The Walking Dead RPG

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fortune's fool
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CASIER DE SURVIVANT
Sujet: fortune's fool   Sam 30 Jan 2021 - 17:44
FORTUNE'S FOOL
Oh, she doth teach the torches to burn bright!
It seems she hangs upon the cheek of night

@maeve wheelan

La date était passée. Depuis vraiment longtemps. Même sans l’aide d’un calendrier, elle pouvait s’en rendre compte. Trop de jours s’étaient écoulés maintenant, pour qu’elle puisse prétendre à un simple oubli. Un simple manque d’attention. Non, Quinn avait délibérément compté les jours, estimé la date, et… l’avait laissée passer. L’anniversaire de Maeve. Elle le lui avait dit, bien sûr. Un rapide baiser sur la joue, le matin même, quelques mots de célébrations murmurés à la va-vite, et elle avait pris la poudre d’escampette. Honteuse. Mortifiée. Les mains vides. Sans cadeau, sans offrande, alors que Maeve avait su. L’édition originale trônait précieusement dans sa bibliothèque, sa belle couverture de cuir mise en valeur au milieu des manuels de médecine. Ils lui étaient chers, cadeaux offerts en diverses occasions. Mais ils lui étaient surtout nécessaires, preuves d’une vie dédiée à sauver celles des autres. Ce livre… ce livre marquait un renouveau. Un présent dont la valeur surpassait de loin le monétaire, ou l’utilité. Ce livre, parce qu’il venait de Maeve… était un cri du cœur. Un appel du pied à ouvrir à nouveau les yeux. A renaître, encore et encore. A laisser les traumas derrière elle, comme une vieille mue.
Et Quinn ne s’était pas montrée à la hauteur de ce cadeau.

Il n’y avait pas véritablement de week-end, ou de day off, dans cette nouvelle société sans loi ni règlement. Chaque jour était consacré au travail, à la recherche. Pourtant, Quinn avait prévenu ses collègues qu’elle serait absente une partie de l’après-midi. C’était tout ce qu’elle pouvait se permettre, et elle espérait que ce serait suffisant.

Après avoir passé quelques heures en cuisine, préparé un dîner un peu plus sophistiqué que d’habitude et le gâteau préféré de la chirurgienne, Quinn avait finalement pu courir enfiler une robe avant que celle-ci ne rentre du dispensaire. Tentant de discipliner ses boucles folles, rendues indomptables par l’humidité du mois de janvier, elle se figea en entendant la porte claquer. Merde. Elle n’était pas prête, et Maeve venait d’arriver. Tant pis. Abandonnant ses cheveux à leur état naturel, elle pique rapidement ses boucles d’oreilles et chausse ses talons, avant de dévaler l’escalier pour retrouver son amie. Sa haute silhouette se découpe contre le mur clair de l’entrée, visiblement exténuée par sa journée de travail. Aussitôt, le cœur de l’épidémiologiste se met à battre plus fort. Les joues rosies, elle rejoint Maeve en quelques enjambées et l’enlace tendrement. Quinn est sur un petit nuage, impatiente de la soirée à venir. Impatiente de ces quelques heures volées, en tête à tête avec Maeve.

Les banalités échangées, elle esquisse un sourire en voyant le regard interrogateur de la chirurgienne sur sa tenue. Se mordant les lèvres pour retenir sa joie, elle fait voleter l’ourlet de sa robe autour de ses genoux, les reflets du satin jouant avec les lumières assombries de la fin de journée. « Je sais que c’était il y a quelques semaines maintenant, mais j’ai pensé… qu’on pouvait tout de même fêter ton anniversaire. » Bon sang, elle espère tellement ne pas embarrasser Maeve, avec ce dîner impromptu. Evidemment, c’était une surprise, mais… mise devant le fait accompli, qu’en pensera-t-elle ?
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: fortune's fool   Dim 31 Jan 2021 - 18:58
La porte claque derrière elle et la chirurgienne ne peut retenir un soupir de soulagement de passer ses lèvres alors qu'elle laisse glisser de son épaule son sac de travail. Elle est lessivée. Le poussant du pied dans le coin de l'entrée, la quarantenaire quitte son manteau et son écharpe, fermant les yeux quand ses narines distinguent d'agréables odeurs provenant de la cuisine. Peu habituée à ce que sa maison  embaume les bons petits plats faits mains – s'étant toujours contentée des plateaux repas de l'hôpital – elle tourne la tête dans cette direction, s'attendant à voir Quinn derrière les fourneaux. Et si la fatigue lui souffle de s'affaler dans le canapé et de ne plus en bouger, son estomac qui grogne d'anticipation en décide autrement.
La doc n'a de toute façon pas le temps de s'appesantir davantage sur la question puisqu'à peine a-t-elle accroché ses vêtements sur le porte manteau de l'entrée elle entend son amie dévaler les escaliers.

Relevant le regard dans cette direction la toubib se fige un instant face à la tenue de Quinn. Moulée dans une robe qui la met splendidement en valeur tout en laissant son imagination faire le reste, la jeune femme est rehaussée de quelques centimètres supplémentaires, accentuant le galbe de ses jambes déjà interminables. Elle n'a pas le temps de dire quoi que ce soit que sa meilleure amie est déjà dans ses bras et l'enlace. Lui rendant son étreinte avec un temps de retard, elle arque un sourcil interrogateur à son intention, laissant son regard voguer un instant vers le salon. Peut-être que son amie n'est pas seule et qu'elle vient d'interrompre quelque chose... cette pensée lui serre le cœur et heureusement elles semblent seules.
Depuis plusieurs semaines déjà la doc tente de mettre de côté certaines pensées qui la tiraillent, certains sentiments qui ne faiblissent pourtant pas malgré la force dont elle use pour les réprimer. De toutes ces choses qui naissent au contact de l'épidémiologiste et sur lesquelles la Canadienne a enfin mis le doigt. Un nom. Ses yeux dérivent sur le bas du corps de la scientifique quand elle joue un instant avec sa robe et si un sourire naît sur les lèvres de la toubib elle doit se pincer mentalement pour ne pas trahir tout ce qui bouillonne en elle depuis trop longtemps maintenant.

Si seulement Quinn pouvait savoir à quelle point elle la torture présentement...

Quand la raison de toutes ces attentions tombe, Maeve ne peut empêcher son sourire de s'élargir un peu plus. Comme toutes les femmes d'un certain âge, elle ne tenait pas spécialement à fêter le jour où une année supplémentaire défilait au compteur. Mais c'était Quinn, et elle ne savait définitivement plus lui dire non. « Si ça veut dire t'avoir pour moi toute une soirée tu connais déjà la réponse. » Et louchant sur sa propre tenue, sur ce jean et ces baskets certes confortables mais très peu élégantes, elle relève son visage vers la brune. « Tu me laisses un moment pour tenter de me mettre au niveau ? » Un léger rire et elle file déjà à l'étage, se tournant à mi-hauteur pour contempler son amie. « Au fait, tu es sublime » Et elle se détourne pour reprendre son ascension, fouillant dans son dressing à la recherche de l'une des rares robes qu'elle possède. Elle tombe sur une antiquité portée un jour de gala de charité organisé par l'hôpital. De ceux où elle croisait Quinn. De ceux où elles se détestaient. La détester... elle lâche une expiration à seul but de se moquer d'elle-même. Et aujourd'hui elle.... non. Secouant la tête elle prend la prochaine, plus sobre, retirant ses vêtements pour la passer, se tortillant pour réussir à remonter la fermeture éclair jusqu'en haut. Clairement, ça n'avait jamais été son truc...

Un rapide tour dans la salle de bains et elle détache ses cheveux, les regonflant légèrement en passant plusieurs fois sa main dedans et les laissant finalement descendre en cascade sur ses épaules. Elle se contente de rallonger ses cils d'un peu de mascara et se donner meilleure mine avec un peu de poudre minérale. Ni plus, ni moins. Pas de bijoux, ça non plus ça n'avait jamais été son fort. Et puis elle ne désire pas faire attendre son amie trop longtemps.
Un dernier regard dans le miroir et elle expire. « Ne gâche pas tout Maeve. Pas avec elle. Pas encore. »

Se détachant elle rejoint la scientifique au rez-de-chaussée, la trouvant dans la cuisine. Tournant un instant sur elle-même comme pour se mettre faussement en lumière, elle lance un « tadaaam » saupoudré d'un léger rire, plus intéressée par la suite du programme. « J'ai droit à quelques spoilers ou la principale intéressée ne peut être mise dans la confidence ? » Les yeux dans les siens, elle a beau jouer les femmes décontractées, elle se sait foutue. «Tu n'aurais pas dû te donner tant de mal tu sais... »


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Sujet: Re: fortune's fool   Ven 5 Fév 2021 - 23:25

Pour la première fois depuis longtemps, elle se sent légère, insouciante. Dans sa robe aux jours meilleurs, avec ses cheveux indisciplinés, elle se fait l’effet d’une gamine. Une gosse heureuse, qui aurait emprunté les vêtements de sa mère pour faire comme les grands. Et cette idée l’amuse, comme quelque chose l’a rarement amusée depuis un moment. Il n’y a pas eu beaucoup d’instant véritablement heureux, ces derniers mois. Tout n’a été que souffrance, trou noir, et ressassages de souvenirs bien trop douloureux pour être seulement envisagés. Ce dîner, ce n’est pas seulement pour Maeve. Inconsciemment, involontairement, c’est aussi pour elle. Pour se sortir définitivement du marasme. Pour abandonner cette mue, cette vieille peau déformée, étirée, humide de larmes et de sang, qui la retient en arrière.

Un large sourire se peint sur ses lèvres, qui gagne ses yeux clairs. « Arizona n’est pas là donc oui, on a la maison pour nous deux ce soir ! » En vérité, le choix de ce soir n’est pas anodin. Egoïstement, Quinn voulait avoir Maeve pour elle seule. Profiter de ces trop rares moments à deux. Entre leurs horaires respectifs, les deux femmes ne faisaient finalement que se croiser la plupart du temps, et son amie lui manquait. Un peu plus que cela, même. Elle n’aurait pas su mettre un nom sur ce besoin qu’elle ressentait, mais il était là. Lui grignotait le creux de l’estomac constamment.

« Oh oui, bien sûr ! Je t’en prie. » Hochant la tête distraitement, elle tourne déjà les talons vers la cuisine, pour aller achever ses préparatifs. Les pas de Maeve résonnent sur l’escalier de bois, interrompus à mi-chemin. Le compliment la fait rougir, stupidement. Elle n’a pas cherché à être belle depuis longtemps, et elle n’est même pas tout à fait sûre d’y être parvenue. Retenant un sourire, elle attrape un tablier et le passe par-dessus sa tête, pour protéger sa robe. Dans les casseroles, le dîner mijote tranquillement. La table est déjà mise, et le vin est déjà servi. En somme, elle n’attend plus que Maeve. Nerveuse, Quinn vérifie les assaisonnements, réajuste l’emplacement des couverts. Elle tient à ce que tout soit parfait. Pas une fausse note, pas une erreur.

Lorsque Maeve la rejoint, Quinn est éblouie par l’allure de son amie. Même si elle a toujours clamé détester les galas auxquels elles se croisaient, Maeve a toujours été plus douée qu’elle pour être renversante sans efforts. Toutes les têtes se retournaient systématiquement sur sa silhouette longiligne et sa chevelure de jais. Il est même arrivé à Quinn de la jalouser, surtout dans les premiers mois après la naissance de Sarah. Elle passait alors des heures à courir, à calculer ses apports nutritionnels, au point d’en devenir obsessionnelle. Des troubles dont elle ne s’est jamais totalement départie, et qui, aujourd’hui, passent pour des aberrations. Fronçant les sourcils, elle étudie d’un peu plus près le vêtement. « Mais… c’est la robe de Noël 2013, non ? » Elle se souvient de cette fête, et de l’étonnante découverte qu’elle y avait faite. En riant légèrement, elle attrape les verres de vin et en tend un à la chirurgienne. « Peu importe. Je me suis permise de le prendre dans ta cave. Cheval Blanc 1995, quelqu’un a dû te l’offrir celle-là. » Elle savait que l’étendue des connaissances œnologiques de Maeve égalaient les siennes – c’est-à-dire, bien peu de choses. Mais le nom était connu et elle compte sur cette renommée ce soir.

Faisant sonner son verre contre celui de son amie, elle esquisse un sourire espiègle. « Oh non, aucun spoiler ! Tu vas devoir me faire confiance. » Un défi qui n’en était pas vraiment un, au vu de leur amitié. Elles se connaissaient par cœur, surtout depuis et grâce à cette fin du monde. Sans cette épidémie, elles ne se seraient jamais rencontrées. Goûtant le vin pour cacher son sourire, Quinn secoue négativement la tête. « Je voulais aussi te remercier de m’avoir accueillie chez toi, et d’avoir pris soin de moi tout ce temps… » Elle ne retournerait jamais chez Friedrich. Elle le savait désormais. Mais elle ne pouvait pas non plus s’imposer éternellement chez son amie, peu importe à quel point elle aime cette vie avec elle. Tôt ou tard, Quinn quittera cette maison à son tour. Pour aller où, elle l’ignore encore. Mais jamais très loin de Maeve.
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Sujet: Re: fortune's fool   Mar 9 Fév 2021 - 16:48
N’ayant pas souhaité martyriser ses pieds de talons hauts après une longue journée de travail, c’est pieds nus que la chirurgienne se rapproche de son amie qui la dépasse donc de plusieurs centimètres. Des pas qui se stoppent momentanément quand Quinn la surprend d’une remarque sur sa tenue qui l’oblige elle-même à fouiller dans les méandres de sa mémoire. Deux-mille-treize lui semblait si loin à présent...et pourtant, c’est probablement cette année précisément qu’elle ne pourra jamais oublier. Car c’est au milieu du printemps, sept ans plus tôt, que Maeve était accidentellement tombée enceinte. Ce même printemps qui l’avait fait s’interroger de nombreuses semaines sur sa condition, son statut, sa carrière, sa liaison avec Philip, sur ce choix impossible. Cette même année que la vie l’avait privé d’options à étudier en lui faisant perdre son futur enfant. C’est durant cet été que le mot endométriose avait saigné tout espoir de la voir mère un jour. Et seul aspect positif, c’était également ce qui l’avait poussé à renoncer à cette relation toxique de plusieurs années et fait se concentrer exclusivement sur sa carrière.
La quarantenaire n’avait pas fait le rapprochement entre cette robe et tous ces événements, sur le fait que la dernière fois qu’elle l’avait portée, la vie grandissait encore en elle. Dans un geste inconscient sa main vient se perdre un instant sur son ventre, une seconde, pas plus, avant que la doc n’éloigne toutes ces pensées de l’instant qu’elle s’apprêtait à vivre avec sa meilleure amie. Ce n’était pas leur place. Elles appartenaient au passé, à quelque chose de révolue sur lequel elle n’avait de toute façon plus de pouvoir.

Son absence n’a duré qu’un battement de cils. Magie du cerveau qui analyse et se perd dans une multitude de souvenirs en quelques secondes et dont la faculté à occulter et à passer à autre chose la sauve des ténèbres de ses complexes et de ses regrets. “Tu te souviens de ça St-Germain?” La Canadienne aurait aimé penser que leur amitié avait marqué la mémoire de la scientifique mais cette époque, entre elles, n’avait été marquée que par la jalousie et le mépris. Elle la toise un instant, petit sourire amusé au coin des lèvres. “Tu devais vraiment me détester pour imprimer dans ce brillant cerveau ma tenue d’il y a sept ans. Bientôt huit…” Mon Dieu comme le temps défilait trop vite, même maintenant.

Attrapant le verre que lui tend l’épidémiologiste, ses yeux se perdent quelques instants sur la bouteille et l’étiquette. La plupart des vins qu’elle possède encore - et qu’elle s’est refusée de donner au Summer’s - lui ont été offerts. Par ses parents, par des amis, parfois des patients. Mais celle-ci vient de son ancien amant. Elle se rappelait l’avoir taquiné de se prendre pour un chevalier blanc avec le nom pompeux du cépage. L’amertume s’étant muée en indifférence avec les années, elle lève son verre pour en inspirer les arômes. Elle n’est peut-être pas caler en oenologie mais elle sait reconnaître une bonne cuvée quand elle boit une. “Oui et tu n’as pas envie de savoir quel bellâtre m’en a fait cadeau…” Mais son mystère en révèle finalement plus sur l’identité du bon samaritain qu’une longue explication.

Arquant un sourcil quand son amie refuse d’en dire plus, la toubib s’avance encore un peu, penchant sa tête au-dessus des casseroles pour en humer les odeurs. N’ayant jamais été douée pour tout ce qui touchait à la cuisine, Maeve est déjà impressionnée par le visuel qui lui met l’eau à la bouche. Et seul une œillade équivoque est adressée à sa comparse quand le sujet de la confiance est abordé. Elle lui était acquise depuis plusieurs années maintenant. La seule personne à qui la chirurgienne ne fait pas confiance ici, c’est bien à sa propre personne. “Je t’en prie Quinn tu sais que cette maison est autant la tienne que la mienne maintenant.” Elle se tourne complètement vers la jolie brune pour lui faire face. “J’ai pris soin de toi comme tu dis parce que j’en avais envie. Tu ne me dois rien. Absolument rien. Il n’y a pas de date limite et puisque ça a du mal à passer ta matière grise je le répète une dernière fois. Tu restes ici aussi longtemps que tu le désires.” Toujours étant une option qui effraie autant la doc qu’elle la réconforte. Levant son verre, c’est à son tour de proposer un toast. “Aux hommes, et leur stupide idée fixe qu’on a besoin d’eux.” Et les yeux levés au ciel pour souligner l’absurdité de cette phrase, elle fait tinter à son tour leur verre, buvant une première gorgée de vin. “Il avait au moins bon goût pour ça, il faut le reconnaître”.


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Sujet: Re: fortune's fool   Dim 14 Fév 2021 - 0:00
Elle rit doucement en portant le verre à nez, humant le parfum du vin. En quelques secondes, elle se retrouve projetée des années en arrière, lorsque boire un bon cru avait un sens. Lorsque sortir une bouteille d’exception signifiait célébrer un événement heureux, ou pleurer un défunt. Lorsque le champagne pétillait doucement dans les coupes, se réchauffant lentement au fur et à mesure que la soirée avançait. « Bien sûr ! Tous les hommes te regardaient, et leurs épouses aussi… » Si elle doit être tout à fait honnête, Quinn doit admettre qu’elle a fait partie de ses femmes observant avec envie la silhouette en apparence parfaite de Maeve. Secrètement, mesquinement, elle a espéré que celle-ci porte une gaine sous sa robe. Le mystère demeure, aujourd’hui encore. A nouveau, l’épidémiologiste se fend d’un rire, et repose son verre sur le plan de travail. « Mh, non, ce n’est pas tout à fait pour ça que je m’en souviens. » Avec le trauma crânien du mois d’avril, de nombreux souvenirs se sont envolés, définitivement perdus dans les limbes de sa mémoire. Mais cela, elle ne l’oubliera jamais. Cette discussion surprise entre Maeve et cet homme dont, aujourd’hui encore, elle ignore le visage.

Elle tend son verre à la chirurgienne, balayant le souvenir de cette soirée un peu particulière. La remarque qu’elle émet alors lui suffit pour deviner qui lui a offert la bouteille qu’elles s’apprêtent à déguster maintenant. Aussitôt, elle sent un drôle de pincement lui étreindre le cœur. Curieux, comme la seule évocation de cet homme parvient à la déstabiliser. Choisissant d’ignorer la remarque de Maeve, elle se tourne vers les casseroles, remuant nerveusement une sauce du bout de sa spatule. L’atmosphère se détend à nouveau lorsque la chirurgienne la questionne sur le menu et que la conversation se fait plus légère. Elle en profite pour remercier une nouvelle fois son amie de l’avoir accueillie chez elle, quand rien ne l’y obligeait. Avec le recul, Quinn sait qu’elle n’était, à ce moment-là, qu’une coquille vide. Sans Maeve, elle ne serait jamais parvenue à remonter la pente. Littéralement. Elle lui doit bien plus que sa vie, en vérité. Elle lui doit son identité, rafistolée par endroits, presque entière à d’autres. Quinn, en un morceau – ou presque.

Avec un sourire, elle effleure le bras de Maeve, dans un geste de remerciement muet. Elle ne s’éternise pas sur les raisons annexes de ce dîner, ne souhaitant pas insister et mettre Maeve mal à l’aise. Au lieu de quoi, elle acquiesce au toast que propose son amie et boit avec elle sa première gorgée de vin. En effet, il avait bon goût. Avalant une seconde gorgée, elle esquisse une moue approbatrice, quoi qu’un peu exagérée. Tournant les talons, elle prend appui sur le plan de travail dans son dos, jetant un coup d’œil à Maeve. Malgré l’effort qu’elle a fait d’accepter sans broncher sa petite soirée surprise, elle a l’air épuisée, et Quinn prévoit déjà de ne pas s’éterniser. Un médecin qui ne dort pas est un médecin qui fait des erreurs, elles le savent toutes les deux. Et personne ici ne peut se permettre cela.

S’éclaircissant la gorge avec une exagération toute théâtrale, elle lance un sourire amusé à Maeve. « Passons aux choses sérieuses, si tu veux bien… Je n’ai rien de concret à t’offrir, donc tu t’épargnes déjà la corvée de déballage. » Elle aurait pu élaborer une jolie carte, c’est vrai, mais cette idée lui avait toujours paru un peu désuète – et lui donnait surtout l’impression d’être une grand-mère tentant de faire passer élégamment un chèque à ses petits-enfants. Aussi préfère-t-elle annoncer de vive voix le cadeau qu’elle compte faire à son amie. « De toute évidence, tu as besoin de vacances. Mais, mh… Disons que ça n’est pas vraiment possible. Donc, à la place, je t’offre… Une journée de détente ! Avec massage, et tout le tralala. » Elle s’est assurée de trouver, parmi tous les habitants du fort, une masseuse qui avait accepté de renouer avec son ancien métier pour cette occasion. Affichant un sourire comique un peu crispé, Quinn ne peut s’empêcher de guetter la surprise et le plaisir sur le visage de Maeve. Elle-même avait été tellement comblée en recevant l’édition originale, qu’elle craignait de ne pas être à la hauteur. Dans le même temps, elle s’était révélée totalement incapable de deviner ce qui aurait pu faire plaisir à son amie, la majorité de ses idées étant soit inaccessibles ou irréalisables, soit déjà en sa possession. Bref, c’était quitte ou double.
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Sujet: Re: fortune's fool   Sam 20 Fév 2021 - 17:45
Les mots de Quinn lui tirent un rire sans joie, un peu amer, un peu moqueur aussi sans doute. Il lui est de plus en plus difficile de se replonger dans ces souvenirs avec exactitude. Tout ça lui semble si loin maintenant, si inaccessible, sans intérêt. Tous ces galas de charité afin de récolter des fonds, des investissements, se donner bonne conscience, se faire bien voir. Tout cet apparat qui la révoltait mais auquel pourtant elle se prêtait, jouant son rôle à la perfection. Tellement qu’on aurait pu croire qu’elle y prenait un réel plaisir. La chirurgienne ne parvient même plus à se rappeler ses motivations de l’époque autre qu’un carriérisme destructeur. Tout lui semble fade, sans saveur, comme si cette époque à elle seule résumait toutes les parties d’elle-même que la quarantenaire exécrait présentement. “Je me sentais surtout comme une godiche et priait pour ne pas me tordre une cheville à chaque pas sur ces fichus talons. Une torture!” Oui, encore aujourd’hui, la toubib ressent le besoin de se justifier. Pourtant son amie connaît la vérité. A conscience que l’image qu’elle renvoyait alors était aux antipodes de sa personnalité. Quelle importance au fond? Le passé était écrit et elle n’avait aucun moyen de revenir en arrière maintenant.

Fronçant les sourcils quand l’épidémiologiste souligne une autre raison à la précision de ce souvenir, Maeve ne cherche pas plus loin. Elle n’a pas conscience que ladite raison peut la concerner et préfère émettre une hypothèse plus intime sur son mari ou sa fille ou n’importe quel souvenir qui lierait la brune à sa famille. Et égoïstement, elle n’a pas envie de l’entendre ni de savoir. C’est sans doute cruelle et égocentrique mais l’idée de partager la jeune femme la contrarie, même en pensées. Parce que, quelque part, Maeve le sait, s’ils étaient encore là, il n’y aurait jamais eu de place pour cette amitié fusionnelle, ce lien qui prenait toute la place. Elle serait restée le Dr. Wheelan et Quinn le Dr. St-Germain. Deux inconnues antipathiques. Sans lien. Se supportant, au mieux.

Sortant de ses mornes pensées quand la scientifique reprend la parole, elle arque un sourcil amusé face à la formulation de sa phrase, noyant ses envies dans une gorgée de vin. Elle détestait trouver un sens caché à chaque plaisanterie, chaque expression, chaque tournure de phrase tendancieuse depuis quelques temps. Comme si chaque parole devenait hypothétiquement un couteau à tourner et retourner dans la plaie. Pas de cadeau à déballer, Maeve acquiesce et tend son verre avant de boire une nouvelle gorgée comme pour se féliciter et remercier secrètement son hôte de soirée. Elle n’avait jamais été une cible facile pour un cadeau réussi, la Canadienne l’admettait volontiers. Sa maison regorgeait d’offrandes en tout genre qui ne lui correspondaient pas. Des bouquins, des bibelots. Dans ses tiroirs était encore entreposé de vieilles cartes cadeaux qu’elle n’avait jamais utilisées.

Un rire lui échappe avant qu’une grimace déforme un instant ses traits. Besoin de vacances. C’était si évident que ça? “Waow ton cadeau est de me dire que j’ai une tête de déterrée, bravo St-Germain tu mets la barre haut.” Son rire retentit encore quelques secondes avant de s’éteindre quand l’annonce d’une journée off placée sous le signe de la détente et de la relaxation lui fait un instant douter de la véracité de la chose. Mais on parlait de Quinn, qui n’avait aucune raison de lui mentir. Un instant pensive, elle peut presque sentir son corps tout entier frémir à l’idée de se faire dorloter, au moins le temps d’une journée. Un soupir d’aise franchit d’ailleurs sa bouche alors que ses yeux se ferment. “Pourquoi ça a déjà un goût de paradis?” Pure rhétorique évidemment et elle replonge rapidement ses prunelles dans celles de sa meilleure amie, soudain suspicieuse. “Attends une minute, qui va me masser exactement? Parce que soit tu m’as caché tes talents depuis cinq ans et tu vas devoir payer pour ça” Un nouveau rire franchit ses lèvres. “Soit tu essaies de me caser avec quelqu’un….” Et elle regrette presque aussitôt ses paroles. Parce que la première option serait une doucereuse torture et une tentation bien trop grande et la seconde une claque magistrale et une déception difficile à supporter.


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Sujet: Re: fortune's fool   Mer 3 Mar 2021 - 11:43
Bien sûr, l’image de Maeve tremblotante sur ses talons lui arrache un sourire. Malgré ce que la chirurgienne veut bien dire, elle avait, à l’époque, l’air plein d’assurance des femmes certaines de leur beauté. Que cela soit vrai ou non, que Maeve ait réellement ressenti cette aisance, cela ne regarde qu’elle. Mais de l’extérieur, elle a rendu plus d’une épouse jalouse. Enfin. Ce passé-ci est définitivement mort et rien ne pourra jamais le ressusciter, à part dans leurs mémoires. La plupart des personnes présentes sont sûrement occupées à déambuler bêtement dans l’attente de leur prochaine victime, voire retournées à la poussière depuis longtemps. Leur monde s’est effondré avec elles et rien ne pourra le faire renaître.

Leur discussion se poursuit naturellement. Depuis qu’elles se sont rencontrées, véritablement, à Bainbridge, les choses sont devenues faciles. Ça n’a pas toujours été le cas, bien sûr. Au début, la méfiance est restée de mise pendant un long moment. Quinn ignore précisément quand a eu lieu le déclic, et de quel côté. Mais un matin, au cours d’une conversation comme elles en ont eu des milliers depuis, elles sont devenues amies. Un peu plus que cela, désormais. Deux âmes aussi meurtries l’une que l’autre, qui ont su trouver le réconfort dont leur vie précédente les privaient. Evidemment, Quinn regrette chaque jour la mort présumée de Samuel et de Sarah, de même que, dans un degré moindre, la perte de l’existence qu’elle menait auparavant. Mais le plus grand de ses regrets reste probablement de n’avoir pas mieux connu Maeve avant. Elles ont perdu un temps considérable, à se haïr et à se jalouser. Mais surtout, elles ont perdu l’opportunité de connaître un soutien dont elles auraient bien eu besoin par le passé.

Le rire spontané de Maeve éclaire instantanément le visage de Quinn, qui l’imite aussitôt. Evidemment, elle n’a pas voulu être insultante, et elle assène une petite tape amicale sur le bras de la chirurgienne en riant. « Arrête, tu sais bien que ce n’est pas ce que je voulais dire. » Mais cela n’enlève rien à la véracité des mots de Maeve. Avec ses traits tirés et les cernes profondes gravées sous ses yeux, elle a tout de même l’air d’avoir besoin d’une semaine de sommeil ininterrompu. Quinn ne juge pas, elle-même n’en mène pas large. Les recherches au laboratoire occupent constamment son esprit, jour et nuit. Mais ce n’est pas elle, l’objet de la discussion. Et vu l’air ravi qu’affiche désormais la chirurgienne, la brune a au moins la satisfaction de croire qu’elle a visé juste. Avec un sourire espiègle, elle jette un coup d’œil à Maeve. « Parce que ça va sûrement l’être. » En vérité, Quinn ne cracherait pas non plus sur cette journée de détente. Mais le cadeau est pour Maeve et elle ne prendra pas la liberté de s’immiscer dans sa journée.

Le regard que lui lance soudain son amie la fait éclater de rire et elle est contrainte de tousser quelques secondes pour ne pas s’étouffer avec sa gorgée de vin. Elle était loin de s’attendre à cela et elle est autant surprise qu’amusée. « Ni l’un ni l’autre ! C’est Katie Johnson qui va s’en charger, c’était son métier avant. » Et si la journée est un succès, il y a fort à parier que la masseuse reprendra son activité. Après tout, avec plus de quatre cents habitants, le fort offre une clientèle non négligeable, même en l’absence d’économie.

Les restes de son rire toujours accrochés aux lèvres, Quinn pose son verre sur le plan de travail avant de se tourner pour attraper leurs assiettes. Tout en gardant un œil sur Maeve, elle entreprend de les remplir de leur dîner – poulet à la crème et champignons, accompagné de légumes. « Tu aurais préféré... » Sa voix s’éteint, alors qu’elle revoit en esprit les visages masculins du fort, du moins ceux qu’elle connaît. Et curieusement, aucun d’eux ne lui paraît "aller" avec Maeve. Pas seulement physiquement, d’ailleurs. Aucun d’eux ne paraît à la hauteur de la chirurgienne. Peut-être Quinn tient-elle son amie en trop haute estime, mais une chose est sûre, elle ne veut pas la voir mal accompagnée. Esquissant une grimace contre elle-même, elle secoue la tête. « Oublie, je n’ai rien dit. On mange ? » La moue est remplacée par un sourire rayonnant, alors qu’elle repose les assiettes fumantes à leur place.
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CASIER DE SURVIVANT
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- fortune's fool -
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