The Walking Dead RPG

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Not all wounds are visible || Tomeo
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Tomeo A. Carrera
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Sujet: Re: Not all wounds are visible || Tomeo   Mer 2 Déc 2020 - 11:29
Je pince les lèvres alors que Joséphine complète à haute voix ma propre réflexion. Je n’ai pas voulu l’évoquer à haute voix, parce que c’est terrifiant, mais… Elle ne se gêne pas, elle. Je sais bien que cela ne sert à rien de faire l’autruche et n’éloigne pas le danger mais je n’y peux rien. Je soupire finalement. « Par exemple… » Je réponds à mi-voix, le regard un peu lointain. On ne peut pas ne pas penser à ce qu’il va se passer plus tard… Laisser des survivants, c’est laisser des possibilités de vengeance, surtout alors que nous n’avons même pas rallier la population à nous. C’est merveilleux. « Si… j’y ai pensé, bien sûr. Tout le monde a du y penser. Il ne nous reste plus qu’à anticiper cette possibilité. Ce ne sera pas tout de suite quoiqu’il arrive, cela s’organise… » Je n’aime pas parler de ça. Des vies seront en jeu. Et une attaque de ce groupe, bien équipé, sera dévastatrice… Nous le savons. Mais nous le savions déjà avant d’entreprendre tout ça, non ? Que c’était un gros morceau et que cela ne se ferait pas sans heurts. Tout le monde a accepté les risques et les conséquences. Mais notre petite expédition libératrice nous a laissé un goût fort amer. Pour les plus utopistes en tous les cas.

Je sens bien le mal être de Joséphine et j’essaie de rationaliser ce qu’il s’est passé. Ce n’est pas une grande aide. C’est facile de se dire que nous n’avions pas le choix, que c’était pour protéger les nôtres, dans le but d’effectuer une bonne action. Mais dans les faits, difficile de gommer la culpabilité, le sang sur les mains… Et Joséphine en avait beaucoup, alors qu’elle n’est pas une tueuse de base. Alors je lui demande naturellement si elle regrette d’avoir du tuer pour sauver les nôtres. Et je vois alors que je me suis montré peut-être un peu trop brutal dans ma question, alors que son masque impassible se fend et que je vois son expression se modifier subtilement, mais… Je sais reconnaître cette expression là. Sa réponse ne me surprend pas. Est-ce que je viens d’ouvrir une vanne ? Je ne sais pas si c’est une bonne chose ou non… Si cela sera salvateur ou non pour elle.

Je me retiens de la prendre dans mes bras quand une larme s’écoule, alors qu’elle l’essuie rageusement, décidée à ne pas craquer. Mais elle est clairement perdue. Et finalement, elle se confie. Elle me parle du massacre qu’elle a fait. Je déglutis en imaginant la scène. Je n’étais pas présent, parti avec Farah, Nolan, Nima, et Alan et Elrik inconscients, pour tenter de les sauver et les emmener à l’écart de la bataille. Mais j’ai eu des échos, évidemment. Et si cela m’horrifie, je suis aussi impressionné par son courage et sa détermination. Par ce qu’elle est prête à faire pour les autres, quitte à piétiner ses principes moraux. Je l’écoute attentivement, silencieux. Et finalement, je me rapproche d’elle, m’assois à ses côtés et l’attire doucement vers moi de mon bras valide. « Oh Joey… » Je n’ai pas grand-chose à lui offrir, hormis une étreinte que j’espère, un peu réconfortante. Mais je ne peux pas rester insensible à autant de détresse. Ses larmes me touchent. « Pourtant, nous sommes habitués à prendre des décisions dans l’urgence, à faire ce que nous pensons juste sur le moment… Que cela fonctionne ou pas. Et avec le recul, quand on analyse, on se dit que c’était une mauvaise décision, qu’on aurait pu faire autrement, faire mieux… On fait du mieux que nous pouvons avec ce qu’on nous donne… Cela n’efface pas les remords, cela n’empêche pas de cogiter… Et cela ne fait pas de nous de mauvaises personnes. Nous vivons dans un monde dépourvu de règles en nous accrochant à ce que nous avons appris… Cela ne peut pas ne pas créer des cas de conscience graves. J’espère juste que tu pourras surmonter tout ça avec un peu de temps. Tu ne mérites pas d’être rongée par les remords, Joey. »


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Sujet: Re: Not all wounds are visible || Tomeo   Jeu 3 Déc 2020 - 10:11
La jeune pompier n’opposa qu’une mince résistance, à peine marquée, quand Tomeo, tout juste installé à ses côtés, l’attira contre lui, pour venir lui apporter son soutien. Joséphine lutta contre ce qu’elle ressentait, du moins essaya vraiment, mais la douleur et la culpabilité qu’elle ressentait se battaient férocement pour exploser, et laisser s’épancher ces maux qui la bouffaient de l’intérieur. Elle sentit une boule venir se placer juste dans sa gorge, alors qu’elle devait vraiment prendre sur elle pour ne pas éclater en sanglots. Alors, au bord de la rupture qu’elle s’interdisait, l’hispanique s’accrocha de toutes ses forces aux paroles que prononçait Tomeo, s’y concentrant avec toute l’énergie du désespoir, pour y trouver des mots qui sauraient apaiser son âme, et ses tourments. Il avait raison sur certains points, bien sûr, ils avaient tous les deux été face à des situations parfois extrêmes, qui exigeaient d’eux des prises de décisions rapides, d’analyser une situation en un coup d’œil pour agir au mieux, avec efficacité, et sans se mettre en danger. Dans leur ancienne vie, ils venaient en aide à des gens blessés, parfois très gravement, pour x ou y raisons, des gens qu’il fallait aider, dont la vie pouvait dépendre de leurs gestes, et actions. Mais là…là, c’était différent. Le danger, ça avait été elle, et cette grenade. Elle avait été cet ange de la mort, sorti de l’ombre d’un tracteur pour faire exploser des gens.

Joséphine ne put passer à côté de la contraction douloureuse de son cœur à cette image, alors qu’elle fermait les yeux, les larmes quittant malgré elle ses paupières closes. Pour quelqu’un qui ne voulait pas craquer, ses résolutions étaient dangereusement en train de s’effriter. L’hispanique essuya une nouvelle fois ses yeux, ses joues, son nez, dans des gestes peu délicats, ne pouvant empêcher ses doigts de trembler. « -C’est peut-être une sorte de façon de payer mon crime, d’être rongée par les remords, à cause de ce que j’ai fait…tu sais, comme une façon de payer pour les morts que j’ai causées… » souffla-t-elle doucement, d’une voix aussi tremblante que ses doigts, et mal assurée. Ses épaules se haussèrent dans un geste défaitiste, alors qu’elle déglutissait difficilement. « -Ou peut-être que je suis trop faible et inadaptée pour ce monde. » ajouta-t-elle, songeant à ce mot, déjà entendu par le passé, à son égard. Elle ne savait plus, Joséphine le reconnaissait volontiers. Elle ne savait plus ce en quoi elle croyait, ni même qui elle était. C’était un aveu complexe et difficile à accepter, pour elle qui du haut de ses trente ans pensait se connaître assez bien. « -J’ai juste…j’ai pas envie de me réveiller un matin, avec un petit calepin sous mon oreiller sur lequel je tiens le décompte des gens que j’ai tué, en me disant que c’est normal, que c’est notre nouvelle vie, qu’ils l’avaient mérité…j’ai peur que ça arrive, et…et je veux pas devenir comme ça… » murmura-t-elle d’une voix basse, avant de ramener une jambe contre elle, dans une attitude protectrice inconsciente.
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Sujet: Re: Not all wounds are visible || Tomeo   Jeu 3 Déc 2020 - 17:23
Bon, ce n’est peut être pas une très bonne idée de la câliner comme ça. Oh, c’est en tout bien tout honneur, il n’y a pas d’ambiguïté. Joséphine est une collègue, une personne que j’apprécie… Une amie, même. Et je suis tactile quand je suis en confiance. Et quand je vois autant de détresse chez quelqu’un que j’apprécie. Mais certains n’aiment pas ça. J’ai bien quelques noms en tête d’ailleurs. Mais elle ne me repousse pas, et passée la raideur première, elle se laisse finalement aller. J’essaie de la raisonner, de diminuer sa culpabilité, tout en sachant bien qu’à sa place, ces paroles ne seraient pas suffisantes et me paraîtraient même vides de sens. Mais j’essaie tout de même. De lui rappeler notre ancienne vie, les choix difficiles qu’on a pu avoir à faire, qu’on a regretté, qui nous ont poussé à chercher à oublier, dans l’alcool, dans les amis, dans les fêtes… Chacun exorcise ses démons à sa façon. Notre métier était difficile.

Les larmes coulent. Le silence s’installe… Et finalement, elle le rompt et je pince les lèvres. Ah ce mode de pensée… Je le connais… On a fait du mal, alors on mérite de souffrir à notre tour, et c’est même totalement normal et légitime. Certains parlent de karma d’ailleurs. « Si tu penses ainsi alors effectivement. Tu choisis toi-même ta punition. Et nous sommes en général bien plus dur avec nous-même que les autres… » Mais c’est difficile de discipliner ses pensées et ses sentiments… « Non. » Je réponds fermement à la suite. Elle ? Trop faible et inadaptée ? Quelle bonne blague. « Si tu l’étais, tu ne serais déjà plus là. Et encore, je pense que personne ne mérite d’être qualifié de faible ou inadapté… » C’est terrible de penser ainsi… Mais tout le monde n’a pas su saisir les opportunités. Ou sa chance. C’est tout.

Je hoche la tête concernant la suite. « Je doute que tu deviennes comme ça… Ce serait plus facile, c’est clair. Ne pas avoir de remords. Mais on n’est pas comme ça. Que ce soit bien ou mal, chaque vie est précieuse et tuer n’est jamais anodin. Même pour se défendre. Même si c’est pour sauver les autres. Des vrais pourris qui méritent de mourir, il y en a peu finalement. Mais nous voilà à évoluer dans une jungle… A devoir ôter des vies… Cela ne nous empêche pas de les pleurer… On doit apprendre à surmonter ça. Certaines personnes ou situations méritent qu’on pleure pour elles. C’est ce qui fait de nous des êtres humains. Et si nous abandonnons cette humanité, alors autant devenir des rôdeurs tout de suite. » Je marque une pause, pas certain d’être clair. « Je ne te dis pas que tu ne dois pas te sentir mal pour ça Joséphine. Je te dis que tu ne mérites pas de te flageller pour ça pendant des mois, des années… J’espère que tu arriveras à te pardonner … » Je relâche un peu mon étreinte, pour ne pas l’oppresser. « Tu es quelqu’un d’humain. Quelqu’un de bien. Tu ne deviendras pas une meurtrière sans scrupules. » Je suis convaincu de ça.


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Sujet: Re: Not all wounds are visible || Tomeo   Sam 5 Déc 2020 - 10:14
S’estimait-elle plus dure avec elle-même qu’elle ne l’était avec les autres ? Tomeo soulevait là une question à laquelle Joséphine n’avait aucune réponse. Elle avait toujours eu cette habitude de considérer que la violence n’était pas la réponse à tout, qu’il existait forcément d’autres solutions, bien avant tout ce merdier, mais tandis que le monde changeait, et basculait vers l’horreur, elle avait été incapable de laisser sa mentalité s’adapter, comme une façon de refuser de se laisser changer par tout ce qui les entourait, refusant d’utiliser la violence à tour de bras, quand la loi du plus fort semblait être celle adoptée par une majorité de survivants. L’hispanique n’avait manifestement pas su s’adapter à ces nouveaux changements, quoi qu’en dise son ami. Et pourtant, des actes de cruauté, elle en avait vu, en avait subi même, en avait sans doute également commis, même si ce n’était pas sa main qui avaient porté les coups. Elle qui n’avait tué que deux fois en cinq ans, ayant à chaque fois eu l’impression de perdre un petit bout de son âme dans ce geste, ne savait pas comment réagir aujourd’hui. Et sans le vouloir, Tomeo avait mis le doigt exactement sur ce qui la chiffonnait : regrettait-elle d’avoir tué des hommes inconnus, pour sauver des personnes qu’elle connaissait, et auxquelles elle tenait ? Plus elle y pensait et retournait ça dans son esprit dans tous les sens, plus Joey avait l’impression qu’elle allait perdre la raison. Pouvait-ton devenir fou par culpabilité ?

Joséphine ne s’attarda pas sur ses propres questions, se concentrant sur les paroles de Tomeo, sans doute parce qu’elle avait besoin à cet instant de l’entendre dire tout ça. Qu’elle n’était pas une mauvaise personne, qu’il y avait peu de chance qu’elle le devienne, et bascule dans la catégorie des tueurs sanguinaires qui se salissaient les mains sans la moindre hésitation. Face à ces paroles sombres, dures, violentes qu’elle se murmurait à elle-même, lorsqu’elle était seule, Joey avait besoin que quelqu’un lui murmure qu’elle n’était pas un monstre. Aussi, quand le pompier relâcha son étreinte, elle se redressa, et vint ramener ses deux jambes contre sa poitrine, les enlaçant de ses deux bras, après s’être essuyé les joues. Elle releva son regard sombre vers le visage du pompier, fronçant doucement le nez : « -Tu sais…une part de moi sait que tu as raison. Mais…elle est tellement dérisoire, minuscule par rapport à celle qui a réussi à me convaincre que j’étais un monstre. » confia-t-elle, à mi-voix. Finalement, le plus gros combat à mener était contre elle-même, et c’était peut-être en ça qu’il était le plus dur. Elle pressa ses pouces sur ses paupières, avant de soupirer lourdement, comme si elle tentait de relâcher le poids du monde, qui pesait sur ses épaules. Elle était quelqu’un d’humain. Quelqu’un de bien. Elle ne deviendrait pas une meurtrière sans scrupule. Il fallait qu’elle arrive à y croire.

L’hispanique posa son menton sur son genou, avant de tourner son visage en biais vers Tomeo, à qui elle tenta d’adresser un petit sourire : « -Merci Tom…je mettrais sans doute du temps à y croire, et encore plus à arrêter de m’en vouloir, mais…tes mots ont pas été vains. Je sais que c’est facile pour personne en ce moment…qu’on se tape tous le contrecoup de cette sortie… » lâcha-t-elle finalement, en resserrant ses bras autour de ses jambes. Tous n’en parlaient pas, bien sûr, et elle la première, mais les traits sur les visages étaient affaissés là où brillaient d’ordinaire de jolis sourires, et les regards s’étaient assombris, quand on y lisait d’habitude une étincelle de gentille, de bienveillance, ou de bonne humeur. George avait été éprouvant, à bien des égards, beaucoup avaient été blessés, et pas que physiquement. Et la pompier ne pouvait s’empêcher de penser que ce n’était que le début, et une urgence résonnait en elle, celle de s’endurcir, vite, pour ne pas céder à chaque fois à la violence de ses sentiments, de cette culpabilité bouillonnante. « -Et toi alors…comment ça va, depuis cette nuit-là ? » demanda-t-elle à son tour, pas parce qu’une quelconque politesse ou bienséance voulait qu’elle lui renvoie sa question, mais parce qu’elle s’intéressait vraiment à l’état de celui qu’elle avait appris à voir comme un ami, et qui venait de l’épauler alors qu’elle en avait plus que besoin.
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Sujet: Re: Not all wounds are visible || Tomeo   Sam 5 Déc 2020 - 12:51
Tout chez Joséphine trahit un besoin de se protéger. Cette façon de se recroqueviller sur elle-même dés que je la lâche. Une façon aussi de se recentrer et ne pas s’éparpiller. Il y a beaucoup à dire concernant le langage corporel. Mais même sans ça, il ne faut pas être comportementaliste pour deviner son état d’esprit, surtout après ce qu’elle vient de me confier. J’espère l’aider, au moins un peu. « Je sais. » Je réponds sur le même ton, sombrement, dans un souffle. Oui, je sais… « C’est à toi de l’écouter et de faire en sorte qu’elle enfle et engloutisse l’autre. » Dans un dessin animé, on pourrait presque faire l’analogie avec un démon et un ange sur chaque épaule finalement. Ce n’est pas si différent. C’est la lutte entre la raison et les sentiments. Entre une notion du bien du mal qui a été inculquée à un moment où le monde était bien différent avec d’autres règles. Il est difficile de se défaire de ce genre d’enseignement, solidement ancré en nous depuis… toujours, finalement. C’est ça que nous devons apprendre à faire, tout en n’envoyant pas non plus totalement aux orties tous nos principes… Au risque de finir totalement psychotiques, à ne plus savoir discerner le bien et le mal, la réalité et le fantasme. Et je m’inquiète. Pour les jeunes générations, les enfants qui grandissent dans ce monde, où il faut tuer avant d’être tué. Il est clair qu’ils n’auront pas le même développement affectif et intellectuel que nous, qu’importe ce qu’on essaie de leur apprendre. La dureté de cette vie les rattrapera à chaque fois. C’est terrible. Et cela ne donne pas très envie de fonder une famille. Alors quoi ? Faut-il laisser l’humanité s’éteindre ainsi ? Apprendre à vivre autrement, quitte à jeter nos enfants dans une existence tourmentée et malheureuse ? Mais l’est-elle vraiment quand on ne connait rien d’autre ?

Je me passe une main sur le visage. Mon cerveau turbine beaucoup trop. Il n’est pas question de faire des enfants de toutes façons… Pas maintenant du moins. Même si cela me semble bien moins abstrait maintenant. « De rien. Oui ça prend du temps, mais tu n’es pas seule. » Et cela aide beaucoup, même quand on refuse ces mains tendues ou ces conseils… On reste entourés et beaucoup de personnes ici sont bienveillantes et à l’écoute. Je hoche la tête concernant le contrecoup. Oui, n’importe qui ayant un peu de conscience, doit être tourmenté désormais. A moins d’avoir une grande capacité à occulter la réalité. Je suis doué là dedans, mais pas dans ce genre de situation. Ce serait naïf.

Et sans surprise, ce n’est que l’amorce pour une question me concernant. Comment ça va…. Bonne question. Pas si mal finalement. Je n’ai pas cette culpabilité dévorante qui envahit Joséphine finalement. Je n’ai pas fait grand-chose et ne me suis pas vraiment sali les mains finalement. Mais quand je repense à mes sentiments du moment, à cette envie qu’ils meurent alors que nous étions criblés de balles, alors que nous essayions de sauver l’un des leurs… « La plupart du temps, ça va… Mais parfois… Je n’aime pas ce que j’ai ressenti là bas. Au-delà de la conclusion amère de notre expédition, j’ai été pris dans la tourmente là bas, dans l’excitation de certains, qui semblaient être invincibles… je crois… Que je me suis perdu un peu. J’ai vite remballé mes bons sentiments pour agir dans l’urgence, pour sauver notre peau, pour sauver celles des autres… » Je soupire avec lassitude. « Dans ce genre de situation, on se retrouve face à une part de nous qu’on aurait aimé ne jamais découvrir… » Et je sais que je suis capable du pire pour sauver les miens. Que je serais capable de massacrer quelqu’un à coup de pied de biche pour défouler une colère enfouie qui explose. Je ne pensais pas cela possible et pourtant… Année après année, il y a de moins en moins de retenue. Et c’est terrifiant. « Et je te parle pas de l’angoisse de devoir assister Nolan sans matériel décent pour extraire des balles au milieu de nulle part et avec une horde au cul… » Je n’avais plus ressenti ce genre d’angoisse depuis longtemps.


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Sujet: Re: Not all wounds are visible || Tomeo   Mar 8 Déc 2020 - 9:41
Son index vient frotter le bout de son nez rougi, alors que Joséphine haussait les épaules aux paroles de Tomeo. Il avait raison, encore une fois, et ça ne tenait qu’à elle de se focaliser sur ces maigres certitudes, jusqu’à effacer toute la culpabilité qui grouillait au creux de son être. Mais…ce n’était malheureusement pas si facile, et le pompier lui-même devait s’en douter. Les événements étaient trop frais, dans les esprits, dans les souvenirs, dans le corps même de certains d’entre eux, qui portaient encore les blessures subies à George. Joey savait qu’il n’y avait pas grand-chose de plus à faire que d’attendre, en espérant que les remords, à défaut de disparaître totalement, ne l’étoufferaient plus au point qu’elle en occultait parfois tout le reste. Son regard sombre glissa en biais vers son ami qui la réconfortait, lui assurant qu’elle n’était pas seule, et plus que jamais la pompier avait besoin de le croire à cet instant. Elle lui adressa un léger signe de tête reconnaissant, accompagné d’un sourire si petit qu’elle doutait même qu’il ai pu le voir.

Et finalement, l’hispanique lui retourna sa question, lui demandant à son tour comment il allait, depuis la fameuse nuit. Tomeo s’épancha alors sur ses propres ressentis, sans que la brune ne songe à l’interrompre une seule fois, le couvant d’un regard bienveillant. Elle savait ce qu’il ressentait. Oh oui, elle le comprenait. C’était cette même sensation qui l’avait poussée à se mettre à courir derrière l’un de ces types, juste après qu’elle ai fait exploser ses petits camarades, avec cette même phrase qui résonnait dans son esprit, cette urgence, de ne pas le laisser fuir. Si avec le recul, Joséphine avait tenté de se dire que c’était le mieux à faire pour éviter qu’il ne prévienne qui que ce soit, et qu’on leur envoie une énième troupe de renfort, elle ne pouvait nier qu’il y avait eu…autre chose. Une soif de vengeance, face à cette salve de balles qu’ils avaient envoyé contre la grange dans laquelle ils étaient refugiés, et qui aurait pu tous les tuer. Elle les avait détesté à cet instant-là, parce qu’ils avaient menacé des gens auxquels elle tenait, et ce sentiment-là avait pris le pas sur tout le reste, raison incluse. « -Je comprends tu sais…je voudrais que ce soit pas le cas, mais je comprends vraiment ce que tu ressens. Cette idée qu’on puisse devenir d’autres personnes, être poussés à faire des choses qui ne nous ressemblent pas, à cause de…des autres, de leurs actions, pour protéger ceux qu’on aime…C’est comme si…si la tête et le cœur se déconnectaient, et que l’instinct de survie, brut, bouillonnant, presque bestial, prenait le dessus et effaçait tout le reste. » répondit-elle en secouant à peine la tête, se demandant si elle aurait su faire usage de la grenade, si le groupe de New Eden ne venait pas de les canarder à peine quelques minutes plus tôt, et avait engagé de simples négociations.

Joséphine poussa un long soupir, comme si elle tentait d’arracher de ses poumons tous les sentiments négatifs, tout ce qui faisait si mal, pour essayer de les expulser loin, si loin d’elle. En vain. Son regard se tourna une nouvelle fois vers Tomeo à ses nouvelles paroles, alors qu’elle attrapait son bras valide pour le presser doucement d’un geste qui se voulait apaisant. « -Nolan et toi avez été exceptionnels là-bas, n’en doute pas. Sans votre sang-froid on aurait sans doute perdu Elrik, et peut-être d’autres… » lui assura-t-elle avec sincérité, avant de venir encercler une nouvelle fois ses jambes. Joséphine resta silencieuse un moment, triturant une petite tâche sur son jean, au niveau du genou, avant de reprendre la parole : « -C’est une des raisons pour lesquelles je tiens à continuer de sortir du camp, aussi souvent que possible. Je sais pas si je suis juste maso ou quoi, mais…j’ai peur d’oublier, si je reste trop longtemps derrière les barricades. D’oublier de me méfier, d’oublier le vrai danger, d’oublier comment y faire face, d’oublier comment réagir en fonction de la situation. » dit-elle en haussant les épaules, venant poser sa joue contre l’un de ses bras quelques instants. « -C’est sans doute pas très rationnel…mais j’ai peur de m’habituer à la sécurité, et de plus savoir comment survivre si on me l’arrache un jour. » confessa-t-elle finalement, dans une petite moue.

A vrai dire, Joséphine avait ressenti ça dès l’instant où elle avait rejoint un groupe, peu importe le moment de sa survie. Elle avait toujours eu besoin de sortir de leur lieu de vie, d’aller éprouver le danger, l’affronter, lui faire face. Certes, ça l’avait déjà mise dans des situations dangereuses, mais elle avait eu une chance insolente jusque-là, et s’en était toujours plus ou moins bien sortie. Et l’hispanique avait besoin de se dire qu’elle saurait toujours comment faire, c’était aussi pour ça qu’elle continuait à s’entraîner presque quotidiennement, pour garder la forme, et entretenir son corps musclé. S’entraîner…cette pensée en fit naître une autre dans son esprit, alors que la jeune femme se mordillait doucement la lèvre, et relevait son regard vers Tomeo. « -Vu qu’on s’attend tous à des représailles, à plus ou moins long terme, je me dis que…qu’on devrait peut-être essayer d’adapter nos formations de médics de terrain…notamment en ce qui concerne les blessures par balle, et ajouter le matos nécessaire à nos trousses de secours. » dit-elle avec beaucoup de sérieux, en fronçant légèrement les sourcils face à ces mots, qui laissaient présager un avenir tout sauf rose.
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Sujet: Re: Not all wounds are visible || Tomeo   Mar 8 Déc 2020 - 12:59
Je me demande si j’ai bien fait de confier ça à Joséphine. Elle se sent mal depuis notre excursion et elle m’a expliqué pourquoi. Elle a peur de devenir un monstre. C’est probablement une peur qui nous tenaille tous. Nous n’en sommes pas loin dans certaines situations. Je n’en suis pas loin quand ma vie est en jeu, quand celles des personnes auxquelles je tiens l’est. C’est un aveu difficile à formuler. Personne n’aime étaler ses doutes et ses faiblesses ainsi. Ni entacher son image de la sorte. Il est trop tôt pour ces discussions philosophiques en fait. Pourtant, il n’y a nul jugement chez elle. Comme je n’en ai pas émis lors de ses confessions. « C’est ça. » C’est exactement ça. Et d’un autre côté, nous sommes bien obligés de devenir ces autres, de révéler notre noirceur pour réussir à survivre. Nous ne serions plus là si tel n’était pas le cas. Je ne pense pas que seuls les méchants ont le droit de vivre dans ce monde. Qu’ils sont les plus aptes. Mais je pense aussi que quiconque ne peut pas se salir les mains ne fera pas long feu, à moins de tomber sur quelqu’un qui fera la sale besogne à sa place. C’est terrible… Il doit y avoir de la bonté encore dans ce monde sali et en cours de destruction, mais personne ne peut être aussi innocent qu’un agneau.

Je la regarde avec surprise quand elle m’attrape le bras. Les rôles se sont inversés, subtilement. « Nolan a été exceptionnel, je te l’accorde. Il a accompli une prouesse dans des conditions déplorables et dans un moment de stress terrifiant. » Mon regard se perd un peu vers la direction où repose Elrik. « L’avenir nous dira si nous avons eu raison de nous acharner… » Je réponds à mi-voix… Sauver une vie à tous prix… parfois, c’est de l’acharnement. Combien de suicidés qui ont été réanimés après de longues minutes et une mobilisation médicale intense, pour se réveiller diminués ? Handicapés, physiquement, et parfois mentalement… Qui sommes-nous finalement, pour décider de ce genre de choses ? C’est une pensée qui m’est souvent venue. Et qui repart de la même façon, parce que je n’ai pas de réponses.

Je l’écoute me confier son besoin de continuer à se confronter au danger… De rester alerte et de ne pas se laisser endormir par la sécurité dont nous bénéficions en ce moment. Du confort qui nous est accessible. « Je comprends. Ce n’est pas être maso. C’est être pragmatique. » J’ai un petit sourire de dérision : « Et ça entretient un peu notre paranoïa… » Mais c’est aussi ce qui nous a maintenu en vie. Je hausse une épaule : « Pas pour rien que je suis devenu berger à rôdeurs… Je ne peux pas oublier le danger ainsi. Ni de garder la forme. Même si là, c’est compromis… » La rééducation va être intense. « On a déjà réussi à survivre sans confort une fois. Et en n’étant pas du tout préparés. On saura recommencer. » Mais ce sera moralement difficile de perdre encore ce qu’on a durement acquis. Joséphine en profite alors pour me faire part d’une idée qui semble avoir germé dans son esprit depuis notre petite virée. « Hum… pourquoi pas. Ce ne serait sûrement pas un luxe. Et je déteste me sentir inutile. Même si on ne peut pas faire de miracles, bien sûr, mais regarder les médecins faire parce que je ne sais pas… C’est frustrant. » Même si depuis que je suis arrivé ici, j’ai eu accès à une formation plus poussée. Et accélérée. Mais cela me convient d’apprendre encore, même si je n’aurais jamais la dextérité de Nolan.


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