stipule qu'elle est encore plus belle quand elle cherche à être romantique. Un petit rire fuse avec simplicité. « J'pensais que j'avais fait plus qu'essayer... » se rebelle-t-elle délicatement. Et puis elle est tout de même rassurée quand son amante lui indique que ce qu'elle lui a confié n'a rien de débile. Et que si c'était le cas, elle voudrait tout de même qu'elle poursuive sur cette voie jusqu'à la nuit des temps. « Rien que ça ? » s'amuse-t-elle. Ces murmures, ces petites caresses, ces mots doux... Elle se sent comme un avatar de la niaiserie en cet instant, Zelda. Elle fustige ce comportement chez les autres. Et pourtant elle adore ça. Parce que l'amour rend probablement un peu bête mais qu'il éclipse jusqu'à la plus tenace des fiertés...

Un autre rire fuse dans la foulée. Il vient sceller la remarque de l'américaine qui lui avoue à son tour se sentir niaise. L'australienne ne le devrait sans doute pas mais elle parvient encore à être étonnée. Elles ne sont peut-être plus vraiment des sœurs mais leurs âmes restent indéfectiblement jumelles. « Oh, tu sais... Si ça peut t'rassurer il y a des moments où j'te trouve très sauvage, moi ! » lui confie-t-elle. « Quand t'essaie de démonter un coffre à peluches ou que tu m'balances des millions d'volts dans l'corps, par exemple ! » Elle ferme les yeux, appuie sa tempe contre la sienne. Kassy a évolué plus que ce qu'elle semble penser. Zelda, attentive à sa partenaire, peut aisément en témoigner. Et sa fierté à son égard ne cesse de s'accentuer.

Peut-être par crainte d'arpenter un terrain qu'elle ne connaît pas et de prononcer un mot qui ruinerait tout, l'adolescente évoque Max et son attirance pour elle. Et elle grimace quand son amie amplifie la chose, évoquant un amour fou. « Flippant... » murmure-t-elle, épouvantée à l'idée de devoir composer avec un colocataire éperdument amoureux d'elle. Pourtant Kassy lui parle de Sean et de cette jalousie qu'elle a pu ressentir pour lui au moment où l'australienne s'en est rapprochée. « Jamais ! » affirme-t-elle. « Personne ne te remplacera jamais ! » Et si elle l'annonce avec une telle confiance c'est parce que cette conviction est trop évidente pour être altérée par le plus puissant des doutes. « Et surtout pas Max ! » rigole-t-elle, trouvant l'idée aussi grotesque que drôle.

Tout comme celle maintenant soulevée par sa compagne. « Une overdose de Kassandra ? » relève-t-elle avec un petit sourire au coin des lèvres. « On a beau passer notre temps ensemble, j'ai toujours l'impression que tu me manques... » Elle éprouve ce besoin viscéral de la sentir contre elle à chaque instant. De la serrer tellement fort qu'elle pourrait finir par l'étouffer. Et c'est bien cet amour qui les poussent maintenant à évoquer leur relation et son évolution aussi merveilleuse qu'inattendue. Ainsi que la jalousie.

« C'est sûrement complètement con mais j'ai besoin de savoir qu't'es jalouse. Alors quand tu m'dis que ça te saoulait d'voir Max me tourner autours, j'arrive pas à ressentir autre chose que du soulagement... » confie-t-elle. Elle a l'impression de lui dévoiler quelque chose de profondément intime. Un secret qui ne saurait pourtant être soustrait à la connaissance de Kassy. La preuve d'une faiblesse qu'elle n'a pourtant aucune crainte d'exprimer. « Je t'aime ! Du plus profond d'mon coeur ! » Elle pose machinalement sa main sur sa poitrine comme pour donner plus de poids à ses propos. « J'adore ça ! Mais ça me terrifie, K' ! Vraiment ! » Elle déglutit, constate que ses yeux s'humidifient malgré elle pour témoigner de cette terreur qui l'étreint lorsqu'elle pense à l'absence de son amie ou le rejet qu'elle pourrait un jour lui imposer. « Parce que si un jour j'devais te perdre d'une manière ou d'une autre, j'me sens vraiment pas capable d'y survivre. C'est... Je... » Elle hoche doucement la tête en signe d'impuissance. Elle ne sait même pas comment elle est sensée exprimer ça...

L'adolescente tombe dans un mauvais mood. Se concentre sur le pire plutôt que sur le meilleur. Peut-être parce que son optimisme s'arrête là où commence son amour pour l'américaine ? « Et oui, oui, j'suis jalouse... Sûrement un peu trop ! Quand tout à l'heure j'te demandais si tu comptais vraiment rentrer au camp c'est parce que j'ai peur de ce que je vais devoir y affronter. Le regard des garçons sur toi, l'intérêt qu'ils te manifesteront. Et parce que j'ai peur aussi de la façon dont tu pourrais les regarder. Ou qu'finalement tu te rendes compte qu'toi et moi, c'était juste... de la curiosité ! » Ivy leur a dit que les questions et les expériences étaient normales à leur âge. Et si ce qu'elles vivent, ce n'était qu'une passade. Quelque chose dont Kassy sortira avec de beaux souvenirs mais aussi l'assurance d'aimer les hommes ? « J'ai peur de tout gâcher. Ou que d'autres gâchent tout ! » résume-t-elle en essuyant du bout des doigts cette larme qui roule sur le flanc de son visage.

Quant à savoir ce qu'elles sont... Là encore Zelda hausse les épaules. « J'suis pas sûre qu'il existe un mot pour nous qualifier... » Des lesbiennes ? Des amantes ? Des amies ? Ces termes sont à la fois justes et incapables de retranscrire ce qui les unies « Des amiantes, p't-être ? Mais il m'semble que c'est aussi un espèce de truc toxique donc bon... » Elle lâche un rire entre ses discrets sanglots. Et puis elle la sert fort contre elle alors que Kassy la rassure et lui témoigne son amour. Cet amour qu'elle découvre avec l'australienne. Et cet amour que la même australienne redécouvre avec elle. « Je vois parfaitement... » confirme-t-elle. Une fois n'est pas coutume, elles sont sur la même longueur d'onde...

Zelda ferme les yeux, savoure ce bras qui la retient prisonnière et la chaleur qui se dégage du corps de sa partenaire. Elle ne sait pas réellement à quoi elle doit attribuer ce petit frisson. Sa main glisse sur la joue, le cou et se dépose sur la poitrine de son amie. Là où elle peut sentir ce coeur qui bat et ce rythme qui la rassure. « Tu te sens capable d'assumer, toi ? » Elles. Face au regard des autres. À celui de Clay', de leurs colocataires, des jeunes de leur âge. « Quand on sera rentrées, j'veux dire ? » Parce qu'elles rentreront. Quoi qu'en dise Maddie sur le discord ! « Tu crois qu'on va avoir droit à des surnoms débiles ? » poursuit-elle. « Genre... J'sais pas moi... Brouteuses ?! » Elle suppose qu'il y aura des moments un peu compliqués. Mais elle se sent prête à y faire face pour peu que Kassy se tienne à ses côtés. « T'as déjà essayé d'imaginer la réaction de Clay' si on lui annonce ça ? » Et s'il les jugeait trop jeunes pour continuer à vivre ensemble ? Et s'il cherchait à les séparer ? Pour leur bien ou au nom d'un autre précepte étrange ?


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Kassandra Taylor
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Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Dim 4 Avr 2021 - 2:31
« J’suis pas sauvage... j’fais pitié à côté d’toi ! »

Elles parlent. Avec une certaine légèreté, avec beaucoup de facilité. Ces moments partagés avec Zelda sont certainement ceux qu’elles préfèrent. Lorsqu’elles ne sont que toutes les deux et que leur cœur s’exprime sans modération. À Bainbridge Island, c’est devenu récurrent après que l’américaine ait décidé de faire de la chambre de sa meilleure amie la sienne... Aujourd’hui, ça l’est encore plus. Sauf que le plafond de la chambre est remplacé par un million d’étoiles qu’elles aiment admirer tout en déblatérant un bon nombre de choses que beaucoup trouveraient inintéressantes, voire même risibles. Pas elles. « Mais si tu m’promets que tu comptes m’protéger pour le reste de ta vie... j’veux bien rester toute fragile ! » Elle referme un peu plus son emprise autour de son épaule, cherche à la tirer davantage contre elle... plus qu’il ne l’est possible. Kassy, elle aimerait qu’elles puissent rester comme ça toute la vie. À s’aimer, à tout se partager, à se sentir incomplète en l’absence de l’autre. Elle aperçoit un peu de magie dans l’idée de ne pouvoir vivre qu’à travers quelqu’un, même si beaucoup trouveraient ça insensé. Elle, ça ne la dérangerait pas. C’est peut-être aussi parce que c’est ce qu’elle fait depuis qu’elle la connait et qu’elle lui a redonné goût à la vie à sa façon, la belle australienne...

Elle rit quand même quand Zelda lui rappelle le coup de taser. Une grande erreur qu’elle regrette encore aujourd’hui, même si elle ne peut s’empêcher d’en rire à chaque fois qu’elle y pense. Au bibou babique, au baiser avec Zelda qui lui donnait l’impression de s’être amourachée d’une éponge. Ah, qu’est-ce qu’elles en auront des choses à raconter lorsqu’elles passeront les grilles de Fort Ward... si elles y rentrent un jour. À Clayton, à Maxwell, à Sean... à tout le monde !

Les garçons participent en grande partie à leur vie à Fort Ward, cette vie qui leur manque amèrement, celle qu’elles hésitaient encore à abandonner quelques heures plus tôt... Sean, le premier garçon dont elle s’est amourachée, celui qui a brisé le cœur de son amie et dont les intérêts semblent s’éloigner de plus en plus de ceux du reste du groupe de jeunes. Maxwell, le petit nouveau qui a été retrouvé à l’extérieur et que Kassandra a accueilli comme un prince dans leur grande coloc qui était déjà pleine à craquer... Des garçons de leur âge, des garçons qui font parfois jouer leur puberté et ces hormones qui se font parfois bien trop bruyantes. « Tu dis ça, mais t’en sais rien... Peut-être que tu pourrais finir par te retourner vers quelqu’un d’autre, je... j’crois que j’comprendrais, Zelda. » Faire une overdose de Kassandra, même si ça semble faire rire la concernée... Ça pourrait arriver. « Et je dis ça sérieusement. Peut-être que tu trouveras mieux, que tu te diras qu’tu préfères peut-être quelqu’un d’autre... Moi, j’veux juste que tu sois aussi heureuse que moi. » C’est tout ce qui lui importe. Elle ne le lui dit pas pour qu’elle ait pitié ni pour qu’elle lui fasse les mêmes éloges qu’habituellement... elle veut juste qu’elle le sache. Parce qu’elles ne vivent pas dans un film d’amour, parce que cette petite aventure les a poussées à se rapprocher et qu’un retour à Fort Ward les poussera peut-être à se séparer, à se rendre compte qu’elles se sont trompées. Kassandra ne l’espère pas... mais si ça arrivait ?

Ses mots la rassurent, lui laissent penser qu’elles passeront peut-être le reste de leur vie toutes les deux comme elle aimerait que ce soit le cas. Et Zelda qui préfère souvent éviter de devenir niaise l’est pourtant ce soir sans sourciller. De quoi faire rougir la principale concernée qui boit chacun de ces mots qui resteront pourtant pour toujours écrits sur son âme. Elles s’aiment d’une puissance incommensurable. C’est quelque chose de fou, d’incroyable. Une relation que personne n’a vu venir et que personne ne saura briser, même avec tous les efforts du monde ! Et ça, elles essayeront de s’en assurer toutes les deux. « Tu sais que tu parles comme Bella dans Twilight, là... ? » ne peut-elle s’empêcher de lui faire remarquer en caressant son bras du bout de ses doigts fins, alors qu’un sourire amusé bien distinct est dessiné sur le coin de ses lèvres.

« Je suis souvent jalouse... de plein d’trucs. C’est pas pour autant qu’tu le sauras un jour, cela dit. Ce genre de trucs, ça se garde pour soi... J’veux pas finir par te faire une crise de jalousie ou faire des choses qui gâcheront ce qu’on a. J’veux pas. » La jalousie peut être vue comme positive. C’est rassurant de savoir que son âme sœur reste insensible à la présence d’un autre garçon dans sa vie... Mais c’est tout autant une maladie, une faiblesse à ne pas trop montrer de peur d’un jour en souffrir trop brutalement.

« Je t’aime aussi, Zelda. Très fort, n’en doute jamais. » Zelda devient émotionnelle. Kassandra ressert machinalement son bras autour d’elle pour bien la garder contre elle. Elle s’ouvre à elle, ce soir. Plus qu’habituellement, peut-être beaucoup trop... ou pile comme il le faut. Et ça, ça lui fait beaucoup de bien, ça se voit. « Tu me perdras pas... j’te le promets. Arrête de penser à ça... » Elle a le ton hésitant mais cherche à ne pas trop le montrer. Elles rêvent toutes les deux de ne jamais se perdre mais savent que ça arrivera potentiellement un jour. Parce que le monde est sombre, parce que c’est exactement ce qu’il arrive de nos jours... La mort traine à chaque pâté de maison. « Et si ça arrive... tu sauras aller de l’avant, parce que t’es forte et qu’t’as jamais eu besoin de moi pour vivre. C’est comme ça qu’tu m’rendrais hommage, même... en continuant de survivre. » Ça la peine de la voir ainsi, elle qui lui montre ses faiblesses sans ménagement... Elle dépose délicatement un autre baiser sur sa joue que ses lèvres frôlent d’abord. « T’es la fille la plus forte que j’connaisse... » La plus belle, même. Elle est beaucoup de choses, Zelda... Faible ne fait pas partie des défauts qu’on pourrait lui trouver.

Elles essaient de raviver un peu l’ambiance plus chill que leur soirée a d’abord connue. Pas question de pleurer ou de faire couler quelques larmes, pas ce soir. Elles ne sont pas là pour ça. Kassy écoute tranquillement le récit de l’australienne, ses pensées quant à leur retour au camp, ses hésitations... Le tout la fait autant sourire qu’il l’inquiète. Ses craintes sont légitimes... mais irréalisables, selon elle. « Personne s’est jamais intéressé à moi... Et je me suis jamais intéressée à qui que ce soit, à part toi. T’es... beaucoup de choses à la fois, t’es tout ce dont j’ai besoin dans ma vie. Et c’est pas un beau brun ou un mec hyper musclé qui va y changer quoi que ce soit, si tu veux mon avis... » Elle choisit quand même d’y répondre dans la tranquilité... Parce que si ses craintes sont légitimes, elles n’ont aucune chance de se réaliser un jour. Impossible que Kassandra s’en aille avec quelqu’un d’autre quand elle a tout ce dont elle a besoin dans les bras. « Et c’est pas d’la curiosité... J’te promets que non. » Ça pourrait l’être... elle se l’est même demandé au tout début. Mais son cœur qui s’enrage à chaque fois et toutes ces sensations qu’elle est impatiente de ressentir à chaque fois que leurs doigts se frôlent, c’est pas l’genre de trucs qui mentent. Ça se saurait.

Les tables sont tournées, ce soir. Celle qui s’inquiète tout le temps de tout est rassurée, tandis que celle qui est pleine de confiance se détruit et se perd à cause d’une tignasse blonde... C’est mignon, ça l’est réellement. C’est ce genre de choses dont elles parleront dans une dizaine d’années autour d’un verre d’alcool que Kassandra n’arrivera pas à avaler.

Elles sont des amies, des meilleures amies, des amours qui continuent de se chercher mais qui s’assument. La plus âgée prend la peine de poser une question qui la chagrine un peu... que sont-elles réellement ? Parce qu’il faut quand même qu’elles sachent se qualifier... « Surtout pas des amiantes... J’veux pas que tu m’empoisonnes. » Elle la rejoint dans un rire prononcé tout en laissant l’une de ses mains venir caresser sa joue et la nettoyer de quelques larmes. Elle est pas belle quand elle pleure, Zelda. « Peut-être qu’on a pas besoin d’être quoi que ce soit... que des meilleures amies qui s’aiment, c’est bien ? » finit-elle par proposer. Peut-être que c’est débile, mais... c’est bien comme ça ?

Elle l’aime de tout son cœur, cette fille... mais s’il y a quelque chose qu’elle craint, c’est ses étiquettes qu’on va leur coller lorsqu’elles rentreront. Dehors, elles ont prises leurs aises. Elles s’embrassent quand il le faut, se montrent de grandes marques d’affection sans le moindre gêne. À l’heure actuelle, Kassandra sait que ce genre de choses finiront par la gêner. Parce qu’elle est de nature timide, parce qu’elle ne supporte pas les mauvais regards et qu’elle déteste être au centre de l’attention. Deux filles qui s’aiment, ça fait du bruit, c’est sûr qu’on en parlera... Est-ce qu’elle sera capable de l’assumer ? Elle n’en est pas sûre... elle en sait même rien, mais elle craint que ça ne soit pas le cas. « Que je t’aime... ? Ouais... Je peux pas avoir honte de ressentir des trucs pour la plus belle fille de Fort Ward. » Elle se racle la gorge discrètement. Elle peut pas lui dire qu’elle aura un peu de mal avec ça... elle a pas envie de la blesser, ni de lui faire penser qu’elles ne s’aiment pas de la même façon. « On a pas besoin de l’approbation de qui que ce soit, de toute façon... On est bientôt des adultes... » continue-t-elle, comme pour se rassurer. La main de son amour vient se poser sur sa poitrine, elle pose la sienne par-dessus.

Parce qu’elles rentreront et que ça va choquer beaucoup de monde... ça va surprendre ceux qui les ont toujours vues comme des sœurs. Elle se sent bête parfois, Kassandra, quand elle se souvient qu’il y a quelques mois à peine, elle continuait de la décrire comme ‘’sa sœur adoptive’’... Rien qu’y penser lui fait froncer les sourcils, tout comme cette remarque de Zelda quant à ces surnoms dont elles hériteront. « J’crois qu’on va pas pouvoir passer à côté de ceux-là, ouais... On va devenir des bêtes de foire, j’me dis... » Mais elles se battront. Zelda abattra ses célèbres coups de poing dans la gueule du premier emmerdeur venu, et les autres se rendront compte que c’est pas la meilleure chose à faire... et finiront par se taire.

Mais en plus de devoir assumer les moqueries, ce qu’elles sauront faire, elles devront assumer cet amour auprès de leurs proches. Et ça, c’est peut-être ce qu’elle craint le plus dans toute cette histoire... « Tu crois que Clayton nous en voudrait... ? Qu’il l’accepterait pas ? » Elle pose la question parce qu’elle n’y croit pas. Autant elle craint sa réaction, autant elle sait qu’il est de nature plus doux qu’il le faudrait et qu’il est des premiers à vouloir les rassurer et à leur dire que « c’est normal »... « Mais je crois que ça va surprendre tout le monde de se rendre compte que les deux sœurs aiment passer leur temps à s’embrasser et à se dire des mots d’amour... T’imagines, le choc ? » qu'elle lui dit en mimant un genre de vomit... le même qu'un peu plus tôt. « S'ils nous font lire la bible et qu'ils essaient d'nous faire croire qu'on a pas l'droit... on essaiera quand même d'se voir à travers les barreaux de nos cellules, hein... ? » Elle ricane doucement et pose un énième baiser sur cette joue qu'elle sait réchauffer à elle seule de la chaleur de ses lèvres. Elle vit quelque chose de plus beau qu'elle n'aurait jamais imaginé... Peut-être qu'un jour, elle saura utiliser les bons mots pour le lui dire.


    Life After God
    “And then I felt sad because I realized that once people are broken in certain ways, they can't ever be fixed, and this is something nobody ever tells you when you are young and it never fails to surprise you as you grow older as you see the people in your life break one by one. You wonder when your turn is going to be, or if it's already happened.” + aeairiel.
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Zelda Anderson
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Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Dim 4 Avr 2021 - 6:12
« Bella ?! »
Zelda esquisse une grimace que son amie devinera aisément. C'est typiquement le genre de personnage féminin qu'elle méprise. Et pourtant oui, elle n'en est peut-être pas si éloignée cet instant. Zelda se love encore un peu plus contre sa compagne et finit par lâcher un petit rire. « C'qui diot donc faire de toi mon vampire boule à facettes, j'imagine ? » Edward, là ! Le roi du royaume de la niaiserie. L'amour que ces deux énergumènes se porte semble, en prime, bien pâle par rapport à celui qui unit les deux adolescentes.

Ses doigts s'égarent dans la chevelure sales et pourtant si belle de sa camarade. Son regard s'y égare avec la même aisance. Elles parlent de jalousie, évoquent leur expérience avec ce sentiment à la fois noble et destructeur. « J'aimerais bien que tu m'en fasses de temps en temps... » Des crises de jalousie. Celle que K' semble trouver malvenues mais que l'australienne perçoit comme rassurantes. Quelque part elle a l'impression qu'elles sont en train d'affiner un accord ou les subtilités d'un contrat. « J'risque de pas trop m'priver de mon côté... » prévient-elle. Est-ce que c'est convenable ? Peut-elle fermer les yeux sur ce défaut porté par l'amour et assombrit par les craintes ?

Cette peur de perdre son compagne d'une manière ou d'une autre finit par se manifester sous la forme de perles cristallines sur ses joues. K' la rassure, la serre fort contre elle et dépose ces fameux biboux babiques aptes à chasser jusqu'aux ombres les plus menaçantes. Elle évoque le fait que le plus bel hommage qu'elle pourrait lui faire si elle venait à disparaître serait celui de continuer à lutter en son nom. Zelda réagit par un sanglot incontrôlé. Comment pourrait-elle vivre pour elle alors que le seul fait d'imaginer une existence sans elle lui donne un avant-goût de l'enfer ? L'idée de se laisser mourir pour quelqu'un ne récolte d'ordinaire que le mépris de l'adolescente. Celle de mourir pour rejoindre K', en revanche, lui semble aussi sensée que nécessaire. Et la voici qui hoche doucement la tête de gauche à droite quand son aînée lui explique qu'elle est la personne la plus forte qu'elle connaisse. Si seulement c'était vrai...

C'est sûrement un peu bête mais en cet instant l'australienne a besoin d'attention. Elle est semblable à une gamine terrorisée qui a besoin d'être rassurée. L'étreinte ou les baiser emplis de douceur de son amie y parviennent. Sa respiration se calme, ses pensées s'apaisent. Et elle s'abandonne gentiment, presque avec réticence, à cet instant qu'elle se sent incapable de savourer à sa juste valeur. Comme si elle n'était pas digne d'en jouir. Comme si sa chance était trop insolente pour être dénuée de contreparties. « Et une fille non plus ? » Sa question est portée par un ton parfaitement candide. Elle connaît déjà la réponse. Elle a pourtant besoin de l'entendre pour chasser, ne serait-ce que momentanément, la peur de perdre son amie. Si un beau mec musclé n'a aucune chance, qu'en est-elle de l'une des autres demoiselles du camp ?

Le ton devient dès lors plus léger. Les sujets s'orientent vers le pratique. Comme, par exemple, le terme qui définit le mieux ce qu'elles sont. « J'ai de la peine à le prononcer, tu sais ? » souffle-t-elle en savourant un autre baiser déposé délicatement sur sa joue. « Le mot en L... » Celui que le monde utilise pour désigner une fille qui aime une autre fille. Elle le craint un peu, semble accompagné de certaines obligations. Comme s'il évoquait une décision drastique ou qu'il l'enchaînait à une particularité. Son rire fatigué fuse alors que K' refuse d'être défini comme amiante. Son approbation lui emboîte le pas alors qu'elle lui propose sagement d'être des amies qui s'aiment. « Soyons simplement nous ! » conclue-t-elle. Elles savent toutes les deux mettre une définition sur ce que les unies. Tous ces gens qui les entourent pourront, au mieux, essayer de le deviner...

Ainsi K' a-t-elle simplement raison lorsqu'elle argue qu'elles n'ont pas besoin de l'approbation de qui que ce soit. Oui, elles sont les seules à pouvoir décider. Et oui, elles seront bientôt des adultes. La main de l'adolescente s'égare sur la joue de sa camarade. Elle la caresse du dos de ses doigts avec une profonde délicatesse. Et plus que le visage harmonieux de l'américaine, c'est maintenant son courage et sa détermination qu'elle admire. « T'as raison ! » Comme toujours ! K' explose une à une toutes ces chaînes qui emprisonnent l'australienne. Les gens considère peut-être que cette dernière est sûre d'elle. Mais ils oublient parfois de voir que c'est l'américaine qui lui insuffle toute cette assurance.

Alors oui, elles s'exposeront à des moqueries et à des critiques. Elles seront probablement des bêtes de foire. Certains argueront qu'ils le sentaient, d'autres qu'elles défient la morale ou le bon sens. Et aucun d'entre eux ne comprendront vraiment. Pas même Clay'. Est-ce qu'elle s'inquiète de la réaction du routier. « En fait j'crois surtout que j'en ai rien à foutre en fin d'compte... » Elle hausse faiblement les épaules puis lâche un petit rire, surprise par sa propre audace. Est-ce que leur père adoptif désapprouvera ? Elle ne le croit pas vraiment. Il souhaite leur bonheur, non ? Il ne se trouve pas ailleurs que dans leurs bras respectifs. Partant de là...

Sera-t-il choqué comme les gens qui les imaginaient vraiment comme des soeurs ? Sûrement un peu... Et la vision de leur tuteur, le visage déformé par la surprise, lui arrache un autre rire tout en lui rappelant combien il lui manque. Un autre baiser amplifie le bonheur de l'instant. Elle est choyée. « T'es bête ! » rigole-t-elle alors que K' évoque les bibles qu'on pourrait leur faire lire et la manière dont elles communiqueront à travers les barreaux de leurs cellules. « J'sais pas trop, ça ! » répond-t-elle sur un ton espiègle, bien décidée à la suivre dans ce jeu. « C'est pas sûre qu'on ait l'temps entre les prières et les séances d'électrochocs, non ? » Mais au fond d'elle elle le sent : la seule chose qui pourrait les séparer, ce serait la mort. Et quelque part Zelda se surprend à croire qu'il existe bel et bien un dieu. Et que ce dernier leur ouvrira les portes de ce fameux paradis pour que leur amour puisse perdurer à travers le temps. Comme un écho que les Hommes ou les rôdeurs ne parviendront jamais à étouffer.

Il est maintenant tard. La fatigue accumulée au cours de la journée se fait ressentir. Et les mots deviennent superflus dès l'instant où leurs lèvres s'unissent, exprimant cet amour qu'elles ont évoqué et auquel elles brûlent maintenant de succomber.



Le soleil les réchauffe depuis un moment maintenant. Zelda ne sent plus vraiment son bras et pourtant elle n'ose pas la retirer. Par crainte de réveiller K', de la priver de ce confort qui l'aide peut-être à naviguer plus sereinement dans le monde des rêves. L'australienne l'observe avec curiosité, découvre la perfection dans chacun des traits qui harmonisent ce visage qu'elle se plaît à redécouvrir chaque jour qui passe.

Où est-elle, l'américaine ? Que fait-elle ? Conquiert-t-elle le monde sur un blanc et noble destrier ? Profite-t-elle de la caresse de vague azurées sur une plage baignée de soleil ? L'australienne fronce un peu les sourcils en espérant que les rôdeurs ne l'ont pas poursuivie jusqu'au dans l'écrin de son âme, qu'elle profite un peu de ces instants que Morphée continue de lui distiller.

Son aînée s'agite un peu et l'australienne retient son souffle. Elle sourit doucement alors que son amie plisse les yeux et soupire. Le calme revient et Zelda, attentive, arrange un peu cette chevelure malmenée par les épreuves. Et puis elle tend l'oreille lorsqu'elle croit entendre des éclats de voix. Quelques secondes plus tard elle en conclue que son imagination est peut-être trop fertile ce matin.

Peut-être qu'une heure s'écoule avant qu'elle prenne une décision qu'elle ne peut pas s'empêcher d'estimer injuste. Ses lèvres arpentent la joue de son amie, glissent dans sa nuque et s'échouent vers son oreille. « K' ? » appelle-t-elle gentiment, espérant capter l'attention de sa moitié jusque dans l'antre de sa conscience. « Tu veux bien m'rejoindre ? » Elle agrémente sa question d'un baiser. Est-ce que c'est un sourire qu'elle devine sur le visage de son amie ?

Elle espère que le réveil est à son goût. Il y a quelques baisers supplémentaires, un nez qui se frotte espièglement contre un autre puis un câlin qui se prolonge sans doute plus que de raison. « T'as pas mal parlé, cette nuit ! Un vrai moulin à paroles ! » indique-t-elle en se redressant un peu et en frissonnant lorsque l'air matinal malmène ses épaules dénudées. Loin d'être un reproche, c'est plutôt une confidence.

L'adolescente s'étire et baille longuement. Elle enfile son vieux pull puant sans se donner la peine de grimacer. Et puis elle s'immobilise et sa plaque au sol, invitant son amie à l'imiter avant de déposer son index sur ses lèvres. « On a d'la compagnie ! » indique-t-elle. Quelques silhouettes aperçues vers cet ancien manège au pied duquel elles ont, la veille, déposé leurs vélos.

Une observation plus attentive leur apprend que ce ne sont pas des cadavres. Ils se déplacent trop vite et de manière régulière contrairement aux vagabonds décharnés. Alors elles passent les heures suivantes à attendre, à murmurer et à imaginer. Les hypothèses fusent et les plans s'amoncellent. Elles optent pour l'attente même si c'est un luxe déraisonnable. Elles doivent trouver à manger, après tout. Et cette impatience les pousse finalement à se risquer hors de la nacelle jusqu'au centre de la roue puis le long de cette échelle qui les ramènent sur le plancher des vaches.

Zelda est la première à l'atteindre. Et lorsqu'un petit craquement attire son attention, elle se retourne pour découvrir un rôdeur. « Un peu d'exercice matinal... » lâche-t-elle laconiquement en tirant son couteau. « J'm'en occupe ! » indique-t-elle dans la foulée à K', en train de la rejoindre. Elle s'approche de l'intrus avec cette assurance qui guide toutes celles et ceux qui sont accoutumés à la menace d'un mort. Sauf qu'il y'en a un deuxième. Et un troisième. « Bon ben on va déjà commencer par toi, le nain ! » Le plus petit, celui qu'elle a vu en premier et qui devait autrefois être un enfant.

Et puis elle découvre ce poignard que le cadavre tient dans sa main. Une main sale mais pas particulièrement décharnée, d'ailleurs. Le regard de l'australienne remonte pour croiser celui du mort. Un regard bien vivant. Et loin d'être terrifié. « What the f... » Elle n'a pas le temps de terminer sa phrase. Quelque chose percute l'arrière de son crâne et elle tombe à genoux. Elle a tout juste le temps de remarquer cette silhouette qui s'est glissée dans son dos puis son amie, maintenant parvenue au sol. Ses lèvres bouges mais ses mots sonnent comme un lointain écho avant que les ténèbres l'étreignent...


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Kassandra Taylor
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Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Lun 12 Avr 2021 - 2:06
Si personne n’a su trouver un antidote au tout début de l’épidémie, peut-être que les biboux babiques sont la solution à tout depuis le début. C’est une vision bien idyllique d’un monde comme celui-ci pour une fille comme Kassandra... mais les lèvres de Zelda ont le même effet qu’une piqûre lorsqu’elles daignent se poser sur sa joue. Il y a d’abord une prise de contact, un moment de surprise lorsqu’elle les sent venir frôler sa peau, il y a ensuite la chaleur qui l’emplit, celle provoquée par son corps lui-même qui cherche d’abord à la protéger avant de se laisser aller. Les baisers de l’australienne sont les friandises dont elle a besoin en ces temps difficiles, des confiseries pleines de sucre dont elle ne peut et ne pourra certainement jamais se passer...

« J’aime pas ce mot, moi... On a qu’à éviter d’le prononcer. » déclare-t-elle timidement en accordant elle-même un énième bibou babique à son amoureuse. Le mot en L... Un mot interdit comme le nom du fameux méchant d’Harry Potter, un mot tabou qu’elles ne s’autorisent pas à prononcer et qui les pousse à ressentir la même gêne rien qu’en y pensant... Mais être lesbienne, ça se sait, ça se sent normalement, non ? Et ce n’est pas l’impression de Kassandra qui n’a jamais ressenti une telle chose que pour sa meilleure amie ; la seule fille à avoir su faire battre son cœur de cette façon. Si Zelda n’est pas une curiosité et qu’elle n’est pas non plus les prémices d’une toute nouvelle découverte, peut-être qu’elle est simplement une exception ? La seule fille qu’elle ne s’autorisera jamais à aimer, la seule qui a su se hisser entre les parois de son cœur et à s’y frayer un chemin sans même qu’elle ne puisse normalement le faire.

Elles ne seront qu’elles-mêmes. Deux filles qui s’aiment, qui ressentent quelque chose de fort et d’inexplicable l’une pour l’autre sans forcément avoir à nommer les sentiments ressentis... et ça leur plait. Sous un ciel qui se fait de plus en plus sombre au fil des minutes, elles se perdent sous des caresses, sur des baisers motivés par leur instinct, par un besoin d’attention qu’elles comblent chacune pour le bien de l’autre. Kassandra embrasse une seconde fois la main sale de l’australienne, couvre ses doigts frissonnants de quelques baisers fébriles qu’elle ne peut s’empêcher de lui administrer. C’est de l’amour, rien que de l’amour. Et comme pour leur situation lorsqu’elles rentreront à Fort Ward, elle n’en ressent pas le besoin de l’expliquer, de décrire ces idées qui la poussent à couvrir Zelda de bien moins de bisous qu’elle ne devrait en avoir. Elle fait de son mieux, elle prend son temps... et elles semblent toutes les deux apprécier ces petites attentions qu’elles ne peuvent s’empêcher de partager.

Le je-m’en-foutisme de Zelda lui arrache un ricanement qu’elle cherche rapidement à faire taire. Fougueuse, excitée et franche dans tout ce qu’elle entreprend, c’est souvent ces attributs que Kassy lui envie. En l’observant du coin de l’œil entre deux scintillements d’étoiles, ce soir, elle a l’impression d’être la fille la plus chanceuse du monde. « J’crois qu’ils ont tous plus important à faire que de s’occuper des mains qu’on aime tenir... » qu’elle soupire, sûre d’elle, avant de rabattre la tête sur l’épaule de son amour. « Et si ça leur plait pas... j’crois que c’est pas ça qui va changer nos vies à jamais... » Il y a même de grandes chances que ça ne les fasse pas changer du tout, en fait. Mais si ce sont Clayton et les personnes les plus proches d’elle qui auront des avis divergents à ce sujet, elle le vivra certainement mal. « Et au pire, on fuguera... on r’tournera vivre dans la forêt comme des femmes préhistoriques, on braquera des machines à peluches tous les trois jours pour vivre et on aura la vie d’Bonnie et Clyde... »

Sa proposition les fait toutes les deux rire alors qu’au fil de la soirée, les premières brises d’air de la nuit se font ressentir et leur arracher quelques soupirs d’inconfort entre quelques rires... Leur conversation bien sérieuse a gagné en légèreté. Elles s’autorisent à rire, à prendre soin de l’autre tout en plaisantant quant à ce qui les attendra lors de leur retour à la maison. La prison, les thérapies de reconversion... Elles en rigolent, mais qu’est-ce que c’est flippant comme concept ! Puis c’est pas comme si elles étaient croyantes, de toute façon... « Le Seigneur dit... tu aimeras Zelda jusqu’à la fin d’tes jours ou tu iras en enfer... même si elle pue ou qu’elle aime planter tout l’monde. » Kassy prétend citer la Bible avec le plus de sérieux possible avant de se perdre dans les yeux de l’américaine et d’éclater en fou rire. Blaguer des écrits du Tout Puissant, elles ont l’droit ? « On écrire notre propre Bible en rentrant... j’compte bien convertir le plus de monde possible aux Zeldaisme... » Sa seule condition ? En rester l’une des créatrices. « P’têtre qu’avec ça, tu l’auras enfin ta statue en or massif... »

Des nuits aussi douces, aussi légères, elle aimerait en avoir tous les jours... mais peut-être que le côté répétitif les rendrait moins attrayantes ? Un baiser, un vrai baiser vient mettre fin à leur soirée qu’elles terminent collées l’une à l’autre. Avec plus de chaleur et d’amour qu’elles n’en méritent peut-être...




Kassandra s’est perdue comme ça n’arrive que très peu ces derniers temps. Le pays des rêves lui a fermé ses portes depuis de longues semaines, lui déniant ainsi toute vision de ses proches et de ses plus grandes envies. Cette nuit, elle a rêvé de beaucoup de choses qu’elle ne saura jamais décrire, tout simplement parce que son cerveau a pris un grand plaisir à effacer toute trace de souvenirs qu’auraient pu laisser son imagination qui, le temps d’un instant, lui a permis de visualiser un retour prochain à Fort Ward. Les bras de Clayton, le sourire de Maxwell ou encore les pattes sales de Bulle qui lui fait la fête.

Si la première chose que Kassy devait observer au réveil n’était pas les jolis traits de l’australienne, elle essayerait de se rendormir pour y retourner. « Mhm... ? » répond-t-elle faiblement à cette voix qui l’appelle alors qu’elle n’a pas encore quitté le monde des songes, qu’elle n’est pas encore remise de ces quelques heures de sommeil et qu’elle ne le sera de toute façon pas avant de longues minutes. Elle sent les lèvres de sa meilleure amie venir se perdre le long de sa nuque, puis de son oreille après un baiser auquel elle n’aura pas eu le temps de répondre... Un réveil en douceur comme elle aimerait en avoir tous les jours jusqu’à la fin des temps.

« Si t’as un bon chocolat chaud... j’arrive vite. » plaisante-t-elle tout en se disant qu’elle aimerait tout de même que ce soit vrai, qu’elles aient libre-accès à un frigo rempli de nourriture qu’elles ingéreraient là, tout de suite. Un bon petit-déjeuner qui les préparerait à cette énième journée censée les rapprocher de leur destination finale.

Elle peine à répondre aux caresses de la blonde mais y parvient lorsqu’un troisième baiser s’abat sur ses lèvres... Sa douceur a tendance à lui intimer de se rendormir, mais c’est l’air matinal qui la pousse à se redresser et à réenfiler ce pull qu’elle a laissé tomber la nuit dernière. « J’ai rien dit d’bizarre, j’espère... ? » Si elle parle la nuit, elle espère que ce n’est pas pour déblatérer tout un tas de choses qui lui donneraient honte. Elle n’sait pas ce que son subconscient pourrait bien vouloir exprimer la nuit tombée... mais pas des conneries qu’elle finirait par regretter, elle espère.

Ses pieds nus viennent taper contre les bords froids de la cabine métallique qu’elles ont squatté cette nuit. Elle s’étire, baille comme un gorille et frotte ses deux bras tout en essayant de ressentir la même chaleur qui l’habitait la nuit dernière quand les bras de Zelda lui servaient de radiateur.

Un p’tit coup de flippe. Les tympans collés contre le sol poussiéreux du manège, elles essaient de se faire petites face à ce qu’elles imaginent d’abord être des humains. Ils n’ont pas les mouvements habituels des monstres qu’elles croisent, ne font pas les mêmes sons. Elles attendent longtemps. Un long moment. Jusqu’à ce que l’ennui et la faim ne les poussent à briser leurs propres règles et à quitter la nacelle pour emprunter ce même chemin qu’elles ont escaladé la veille. Les mains moites et les jambes encore engourdies, l’épreuve lui parait encore plus compliquée que la veille mais c’est saine et sauve qu’elle repose enfin les pieds sur terre et s’accorde une petite pause au pied de l’échelle. « On vient d’le faire, l’exercice matinal... » souffle-t-elle à l’australienne alors qu’elle reprend son souffle et essaie de se débarrasser de cette crampe causée par l’échelle... La nuit en hauteur, son ambiance et sa belle vue risquent de lui manquer. Le parcours pour y avoir accès, pas du tout.

Zelda s’avance sur un rôdeur, sûre d’elle. Kassy lui emboîte le pas et ne prend pas la peine de sortir son couteau... elle ne le fait en réalité que lorsqu’elle se rend compte qu’elles ont à faire à un groupe de rôdeurs. « P’tain, mais ils sortent d’où... ? » Elles n’ont aperçu aucun signe de vie cette nuit... Est-ce qu’ils sont arrivés alors qu’elles dormaient ? Est-ce qu’elles n’ont pas été assez attentives ?

La première s’occupe du premier rôdeur, un p’tit. La seconde sort son couteau et s’approche de celui qui emboîte le pas au premier et essaie de l’attaquer. La lame levée, elle s’apprête à la planter dans son crâne avant de perdre toute force dans ses jambes et de s’écraser sur la pelouse, lâchant sans faire exprès son couteau dans sa chute. « Putain... » Un soupir. Elle ne sait pas ce qu’il lui est arrivé quand elle s’est étalée sur le sol. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle n’entend aucun grognement et qu’aucun rôdeur s’est élancé sur elle... Non, rien de tout ça.

Elle a à peine le temps de redresser la tête le long d’un corps inconnu qu’elle sent un coup violent lui taper dans l’arrière du crâne et la pousser à fermer les yeux pour regagner le sommeil.




« ... plutôt bien pris, nan ? » Une voix aiguë, des cordes vocales qui n’ont pas encore mué. Elle reconnait la voix d’un enfant, d’une fille ou d’un garçon, elle n’en est pas sûre... « T’as pas été assez rapide. Normalement, c’est balayette, coup de pelle et transportage. » qu’elle entend maintenant un garçon plus âgé expliquer lentement, attentivement tout en faisant quelques gestes qu’elle ne peut pas percevoir, ses yeux bleus encore habités par un effet de flou qu’elle voit gentiment se disperser alors que les premiers regards se tournent vers elle.

« Elle est réveill... » « Ferme-la ! »

L’adolescente peine un peu à reprendre ses esprits, mais les trois individus qu’elle devine être des jeunes grâce à leur taille et leurs voix. Ce ne sont pas leurs traits qui l’aideront à les identifier, elle ne les voit pas... Ils portent des masques sales, censés les aider à ressembler à des morts-vivants. Et plus Kassandra a beau les observer, plus elle les trouve réussis.

« Laissez-moi m’en aller... » Elle agite les bras, les jambes. Elle est attachée à une vieille chaise en bois sous l’une des tentes censées couvrir un stand de vente de confiseries. L’un est assis sur le bord de l’ancienne machine à barbe à papa, balance les pieds en l’air alors que les deux s’approchent d’elle, les bras croisés. L’un seul d’entre eux cherche à lui parler... le plus grand.

« Toi et ta pote, qu’est-ce que vous faisiez là-haut... ? Vous venez d’où ? »

Elle continue de s’agiter sur sa chaise, paniquée et tout autant effrayée par ces tarés qui ont décidé de la faire captive. Celui qui traine sur le comptoir a les mains plongées dans son sac. « T’as huit ans, tu tiens une collection d’peluches... ? Tu les bouffes quand t’as la dalle ? » qu’il lui demande alors que le plus âgé le rappelle à l’ordre en lui soupirant un simple « ta gueule »... Le petit groupe semble mal organisé et pas vraiment ordonné. Ces simples observations ne l’aident pas à se calmer, mais la poussent quand même à se détendre et à essayer de s’en tirer en coopérant un minimum... Ils n’ont pas l’air violents et ne semblent pas lui vouloir de mal. Ce n’est pas ce qu’ils lui inspirent, en tout cas.

« Tu viens d’où, princesse ? Toi et ta copine... vous avez un groupe, des gens à aller retrouver ? Ça fait un p’tit moment qu’on vous voit marcher... » Il s’approche d’elle d’un pas décidé et se met à sa hauteur. « On vous veut pas d’mal, on veut juste des infos. Tu nous dis c’qu’on veut savoir, on vous laisse repartir avec vos armes et un peu d’nourriture. T’as l’air d’en avoir besoin. » lui fait-il signe avec son menton, désignant son corps aminci et ces vêtements qui ne la protègent plus de rien.

« Ma... mon amie, elle est où ? » Kassandra prend une grande inspiration. Elle a encore les yeux un peu humides. C’est plus fort qu’elle, c’est naturel. Elle a peur pour sa vie, même si leurs intentions sont pourtant claires. « Elle est avec des membres de notre groupe en train d’subir le même interrogatoire que toi... On s’est dit qu’ce serait peut-être plus intéressant d’vous garder séparées et d’voir si vos versions correspondent. »

L'américaine avale sa salive, amère. Elle espère juste que Zelda se rappellera correctement ce qu'elles s'étaient dit, quelques semaines plus tôt, au détour d'un repas partagé dans les cuisines d'un vieux restaurant de fruits de mer... Quand Zelda a jugé important de se créer une histoire et que Kassandra décidait de lui rire au nez parce qu'elle trouvait l'idée débile...


    Life After God
    “And then I felt sad because I realized that once people are broken in certain ways, they can't ever be fixed, and this is something nobody ever tells you when you are young and it never fails to surprise you as you grow older as you see the people in your life break one by one. You wonder when your turn is going to be, or if it's already happened.” + aeairiel.
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Zelda Anderson
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Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Lun 12 Avr 2021 - 6:26
« J'négocie pas avec les terroristes ! »
Le ton est catégorique, quoique un peu embrumé par le poids d'un réveil difficile. Cette fille et ce garçon ne l'ont pas loupée. La première doit avoir son âge ou à peine moins. Le second, lui, ne doit pas dépasser la dizaine d'années. Les deux portent un masque plutôt laid. En les observant de plus près, elle en vient à la conclusion qu'il s'agit de ceux qui se vendaient dans les stands pour enfants. Sauf qu'ils ont été modifiés pour imiter la tronche des rôdeurs. C'est plutôt malin, ça. « Va bien falloir si tu veux pas qu'on te tue ! » L'adolescente tourne autours d'elle comme une prédatrice. Son cadet continue de battre des jambes dans le vide, assis sur le présentoir d'un ancien stand. « Ca, faut bien reconnaître que c'est un argument assez convaincant ! » Et il l'est davantage encore quand la lame d'un couteau se met à osciller devant son regard. « Faut nous dire c'que tu sais... » insiste gentiment le gamin. Est-ce que la situation le dérange ? Il lui donne surtout l'impression d'assister à une représentation, d'être l'un de ces spectateurs impatient qui veut connaître le dénouement de l'histoire avant même que celle-ci ait commencée.

Zelda soupire longuement et tente à nouveau de se défaire de ces liens qui la retiennent sur cette chaise. Sans grand succès, malheureusement. « J'ai la mémoire un peu défaillante... C'était quoi, déjà, les questions ? » Elle cherche bien évidemment à gagner du temps. Et celle qui lui fait face n'est malheureusement pas dupe. « J'peux t'aider à la retrouver si tu veux ! » Et vu le sourire qui accompagne la remarque, l'australienne se rend bien compte que ça lui ferait même plutôt plaisir de l'aider.« Elle est toujours comme ça ? » reprend-t-elle, questionnant cette fois-ci le garçon. « On aime pas qu'on envahisse notre territoire ! » Ah d'accord ! Les ruines de cette foire sont donc la demeure de ces gamins. « On se serait annoncées si on avait pu mais on a pas trouvé la sonn... » Un coup l'interrompt sèchement dans sa débauche d'ironie. Les deux filles échangent un regard, semblent se combattre au silence.

Mais l'une tient un couteau et l'autre tient à sa vie. « J'viens d'Australie ! » Ce qui est vrai, dans le fond. Mais c'est aussi loin de contenter la curiosité de ses deux geôliers. « Vous savez ? Les kangourous, tout ça ? » Un autre coup s'abat sur elle et manque de la faire basculer avec la chaise. L'australienne crache le sang qui s'est répandu dans sa bouche et s'assure, de sa langue, que ses dents sont toujours bien en place. Elle risque d'en avoir besoin si l'autre se met à portée de sa mâchoire. Elle n'attend que ça, elle. « Faut parler ! » Oui oui, elle a compris. C'est juste la troisième fois qu'il le lui rappelle. « L'ennui c'est que dès qu'je l'ouvre, ta pote veut que j'la ferme... » fait-elle remarquer, non sans se fendre d'un petit sourire.

S'ils la tueront ? Franchement, elle n'en est pas sûre. Mais elle suppose que le fait d'être toujours en vie est plutôt encourageant. Ils jouent peut-être aux durs. Tout comme elle. C'est un peu là-dessus que Zelda parie. « On peut faire ça toute la journée ! » lui rappelle la fille. « Et même toute la nuit ! » précise l'autre. « Soyez pas pessimistes, eh ! J'vais m'libérer et vous botter l'cul bien avant qu'le soleil se cou... » Et un coup supplémentaire, un ! Celui-ci se loge dans son ventre et lui coupe le souffle. « Celui-là, j'avoue, j'l'ai un peu mérité... » reconnaît-elle quand l'air daigne à nouveau circuler dans ses poumons.

Pourtant elle a été très claire depuis le début, Zelda : elle veut être sûre que son amie se porte bien avant de se mettre à table. Et même si la promesse qu'elles seraient remises en liberté et qu'on leur fournirait même un peu de nourriture fut séduisante, la perspective qu'il puisse mentir le fut davantage encore. « On cherche nos parents, on a fait une halte ici en pensant être à l'abri et on comptait poursuivre notre route ce matin. On l'savait pas, nous, qu'c'était votre territoire ! » finit-elle par expliquer quand ce couteau - encore lui - se rapproche un peu trop près de son oeil à son goût. Si elle veut préserver l'intégrité de son champ de vision, elle est bien forcée de faire preuve d'un soupçon de raison, là, Zelda. « Et pourquoi vous avez des armes ? » questionne le gamin. À son avis ? « On est des grandes fans du parti républicain ! » Non mais est-ce qu'elle vraiment répondre à cette question. Vu le regard de la fille, l'australienne estime que c'est en effet plus prudent. « J'en sais rien, moi ! P't-être pour buter les morts ? Ou s'défendre contre... disons, au hasard... une bande de gamins dégénérés ? » Étonnement elle ne se fait pas cogner cette fois-ci. C'est même un petit rire qui effleure ses oreilles. Surprise, Zelda observe celle qui s'est posée en tortionnaire depuis le début de cette charmante entrevue. Peut-être qu'elle est une adepte des réponses bêtes pour les questions bêtes, elle aussi ?

« Vous vouliez pas nous voler ? » « Non ! On a rien pris à part des... des peluches ! » Elle termine un ton plus bas, là, l'adolescente. Il faut dire qu'elle se sent un peu bête pour le coup. « Et vous êtes que les deux ? » « Ca dépend.. Tu crois à l'homme invisible ? » « Ben... non ? » Il est un peu décontenancé, là, le garçon. C'est plutôt normal. « Alors ouais ! On est que les deux ! » Zelda lâche un autre soupir blasé. Elle comprend la prudence de cette bande de jeunes mais là, ils frôlent la paranoïa. « Si on vous libère vous allez faire quoi ? » « Rêve pas, t'auras pas d'câlins ! » L'air impatient de l'autre la pousse toutefois à fournir une réponse plus satisfaisante : « Dans l'idéal on récupère nos armes, nos vélos et on poursuit notre route vers le sud. » « Et nous ? » « Vous nous regarderez disparaître à l'horizon en versant une petite larme ? » « Non mais ?! Vous allez vous venger ? » « Moi ? Ouais, clairement ! Mais vous avez d'la chance : ma pote est du genre cool et si j'vous plombe le cul, elle risque d'me faire la gueule pendant des mois. Alors bon... » Et plus sérieusement, non, elle ne compte pas abattre d'autres jeunes qui se comportent simplement avec méfiance. Tout ça, c'est logique. C'est juste chiant de se retrouver dans le rôle de la prisonnière...

« T'as d'autres question ? » « Des tonnes ! » « Pas toi, abrutie ! Lui ! » Bon, oui, évidemment, elle parlait de son acolyte. « On a oublié d'lui demander comment elle s'appelle ! » « Madisson ! Mais j'préfère Maddie ! » Cette information, elle ne voit aucun soucis à la partager. Surtout qu'elle est complètement fausse donc bon... Les deux inconnus échangent un regard et hochent la tête. « Attends-nous ici ! » « Comme si j'avais l'choix... » maugrée l'australienne. Elle ne risque pas de se taper un cent mètres avec cette chaise qui la retient prisonnière...



Et pour attendre, Zelda, elle attend. Longuement. Si bien que le soleil est à nouveau en train de se coucher lorsque les deux jeunes reviennent enfin. Ils la libèrent de la chaise sous la menace de sa propre arme puis lui ligotent les mains dans le dos. « Et moi qui pensais qu'on avait franchi un cap dans notre relation... » Il n'en est visiblement rien.

Le duo la guide à travers les allées de la foire. Ils passent à côté des machines à peluches dévastées jusqu'à l'une des tentes. Un feu brûle en son centre. L'australienne s'imagine malgré elle à la place d'une sorcière et se demande si son existence prendra fin d'une manière similaire. Puis son regard se pose sur K', assise entre deux autres jeunes. « Ca va ? » s'inquiète-t-elle. Elle est presque aussitôt interrompue par sa meilleure ennemie. « Vous restez ici ce soir ! » Clairement, ce n'est pas une proposition. « Et demain on vous escortera à bonne distance, les yeux bandés ! » Franchement ? Cette option convient plutôt bien à l'australienne. « Si vous revenez, on vous tue ! » précise une personne avec qui elle n'a pas eu le - relatif - honneur d'échanger jusque-là.

Elles ont donc l'occasion de rester en vie. Et même de manger. Enfin surtout K'. Zelda observe avec envie cette viande qui grille sur le feu - probablement l'un des chiens de la veille - puis le morceau qui est aimablement proposé à sa meilleure amie. Elle remarque d'ailleurs que cette dernière est libre de ses mains, contrairement à elle. « Elle, elle n'y a pas droit ! » précise encore l'autre gamin en désignant l'australienne du bout de son couteau. L'intéressée encourage son amie d'un mouvement de la tête pour l'inciter à profiter de cette aubaine. Elle n'est pas étonnée. K' a toujours su se montrer agréable. Il faudra vraiment qu'elle lui apprenne à sociabiliser...


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Kassandra Taylor
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Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Mer 14 Avr 2021 - 4:25
« C’est... c’est ma sœur. On était avec nos parents et on les a perdus... »

Le plus âgé des trois l’interrompt en faisant claquer sa langue de façon frénétique. À en juger le regard de ses deux comparses, elle n’est pas la seule à le trouver un peu... gênant. Il n’a pas l’air plus âgé qu’elle. Pourtant, il semble se surpasser à essayer de gagner en crédibilité et de passer pour le grand méchant loup de la bande. Celui qu’il faut à tout prix respecter, celui qu’il ne faut pas oser cherche par peur de salement le retrouver. « Elle fait un peu cliché, votre histoire... T’en es sûre ? Vous êtes pas d’ces tarés de la secte, là... ? Ou même des enfoirés qui ont tué l’un des nôtres la semaine dernière ? » Il se veut sérieux, plus sérieux qu’un garçon d’un mètre soixante peut l’être. Kassandra, elle, secoue la tête en niant toute implication de leur duo dans ces trucs qu’ils semblent vouloir leur reprocher... « Elle a rien à voir avec ça, mate ses fringues... Elle est encore plus sale qu’nous. » Et qu’ils sont sales, les gamins... En plus de porter des masques affreux qui ne paient pas de mine, on dirait qu’ils se sont amusés à couvrir leurs vêtements de sang, de terre et de tout ce qui recouvre habituellement les rôdeurs qu’elles croisent dans la rue. S’ils cherchent toujours à savoir ce que Zelda et Kassandra sont réellement. Elle, elle sait ce qu’ils sont. Un groupe de jeunes qui survivent en prétendant être des rôdeurs... Un bien drôle de concept qu’elle trouve tout de même ingénieux.

« Elle s’appelle comment, ta ‘’sœur’’ ? Et toi ? » Les mains ligotées, elle n’est pas libre de ses mouvements et peine à supporter la rivière de larmes qui coule sur ses joue... alors, il les essuie pour elle avec un bout de son t-shirt, partageant avec elle l’un de ces regards qu’elle sait plein de pitié. Il essaie de jouer les gros bras mais assume moyen de mettre une adolescente dans tous ses états. « Elle s’appelle Maddie... Moi, c’est Casey... On cherche juste nos parents, putain... » À cet instant, elle ne cherche même plus à s’enfuir de cette chaise. Plus aucun mouvement, plus aucun soupir. Elle sait qu’elle n’a aucune chance et que la seule chose à faire est de coopérer... tout ce qu’elle comptait faire, de toute façon. « Qu’est-ce que vous faites chez nous... ? Qu’est-ce qui vous a laissé penser qu’vous étiez libres d’élire domicile sur notre territoire ? »

À ses côtés, le plus jeune observe la scène dans le silence le plus complet. C’est un débutant, un novice. Certainement une nouvelle recrue à qui ils essaient d’apprendre les bases. Il essaie de garder tout ce dont il est témoin à l’esprit, et si son masque lui permettait de jeter un coup d’œil à son visage, elle saurait qu’il a lui aussi du mal à assumer. « J’en sais rien... On pensait juste qu’personne trainait ici, c’est tout. Fallait qu’on se pose une nuit, on s’est dit qu’on pourrait profiter d... » Il l’interrompt en secouant la tête et bouge, gentiment, l’une de ces mèches qui l’empêche de jeter un œil au dernier garçon qui n’a toujours rien dit. « Si on vous laisse repartir... Comment est-ce qu’on peut être sûrs qu’vous nous causerez pas d’soucis ? Que vous chercherez pas à vous venger ? »

Cette question, elle aimerait bien pouvoir y répondre... malheureusement, elle n’est même pas sûre de quels mots employer pour le rassurer... Parce qu’au final, ça ne sera jamais plus que sa parole, celle d’une inconnue qui pourrait être aussi inoffensive que dangereuse. « Je... j’peux pas vous le prouver, mais je peux vous le promettre. » qu’elle lui dit le plus calmement possible, essayant de ne pas trahir son état d’esprit qui, à l’heure actuelle, pourrait effrayer n’importe qui. Elle n’est pas bien. Mentalement, psychologiquement. La peur de ne pas ressortir de cette tente vivante, celle de ne plus jamais revoir la lumière du jour, ni le doux visage d’une fille qu’elle sait qu’elle n’oubliera jamais. Elle n’est pas bien, elle ne le sera jamais... « On vous l’promet... j’vous jure que j’dis toute la vérité, rien qu’la vérité. »

C’est tout ce qu’ils entendront, c’est tout ce qu’ils lui demanderont avant de sortir de la tente et de la laisser seule un bon moment...




Des minutes passent. De longues minutes, même. Un moment de silence, de questionnement plein d’inquiétudes. Seule à l’intérieure d’une tente dont elle commence à connaitre chaque recoin, Kassandra commence à se demander les épreuves qui vont l’attendre alors qu’à travers la fine ouverte de la tente, elle peut apercevoir l’obscurité commencer à s’installer... Sans savoir l’heure exacte, elle se doute qu’il commence à se faire tard et réalise qu’elles viennent de perdre une journée...

« Vous êtes là... ? » qu’elle les appelle à plusieurs reprises, un peu désespérée, tout en gigotant un peu sur sa chaise en laissant ses mains coincées jouer avec la corde qui les lie. « Eh ! » L’adolescente continue de bouger sur sa chaise, faisant un maximum de bruit jusqu’à ce qu’une ombre se hisse de nouveau à ses côtés. « Tu vas rester avec nous, ce soir. On vous escortera demain matin. »

« J’te fais confiance... Pas de gestes brusques, pas d’coup fourré ou d’autres trucs tordus. T’as l’air plus intelligente que ta copine, nous déçoit pas. » Le garçon se glisse derrière elle puis vient doucement la libérer de ses liens, lui rappelant la joie et le confort d’être libre de ses mouvements... « Viens avec moi, Casey. » Il pose délicatement la main sur l’une de ses épaules, puis l’emmène à l’extérieur, lui offrant un second tour du propriétaire, passant près des stands, mais aussi des machines fouillées la veille jusqu’à s’arrêter près d’un feu sur lequel grille un peu de viande, au milieu des membres de leur groupe. « Assieds-toi, tu vas pouvoir manger un peu. » Kassandra s’exécute sans discuter... Elle est loin d’être sereine, mais elle est surtout affamée. Et ces bouts de viande qui trainent sur le feu, elle compte bien les avaler.

Elle s’assied là où on le lui a dit de le faire, entre deux jeunes qui discutent et qui finissent par l’introduire dans leur discussion. Ces deux là sont peut-être ceux qui se méfient le moins d’elle... « Elle est pas commode, ta copine. » Elle écarquille les yeux et entend exactement au même moment une voix qui lui est familière s’approcher, juste derrière elle. Elle se retourne et observe l’australienne... Elle a instinctivement le réflexe de se lever mais sent une main la tirer par le bras et la pousser à se rasseoir. L’un des adolescents leur explique ce qu’elle sait déjà... Elle, tout ce qu’elle peut faire, c’est regarder cette fille pour qui elle s’est inquiété une grande partie de la journée sans pouvoir s’empêcher de sourire presque bêtement... Ah, Zelda. « O-Ouais, ça va... » lui répond-t-elle alors qu’elle sent comme un poids soudainement l’abandonner...

Avec leur approbation, elle finit tout de même par glisser sur l’herbe pour rejoindre les côtés de sa prétendue « sœur » pour la prendre contre elle, enroulant ses deux bras autour de sa nuque pour la câliner et lui voler de cette chaleur et proximité dont elle a tant manqué tout le reste de la journée. « J’te pensais... j’te croyais morte. Merde, Zelda... » qu’elle murmure doucement contre son oreille, avant de délicatement venir poser ses lèvres sur l’une de ses joues rosées.

« Trop mignon ! » s’écrie le plus jeune de la bande, aussitôt coupé par un autre garçon. « ... Ta gueule. »

Kassandra trouve quand même la force de rire... Elle ne se détache pas de sa meilleure amie avant qu’elle n’y soit poussée, forcée par l’odeur du bout de viande qu’on lui propose, correctement dressé sur un genre de mouchoir. Pas de remerciements, elle acquiesce simplement sans tant prêter attention à sa précision... Si Kassy mange, Zelda le fait aussi.

Kassandra, avec autant de volonté que de regret de faire ça sous le nez de son amie qui crève de faim, s’enfile quelques premiers bouts de viande sans oser la regarder. Elle ne le dira pas, mais les quelques soupirs de satisfaction qu’elle essaie d’étouffer veulent tout dire : elle se régale presque autant qu’avant, lorsqu’elles avaient accès à toute la bouffe dont elles avaient besoin. Du chien, du loup, n’importe quoi... elle s’en tape, elle a juste besoin de manger... et elle le fait sous les yeux des adolescents qui, pour certains, se permettent même de rire en observant son entrain, réalisant la vraie détresse dans laquelle elle se trouvait jusqu’ici.

Lorsqu’elle les observe détourner leur attention, elle en profite pour glisser quelques bouts de viande par-ci, par-là dans la bouche entrouverte de l’australienne à qui elle intime tout bas d’être discrète. Ensemble, elles se régalent autant qu’elles le peuvent, profitant de cette viande dont elles ignorent la provenance sous les yeux méfiants d’une bande de gamins qu’elle sent commencer à voir se concentrer de plus en plus sur elle... Elle continue de faire de son mieux pour nourrir sa meilleure amie toujours attachée et est surprise de voir l’un des garçons se lever en plein milieu du repas pour s’approcher de l’australienne... « Ouvre la bouche... » Est-ce qu’ils ont capté la supercherie ? Merde.

L’américaine se défend lui avoir donné quoi que ce soit, même si certains semblent même sûrs de l’avoir vue faire. « J’ai tout avalé, j’lui ai rien donné... j’vous l’jure ! » qu’elle se défend sans même adresser le moindre regard à l’adolescente, priant pour que celle-ci ait avalé le dernier bout de viande qu’elle lui a filé... Elle, en tout cas, retrouve finalement (et à contre cœur) l’inconfort d’une corde enroulée à ses poignets... Le repas est terminé pour ce soir, on n’lui fait plus confiance.


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Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   
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