The Walking Dead RPG

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Jamais deux sans trois
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Charlie Johansson
Charlie Johansson
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Ven 5 Fév 2021 - 22:09
Quand je rouvre les yeux, incertaine du temps écoulé, les crampes me font une nouvelle fois grimacer et je prends la peine de m’étirer longuement pour tenter d’en calmer les douleurs. Quand mon bras se tend sur le côté et ne rencontre que le froid et le vide sous la couette, je mets quelques secondes avant de tourner les yeux pour constater que je suis seule. Pourtant, après quelques vérifications d’usage, la nuit me semble être tombée et Erin ne m’a pas rejoint. Fronçant les sourcils, je me refais le film de notre conversation, son acquiescement face à ma proposition et me tourne finalement sur le côté, m’attardant sur l’oreiller vide. Peut-être qu’elle a changé d’avis et a préféré rester au salon sur le canapé. L’ingénieure n’est pas du genre à revenir sur ce qu’elle dit mais je crois, dans un sens, que je peux comprendre sa décision. Je n’en suis pas moins contrariée je l’avoue et je suis heureuse que mon corps soit trop exténué et mon cerveau concentré sur les douleurs pour ne pas avoir à traiter de nouvelles questions.

Perdue dans mes pensées, je vois trop tard l’ombre qui passe devant la porte que j’ai laissé entrouverte et je me redresse lentement, grimaçant à nouveau. Vêtue d’un simple legging et d’un débardeur, je m’extirpe du lit et suit les bruits qui viennent visiblement de la salle de bains. Effectivement, la nuit est tombée et je pense un instant qu’elle a préféré passer un peu de temps avec Naya avant de me rejoindre. Ce serait toujours moins contrariant qu’un changement d’avis et la perspective de passer la nuit seule.
Arrivant à la porte, je l’ouvre légèrement au moment où Erin retire son pantalon, le haut de son corps déjà délesté de son pull. La nudité - ou la semi nudité - ne m’a jamais dérangée. Un corps est un corps quoi qu’on en dise et nous sommes tous fait sur le même moule, en tout cas pour moi. Je ne peux cependant pas empêcher mes yeux de dériver quelques longues, très longues secondes, sur ses courbes avant de me rendre compte que la jeune femme tente comme elle peut de se réchauffer. “Tu rentres que maintenant?”

Ouvrant un peu plus la porte je pénètre à mon tour dans la salle de bains, ne me souciant guère d’envahir un espace jugé par les autres plus qu’intime. Me rapprochant, mes yeux dérivent sur ses mains et ses doigts presque bleus. Les lui attrapant, j’en constate la froideur presque cadavérique et je remonte mon regard sur elle. “Mais t’es complètement gelée!” Et ce sont sur ses lèvres comme mon regard s’attarde ensuite, non pas par désir de les conquérir à nouveau mais parce qu’elles aussi ont pris une teinte inquiétante. Relevant une main vers son visage, ma main vient se poser sur sa joue glacée et mon pouce vient redessiner le contour de sa bouche. “Tu veux te faire tuer ou quoi?” Je ne maîtrise pas mon inquiétude. D’ailleurs, je ne me rends pas vraiment compte que ça en ait, peu habituée à en ressentir les effets.

Réchauffant un peu ses mains dans les miennes, je les frictionne doucement pour que le sang afflue à nouveau jusque dans le bout de ses doigts, louchant sur la douche. La mienne datant de ce matin, juste avant de retrouver le confort du lit, il doit suffisamment rester d’eau chaude puisque je n’ai pas entendu Naya. “Bah qu’est-ce que t’attends file là-dessous, je vais te préparer un truc chaud, t’as qu’à me rejoindre dans la chambre.” L’autorité de mon ton ne me ressemble guère. Je suis plutôt du genre suiveuse à obéir à ce qu’on me dit mais je ne lui laisse pas vraiment le choix puisque je tourne déjà les talons pour me diriger dans la cuisine. J’en oublie ma fatigue et les douleurs des courbatures, bien décidée à rendre un peu la pareille à Erin qui, à deux reprises, a pris soin de moi quand j’en avais besoin.

L’étrangère m’a devancé et après quelques banalités elle me tend le bol de soupe et me dit de bien prendre soin de son amie avec ce petit sourire en coin que je ne comprends jamais vraiment. Acquiesçant, je retourne quelques minutes plus tard dans la chambre, déposant le bol sur la table de chevet du côté où j’ai dormi presque toute la journée. Les draps sont encore chauds et ce sera plus agréable pour l’ingénieure. Je rabats d’ailleurs la couette pour en conserver les bienfaits et viens m’asseoir sur le bord du lit, lui laissant le temps nécessaire tout en vérifiant à intervalles réguliers que la soupe ne refroidit pas trop vite. Ce n’est que lorsque je vois la trentenaire pénétrer la chambre que je me redresse. “Viens te mettre au chaud et bois ça, t’en as assez fait pour aujourd’hui.” Pour être honnête je n’en ai aucune idée mais ce n’est pas vraiment négociable. Et j’ai appris de la meilleure sur le sujet, elle s’approche justement de moi.


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Erin J. Bennett
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Ven 5 Fév 2021 - 22:51
C'est sûrement parce que je suis tellement habituée à ne pas être du genre frileuse que je déteste à ce point quand j'ai froid. Simplement parce que j'ai vraiment l'impression que je ne vais jamais me réchauffer. Et puis aussi pour la simple et bonne raison que si j'en arrive à avoir froid, c'est que d'autres auraient déjà pu tourner de l’œil si ça se trouve. Ah si, j'en ai déjà vu faire ça donc j'invente rien. L'hypothermie c'est pas qu'une légende urbaine hein.

Grelottant malgré moi, j'hésite longuement avant de retirer mon pull pour me retrouver juste en soutien-gorge. Immédiatement, je sens le froid qui semble s'échapper carrément de mon corps et me rapproche un peu plus du soufflant. Encore une nouvelle hésitation qui me fait pester alors que mes doigts ont tout le mal du monde à défaire le bouton de mon jeans. Qui aurait cru qu'une chose aussi simple puisse devenir subitement l'épreuve la plus compliquée de ma soirée ?

J'étais tellement concentrée – après avoir savouré très rapidement ma victoire sur ce foutu bouton – que je ne remarque même pas que quelqu'un entre lorsque je suis en train de retirer mon bas. De toute manière, ce n'est pas comme si j'étais pudique d'une quelconque manière. Ce n'est qu'en entendant des pas que je m'en rends compte. Sauf que je ne tourne pas la tête, pensant que c'est Naya. Erreur de ma part puisque la voix qui me parvient n'est pas du tout celle de la cubaine mais plutôt celle de Charlie – que je pensais endormie.

Je sursaute presque en l'entendant et manque de tomber puisque j'avais encore le pied pris au piège dans mon jeans mais je me rattrape de justesse. Ouf. Manquerait plus que ça tiens. La scène a ça de comique qu'avec ce qu'elle vient de dire, j'ai l'impression d'avoir perdu subitement vingt ans. Quand ma mère parvenait à me surprendre quand je rentrais au milieu de la nuit et m'assénait l'un de ses « c'est à cette heure là que tu rentres ? ». Euh, oui?, que je trouve juste à lui répondre à cause de la surprise.

Mais je n'ai pas le temps de penser plus longtemps à ce vieux souvenir qui me paraît parfaitement ridicule aujourd'hui que je vois la brune entrer dans la salle de bain. Elle saisit mes mains – heureusement que j'étais à nouveau sur mes deux pieds – et constate avec un air presque horrifié la température de mes doigts. Oui, je suis gelée. C'est le moins qu'on puisse dire. D'ailleurs, je suis tellement proche du petit radiateur et la différence de température entre mes mollets et l'air expulsé est si intense que ça me brûlerait presque.

Est-ce que je me serais attendue à me faire presque engueuler par Charlie ? Absolument pas. Est-ce que c'est normal que l'inquiétude qu'elle a dans le regard me fait la trouver encore plus attirante que d'habitude ? Là je crois qu'on s'éloigne un peu du sujet. Grimaçant légèrement, je hausse les épaules d'un air relativement innocent. J'étais concentrée, j'ai pas vu le temps passer. Et ensuite bah... J'ai mis plus de temps à rentrer, vu le temps... Oui, j'ai vraiment l'impression que c'est nécessaire que je me justifie. On sait jamais après tout. Et savoir qu'elle s'inquiète pour moi, ça me touche quand même. Bien plus que je ne l'aurais imaginé.

Voilà que Charlie se montre parfaitement autoritaire avec moi, m'ordonnant de ne pas traîner et d'aller sous la douche pendant qu'elle va me préparer un truc chaud. J'ai tout juste le temps de hausser un sourcil et d'entrouvrir les lèvres que la voilà déjà repartie. Ma foi, j'allais la prévenir que Naya était déjà en train de s'en charger, mais... D'accord, j'avoue, je trouve ça assez mignon. Dans le genre craquant quoi. Alors je la laisse faire, ne doutant pas un seul instant que ma meilleure amie sera ravie de lui passer le relais.

Je n'attends pas plus longtemps cela dit et part effectivement sous la douche. La chaleur de l'eau me fait frémir tant elle contraste avec la température de mon corps et j'ai presque du mal à tenir longtemps sous la douche. Mais je me fais violence pour essayer de gagner quelques degrés. Et puis, dès que j'ai fini – puisque je ne suis tout de même pas restée longtemps histoire de ne pas gâcher d'eau chaude – je m'enroule dans ma serviette et me sèche à vitesse grand V. Ou au moins aussi vite que mes mains me le permettent. Car si l’afflux sanguin comment à se faire un peu mieux dans mes doigts, les fourmillements qui l'accompagnent sont plus que désagréables.

En sortant de la salle de bain, je vois Naya dans le couloir qui arbore son petit sourire en coin satisfait, les bras croisés sous la poitrine et qui me pointe juste du doigt la porte de ma chambre en me faisant signe ensuite de déguerpir rapidement dans cette direction. Je lève les yeux au ciel avant de m'exécuter, articulant un simple « merci » destiné à l'hispanique.

Entrant dans ma chambre, je découvre Charlie qui est assise au bord du lit et qui une nouvelle fois me donne des ordres. J'ai pas trop l'habitude que ce soit dans ce schéma là, puisque je suis généralement celle qui donne les ordres et pas celle qui les reçoit. Mais je crois que je suis bien trop fatiguée et frigorifiée pour rechigner.

Malgré tout, un léger sourire vient étirer le coin de mes lèvres discrètement et je hoche légèrement la tête suite à ses mots. Oui chef, que je lui glisse d'un air amusé en l'accompagnant d'un rapide clin d’œil. Quoi qu'il en soit, je m'exécute donc en venant me glisser sous la couette. Immédiatement, je remarque la chaleur de celle-ci et frissonne tant ça me fait du bien. Un petit soupir de soulagement m'échappe même et je relève ensuite le regard vers la brune à mes côtés. C'est là que t'as dormi c'est ça ? Mais toi aussi tu as besoin de te couvrir, je te rappelle que c'est toi qui es malade... C'est pas pour la réprimander ou quoi, juste que bah... malgré tout, évidemment, je m'inquiète pour elle.

Attrapant le bol de soupe qu'elle me tend, je grimace un peu à cause de la chaleur dégagée par la céramique comparée à la température de mes doigts qui commencent à peine à retrouver une couleur plus acceptable. Ouch, c'est chaud, que je pense à voix haute sans même m'en rendre compte. Alors je tente de poser le bol sur le drap en le coinçant au niveau de mes cuisses pour qu'il ne risque pas de tomber. J'ai l'habitude de faire ça, donc je maîtrise ça va. En tout cas, je tiens quand même à ajouter quelque chose. T'es pas obligée de faire tout ça tu sais... Et... Désolée si tu t'es inquiétée par ma faute.



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Charlie Johansson
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Sam 6 Fév 2021 - 16:03
Attendant qu’elle prenne place dans le lit, là où la place est encore chaude, je rabats finalement la couette sur ses jambes, la lissant dans des tocs de rangements que je ne contrôle pas toujours et acquiesce à ses propos. “Une bonne partie de la journée je crois…” Bien que les symptômes les plus handicapants appartiennent maintenant au passé, la toux, la fièvre, l’encombrement des bronches, les maux de tête, la fatigue persiste et avec elle les crampes. Peut-être que mon corps ne s’est pas vraiment remis de toutes les carences qu’une vie en extérieur apporte avec elle, de la fièvre qui a failli m’emporter quelques mois plus tôt. Je me sens plus fragile, et clairement pas apte à reprendre la route pour rentrer chez moi. Peut-être d’ici quelques jours. La famille a été prévenue de toute façon et sait que je suis entre de bonnes mains. Inutile de prendre des risques sur ce point. “Je ne suis plus malade, juste fatiguée.” J’aime que les choses soient dites avec précision, souvent pour m’éviter des quiproquos inutiles, alors je mets toujours un point d’honneur à l’exactitude de mes propres paroles. Je ne peux m’empêcher de me faire la réflexion qu’elle aussi est malade. Pas physiquement. Là, à l’intérieur. Et que possiblement, je le suis aussi… Mais je n’ai pas envie d’y réfléchir maintenant, je n’en ai ni l’envie, ni la force et puisque l’agitation de ma tête semble avoir pris elle aussi un repos bien mérité, je ne vais certainement pas aller la chercher.

Cependant, seulement vêtue d’un legging et d’un débardeur, je ne peux nier que je commence à avoir froid moi aussi et je ne tarde pas trop à faire le tour du lit pour me glisser moi aussi sous les couvertures, redressant l’oreiller pour y caler mon dos et rester ainsi en position assise. Tournant mon visage vers la jeune femme quand elle se plaint du breuvage trop chaud, je me contente de grimacer en signe d’excuses, la laissant gérer cette partie. Je n’allais quand même pas lui donner la becquée? Pour une fille aussi indépendante que semblait l’être Erin, pas sûre qu’elle apprécie l’attention. Mes yeux dérivent vers son épaule et son cou, là où est encré l’un de ses tatouages et possiblement celui que je préfère. Il épouse à la perfection les lignes délicates de sa peau et la finesse des traits me séduit réellement.

Reposant mon regard dans le sien quand cette dernière reprend la parole, je fronce imperceptiblement les sourcils et hausse les épaules. “J’me sens obligée de rien.” Et pour quelqu’un qui passait sa vie à faire semblant, à prétendre, à tout décortiquer et à se forcer à faire ou dire des choses, c’est naturellement...reposant. “Et puis, t’as pris assez soin de moi, je peux équilibrer un peu la balance, au moins cette fois.” Quant à l’inquiétude qu’elle a fait naître, je la balaie d’un revers de la main. “T’as pas fait exprès.” Comme Erin ne fait pas exprès de me faire aimer sa présence, ses attentions. Comme elle ne fait pas exprès de réveiller des envies que je ne pensais jamais pouvoir toucher, même du bout des doigts. Pas plus qu’elle ne fait exprès de me faire ressentir toutes ces choses au contact de ses lèvres, de ses mains. Je déglutis à la pensée, trop récente et surtout encore trop présente, de l’échange que nous avons partagé dans la cuisine dans la matinée et décide, comme le reste, de la tenir éloignée. Pour une fois que je peux faire le tri sans provoquer un tsunami dans mon cerveau, autant en profiter.

Mes yeux reviennent instinctivement sur son cou et les roses qui y sont tatouées, ne pouvant retenir mes doigts d’en redessiner les contours quelques instants. Je n’en avais qu’un et pas très grand, sur l’omoplate, à la signification personnelle et intime. Et peut-être que l’on m’a déjà dit qu’on ne demandait jamais la symbolique d’un tatouage à quelqu’un, il y a longtemps. Mais la pudeur et moi…”Pourquoi t’as choisi ces tatouages précisément?” Et je place ma question au pluriel pour ceux que je ne peux voir mais qui sont bel et bien présents sur son corps. La photographie mentale que j’en ai faite la dernière fois est de toute façon encore vive dans mon esprit. Ses côtes, sa hanche, sa cheville, ils sont tous gravés dans un coin de ma tête.


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Erin J. Bennett
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Sam 6 Fév 2021 - 22:58
Dans le fond, je me dis que si Charlie n'avait pas envie de faire tout ça elle ne le ferait effectivement pas. Qu'elle n'est pas du genre à se forcer si elle ne veut pas faire quelque chose. Pourtant, lorsque je pense à ça, j'ai du mal à ne pas me remémorer le fait qu'elle m'a annoncé plus tôt dans la journée ne jamais avoir ressenti avec son ex petit-ami ce que notre baiser a pu lui faire découvrir. Alors finalement... Le doute est permis, en fait.

La seule chose que je peux faire – en réponse à ses deux remarques suivantes – c'est hausser les épaules avant de repartir à l'assaut de ma soupe. Maintenant que mes doigts commencent un peu à se réchauffer, c'est moins difficile de tenir la céramique dans mes mains. Je prends le temps de souffler sur le potage histoire de le refroidir un peu et ne pas me brûler avant de le goûter. Bon, il était encore trop chaud mais au moins il est bon. Et il me fait beaucoup de bien.

Avalant quelques gorgées successives malgré tout, je fais une légère grimace dès que j'ai fini de vider ma bouche. C'est pas parce que j'ai pas fait exprès que je peux pas être désolée. Oui, j'y tiens. Et elle risque pas de me faire changer d'avis. J'ai horreur que les gens s'inquiètent pour moi. Là, j'ai fait d'une pierre deux coups entre elle et Naya.

Un frisson vient me tirer de mes pensées lorsque je sens les doigts de la brune effleurer mon épaule et ma clavicule en suivant le tracé extérieur du tatouage qui s'y trouve. D'ailleurs, ça me surprend au point que je manque d'avaler de travers. C'était moins une.

Décidant qu'il est plus sage d'éloigner le risque, je pose le bol sur la table de chevet à côté de moi avant de me racler la gorge pour prendre la parole et répondre à la jeune femme. Pour être honnête ? Certains ne sont là que parce que je les ai trouvés jolis. Sans autre raison particulière. Je sais que ça peut paraître stupide, mais je pars du principe qu'un tatouage n'a pas spécialement besoin d'une signification précise pour avoir sa place sur un corps. Ça ne regarde que son porteur en soit.

Mais j'ai bien remarqué que sa question ne concernait pas uniquement celui que j'ai sur l'épaule et qu'elle peut partiellement voir. L'utilisation du pluriel était un bon indice, je n'ai rien d'un devin. Alors du coup, je prends le temps d'entrer dans les détails des autres qui – eux – ont une signification particulière.

D'abord le plus simple, celui sur ma cheville. Celui que j'ai à la cheville, on se l'est fait en commun avec Naya y'a bien longtemps maintenant. Même si j'ai toujours aussi froid, je fais l'effort de retirer la couette qui me couvre le temps de la laisser observer l'encre sur ma peau à ce niveau là. Retrouvant bien vite la chaleur de la couette par la suite, je me tourne de manière à pouvoir lui montrer mes côtes en soulevant mon haut. Peut-être que j'aurais dû être gênée par le fait que je ne porte pas de soutien-gorge et que vu la position, on peut voir ma poitrine selon l'angle dans lequel on regarde. Mais je ne le suis pas, parce que je ne suis pas du genre pudique. Je pars du principe qu'on a tous la même chose, alors pourquoi se formaliser à un peu de peau ?

Celui-là, c'est plus compliqué. Je pense que tu trouverais l'explication farfelue alors disons simplement que c'est parce que chaque personne est comme une machine. Complexe, parfois indéchiffrable, et souvent incompréhensible... Et ce malgré les apparences que les gens cherchent à donner. Je hausse les épaules, baissant à nouveau mon haut pour pouvoir récupérer mon bol de soupe et en boire encore un peu. Histoire d'accélérer la montée en température dont mon corps a besoin.

Et toi ? T'en as un non ? Y'a une raison particulière ? Après tout, je crois me souvenir d'en avoir vu un quand elle était allée se doucher et s'était déshabillée dans la même pièce que moi sans se poser de question. Forcément, j'ai regardé... J'ai des yeux, c'est pour ça non ?



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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Dim 7 Fév 2021 - 19:03
Mes yeux glissent sur sa cheville et je redécouvre ce que j’ai vu plusieurs semaines auparavant, dans cette même chambre. Les situations ont l’art de se répéter entre nous sans jamais avoir la même saveur. Pour une fille comme moi qui se lasse des personnes et des situations avec une facilité déconcertante, c’est plaisant. J’acquiesce discrètement à son explication, comprenant le besoin que l’on a, parfois, de se rattacher à une autre personne par le biais d’un dessin intemporel. Après tout, c’est ce qui avait motivé mon désir de faire le mien. L’avoir constamment sur la peau, dans ma peau, avait créé une sorte de lien inébranlable. Un lien que n’avait ni mon frère ni ma sœur. Quelque chose qui n’appartenait qu’à Joan et moi. J’avais toujours été envieuse d’eux, et sans doute quelque peu jalouse et rancunière de la place qu’ils prenaient dans son quotidien. Je l’avoue sans honte, bien que je les appréciais - d’une façon trop particulière et trop personnelle pour être décrite par des mots - j’avais souvent souhaité qu’ils ne soient pas là que ma vie se résume à ma mère adoptive et moi. Le partage, ça n’avait jamais été pour moi, pas quand l’obsession régnait en maître vis-à-vis d’un tiers.

Elle redresse son haut et mon regard se pose sur celui qui est sur ses côtes. La dernière fois, c’est celui qui m’avait le moins touché, le moins parlé. Et pendant qu’elle m’en explique la symbolique, je me surprends à quitter les lignes du tatouage pour remonter lentement sur l’arrondi du sien que je devine malgré la pénombre. Je ne suis pas pudique, ne l’ai jamais été. C’est d’ailleurs cette attitude qui m’a valu quelques ennuis et quelques sermons, adolescente, quand, une fois formée, mon frère m’a surpris complètement nue en sortant de la salle de bains. Ce crétin avait rougi jusqu’aux oreilles et Joan m’avait longuement expliqué que ça ne faisait pas. Je n’avais jamais réellement compris pourquoi mais avais fait attention par la suite. Impudique parce que pour moi, tous les corps sont les mêmes. Pourtant, ici, c’est… différent. De cette nudité que j’ai toujours jugé des plus banales, j’en ressens un léger attrait. Pour la perfection de ses lignes, parce que ce sont les courbes d’Erin qui se dessinent sous mes yeux.
Je secoue mentalement ma tête pour évincer ces nouvelles pensées, me concentrant sur ses mots et revenant au dessin un peu plus bas. Pourquoi est-ce que j’ai si chaud soudainement? Je me retiens cependant de laisser traîner mes doigts sur son corps cette fois-ci, juste par précaution. “C’est pas farfelu. C’est ce que je pense de la plupart des gens. Complexes, indéchiffrables, incompréhensibles. C’est un résumé qui a du sens pour moi.” Je relève un instant mes yeux sur elle. Ce n’est pourtant pas le ressenti que j’ai de la jeune femme étrangement. Elle m’apparaît vraie, comme rarement. Définitivement pas comme les autres.

La laissant se réchauffer avec la soupe, je ne relève mon visage vers elle que lorsque cette dernière me retourne la question, acquiesçant à sa question. Me tournant pour lui présenter mon omoplate gauche, je fais glisser la bretelle du débardeur de mon épaule et descends légèrement celui-ci pour révéler deux cygnes entrelacés, l’un blanc, l’autre noir, dans un style réaliste qui me correspond. Le côté gauche n’est pas dû au hasard. Le tatouage est en parfait opposition au cœur. “Je l’ai fait en hommage à Joan, ma mère d’accueil.” Et parce que ça n’a pas beaucoup de sens dit comme ça… “Son nom de famille était Swan. Elle est le blanc, je suis le noir.” Lui laissant le temps d’en analyser les traits, je finis par me tourner vers elle, remontant la bretelle à nouveau sur mon épaule. “C’était un moyen d’avoir toujours ce lien avec moi. Elle ne nous a jamais adoptés mais ce n’était pas nécessaire. Mon nom était déjà un rappel de ce qui nous liait.” Me rendant compte qu’Erin ne le connaît pas, je précise une nouvelle fois ma pensée. “Johansson. Je m’appelle Charlie Johansson. C’est un nom nordique qui signifie ‘’enfant de Joan’’. Le hasard de cette symbolique m’avait toujours interpelé. Comme si nous étions destinées à nous trouver un jour ou l’autre. Techniquement, le suffixe -son se traduisait par ‘’’fils de’’ mais une légère altération de la réalité n’était pas si dramatique. “Je crois que c’est la seule personne que j’ai réellement aimé dans toute ma vie.” Je sais que cette révélation peut être préjudiciable pour mes nombreux secrets. Par extrapolation, ça signifiait que je n’avais jamais aimé Garrett. Mais je m’en moque. L’ingénieure ne m’a jamais jugé jusqu’ici, je ne vois pas pourquoi elle commencerait maintenant. “Et la seule qui m’ait réellement aimé.” Un voile de tristesse passe un instant dans mon regard avant que je me reprenne. Le passé était le passé, je ne pouvais le changer et par conséquent, je ne m’attardais jamais dessus. “Tu as de la chance d’avoir une personne comme Naya dans ta vie. Quelqu’un qui t’aimera toujours de façon inconditionnelle.”


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Erin J. Bennett
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Dim 7 Fév 2021 - 20:48
Je crois bien que c'est la première fois que je prends le temps d'expliquer la signification de mes tatouages à quelqu'un. Enfin, pour ceux qui en ont une. Je ne suis certainement pas du genre à inventer des histoires sur ce que j'ai encré sur ma peau uniquement parce que je le trouvais beau.

En tout cas, je me sens un peu stupide d'expliquer tout ça. Parce que généralement, c'est quand même très personnel comme truc. Du genre à n'avoir de sens que pour la personne qui a bien pu l'imaginer ou vivre ce qui se raccroche au dessin. Alors je suis pas certaine de vraiment réussir à décrire correctement la signification de celui qui orne mes côtes.

A ma grande surprise pourtant, Charlie me répond en toute franchise qu'elle trouve que ça fait sens. Que ça correspond même à sa vision des autres généralement. Et je crois bien que c'est la première fois que je rencontre quelqu'un qui a le même point de vue que moi sur la chose. Ce qui, bizarrement, me touche bien plus que je ne l'aurais imaginé.

Mais la conversation bifurque sur le tatouage qu'arbore la jeune femme, puisque c'est ce que je viens de lui demander. Et si je ne pensais pas qu'elle s'ouvrirait tant à moi, je ne peux qu'être surprise par ses explications.

Mes yeux sont perdus sur les détails des deux cygnes, et plus j'observe les traits plus je trouve le tout magnifique. En ajoutant bien évidemment la signification de celui-ci au tout, ça ne fait que le rendre encore plus beau à mes yeux. Sa mère adoptive. Seule personne qu'elle ait réellement aimé et par qui elle a été aimée.

Je sais pas pourquoi, mais mon cœur se serre en entendant ça. J'ai de la peine pour elle. Même si une partie de mon cerveau tique sur le fait qu'elle n'a donc jamais été amoureuse de son ex petit-ami – ce qui confirmerait ce que je pense mais n'est absolument pas approprié vu le moment – je préfère mettre ça de côté pour ne pas risquer de repartir sur un terrain plus que glissant.

Je sors de ma contemplation lorsque le dessin disparaît de nouveau de sous mes yeux, retrouvant sa place sous le tissus du haut de Charlie. Je me racle la gorge, venant passer une main dans mes cheveux alors que je regarde instinctivement en direction de la porte quand j'entends qu'elle relève la relation que j'ai avec la cubaine.

Naya et moi... C'est une longue histoire. Peut-être pour un autre jour, qui sait. Mais oui, elle est vraiment très importante pour moi. En fait... Jusqu'à présent elle est la seule à m'avoir réellement acceptée comme je suis. Sans essayer de me changer ou me demander de me comporter de telle ou telle manière pour que ce soit plus simple ou plaisant.

Je pose à nouveau mon regard sur Charlie, me rendant compte en un sens que c'est ce que je fais avec elle. Je la prends comme elle est, sans chercher plus loin. Lui conseillant même de ne pas essayer d'être autre chose qu'elle-même. Même si c'est pas simple pour elle.

Tu sais... Je suis sûre que d'autres personnes n'auraient aucun mal à aimer celle que tu es. Là, au fond, que je dis d'une voix douce en venant poser mon index lentement à l'emplacement de son cœur puisqu'elle s'est tournée vers moi à nouveau pour qu'on puisse poursuivre notre conversation. Et je crois... Je crois que je fais partie de ces gens.



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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Lun 8 Fév 2021 - 19:32
Je ne peux empêcher un sentiment d’envie de poindre quand la jeune femme à mes côtés réitère des propos déjà employés pour décrire la relation partagée avec son amie. Je suis consciente de ne pouvoir atteindre toute la palette des émotions humaines. La plupart me sont inaccessibles et je ne crois pas être en mesure de les ressentir un jour, pas comme je le devrais. Ça ne veut pas dire que je ne ressens rien mais force est de constater que seuls les sentiments négatifs semblent trouver un écho en moi. L’obsession, la jalousie, l’envie. Pas celle qui vous porte dans des hauts sommets positifs. Celle qui est vile, qui est malsaine. Ça ne signifie pas non plus que je ne peux apprécier certaines personnes. Preuve en est ce que je partage depuis quelques temps avec Erin. Si différente de toutes les femmes rencontrées dans ma vie qu’il m’est impossible de la ranger dans une case. C’est pourtant ce que je fais de mieux mais avec elle, je n’y parviens tout simplement pas.
Alors il me semble assez inconcevable que Naya soit la seule capable de la percevoir à sa juste valeur. Sans compter que les deux trentenaires semblent parfois aux antipodes l’une de l’autre, mais dans une complémentarité qu’il est rare de posséder entre deux êtres. “Je vois pas pourquoi on voudrait te changer tu es très bien comme tu es.” Peu consciente du précieux compliment que je viens de lui offrir je n’en dis pas davantage. Je n’ai pas les filtres nécessaires pour comprendre les tabous et les interdits, la justesse et la compassion. Tous semblent si aisément faire le tri dans ce qu’il est acceptable ou non de dire, de faire, de penser. J’ai au moins, à défaut d’être honnête sur ce que je suis, la franchise de ne pas enrober mes mots de velours. Ils sortent tel que je les pense, tel que je les ressens. Souvent ils vexent, parfois ils blessent sans que je ne m’en rende compte. En de rares occasions, ils ont ce pouvoir parfaitement inconscient de glisser au-delà des barrières érigées par les autres.

Ses mots me touchent plus qu’ils ne le devraient et je préfère baisser les yeux, jouant avec mes doigts que je triture nerveusement. La honte n’est pas quelque chose qui m’est coutumier mais après tous mes mensonges de ces dernières semaines, après mon récit inventé sur ma rencontre avec Apple, les manipulations auxquelles je me suis adonnée pour me faire accepter de la famille, il m’est inconcevable de penser que ces gens-là peuvent m’aimer pour ce que je suis. S’ils savaient tous les mécanismes qui se sont imbriqués là-haut pour me faire adopter d’eux, nul doute qu’ils me montreraient la sortie. Quant à Erin… si elle savait à quel point je l’ai flouée, dans quelle mesure les bases de notre relation reposent sur un mensonge faussement pieux, je reste certaine qu’elle me claquerait elle aussi la porte au nez. Je ne regrette pourtant pas un seul de mes mots, un seul de mes actes. Si j’avais joué la partie différemment je ne serais pas ici, avec elle et aucun lit ne m’attendrait à la maison dès que j’irai mieux. Je ne peux de toute façon pas changer le passé. Je n’ai pas de pouvoir là-dessus, comme je n’ai pas de pouvoir sur ce qui arrivera demain ou plus tard. Ne reste que le présent et sa temporalité si changeante.

Son doigt sur mon cœur me fait rater quelques battements et et mes yeux se fixent un instant sur cet index avant de remonter mes prunelles dans les siennes. “J’en doute très sincèrement.” Prenant sa main je l’écarte de ma poitrine, la conservant pourtant dans la mienne en la serrant doucement pour ne pas qu’elle m’échappe. “Mais je l’espère.” Pour ne pas passer le reste de ma vie à faire semblant, à prétendre des choses que je ne ressens pas. C’est mon quotidien, ma routine, mais ça ne veut pas dire que j’en suis contentée. Ni que je suis heureuse. Je ne crois pas l’avoir déjà été, ne sait pas vraiment ce que ça implique.

Relâchant sa main, mes yeux se portent sur son bol de soupe. “Mange!” Et bien que l’ordre soit lancé, il n’en a pas du tout la résonance et un léger sourire flotte sur mes lèvres. Et pour revenir sur ses précédentes paroles… “Moi en tout cas je n’ai pas envie que tu changes. J’taime bien comme ça...Erin.”


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