The Walking Dead RPG

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Veridis quo
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Maeve Wheelan
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Sujet: Veridis quo   Sam 2 Jan 2021 - 22:51
La nuit est déjà bien entamée quand Maeve prend le chemin en direction de sa maison, suffisamment pour ne croiser que le personnel qui fait ses rondes habituelles dans le camp et sa périphérie. Et si le travail l'accapare beaucoup depuis que l'hiver est arrivé, et avec lui le froid et les maladies saisonnières, ce sont bien ses régulières pérégrinations nocturnes qui l'ont tenu éloignée de sa demeure jusqu'à tard aujourd'hui. Elle n'a aucune idée de l'heure qui peut être mais ne travaillant pas demain elle s'en moque. Elle se sent légère, comme elle ne l'a plus été depuis des années et le sourire qui ne quitte plus ses lèvres en est le témoin.
Fourrant les mains dans ses poches, le vent qui souffle cette nuit la fait frissonner et la chirurgienne regrette presque de ne pas avoir accepté l'invitation à découcher. Elle ne rêve à présent que d'une chose, son matelas et surtout son énorme couette pour la réchauffer de ce froid mordant. Elle ne peut retenir un bâillement, le dispensaire ne désemplissant que rarement depuis plusieurs semaines. Alors que l'épidémie de zona semblait terminée pour de bon, les rhumes et aux joyeusetés hivernales s'invitaient à présent à la fête et la quarantenaire ne comptait plus ses heures. Ça ne la dérangeait pas, préférant avoir l'esprit occupé sur les malades plutôt que sur ses propres problèmes mais elle ne dirait pas non à la grasse matinée qui l'attendait demain matin.

Arrivant à hauteur de sa porte, elle en actionne la poignée avec prudence et retenue pour ne pas risquer de déranger deux colocataires possiblement déjà endormies. Pourtant quand elle entrebâille cette dernière, la canadienne constate une source de lumière provenant du salon, et, refermant tout aussi doucement derrière elle et fermant cette fois-ci à clé, plus par réflexe que pour le sentiment de sécurité, elle retire ses chaussures, son écharpe et son manteau et prend la direction de celui-ci pour savoir qui de ses deux amies a décidé de rejoindre l'équipe insomnie.

Y trouvant Arizona, un sourire vient étirer ses lèvres alors qu'elle referme la double porte du salon pour ne pas faire trop de bruit et prendre le risque de réveiller la troisième mousquetaire. « Hey.. » souffle-t-elle doucement en s'avançant un peu plus, frottant ses mains l'une contre l'autre dans l'espoir de les réchauffer. Elle distingue une bouteille d'alcool sur la table basse et fronce quelque peu les sourcils, trouvant l'heure un peu tardive pour s'adonner à ce type de réconfort, surtout seule. La scène a un curieux sentiment de déjà-vu, mais les places inversées. Il n'y a pas si longtemps, Maeve était assise à cette même place et c'est Arizona qui débarquait avec inquiétude de voir son amie ainsi.
Évitant de juger trop hâtivement une situation qui n'a peut-être rien d'alarmante, elle fait encore quelques pas, prenant place aux côtés de son amie. La toubib laisse de côté les banalités d'usage, préférant d'attendre de voir s'il y a un réel problème ou si cette alcoolisation nocturne n'est que le fruit d'une journée un peu trop chargée en émotions. « Je t'ai attendu au dispensaire cette semaine. Tu devais venir pour ton dos. » Le ton n'est pas aux reproches mais plus comme une piqûre de rappel. Elle sait que la chef de la sécurité a un emploi du temps plus que chargé et il est vrai qu'elles n'ont pas eu l'occasion de se croiser énormément ces derniers temps. « Je t'accompagnerai bien mais j'ai promis à une amie de ne plus boire.... »

Elle laisse ses lèvres s'étirer en un sourire de connivence mais maintenant qu'elle est proche de son amie elle voit bien qu'il y a plus que la fatigue ou la lassitude. Elle ne pousse pas davantage sa chance pour le moment, sachant qu'Arizona n'est pas du genre à s'épancher aisément sur ses problèmes, encore moins quand on l'y poussait. Chaque chose en son temps. Un pas après l'autre.


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Sujet: Re: Veridis quo   Dim 3 Jan 2021 - 10:28
J'ignore depuis combien de temps je n'ai pas pris la peine de passer un peu de temps ici. Tenter, malgré nos emplois du temps – bien trop chargés – respectifs, de partager une soirée en compagnie de mes deux colocataires. En vérité, je me demande même si cela s'est déjà produit plus d'une fois depuis que nous vivons toutes les trois dans cette maison. Personnellement, je sais que je passe énormément de temps dans mon bureau, comme Maeve le fait au dispensaire et Quinn au complexe scientifique. Pourtant, ces derniers temps c'est comme si je tentais de fuir cette maison. Pour ne pas risquer d'afficher – presque publiquement – l'état dans lequel je me trouve.

Je n'en suis pas fière, c'est d'ailleurs même tout le contraire. Ma honte est déjà suffisante d'avoir été vue ainsi par June qui n'a pas mis plus de quelques secondes à voir que j'avais fini par replonger. Par retrouver ces démons que je tentais de fuir depuis plusieurs années. Qu'elle m'avait aidé à combattre à une époque et qui aujourd'hui faisaient leur grand retour comme si de rien n'était.

Un soupir m'échappe, lourd de sens, avant d'être suivi par un juron à peine sifflé entre mes dents. Le poing serré, je viens l'écraser avec force contre le rebord de la cheminée du salon. Mes phalanges craquellent sous l'impact et la douleur irradie dans mon bras. J'imagine que cela devrait me faire regretter mon geste mais, au contraire, il me soulage. Comme si ainsi, je parvenais à me punir en un sens de ce que je suis en train de faire.

Cela ne m'empêche pourtant pas, après m'être éloignée du feu crépitant dans la cheminée, de retourner m'installer sur le canapé. Devant moi trônent un verre à moitié vide ainsi qu'une bouteille de whisky. Mon regard passe de l'un à l'autre, emprunt d'une profonde lassitude, avant que finalement ma résistance ne s'évanouisse et que mes doigts retrouvent le contact froid du verre. Je porte ce dernier à mes lèvres, vide d'une simple gorgée son contenu avant de le remplir à nouveau dès qu'il retrouve sa place sur la table basse.

Un frisson me parcourt à cause de cette sensation si familière de brûlure dans ma gorge à mesure que le liquide fait son chemin jusqu'à mon estomac. Combien en ai-je déjà ingéré ? Depuis ce soir, c'est le troisième. Depuis ce matin ? Je n'ai pas essayé de compter. Mon foie semble avoir bien trop vite repris l'habitude d'éliminer à une vitesse grand V ce que je le force à ingérer, ce qui ne facilite en rien ma lutte contre cet alcoolisme latent. Je me pensais plus forte que cela, ayant prouvé à maintes reprises que j'étais capable de boire sans pour autant replonger. A l'évidence, il n'a suffit que d'une simple prise de conscience – pour le moins conséquente – pour que tant d'efforts soient mis à la poubelle en une fraction de seconde.

Je relève la tête sans même sursauter lorsque j'entends la voix de Maeve à l'entrée du salon. Je l'observe, silencieuse, et me contente d'un signe de tête dans sa direction pour la saluer. Je crains fortement qu'elle ne me demande pourquoi je suis là et pour quelle raison ce verre est là devant moi. Car si j'ai déjà eu cette conversation – plus ou moins – avec June, la chirurgienne n'est pas sans savoir non plus les problèmes que j'ai déjà pu rencontrer par le passé. A la mort d'Adrian, notamment.

Je me décale légèrement pour lui laisser plus de place sur l'assise du canapé, prenant sur moi pour résister à l'envie de saisir mon verre une nouvelle fois. Car je sais qu'une fois vidé, il sera rempli. Encore et encore jusqu'à ce que je n'en puisse plus. Cependant, une grimace déforme mes traits alors que je ferme les yeux en articulant un simple « merde » inaudible dès lors que mon amie me fait part de ce rendez-vous que j'ai oublié. Jamais, en cinq ans, je n'ai fait une chose pareille. Moi qui prône toujours la ponctualité et la rigueur, voilà que cela m'était totalement sorti de la tête. Particulièrement parce que je n'avais pas envie d'y aller. J'ai dû oublier. Excuse-moi si tu as perdu du temps à cause de ça.

Abaissant à nouveau mon regard vers mon verre – puisque je l'avais levé un instant pour répondre à Maeve – je hausse légèrement les épaules et glisse l'une de mes mains dans mes cheveux afin de coincer une mèche derrière mon oreille. Il est vrai que c'est important, les promesses. Ma voix est pensive. Car je songe évidemment à cette promesse que je m'étais faite de ne plus jamais me laisser sombrer. Promesse que je n'ai pas su tenir, à l'évidence.

Me raclant la gorge, je jette un rapide coup d’œil à mon chien qui est allongé sur son coussin dans un coin de la pièce à proximité de la chaleur diffusée par le feu. Il est on ne peut plus sage et dort paisiblement. Tant mieux. Je sais bien qu'il n'est pas forcément le bienvenu en ces murs. Pas plus qu'il ne peut l'être chez June. Tu rentres à peine maintenant ? Dure journée ?

Tenter de faire la conversation, de distraire mon amie afin qu'elle n'en vienne pas à des conclusions sur mon état qui la forceront à vouloir en parler. Pourtant, au fond de moi, je sais que c'est inévitable. Et je redoute fortement cet instant. Car si j'ai été capable de garder la face devant June, le serais-je en face de la brune qui est à la fois mon amie mais pour qui j'ai également une attirance tant physique que sentimentale ? Je n'en suis pas à parler d'amour avec un grand A, pourtant il serait mentir que de dire qu'elle me laisse indifférente. Le problème c'est que j'ai parfaitement conscience que cela n'est pas réciproque. Ce qui est en partie responsable de cette prise de conscience m'ayant mise dans un tel état.

Je le savais. J'aurais dû rester à mon bureau et ne pas en sortir, une fois de plus.



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Sujet: Re: Veridis quo   Dim 3 Jan 2021 - 12:54
Oublier.
Ce seul mot sonnait déjà comme une sonnette d'alarme dans les oreilles de la chirurgienne. Arizona n'oubliait jamais rien, encore moins une chose qui devait se rappeler à elle par des douleurs chroniques parfois difficilement supportables. Mais de ce mur trop souvent insondable il n'était pas aisé d'y lire autre chose que ce que la jeune femme voulait qu'on voit. Les années avaient appris à la canadienne à voir au-delà de ses murailles érigées, après tout, sur ce point, elles étaient faites du même bois. La toubib s'épanchait rarement sur ses problèmes en dehors de son cercle intime et préférait absorber ceux des autres pour mettre plus aisément de côté les siens. Sauf qu'à trop intérioriser, le vase débordait et on ne maîtrisait plus rien.
Jetant un coup d'oeil sur la bouteille d'alcool à moitié vide, elle se retient de poser la moindre question sur le sujet. Il ne pouvait s'agir que d'une exception, un moment d'oubli pour effacer une journée ou une semaine et pas le signe alarmant d'une volonté d'abstinence reléguée aux oubliettes.

S'installant plus confortablement dans le canapé, la quarantenaire replie ses jambes sous elle, balayant les excuses de son amie d'un simple geste de la main. « Tu ne m'as pas fait perdre du temps, et je te sais occupée. » Et bien qu'elle devine que ce n'est pas la raison qui l'a poussé à omettre ce rendez-vous elle ne va pas gratter plus loin, laissant les choses s'installer d'elles-mêmes pour ne pas brusquer l'ancienne militaire. Fronçant un brin les sourcils quant à sa phrase concernant les promesses, elle reste muette, y voyant un double sens évident sur lequel pourtant la doc ne parvient pas à mettre le doigt.
Clairement, quelque chose n'allait pas et ça allait plus loin qu'une simple hypothétique mauvaise nouvelle. Et Maeve ne bougera pas d'ici sans avoir obtenu les réponses à ses questions ou au moins quelques aveux.

Arizona avait toujours été l'épaule solide sur laquelle s'appuyer, ce pilier inébranlable qui la maintenait à flot. Elle avait été là dans tous les bons moments, et surtout les mauvais. La chirurgienne n'oubliait pas pour autant les fragilités et les failles de son amie et tout ce qu'elle pouvait faire à cet instant était tenter de lui rendre la pareille et espérer être ne serait-ce que la moitié si efficace.
Remarquant seulement maintenant les stigmates sur les jointures de l'une de ses mains, les éraflures confirment les soupçons de Maeve et elle ne relève les yeux sur la militaire que lorsque le sujet revient à elle, quelque peu gênée maintenant. « Hum... oui c'est la folie au dispensaire en ce moment mais j'ai terminé il y a un moment. J'ai... hum... juste eu besoin de décompresser... avec une amie. » C'était une façon comme une autre d'exposer les faits sans mentir mais sans trop en dévoiler non plus. Elle savait que les nouvelles allaient vite dans le camp mais ça n'empêchait pas sa légendaire pudeur de vouloir se préserver.

Se rapprochant encore un peu mais pas assez pour ne pas envahir l'espace vital de la jeune femme elle prend précautionneusement sa main dans la sienne, vérifiant les blessures minimes de Arizona. Pas besoin d'avoir fait médecine pour reconnaître une rencontre percutante avec un élément pus solide que les os de sa main. « Tu m'expliques ? » Et parce qu'elle ne veut rien imposer, pas après possiblement trop de verres ingurgités, elle précise. « Je suis là. Je sais que je n'ai pas été très présente ces derniers temps mais je suis là. Comme tu l'as été pour moi il n'y a pas si longtemps, dans cette même pièce. » Maeve se rappelait un peu trop bien avoir craqué, debout face à la cheminée, et avoir trouvé sécurité et réconfort dans les bras de son amie. Une manière de lui rappeler ce qu'elle avait fait pour elle ce jour-là et que la réciprocité était d'actualités. C'est comme ça que fonctionnait une amitié non ? En tout cas une aussi solide que la leur. C'était cette promesse tacite d'être toujours là, peu importe les circonstances.


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Sujet: Re: Veridis quo   Dim 3 Jan 2021 - 13:45
Au fond de moi, je ne doute pas que mon excuse ait eu du mal à paraître crédible aux oreilles de mon amie. Après tout, elle me connaît depuis bien longtemps maintenant, et ce suffisamment pour savoir que je ne suis pas du genre à négliger mon état de santé. Une simple erreur de jugement, sous-estimant peut-être la dangerosité de certaines douleurs ou crises de paresthésie et cela pourrait potentiellement provoquer le pire une fois à l'extérieur.

Un simple hochement de tête, lent et presque décousu, me sert de réponse à l'affirmation de la chirurgienne sur le fait que je ne lui ai pas fait perdre de temps. Cela me rassure, car en soit c'est ce point là le plus essentiel. Elle a déjà suffisamment de choses dans son quotidien pour ne pas avoir besoin en plus de consacrer du temps à quelqu'un qui ne prend même pas la peine de pointer le bout de son nez à un rendez-vous.

Me penchant légèrement en avant, en direction de la table basse, je viens bien évidemment saisir mon verre. Celui-ci reste pourtant un long instant dans ma main, mes doigts glissant sur les gravures présentes comme si cela allait me permettre de patienter avant de retrouver cette écœurante et à la fois si libératrice brûlure de l'alcool coulant dans ma gorge. Mon regard, plongé dans le liquide brun que je convoite tant, est bien entendu fixé sur ce point pour éviter tout contact avec celui de mon amie. Comment pourrais-je la regarder dans les yeux et lui mentir ? Lui dire que je vais bien, si elle pose la question ? Prétendre que cela n'a rien à voir avec elle alors que ce n'est pas le cas ?

Alors que la brune répond à ma question concernant son arrivée tardive, je sens mon cœur se serrer douloureusement dans ma poitrine. Je n'ai pas besoin de la regarder pour entendre dans sa voix le sourire qui étire ses lèvres, mêlé à une pointe de gêne. « Besoin de décompresser avec une amie ». Cette phrase résonne dans mon crâne, mélopée douloureuse, douce torture me confirmant les rumeurs que j'avais entendues au détour de quelques conversations surprises par hasard. Dans ce camp, tout se sait à une vitesse folle si l'on ne prend pas garde à qui peut bien apprendre la nouvelle dans un premier temps.

Inspirant longuement, sentant ma respiration légèrement se saccader sous l'effet de l'émotion qui manque de me submerger, je hoche une nouvelle fois la tête avant de porter mon verre à mes lèvres. C'est bien, alors, dis-je d'un ton bien trop détaché pour ne pas trahir cette blessure faite au plus profond de mon être.

Je repose mon verre sur la table, tentant de mettre de la distance entre mon démon favori et ma faiblesse actuelle afin de ne pas dévoiler si rapidement à Maeve que je n'ai pas été capable de me battre plus longtemps. Ce n'est que quelques courts instants après que je sens les doigts de la chirurgienne saisir ma main meurtrie par le coup de tout à l'heure afin de pouvoir observer certainement mieux les écorchures et ecchymoses qui couvrent mes phalanges. La plupart de mes sensations étant atténuées par l'alcool, je n'y pensais même plus. Et je ne doute pas qu'il ne faudra pas longtemps à la cheffe du dispensaire pour tirer les conclusions qui s'imposent.

Tu m'expliques? J'aimerais tant être capable de le faire. De savoir trouver les mots justes pour donner une dimension logique et rationnelle à ce que je suis en train de vivre. Mais il n'y en a aucune. Car si celle-ci existait, je m'y serais déjà raccrochée depuis longtemps pour maintenir la tête hors de l'eau et ne pas me noyer comme je le fais.

Une nouvelle fois, sans être capable de la regarder, je me contente de légèrement hausser les épaules en guise de réponse. Puis, mon amie enchaîne en précisant qu'elle est là à présent, à défaut de l'avoir été ces derniers temps. Qu'elle est là, comme je l'ai été pour elle il y a quelques temps dans cette même pièce.

Mes yeux balaient d'ailleurs le salon sur ces mots, comme étudiant chaque centimètre de ce dernier en me représentant ce qu'il s'était passé la dernière fois. Ce moment de complicité, de simplicité entre nous. La déchirure de quitter ses bras sans avoir eu l'audace de me lancer dans une situation qui avait certainement tout d'une occasion en or, comme diraient certains. Il y avait une araignée, dis-je toujours sur le même ton que précédemment. Il me semble que je n'ai jamais utilisé une excuse aussi nulle que celle-ci. Pas même à l'époque où je ressemblais plus à Zelda qu'à celle que je suis aujourd'hui.

La tentation de récupérer mon verre encore une fois est grande, pourtant je ne bouge pas. Ma main se trouve toujours entre les doigts délicats de la chirurgienne, le silence retombe et n'est entrecoupé que par le crépitement du feu dans la cheminée. Combien de minutes passent ainsi ? Peut-être qu'il ne s'agit que de secondes me paraissant extrêmement longues. Alors... cette amie ? Je n'ai aucune envie d'en entendre parler. Mais je préfère encore souffrir de connaître les détails que d'agrandir encore ma honte en expliquant mon cas. Si tant est que cela fonctionne. Après tout, je connais bien la pudeur de Maeve à ce sujet... Ou tout du moins, je le pensais.



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Sujet: Re: Veridis quo   Dim 3 Jan 2021 - 14:46
Sa main dans celle de la doc, elle en étudie les dégâts, les ecchymoses qui continuent de se former sur les doigts, la peau à vif sur les différentes jointures et le léger gonflement qu'elle repère ci et là. Arizona n'y a pas été de main morte, et l'excuse que cette dernière lui sert lui fait arquer un sourcil dubitatif dans sa direction mais la jeune femme ne le voit pas. Ne peut le voir. Parce qu'elle s'obstine à éviter le plus possible son regard. Fuyante et distante, deux signes qu'il y a bien un problème qu'elle ignore et sur lequel elle va devoir creuser sans aller trop loin. La militaire n'est pas une cible facile quand il s'agit de lui tirer les vers du nez mais la réserve de patiente de la toubib est infinie, d'autant plus quand il s'agit de l'une de ses plus proches amies. Ses réponses courtes ne l'aident en rien à avancer dans la direction d'une possible résolution, ou au moins de la connaissance de ce qui semble ronger la brune assise à ses côtés. Jetant un nouveau coup d'oeil à la bouteille puis au verre que son amie récupère sans le toucher, elle se dit que ce sera le premier problème à évincer. « Va pour l'araignée... » Une manière de lui faire comprendre qu'elle n'est pas dupe mais qu'elle ne cherchera pas à la pousser dans ses retranchements pour avoir le fin mot de l'histoire. Articulant doucement les doigts de la chef de la sécurité, elle vérifie tout de même que les blessures visibles soient les seules et qu'elle ne se soit rien casser, relevant les yeux sur Arizona quand cette dernière la questionne sur la fameuse amie qu'elle vient de quitter.

À vrai dire, la chirurgienne n'a aucune envie de parler de Jill à cet instant précis et encore moins dans ces circonstances. Non pas qu'elle en ai honte, ou qu'elle rejette ce qu'elles partagent toutes deux depuis récemment mais, ça ne vaut pas la peine de s'appesantir sur cette question présentement. Elle n'a pas menti, Jill est une amie avant tout. Aussi surprenant que ça puisse paraître, c'est vers cette sphère qu'avait glissé leur relation. Ce qu'elles partageaient plus intimement n'appartenait qu'à elles et soyons honnêtes, n'irait jamais plus loin. Elles fonçaient doucement vers une fin programmée, conscientes toutes les deux que ce n'était pas l'amour avec un grand A. Et si Maeve n'aurait su définir avec précision ce que c'était, elle en avait abandonné l'idée. Pour la première fois de sa vie elle n'avait pas à réfléchir à tous les tenants et aboutissants et c'était incroyablement libérateur.
Mais ici, dans ce salon, il n'y avait que Arizona. « Ce n'est pas important... » Ce qui était vrai dans un sens. « Je suis avec toi maintenant. »

Se redressant, elle pose une main sur l'arrière de la tête de la jeune femme et dépose un baiser sur sa tempe. « Ne bouge pas je reviens. » Et se relevant complètement elle lâche doucement sa main et s'éclipse, non sans emmener avec elle la bouteille de whisky qui trône sur la table basse. Le verre encore rempli sera son dernier, au moins ce soir.
Prenant la direction de la salle de bains, elle en ouvre le placard où elle conserve toujours une trousse de premier secours et délaisse la bouteille dans un endroit où son amie ne pensera pas à venir la chercher.
De retour au salon, elle reprend place aux côtés de l'ancienne militaire, ouvrant la trousse et prenant ce dont elle aura besoin pour soigner sa main. « Et ne me dis pas que ce n'est rien et que tu n'as pas besoin de mes soins, une araignée, ce n'est pas rien... » Reprenant sa main dans la sienne, la doc commence à désinfecter les endroits où la peau est à vif avec une solution désinfectante, le plus délicatement possible. « Cette araignée... elle était censée symboliser quoi ? Une journée compliquée ? Une semaine chargée ? Un mois infernal ? Ou quelqu'un peut-être ? »

Il était évidemment hors de question qu'elle abandonne et laisse son amie dans le mal. Quitte à y passer la nuit, elle ne souhaiterait pas bonne nuit à Arizona avant d'avoir eu le fin mot de cette histoire.


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Sujet: Re: Veridis quo   Dim 3 Jan 2021 - 15:16
Ce n'est pas important. Je n'arrive pas vraiment à savoir si je suis soulagée qu'elle ne souhaite pas s'étaler sur un sujet tel que celui-ci ou si cela ne fait que confirmer mes craintes. Encore une fois, je connais bien la brune assise à mes côtés. Si elle balaie si rapidement le sujet, sans même prendre la peine de trouver une quelconque excuse, cela cache quelque chose. Une histoire passée sous silence, par pudeur et besoin d'intimité à ce sujet.

Une amie... Je ferme les yeux, sentant une nouvelle fois ce pic douloureux prendre d'assaut ma poitrine, alors que ces simples mots me reviennent en tête comme une mélodie que l'on déteste mais dont on ne peut se débarrasser. Coinçant le bout de ma langue entre mes incisives, je mords cette dernière avec force, à m'en faire mal, lorsque j'entends Maeve me dire qu'à présent elle est là avec moi. Cette douleur... Y serais-je un jour habituée ?

Un frisson remonte le long de mon échine alors que les doigts de la chirurgienne viennent se poser sur l'arrière de ma tête et que ses lèvres déposent un baiser sur ma tempe. Silencieuse, je ne bouge pas lorsqu'elle me dit qu'elle va revenir. Ce n'est qu'une fois que j'entends ses pas suffisamment éloignés que je rouvre les yeux et bascule ma tête en arrière tout un inspirant un grand coup. Ce n'est pas le moment pour elles de se montrer. Ces larmes qui venaient tout juste de poindre au coin de mes yeux.

Un long soupir plus tard, je parviens à les ravaler et à les enfermer au plus profond de mon être. C'est alors que je me rends compte que la bouteille a disparu de la table. Merde, soufflais-je à voix basse alors que mon verre était déjà à deux-tiers vide. Il me faudra économiser le reste si je tiens à en avoir une dernière gorgée avant d'essayer de trouver le sommeil.

Bougeant lentement mes doigts engourdis par le choc de tout à l'heure, je grimace légèrement lorsque la douleur irradie jusque dans mon coude. Si j'ai fait tous les efforts du monde tout à l'heure pour ne rien montrer pendant le rapide examen de mon amie, cela n'en est pas moins douloureux pour autant.

Lorsque la brune revient au salon, armée d'une trousse de secours, j'ai à peine le temps d'entrouvrir les lèvres que la voilà déjà en train de me couper l'herbe sous le pied. C'est exactement ce genre de comportement qui me fait ressentir de telles choses envers elle. Cette manière qu'elle a, à la fois autoritaire et attentionnée, de m'obliger à faire certaines choses. Comme, par exemple, prendre soin de moi ainsi que de ma santé.

De fait, j'abandonne l'idée de la contredire et me contente de me laisser faire, ma main se retrouvant bien vite entre ses doigts. Les phalanges ont rapidement doublé de volume, ayant pris une teinte oscillant entre le bleuâtre et le violacé, et sont parsemées de coupures et écorchures m'ayant mis la chair à vif. Bien entendu, le produit désinfectant qu'elle applique sur ces petites plaies bénignes me brûle et sans même m'en rendre compte, j'ai un petit mouvement de recul malgré moi. Réflexe humain face à la douleur et ce malgré la douceur dont fait preuve la chirurgienne.

Je me racle légèrement la gorge afin d'éclaircir ma voix, mordillant nerveusement l'intérieur de ma joue un instant tout en réfléchissant à ce que je pourrais bien répondre à la brune. Bien entendu, elle n'avait pas cru un seul instant à mon excuse de nuisible mais se servait tout de même de cela pour relancer la conversation. Comme je m'y attendais, elle ne lâche pas l'affaire. Suis-je surprise ? Pas le moins du monde. Cela fait partie de son charme, après tout. Sa détermination.

Sûrement un savant mélange de tout cela. Des mois... Des années... Une vie toute entière. Mais également quelqu'un. Moi-même. Car je suis la seule à blâmer dans toute cette histoire. Comment en vouloir à toutes ces personnes qui me considèrent comme l'arme que je prétends être alors que je n'ai fait que cela depuis je ne sais combien de temps ? Qui peut, aujourd'hui, réellement se targuer de connaître celle que je suis réellement, tout au fond de moi ? Malheureusement, je crois que ces personnes ne sont plus de ce monde. Car si June, Layla ou même Maeve connaissent des parties de moi que personne d'autre ne peut voir, elles ne savent pourtant pas l'ensemble de ces petits secrets qui me composent. De la même manière que je ne le sais pas à leur sujet, en un sens.



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Sujet: Re: Veridis quo   Dim 3 Jan 2021 - 16:42
Sujet fuyant et récalcitrant, Arizona ne lui simplifie pas la tâche, bien au contraire. Elle ne cède rien et se renferme un peu plus dans sa coquille chaque fois que Maeve a l'impression qu'elles ont fait un pas en avant. Continuant de désinfecter ses coupures et plaies, elle cherche les bons mots, ceux qui ne la brusqueront pas ou ne fermeront pas définitivement les portes de la confession. Ça la tue de la voir ainsi alors que son amie est toujours d'une aide bienvenue et réconfortante vis-à-vis d'elle. Maeve a la sensation d'avoir manqué à son devoir quelque part, de ne pas avoir remarqué que la jeune femme glissait de nouveau vers ses anciens démons et que derrière le masque de la dure à cuire les craquelures s'intensifiaient. Que, trop accaparée par sa petite crise de la quarantaine ou peu importe comme elle définissait les derniers événements de sa vie, elle avait mis de côté l'essentiel en se focalisant, pour une fois, sur sa propre personne. Certes, les deux femmes ne s'étaient pas vraiment parlées depuis un moment et leur agenda collait rarement pour organiser quoi que ce soit mais ça n'empêchait pas un certain sentiment de culpabilité de s'insinuer insidieusement en elle au fur et à mesure qu'elle constatait le mal être de l'ancienne militaire.

Troquant la compresse et la solution désinfectante pour une crème anti-inflammatoire, elle évite cette fois-ci soigneusement les coupures et plaies et autre carré de peau à vif et se concentre sur les articulations et les hématomes formés en de multiples endroits. « Parle-moi » Elle murmure ces derniers mots en une demande simple, pour ne pas la brusquer, laissant le silence reprendre ses droits pour lui laisser le temps de trouver ses mots, ou de peser le pour et le contre. Il était fort possible qu'elle l'envoie balader. Ce serait une grande première mais pas de quoi mettre à mal la chirurgienne. Tout le monde avait ses limites, et surtout ses moments. On ne pouvait pas commander à quelqu'un de se soulager de certains maux juste par volonté de les entendre, tout comme on ne pouvait soigner tous les maux. Mais si la toubib ignorait de quoi il retournait, elle resterait impuissante. Mise dans la confidence elle pourrait au moins tenter d'apaiser ce qui semblait peser si lourd sur les épaules de son amie.

Reposant doucement la main de Arizona sur son genou, elle prend son menton entre son pouce et son index et la force doucement à relever son joli minois vers le sien. « Regarde moi Ari... » Un murmure, une supplique alors qu'elle parvient enfin à plonger ses yeux dans les siens. « Tu sais que je peux tout entendre. Sans jugement. Jamais. »

Elle sait que ce n'est pas une question de confiance, elles ont toutes deux dépassé ce stade depuis longtemps maintenant en établissant une relation solide et durable. Maeve serait prête à mettre sa vie entre les mains de la jeune femme, et, sans se vanter, elle restait convaincue que l'inverse était vraie. Elle la sait pudique, en tout cas sur son passé, sur ses faiblesses et problèmes, sur certains aspects de son caractère qu'elle se refuse à montrer aux autres et qui font se sentir la doc comme privilégiée qu'une femme comme Arizona se soit un jour ouverte à elle. Mais il y a quelque chose d'autre. C'est bien plus qu'une pudeur ou la volonté de se montrer forte face au reste du monde. Ce stade aussi, elles l'ont dépassé il y a longtemps. Sinon elles ne seraient pas si proches, si soudées. Ne seraient restées que de vagues connaissances respectueuses l'une de l'autre. Oui, il y a définitivement autre chose, de plus sombre, de plus enfoui, sur laquelle elle ne parvient pas à mettre le doigt. Pas sans un coup de pouce de son amie en tout cas.


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