The Walking Dead RPG

The Walking Dead RPG
Le Deal du moment : -57%
Gonfleur électrique Xiaomi Mi Portable Electric ...
Voir le deal
29.99 €

The ones we love, the ones we hate, the ones we miss
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Zelda Anderson
Zelda Anderson
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Administratrice
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 7702
Sujet: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Mar 16 Mar 2021 - 15:44
« Plus j'y pense et moins j'me dis qu'la paix va durer ! »
Zelda ricane un peu malgré elle tandis qu'elles marquent une pause au carrefour de deux routes. Elle baisse le regard sur la carte et la tend à Kassy. Elles valident les décisions à deux. Et cette fois, elles s'accordent sur le fait qu'il faut bifurquer à droite. Un acte devenu si anodin qu'il n'est plus en mesure de briser l'élan de leur discussion. « J'adore Indiana ! Vraiment ! » poursuit-elle en se remettant à pédaler. Ces vélos sont un peu rouillés, malmenés par les éléments. Mais ils leur permettent de gagner un temps précieux. « Mais j'sais pas à quel moment elle a pu s'dire qu'le soleil allait continuer à briller sur Townsville ! » Cette bêtise qui la pousse à accorder du crédit à l'israélien, ça la dépasse ! « Il attend juste son heure pour m'buter, c'est clair ! Du coup va falloir qu'je le zigouille avant ! T'es d'accord, non ? » C'est de la légitime défense. Une décision que la peur la pousse à prendre. Et, finalement, du bon sens.

Pour tromper l'ennui, les deux égarées évoquent régulièrement leur vie au camp. Et les gens qui s'y trouvent sûrement encore. « L'ennui c'est qu'avec ce mec je sais jamais comment m'comporter ! J'ai l'impression qu'il a toujours une longueur d'avance sur moi, tu vois ? » Et peut-être même, parfois, le sentiment qu'il lit en elle comme dans un livre. « Il es trop louche pour vivre ! » Et elle aimerait bien pouvoir dormir sur ses deux oreilles, elle. Et pourtant, ce qu'elle ne dit pas, c'est que Levi lui manque. Ce n'est pas flagrant. Ca ne l'empêche pas de sourire. Mais c'est un fait ! Elle aimerait bien revoir sa bouille...

« Par contre emmerder Maddie, ça, c'est facile ! » Et franchement amusant. Zelda soupçonne la secrétaire d'être une psychorigide. Traverser la route en dehors des clous, faire des piles de vêtements un peu désordonnées ou même mélanger les aliments dans une assiette, ça doit sûrement l'agacer. Pour peu qu'elle le voit, bien sûr ! « Casey l'dira jamais parce qu'elle l'aime, sa frangine ! Mais dans l'fond elle le sait bien, qu'elle a été bercée trop près du mur ! » Elle aurait peut-être préféré être enfant unique, non, plutôt que se coltiner un mélange entre Hitler et Sauron ? « Quand j'pense qu'elle voulait qu'on nettoie du vomi... » Ca la révulse encore. C'est un peu bizarre mais elle préfère encore tremper ses mains dans le ventre pourri d'un rôdeur que dans les reflux gastriques des vivants ! Et pourtant, oui, la aussi, Maddie lui manque. Même si elle a décidé de transformer Nathan en esclave sexuel !

Les gens louches, ceux qui méritent davantage des claques que le respect, Fort Ward n'en manque pas. « Et on en parle du boss ultime d'internet, hein ? » poursuit-elle. Clairement, lorsqu'il s'agit de vider son sac, Zelda n'est pas la dernière. Tant et si bien que Kassy n'a pratiquement pas pu en placer une depuis le début de ce petit jeu. « Misha des enfers, là ? » Celle qui a recueilli la majeure partie de la rancoeur de l'australienne au cours des dernières semaines. Avec, peut-être, cette faim qui continue à leur tirailler le ventre. « J'suis sûre qu'elle a organisé une grosse fête quand elle a appris qu'on était pas rentrées ! » Elle esquisse une grimace agacée. « Et si ça s'trouve elle parle déjà d'refaire un gosse pour nous remplacer ! » Parce qu'elle pense avec son vagin, celle-là ! « Oh Claynounichet ! Prends-moi sauvagement contre le platane ! » imite-t-elle, usant d'une voix aiguë et finalement peu fidèle à l'originale. Mais oui... Misha lui manque aussi. Un petit peu, seulement. Parce qu'il faut pas déconner non plus, eh !

S'ensuit une diatribe sur Fried, son amour pour les éprouvettes et ses origines nazies. Puis sur Terrance, ce réactionnaire qui a refusé de lui confier des armes lourdes quand Ray et ses sbires se sont mis en tête d'évincer June. En son absence, bien sûr. Comme tous les lâches ! Ou encore Maeve et sa dégénérescence cérébrale qui la pousse à piquer ses victimes avec des aiguilles pour les blinder d'air. Ou quelque chose du genre. Zelda n'est toujours pas sûre de savoir ce qu'est une embolie pulmonaire. « Enfin bref... » Le jeu, à la base, c'était de nommer les personnes qui leur manquent le plus. Seulement trois. Un choix que l'australienne arrive bien difficilement à faire. « Clay', Ela, June, Ari', Nathan et Roza, j'dirais ! » Mais la liste est loin d'être exhaustive. Il faut évidemment y ajouter Dean et Connie. Mais c'est tellement évident qu'elle s'en abstient. « Même l'petit obsédé sexuel, là ! » Max ! Celui qui ne pense qu'à fourrer sa langue dans leur bouche. Parfois, il l'assume. Mais quand il n'est pas shooté à la morphine, ça reste quand même évident. « Et toi ? » C'est qui qu'elle regrette le plus, Kassy ?

Un rôdeur apparaît sur le côté gauche de la route. Zelda l'évite de justesse, détournant ainsi ses iris aux reflets céruléens de cette fille qui partage sa vie et habite son coeur. « Et la priorité de droite, trouduc' ?! » Elle s'arrête, pose le pied à terre. Le temps d'achever ce chauffard de piéton mort. Et puis le duo reprend sa route, évoquant ceux qu'elles aiment, qu'elles détestent et qui, donc, leur manquent. Tous ces gens qui les ont abandonnées, qui les ont forcées à quitter Coupville pour rejoindre Bainbridge Island par leurs propres moyens.

« C'est c'que j'crois ?! » Une bonne vingtaine de minutes plus tard, s'extirpant de cette route traversant la foret et arrivant dans la périphérie de Seattle, elles se retrouvent face à diverses structures. Un peu à l'écart de la route. Les vestiges d'une grande roue surplombe des attractions plus petites. Les restes d'un parc d'attraction itinérant, peut-être ? Ou ce qu'il en reste. Les souvenirs refluent. Ceux des jours heureux. Et un sourire ne tarde guère avant d'apparaître sur le visage de l'australienne. « Eh, K ! Tu penses à c'que j'pense ? » Un peu d'exploration, ça la tente ? Il y aura peut-être des rôdeurs déguisés en mascottes. Des clowns, même, si ça se trouve. Et puis elle a très envie d'escalader cette grande roue. Ca ferait un bon point d'observation, non ?


War means fighting, fighting means killing

Awards:
 
Revenir en haut Aller en bas  
Kassandra Taylor
Kassandra Taylor
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Survivor
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 1102
Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Mer 17 Mar 2021 - 17:50
« T’as pas l’impression de trop en faire avec lui ? » Elle met un énième coup de pédale, parvenant enfin à en placer une parmi tout le blabla dans lequel l’australienne s’est lancé, bien décidée à ne pas lui laisser la parole, même le temps d’un instant. Voilà maintenant quelques jours qu’elles ont quitté Coupeville et qu’elles parcourent l’état dans l’optique de regagner Seattle pour enfin remettre les pieds à Bainbridge Island. Si June et les autres n’ont pas été foutus d’envoyer quelqu’un à leur recherche, peut-être qu’elles n’ont pas d’autre choix que celui de rentrer par leurs propres moyens... « J’veux dire... j’crois qu’il s’en fout vraiment d’toi... c’est un connard, mais tu peux p’têtre l’éviter et considérer ça comme d’l’histoire ancienne, nan ? » Parce que jouer au chat et à la souris avec un quarantenaire, c’est un peu bizarre et que s’il la cherche certainement à sa façon, elle a obligatoirement une part de responsabilité dans ce passif qu’elle ne cesse pourtant jamais de ressasser à un tel point que Kassandra a parfois envie de se crever les tympans avec le premier tournevis qu’elle parvient à choper...

C’est leur activité du jour. Elles abordent toutes ces choses qui leur manquent... ou qui ne leur manquent pas. Plus tôt dans l’après-midi, l’adolescente pensait à son lit, à ces douches qu’elle prenait avec plus de plaisir que nécessaire, à son chien dont les coups de langue lui manquent ou même à Maxwell à qui elle commençait tout juste à se lier avant qu’elles ne partent en mission, direction l’enfer. Après les objets, elles ont décidé d’aborder les personnes... Levi, Maddie, Misha. Ils sont beaucoup à ne pas être portés dans le cœur de l’australienne qui ne se gêne pas à faire leur procès sous les yeux de l’américaine qui pouffe de rire à chaque intersection... Parce qu’écouter Zelda se confesser et haïr de toute son âme, c’est quand même bien divertissant. « T’es vraiment vache... t’abuses, hein ! Tu l’sais, ça ? » Bon, le coup du vomi, c’était quand même lourd. Mais Maddie, c’est pas vraiment le diable, si ? Elle porte juste la cravate de l’adulte chiante, l’ennemi juré de n’importe quel adolescent qui veut s’amuser... « Mais c’est vrai qu’moi, j’préfère largement Casey. J’la trouve plus cool, plus marrante... et quand même vachement moins chiante, hein. » Mais c’est peut-être aussi parce qu’elles se connaissent depuis l’arrivée de la sœur Summer au camp et que celle-ci l’a souvent gardée durant les absences de Clayton qui se faisaient de plus en plus nombreuses, à cette époque-là.

Zelda hait les gens, Kassandra n’a que de l’amour et de l’admiration pour la plupart de ses congénères qu’elle voit d’un bon œil, même s’il lui arrive d’avoir des aprioris et des mauvaises images de certains qu’elle corrige bien souvent au premier contact. L’une des seules qu’elle a du mal à encadrer, c’est Valentine... mais les raisons qui se cachent derrière sa rancœur sont certainement aussi futiles que celles que Zelda retient contre les autres. « T’sais qu’à ce moment précis, ils sont peut-être en train d’le faire... ? » L’amour. Un autre gamin. Parce qu’elles ont beau ne pas partager la même chambre qu’eux... la plupart du temps, on l’entend quand même bien crier, la Misha ! « On va rentrer, elle aura un autre marmot dans l’ventre... et si ça s’trouve, ce sera même pas le sien. » qu’elle lui dit sur le ton de l’humour en soufflant, même si elle n’exclut pas cette possibilité. Elles ont toutes les deux parlé. Si Clayton lui a pardonné, elle essaie elle-aussi de faire de même tout en se disant que si Clayton s’y fait, peut-être qu’elle n’a plus son mot à dire. Il gère sa vie amoureuse comme bon lui semble, elles resteront dans les parages pour le reconstruire quand elle l’aura à nouveau détruit, parce que ça arrivera.

Imiter Misha de cette façon... faut quand même sacrément le faire. L’américaine est partagée entre le rire et les larmes de dégoût, elle n’ose pas imaginer la scène qu’elle décrit même si son cerveau l’oblige à visualiser des images qu’elle ne pourra jamais oublier...

Seules sur leurs vélos, elles pédalent, font leurs meilleures coups de guidon pour tenter de s’impressionner l’une l’autre tout en évitant les quelques rôdeurs qui trainent sur leur route. C’est triste de se dire qu’elle s’est ‘aussi vite’ habituée à cette vie à l’extérieur, qu’elle n’est plus en train de compter les jours qui passent tout en priant un retour rapide à la maison. Les odeurs corporelles, le manque de nourriture et de vêtements lui parait bien moins important maintenant qu’elle patauge dans les mêmes fringues depuis plusieurs jours.

« Moi... j’pense surtout à Clay, Bulle, Maya, Max... » Elle pense à beaucoup de personnes, en fait. Pas à l’instant présent, mais ils sont beaucoup à lui faire frôler le manque depuis ce jour où elle s’est réveillée sur la plage. « J’ai l’droit de dire que Sean me manque aussi... même si j’suis d’accord que ça a été un gros connard avec toi ? » Elles l’abordent pas souvent. Kassandra évite, en fait. Parce qu’elle a un peu l’impression de la trahir à chaque fois qu’elle lui sourit ou qu’ils s’échangent le moindre regard. « En fait, j’crois qu’tout le camp me manque ! » Et qu’est-ce que ça donne froid dans le dos de tout à coup ne plus côtoyer autant de visages au quotidien...

Elles prennent une autre intersection, Zelda évite de justesse un rôdeur qui passait par là et leur arrache à toutes les deux un cri de surprise, mais surtout une p’tite goutte de sueur qui vient trahir la panique de voir leur petite vie se terminer sur un accident de la route aussi con. Kassandra s’arrête à la même hauteur que sa meilleure amie, repose ses jambes qu’elle met à rude épreuve depuis maintenant un peu moins d’un mois et donne à ses fesses un peu de répit. Parce que même si le modèle du vélo qu’elle a réussi à trouver est incritiquable, la selle l’est... à un tel point qu’elle pourrait certainement rouler sans et qu’ça la gênerait pas le moins du monde.

Puis elles reprennent la route. Elles pédalent, elles troquent la route pour un petit bout de forêt qui leur permet d’apparaitre sur la périphétique de Seattle... Et tant bien même les nombreuses vitrines aperçues en chemin ne les ont pas poussées à s’arrêter, les quelques structures métalliques qui s‘allongent sur un grand bout de nature leur donne envie de s’arrêter pour l’explorer, mais aussi rendre vie à ces choses qui les rendaient folles lorsqu’elles étaient gamines. « J’crois bien, ouais ! » Le terrain change, elles prennent bien soin de poser leurs vélos au plus près de la grande boule. « Y a pas moyen qu’on nous les vole, hein ? » qu’elle demande d’un ton curieux, sachant quand même pertinemment qu’il y a peu de chance que leurs vélos disparaissent si elles n’ont rencontré presque personne en chemin...

Elles laissent leur vélo et s’aventurent toutes les deux sur les restes d’une fête foraine itinérante, sûrement abandonnée après que le virus ait bien foutu le bordel. Certains éléments de cette grande roue sont tombés, la nature ne s’est pas privée de reprendre ses droits à tel point que le spectacle est même magnifique à voir et remplace la joie qu’elles auraient pu ressentir devant les lumières clignotantes du plus grand appareil du petit parc.
« C’est vachement beau, quand même ! » Elle a l’impression de revivre en grimpant dans l’un des petits vaisseaux qui entoure le manège aux ailes multicolores. S’il fonctionnait, elle serait en train de tourner et de lever les mains pour montrer à ses parents qu’elle s’éclate. Mais elle a seize ans, et ils ne sont plus là. Assise dans le manège, elle pose les mains sur le faux volant et secoue la petite navette dans tous les sens en criant toute son excitation (peut-être un poil abusée) de retrouver un vieux plaisir d’enfance.

À fond dans son propre trip, elle se tourne pour zieuter l’australienne et donner à la grande, énorme roue devant elle un peu d’attention. « J’parie que tu veux monter tout là-haut... ? » Elle la connait, Zelda. Elle la voit regarder cette grande roue comme s’il s’agissait d’un coffre aux trésors rempli de boules puantes. Puis en se tournant à nouveau, elle aperçoit tout un tas de cabines, de stands de nourritures et de jeux au pied de l’attraction phare...

« P’tain, j’y crois pas... on a vraiment touché l’gros lot, là ! » Elle saute par-dessus son siège pour s’aventurer du côté des stands, sans oublier cette fois-ci de s’armer de son arme. Sur place, pas un seul rôdeur. Elle ne préfère pas s’aventurer à l’intérieur des caravanes itinérantes mais aperçoit de vieilles couvertures à l’intérieur d’un vieux stand de tir à la carabine, ainsi que les restes de ballons éclatés de toutes les couleurs... « Franchement, on pourrait rester ici et pas rentrer, j’crois qu’on serait heureuses ! » qu’elle lui dit en lui tirant la main et en s’approchant cette fois-ci d’un stand de confiseries. Barbes à papa et autres trésors sucrés se cachaient autrefois derrière les vitrines brisées... « Y avait un truc qu’tu préférais, avant ? Moi, j’hésiterais entre la glace pilée et la pomme d’amour... j’tuerai quelqu’un pour en avoir une dans les mains, là ! » qu’elle lui confie en se frottant le ventre et en se léchant vulgairement les lèvres. Dommage pour elles, à part des restes de vieux paquets qui jonchent le sol sous des bouts de grands bouts de verres brisés, elles ne pourront pas se remplir le ventre.

« Naaaaaaaan ! » Puis elle aperçoit une énième merveille du monde... Tout un tas de machine attrape-peluches ! C'est donc ça, retomber en enfance ?


    Life After God
    “And then I felt sad because I realized that once people are broken in certain ways, they can't ever be fixed, and this is something nobody ever tells you when you are young and it never fails to surprise you as you grow older as you see the people in your life break one by one. You wonder when your turn is going to be, or if it's already happened.” + aeairiel.
Revenir en haut Aller en bas  
Zelda Anderson
Zelda Anderson
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Administratrice
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 7702
Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Mer 17 Mar 2021 - 21:21
« Ca, c'est ce qu'il essaie de faire croire ! »
Levi ! Qu'il se fiche complètement d'elle ! C'est peut-être le cas mais Zelda refuse de croire qu'elle puisse laisser quelqu'un indifférent. On la déteste ou on l'adore. Il n'y a pas d'entre-deux. « L'jour ou j'courberai l'échine devant un taré n'est pas près d'arriver, tu peux m'croire ! » estime-t-elle avec son aplomb ordinaire. « Et puis il m'a fait du mal ! J'suis comme le Nord dans Game of Thrones : j'oublie pas ! » Et elle ne pardonne pas davantage ! Oui, l'australienne est particulièrement rancunière. Mais les gens ne la respecteront jamais si elle leur laisse croire qu'ils peuvent s'en prendre à elle impunément. Tout se paie, c'est comme ça ! Ce n'est pas elle qui, la première, a fixé ce genre de règles.

« Tu trouves ? » demande-t-elle, un brin étonnée, à son amie lorsque cette dernière lui annonce qu'elle abuse. Elle n'a pas vraiment cette impression. Si elle en était capable, elle se remettrait davantage en question. Mais là encore, ce n'est exactement le style de la maison. « Tu vois ? Même toi tu préfères Casey ! Et pourtant t'adores tout le monde ! » C'est quand même bien la preuve que Maddie est une diablesse, ça, non ? Et ça ne fait que le conforter dans son idée : celle que la plupart des maux sur cette terre ont pour origine la cadette des Summer !

C'est au tour de Misha de récolter les foudres de l'adolescente. Quelque part ça lui fait toujours un bien fou d'évoquer la rouquine et ses nombreux manquements envers Clayton ou elle. Cela dit elle grimace lorsque Kassy évoque la possibilité qu'elle soit en train de copuler avec le routier en ce moment-même. « J'ai de sales images en tête maintenant ! Merci, hein ! » souffle-t-elle en tentant de purger ses pensées de cette vision d'horreur. « À la limite j'veux bien tolérer une bâtarde à la maison ! Et j'sais pas pour toi mais j'compte bien rentrer avant qu'elle ait eu l'temps d'se faire engrosser par la première bite venue ! » Hors de question que Misha entre à nouveau en gestation ! Cette fois, ce sera l'avortement. Qu'il soit volontaire ou non !

Finalement Kassy peut enfin s'exprimer librement. Elle évoque Bulle et les gens à qui elle tient. Tout le monde, en fait. Parce que cette fille, c'est la bonté incarnée. Elle est bien plus prompte à voir le bien que le mal. Et c'est pour ça qu'elles s'entendent si bien. Parce qu'elles sont les deux facettes d'une même pièce. Zelda hausse les épaules quand elle évoque Sean. « T'es la première à l'avoir embrassé de toute façon... » lui fait-elle remarquer. Quelque part il lui appartient autant qu'à elle. « Mais j'pensais pas que tu l'mettrais dans la liste, j'avoue ! » Est-ce que ça cache quelque chose ? La jalousie de l'australienne s'éveille malgré elle. Elle se fiche pas mal de Sean. Mais elle craint le jour où quelqu'un pourrait la supplanter dans le coeur de l'américaine...

Et puis les fauves sont lâchés quand elles découvrent les restes d'une fête foraine itinérante. Convaincre Kassy n'a rien de bien difficile. C'est même elle qui aurait proposé d'aller y farfouiller si l'australienne n'avait pas été la première à remarquer les lieux. Alors elles abandonnent leurs vélos contre les restes d'un vieux manège. Sa petite amie s'inquiète du fait qu'on puisse les voler. « Les rôdeurs n'savent pas encore faire du vélo, j'crois ! » Et c'est très bien comme ça. « D'ailleurs tu t'es déjà demandée s'ils allaient évoluer ? Genre... Apprendre des trucs ? Manier des armes, courir, conduire, tout ça ? » Ce ne serait franchement pas drôle. D'autant plus que les choses ne sont pas franchement marrantes en l'état actuel...

Les voici qui se laissent gagner par les vestiges de ces lieux plaisants, où la nature se mêle aux odeurs que leurs narines imaginent encore. Il y avait de la vie, ici. Maintenant il n'y a plus que le silence. Les attractions sont figées, inutiles. Il y a quelque chose de mélancolique dans tout ceci.

Kassy monte dans un manège et laisse son excitation se manifester sous la forme d'un cri enthousiaste. Zelda observe autours d'elles en espérant qu'aucun rôdeur ne puisse l'entendre. Puis elle reprend son observation attentive de la grande roue. Le chemin qu'il faudrait emprunter parmi les poutres métalliques pour se hisser à son sommet et dominer le monde. Et l'américaine comprend très vite ce qui peut bien habiter les pensées de l'australienne. « Oh putain, ouais ! J'en rêve ! » C'est un besoin, presque, à ce niveau-là. Celui de ressentir une adrénaline différente. Quelque chose de pur, qui n'est pas provoqué par les morts mais par la mort elle-même. « On pourra y aller ? » supplie-t-elle. Un peu comme une enfant aurait pu le quémander à ses parents quelques années plus tôt.

Et elles s'égarent à nouveau parmi les différents stands. Il n'y a plus grand chose à récupérer. Mais elles s'imaginent toute deux l'animation ou les mets qui pouvaient fourbir les vitrines. Elles flânent plus qu'elles ne fouillent. Kassy évoque l'idée de s'installer définitivement ici. C'est tentant. Parce qu'au final, tant qu'elles sont les deux, oui, elles trouveront toujours le moyen d'être heureuses. L'américaine se précipite déjà vers un ancien stand de friandises et lui annonce qu'elle tuerait pour une pomme d'amour ou de la glace pillée. « J'ai toujours eu un faible pour les mars glacés ! Et la barbe à papa ! » Parce que ça collait ! Et parce que trouvait vraiment chouette l'idée qu'un truc aussi léger puisse être aussi bon.

La furie, après avoir bidonné son ventre et léché ses lèvres, se précipite déjà vers des machines à peluches. « J'ai trop d'mauvais souvenirs avec ces trucs ! » gémit-elle en se précipitant toutefois à la suite de son amante. « J'ai jamais réussi à en attraper une ! Et j'te jure que j'en avais mis d'la thune, là-dedans ! Genre de quoi acheter un pays d'Afrique, hein ! Ou pas loin ! » Il faut dire qu'elle n'a pas réellement conscience du prix d'une telle chose. Mais ça ne lui semble pas si éloigné de la réalité. « J'ai toujours rêvé de fracasser leurs vitres pour les braquer ! Y'en a qui préfèrent les banques et bien moi, c'est les machines à peluches ! » s'amuse-t-elle. Ce qui lui fait penser... « Eh mais attends ?! Y'a plus d'flics, maintenant ! Tout l'monde s'en fout ! » L'apocalypse, ça permet aussi de réaliser de vieux rêves !

Aussi pose-t-elle son sac à terre pour en extirper la hache. Le tout, bien sûr, avec un sourire enfantin sur les lèvres. « Recule ! » Même s'il n'y a plus grand chose à récupérer, les peluches dans la machine sont plutôt bien conservées. Suffisamment pour la pousser à éclater le tranchant de l'arme sur la ventre. Elle y rebondit, ne laissant qu'une vague fêlure sur la vitre. « Mais c'est méga solide ?! » C'est quoi cette arnaque ? Ce n'est pas qu'une simple vite ?

Alors elle essaie plusieurs fois, Zelda. Et la vitre continue de résister. Si bien qu'elle finit par tendre la hache à son amie pour qu'elle puisse prendre le relais. Le temps de jeter un nouveau regard aux environs pour s'assurer qu'aucun rôdeur n'est attiré par les bruits répétés contre le plexiglas, elle se tourne vers son associée criminelle. « Tu veux vraiment rentrer, en fait ? » demande-t-elle avec une certaine gêne. « À Fort Ward, j'veux dire... » Elle, elle se sent abandonnée. La dernière fois que c'est arrivé, c'est lorsqu'elle était l'otage des gens qui semblent leur avoir tourné le dos aujourd'hui. « On n's'en sort pas si mal toutes les deux, non ? » Si l'on excepte le fait qu'elles meurent de faim...


War means fighting, fighting means killing

Awards:
 
Revenir en haut Aller en bas  
Kassandra Taylor
Kassandra Taylor
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Survivor
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 1102
Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Ven 19 Mar 2021 - 0:50
« Tu veux pas qu’on pense à autre chose ? Parce que c’est l’meilleur moyen d’me faire gerber, d’penser à Clay en train d’la... » Elle sent sa bouche se remplir de salive... elle sent qu’elle va gerber, ça y est ! Les mauvaises images de son père adoptif en train d’se taper la rouquine l’envahissent... même les yeux bien ouverts, elle peut pas arrêter d’y penser. Elle secoue la tête de toutes ses forces, profite du vent que cette petite balade à vélo lui procure... puis les premiers effets d’une potentielle nausée se dissipent et lui foutent la paix.

Elles vont loin. Elles s’imaginent tout un tas de choses qui n’arriveront certainement pas, elles jouent avec les clichés et la mauvaise image qu’elles se sont faites de celle qu’elles pourraient appeler leur ‘belle-maman’ et ça les amuse. « C’est pas possible de toute façon... Clay nous ferait pas ça. Rentrer et s’rendre compte qu’il aura fait que d’se la taper pendant notre disparition, ce serait quand même décevant... » Mais Clay ferait pas ça. Il doit être fou d’inquiétude, il doit essayer de trouver un moyen de les retrouver, il doit pas être bien ! « De toute façon, si c’est le cas... et j’y crois pas du tout, hein, bah on aura qu’à s’barrer ! » qu’elle lui dit, à peu près sûre d’elle. Parce que quelle trahison ce serait de se rendre compte qu’à peine elles avaient le dos tourné qu’ils ont décidé de se mettre à faire un autre gosse pour les remplacer...

Nan, elles leur manquent autant qu’ils lui manquent à toutes les deux. Autant que tout ce petit peuple duquel Kassandra s’est rapprochée depuis qu’elle a rejoint ce groupe... Un groupe qui l’a vue grandir, qu’il l’a vue prendre en maturité et qui continue de la voir changer au fil des jours. Elle en a vécu des choses, avec eux... Et si un jour il lui était donné de s’en aller dans un groupe meilleur que le sien, elle n’en aurait pas la force. Remnants un jour, Remnants toujours qu’on dit... ? « Me rappelle pas ça, s’teuplait... C’est pas l’plus beau souvenir que j’ai de lui. » Elles mettent un petit coup de guidon pour emprunter la route qui est sur leur droite. Sean, c’est... quand même beaucoup de souvenirs ! Le premier garçon qui l’a « intéressée », le premier qui s’est intéressé à elle et qui lui a donné l’impression d’être jolie, d’être le genre de filles qui intéressent les garçons. « Il embrasse super mal, il s’la raconte comme si j’allais m’intéresser à lui à chacune de vos disputes... mais... y a un truc sympathique chez lui. Je sais pas. J’me dis que c’est pas sa faute s’il est con comme ça, tu vois... ? » qu’elle lui dit sans trop être sûre. Peut-être qu’elle lui cherche surtout des excuses. Mais elle ne le pense pas plus méchant que la moyenne.

La fête foraine, c’est la dernière chose à laquelle elle a pensé sur le trajet jusque Seattle, mais c’est certainement la plus belle surprise qu’on aurait pu lui faire. Les deux filles semblent être aussi excitées l’une que l’autre à l’idée d’explorer les restes d’une fête foraine itinérante. Elles fouilleront les lieux, même si les chances qu’elle y trouvent quelque chose d’important sont totalement minimes. Elles ne se font pas prier pour abandonner leur vélo contre la structure métallique. Kassandra s’inquiète qu’on puisse leur voler les vélos, Zelda s’en moque et lui arrache un rire nerveux. « Tu sais pas, p’têtre qu’on pourrait en voir un en train d’faire du tricycle là-bas, hein... » Même si ce serait bien flippant, surtout s’il était déguisé en clown. Elle pointe du doigt le p’tit chapiteau au bout du terrain. « Hein ? Mais t’es pas bien dans ta tête, toi... Déjà qu’ils font bien flipper comme ça, j’veux pas les imaginer avec des cellules du cerveau qui fonctionnent. » L’idée de Zelda pue la merde. La question se pose, hein... mais plutôt crever que de devoir affronter des rôdeurs trois fois plus redoutables que ceux qu’ils croisent déjà sur leur route... La plupart paraissent faibles et endormis, et c’est déjà bien comme ça.
Elles laissent tomber les sujets épineux et arrêtent de réfléchir lorsqu’elles atteignent un vieux manège pour enfant. Les petites voitures issues de cartoons, les petits vaisseaux qui tournent autour d’une grande boule. Ça, c’était incroyable ! Elle adorait ça quand elle était petite, elle en raffolait. S’il y a bien un endroit où ses parents souffraient financièrement, c’était bien à la fête foraine. « On verra ça tout à l’heure, si t’es sage... ! » qu’elle lui confirme sur le même ton qu’une mère qui impose des conditions à un enfant qui a la main un peu trop baladeuse du côté du rayon jouets... Elle en a envie elle aussi, mais la peur de glisser, de crever en essayant de grimper sur une grande roue littéralement pour rien... ça l’empêche un peu d’aller au bout de ses idées et de le promettre à Zelda sachant qu’elles pourraient toutes les deux y passer. « T’sais que c’est hyper haut... ? Suffirait qu’on glisse, qu’une barre lâche ou j’sais pas quoi... et pouic... » Elle mime un égorgement. « Plus de Kassandra, plus d’Zelda... Maddie et Levi auront plus l’bonheur de voir ta jolie bouille... et ça, ce serait quand même vachement triste ! » C’est dit sur le ton de l’humour... mais faut quand même qu’elles fassent attention, nan ? Survivre un mois là-dehors tout ça pour glisser en essayant d’escalader une grande roue... ça reste très con.

En attendant, elles se baladent parmi les stands et se remémorent de vieux souvenirs. Les chansons entrainantes, l’odeur enivrante du sucre et cette foule d’humains qui se bousculent lors des visites du week-end... Elles font plus d’exploration que de fouille, rient et commentent tout un tas de choses qu’elles n’auraient jamais pensé revoir un jour. Le premier stand sur lequel Kassandra se lance, c’est celui qui avait l’habitude d’abriter de la nourriture... forcément. Le sucre, ça reste l’une de ses passions. « Les mars glacés... c’que j’tuerais pour en avaler un, là ! » Zelda lui vend du rêve, lui met même l’eau à la bouche. Elles devraient pas, surtout que même si elles parviennent à se nourrir un minimum, la faim continue de régner. « La barbe à papa, j’adorais ça aussi... même si j’détestais qu’ça me colle les mains. » Ouais, elle passait de bonnes journées jusqu’à ce sa mère se plaigne que ses vêtements soient sales parce qu’elle n’aura pas trouvé autre chose pour se nettoyer les doigts...

La prochaine victime de leur curiosité, c’est le paquet de machines à peluches juste derrière l’allée des stands de bouffe. Elles s’extasient sur la rangée de machines, s’amusent des quelques peluches qu’elles reconnaissent. Des Titi et Grosminet, des Pokémon à foison, des peluches Hello Kitty dont elle raffolait quand elle n’avait même pas encore les capacités de prononcer le moindre mot... C’est devant la machine censée faire honneur aux Pokémon qu’elles s’arrêtent. « Moi, j’laissais mes parents l’faire. Mon père était super bon à ça, j’crois qu’toutes les peluches qui étaient sur mon lit venaient d’trucs comme ça. » Parce que Zelda a raison, c’est super compliqué à utiliser. On disait même que c’était truqué, que les machines étaient programmées pour faire payer le client jusqu’à ce qu’il ait payé le triple du prix de la peluche qui l’intéressait.

L’idée de casser l’une de ces machines vient s’infiltrer dans la tête de Zelda... et Kassandra ne s’y oppose pas, surtout que le p’tit Evoli à couronne de fleurs dont elle aperçoit la queue entre un Salamèche et un Pikachu lui a tapé entre dans l’œil... « C’est un crime ça, tu l’sais... ? Et j’suis pas sûre qu’tu ferais une bonne criminelle... » s’amuse-t-elle à son tour pour la charrier, repensant à ces menottes qu’elle avait précédemment aux poignets... « Essaie de pas t’blesser, surtout ! » qu’elle lui dit en reculant pour pas se prendre un bout de verre dans la figure. Si elle lui a juré ne pas la vouloir près d’elle avec sa hache, elle a encore moins envie de se blesser pour un paquet de peluches qui ne sont, au final, pas vraiment importantes pour leur survie.
Les premiers coup de haches s’abattent sur la machine et poussent l’américaine à prendre davantage de distance. Les conséquences sur la vitrine sont minimes, Zelda continue de distribuer les coups mais... rien. « C’est mieux protégé qu’un coffre-fort, c’truc ou quoi ? » s’étonne-t-elle de la résistance d’une telle bricole... Puis Zelda finit par donner la hache à l’américaine qui n’a aucune confiance en elle à ce niveau. Ses coups ne serviront à rien. « T’as rien dans les bras, c’est ouf ça... » Elle se moque tout en s’imaginant quand même faire mieux que son amante. Les coups de hache qu’elle met à la vitrine sont ridicules, gênants. Elle a peur de se blesser ou de faire le moindre faux mouvement et de se retourner un bras. Elle semble plus faire du golf que du cassage de machine, Kassandra... et elle le sent sans même se tourner vers elle qu’elle a le sourire aux lèvres, Zelda...

Elle y met tellement peu d’entrain qu’au final, elle peut se permettre de parler sereinement pendant qu’elle continue de donner des caresses à l’appareil. « Je... j’sais pas trop, tu me le demandes sérieusement ? » Ne pas rentrer ? Est-ce vraiment ce que Zelda propose entre les lignes ? Est-ce qu’elle la comprend bien ? Finalement, elle lui rend cette foutue hache tout en l’informant qu’elle a une meilleure idée pour en venir à bout. « C’est bizarre d’admettre que j’me sens bien... genre dehors, avec toi ? J’sais pas, j’étais vraiment flippée au tout début mais j’ai fini par m’habituer à tous ces trucs que j’voyais pas avant... » admet-elle à son tour, un peu gênée. Elle ne se reconnait pas vraiment, en fait. Pour elle, l’extérieur était un véritable enfer. Et s’habituer à vivre un enfer, c’est pas censé être inquiétant ? « J’trouve qu’on s’en sort bien... mieux qu’avant, en tout cas. Qu’on aurait peut-être les moyens de survivre plus longtemps toutes les deux. » Elle finit par lui rendre la hache... puis par la regarderdroit dans les yeux, croise les bras contre sa poitrine. L’idée lui est séduisante. Elle en aurait peut-être envie si elle se penchait plus sur la question. Elles pourraient trouver un coin où s’installer, un coin qu’elles réaménageraient ensemble pour fonder ce petit paradis dont elles ne cessaient de blablater lorsqu’elles étaient encore au chaud sur leur île...

« Ce serait bien... nan ? Qu’on reste rien qu’toi et moi ? » Elle sent sa gorge se nouer. L’idée est alléchante. Elle est pas sûre d’en avoir vraiment, vraiment envie mais... ça pourrait être génial ? Ce serait même le pied, en fait. « Qu’est-ce qui nous retient de toute façon, là-bas... ? » Leurs connaissances. Clayton qui a risqué sa vie pour sauver celle d’une gamine qu’il connaissait pas et qui a tout fait pour lui offrir un avenir un minimum radieux. C’est surtout lui qui la retient de faire une croix sur Fort Ward, en fait... Parce qu’elle tient à beaucoup de monde, l’adolescente. Mais est-ce que penser à eux la convaincrait de rentrer ? Nope... Elle aime Misha mais l’affaire Colleen l’en a détachée. Elle apprécie Adrienne qui a décidé de mettre de nombreux espoirs sur ses épaules, Adrienne qui lui apprend tout un tas de choses mais qui l’a aussi déçue. Mais en plus des personnes, il y a aussi le confort et tous les avantages d’appartenir à un camp aussi bien développé. « Une grosse douche chaude, un bon repas bien préparé... ou une montagne de couvertures, ça te donne pas envie... ? » Parce qu’elle, elle y pense constamment à ces choses qui commencent à lui manquer de moins en moins... Habituée aux mauvaises odeurs qu’elle ne sent plus et aux repas qui n’en sont pas, elle s’est mise à minimiser ces problèmes du quotidien qu’elles ont peut-être fini par trop banaliser.

« J’crois que... j’me poserais pas la question si Clay était avec nous. Mais j’peux pas lui faire ça. On peut pas lui faire ça, si... ? » Parce qu’il leur est important, parce qu’il est certainement mort d’inquiétude et que ce serait égoïste de leur part de disparaitre dans la nature pour ne plus rentrer. Passer pour mortes, c’est la pire chose qu’elles pourraient faire. « J’me sens déjà malade d’m’imaginer pas le revoir. J’sais pas, il me manque vraiment et j’veux pas qu’il nous pense mortes... t’es pas d’accord ? » Elle essaie de savoir si Zelda pense la même chose qu'elle, ou si elle est juste trop "sensible". Pour elle, l'idée est bonne mais ne peut s'exécuter dans ces conditions... puis qu'est-ce qui leur dit qu'elles ne finiraient pas par se faire bouffer un jour ou l'autre, qu'elles rencontreraient pas la mauvaise personne et qu'elles ne finiraient pas mortes... ou encore pire, derrière les murs de chez les New Eden à jouer les gentilles femmes aux foyers pour des quarantenaires dégueulasses...

Elle se frotte le ventre par-dessus son haut troué, essaie de se débarrasser de cet estomac noué qu'une discussion aussi importante lui aura infligé. « Pour... pour la machine, j'ai une idée. » qu'elle lui dit en se mettant à grimper l'appareil et en l'invitant à faire de même. Au sommet, un genre de petite trappe. Elles ne sont pas assez fines pour y passer, mais... « J'crois que c'est retirable, nan ? Qu'on peut enlever c'truc pour avoir accès à tout c'qu'il y a dedans. » Elle abat doucement le poing sur le toit en plastique de la machine. Elle sait pas trop pourquoi ces peluches sont devenues si importantes tout à coup, mais elle a vraiment envie d'en choper une... au moins en guise de souvenir ? Parce qu'elles rentreront, parce qu'elles ne pourront pas continuer de vivre seules et éternellement là-dehors mais que la simple vision de ces jouets les poussera à se souvenir de leurs jours pas si heureux mais fortement agréables. C'est nul, la survie... mais la simple présence d'un être cher et important à tes côtés permet d'éclairer les ruelles sombres et de nettoyer ces trottoirs jonchés de cadavres pour en faire quelque chose d'un minimum appréciable... Et Zelda, qu'est-ce qu'elle rend cette aventure plus amusante, plus intéressante qu'elle le serait si elle était seule.


    Life After God
    “And then I felt sad because I realized that once people are broken in certain ways, they can't ever be fixed, and this is something nobody ever tells you when you are young and it never fails to surprise you as you grow older as you see the people in your life break one by one. You wonder when your turn is going to be, or if it's already happened.” + aeairiel.
Revenir en haut Aller en bas  
Zelda Anderson
Zelda Anderson
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Administratrice
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 7702
Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Ven 19 Mar 2021 - 3:24
« Il s'est un peu amélioré, depuis, quand même... »
Enfin bien sûr, elle ne peut pas vraiment le savoir, ça, Kassy. Parce qu'à sa connaissance elle n'a plus jamais embrassé Sean depuis cette fameuse soirée. Zelda lui adresse un petit sourire amusé. Celui qui annonce l'arrivée d'une petite blague. Parfois rigolote, souvent nulle. « Faut dire que j'lui ai donné des cours de langue ! » Elle en parle avec une certaine tendresse, du garçon, à présent. Comme si le temps ou les événements avaient fait leur oeuvre et laissé dans leurs sillages les moments agréables. « Non, t'as raison ! Il est devenu con ! » approuve-t-elle en hochant légèrement la tête. « Depuis que Levi est devenu son tuteur, en fait ! » À l'époque elle souhaitait l'arracher à l'influence de l'israélien. Force est de constater que c'est pourtant lui qui a gagné...

Elles parquent leurs vélos et s'interrogent, quelques minutes plus tard, sur l'évolution des rôdeurs. L'image d'un mort faisant du tricycle arrache un petit rire à l'australienne. Elle le perd néanmoins lorsqu'elle se rend compte que finalement ce serait surtout plus flippant qu'autre chose. Et puis Kassy s'irrite un peu qu'elle ait pu soulever l'idée d'une progression chez ces cadavres qui leur pourrissent la vie. Et qui pourrissent tout court, d'ailleurs. « On les voit comme des trucs à part. Mais si ça se trouve c'est p't-être juste la prochaine étape d'notre évolution ? » suppose-t-elle en haussant les épaules.« Et nous, on est devenus obsolètes... » Raison de plus pour se battre et conserver le droit de vivre. Darwin peut aller se faire voir !

Et puis le regard de l'australienne trahit son intérêt pour la grande roue et sa comparse lui annonce qu'elles iront peut-être y faire un tour pour peu qu'elle soit sage. « Oh allez, j'suis toujours sage ! » argue-t-elle. Et les mises en garde pertinente de son amie sur la dangerosité du manège entament tout juste son enthousiasme. « C'est justement parce que c'est haut que c'est cool ! » souffle-t-elle, captivée par la vision du carrousel. « Et on aura qu'à pas tomber, c'est tout ! » Il suffit de regarder où elles mettent les pieds et s'assurer de leurs appuis. « De toute façon c'est hors de question que j'laisse Maddie croire qu'elle a gagné ! » Oh elle doit jubiler, la secrétaire, à Fort Ward ! Raison de plus pour briser ses espoirs en revenant saines et sauves.

Les voici qui déambulent un peu à travers les stands et évoquent les friandises d'autrefois. Pomme d'amour et glace pillée pour Kassy, mars glacés et barbe-à-papa pour Zelda. Comme souvent, elles se découvrent d'autres points communs et l'australienne lâche un petit rire amusé quand son amie évoque le peu de bien qu'elle pense des mains collantes. « T'étais déjà une précieuse à l'époque, alors ? » Elle fait mine de s'étonner, la bouscule un peu de manière affectueuse. Et puis elles découvrent ces machines à peluches qui nourrissent aussitôt leurs souvenirs et leur imagination.

« C'est d'la triche ! » proteste Zelda quand son aînée lui avoue que c'est son père qui attrapait autrefois ses peluches. « De la triche et du génie ! » Pourquoi n'y a-t-elle jamais pensé, à ça, hein ? Elle perd un instant son regard dans le vague pour refouler le visage de son père et la douleur qui l'accompagne. Et puis elle commence à frapper la machine de sa hache. Non sans que son amie lui rappelle auparavant qu'il s'agit d'un crime. « C'est ça qui est bon ! » ricane-t-elle avant d'abattre l'acier sur la vitre qui, de son côté, semble bien décidée à résister. « Eh ! » s'offusque-t-elle dans la foulée quand son amante lui fait remarquer qu'elle ne ferait sans doute pas une bonne criminelle. « En tout cas, j'en ai l'charisme ! » C'est ce qu'elle se plait, du moins, à croire !

Zelda continue, persévère dans ses efforts. Mais le coffre aux trésors refuse toujours de céder. Et les remarques guères encourageantes de son amie n'aident en rien. « T'es dans quel camp, toi, au juste ? » s'agace-t-elle. « Le mien ou celui de c'te saloperie ?! » Elle va devoir choisir. Et puisqu'elle trouve qu'elle n'a rien dans les bras, Kassy se retrouve avec la hache dans les mains et l'honneur relatif de faire céder la machine. L'australienne s'écarte un peu et vient trouver place sur une vieille machine à jetons couchée sur le flanc. Et une question lui vient spontanément : est-ce qu'elles ont vraiment envie de rentrer à Fort Ward ?

Sans trop comprendre comment, elle se retrouve à nouveau avec la hache entre les mains. Mais le sujet qu'elles abordent est sérieux. Suffisamment, en tout cas, pour qu'elle garde les fesses rivées sur ce siège improvisée et qu'elle offre toute son attention à son amie. « Oui, sérieusement ! » confirme-t-elle d'un air grave quand son amie cherche à mesurer le sens de cette question et l'importance qu'elle lui accorde. Et puis l'américaine lui demande si c'est bizarre d'éprouver la sensation de se sentir bien à l'extérieur, là, avec elle. Zelda hoche presque immédiatement le tête de gauche à droite. « Non ! » répond-t-elle d'abord, catégorique, avant de se montrer plus hésitante : « Enfin... Oui, peut-être ! Je n'sais pas trop ! » Difficile à dire. C'est une question simple. Mais qui appelle à une réponse compliquée, nuancée. « Mais j'ressens la même chose ! C'est pas... parfait ! Mais t'es là et... Ouais, j'arrive pas à me départir de cette impression que j'ai tout c'qu'il me faut ? » À part de la nourriture. Elles tiennent. Mais combien de temps ? Plus les jours passent et plus elles maigrissent. Elle le sent bien, l'australienne. Elle le mesure à chaque fois qu'elle a la chance de pouvoir s'endormir dans les bras de Kassy...

L'américaine semble d'ailleurs peu à peu se faire gagner par le désir de ne pas rentrer. De conserver cette liberté au détriment du confort et de la sécurité. Zelda se relève, se glisse dans son dos pour l'enlacer en refermant sa prise délicatement autours du ventre de son amie. « Ce serait vraiment bien... » confirme-t-elle sur un ton un peu rêveur. Mais elle conserve le conditionnel, consciente que tout ceci n'est sans doute rien de plus qu'une douce illusion. Ce qui les retient à Fort Ward ? « Rien ! » Elle dépose un baiser dans le cou de son amante puis cale son menton dans le creux de ce dernier. Elles se balancent un peu. Sa réponse n'est pas tout à fait exacte. June, Clay', Ela... Les amarres qui les ancrent aux rivages de Bainbdrige sont nombreuses. Et bien plus solides qu'elle veut bien l'admettre.

Et puis comme bien souvent c'est Kassy qui s'engage la première sur le chemin de la raison. Sa cadette lui emboîte le pas en lâchant un profond soupir. Non, clairement, elles ne peuvent pas faire ça à Clay' et aux personnes pour qui elles comptent. Ce serait cruel. « Non, t'as raison... » confirme-t-elle. « On peut pas l'abandonner entre les griffes d'sa nympho ! » Si les rôles étaient inversés, elles aimeraient aussi qu'il rentre. Son absence et les incertitudes qui y sont liées seraient pesantes. Trop pesantes. « Rappelle-moi une seule fois où j'n'ai pas été d'accord avec toi ? » réplique-t-elle à l'américaine lorsque cette dernière lui demande si elle ne partage pas son avis sur le sujet. Elle rigole et lui rend sa liberté. Non sans avoir déposé une autre petite marque d'affection sur sa joue.

C'est donc la machine qui recueille à nouveau leur attention. Kassy lui annonce qu'elle a une idée et Zelda, forcément, se sent obligée de froncer les sourcils. « Une bonne idée ? » La question lui semble légitime. D'autant plus lorsqu'elle se retrouve embarquée sur le toit de l'appareil, à observer une petite trappe. L'américaine tape sur cette dernière et l'australienne se laisse tomber au sol pour récupérer la hache et la lui tendre. « Tiens, si tu préfères épargner tes poings ! Si on a inventé les haches, c'est pas pour rien ! » C'est pour s'amuser ! Et de temps à autre, oui, défoncer le crâne d'un rôdeur ou deux. « T'es prête ? » demande-t-elle quand le plastique a cédé et qu'il ne leur reste plus qu'à pousser la machine sur le flanc. « Trois, deux, un... » compte-t-elle. Et les voici qui poussent, insistent et grognent en usant déraisonnablement de leurs forces pour faire basculer l'appareil. Et vous savez quoi ? Elles y parviennent ! Oh que oui !

Et là, forcément, c'est la fête de la peluche. La plupart sont à portée de leurs mains. Elles les extirpent toutes, ou presque. « Celle-là serait parfaite pour Ao' ! Ils ont le même air joyeux, tu sais ? » argue-t-elle en présentant le schtroumpfe grognon à sa petite amie. « Je sais pas laquelle choisir... » Il y en a tellement ! Et leurs sacs semblent si petits... « On se servira de celles qu'on embarque pas pour s'faire un matelas ce soir, t'en dis quoi ? » Ce sera tout doux, tout tendre.

C'est là qu'elle les voit, Zelda. Ces drôles de billes luisantes dans l'obscurité naissante. D'autres s'allument peu à peu et amplifient la menace. Des loups ? Des chiens ? « Kassy ? » appelle-t-elle doucement l'adolescente. « Tu t'souviens quand j'te disais que ce serait bien d'monter sur la grande roue, hein ? » Son ton est probablement assez inquiétant pour que son amie se rende compte que quelque chose ne tourne pas rond. « On devrait l'faire maintenant. Genre... Vraiment maintenant ! » insiste-t-elle. D'autres regards s'animent et apparaissent. Trop de regards. Plus que leur nombre de balles, en tout cas.


War means fighting, fighting means killing

Awards:
 
Revenir en haut Aller en bas  
Kassandra Taylor
Kassandra Taylor
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Survivor
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 1102
Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Mar 23 Mar 2021 - 0:50
« J’en connais qui penseraient pas la même chose... »

Dire que Zelda est toujours sage, c’est comme dire que Kassandra fait constamment des conneries : c’est faux. Si l’australienne est surtout connue pour quelque chose, c’est certainement plus pour ses multiples bêtises et excès de zèle que pour ses actes de sagesse. Mais ça, c’est l’avis de tous... et dans le cœur de Kassandra, elle est bien sage, Zelda. Pas autant qu’elle devrait peut-être l’être à son âge, mais... elle fait de son mieux ? Escalader cette gigantesque roue pourrait, en effet, avoir un certain charme. C’est typiquement le genre d’images romantiques que n’importe qui aurait pu avoir de l’apocalypse, avant. L’amour avant tout, un câlin en haut d’une gigantesque roue laissée à l’abandon... Une scène qu’on aurait pu retrouver dans n’importe quel film de genre avec les deux personnages principaux en train de s’étreindre là-haut, tout en regardant l’horizon. C’est beau, ça lui donne même envie... La peur d’escalader cette roue qui pourrait s’effondrer à tout moment est tentant. Et elle a beau y réfléchir, elle sait que face à l’enthousiasme de sa meilleure amie, elle ne pourra dire non. Soit elle accepte de plein gré, soit Zelda la tirera là-haut sans qu’elle n’ait son mot à dire... « On ira, on essaiera d’y aller... mais avant, on va faire un peu l’tour ! »

Et elles s’exécutent, font le tour d’une ancienne fête foraine itinérante qui aurait certainement plus de charme avec un peu d’ambiance, au milieu des jeux de lumière, des cris enfantins et des enceintes qui vomissent des chansons qu’il lui manque d’entendre. Elles découvrent d’anciens stands de confiseries, puis s’intéressent davantage aux machines à peluches qui ont longtemps été adorées par les petites têtes blondes... mais qui étaient de grands moyens d’arnaque selon certains. « Il était super fort... j’crois qu’t’hallucinerais en voyant toutes les peluches qu’il réussissait à attraper... c’était un génie ! » qu’elle se vante auprès de sa meilleure amie du talent qu’avait son père avec ces bêtes là... Elle détestait avoir la main sur la manette et préférait plutôt observer son père essayer, réessayer et encore essayer jusqu’à enfin parvenir à attraper ces peluches qui lui faisaient de l’œil et qui trônent certainement toujours sur son lit, couvertes de poussière et d’autres saloperies inqualifiables. Et alors que les premiers coups de hache s’abattent sur la machine, Kassandra se remet à penser à son père. À cet homme auquel elle pense constamment, mais à celui qu’elle n’a plus autant l’habitude d’aborder. L’homme le plus précieux et le plus important de sa vie, son meilleur modèle, celui qui lui a pendant longtemps autant donné envie de mourir que de se battre. Le voir mourir sous ses yeux aura été le souvenir le plus traumatisant qui lui aura été de voir et de garder... Le simple fait d’y penser lui arrache une larme qu’elle essuie sur le champ, avant qu’elles ne recommencent à papoter et que Zelda ne la sorte d’une déprime qui aurait été trop lourde à assumer.

« C’est vrai qu’t’as l’étoffe d’une grande criminelle... j’peux te mettre les menottes ? » Elle choisit d’entrer dans son jeu, blaguant à son tour à propos de cet appareil de torture qu’elle lui a attaché aux poignets, quelques jours plus tôt. « Ou tu veux un p’tit coup de taser, peut-être... ? » dit-elle sur le ton de l’humour en sortant l’appareil qu’elle a précieusement gardé dans sa poche ces derniers jours... elle espère le ramener à Fort Ward pour s’amuser un peu. Zelda ne manquera pas d’idées originales pour s’en servir, elle n’en doute pas. « Si j’t’offre ce truc pour t’éclater avec Max, t’as intérêt à m’respecter à vie... » Et elle sait qu’elle le fera...

Elle envisage de faire une reconstitution d’arrestation, juste pour s’amuser. À base de « Police ! », « Les mains en l’air ! » et tout le bordel, avant de se rendre compte que ce n’est de toute évidence pas une bonne idée et que c’est la seule façon de renvoyer Zelda à l’état de légume, quand les bibous babiques et la langue endormie sont monnaies courantes... « Promis, j’fais pas de connerie avec, j’le range... » Les yeux ronds de Zelda la motivent à vite s’en débarrasser et à changer de sujet.

Kassandra se moque, elle ne s’en prive pas. Les coups de son amie sur la machine sonnent faux et n’ont absolument aucun effet. « J’suis d’ton côté... mais c’est vrai qu’t’as pas de force dans les bras, quoi ! » Ça l’amuse de la voir donner des coups qui ont le même effet qu’un coup de pied dans une flaque d’eau... Alors, elle ne refuse pas la hache que l’australienne lui tend à son tour pour prouver qu’elle s’en sort mieux... ce qui n’est pas du tout le cas. Les mouvements de la jeune femme sont pathétiques, elle n’y met aucun effort. Elle préfère même la lui rendre et déclarer forfait après s’être rendue compte qu’elles n’iraient nulle part...

Et au détour de cette jolie machine pleine de belles peluches qu’elles n’arrivent pas à détruire, elles se mettent à se demander... Pourquoi rentrer ? C’est Zelda qui lance la question et Kassandra qui y réfléchit. Retourner à Fort Ward, c’est leur plan depuis le départ et il n’a jamais été question de faire le moindre détour, ou juste de faire une croix sur le groupe qui les aura recueillies et qui leur aura offert une vie plus saine qu’elles auraient pu en avoir chez d’autres. D’abord, l’américaine trouve cette question osée avant de réellement y songer et de se dire que c’est pas si déconnant que ça... Parce que là-dehors, elle se sent bien, Kassandra. La présence de sa meilleure amie y est pour quelque chose, c’est certain. Mais de là à ne pas rentrer... « J’en aurais bien envie, mais... c’est irréaliste, je me dis... Parce qu’on a l’impression d’avoir tout c’qu’il nous faut sans que ce soit le cas. T’es là, tu me suffis... mais c’est pas ça qui va nous faire arrêter d’avoir faim ou qui va nous assurer d’avoir un bon lit et de grandes couvertures où nous blottir chaque soir, tu vois... ? » se confie-t-elle en haussant simplement les épaules, un peu hésitante quant à tous ces mots qu’elle débite. Le sujet est important, elle a tellement d’idées mais elle a surtout peur de mal les exprimer.

Ce naufrage qui aura d’abord été un cauchemar avant de devenir une belle aventure leur a donné une liberté qu’elles n’ont jamais pu toucher auparavant. Une liberté à laquelle elles ne devraient pas trop s’attacher, parce qu’en rentrant... elles récupéreront cette vie un peu monotone qu’elles avaient. Et elle se sent rassurée en se rendant compte qu’elle n’est pas la seule à avoir cette opinion que là-dehors, elles s’en sortent plutôt bien.

La hache de l’australienne finit au sol et ses bras viennent entourer sa meilleure amie. La présence de son amante dans son dos la fait frissonner, lui rappelle agréablement qu’elle n’est pas seule et qu’elle ne le sera jamais. Le temps d’un instant, l’idée de rester là-dehors, de vivre leur vie rien qu’à d’eux sans s’occuper de ceux qui les attendent ou ne les attendent pas leur effleure la peau. Elles rêvent, elles ne sont pas lucides et le peu de nourriture avalée ces derniers jours ne les aide pas à avoir les idées claires. Pourtant, elles se complaisent toutes les deux dans l’optique qu’ensemble, elles pourraient faire de grandes choses. Se trouver une grande maison, l’aménager comme elles le pourraient et en faire un paradis comme il ne leur aura jamais été donné d’en avoir un. Elles pourraient vivre de la chasse, de cet amour qu’elles découvrent encore lentement. Un baiser dans son cou vient la ramener à la raison, puis ces mains qui se resserrent doucement sur son estomac la réchauffent. Elles se balancent comme des gamines, comme des filles qui savent encore faire preuve de douceur, de tendresse alors que le monde qui les entoure ne leur en inspire rien. Ces caresses, ces étreintes... elle espère y avoir le droit à vie et ne jamais avoir à les oublier. « C’est niais, mais avec tout ça, je me rends compte que t’es l’une des seules choses dont j’ai besoin pour m’sentir bien... Pas de ces bouquins chiants que j’lis et qu’tu regardes avec de grands yeux... ou même d’ce désir de m’faire passer pour une guerrière avec tout le monde alors que j’ai rien de tout ça... » Ces derniers jours, cette jolie discussion qu’elles ont toutes les deux la poussent à ouvrir les yeux et à se rendre compte que surjouer et s’inventer une personnalité qui n’est pas la sienne l’embrouillent, l’empêchent de penser clairement. Kassandra n’est pas faite pour se battre, elle ne le sera jamais.

Il n’est pas question qu’elles ne rentrent pas, qu’elles laissent Clayton entre les griffes d’une nymphomane qui va certainement pondre cinq gosses avant qu’elles ne rentrent. Les mots d’Anderson lui arrachent une paire de ricanements à laquelle elle répond naturellement. « Beaucoup d’fois... surtout lorsqu’il est question de faire des conneries ou d’pas en faire. Mais continuons d’être en désaccord, c’est quand t’es toute énervée ou sûre de tes conneries que j’te préfère, moi... »

Zelda la libère, Kassandra retourne impatiemment contre elle, le temps d’un instant, pour lui rendre cette marque d’affection sur la joue qu’elle vient tout juste de lui donner. Elle déteste être la seule à en recevoir et fait de son possible pour les rendre quand elle n’est pas prisonnière des bras de sa bien-aimée. « Allez... j’ai envie d’récupérer ma peluche, moi ! » lui rappelle-t-elle en pointant le petit Evoli du doigt à travers la vitrine...

Elle a une bonne idée en tête et le fait savoir à sa meilleure amie qui la rejoint, par-dessus la machine. Elles enlèvent toutes les deux le toit de l’appareil avec cette hache que la plus jeune a récupéré avant de se laisser glisser le long de l’appareil pour le faire tomber. Une telle action nécessite pas mal de force... une force qu’elles n’ont pas mais qu’avec pas mal d’efforts, elles finissent par rassembler. Elles comptent ensemble avant de laisser leurs bras faire tout le boulot. Elles grognent, lâchent de belles insultes. Quelques gouttes de sueur et une montagne d’insultes plus tard, l’appareil est allongé à plat ventre sur le sol... et une montagne de peluches s’en libèrent sur l’herbe encore mouillée.

Kassandra saute dans l’océan plein de douceur et attrape instinctivement celle qui lui faisait de l’œil. « Tu trouves pas qu’on dirait grave moi ? » lui demande-t-elle en lui montrant fièrement le Pokémon à la belle couronne de fleurs... « T’abuses... j’me rappelle qu’il faisait encore plus la gueule que ça, Ao ! » Surtout en se rendant compte que Kassandra se faisait de moins en moins présente à ses cours... mais ça, il ne l’avouera jamais ! « Il a un peu la même tête que Max, nan ? Si on en oublie les cheveux, hein... » qu’elle l’interroge en arborant à son tour une ‘’jolie’’ peluche du rouquin des Razmoket.

Ils ne se ressemblent pas tant que ça physiquement mais ont à peu près la même dégaine de détraqués sexuel... « Bon, j’rigole... il est plus mignon qu’ça, Maxwell. Mais... j’le garde pour lui ramener. » Dans son cas, la découverte des peluches devient surtout un prétexte pour faire un peu de shopping et remplir son sac bien vide d’un tas de peluches dont elle ne se servira potentiellement jamais... Leurs sacs sont fins, minces, mais elles leur serviront, elle en est sûre.

« Tu veux dormir là, ce soir... ? Parce que moi, j’ai une meilleure idée. » Elle lui donne un petit coup d’épaule pour attirer son attention avant de pointer du doigt, là-haut, l’une de ces nacelles pendantes qui semblent bien spacieuses. Dormir en hauteur, à la belle étoile et sur une montagne de peluches, ça n’peut qu’être le pied, nan ? À condition que ces nacelles ne s’effondrent pas, mais... elles ne devraient pas, si ?

Kassandra continue de remplir son sac jusqu’à ce que la fermeture éclair de celui-ci ne puisse se refermer, et c’est en écoutant les appels de son amie qu’elle lève les yeux et qu’elle les voit aussi... ces petites boules lumineuses, dans l’obscurité. Le ton de Zelda est moins excité et plus inquiet... à juste titre. Elles ne sont pas seules.

« L-Lève-toi... ? » Elle la sent aussi, cette tension, cette petite chaleur dans son ventre qui lui intime de prendre ses jambes à son pied et d’se tirer sur le champ. D’autant plus que d’autres regards s’allument et se font de plus en plus nombreux... Des loups, des chiens, on les observe. Kassandra garde son sac par-dessus son épaule et vient chercher délicatement la main de sa copine. Elle la regarde après avoir avalé une grande partie de sa salive... puis sur la fin d’un décompte silencieux, elles se mettent toutes les deux à courir au milieu de cette fête qui n’en est plus une.

Elles se ruent à l’opposé de l’endroit où elles sont arrivées et s’approchent de cette grande roue que l’américaine n’a jamais eue aussi hâte d’escalader. Une fois au pied du gigantesque appareil, elles en font le tour jusqu’à mettre les mains sur le premier barreau de la gigantesque échelle qui les mènera tout là-haut... Elles sont toutes les deux pressées à un tel point qu’elles ne décident pas de qui est la première à s’élancer... Et c’est Kassandra qui trinque. « Grouille-toi ! » qu’on l’entend gueuler en escaladant le bout de l’échelle à une vitesse impressionnante... La peur de ces bêtes qu’elle n’ose pas regarder mais qui se révèlent n’être rien d’autres qu’une bande de chiens des villes l’effraie plus qu’une bande de rôdeurs... « Vos gueules... taisez-vous, putain ! » qu’elle leur crie alors qu’ils se mettent à aboyer comme des abrutis, et à un volume impressionnant en les voyant toutes les deux hors de portée...

L’adolescente continue de grimper l’échelle et se donne pour mission de ne pas regarder en bas. Même pour s’assurer que Zelda va bien, elle se fie simplement à ses mots et aux soupirs qu’elles libèrent. « Si j’m’attendais pas à un truc... c’est bien à ça... » Pourquoi est-ce que la nature se sent obligée de pourrir chacun de leurs moments ? Elles ne faisaient que jouer avec des peluches, des jouets qui n’intéressent personne... « Il commence à m’faire chier l’Seigneur... j’commence à saturer, moi ! » qu’elle se lâche en prenant davantage de hauteur jusqu’à atteindre le centre de l’engin au bout de quelques minutes. Les insultes et l’énervement l’auront certainement aidé à faire une croix sur sa peur du vide et ses inquiétudes récentes quant au fait d’escalader un tel appareil... « Ça va... ? Tu m’lâches pas, hein ? Si tu meurs, si tu lâches l’échelle... j’te jure que j’saute et que j’te rejoins pour te l’faire regretter directement au Paradis, moi ! » Et ça, elle s'en gênerait absolument pas...

Elle se hisse au centre de l'appareil, ses pieds quittent l'échelle. Et c'est uniquement lorsqu'elle tend la main à Zelda pour la hisser auprès d'elle qu'elle se rend compte de la hauteur qu'elles viennent de prendre... De là-haut, les bestioles qui se sont mises à leur gueuler dessus ne sont plus que des insectes multicolores qu'elles peinent à discerner dans le noir... « C'est pas... » Elles secoue rapidement la tête et lève le regard vers sa meilleure amie pour penser à autre chose. Le vide, ses mains moites et cette nausée qui la prend...

Elle n'avait pas dans l'optique de se venger sur la bande de racailles canines qui les observe au pied de l'attraction... Espérons donc qu'ils ne lui en tiennent pas rigueur si la vague de dégueulis qui se met à pleuvoir vienne leur couvrir la tronche.


    Life After God
    “And then I felt sad because I realized that once people are broken in certain ways, they can't ever be fixed, and this is something nobody ever tells you when you are young and it never fails to surprise you as you grow older as you see the people in your life break one by one. You wonder when your turn is going to be, or if it's already happened.” + aeairiel.
Revenir en haut Aller en bas  
Zelda Anderson
Zelda Anderson
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Administratrice
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 7702
Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   Lun 29 Mar 2021 - 15:31
« Hallelujah, ma soeur ! »
Zelda lâche un petit rire lorsque son amie lui annonce qu'elle se rend enfin compte que ses livres ne sont pas vraiment importants. « Depuis l'temps que j'attendais qu'tu m'dises ça... Dire qu'il suffisait d'un naufrage pour qu't'ouvres les yeux. Si j'avais su ça plus tôt... » plaisante-t-elle avant de s'écarter doucement de sa petite copine quand celle-ci lui parle de son désir de se faire passer pour une guerrière. Comme si elle doutait en être une. « Tu m'laisses pas trop l'choix, là ! J'vais devoir m'la jouer façon vieille senseï japonaise ! » L'adolescente vient se placer en face de son aînée et dépose solennellement sa main sur son coeur : « La force d'un samourai ne réside pas dans son épée mais dans son coeur ! » glisse-t-elle avec un petit accent nippon fort mal imité.

Et pourtant l'idée est là : Kassy a véritablement le coeur d'une combattante. Elle n'a cessé de le lui prouver depuis qu'elles se sont échouées sur la plage. Et même bien avant ça... Ce qui n'empêche pas Zelda de se fendre d'un petit sourire espiègle ! « Bon, après, la façon dont on se sert d'sa tête compte aussi ! On va pas s'mentir, hein ! Mais ça, la réflexion et l'intelligence, c'est mon domaine ! » claironne-t-elle, s'appuyant sur ce petite air malicieux qu'elle aime tant. « C'est pour ça qu'on est l'meilleur duo du monde ! » Seuls les idiots oseraient contester cette évidence. L'australienne est absolument sûre de ce qu'elle avance !

Le retour de bâton arrive sous la forme d'une boutade qui lui arrache une grimace marquée par le scepticisme. À entendre Kassy, elle se trompe constamment. Mais d'un autre côté c'est aussi ainsi qu'elle la préfère... « T'es un peu bizarre, toi, quand même ! » s'étonne-t-elle. Mais elle pourrait même être la pire des attardées qu'elle continuerait à l'aimer. Parce qu'elle, c'est quand sa petite copine se montre cassante qu'elle la trouve particulièrement craquante. Avec ce petit air rebelle couplé à ce regard vif et pétillant !

L'opération peluche reprend avec plus ou moins de succès et la machine finit par délivrer son contenu sur le sol. Et les voici qui farfouillent à la recherche de la perle rare puis s'amusent à comparer les personnages aux gens de Fort Ward. Kassy lui présente un Evoli et argue qu'elle lui ressemble. « L'prends pas mal mais... Il est quand même vachement plus mignon, non ? » Après c'est peut-être une simple histoire de goût. « Et puis j't'ai toujours trouvée plus Smogogo, dans ton genre... Surtout au niveau d'l'odeur ! » Et elle n'a même pas honte ! Parce que celle qui se plaint toujours de l'odeur de sa partenaire, en général, c'est plutôt Kassy...

Elles trouvent le schtroumpfe grognon et l'associent à Ao puis le rouquin des Razmoket qui, évidemment, est comparé à Max. « C'est exactement ça, ouais ! Y'a l'même air débile ! » approuve-t-elle en souriant. La dernière fois qu'elle l'a vu, Max, ils se sont tapés dessus. Ce qui devient un peu habituel. Du coup elle l'imagine fort bien se réjouir de son absence, là-bas, à Fort Ward. Et se réjouit davantage de rentrer pour pouvoir briser ses insolents espoirs !

La suite se résume à une proposition pour aller dormir sur la grande roue - et, dans la foulée, au sourire de Zelda - et à l'apparition de quadrupèdes qui viennent gâcher toute la belle légèreté de cet instant. Le duo se retrouve ainsi à courir en direction du manège avec, sur leurs basques, une meute affamée. Elles manquent de se percuter en atteignant l'échelle et Zelda se retrouve à la seconde position. Une mâchoire claque à côté de son mollet mais la menace semble belle et bien écartée. « Oui ben j'fais c'que j'peux, là, hein ! » maugrée l'australienne quand l'américaine l'incite à se dépêcher. « J'ai pas spécialement envie d'finir déchiquetée, j't'assure ! » Elle croit peut-être qu'elle est en train de glandouiller, là ?

Mais Kassy semble un brin sur les nerfs. Et Zelda la comprend. Alors elle ne commente pas vraiment quand son amante s'adresse directement aux chiens de manière fort peu polie pour leur intimer l'ordre de la fermer. Quoique... Si, allez, juste pour le plaisir : « Ils n'parlent pas anglais ! » Elle ferait mieux d'économiser sa salive parce qu'il va falloir de l'endurance, pour monter jusqu'à là-haut. Et que leurs forces ont décliné à cause des privations. Alors elle ne commente pas la remarque sur ce Seigneur qui est sensé vivre dans les nuages mais qui n'existe pas ailleurs que dans l'esprit de certaines personnes.  « Tu t'suiciderais par amour ? C'est vrai ?! » s'amuse-t-elle, flattée, quand son amie lui annonce que si elle meurt elle la suivra dans la tombe. « C'est tellement romantique... » Peut-être un peu débile, aussi. Mais pour le coup l'adolescente est vraiment contente.

Quoi qu'il en soit elles continuent à faire preuve d'opiniâtreté pour se hisser jusqu'au centre de la grande roue. L'australienne accepte bien évidemment la main tendue de son amie puis se raccroche à ce qu'elle peut lorsqu'elle prend enfin conscience de la hauteur à laquelle elles se trouvent déjà. L'américaine, elle, dégueule le maigre contenu de son estomac sur les chiens qui se devinent encore aux pieds du manège. « Ca, par contre, c'est pas du tout romantique ! » s'amuse-t-elle avant de tapoter un peu le dos de son amie et en ramenant ses cheveux dans sa main, à l'arrière de sa nuque.  « Cela dit c'est plutôt marrant ! J'savais pas que t'avais l'vertige, moi ! » Et dire qu'après tout ce temps elle ne cesse de découvrir sa comparse...

« Tu t'sens capable de continuer ? Nous reste l'plus dur... » À savoir ramper sur cette poutre métallique jusqu'à l'une des nacelles qui se trouve à son extrémité. L'australienne s'engage la première sur le support et, prudemment, commence à avancer à califourchon. « Oublie pas ta promesse, surtout ! » Si elle tombe, Kassy devra l'accompagner dans le vide. Raison de plus pour faire en sorte qu'une telle chose n'arrive jamais !



Elles y sont parvenues ! Ce n'était pas de tout repos. C'était même plutôt flippant. Mais les voici maintenant installées dans ce qui sera probablement leur petit nid douillet pour la nuit. Et en guise de récompense, elles peuvent profiter de cette vue imprenable sur ce coucher de soleil qui illumine, au loin, la banlieue de Seattle. Elles ne parlent pas, se contentent de quelques regards ou de sourires pour partager l'instant.

L'obscurité commence par reprendre ses droits. Le ciel est dégagé, les étoiles et la lune leur fournissent la lumière dont elles ont besoin. De toute façon elles sont trop exposées pour allumer leurs lampes-torches. Affalées sur l'épaule de l'autre, allongées sur ce vaste banc circulaire, elles observent maintenant ces cieux placides qui les domine en fumant ce dernier joint que Zelda gardait pour une grande occasion. Être suspendues à plusieurs mètres du sol après avoir échappé à une meute de clebs en est une, non ?

L'australienne crache la fumée contre la vitre de leur cabine. Elle savoure la chaleur de la joue de Kassy contre la sienne, ce moment de proximité dont elle ne se lassera jamais. « C'est surréaliste... » C'est peut-être la drogue qui parle ou encore la fatigue. Mais ces placidité qui les entoure tranche tellement avec le monde dans lequel elles vivent. Zelda se sent en sécurité. Apaisée.  « J'te préviens, j'vais balancer un truc un peu bizarre ! Mais quand j'imagine ces milliards et ces milliards d'bulles de gaz qui flottent dans l'univers, j'me dis que j'suis quand même vachement chanceuse d'avoir la plus brillante d'entre elles à mes côtés... » C'est sûrement niais mais c'est comme ça qu'elle le ressent. Cette impression d'être privilégiée, elle est belle et bien réelle...

L'adolescente ferme les yeux, lâche un long soupir désabusé.   « Et merde... » ronchonne-t-elle dans la foulée. « Ca y est, ça commence ! J'me mets à sortir des phrases débiles... » Comme les amoureux transit dans les films. Ceux qui inventent des phrases complètement nazes pour faire frémir les pétasses dans les salles de cinéma... « La prochaine fois, s'te-plait, fous-moi une gifle ! Ou mords-moi, même ! » Histoire qu'elle ne récidive pas trop souvent.

Mais dans les faits Zelda essaie d'évaluer les règles qui régissent leur tout jeune couple. Ce chemin-là, c'est la première fois qu'elle l'emprunte en compagnie de celle qui fut sa soeur et qui s'est donc muée en amante. Est-ce qu'elle aime entendre ce genre de choses ? Est-ce qu'elle trouve ça aussi débile qu'elle ? Elles doivent à nouveau s'apprivoiser. « Ca t'dérange pas trop qu'Max soit amoureux d'moi en fait ? » reprend-t-elle, désireuse de partir sur un sujet un peu plus léger. « Il l'a pas dit clairement mais bon... Il passe son temps à m'chercher pour que j'le tabasse alors ça m'semble plutôt évident, non ? » Elle tourne légèrement le visage pour tenter de croiser le regard de l'américaine. En vain. « T'es un peu... t'sais... jalouse ? » Franchement ? L'australienne adorerait que ce soit le cas...


War means fighting, fighting means killing

Awards:
 
Revenir en haut Aller en bas  
Contenu sponsorisé
Fiche de personnage
CASIER DE SURVIVANT
Sujet: Re: The ones we love, the ones we hate, the ones we miss   
Revenir en haut Aller en bas  
- The ones we love, the ones we hate, the ones we miss -
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
+
 Sujets similaires
-

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: RP Terminés-
Sauter vers: