The Walking Dead RPG

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Jamais deux sans trois
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Charlie Johansson
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Sujet: Jamais deux sans trois   Mer 3 Fév 2021 - 21:24
Fin janvier 2021.

Je me redresse difficilement en position assise sur le lit, laissant mes jambes pendre dans le vide un instant. J’ai dormi mon comptant et pourtant je me sens encore accablée d’une fatigue qui ne semble jamais prendre fin. J’ai l’impression d’être revenue des mois en arrière, quatre pour être précise, quand la fièvre risquait de me faire succomber, seule dans les bois. Les mêmes courbatures, les mêmes crampes, le même manque d’appétit. La toux s’en était mêlée elle aussi, et si les cinq premiers jours avaient été les pires, le contre coup l’était tout autant. N’ayant jamais repris mon poids de croisière, les quelques kilos perdus ces dix derniers jours sont déjà de trop. Ce n’est qu’une banale grippe saisonnière mais après presque deux ans passés sur les routes dans une survie précaire, mon corps semble le supporter moins bien encore.
Retenant un bâillement sur le dos de ma main, l’autre agrippe un élastique laissé la veille sur la table de nuit et j’attache ma tignasse dans un chignon très approximatif, quelques mèches pendant ci et là et je me redresse, grimaçant quand mes muscles me tiraillent à chaque nouveau mouvement.

J’aurais préféré être à la maison, dans la chambre qu’on m’a attribuée, mais le karma en a décidé autrement. Revenue à l’école dans l’intention de tenir ma promesse et de préparer la terre en vue du futur potager, c’est ici que les premiers signes sont apparus. Depuis dix jours, je squatte la chambre et le lit de Erin. Dans d’autres circonstances, je ne me serai pas sentie de trop j’imagine. L’ingénieure a toujours eu ce don de me faire me sentir bien et d’alléger le poids de mes pensées.
Pourtant, depuis ce qui s’est passé dans la cuisine douze jours plus tôt, la jeune femme est devenue un mur infranchissable. Il n’y a plus de bienveillance dans son regard, ni de douceur. Ses attentions se résument au strict minimum et si elle m’a cédé sa chambre et son lit c’est surtout Naya qui a veillé sur ma personne ces derniers jours. Nos échanges oraux sont eux aussi devenus brefs, banals et si d’ordinaire l’indifférence règne en maître chez moi, je dois avouer que ça me contrarie plus que je ne saurais l’expliquer.

Alitée, j’ai eu le temps de cogiter, seule avec mes pensées. Et bien que ce baiser ait été une erreur à mon sens, quelque chose que je rejette aussi vigoureusement que possible dès que le souvenir m’effleure, je dois reconnaître qu’elle me manque. Nos discussions, ses sourires, ses gestes tendres. Je ne parviens pas à m’habituer à cette froideur dans ses regards, dans sa façon d’être. Je n’ai pas envie de connaître cette facette. Ce n’est pas elle qui me rend curieuse, qui me donne envie de plus, qui me donne la sensation de pouvoir être davantage moi. Je ne sais pas si je l’ai blessée, vexée, mais je déteste ça. Je ne suis pas à ma place ici et je ne sais pas comment aborder cette nouvelle relation, qui n’en est de toute façon plus vraiment une.

Me redressant complètement, je prends le pull trop grand resté au pied du lit et l’enfile en grimaçant, enfilant à la suite une paire de chaussettes avant de prendre la direction de la cuisine pour me forcer à avaler quelque chose. Mes pas sont traînants et je n’ai guère de motivation pour autre chose que larver le reste de la journée. Ça aussi ça me contrarie, parce que je prends du retard sur le chantier que j’ai à peine commencé et que j’en suis réduite, à nouveau, à l’état de boulet.

Arrivée à la cuisine, je stoppe net mes pas quand mes yeux se posent sur le dos de l’ingénieure et un instant, je pense à faire demi tour et revenir quand elle sera absente mais la jeune femme doit sentir ma présence puisqu’elle se retourne. Dans l’impossibilité de rebrousser chemin, je me traîne jusqu’au plan de travail, jouant avec le bout des manches de mon pull. “Je venais juste grignoter quelque chose. Naya a dit que je devais me forcer à manger.” Je me rapproche encore, prenant une pomme qui ne me fait guère envie mais qui ne pourra que me faire du bien. “Je ne t’ai pas vu hier…” Les autres jours, Erin était au moins venue une fois dans la journée. Mon ton ne respire pas le reproche, juste une constatation qui, étrangement, m’attriste quelque peu.


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Erin J. Bennett
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Mer 3 Fév 2021 - 22:10
Si tenter de ne pas penser à Charlie lorsqu'elle n'était pas là n'était déjà pas spécialement simple, je vous laisse imaginer à quel point c'était difficile de l'ignorer lorsqu'elle est arrivée à l'école il y a une dizaine de jours pour commencer les fameux travaux pour le potager qu'elle comptait installer en guise de remerciement pour les soins assurés lorsqu'elle s'était faite agresser.

Évidemment, je lui ai laissé ma chambre et mon lit, allant dormir sur le canapé – pour le peu de temps où j'arrivais à fermer l’œil vu l'inconfort de ce dernier. Mais la plupart du temps, au cours de la journée, j'échangeais ma place « habituelle » avec Naya. Prenant le maximum de tours de garde, allant m'occuper de relever les différents pièges à petit gibier posés plus loin dans le bois à quelques minutes de marche de l'école, ce genre de choses. Tout ce qui pouvait me permettre de ne pas passer trop de temps en présence de notre invitée.

Pourquoi ? Et bien simplement parce que je lui ai déjà fait bien assez de mal la dernière fois, avec cette stupide histoire de baiser. Encore aujourd'hui, je ne comprends pas pourquoi j'ai fait une telle chose. J'aimerais revenir en arrière, effacer tout ça et reprendre là où nous étions, mais ce n'est malheureusement pas possible. J'ai gâché le début de relation – possiblement amicale – que j'avais avec cette jeune femme pour des idioties.

Et comme si cela n'était pas suffisant, il avait fallu qu'elle tombe malade. Une simple grippe saisonnière, d'après les symptômes, mais qui pourtant avait réussi à l'affaiblir en très peu de temps. Bien évidemment que son état m'inquiète. Mais je me suis juré de rester loin d'elle pour éviter de lui faire plus de mal que je n'en ai déjà fait. Alors, ma foi, j'ai encore une fois laissé le soin à Naya de s'occuper d'elle pendant que j'assurerai le reste.

Revenant enfin à l'intérieur après de longues heures à monter la garde à l'extérieur, je serre mes mains autour de la tasse de thé brûlante que je tiens. Le regard perdu vers l'extérieur, je soupire un peu et retiens difficilement un long bâillement. Il faut dire que la nuit m'a paru interminable, et le fait d'avoir passé la journée d'hier à travailler au restaurant que l'on essaie toujours de remettre plus ou moins en état n'a pas vraiment aidé.

Je suis pourtant tirée de mes pensées par des bruits de pas. Et je reconnais sans mal qu'il ne s'agit pas de ceux de la cubaine. Après tout, je connais la démarche de ma meilleure amie et serais capable de la reconnaître entre mille. Tournant légèrement la tête pour regarder par-dessus mon épaule, c'est là que mon regard se pose sur le visage de Charlie. De la voir si fatiguée, semblant si frêle, mon cœur se serre sans que je ne puisse rien y faire. J'ai envie de la prendre dans mes bras, de partager un peu de chaleur avec elle, de m'assurer qu'elle va bien. Mais je n'en fais rien. Parce que je sais que ça ne ferait que lui faire du mal en fin de compte.

Le fait qu'elle ait l'air si gênée en ma présence – à en juger par sa manière de jouer avec les manches de son pull – et qu'elle s'empresse de justifier le pourquoi de sa venue dans cette pièce ne fait que confirmer que j'ai raison d'agir comme je le fais. Enfin, je crois. Après tout, si j'étais subitement devenue douée avec les gens, ça m'étonnerait aussi. Et ça passe par le fait d'être persuadée de faire quelque chose de bien alors que c'est tout le contraire. La preuve la dernière fois avec ce baiser. Bref.

Je hausse les épaules, indiquant ainsi à la jeune femme qu'elle peut bien faire ce qu'elle veut, et m'apprête à bouger de ma fenêtre pour quitter la pièce lorsqu'elle reprend la parole. Avortant mon geste avant même de l'avoir amorcé, je joue légèrement avec la tasse que j'ai entre les mains, mordillant instinctivement l'intérieur de ma joue. J'étais au restaurant pour bosser, et quand je suis rentrée tu dormais déjà. Puis j'ai passé la nuit à monter la garde dehors. Voilà la raison pure et simple pour laquelle elle ne m'a pas vue de la journée hier. Je suis partie très tôt, rentrée très tard.

Prenant une longue – mais discrète – inspiration, je m'autorise tout de même à prolonger un peu cette conversation tout en restant pourtant fidèle à mon comportement des derniers jours. Froide, distante. Solitaire, comme je l'ai toujours été. Comment tu te sens ? Après tout, lui demander ça, c'est quand même la moindre des choses.



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Charlie Johansson
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Mer 3 Fév 2021 - 23:08
Je me contente d’acquiescer, n’étant pas vraiment le genre de personne capable de remettre en doute les paroles de quelqu’un. Bien que je sois bonne lectrice des attitudes des uns et des autres, quand on me disait une chose je pensais d’abord à une vérité universelle. Finalement, pour ma propre survie, il était plus sécurisant pour moi d’être dans cette incapacité constante de pouvoir réellement s’attacher à un tiers puisqu’il était, après tout, aisé de me manipuler. Peut-être d’ailleurs encore plus que mes capacités me permettaient de manipuler les autres. Ca expliquait sans doute pourquoi certaines paroles étaient devenues paroles d’Evangile maintenant, à être trop souvent martelées dans mon crâne à coup de surin, elles m’apparaissaient comme une ancre, quelque chose de tangible auquel me raccrocher. Des certitudes qu’il m’était difficile voire impossible d’ébranler au risque de voir le château de cartes s’écrouler.
Pourtant, c’était ces mêmes idées qui m’avaient amené à cette situation de laquelle je ne savais pas comment sortir.

Parce que j’en avais envie. Me sentir piégée dans cette indifférence ne faisait que me faire cogiter toujours plus, alourdissant le nombre de problématiques coincées dans ma tête depuis trop longtemps. Mes nuits, agitées par les crampes et les douleurs persistantes, ne m’autorisaient que de courts instants de repos avant que la machine cérébrale reprenne de plus belle. Je repensais à la scène dans la cuisine, à tout ce que j’avais ressenti le temps de deux simples malheureux baisers, à toutes les questions que ça soulevait et auxquelles je ne souhaitais pas apporter de réponses, aux conséquences sur mes rapports avec Erin.
Je n’avais brisé les barrières sociales qu’avec un nombre très limité de personnes au cours de ma vie. Joan, ma mère d’accueil, les membres de la maison qui m’avaient recueilli, et encore. Seuls Allegra, Matias et Hazel commençaient à trouver grâce à mes yeux. Il y avait eu cette rencontre percutante avec Apple et son départ de Olympia quelques temps plus tard. Sur ces cinq personnes, il n’en restait déjà plus que trois. L’histoire de ma vie.

Puis il y avait eu Erin. Je ne saurais expliquer pourquoi mais ça avait toujours semblé facile avec elle, depuis le début. Ce… truc qui m’avait donné envie de la connaître et la découvrir. Mais si le truc en question était toujours là, la distance qu’elle nous imposait me faisait penser qu’elle aussi, comme Joan, comme Apple, finirait par partir, d’une manière ou d’une autre. Et j’avais du mal à accepter l’idée. Plus que je ne saurais l’expliquer. Plus que je voulais bien l’admettre.
Même quand elle s’enquiert de mon état de santé, ce n’est pas avec cet intérêt et cette inquiétude qu’elle laissait transparaître avant. Jouant avec la pomme dans mes mains que je fais se balancer de l’une à l’autre, je hausse les épaules, comme à mon habitude. “ J’ai connu pire la dernière fois. J’ai encore des crampes et j’ai du mal à trouver le sommeil mais la fièvre est tombée et je ne tousse plus.” Il m’avait fallu trois semaines entières pour sortir des pics de température au mois de septembre… ou d’octobre...je ne sais plus. Toute cette période était encore floue dans ma tête. En comparaison, cinq malheureux petits jours sonnaient presque comme une bonne nouvelle. Certes, je restais faible mais d’ici quelques jours, je pourrais reprendre le chemin de la maison et libérerais les lieux, me sentant définitivement de trop.

Me rapprochant un peu, je reste à distance raisonnable même si ça me coûte. Je n’ai jamais été très douée pour mettre les formes dans mes interrogations. Les filtres, ça n’avait jamais réellement fonctionné avec moi. “Tu m’en veux pour la dernière fois?” Parce que si ce n’était pas en rapport avec la scène de la cuisine, je ne comprenais clairement plus rien. Et parce qu’il faut que ça sorte, que mon cerveau est déjà trop plein et menace de se mettre en pause si je ne vide pas un peu de ces choses qui restent bloquées à l’intérieur, parce que je n’ai aucune pudeur ni pour ce qui concernait mon corps, et encore moins avec les mots, je ne lui laisse guère le temps de répondre que je lâche dans un souffle “Tu me manques.”

Mes yeux remontent dans les siens, à la recherche de l’autre Erin. Celle dont, effectivement, sans que je ne l’explique, me manque. Pas cette version détachée qui ne m’émeut guère autrement que pour me contrarier davantage encore.


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Erin J. Bennett
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Jeu 4 Fév 2021 - 8:55
Bien sûr que ça ne me laisse pas indifférente de devoir jouer la carte de la froideur avec Charlie. Parce que depuis le début, avec elle, ça n'a jamais été le cas. A aucun moment je n'ai eu envie de me montrer distante avec elle contrairement à tous ces autres gens que je peux rencontrer ou qui ont pu passer dans ma vie de manière éphémère. C'est d'ailleurs bien plus difficile que je ne le pensais. Et chaque fois que je suis obligée de l'esquiver, de réprimer les instincts naturels de mon corps, ça me fait mal. Comme je n'aurais jamais pensé que cela soit le cas.

Au moins, je suis rassurée lorsqu'elle me dit qu'elle a connu pire et qu'elle commence lentement à se remettre. Si la fièvre a baissé, c'est déjà une très bonne chose. Sa toux semble s'être calmée et cela devrait lui permettre peu à peu de retrouver le sommeil. Ou tout du moins, je l'espère.

Je viens prendre une gorgée de ce thé brûlant qui se trouve entre mes mains, ayant du mal à réprimer une petite grimace quand je sens le liquide glisser le long de mon œsophage. J'aurais certainement dû prendre le temps de souffler davantage dessus avant de boire, mais tant pis. Ça m'apprendra à me précipiter.

Mais du mouvement dans mon champ de vision me fait relever le regard vers Charlie – alors que je foudroyais inutilement du regard ce thé qui venait de me brûler – et je constate donc qu'elle s'est approchée de moi. Bien qu'elle reste à une certaine distance malgré tout, je remarque bien qu'elle n'est pas très à l'aise dans cette situation.

La question tombe et mon cœur se serre. Est-ce que je lui en veux pour la dernière fois ? Bien sûr que non. La seule personne à qui j'en veux c'est moi-même. Parce que j'ai agi comme une idiote et je suis la seule responsable de ce qui s'est passé. Je cherche comment lui dire tout ça, mais elle me prend de court et ne me laisse pas le temps de prendre la parole.

« Tu me manques ». Hormis Naya, elle est la première personne que j'entends me dire ça. Alors forcément, ça me touche. Beaucoup même. Et encore une fois, mon cœur se serre davantage qu'il ne l'était déjà. Avec lui, mon expression dure et froide s'efface et laisse place à la douceur présente habituellement sur mes traits lorsque je suis en présence de la jeune femme.

Ses yeux viennent rencontrer les miens et je reste là sans bouger pendant quelques instants. Le silence s'installe dans la cuisine et mon corps me crie de m'avancer vers elle. De réduire cette distance qui nous sépare jusqu'à pouvoir la prendre dans mes bras. Pourtant, je fais tout mon possible pour réprimer cette envie. Ce besoin.

Déposant ma tasse sur le plan de travail à côté de moi, je viens glisser l'une de mes mains dans mes cheveux puis sur ma nuque, affichant sans même m'en rendre compte un air profondément désolé. Teinté pourtant de cette douceur qu'elle a pu connaître. Qu'elle – et Naya évidemment – est la seule à voir sur mes traits. C'est pas à toi que j'en veux, Charlie... J'essaie de trouver la meilleure manière de dire ça, mais c'est pas simple.

Un léger soupir m'échappe et je finis par détourner le regard, me mordant les lèvres sous le coup d'une colère m'étant uniquement destinée. Je... J'ai été stupide. Et à cause de ça je t'ai fait du mal. La seule personne à qui j'en veux pour ce qui s'est passé la dernière fois c'est moi. Voilà. C'est dit.

Je relève mon regard vers elle, souhaitant voir sa réaction et non seulement l'entendre. Si tant est qu'elle en ait une. C'est pour ça que je me suis éloignée. Pour ne pas te faire plus de mal que je ne t'en ai déjà fait. Et surtout parce que c'est la seule manière de faire que je connaisse. Je hausse donc les épaules, avant d'afficher une légère moue malgré moi. Mais pour être franche, tu me manques aussi. Oh. Là, les mots sont sortis tout seul. Je n'ai même pas eu le temps de me rendre compte de ce qui se passait dans mon esprit que déjà ma pensée était exprimée à voix haute. Ma foi, au moins on ne peut pas dire que je ne sois pas transparente.



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Charlie Johansson
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Jeu 4 Fév 2021 - 14:17
L’ombre dans ses yeux s’estompent et les traits de son visage perdent en dureté. Sans ciller, je la détaille, avide du moindre signe qui irait dans le sens de mes silencieuses requêtes. La revoilà, la Erin qui me manque, celle dont j’apprécie la présence, les attentions, les gestes tendres. Elle n’était finalement pas si loin et je sens le nœud que forme mon estomac se desserrer quelque peu, pendue à chaque geste, à chaque mot. C’est pourquoi, comme souvent, sa réponse me perd. Je fronce les sourcils, ne comprenant pas le sens de son explication. Nous ne sommes que deux concernées par la situation, si elle ne m’en veut pas, alors à qui? Et si la suite de son discours m’offre quelques précisions, je n’en discerne toujours pas la logique. Me faire du mal? Au sens premier du terme ou psychique? Parce que j’ai beau tenter de rejeter en bloc ce qui s’est passé précisément dans cette cuisine douze jours plus tôt, Erin m’a fait tout un tas de trucs mais ça ne m’a pas fait mal, bien au contraire. Chassant mentalement ces pensées déviantes, je tente de comprendre l’autre aspect de cette expression. Je suppose que ça inclut de la tristesse, C’était souvent la raison pour laquelle les gens pleuraient, parce qu’on leur avait ‘’fait du mal’’. Sauf qu’encore une fois, ça me semble aux antipodes de ce que j’ai ressenti. Je lui ai pourtant dit, que j’avais trouvé ça parfait. Et si l’ingénieure a ressenti la même chose, elle doit bien se rendre compte que ça ne colle pas. Ou alors...ça ne lui a peut-être rien fait. Peut-être que m’embrasser ne lui a rien provoqué, comme moi avec Garrett.

De nouveau trop de questions et je ferme les yeux pour tenter d’en évacuer certaines qui ne me semblent pas primordiales en l’instant. Je ne les rouvre que lorsqu’elle avoue que je lui manque aussi et je ne peux réprimer une expiration de soulagement suivi d’un sourire ravi. Parce que si je lui manque, et parce qu’elle manque aussi, il n’y a plus de raison de se tenir éloignées l’une de l’autre. Sauf les raisons énoncées plus haut qui m’apparaissent toujours aussi floues et contradictoires. “ Ça n'a pas beaucoup de sens. Tu ne m’as pas fait de mal en m’embrassant.” Je hausse les épaules, de cette désinvolture qui doit maintenant lui être familière. “ Tu m’as même plutôt fait beaucoup de bien.” Je ne sais pas vraiment si la tournure de phrase est bonne ou pas, si c’est le genre de choses qu’on a le droit de dire ou non. Ce n’est pas comme si j’avais des points de comparaison, ni dans mon expérience personnelle, ni dans celle des autres. S’il y a bien une chose que je n’ai pas pu étudier pour ensuite la copier, c’est l’intimité des gens. Et la cause est dans le sens même du mot. “Et si tu parles d’une autre façon de faire du mal, je ne me sens pas mieux depuis que tu m’évites.”

A vrai dire c’était tout le contraire. Je n’avais pas pour habitude de me lier aux autres et les gens importants pour moi avaient tendance à disparaître. De tous les sentiments négatifs que j’avais expérimenté, celui-ci était sans doute le pire. Le seul qui me touchait vraiment. “Le fait que tu ne me parles presque plus me fait beaucoup plus mal que ce que tu as réveillé là-haut.” Et je pointe ma tête de l’index, le faisant tourner à côté de ma tempe comme pour symboliser toutes mes pensées qui se mélangent à longueur de temps.

Je me rapproche légèrement, à moins d’un mètre de sa personne. Erreur fatale. Dès que son parfum envahit mes narines, tous mes autres sens semblent s’éveiller dans un appel que je ne maîtrise absolument pas. Inconsciemment, sans même que je m’en rende compte, mes yeux dérivent sur sa bouche et s’y fixent, et mon corps tout entier semble recouvrer la mémoire de ce qu’elle a fait naître en moi une dizaine de jours avant. Ma respiration devient plus profonde, plus lourde, et si mes membres se tendent par anticipation, désireux de retrouver cette plénitude, cette chaleur, cette douceur, ma tête me hurle de me reprendre. Cette fois-ci, c’est elle qui gagne et je relève mes prunelles dans les siennes sans pouvoir voir cette lueur particulière dans mes yeux et la légère dilatation de mes pupilles. “Tu me manques. Je te manque. Est-ce que ça veut dire que je peux retrouver l’autre Erin? Je n’aime pas vraiment celle-ci…”


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Erin J. Bennett
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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Jeu 4 Fév 2021 - 15:07
De mémoire, je ne me souviens pas d'avoir déjà été si mal à l'aise qu'à l'instant. En temps normal, je me fiche pas mal de ce que les autres peuvent penser. De moi ou de ce qui les entoure d'ailleurs. Mais là, c'est différent. Parce qu'en face de moi, ce n'est pas n'importe qui. Cette fille a su m'atteindre d'une manière relativement inédite. A se frayer un chemin dans cette carapace que je porte toujours pour directement trouver celle que je suis au plus profond de moi. Celle qui n'est réservée qu'à très peu de monde. Qui d'ailleurs n'avait été trouvée que par Naya jusqu'ici. Comment est-ce qu'elle a fait ? J'imagine que c'est une question à laquelle je n'aurai jamais de réponse.

Et alors que je lui explique sans détour les raisons qui m'ont poussée à la fuir pendant ces derniers jours, j'ai l'impression de prendre conscience de l'idiotie de cette décision que j'ai prise. Que je pensais être bonne et que je ne remets en question que maintenant. Parce qu'elle a dit quelques mots, simples mais pourtant si profonds. « Tu me manques ». J'ai l'impression qu'ils résonnent encore dans mon esprit, que j'entends encore sa voix le dire sans cesse.

Lorsque je relève le regard vers la brune, voilà qu'elle me dit à son tour – sans chercher à trouver une meilleure formulation que celle qui lui vient instinctivement – que ce que je dis n'a pas beaucoup de sens. Effectivement, je pense qu'on est d'accord sur ce point. Lorsqu'elle ajoute que je lui ai même fait « beaucoup de bien », j'ai du mal à m'empêcher de venir mordre ma lèvre inférieure pour tenter de réprimer un léger sourire qui tente tant bien que mal de trouver sa place sur mes lèvres.

Pourtant la seule chose que je suis capable de faire en guise de réponse, c'est hausser les épaules. Comme elle le fait si bien d'ailleurs. Elle ne se sent pas mieux depuis que je l'évite. Et c'est la même chose pour moi. D'ailleurs c'est même tout le contraire. Ce baiser – ces baisers – échangé ne m'a pas laissée indifférente pour un sou. Alors comment feindre cette froideur que je m'impose depuis des jours ? J'ai toujours détesté les mensonges. J'aimerais donc bien comprendre pourquoi est-ce que j'ai préféré ça à une totale honnêteté. Peut-être parce que je craignais de la blesser. De la perturber plus que je ne l'avais déjà fait. Mais à croire que quelle que soit la solution, il n'en existait pas de bonne.

J'affiche une moue désolée lorsqu'elle me dit que la distance que j'ai instauré entre nous lui a fait plus de mal que ce que j'ai pu « éveiller » en elle. Ce mot n'est pas anodin et je tique dessus. Est-ce que cela pourrait vouloir dire que je l'ai effectivement touchée ? Qu'elle doit à présent lutter contre des enseignements profondément ancrés dans son esprit alors qu'elle a découvert quelque chose de parfaitement nouveau et inédit en elle ? Peut-être bien. Ma foi, il n'y a qu'elle pour le savoir.

Je ne la quitte pas des yeux lorsque la brune s'approche à nouveau de moi, s'arrêtant à peine à un petit mètre. Et là... Mon regard se plonge dans le sien, je prends une grande inspiration alors que je reste là à l'observer. Bien sûr, le fait que ses yeux soient rivés sur mes lèvres pendant un temps ne m'échappe pas et encore une fois je viens torturer ces dernières entre mes dents sans pouvoir m'en empêcher. Vieux réflexe, je pense.

Ses prunelles reviennent pourtant rapidement retrouver les miennes, mais l'intensité de son regard a changé. Si bien que mon cœur s'emballe légèrement. Tout ça, c'est nouveau aussi pour moi. J'ai du mal à comprendre. Mais est-ce qu'on peut vraiment toujours comprendre tout ce que notre corps et notre cœur décident ? J'en suis pas très sûre.

« L'autre Erin » ? Je suis assez surprise par son choix de mot, mais je comprends aisément où elle veut en venir. Elle veut simplement retrouver celle que je suis en temps normal avec elle. Sans que je puisse m'en empêcher, un très léger rire m'échappe en l'entendant me dire qu'elle n'aime pas trop celle que je suis actuellement. C'est le cas de beaucoup de monde à vrai dire. Alors je ne suis pas surprise. Mais je ne me moque pas d'elle, ses mots m'amusent tout simplement.

Retrouvant sa place presque légitime – lorsque Charlie est avec moi – sur mes lèvres, un sourire illumine à nouveau mon visage et voilà que je franchis ce mètre qui nous séparait. Doucement, comme par peur de la voir reculer, je viens passer mes bras autour d'elle en lui laissant l'occasion de me repousser si elle le souhaite. Je l'enlace avec cette même tendresse que d'habitude, venant déposer mes lèvres sur le sommet de son crâne. J'suis désolée de t'avoir fait du mal avec mon comportement. Oui, je tiens encore à le dire. Mais c'est sincère.



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Sujet: Re: Jamais deux sans trois   Jeu 4 Fév 2021 - 18:29
Son rire me rend confuse et me fait me demander quelle bêtise j’ai bien encore pû commettre. Mais quand un sourire - celui que j’ai cherché ces derniers jours - étire ses lèvres mes interrogations s’envolent et je l’imite dans un effet miroir communicatif. Et quand elle s’avance, prudemment, et m’encercle tendrement de ses bras, je me fonds littéralement dans son étreinte, enroulant dans la seconde qui suit mes propres bras autour de sa taille, mes doigts venant agripper inconsciemment les pans de son pull comme pour l’empêcher de s’enfuir. Mon visage vient se nicher naturellement dans son cou et je ferme les yeux, retrouvant cette sécurité qui m’a si cruellement manquée. Je m’en rends compte davantage encore, à quel point cette froideur, cette distance, m’ont affecté plus que de coutume. Je suis bien ici, contre elle. Apaisée. Loin du torrent indomptable qui ravage tout dans mon esprit. Loin des voix qui me dictent une normalité impossible à atteindre. Loin des questions qui me torturent les chairs et le cerveau. Loin de tout, sauf de ce calme relaxant et libérateur. Ses excuses me paraissent lointaines. “Ne le refais pas” que je souffle timidement en la serrant encore un peu plus fort. Je veux la sentir, m’assurer que c’est réel, ne pas prendre le risque de me réveiller dans ce grand lit froid et vide.

Me calant un peu plus dans son cou, son odeur m’enivre et j’inspire fort. Ça aussi ça m’a manqué. C’est...intoxiquant. Les yeux toujours clos je me laisse porter par cette familiarité des sens. Mais plus je reste contre elle, plus je sens d’imperceptibles changements opérer en moi. D’ordinaire, même en recherche perpétuelle de contact charnel, je ne ressens rien d’autre qu’une profonde relaxation. Même avec Erin, c’est surtout la douceur, l’acceptation et la sécurité que je recherche dans ce genre d’échanges. Sauf que… tout est différent. Je sens à nouveau ces fourmillements dans mon ventre, les battements de mon cœur qui s’accélèrent, suivis de ma respiration qui devient plus profonde, plus saccadée et fait se soulever ma poitrine plus rapidement contre elle. D’ailleurs, je ressens bien trop sa présence tout contre moi, bien plus que les fois précédentes. A nouveau cette chaleur, la même. Pourtant elle ne m’embrasse pas. C’est juste une étreinte. Ce n’est pas interdit. Les amies ont ce genre d’échanges et ça ne veut pas dire que je suis malade. Alors pourquoi ça ressemble tant à tout ce que je rejette depuis douze jours? Et… “Pourquoi tu sens toujours aussi bon?” que je souffle presque dans une complainte. Perdue dans des limbes à la fois nouvelles mais plus si inconnues, je ne me rends même pas compte que ma pensée a été exposée à haute voix. Je suis fatiguée, encore en guérison et je n’ai plus toutes mes capacités d’adaptation, de préservation. Même la petite voix qui me chuchote parfois les comportements à adopter se tait depuis que je suis alitée.

Mes doigts s’agrippent un peu plus sur les bords de son pull durant quelques secondes et lentement, je m’écarte. Il y a une chose que j’ai besoin de savoir, sur les autres, sur elle. Un soupçon que je me dois de transformer en certitude, quelque chose, n’importe quoi auquel me raccrocher. Je me défais de son étreinte, sans me reculer. L’une de mes mains se porte sur mon ventre et mes yeux louchent un instant sur le sien. Lentement, ma main libre atteint le sien, et, dans ce jeu de miroir gestuel, je relève mes yeux sur Erin. “Qu’est-ce que ça fait quand on embrasse quelqu’un? Qu’est-ce que ça te fait à toi?” Je n’ose dire que c’est exactement ce que je ressens à cet instant précis alors que la jeune femme ne m’a rien offert d’autre que ses bras. “Est-ce que ça te fait...des trucs...ici?” J’appuie légèrement sur le bas de son abdomen, comme si la précision était nécessaire.

J’ai besoin de savoir, si c’est vraiment ça, ce que j’ai entendu par le passé, ce que j’ai ressenti il y a douze jours, ce que je ressens présentement. Je veux savoir si, même dans cette sphère que je juge malsaine au possible, déviante, j’ai atteint un certain niveau de normalité comparé au commun des mortels.


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