The Walking Dead RPG

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Song from a secret garden
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Apple J. Autumn
Apple J. Autumn
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Sujet: Re: Song from a secret garden   Ven 1 Jan 2021 - 20:44
- Ouais.

C’était tout ce que Charlie aurait sur sa famille. De toute façon, ses deux frères étaient effectivement décédés et son père… vu l’état dans lequel elle l’avait laissé – et son instabilité psychologique – il n’était probablement plus de ce monde. D’ailleurs, le poids du crime parricide pesait lourd sur sa conscience. Un bagage de plomb parmi les autres. S’il existait vraiment une vie après la mort, il était certain que son âme était suffisamment lestée pour chuter droit cœur de l’enfer. Il était trop tard pour faire marche arrière, même si parfois, ça lui déchirait les entrailles.

- Oh…

Les prunelles d’Apple étudièrent différemment la jeune femme. Trente cinq minutes qu’elle était seule. Autrement dit… soit elle avait rencontré quelqu’un d’autre, soit elle avait un groupe. Les ongles de sa main libre vinrent nerveusement gratter les peaux de son pouce déjà écorché. Les risques de sa manœuvre n’étaient plus les mêmes. Tandis qu’elle pesait le pour et le contre, son ventre gargouilla bruyamment. Elle avait faim. Trop faim. Il fallait qu’elle agisse, avant d’être trop faible pour se montrer audacieuse. Charlie avait décliné la proposition que l’ancienne community manager pensait pourtant vouée à être acceptée, ce qui lui fit ouvrir la bouche de stupéfaction. Heureusement, sa cadette consentit tout de même à lui montrer quelques plantes comestibles, ce qui permit à Apple de faire muer son expression ahurie en sourire faussement reconnaissant. Sa batte décrivit un arc-de-cercle et se retrouva sur son épaule.

- Ok, on y va.

Jouer le jeu, pour l’instant, jusqu’à la première opportunité. L’autre avait des yeux perçants, elle était méfiante et la trentenaire savait qu’il s’agissait de proie difficile. Si elle se précipitait, elle devrait se battre et si la botaniste n’était pas bien grande, la brune ne la sous-estimerait pas. La dernière fois que c’était arrivé, sa victime l’avait surprise, s’était échappée et les conséquences auraient pu lui coûter la vie. Elles marchèrent ainsi quelques minutes à deux, en quête de plans comestibles. L’occasion qu’attendait Apple se présenta soudainement sous la forme d’un autre rôdeur à moitié incrusté dans un arbre. Ce dernier maugréa, râla, se contorsionna presque, pour se décrocher et s’avancer péniblement vers les deux vivantes.

- Je m’en occupe, assura Apple.

Son arme fétiche tournoya, puis elle la prit à deux mains. Inspirer. Expirer. Au dernier moment, elle se retourna et frappa Charlie à la tête. Fort. Laissant la blonde s’effondrer, elle fit vivement pivoter son bassin pour administrer un violent revers de batte au putréfié. Son visage s’écrasa sous le choc, l’os du nez s’enfonça dans les tissus mous qui lui remplissait le crâne. Le cadavre bascula en arrière mais grognait toujours, défiguré. La community manager s’approcha et posa sa semelle sur la face du putride. Lentement, elle fit pression sur les os ramollis. Ils craquèrent, couinèrent, et la boîte osseuse s’affaissa dans un bruit dégoûtant. Apple réalisa seulement que sa proie vivante n’était pas inconsciente. Elle revint vers cette dernière, croisa brièvement son regard trouble.

- Désolée.

Puis le bout du manche de sa batte rencontra sa tempe. Rideau.


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Le sang colle autant de fois que tu y vas, délivre-toi de ce poids avec tes doigts ♫ Tu ne t'arrêteras pas ♪ Telle est cette loi, je la connais : c'est celle que tu bois et c'est celle qui te noie, pour la dernière fois ♫ Succube externe dévisse, éventre, desserre pots, paquets, couvercles ♫ Il ne choisit pas, il les aime tous, voilà, il a faim d'avoir faim l'outremangeur ♪
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Charlie Johansson
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Sujet: Re: Song from a secret garden   Ven 1 Jan 2021 - 21:26
La voilà qui se met à répondre par monosyllabe et je ne pourrais lui en être plus reconnaissante. Pourquoi choisir un long monologue quand un simple oui ou non suffisait à répondre à une question ? Elle ne s'épanche pas, ne fait pas dans le sentimentalisme ou l'auto apitoiement et ça me va parfaitement. Pire que les gens qui parlaient trop il y avait les gens tristes ou, le summum, ceux qui se mettaient à pleurer pour une raison x ou y que je ne comprenais souvent pas. Je ne savais jamais comment réagir et mon étrangeté ressortait davantage dans ces moments.
Acquiesçant donc à ses propos, je la laisse passer devant, resserrant la prise sur mon cran d'arrêt, bien mince compensation de mon ancien petit ami et surtout, beaucoup moins sécuritaire que la batte de baseball qui virevolte et vient se poser sur l'épaule de la brune. Je dois l'avouer, je n'ai eu à m'en servir qu'une fois mais la proximité engendrée reste dangereuse. La rallonge offert par son arme à elle est assez tentante. Sauf que je n'ai jamais eu la moindre aptitude en sport et ne saurais donc pas m'en servir de la manière la plus efficace.

Nous marchons et je casse des branchages à intervalle régulier pour retrouver mon chemin en cas de besoin puisque le son de la rivière derrière moi se fait de plus en plus diffus. Fixant le dos de la jeune femme j'entends avant de voir le monstre qui se confond avec le tronc d'un des arbres qui bordent le chemin, sursautant et reculant de deux pas en arrière.
Je lève légèrement le couteau dans sa direction mais ma main se fait quelque peu tremblante. Je n'ai jamais eu à affronter l'un de ces trucs auparavant, ayant toujours quelqu'un pour assurer mes arrières jusqu'ici. Alors quand Apple me signale qu'elle gère le problème je lui laisse volontiers les lauriers et m'avance inconsciemment de quelques centimètres derrière elle, plus pour me couvrir de la trajectoire du mort qui marche et grogne dans notre direction.

Mon attention fixée sur cette chose, je ne vois que trop tard le corps de ma compagne d'infortune faire volte face et alors qu'une violente douleur s'irradie dans ma boîte crânienne, me faisant lâcher un râle de douleur, la seule chose que je peux analyser autre que ça est ma rencontre toute aussi percutante avec le sol. J'entends vaguement des bruits de coup qui me semble être à la fois proche et loin et je ne parviens même pas à guider l'une de mes mains là où la douleur continue de me faire serrer les dents. Je suis sonnée et quand je tente d'ouvrir les yeux, des étoiles dansent mes yeux tandis que mon champ de vision se rétrécit de bandes noires. Tout pensée cohérente m'a déserté et la seule information qui parvient à passer cette brume est le battement régulier et lancinant qui me donne l'impression que ma tête est prise dans un étau. Mes oreilles sifflent, et je distingue à peine la silhouette de la jeune femme au-dessus de moi. Tout ce que je perçois, ce sont ses excuses et.... c'est le trou noir.

Un grognement m'échappe alors que la douleur me réveille. Je sens un liquide chaud et poisseux sur le côté de mon visage et ma tête me lance atrocement. J'ai l'impression que mon cœur a migré à la place de mon cerveau et qu'il bat la chamade entre mes deux oreilles dans un rythme entêtant et surtout horripilant. Je tente à plusieurs reprises d'ouvrir les yeux mais l'un est collé de ce même liquide visqueux et le second a bien du mal à suivre mes instructions. J'aimerais vérifier mon visage, mais quand je tente de relever une main sur ma tempe je me rends compte qu'elle refuse, elle aussi, de m'obéir. Baissant le visage dans cette direction, je finis, avec difficultés, à ouvrir mes paupières, constatant que mes mains et mes pieds sont liés.
Dans un sursaut que je regrette immédiatement et dans une réflexe futile, je tente de me dégager, avant que ma tête me rappelle à l'ordre et que je serre à nouveau les dents pour retenir un gémissement de douleur. J'ai froid, j'ai mal. À la tête, aux poignets. Mes vêtements sont humides et inconfortables et des mèches de cheveux se sont collées à la moitié – je suppose ensanglantée – de mon visage.

Parler devient vite une épreuve supplémentaire tandis que je tente de percevoir plus loin que mon propre corps, la vision encore trop floue pour y parvenir. « Où... » Je tousse, et déglutis difficilement. Pourquoi chaque effort me coûte autant ? « Où est-ce que je suis ? » J'ai beau tenter de remettre de l'ordre dans mes idées, de me refaire le fil, je ne me souviens que des baies rouges, du bruit de la rivière au loin, d'une masse de cheveux corbeau, d'une batte de baseball et...

Merde.


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Apple J. Autumn
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Sujet: Re: Song from a secret garden   Ven 1 Jan 2021 - 23:07
Heureusement que la jeune femme n’était pas grande car dans cette manœuvre improvisée, le point qui péchait le plus était évidemment le transport de sa proie. Avec son sac passée contre sa poitrine, Apple avait hissé Charlie sur son dos mais… elle pesait tout-de-même un âne mort. La progression fut lente et compliquée. A plusieurs reprises, elle dut faire une pause, les muscles en feu, la colonne à l’agonie. En plus de cela, l’angoisse d’être surprise la crispait des pieds à la tête. Et si l’un des membres de son supposé groupe – ou des gens qu’elle avait rencontré plus tôt – se pointaient justement ?

Sur les derniers mètres, la trentenaire avait trainé la blondinette, incapable de faire mieux. Heureusement, il y avait plusieurs quartiers pavillonnaires aux abords des bois, il ne fallut pas longtemps pour trouver la baraque la plus proche et s’y enfermer. Après une inspection rapide, il apparut qu’il n’y avait rien ici, sinon un raton-laveur qui eut tôt fait de s’enfuir par une fenêtre en entendant la community manager qui débarqua en soufflant. Essoufflée, en nage, Apple ôta son blouson en cuir et le jeta sur le plan de travail de la cuisine. Elle s’épongea le front dans la laine informe de son pull qu’elle retira également, puis tira un élastique de sa poche pour attacher sa chevelure d’encre en queue de cheval.

Bien. Charlie émit un gémissement. Elle la surveilla un instant, prête à l’assommer à nouveau, mais sa victime n’émergea pas. Avant toute chose, elle bloqua donc toutes les issues possibles – loquet et volets des fenêtres et verrou de la porte d’entrée. Ensuite, elle traina avec précaution la jeune femme jusqu’à la cave. Le genre un peu fourbi, avec plein de merdasse entassée partout et d’énormes toiles d’araignées. La trentenaire dut se frotter le nez irrité par la poussière au bout de dix secondes et l’odeur d’humidité était inconfortable, mais… c’était mieux que rien.

Première étape, attacher solidement sa proie. Ça, elle savait faire et avait toujours de la ficelle sur elle à cet effet. Poignets, chevilles, puis les deux liés ensemble pour éviter le gibier trop imaginatif. Ainsi, Apple put cesser de la surveiller et se concentrer sur le reste : trouver un plan sur lequel elle pourrait travailler. Il lui fallut fouiner un peu pour dégoter une sorte de table pliable qu’elle installa dans le plus vaste espace de la cave, sous la lueur grisâtre du jour qui perçait par une lucarne. Ensuite, elle chercha du tissu pour la nettoyer sommairement, une planche à découper et une bassine qu’elle rinça à l’eau.

Au fil de ses allers-venues, la community manager voyait Charlie qui émergeait peu à peu. Au dernier voyage, celui où elle vint déposer le récipient propre à quelques mètres de sa prochaine victime, celle-ci prononça quelques mots. Apple la dévisagea un instant, muette. Elle se pinça les lèvres et ne put soutenir ses prunelles lorsqu’elle les croisa.

- Ne t’en fais pas, souffla-t-elle, ce… ce sera bientôt fini.

Puis elle s’en fut récupérer son sac… et son set de couteaux de boucher.


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Charlie Johansson
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Sujet: Re: Song from a secret garden   Sam 2 Jan 2021 - 13:21
Les bruits sont encore diffus et ont du mal à se frayer un chemin dans la brume de ma conscience. Je ne parviens pas à les identifier et tout ce que je parviens à analyser est cette agitation autour de moi et les pas qui vont et viennent. Je pense un instant qu'il y a plusieurs personnes mais même dans cette torpeur douloureuse, je sais que je ne suis pas à la maison. L'air est chargé d'humidité et une odeur de moisissure emplit mes narines. Ici il fait sombre, il fait froid. Ce n'est pas ce cocon douillet et sécuritaire que je connais depuis plusieurs mois. Le sol sous mon corps est dur comme la pierre et je sens des frissons parcourir ma peau tandis que je continue d'essayer de me redresser. Peine perdue alors que je réalise que non seulement mes mains et mes pieds sont liés mais ils le sont ensembles. Ce n'est qu'à fort d'épuisantes contorsions que je parviens à m'adosser sommairement à un meuble ou au moins une surface autre que la poussière du sol qui me fait une nouvelle fois tousser. Les efforts me font tourner à nouveau la tête et je ferme les yeux pour laisser passer cet étourdissement et la sensation de nausée qui me retourne l'estomac.
La ficelle qui me strie les poignets brûle ma peau et je grimace, mais rien n'est aussi douloureux que ma tête à cet instant.

Rouvrant les yeux il me faut encore quelques minutes pour que ma vision revienne complètement et que mes yeux s'habituent à la semi clarté des lieux. Relevant légèrement la tête sur la silhouette proche d'elle, reconnaissant vaguement la brune rencontrée plus tôt. Ses mots pénètrent difficilement ma matière grise et je ne me retiens de arquer un sourcil que parce que mon arcade ensanglantée et gonflée me fait trop souffrir. Comment ça ce sera bientôt fini ? « Fini ? » Ma voix est comme usée alors que je déglutis une nouvelle fois, cherchant ma salive pour pouvoir articuler plus de deux mots d'affilé. J'ai soif. J'ai froid. J'ai mal. Je veux pouvoir me blottir devant le feu de cheminée, avec un café chaud ou tout autre substitut que Hazel utilise. Je veux revoir son sourire, retrouver la sécurité auprès de Matias, m'endormir en sachant Adam sur le lit d'à côté avec cette sensation que rien ne peut m'arriver. Je veux leur gentillesse, leur chaleur, leur bienveillance. Je veux tout ça. Je veux revoir cette cascade de cheveux roux et ses yeux émeraudes qui me fascinent tant. Allegra...

Sortant de ma rêverie, mon regard se porte sur la pièce, que j'identifie comme une cave, visiblement en piteux état et abandonnée depuis longtemps. Ce qui veut dire que je suis loin de la maison. Isolée. Avec une inconnue. Plus loin, une table pliante a été installée et je remarque une bassine plus près de moi. Tournant difficilement la tête, je la voix revenir avec un étui que je ne tarde pas à identifier quand le peu de lumière qui pénètre la pièce fait briller les lames de plusieurs couteaux.
Dans un sursaut que je ne maîtrise pas et qui est de toute façon bien inutile, je tire sur les liens qui attaquent un peu plus ma chair déjà rougie et tente de me reculer, oubliant que je suis déjà acculée. Seul un nouveau gémissement de douleur passe ma gorge alors que j'abandonne.

Je ne comprends pas ce qui se passe et si tout ceci a une logique elle me dépasse complètement. Je l'ai aidé non ? Pour les baies, pour la recherche. Du moins je pense me souvenir de l'avoir fait. Et elle m'a assommé. Et amené ici. Toute seule ? Je ne pèse pas grand chose, surtout actuellement mais quand même. J'aurais été bien incapable d'en faire autant. Pourtant elle semble seule. La cave. Les liens. La bassine. La table. Les couteaux. Ça ressemble à l'atelier installé à l'extérieur de l'église où les chasseurs travaillaient la viande. J'avais toujours aimé les regard faire. Tout le monde trouvait ça dégoûtant et n'avait jamais envie de voir ce qui se passait avant que le cerf termine dans leur assiette. J'avais toujours trouvé ça fascinant.
Je relève à nouveau mes yeux sur elle mais cette dernière ne me regarde pas. « Tu vas me tuer ? » La question est posée comme si je lui demandais à boire. Parce que ça n'a aucun sens. « Pourquoi ? » Et étrangement, ce n'est pas la peur qui dicte mes mots. Je ne sais pas ce que c'est. Mais ne transpire qu'une réelle curiosité presque enfantine dans mes dernières syllabes.


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Apple J. Autumn
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Sujet: Re: Song from a secret garden   Sam 2 Jan 2021 - 15:19
Apple ouvrit sa mallette. Ses précieuses lames brillèrent à la lueur métallique qui pénétrait dans la cave. Elle prit le plus grand des couteaux, rangée à côté de la feuille de boucher, puis se saisit du fusil. Avec des gestes habiles, mécaniques, elle aiguisait l’outil qui allait lui servir à égorger sa proie. Une technique nette, propre, qui évitait les complications et autre sursaut d’adrénaline. En quelques secondes, Charlie se serait vidée, sans crie, sans résistance ; une poupée sans fil, sans âme. Après, la trentenaire pourrait travailler : débiter les morceaux les plus charnues, les plus faciles à cuire, les plus gustatifs aussi. La chair de survivant avait tendance à être sèche et trop nerveuse ; la faute aux privations et à la musculature qui se développait, forcément. Mais, notamment chez les femmes, on pouvait encore trouver quelques parties tendres : le jarret, l’abdomen, les joues, autour du poitrail, surtout.

Les yeux ternes d’Apple se posèrent sur sa cadette qui s’était péniblement redressée et rassemblait ses efforts pour parler. La moitié de son doux visage était ensanglanté, les deux coups sur la tête étaient peut-être un peu fort. Une part de la community manager était navrée – une partie d’elle l’était toujours. Mais elle avait faim et avec les années, il n’était plus difficile de refouler la culpabilité. Une fois qu’on avait commencé à voir les autres comme de la nourriture potentielle, cette situation n’avait rien de particulièrement dérangeant. C’était juste… nécessaire.

- J’ai pas le choix, répliqua-t-elle sombrement.

Encore une fois, son regard s’était échappé quand il avait croisé celui de Charlie. Ses mains tremblèrent brièvement, Apple se ressaisit d’une gifle mentale. C’était la faute de sa voix. Elle était rompue aux suppliques, aux insultes, à la terreur qui suintait des derniers mots de ses victimes. Mais la blondinette était… calme. Une douceur presque enfantine qui la déstabilisa. Quand la lame lui sembla suffisamment aiguisée, elle la posa sur son plan de travail pour venir s’agenouillée face à sa cadette. Sa tignasse noire se rependait chaotiquement sur ses épaules dénudées, ses orbes crocodile avaient perdu leur lumière de vie. Ils n’exprimaient rien, sinon un vide intense, un détresse généralisée, comme une gangrène qui n’avait pas été soignée à temps.

- Je suis désolée, sincèrement, murmura-t-elle sans savoir si elle y croyait vraiment, je… si tu ne résistes pas, ce sera plus facile. Pour nous deux. Ça fera mal… juste au début, mais tu partiras vite, expliqua-t-elle lentement, laconique, tu…, elle se pinça les lèvres mais devant la docilité de sa proie, elle consentit à lui accorder : je peux te laisser encore quelques minutes si tu veux pour… te préparer.

Certains pleuraient, d’autres priaient, d’autres hurlaient, beaucoup faisaient les trois en même temps. Apple devait encore rassembler un peu de bois sec pour son feu, ça offrirait une dizaine de minutes d’introspection à Charlie.


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Charlie Johansson
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Sujet: Re: Song from a secret garden   Sam 2 Jan 2021 - 16:01
Pas le choix.
L'incompréhension me gagne. Même quand j'ai tué cet homme au printemps ou à l'hiver dernier, les souvenirs sont flous, et ce pour sauver Jeremy, je savais que j'avais le choix. J'aurais pu laisser mon compagnon mourir et tenter de m'échapper le temps que nos assaillants terminent le boulot. J'avais sciemment choisi l'option de lui enfoncer la pointe de mon couteau dans la gorge et de le regarder s'étouffer avec son propre sang. Et je n'avais rien ressenti. Si remords, ni honte, ni culpabilité. Peut-être même que, dans une certaine mesure, j'avais aimé cette sensation de pouvoir absolu. Ça n'avait duré que quelques secondes mais bon sang ce que ça avait été grisant. Le genre de sentiment que l'on tait évidemment pour ne pas passer pour une folle.
Ne pas avoir le choix, ce n'était que de jolis mots pour justifier un acte que l'on assumait pas pleinement. Mais encore une fois, je ne comprends pas la nécessité pour cette femme de me tuer autre que le plaisir qu'elle pourrait ressentir durant l'acte en lui-même.

Elle s'approche enfin, s'agenouille devant moi et ne cherche plus à fuir mon regard. Je devrais avoir peur, tenter de me détacher de mes liens, crier à m'en faire éclater les poumons en espérant que le prince charmant du coin vienne me secourir, mais je suis fixée sur son regard, quelque peu assombri. Parce qu'il n'exprime rien. Le vide abyssal de ses prunelles ne reflètent en aucun les excuses faussement sincères que ses lèvres prononcent. « Non c'est faux... tu n'es pas désolée... » C'est un reproche, ça devrait sonner comme tel mais le ton reste neutre, murmuré comme une confidence entre deux vieilles amies. Mes yeux ne quittent pas les siens alors que de pouilleuse à l'odeur trop prononcée elle devient... miroir. « Tu ne ressens rien.... » Nouveau murmure alors que je tente vainement de me redresser. Elle fait semblant. Et ses yeux, comme les miens quand je ne fais pas l'effort de me calquer sur quelqu'un d'autre, n'expriment rien, ne reflètent rien. Ni cette pseudo âme que certains pensent que nous avons tous en nous, ni les sentiments que les êtres humains normaux ressentent sans fournir le moindre effort. Je ne suis pour elle qu'un amas de chair et de sang, une pièce sur l'échiquier, un numéro dans une liste. Comme presque l'entièreté du genre humain pour moi à quelques exceptions près.

Et soudain, Apple m'intéresse. Pas parce qu'elle possède le pouvoir de vie ou de mort sur ma personne, pas parce que je crains ce qu'elle pourrait me faire. Je devrais. Je devrais faire tout un tas de choses autre que la fixer avec.... fascination ? Mais je me perds, dans cette découverte d'une Autre qui me ressemble. Et c'est troublant. De savoir que l'on n'est pas la seule à être étrange, anormale. J'ai beau lutter tous les jours pour paraître le plus normale possible, je ne le suis pas, c'est un fait. Je l'ai compris il y a longtemps maintenant. Comme présentement. Quelle personne saine d'esprit serait intéressée par son bourreau sans ressentir la moindre peur ? J'ai beau avoir conscience que c'est anormal, ce n'est rien de plus que ce que je suis. « Ce sera juste plus facile pour toi. » Si elle prône une certaine honnêteté, autant l'être pleinement et pas juste sur les parties qui l'arrangent. Encore une fois ce n'est ni une attaque, ni un reproche, juste une banale et véridique constatation.

Alors quand elle propose de me laisser du temps, je secoue la tête de gauche à droite, le regrettant rapidement quand un nouvel étourdissement menace de m'emporter dans les limbes. Fermant les yeux, je reprends lentement mes esprits, tentant de décoller les cheveux collés sur le côté de mon œil et qui bloque une partie de ma vision. « Tu peux nettoyer mon visage ? Je n'ai jamais aimé le sang. Ça m'a toujours....fait peur.... » Oui, parce que c'était évidemment ça le plus effrayant dans toute cette situation. Je n'ai beau pas le voir, je sais qu'il est là, poisseux, visqueux, et sur ma peau. Et alors qu'elle est si près et à la fois si loin, je ne peux empêcher ma nouvelle curiosité de poindre dans un décalage évident avec ma situation plus que précaire. Sur le fil, à quelques minutes d'une mort certaine mais que je refuse pourtant de voir, je lui demande « t'en as tué beaucoup ? » sans pouvoir taire l'intérêt malsain porté par ces mots.


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Apple J. Autumn
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Sujet: Re: Song from a secret garden   Sam 2 Jan 2021 - 20:54
Apple se mura dans le mutisme face à la jeune femme qui lui renvoyait dans les dents qu’elle mentait, qu’elle ne ressentait rien. Est-ce que c’était vrai ? L’ironie, c’était qu’elle ne saurait pas répondre. Elle n’aimait pas « les autres », ils étaient synonymes de problèmes, de désillusions, de méchancetés, de mésententes. Voir les gens comme des relais utiles ou de la nourriture, c’était plus simple. Beaucoup plus simple. Les yeux de la trentenaire, qui fixaient ceux de son interlocutrice, s’échappèrent brièvement sur le sol poussiéreux.

- Je ressens pas rien…, murmura-t-elle.

Simplement, ses émotions formaient un sac-de-nœud inextricable. Ses doigts s’emmêlèrent nerveusement dans ses cheveux, le comportement de Charlie la mettait mal à l’aise. Finalement, la community manager préférait quand ses proies criaient et suppliaient. Au moins, la relation était clair et sans ambiguïté. Il y avait aussi ceux qui étaient calmes, qui se laissaient faire avec une docilité mortifère. Mais sa cadette avait raison : c’était plus facile pour elle, essentiellement.

Apple dévisageait toujours la blondinette et sa requête saugrenue. Se faire nettoyer le visage, tout bêtement. Elle était étrange. Ça n’avait rien à voir avec une résignation chrétienne ou un élan de fierté qui l’empêchait de se rouler dans les suppliques. C’était juste… naturelle. Comme si elle n’avait pas encore compris ou qu’elles parlaient banalités et chiffons. Charlie avait bien saisi pourtant, sa dernière question ne laissait aucun doute. L’intérêt qui sourdait de ses mots avaient presque quelque chose de malsain.

- Oui.

La trentenaire se leva sur cette brève réponse. Il n’y avait pas matière à tergiverser pour elle : déjà parce que les gens considéraient sans doute que « beaucoup » signifiait « plus que un » et… parce que ses crimes ne pourraient être compris par la masse. Il fallait avoir connu ce qu’elle avait connu, pour admettre que les entrailles d’un autre pouvaient aussi servir de nourriture. Il fallait avoir été absorbé par le néant et avoir accepté les cauchemars. La cohorte de spectre qui la poursuivait parfois, vociférant les noms de toutes ses victimes.

Apple était partie trouver un grand bol et y verser l’eau qui restait dans sa gourde. Ensuite, elle dénicha une serviette et redescendit auprès de sa proie. Elle revint s’agenouiller devant Charlie et commença à nettoyer son visage avec précaution. Jamais de sadisme ou de méchanceté gratuite. Elle respectait ces gens, y compris dans leurs derniers instants. Avant de reprendre la parole, elle humecta longuement ses lèvres sèches.

- Quand je le ferai, tu pourras fermer les yeux, lui dit-elle d’une voix éteinte, légèrement tremblante, comme si c’était supposé la rassurer, je vais prendre un grand couteau et je trancherai de là à là, elle continuait, comme une banal conversation, interrompant brièvement sa lente besogne pour tracer une ligne d’un bout à l’autre de la gorge de Charlie – de la carotide à la jugulaire, tu saigneras beaucoup, mais tu n’auras pas le temps de le voir. Tu perdras presque tout de suite connaissance.

Pour l’essentiel des personnes, raconter comment la suite allait se dérouler était probablement la dernière des choses qu’elles avaient envie d’entendre. Mais Charlie semblait différente des autres… et ça parut presque normal à Apple de s’aventurer dans cet acte de transparence.


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