The Walking Dead RPG

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Jamais deux sans trois
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Erin J. Bennett
Erin J. Bennett
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Jeu 4 Fév 2021 - 19:09
Ce que je peux me sentir soulagée lorsqu'elle ne me repousse pas alors que je la prends dans mes bras. Et, au contraire, elle vient même tout contre moi en passant encore une fois ses bras autour de ma taille. Comme à chaque fois, un frisson remonte le long de ma colonne vertébrale et je ferme les yeux pour encore mieux savourer cet instant.

Son visage niché dans mon cou, je sens la chaleur de sa respiration contre ma peau et alors ces mêmes sensations que lorsque nous avons échangé un baiser il y a une dizaine de jours reviennent en force. Comme si elles avaient simplement attendu le bon moment pour refaire surface. Pour me montrer qu'elles existent bel et bien. Que je n'ai pas rêvé tout ça et qu'avec elle les choses sont effectivement différentes d'avec les autres. Pourquoi ? J'aimerais bien le savoir.

« Ne le refait pas ». Le visage toujours contre sa tête, n'ayant pas bougé depuis que j'ai déposé un baiser sur le haut de son crâne, je me contente de répondre presque dans un chuchotement. Promis... Et j'ai qu'une parole. De toute manière, je me rends bien compte en cet instant même que je ne serai pas capable de le faire une seconde fois. Parce que là, contre elle, je me sens mieux que je n'ai jamais été. Comme réellement entière. Libérée d'un poids que je n'avais même pas conscience de porter. Dont j'ignore tout de l'origine.

Lorsqu'elle me demande pourquoi je sens toujours si bon, je dois dire que sa question me surprend. C'est rare d'entendre ce genre de remarques il faut dire, et je sens mes joues rougir légèrement. Il faut dire que je ne m'y attendais pas. Et je pense que je ne pouvais pas vraiment m'y attendre en fin de compte.

Je rouvre les yeux, essayant de réfléchir à une réponse tout en mordant l'intérieur de ma joue par habitude. Euh... Je sais pas ? Mais merci, que je dis d'une voix un peu incertaine malgré moi. Il faut dire que je ne fais pas grand chose et je n'ai jamais eu l'impression de sentir particulièrement bon.

Je sens Charlie serrer un peu plus mon haut entre ses doigts avant qu'elle ne se recule. J'aurais bien prolongé encore ce moment pendant quelques instants encore, mais je m'accommode de sa décision sans broncher. Encore une fois, je ne m'attendais pas à ce que la brune vient de faire. Elle pose une main sur son ventre, posant l'autre sur le mien. Je hausse légèrement un sourcil, relevant mon regard qui était posé sur cette main pour le plonger dans ses yeux lorsqu'elle prend la parole.

Et là... Oui, je rougis. Un peu. C'est bizarre, j'ai vraiment l'impression d'être devenue l'une de ces midinettes que je voyais au lycée et qui me tapaient sur le système constamment. Mais en fin de compte, je me dis que peut-être qu'elles ne faisaient pas ça exprès. Ou pas tout le temps. Bref.

Je prends une grande inspiration tout en réfléchissant à ma réponse. Et si l'une de mes mains vient passer dans mes cheveux, l'autre se pose délicatement sur la main de Charlie. J'vais dire que ça dépend qui tu embrasses. Parfois, ça ne fait rien du tout. C'est comme faire un baiser sur la joue à un inconnu pour le saluer, ça laisse complètement indifférente. Mais je crois comprendre que sa question ne porte pas sur ce que je peux ressentir en général. Plutôt ce que j'ai ressenti en l'embrassant elle.

Alors je presse un peu plus sa main, continuant sur ma lancée. Et parfois... On ressent effectivement des choses ici, que je dis en appuyant sur le bas de mon abdomen avec sa main. Je la fait remonter ensuite lentement vers mon estomac. Là aussi, comme s'il y avait subitement une nuée de choses qui cherchaient à s'échapper en volant. Encore une fois, je fais glisser sa main le long de mon corps, remontant sur ma cage thoracique. On a la respiration qui s'accélère un peu, sans qu'on sache trop pourquoi. Mais surtout... Sa main termine sa course en plein sur mon cœur, qu'elle peut certainement sentir battre plus fort qu'à l'accoutumée. C'est lui qui s'emballe.

Je laisse le silence revenir quelques secondes, plantant mon regard dans celui de Charlie avec sérieux mais aussi cette même douceur qu'elle inspire en moi. C'est ce que je ressens... Ce que j'ai ressenti, en t'embrassant... Voilà... C'est dit.



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Charlie Johansson
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Jeu 4 Fév 2021 - 21:42
Comme la dernière fois le contact de sa main sur la mienne m’électrise et j’ai la pensée inhabituelle de me dire qu’effectivement, elle et moi, ça fait des étincelles. Curieuse, avide de connaître si ce que je ressens est ce que ressent le reste des gens, le début de son explication me fait immédiatement penser à Garrett. Comme faire un baiser sur la joue d’un inconnu pour le saluer.Le jeune homme avait pourtant bien vite cessé de l’être et nous étions rapidement devenus intimes, du moins, dans le sens général du terme. Il avait été le premier à m’embrasser, à me dévêtir, me caresser, me faire l’amour, mais jamais je n’avais ressenti cela comme de l’intimité. Toujours maladroit, toujours désagréable, il me fallait en règle générale m’évader loin dans mon inconscient pour supporter ces échanges. Aucun de ses gestes ne m’avait jamais atteint. Aucun. Subir son amour aurait été un terme plus approprié à bien y réfléchir. J’avais alors pensé que cette proximité avec quelqu’un d’autre ne me serait jamais accessible, et j’avais logiquement abandonné, me contentant de rester avec lui pour paraître plus normale. Six ans. Six longues années de vide absolu. C’était devenu ma normalité, comme tout le reste. Et il n’y avait eu personne d’autre.

La suite de son discours, en revanche, m’absorbe toute entière. Pendue à ses lèvres, au moindre de ses mots, mes yeux ne quittent les siens que pour constater la progression de ma main sur son corps, emprisonnée de la sienne. Je déglutis alors que chaque syllabe trouve une résonance particulière en moi. Elle aussi le ressent, tout ça. Les fourmillements, la chaleur, ce creux dans l’estomac. Une nuée de choses qui cherchaient à s’échapper en volant... C’était exactement ça. Chaque mot décrit avec une précision déstabilisante chaque sensation ressentie. Et ça m’effraie autant que ça m’intrigue. Ca m’intrigue autant que ça me perturbe. Ca me perturbe autant que ça me donne envie de recommencer. Mais je ne peux pas. Ce n’est pas naturel. Je ne suis pas comme ça. J’ai enfin atteint quelque chose que je pensais inatteignable pour mieux me rendre compte d’une déviance que je ne pensais pas possible. Pourquoi je n’ai jamais réussi à ressentir toutes ces choses avec le petit ami que je m’étais choisi? Il était gentil pourtant. Oui. Juste gentil. Pourquoi faut-il que je découvre ça avec elle, avec une femme? Pourquoi mon esprit semble scindé en deux entités opposées qui s’affrontent sans obtenir gain de cause? Celle qui veut céder à cet appel, retrouver toutes ces sensations, me libérer du poids des faux semblants de ces dernières années, de ce vide abyssal, et celle qui me crie de courir, partir, de résister pour ne pas définitivement me perdre.

Ma main remonte encore, guidée par la sienne et alors qu’elle parle de la respiration, je constate que la mienne est actuellement plus saccadée. Est-ce juste un effet de mimétisme ou est-ce que je sens mon cœur battre lui aussi la chamade quand ma main perçoit les siens, forts et rapides eux aussi. Mes yeux sont rivés sur nos mains depuis le début, jusqu’à ce que ces derniers mots percutent la brume qui entoure mon esprit encore en rémission de la grippe. Dans un mouvement rapide mes iris sont à nouveau dans les yeux. Est-ce ça veut dire qu’elle est attirée par moi? Ce n’était pas juste pour me faire comprendre quelque chose ou embrouiller mes idées la dernière fois?

Et qu’est-ce que ça change au fond? Tout ça reste… répugnant, contre nature, anormal. Et je suis toujours autant perdue. “Pourquoi je n’ai jamais ressenti ça avec Garrett?” Je ne peux retenir les regrets dans ma voix, comme si je me raccrochais à mon ancienne normalité mais chutait d’un peu plus haut à chaque tentative. “Pourquoi est-ce que je ressens ça avec toi?” Non je n’ai pas envie d’entendre sa réponse. Pas réellement. Parce que j’ai bien trop peur de ce qu’Erin pourrait dire, ce que ça risque de révéler sur ma personne.
Dans un mouvement brusque je retire la main encore posée sur son cœur et me recule de deux pas. Le froid, le vide, la tête qui se remplit de contradictions, mes yeux rivés sur ses lèvres, mon corps qui recule encore d’un pas et puis….

En trois enjambées je suis sur elle, les mains de chaque côté de son visage, mes lèvres sur les siennes. Je ne suis pas Erin, je ne prends pas le temps comme elle l’a fait pour moi. Je veux plus. Juste pour cette fois, juste pour être sûre. Plus que ces baisers adolescents. Je veux qu’elle m’embrasse comme le faisait Garrett, avec cette fougue qui m’a toujours laissé indifférente. Alors seulement je saurais.


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Erin J. Bennett
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Ven 5 Fév 2021 - 6:45
Il faudrait être aveugle pour ne pas remarquer qu'encore une fois, mes mots perturbent grandement Charlie. Mais est-ce finalement de ma faute ? Ou bien est-ce que je trouve simplement une manière directe et franche de l'atteindre d'une manière que les autres n'ont jamais découvert ? Après tout, elle y parvient bien avec moi. Alors pourquoi l'inverse ne serait pas également vraie ?

Elle se laisse faire alors que je guide sa main sur mon corps et je dois dire que ça ne me laisse pas de marbre de sentir ainsi sa paume parcourir mon buste. Ce n'est, certes, que par dessus mon pull mais ce sont le genre de choses qu'on ne contrôle pas vraiment. C'est ce que je me tue à lui faire comprendre.

Sauf que lorsque je me montre totalement franche avec elle, j'ai bien l'impression d'avoir mis le doigt sur le fond du problème. Je vois bien dans ses yeux à quel point elle peut être perturbée par toute cette histoire. Par ces idées contradictoires qui ont l'air de se battre continuellement dans son esprit. Bien sûr que ça me fait du mal de la voir ainsi, mais je crois que je ne peux pas faire grand chose.

Encore une fois, sa question me surprend. J'imagine que ce « Garrett » était son ancien petit-ami. Elle n'a jamais ressenti ce que je viens de décrire avec lui, et j'ignore combien de temps ils étaient ensemble mais ça m'attriste. Parce que comme bon nombre de personnes endoctrinées dans un dégoût profond de l'homosexualité, elle s'est certainement enfermée dans un schéma qui ne lui a jamais convenu.

« Pourquoi je ressens ça avec toi ? ». Là, mon cœur s'emballe sans même que je puisse y faire quoi que ce soit. J'aimerais avoir une réponse facile à entendre. Quelque chose à lui dire qui fasse forcément sens. Sauf que c'est pas le cas. Quoi que je dise, je sais que ça ne lui plaira pas. Alors je me contente d'une réponse simple, qui résume bien les choses malgré tout. Je... Je sais pas... Y'a que toi qui peut le savoir, Charlie. Voilà. C'est pas à moi de tirer les conclusions qui s'imposent à sa place.

Mais une nouvelle fois elle retire brusquement sa main et recule. Comme si je risquais de la contaminer avec je ne sais quelle maladie – alors qu'en soit, c'est plutôt moi qui devrais me méfier du fait qu'elle est contagieuse avec sa grippe. Bref. Je sens mon cœur se serrer légèrement et je soupire discrètement tout en détournant le regard. Que faire de plus après tout ?

Du coup, puisque je ne la regardais pas, je suis d'autant plus surprise lorsque je la vois subitement bouger du coin de l’œil. Ses mains se posent sur mes joues, encadrent mon visage sans me laisser d'autre choix que de rester dans cette position qu'elle m'impose. Et ses lèvres viennent se poser sur les miennes.

Mon cœur bondit dans ma poitrine, tous ces sentiments que je venais de lui décrire reviennent en force à l'assaut de mon corps tout entier. La chaleur, les « papillons », les frissons, et j'en passe. J'ouvre des yeux plus que surpris face à l'intensité du baiser qu'elle m'offre. Il n'a rien à voir avec ceux que j'ai pu lui donner il y a quelques jours.

Et c'est par pur instinct que je viens poser mes mains sur ses hanches, serrant légèrement son haut entre mes doigts, alors que je prolonge ce baiser avec une certaine avidité. Il y a de la fougue dans cet échange, une pointe d'envie certainement, et ça fait un bien fou. Parce qu'elle ne me rejette pas cette fois. C'est même elle qui a fait la démarche de venir vers moi. Et j'ai aucune envie de la relâcher. Pas maintenant. Pas comme ça. Je veux profiter de cet instant au maximum.



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Charlie Johansson
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Ven 5 Fév 2021 - 11:52
Il n’y a que toi qui peut le savoir Charlie
Mon cœur s’affole, mon corps s’embrase et il n’existe plus rien d’autre que le monde réduit dans lequel je viens de m’emprisonner toute entière. Submergée par toutes ces délicieuses sensations qui naissent à ce contact. C’est une déferlante qui s’abat sur moi et je me noie dans ce baiser. Erin répond et je la pousse davantage au bord du précipice. Ce n’est ni doux, ni délicat. Ses mains sur moi sont autant de nouveaux points d’ancrage qui se forment dans ma tête, où toute protestation a déserté ma conscience. Je colle mon corps au sien, tremblante entre ses bras, glissant les miens autour de son cou, mes doigts dans sa nuque, dans ses cheveux. Toute ma vie je suis restée suiveuse à m’accorder aux envies des autres, à me fondre dans un mouvement subi et non choisi. Sur la pointe des pieds je resserre encore davantage mon étreinte, m’enivrant comme une alcoolique à la chaleur de sa bouche, de son corps. J’ai l’impression tenace de devenir un brasier humain, de littéralement me liquéfier de l’intérieur et jamais je n’aurais pu imaginer que ça puisse être aussi délicieusement bon. Aussi dangereusement savoureux. Aussi douloureusement parfait.

Il n’y a que toi qui peut le savoir Charlie
Je comprends enfin, et ça me fait mal. Pas physiquement, mais quelque part à l’intérieur de moi, quelque chose se brise. Je comprends pourquoi le genre humain est si avide de ces échanges et ne semble motivé que par cette quête perpétuelle d’un Autre. Toute ma vie je les ai trouvés futiles, imbéciles, réduits à cette idée de n’être heureux qu’à deux. Certes, je ne l’ai jamais été seule, prisonnière d’une autre quête que je savais, au fond, vaine. Et si un simple baiser peut offrir autant d’abandon, je me demande ce qu’il est possible de ressentir avec plus. De cet acte charnel qui m’a toujours semblé creux, ennuyeux, sans autre intérêt que celui de satisfaire mon partenaire et ainsi me rapprocher d’un semblant de normalité.

Il n’y a que toi qui peut le savoir Charlie
Et je sais. Je ne peux nier ce que j’ai ressenti par trois fois maintenant, ce que je ressens encore alors que je me refuse à quitter ses lèvres, son étreinte, que mes doigts agrippent sa nuque comme pour la rapprocher encore un peu plus de moi, ce que le contact de son corps, de ses courbes contre les miennes provoque. Je sais. Je suis malade moi aussi.
A bout de souffle, je m’écarte enfin sans pour autant la relâcher immédiatement. Toujours surélevée sur la pointe des pieds, mon front vient se coller contre le sien et je tente difficilement de reprendre une respiration normale alors que ma poitrine continue de se soulever dans un rythme saccadé et fort. Les yeux toujours clos, je laisse la vague refluer lentement, sans doute un peu trop et je finis, par manque de force, par revenir les deux pieds à plat sur le sol, perdant des centimètres. Mes mains se détachent de sa nuque, glissent sur ses épaules, sur ses bras. Plus je m’éloigne et plus la chaleur diminue, plus les fourmillements baissent en intensité.

Rouvrant les paupières, mes doigts se portent sur mes lèvres du souvenir encore bien trop présent de cet échange. Me sentant fébrile, je finis par m’adosser au plan de travail, passant une main sur mon visage pour tenter de reprendre plus rapidement pied dans la réalité. Est-ce que j’en ai vraiment envie? D’entendre à nouveau toutes ces voix dans ma tête, sentir les idées s’entrechoquer avec force et contradiction, éprouver ce dégoût? Pour moi? Pour elle? Pour nous? Evidemment non, mais ça non plus, je ne le contrôle pas. “J’aurais pas dû.” Je ne sais pas si je parle à Erin ou exclusivement à cette version de moi que je viens de laisser prendre la barre.

Tournant mes yeux vers elle, je sais que mes prochains mots ont le pouvoir de la vexer, ou pire, de la blesser. D’ordinaire, ce ne sont pas ce genre de considérations qui m’arrêtent, bien au contraire. Je n’ai pas cette capacité à me remettre sans arrêt en question. Mais ces derniers jours, cette indifférence, cette distance, je ne veux pas la revivre. Je ne peux pas non plus lui offrir ce qu’elle semble vouloir de moi. “Je…” Déglutissant difficilement, je ferme les yeux quelques secondes, cherchant dans ma mémoire une phrase qui ferait sens dans cette situation, en vain. “J’ai besoin de réfléchir.” Quand son esprit le lui permettra. “De temps.” Plus de baisers. Ils m'empêchent de penser correctement. Mon regard redevient implorant, parce que je ne veux pas retrouver cette version d’elle que je déteste tant.


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Erin J. Bennett
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Ven 5 Fév 2021 - 13:30
Ce baiser n'a rien à voir avec ceux qu'on a pu échanger la dernière fois. Il n'y a aucune réelle trace de douceur dans celui-ci, et je dois dire que c'est loin de me déplaire. Cette énergie qu'elle met dans l'échange m'électrise des pieds à la tête.

Ses mains qui viennent passer sur mon cou et dans mes cheveux m'invitent à serrer davantage son haut entre mes doigts, ne parvenant que de justesse à ne pas les laisser aller se promener sous la barrière de ce tissu afin de découvrir directement la chaleur de sa peau.

Lorsque la brune se hisse sur la pointe de ses pieds, m'attirant encore davantage contre elle, je ne cherche pas à m'y opposer. Collant mon corps au sien, je finis par passer mes bras autour de sa taille pour la soutenir et la garder près de moi à mon tour. Bon sang, ce que je pourrais prolonger ce baiser sans arrêt.

L'intensité des sensations qui parcourent mon corps est à la fois inédite et délicieuse. Comme si je découvrais à peine ce que cela pouvait bien signifier. Ce que j'aurais dû ressentir dès le début avec mes anciens – et anciennes – partenaires, qui eux ne me laissaient que passablement indifférente. Bien sûr, j'ai connu le plaisir physique, purement créé par la stimulation de zones anatomiques, mais il n'y avait aucune satisfaction psychologique là-dedans.

Pourtant, je suis bien obligée d'accepter la fin de ce moment comme suspendu hors du temps. Je suis à bout de souffle, la respiration saccadée et ma poitrine se soulevant rapidement. Contrairement à ce que je craignais, Charlie ne recule pas immédiatement lorsque nos lèvres se séparent et je garde les paupières closes alors que son front vient se poser contre le mien. Encore une fois, je savoure cet instant sans prendre la peine de faire attention à quoi que ce soit autour de nous. Ce n'est pas ce qui m'importe le plus dans l'immédiat.

La chaleur de cette étreinte diminue drastiquement lorsque la jeune femme finit par s'éloigner, laissant ses mains glisser de ma nuque à mes épaules puis à mes bras. Je rouvre alors les yeux, l'observant effleurer ses lèvres du bout des doigts comme pour essayer d'intégrer ce qui vient de se passer.

Évidemment que mon corps ne réclame qu'une chose : retrouver ce qu'il vient de perdre et auquel il semble déjà plus accro qu'un junkie à sa dose de came. Je me fais pourtant violence pour ne pas bouger, me contentant de venir piéger ma lèvre inférieure entre mes dents un court instant. Comme pour ressentir une nouvelle fois le goût de ses lèvres à elle qui s'y trouvaient encore il y a quelques secondes à peine.

Je ne sais pas vraiment quoi dire alors que Charlie part s'adosser au plan de travail, comme à nouveau prise au piège par ses propres démons. Mais je ne peux rien y faire. Son regard revient vers moi et je le soutiens même si ses mots font se serrer mon cœur douloureusement. « J'aurais pas dû ». Soufflant longuement par le nez pour tenter d'évacuer ma frustration, je finis par hocher lentement la tête lorsqu'elle me dit avoir besoin de temps. De réfléchir. Je peux comprendre, évidemment. Ce n'est jamais simple d'être confronté à une telle chose, encore moins lorsqu'on était convaincue jusqu'à peu que c'était quelque chose d'abject.

Prends le temps dont tu as besoin. Le choix t'appartient, Charlie... Et je compte te forcer à rien... Ma voix est douce, trahissant malgré tout la peine que je ressens au fond de moi. Je n'y peux rien. Mais je m'avance quand même un peu vers elle, glissant ma main sur sa joue pour dégager son visage de quelques mèches rebelles que je viens caler derrière son oreille. J'compte pas m'évaporer, alors quand tu seras prête, tu me diras ce que tu as décidé.

C'est la meilleure solution, de toute manière. Attendre. Au risque d'être déçue par les faux espoirs que le temps m'aurai donné l'occasion de me faire. Quoi que, mon côté pessimiste me servira peut-être cette fois. Car à peine je commence à imaginer l'issue de cette réflexion, je pars déjà du principe qu'elle choisira la « normalité » telle qu'on lui a enseigné et inculqué pendant des années. Et comment est-ce que je pourrais le lui reprocher ?



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Charlie Johansson
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Ven 5 Fév 2021 - 18:10
Le choix m’appartient.
Oui mais quel choix? Ce sont quoi exactement, ces options qui s’offrent à moi? Renier ce qui vient de se passer et prendre le risque de la voir à nouveau s’éloigner de moi? Perdre une des rares personnes qui semble capable de m’accepter pour ce que je suis et non cette image que je reflète à la face du monde? Je n’en ai pas envie. Je ne peux pas. Ils sont si peu, à avoir réussi à briser mes barrières, à s’infiltrer derrière le masque pour me voir moi, juste moi, au moins en partie. Ou alors quoi? Continuer sur ce chemin que je juge toujours aussi déviant? M’attirer les foudres de je sais trop quelle entité supérieure? Réussir à vaincre ces voix dans ma tête qui font pourtant partie de moi depuis aussi loin que je me souvienne? Renoncer à tout ce que en quoi je crois? Mes opinions, mes idées? En quoi l’un est-il meilleur que l’autre? Et pourquoi faut-il que tout soit toujours si compliqué pour moi?

Sa main sur ma joue m’apaise, fait repartir au loin toutes ces contradictions, toutes ces questions, fait reculer cette torture mentale qui je le sais, reprendra bien assez tôt. Elle replace quelques mèches folles venues se perdre sur mon front et je ne peux que fermer les yeux, de soulagement cette fois. J’aime quand Erin fait ça, je ne l’ai jamais nié. Je lui ai même répété à de nombreuses reprises. Et ça m’a manqué. Sa tendresse, ses attentions, son inquiétude et sa sollicitude. Je ne sais pas comment elle a fait pour se frayer un chemin dans la brume qu’est ma vie, surtout si vite. Mais c’est là. J’aime être avec elle, échanger, la sentir près de moi, respirer son odeur.

Elle ne va pas s’envoler. Je rouvre les yeux pour mieux les planter à nouveau dans les siens comme pour y lire sa sincérité, me prouver qu’elle dit vrai. Mais l’ingénieure n’a jamais été de celles qui se défilent, de celles qui enrobent leurs mots dans un joli ruban pour vous tromper. Elle est droite dans ses bottes, pense ce qu’elle dit et fait ce qu’elle pense. Et je l’envie pour ça, inconsciemment. J’aimerais que ce soit aussi simple. Mais ça ne l’est pas. Ça ne l’est jamais pour moi.

J’acquiesce et dans un souffle, me laisse légèrement tomber en avant, juste assez pour que mon front rencontre sa clavicule et que mes mains glissent autour de sa taille pour me nicher dans ses bras. J’en ai besoin. De cette présence. Pour être sûre qu’elle ne s’évapore pas, comme elle l’a si bien dit. Je ferme les yeux et me perd dans cette sécurité retrouvée. J’aurais le temps de débattre avec le tumulte qui règne en maître là-haut, et ce bien assez tôt. Mais je suis trop fatiguée et je remercie presque la maladie de mettre mon cerveau en pause pour le moment. Ma respiration devient plus profonde, plus mesurée, apaisée par ce contact. Ici je suis bien. Les voix me laissent en paix. Je sais que je ne peux pas lui offrir ce que visiblement elle désire. Moi.

Je ne suis pas prête pour ça et ne le serai jamais. Je ne peux pas. Ce n’est pas moi. Parce que même si j’oublie tout quand elle me touche, quand elle m’embrasse, les doutes reviennent aussitôt l’étreinte terminée. J’aimerais me rendre compte à quel point mon comportement est blessant, à quel point cette indécision lui fait mal. J’aimerais être assez évoluée pour être douée d’empathie. Et l’unique raison qui annule tout égoïsme et bien cette non conscience des choses. Alors, dans l’innocence toute particulière qui me caractérise, je me laisse bercer par cette étreinte, lâchant un “Tu dors avec moi cette nuit?” Pour tous les autres, la question sonnerait comme une invitation, une promesse de plus, mais je veux juste la retrouver, sentir sa présence à mes côtés, l’accaparer aussi longtemps qu’il m’est possible de le faire. Je ne sais pas quand je pourrai repartir pour la maison, alors je veux profiter d’elle autant que je le peux.


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Erin J. Bennett
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Ven 5 Fév 2021 - 20:22
J'ai bien conscience que les prochains temps vont être plus que complexes pour moi. Parce que ce qui vient de se passer est encore plus perturbant que ce qui avait déjà eu lieu il y a une dizaine de jours. A cause de ce que j'ai ressenti. Du fait que c'est elle qui a amorcé le mouvement. Qui s'est avancée vers moi, se plaquant contre mon corps et s'emparant de mes lèvres avec fougue. De l'envie ? Peut-être. J'ai cru en ressentir, mais je n'ai pas non plus envie de me faire des idées.

Pourtant, alors que je sais très bien que la solution la plus sécuritaire pour m'éviter de souffrir par la suite serait de retrouver ce comportement distant que j'avais ces derniers jours, je n'arrive pas à m'empêcher de la rejoindre. Ma main trouve sa joue comme si elle était naturellement attirée par un aimant. La douceur de sa peau sous la pulpe de mes doigts m'électrise une nouvelle fois, mais de manière amoindrie. Comme si, enfin, mon corps commençait à moduler ses réactions en fonction de l'intensité de mes interactions avec Charlie. C'est complètement stupide.

Lorsque la brune rouvre les yeux et que son regard rencontre le mien, je n'arrive pas à réprimer un doux sourire qui vient étirer le coin de mes lèvres. Et l'instant d'après, la voilà qui se laisse tomber contre moi en posant son front contre ma clavicule tout en m'entourant de ses bras. C'est dans un geste parfaitement instinctif que je reviens placer ma tête contre la sienne, fermant les yeux quelques secondes le temps de simplement graver ce moment dans ma mémoire.

Sans que je ne puisse m'en empêcher, un court et discret soupir m'échappe alors que mon esprit prend conscience de ce qu'il va devoir endurer dans le futur. Et mon cœur se serre. Pourtant, j'ai fait une promesse à la jeune femme. Celle de ne plus être cette Erin qu'elle n'aime pas. Celle que connaissent tous les autres – hormis Naya – et qui se montre froide, distante, détachée.

Mes bras l'enlaçant toujours, je ne fais que hocher la tête lentement en guise d'approbation lorsqu'elle me demande si je dormirai avec elle cette nuit. En un sens, je sais qu'il n'y a aucune invitation cachée derrière ces mots et que cela risque d'être douloureux de me retrouver contre elle pendant toute une nuit alors qu'elle m'attire tant. Mais d'un autre côté, l'état de mon dos me supplie de retrouver le confort de mon matelas au lieu de la dureté de ce canapé miteux. Oui. Tu devrais aller te reposer, il faut que je retourne travailler un peu. Je ne la congédie pas, je ne fais que dire la vérité. Le restaurant ne va pas se rénover tout seul.

Je la raccompagne au moins jusqu'à ma chambre – qui est devenue la sienne depuis les derniers jours – avant de repartir chercher mon manteau et mes outils pour retourner au restaurant. Je me demande quand est-ce que je pourrai me reposer. Car là, j'ai beaucoup de mal à garder les yeux ouverts. Enfin, quelque chose me dit que Naya refusera que je veille cette nuit et se fera même un grand plaisir à m'obliger à rester toute la nuit en compagnie de Charlie.

***


J'avais été tellement concentrée dans mes travaux que je n'avais pas vu le temps passer. Ni la nuit tomber d'ailleurs. Ce qui, avec la neige qui était tombée, rendait le chemin jusqu'à l'école encore plus dangereux. C'est sûrement pour cette raison que je suis arrivée chez nous avec trois longues heures de retard. Entre le fait de ne pas avoir vu qu'il faisait déjà nuit puis le chemin qui m'a pris bien plus de temps, c'est un coup à ce que Naya se soit fait un sang d'encre.

D'ailleurs, elle est sur la pseudo-terrasse qu'on a installé sur le toit de l'un des préaux de l'école lorsque j'arrive. Et je vois à sa manière de se précipiter à l'intérieur qu'elle s'en est effectivement fait pour moi.

Sans grande surprise, je suis congelée. Mes doigts sont légèrement bleuis – parce que j'avais vraiment pas prévu de rester dehors aussi longtemps et encore moins de nuit à devoir tenir une lampe torche devant moi – tout comme mes lèvres. Pourtant lorsque ma meilleure amie s'approche pour s'assurer que je n'ai rien, je balaie rapidement ses inquiétudes avec un sourire rassurant. T'en fais pas, je vais bien. Je me suis juste fait surprendre par la nuit parce que j'étais trop concentrée au sous-sol... Je hausse les épaules, n'ayant pas d'autre explication puisque c'est effectivement ce qui s'est passé.

Un frisson me parcourt et j'avance pour me diriger vers la pièce où se trouve le chauffe-eau. J'espère qu'il y en a encore parce que je rêve d'une douche bien chaude pour retrouver une température corporelle normale. Moi qui ne suis pas frileuse d'habitude, là j'ai pourtant bien froid. Du coup, je passe forcément devant la porte de ma chambre que je vois entrouverte. N'ayant pas envie de déranger Charlie au cas où elle dormirait, je me contente d'essayer de me faire discrète pour ne pas la réveiller.

Faisant demi-tour pour me diriger presque en mode pilotage automatique jusqu'à la salle de bain, j'allume le petit soufflant qui s'y trouve pour essayer déjà de me réchauffer un peu pendant que je me déshabille.



Time goes by, but anger still remains

by Wiise
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