The Walking Dead RPG

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Give me a break w/Arthur
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Ray Dobrowolski
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Sujet: Give me a break w/Arthur   Lun 1 Mar 2021 - 21:32
Je baisse les yeux, ancrés sur la Bible qui semble me brûler les mains comme elle exorciserait les démons, je me coupe quelques secondes de la messe, des autres, de mon frère assis près de moi avec sa moustache bien taillée et son costume du dimanche, sa femme parfaitement apprêtée, petite robe bleue et talons aiguille, leurs enfants si propres et sages, tous, clament d'un même voix à l'écho terrifiant "Amen".

"... Amen." Je souffle, avec une demi-seconde de retard - une erreur que mon aîné me reproche d'un lourd regard. Putain... L'église est grande, rayonne, et pourtant m'étouffe sous ses préceptes de trois tonnes, répétés, martelés depuis plus d'un an que je suis ici. J'avais déserté les bancs de l'église en rejoignant ceux du lycée, et m'y revoilà pratiquement menotté. Fait chier.

La réunion des anti-suceurs de queue s'achève enfin, et je me lève à la suite de mon frère pour sortir avec lui. La journée se poursuit malheureusement chez eux, autour d'un déjeuner relativement fade mais volontiers englouti. Je suis le plus souvent mal à l'aise en leur présence. Cette famille pourrait être tout droit sortie d'une publicité pour café des années quatre-vingt-dix que : tout, en surface, est trop lisse. Ca cache forcément des horreurs.

"Je suis content que tu aies accepté de venir, Ray. C'est important de passer du temps en famille." J'acquiesce, à ses côtés tandis que sa femme s'en va faire la vaisselle - de manière toute ordinaire. "Ca me fait plaisir." Et je le pense, réellement. Car le fait que Julian ait survécu et qu'on se retrouve après tout ce temps, ça tient du miracle. Et même si notre relation n'a jamais été simple, il reste mon frère : en soit, il est mon dernier repère.

"Ca en est où, les amours ?" Une question que j'attendais, et qui me saoule toujours autant. "Bof... comme d'hab. Et toi, tu vas encore pondre un -" "Laura s'est fait des amies ici, tu pourrais les rencontrer." J'ai un sourire jaune, acide. On pourrait se contenter de ressasser les vieux souvenirs, mais il se sent obligé d'y revenir. Depuis le temps, je pense avoir compris que Julian craint plus pour sa réputation et le fait de me couvrir plutôt que pour mon propre sort. "Non, merci. J'aime pas les rencontres arrangées." "Écoute." Il me prend doucement le bras, dans une fausse affection détestable. "Tu as encore du chemin à faire pour t'intégrer pleinement ici, et... suis complètement de ton côté, Ray, mais il faut que tu -" "Fasses un effort ? Va te faire foutre." Je repousse sa main et me relève, pressé d'écourter les leçons de morale qui me rattrapent jusque sur le pas de la porte. "C'est pour ton bien que je t'en parle, Ray. Il est temps d'en finir avec ces..." Je me retourne vers lui, prêt à lui arracher les mots de ses tripes s'il le faut. "Ces quoi ?" Délires, déviances démoniaques, conneries, passades, allez savoir. Il esquive pour me renvoyer pire encore, "Il y a une thérapie, sinon, tu..." Je passe mon manteau et me tire, les émotions solidement contenues aux coins des yeux.

Les bonnes paroles prêchées par l'Église se mêlent à la voix de mon propre frère, et tout ça forme un capharnaüm entêtant, martelant, insupportable. Il faut que je lâche du lest, de toute urgence, que ce soit en vidant mon sac à l'unique personne réellement compatissante de cette ville ou en me murgeant complètement la gueule. Je file en direction de la maison d'Arthur, et frappe vivement à la porte. C'est sa putain de femme qui m'ouvre, et je lui lance sur un ton déjà largement irrité, "Oh pas toi, pas maintenant... J'viens voir Arthur, il est là ?"




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Arthur Parrish
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Sujet: Re: Give me a break w/Arthur   Mer 3 Mar 2021 - 13:56
C’est une journée ordinaire, comme ils en ont connue des milliers depuis leur arrivée. Ils se sont réveillés dans les bras l’un de l’autre, Judith peut-être un peu plus fraîche que lui. Secrètement, Arthur la soupçonne de se lever avant lui pour s’apprêter, avant de se recoucher et de feindre de se réveiller en même temps que lui. Avec un peu de honte à l’idée de lui affliger son haleine matinale, il se penche pour embrasser doucement sa joue et effleurer son ventre. Si les estimations du médecin sont justes, elle approche désormais du stade fatidique des cinq mois, et il sait à quel point cela l’inquiète. C’est à cette période qu’ils ont perdue Anna, l’été dernier. Et même si tout son entourage lui a répété qu’elle n’y était pour rien, que sa chute était purement accidentelle, Judith n’a jamais cessé de culpabiliser. Et malgré tout l’amour dont l’entoure Arthur, il sent bien que ce n’est pas suffisant pour apaiser la jeune mère.

C’est une journée ordinaire, c’est vrai, mais c’est aussi dimanche. Et il faut se préparer à la messe. Sans empressement, les deux parents font déjeuner leur marmaille et les habillent convenablement, avant de faire de même. Avec trois enfants en bas âge, l’exercice peut vite s’avérer sportif et comme à l’accoutumée, ils arrivent in extremis pour le service. Sa mère est là, accompagnée de sa petite sœur Polly, et la famille se glisse aux côtés d’Isabel sous le regard réprobateur du prêtre. Un petit sourire d’excuse suffit à se faire pardonner et l’office se poursuit sans encombre, jusqu’à la libération tant attendue. Contrairement à sa mère et à son épouse, Arthur n’a jamais fait preuve d’une grande dévotion, mais il est parvenu à se fondre dans la masse sans difficulté. Après tout, il est plus facile de feindre la piété que d’endurer le châtiment réservé aux opposants. Et s’il n’est pas ouvertement récalcitrant à suivre à la lettre tous les préceptes édictés par leurs gouvernants, nombre d’entre eux l’interrogent.

En quittant l’église et en guidant sa famille jusqu’à leur maison, Leah dans un porte-bébé et Andrew dans ses bras, Arthur contemple avec fierté la vie qu’ils ont construite. Elle n’est pas parfaite, mais au moins, ils sont heureux. Ils ont un toit, à manger, et leurs enfants sont en bonne santé. Par-dessus tout, ils ne vivent pas avec la menace constante que représentent les monstres qui ont commencé à se relever il y a quelques années. C’est à peine s’ils hantent les histoires qu’ils inventent au moment de mettre leur progéniture au lit. Au fond, c’est mieux ainsi. Arthur ne se fait pas d’illusion : ni lui ni Judith n’aurait survécu, dehors. Elle est trop tendre, trop généreuse. Et lui… eh bien, il n’a pas autant de courage qu’il aime à le penser.

Après le déjeuner dominical, il est temps d’envoyer les enfants faire une sieste. Tandis que Judith s’attelle à la vaisselle, Arthur se charge de coucher leurs rejetons, et de leur raconter une histoire. A trois, deux et un ans, les gamins se fichent pas mal d’en comprendre le contenu : seule la voix apaisante de leur père compte et bientôt, les trois marmots s’assoupissent. Avec un soupir, Arthur se relève et referme discrètement la porte de la chambre. Ce n’est que la moitié de la journée mais lui-même irait bien piquer un somme. Et probablement que Judith aussi, épuisée comme elle doit l’être par sa grossesse.

En redescendant l’escalier, le jeune homme est surpris par une voix familière. Fronçant les sourcils en entendant le ton adopté par leur visiteur, il accélère le pas et apparaît derrière Judith, la dépassant d’une bonne tête. Pile à la bonne hauteur pour planter son regard dans celui de Ray. « Sois gentil avec madame, toi. » Sa voix trahi un amusement qu’il est pourtant loin de ressentir. Il sait parfaitement que les relations entre son épouse et son ami sont tendues, et que Judith ne manque jamais une occasion de remettre Ray sur ce qu’elle pense être le droit chemin. Lui se trouve entre leurs tirs croisés, tentant de prendre la défense de l’un comme de l’autre. Et même s’il répugne à lui imposer quoi que ce soit, il a déjà interdit à Judith de divulguer le secret du kiné.

Ouvrant plus largement la porte, il invite son ami à entrer. « Viens, on va aller discuter dans mon bureau. » Ce qu’il appelle pompeusement son bureau tient en vérité plus de la bibliothèque. Les murs sont tapissés de livres, pour la plupart tous en rapport avec le droit et l’économie. Il ignore qui occupait la maison avant la colonisation de la ville mais une chose est sûre, leurs centres d’intérêts ne pouvaient pas plus diverger. Et depuis plusieurs années qu’ils vivent ici, il n’a pratiquement jamais ouvert un seul bouquin. Après un baiser rapide pour Judith, et l’assurance qu’ils ne seront pas dérangés, Arthur fait signe à Ray de le suivre. Là, l’ambiance feutrée offre immédiatement un cocon apaisant – ou au contraire, donne des airs encore plus prétentieux au jeune professeur. Se jetant nonchalamment sur l’un des deux canapés qui occupent la pièce, Arthur déboutonne le haut de sa chemine – aussitôt, l’impression d’être un curé s’estompe – et jette un coup d’œil amusé à la gueule échevelée de Ray. « Alors, quelles misères ils t’ont encore fait ? »


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Ray Dobrowolski
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Sujet: Re: Give me a break w/Arthur   Jeu 4 Mar 2021 - 12:13
Ai-je été trop sec avec Judith ? Sans doute. J'encaisse habituellement ses petites remarques sans broncher, au cabinet. C'est la blouse qui fait barrière, heureusement pour elle, car il semble bien imprudent de vexer la personne qui pourrait vous bloquer les vertèbres en un claquement de doigts. Bien sûr, l'envoyer chier trop brutalement, ce serait prendre le risque qu'elle passe outre l'autorité de son mari et aille me dénoncer au premier garde venu. Je déteste cette situation. Avec sa petite femme entre nous, c'est à mon ami que je m'adresse. "Désolé, je suis sur les nerfs."

Je suis Arthur à travers sa maison, jusque dans son bureau. Un lieu suffisamment intime pour qu'il soit devenu celui de mes confessions régulières, au grand damne du jeune homme qui préférerait peut-être des conversations plus légères. J'ôte mon manteau pour le jeter sur le second canapé avant de m'y écrouler, mentalement épuisé.

"J'ai passé la journée avec mon frère. C'était aussi harassant que prévu." L'enseignant connait la chanson. Il sait que Julian me fout une pression super toxique datée du siècle dernier, comme le reste de la morale homophobe et misogyne de ce camp. Des sermons d'autant plus blessants qu'ils viennent de ma propre famille. Même si je ne suis pas certain qu'il réalise la violence d'un tel martellement quotidien, Arthur a le grand mérite de ne pas me donner tort. Il a connu Jake, il a pu constater que notre relation n'avait rien de malsain ou de diabolique. Et puisque tout et tout le monde s'acharne à vouloir me convaincre du contraire, j'ai besoin de me raccrocher à la réalité dont il a pu témoigner : celle où je ne suis pas le problème.

"Plus le temps passe ici, plus je regrette de ne pas être comme vous." Car Arthur comme Julian ont rempli toutes les petites cases attendues par le camp : ils ont une jolie femme, des gosses à profusion bien élevés, un métier honorable, et ne mettent jamais le petit orteil hors des sentiers battus. Je les jalouse pour la tranquillité d'esprit qu'ils en tirent. J'aurais aimé pouvoir me satisfaire de ce schéma.

Je m'écrase un peu plus le dos dans le dossier douillet du canapé, et souhaiterais m'y fondre pour le restant de mon existence. "Franchement, qu'est-ce que ça peut bien faire ? On croule déjà sous les gamins. Puis si ça n'est que ça, je veux bien me branler dans une éprouvette." Je continue à voix plus basse, au cas où sa femme écouterait à la porte, "Ce sera toujours moins cauchemardesque que dans une nana en forçant l'érection avec les pilules du labo." J'essaie d'y glisser un peu d'humour comme s'il s'agissait de grossir le trait, mais c'est une réalité qui me terrifie. Un jour, ils décideront que j'ai eu assez de temps pour me défiler. Je n'aurai alors le choix qu'entre me faire moi-même violence ou leur laisser cet honneur.

Arthur ne sera malheureusement pas en position de me rassurer. Ca n'est pas la première fois que je viens me réfugier chez lui pour déverser toutes ces inquiétudes, et je suis déjà assez reconnaissant de m'écouter sans me dénoncer. "Bref, tu as quelque chose à boire ?"



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Arthur Parrish
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Sujet: Re: Give me a break w/Arthur   Ven 12 Mar 2021 - 20:00
Un peu à contre-cœur, Arthur adresse un regard de travers à Ray. Il n’aime pas se retrouver ainsi, le cul entre deux chaises. Il a connu Ray aux premières heures de tout ce merdier, il l’a vu entre les bras de Jake, a vu à quel point il paraît entier, lui-même, lorsqu’il aime. Il sait à quel point le kiné n’est plus que l’ombre de ce qu’il était par le passé, forcé de vivre sous le joug d’un gouvernement qui le méprise. Un gouvernement qui, par tous les moyens, s’efforce de faire rentrer dans le rang les réfractaires, quels qu’ils soient. Un gouvernement dont Judith boit les paroles, depuis le début et qui, même dans sa vie d’hétérosexuel marié et père de famille, pèse chaque jour. Alors très vite, Arthur guide son ami vers son bureau, pour séparer les deux jeunes gens.

Tous deux se jettent sur les canapés, au motif tartan délavé. Etalé de tout son long, Arthur croise les mains derrière la tête, et fixe le plafond. Même si on n’attend pas de lui qu’il s’occupe de ses enfants, il est rare qu’il profite d’un moment de calme et de silence. Lorsque Ray débute son récit, le brun tourne la tête vers lui et l’observe, l’écoutant sans un mot. Il sait à quel point son ami a besoin de ces discussions, trop rares occasions pour lui de se glisser dans son ancienne peau. Et comme prévu, c’est à nouveau Julian et ses attentes impossibles qui hantent l’esprit de Ray.

Pensif, Arthur fronce le nez, tord ses lèvres dans une grimace. Bien sûr, sa vie n’est pas mise en péril par le lourd secret qui pèse sur celle du kiné. Pour autant, même en rentrant dans le moule imposé par le camp, la vie n’est pas si douce qu’elle en a l’air. « Tu sais, c’est pas vraiment la vie dont j’ai toujours rêvé… » Loin de là, même. Habitué à enchaîner les filles, parfois même à avoir plusieurs copines en même temps, il n’imaginait pas être père de trois enfants à tout juste vingt-cinq ans. Les gosses étaient, au mieux, une éventualité, au pire, un tue-l’amour.  Mais évidemment, tout cela n’est rien comparé à la souffrance de Ray.

Son petit éclat, bien que teinté d’humour, cache une vérité bien plus noire. Et au fond, Ray a peut-être raison. Arthur n’a pas mis le nez dehors depuis la longue marche au cœur de l’hiver, après la chute de CenturyLink Field, mais à sa connaissance, ils sont le plus gros camp de l’état. Certes, principalement à force d’intégration plus que de naissances, mais tout de même. Néanmoins, si les enfants ne naissent pas de couples mariés, l’alternative a quelque chose de plus horrible encore. De véritables fermes à bébés, sans état d’âme et sans émotions. Un cauchemar, pour en remplacer un autre. Cette fois, Arthur reste silencieux, plongé dans ses pensées.

Lorsque Ray l’interroge, le professeur met quelques instants à réagir. Il relève la tête, avant de se redresser et de s’asseoir, penché en avant. « Du jus de pommes, j’crois… j’ai pas réussi à le faire fermenter… » Sourire espiègle. L’alcool n’est pas disponible dans le camp, mais jusqu’à maintenant, personne n’est venu vérifier ce qu’il se passait dans les caves des maisons. Cependant, ses tentatives de transformer ses jus de fruits en boissons alcoolisées ont toutes échouées lamentablement. Il se lève péniblement, les mains appuyées sur ses genoux, et se dirige vers le mini frigo installé dans le bureau en bois massif. « Vu la pièce, ça devait être un vrai daron ici, avant. J’ai fouillé dans tous les sens au cas où il aurait laissé une bouteille, mais rien. Dégoûté, j’te jure. » A peine avait-il trouvé un vieux paquet de cigarettes au tabac desséché, fumé depuis longtemps. Putain, y penser lui donnait envie d’en griller une…


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Sujet: Re: Give me a break w/Arthur   Dim 14 Mar 2021 - 23:33
Du jus de pommes... J'ai un sourire jaune, à moitié amusé, à moitié haineux. Pas envers mon pauvre ami qui peine à trouver ses talents de brasseur, mais bien pour cette "société" qui ne nous autorise même plus à boire de l'alcool sous prétexte de valeurs morales bien chrétiennes. "C'est une terrible déception." Je souffle, une main plantée sur mon visage, complètement avachi dans le fond du canapé.

Alors qu'il se déplace dans le bureau, je suis Arthur du regard, la jalousie brûlante au creux de mon ventre. Je sais qu'il est statistiquement impossible que je sois le seul homosexuel du camp, mais il est difficile de déceler ce genre de mensonge. La moindre impression dans ce sens pourrait être trompeuse et fatale. Et puis, on a tous plus ou moins appris à faire semblant, dans nos jeunesse planquée. Ca ne fait que renforcer ce sentiment d'être le mouton noir d'un troupeau immaculé.

J'acquiesce vaguement lorsqu'il se plaint de n'avoir rien trouvé d'intéressant dans cette maison. "Ce sont ceux qui ont râtissé les logements qui n'ont rien laissé qui pourraient altérer notre foi." C'est plein de sarcasme, bien sûr, et je n'me prive pas d'en adresser un sourire à mon ami. "Je crois en Dieu, mais..." Je souffle du nez, baisse les yeux vers la table basse autour de laquelle sont disposés les canapés. "Je crois aussi qu'il saura faire la différence entre les âmes bonnes et les tyrans qui déforment sa parole." Et j'espère bien pouvoir admirer le supplice qui leur est réservé en enfers depuis mon petit nuage. Car je n'ai rien fait de mal... Non, rien de mal.

Je me redresse lorsqu'il revient vers moi, goûte au verre qu'il me sert et grimace à la première gorgée. Le geste a été plus rapide que la pensée. "Hm - du coup, ça fait combien de temps que tu le laisses ici...? Je me passerais bien d'un empoisonnement alimentaire, je t'avoue." Je le charie, à moitié. C'est acide, mais loin d'être horrible. Alors je suppose que ça ira. Je me contente d'une descente timide pour le moment. Le verre suspendu au bout de mes doigts, je le fais tourner comme s'il s'agissait d'un bon whisky. Peut-être l'illusion atteindra-t-elle mes neurones épuisés par les discours haineux de mon frère. "Et au fait, de quelle vie est-ce que tu rêvais, alors ?"



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Sujet: Re: Give me a break w/Arthur   Dim 21 Mar 2021 - 22:13
Prenant un air de circonstance, Arthur hoche la tête tragiquement. Même s’ils ont l’air de le prendre sur le ton de l’humour, c’est en vérité une part de leur jeunesse qui s’est envolée avec l’effondrement du monde. Leur insouciance, leur droit de rire, d’aimer comme ils l’entendent, de boire dans les moments de joie comme dans les instants de peine. Leur droit à la liberté, tout simplement. La plaie est encore plus douloureuse pour Ray, quand on sait que sa nature profonde est ici considérée comme un péché, un crime passible de la mort. Une époque qu’ils avaient crue révolue, une victoire déjà péniblement arrachée aux plus conservateurs, partie en fumée à l’instant même où l’Adonaï s’était relevé de ses blessures, inébranlable face à la mort.

Ouvrant le mini-frigo, il attrape la bouteille de jus de pomme promise à son ami. Celle-ci est une rescapée de ses tentatives et ils peuvent donc la boire sans risquer l’empoisonnement, malgré les quelques semaines passées à la cave. Il pioche deux verres sur une étagère et tourne les talons. Posant la bouteille sur la table basse entre eux, il se laisse tomber lourdement sur le canapé face à Ray, esquissant un sourire sardonique. « Amen, mon pote… » Quant à Dieu… Arthur est plus réservé sur la question. Même si sa mère est d’origine juive et a été élevée dans la foi, elle n’a rien voulu imposer à ses enfants, délaissant peu à peu ses propres pratiques au fur et à mesure qu’il grandissait. C’est en arrivant ici, et en avalant les couleuvres de l’Adonaï qu’Isabel s’est à nouveau plongée dans la foi de son enfance, confinant même parfois à la bigoterie. Un peu plus sombrement cette fois, Arthur hoche la tête pour acquiescer à la prédiction de son ami. « Et si Dieu est trop occupé ailleurs… quelqu’un d’autre s’en chargera. »

Sans un mot de plus, il sert le jus et pousse son verre vers Ray, le laissant y tremper les lèvres en premier. A la grimace qu’il fait, le brun devine que ce n’est pas fameux. Tant pis, il n’a rien d’autre à lui proposer pour l’instant. Il se fend tout de même d’un rire, avant de boire une gorgée à son tour. Ok. C’est franchement dégueulasse, il faut être honnête. « Visiblement trop longtemps… J’vais arrêter de faire ça j’crois, t’façon je veux pas que les gosses tombent dessus… » Par acquis de conscience, il avale une autre gorgée et tousse un peu pour chasser l’acidité brûlante dans sa bouche et dans sa gorge. Ce ne sera peut-être pas un empoisonnement, mais il sera malade, c’est clair. Reposant son verre avec une mine dégoûtée, il lève les yeux vers le kiné, un peu surpris par sa question. Prenant le temps de réfléchir à sa réponse, il se rejette en arrière, mains croisées derrière la tête et une cheville posée sur le genou opposé. « J’voulais être éditeur… j’adore lire depuis que j’suis gosse, j’voulais pouvoir continuer à le faire, et être payé pour… » Après tout, quoi de mieux qu’une passion se transformant en métier ? « Mais j’voulais surtout la paix j’crois. M’éclater avec les filles qui m’intéressaient, tester des trucs, faire le tour du monde, ce genre de rêves… » Autant dire que tout s’était écroulé très rapidement, et qu’il avait peu d’espoir de voir un jour ses souhaits se réaliser.


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Sujet: Re: Give me a break w/Arthur   Ven 26 Mar 2021 - 14:40
"Je peux essayer de prendre le relai, chez moi. D'ici à ce que j'ai des gamins, ça aura le temps de fermenter. Je suis sûr que je peux trouver des recettes à la bibliothèque..." Peut-être pas des livres de cocktails et autres "Faire de l'alcool pour les nuls", mais les livres d'histoire devraient logiquement relater les procédés de fabrication, et peut-être me donner quelques astuces pour avoir plus de succès que mon ami. La perspective de s'alléger l'esprit avec quelques verres est en tout cas un bon moteur.

Arthur développe alors sa vision d'une vie idéale. Bien loin de la mienne, mais elle lui sied bien. "Ca a l'air d'être une bonne planque, ce métier." Je m'y serais très vite ennuyé, personnellement. Je préfère voir du monde. Le regard toujours plongé dans le jus de pommes foiré, j'esquisse un sourire amusé pour la suite. "Seulement des filles ?" J'hausse un sourcil taquin en relevant les yeux vers lui. Je me demande s'il fait parti de ces mecs coincés dans l'hétérosexualité par principe plus que par envie. J'en ai connu quelques uns...

"C'est un peu comme ça que j'ai passé mes années de fac. Je sortais tout le temps, j'enchaînais les coups d'un soir, j'essayais tout ce qui était essayable." Les différentes drogues récréatives, les soirées Drag, les étés en France, en Grèce ou en Italie, les soirées toutes plus étranges les unes que les autres... "Mes parents étaient riches, ils m'ont toujours laissé en profiter." Et j'étais supposé bien gagner ma vie également en m'installant à Seattle comme kiné. J'aurais voulu connaître cette indépendance, mais.. je n'en ai pas eu le temps.

"Tu devrais être en train de t'amuser comme ça, pas de t'occuper de gosses. Enfin..." Peut-être qu'il s'en satisfait au moins en partie. La sécurité offerte par le camp est un privilège immense en comparaison de la galère subie par ceux qui vivent à l'extérieur.  "On est pas les plus à plaindre." Je pense surtout aux femmes sur lesquelles le système de l'Adonaï s'acharne sans jamais s'épuiser.

"Judith a l'air de se plaire dans cette vie, non ?" Son nom me laisse une traînée acide sur les lèvres. J'ai vraiment du mal avec sa femme, qui aurait été juste un peu chiante dans un cadre de vie ordinaire mais qui fait juste l'écho de les bourreaux dans celui-ci. "J'ai du mal à voir ce que tu lui trouves." dis-je sans cacher un petit air mauvais.



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