The Walking Dead RPG

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Storms in her mind || Caleb
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CASIER DE SURVIVANT
Sujet: Storms in her mind || Caleb   Lun 9 Nov 2020 - 15:22
La nuit avait été rude. Pénible. Longue. Douloureuse. A croire que son corps lui faisait encore payer cette escapade en pleine forêt avec Caleb, qui datait pourtant de trois jours plus tôt, et au cours de laquelle Joséphine n’avait même pas eu vraiment l’impression de forcer tant que ça. A moins qu’il ne s’agisse simplement de son esprit, de ces flashs qui venaient s’insinuer dans ses rêves les quelques fois où le sommeil l’emportait, pour mieux la réveiller en sursaut quelques instants plus tard, le corps couvert d’une fine pellicule de sueur, le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Si les cauchemars étaient récurrents ces derniers temps, et ses nuits agitées depuis son retour à Nisqually, cette nuit-là avait été particulièrement dure, à tel point que Gemma avait passé le reste de la nuit avec Teresa, pour s’assurer que la petite gamine pourrait, elle au moins, avoir un minimum de sommeil décent, celui que sa mère ne parvenait pas à lui offrir, puisqu’elles partageaient le même lit.

Incapable de fermer l’œil du reste de la nuit, Joséphine avait ressassé, inlassablement, ressentant plus que jamais le manque de bras qui n’étaient pas là pour emprisonner sa fine silhouette de leur étreinte rassurante. Les premières lueurs du jour prirent possession du fort, où la vie ne tarda pas à se manifester. Gemma se réveilla près d’une heure plus tard, et tandis que la cubaine quittait la chambre, Joséphine resta à s’occuper de la petite, lui faisait une toilette de chat, avant de l’aider à s’habiller. Aujourd’hui, comme bien souvent, la mini brunette débordait d’énergie, la langue déjà bien pendue malgré l’heure si matinale, et gigotant, tandis qu’elle était assise au bord du lit, Joséphine à genoux devant elle, la petite mit sans faire exprès un coup au menton de sa mère. « -Tu peux arrêter de bouger deux minutes, s’il te plait ? » lui dit-elle, tout en attrapant le pied fautif qui bougeait dans tous les sens. Le ton était froid, la voix élevée, et Joséphine s’en voulut aussitôt, encore davantage quand de petites perles humides se mirent à briller dans le regard de sa fille.

Sans attendre, elle enserra Gemma dans ses bras, la ramenant contre sa poitrine, couvrant sa tête de baisers : « -Je suis désolée mon chat. Maman s’excuse, je n’aurai pas dû crier… » Joséphine berça doucement la minimoy contre elle, se perdant dans ses cheveux quelques instants, dont l’odeur avait toujours eu cette vertu rassurante, apaisante. La gamine leva son petit minois vers elle, s’excusant à son tour alors que Joey fronçait les sourcils : « -T’es fâchée maman ? J’ai pas fait exprès, tu sais… » Sa petite mine triste lui serra l’estomac, alors que la mère plantait un nouveau baiser sur le front de son enfant. « -Je sais mon cœur. C’était un accident. C’est pas grave. Maman est juste un peu fatiguée. C’est rien. » Et pour appuyer ses propos, elle laissa un sourire empreint de douceur étirer légèrement ses lèvres, auquel Gemma répondit par un large sourire, d’une oreille à l’autre. La gamine attrapa la chaussette récalcitrante, posa ses fesses sur le tapis, et avec des gestes gauches, parvint à glisser son petit pied dedans, si bien que Joey n’eut rien à faire de plus que caler le talon de la chaussette au bon endroit.

Les deux brunes enfilèrent leurs chaussures, puis allèrent déjeuner dans le réfectoire avec les autres habitants de The Haven, Bandit les accompagnant. Elles prirent leur temps, quand bien même Gemma fut la seule à manger, Joséphine sentant son estomac trop noué pour autre chose qu’une boisson chaude, qui ne parvint même pas à la détendre. La gamine se mit à parler autant que d’habitude, un vrai moulin à paroles, et pourtant, lui caressant distraitement le cou, la maman écoutait, encore sous le coup de la culpabilité face à son excès de colère injustifié du matin même. Lorsque Gemma eut finie, le visage barbouillé, elles retournèrent dans leur chambre, brossèrent leurs dents, et Joséphine prépara rapidement son sac à dos avant d’accompagner la gamine jusqu’à l’école. Un câlin et un au revoir de la main plus tard, Gemma rejoignait ses camarades tout sourire, alors que la pompier quittait le fort sans prévenir qui que ce soit, et se perdait rapidement entre les arbres bordant le camp, Bandit sur ses talons.

Attentive lors de leur promenade, Joey n’eut auquel mal à parcourir le chemin qu’elle avait fait avec Caleb quelques jours plus tôt, sentant la douleur dans sa cuisse se rappeler à elle bien avant d’arriver à ce gros arbre qu’ils avaient abattu en combinant leurs efforts, et qui se trouvait encore là, étendu de tout son long, à l’endroit pile de sa chute. Un coup d’œil aux alentours lui confirma qu’elle était seule, et sans attendre, l’hispanique retira son sac à dos, puis sa veste, pour se retrouver en simple t-shirt. Elle ne doutait pas que l’effort lui donnerait rapidement chaud. Se remémorant les paroles pas si vieilles de l’ébéniste, la jeune femme attrapa sa hache, se positionna, et commença son œuvre. Chaque coup qu’elle portait au tronc résonnait dans son corps, se répercutant jusque dans sa cuisse, une douleur la vrillant aussitôt, dans laquelle elle ressentait une certaine forme de satisfaction. Comme le juste prix qu’il fallait payer pour cette vie qu’elle avait volée. Pourquoi ne devrait-elle pas souffrir de son acte, elle aussi ?

Joséphine perdit la notion du temps, mais ses gestes se firent plus brusques, plus forts, plus secs, trahissant ces tourments qui montaient en elle. A chaque coup qui entaillait le bois, le visage crispé de douleur de sa victime. A chaque craquement du tronc, son regard au moment où il comprenait qu’il allait mourir. A chaque morceau d’écorce qui volait, elle sentait de nouveau le sang chaud couler sur son corps, tandis qu’il perdait la vie couché sur elle. Les images se succédèrent, le poids sur sa poitrine se fit plus lourd encore, jusqu’au point de rupture. Ses lèvres s’entrouvrirent pour lâcher un long cri rauque qu’elle n’entendit même pas, alors que sa lame s’acharnait sur la souche, dans des gestes désordonnés, maladroits, gauches, qui trahissaient simplement son mal-être, sa vue se brouillant peu à peu sans qu’elle n’y prête attention pour autant. Lorsque sa jambe blessée céda sous son poids, et que la hache échappa à ses bras rendus douloureux par l’effort soutenu, Joey s’écroula au sol, se rendant compte à cet instant de ses joues mouillées de larmes qui rendait tout flou autour d’elle. Épuisée, moralement, physiquement, essoufflée également, la jeune femme ramena ses jambes contre sa poitrine, et resta prostrée là, les épaules secouée de longs sanglots, la forêt pour seule témoin de sa souffrance.
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Caleb Campbell
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: Storms in her mind || Caleb   Mar 10 Nov 2020 - 18:50
Trois jours étaient passés depuis cette journée forestière avec Joséphine. Caleb avait été quelque peu touché par le malaise de la jeune femme, mais aussi par son courage, et la force avec laquelle elle luttait pour aller plus loin, pour se surpasser. La douleur, elle n’en avait cure. Au contraire, cela semblait un moyen pour elle de se dépasser et de faire plus fort à chaque fois. Mais cette force semblait égale à son mal-être, peut-être même ce malaise serait-il plus fort encore. Il n’était pas psychologue, mais Caleb avait une réelle aptitude émotive, une corde sensible qui vibrait face à la détresse de son entourage.

Il y avait pensé à plusieurs reprises durant ces trois jours, et il se demandait si tout allait bien pour elle après une journée si éprouvante. Comment se sentait-elle ? Il aurait aimé le savoir, mais le bûcheron Canadien était trop timide pour oser aller la voir et s’enquérir de son état. Alors, il fit ce qu’il faisait toujours depuis la mort de sa famille : il se renferma sur lui-même, et il resta seul, dans son coin, à travailler. Il n’était pas retourné en forêt, car il avait beaucoup de choses à réaliser dans son atelier, et il avait suffisamment de bois pour faire ses travaux.

Mais ce bois vint à s’amoindrir, et le petit stock, qu’il possédait pour réaliser ses menus travaux et ses petites créations, commençait à s’épuiser. Il n’avait pas besoin de bois d’une grande qualité, ni de grands troncs duquel tirer de grandes planches. Alors, il prit un chariot qu’il avait confectionné lui-même : plusieurs planches de bois clouées de sorte à faire un plancher, sur de petites roues empruntées à des brouettes, qu’il pouvait pousser ou tirer en s’attachant une corde dans laquelle il passait ses épaules. Il s’attendait à une énième journée de labeur sous une journée chaude et ardente… Lorsqu’il entendit le bruit typique de la hache frappant le bois avec frénésie. Ainsi l’on travaillait déjà dans la parcelle de bois ? Ce n’était pas grave, cette forêt ne lui appartenait pas, et il n’était pas le seul à savoir manier la hache.

Toutefois, il ne s’attendait pas à entendre un tel cri de déchirement. Un cri si fort, si puissant, trahissant moultes douleurs et moultes souffrances. Caleb reconnut tout de suite la voix de Joséphine, qu’il entre-aperçu enfin. Il resta là, tel un enfant grondé ne sachant plus quoi faire, tel une biche prise dans les phares d’une voiture.

Puis, il la vit s’asseoir au sol, ramenant ses genoux sur sa poitrine, plongeant sa tête dans ses bras, comme si elle se construisait un cocon, une forteresse de solitude. Alors, le bûcheron abandonna son chariot de fortune et s’approcha à pas de loup. Un pas après l’autre, il réduisit la distance qui le séparait de la pauvre Joséphine, en pleur et en souffrance.

Lorsqu’il arriva à ses côtés, la belle ne semblait pas s’être rendue compte de la présence de la bête, ou alors, elle était trop effondrée pour pouvoir faire quoi que ce soit. A cet instant, Caleb ne réfléchissait plus. Seule sa fibre paternelle, et émotive, parlait à sa place. Doucement, il s’accroupit, posant sa hache contre l’épaisse souche à proximité. Plaçant un bras dans le creux de ses cuisses, et un autre derrière ses épaules, et peaufina sa prise en serrant fort ses deux mains contre Joséphine. Et lorsqu’il fut prêt, doucement, lentement, tendrement, il souleva Joséphine et lui fit quitter le sol, avant de la prendre contre lui, dans ses bras, et de s’asseoir à son tour sur le tronc de l’arbre, Joséphine dans ses bras, en pleur, en détresse… Malheureuse.

Tout ce qu’il fit ensuite, ce fût de la consoler sans rien dire. Décrivant de légers mouvements de rotations de sa taille, il berça Joséphine sans jamais desserrer sa prise, ni abandonner sa présence. Toutefois, il ne prit pas la liberté de poser sa tête contre celle de Joséphine, trouvant cela sans doute trop… Peut-être avait-il déjà dépassé les bornes…
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CASIER DE SURVIVANT
Sujet: Re: Storms in her mind || Caleb   Mer 11 Nov 2020 - 14:17
La jeune femme n’entendit pas les gémissements de Bandit qui tentait de percer de sa truffe humide le cocon protecteur formé par les bras qu’elle entourait autour d’elle, pas plus qu’elle n’entendit les bruits de pas qui se rapprochaient dans son dos. Vulnérable, et pas tant parce qu’elle se laissait aller à cette vague destructrice d’émotions, mais parce qu’elle s’offrait à la première présence malveillante qui passerait par-là, humaine ou décharnée, Joséphine ne parvenait plus à lutter contre elle-même. Sa conscience gagnait la partie, la culpabilité la terrassait, et les remparts fragilement bâtis autour d’elle depuis l’accident s’étaient effrités jour après jour pour s’effondrer subitement quelques instants plus tôt. Plus que jamais depuis son arrivée à Nisqually des mois plus tôt, elle ressentait l’absence, le vide qui s’était créé dans sa vie quand elle avait quitté les siens, en choisissant de venir mettre Gemma derrière les barricades protectrices du fort. Allia aurait su quoi dire, quoi faire, elle en était convaincue. Mais Allia n’était pas là, pas plus que Connor, et Joey ne pouvait compter que sur elle pour se relever. Parce que s’il y avait bien une chose dont elle était certaine, malgré la douleur qui déchirait son cœur à cet instant, et vrillait son âme, elle se relèverait. Elle l’avait toujours fait, et continuerait à le faire. Gemma comptait sur elle pour ça.

Les bruits de pas lui firent à peine relever la tête. Bandit ne grognait pas, n’aboyait pas, il ne devait donc pas y avoir de danger. Vaguement, à travers ses larmes qui rendaient sa vision floue et imprécise, Joey perçut la silhouette massive de Caleb, désormais accroupi à ses côtés. Elle aurait voulu parler, lui dire que ce n’était rien, qu’il n’avait pas à s’inquiéter, et même qu’elle était désolée d’avoir envahi ainsi son terrain, mais les mots moururent sur ses lèvres, et de nouveaux sanglots vinrent à la place secouer ses épaules. Sans un mot, il la souleva de terre avec facilité, et Joey était trop amorphe, trop bouleversée, trop démunie pour songer à protester. Alors, ils restèrent ainsi un long moment, l’armoire à glace faisant preuve d’une délicatesse insoupçonnée au vue de sa carrure, alors que sans parler, il lui apportait pourtant un réconfort appréciable, qui fit son œuvre, peu à peu. Longuement, la pompier pleura sa douleur, laissa le chagrin la submerger, ses émotions quitter son corps par vagues humides, ses pleurs manquant même de l’étouffer, alors que l’organe dans sa poitrine devenait douloureux. Elle se revoyait des semaines plus tôt dans les bras de Connor, sujette à ce même genre de tourments, et l’idée que le temps n’avait absolument pas fait son œuvre glissa dans ses pensées, sans s’y attarder pour autant. Joséphine n’était pas patiente, et elle l’était encore davantage avec elle-même, se montrant d’autant plus sévère et exigeante envers sa propre personne.

L’hispanique ignorait combien de temps s’était écoulé, mais elle ne pleurait désormais plus, sans même s’être rendue compte que les larmes s’étaient taries d’elles-mêmes. Un peu comme si le réservoir était désormais vide, et que plus rien ne pouvait en sortir. Elle se sentait désormais…vide. Tellement vide. Comme une coquille fragile qui s’écraserait au moindre contact trop brutal. Ses yeux la brûlaient, évidemment, et un mal de tête enserrait désormais ses tempes. Avec douceur, elle quitta les bras que Caleb lui avait offerts sans rechigner pour y épancher son chagrin, et alla fouiller dans son sac, évitant soigneusement son regard, tandis que Bandit la collait, et venait lécher chaque parcelle de peau qu’il trouvait. Elle se moucha, essuya les derniers sillons salés sur ses joues, avant de venir s’assoir à côté du géant canadien, gardant pourtant le silence un long, long moment. Quand elle finit par briser la quiétude de l’endroit, ce fut d’une voix rendue rauque par les pleurs : « -Désolée, je crois que j’ai abîmé l’arbre… » souffla-t-elle à mi-voix, son regard sombre strié de rouge observant à la dérobée les nombreuses encoches désordonnées que sa hache avait fait dans l’écorce, quand elle avait perdu le contrôle d’elle-même. Joséphine pressa fermement ses épaules de ses mains, avant d’oser un regard presque timide vers le survivant : « -Désolée aussi que t’ai assisté à…ça… » ajouta-t-elle presque pudiquement, alors que Bandit venait poser sa tête sur sa jambe.
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: Storms in her mind || Caleb   Lun 16 Nov 2020 - 13:29
La jeune femme semblait en plein désarroi. Ses sanglots coulaient sans fin, ses hoquets de tristesse, trahissaient un poids si lourd, une peine si grande. Ses yeux, d’ordinaires si beaux, si grands, donnant une telle lumière sur les gens qu’elle regardait, étaient pincés par la force de ses muscles, déformés dans des traits de douleur, une douleur intérieure, sans doute la pire des douleurs. Agrippée, Joséphine était comme un frêle fœtus de paille balloté par des évènements trop difficiles et trop grands pour lui, maltraité par une violence sourde à ses supplications.

Caleb joua alors un rôle qu’il n’avait plus tenu depuis des lustres : celui du père, de l’amant, de l’homme fort, de la racine restant solide face à la tempête. Oh, bien-sûr, Joséphine était bien plus âgée que l’âge qu’aurait sa fille aujourd’hui, si elle était encore en vie. Mais en cet instant, il l’avait un peu oublié. En cet instant d’ailleurs, plus rien n’existait en son esprit… Sinon le désarroi de la jeune femme, et sa propre souffrance intérieure.

Il revit alors ces évènements tragiques qui hantent encore ses nuits mouvementées. Dans les sanglots de la jeune femme, Caleb entendit les pleurs qui l’ont secoué voilà des années, et qui continuent, parfois, à lui dérober larmes et sanglots. Il revoit, dans de grands flashs, sa femme qui s’enfuit. Son visage terrorisé, ses yeux embués de larmes. Elle s’enfuit, sa fille avec elle, alors qu’une détonation retentit derrière Caleb, et qu’une grande gerbe de sang s’échappe de l’arrière du crâne de sa dulcinée, qui s’effondre immédiatement, dans une chute pathétique, comme le ferait un pantin désarticulé. La fille de Caleb, ayant lâchée la main de sa mère, n’a même pas le temps de se retourner pour voir ce qu’il est advenu du sort de sa mère, qu’une rafale la frappe dans son dos, la propulsant à terre. Puis, une violente douleur à l’arrière du crâne de Caleb, qui s’effondre. Dans les derniers moments de lucidité, Caleb revoit le corps inanimé, ensanglanté et mutilé de sa femme, allongée au sol, et sa fille, dont la respiration se fait sifflante, bruyante, alors des pleurs s’élèvent, signe qu’elle n’est pas encore morte, mais qu’elle agonise. Caleb, lui, est paralysé par le coup… Et c’est le trou noir.

Il rouvre ses propres yeux, après ce voyage dans le monde des souvenirs, et dans l’horreur passée. Il se surprend à avoir une vue troublée, alors que des larmes étaient apparues, remontant au fil de ces souvenirs. Il les sécha bien vite, alors que Joséphine sortit de ses bras et de ses mouvements en balancier. Elle se mouche, et revient aux côtés de Caleb, sans rien dire. Les deux individus brisés par une vie de souffrance, regardent devant eux, vers l’horizon boisé. Quand soudain, Joséphine brise le silence.
- Ne t’inquiète pas, il n’y a rien à excuser. Dit-il en tournant son visage vers son interlocutrice, en lui souriant d’un large et doux sourire bienveillant. Tu sembles garder en toi une immense souffrance. Je l’ai ressentie, tu sais. Déjà la dernière fois, et encore plus aujourd’hui. Et je l’ai ressentie bien plus intensément que ce pauvre arbre-ci. Je sais que j’ai l’air d’être… Juste un gros bras. Mais je sais écouter. Et tu sais, tu n’es pas la seule à porter un très lourd fardeau. Je suis là, si tu le veux.
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CASIER DE SURVIVANT
Sujet: Re: Storms in her mind || Caleb   Mar 17 Nov 2020 - 11:53
Ses yeux la brûlaient sous l’assaut des larmes qui l’avaient assaillie, et Joséphine s’essuya une nouvelle fois le coin de la paupière, triturant un nouveau mouchoir entre ses doigts fins. Elle avait choisi la solitude de cette vaste forêt pour venir épancher sa douleur, quand bien même elle ne supposait pas qu’elle se manifesterait de façon si violente, et contre toute attente, même au cœur des arbres, on l’avait retrouvé. Elle qui était si pudique, si fermée sur ce qu’elle ressentait, se sentait à cet instant sacrément mal à l’aise à l’idée que quelqu’un ai pu assister à cet instant où le masque s’était brisé. Joey était d’autant plus gênée que Caleb ne s’était pas contenté d’une petite tape sur l’épaule pour la consoler, mais avait été d’une prévenance rare, et d’une délicatesse insoupçonné pour sa carrure. Ça avait été…étrange, presque irréel. Et pourtant, la pompier devait bien admettre que sa méthode avait été redoutablement efficace. Oh, la douleur était toujours là, lancinante, mais les barricades étaient momentanément reconstruites, la tenant suffisamment à distance pour qu’elle ne perde pas pied de nouveau.

Assise aux côtés de l’ébéniste, elle pinçait doucement les lèvres, et glissa ses doigts sur la tête de Bandit, qui aussitôt tenta de venir lécher ses joues, la brune le prenant quelques instants entre ses bras. Les excuses glissèrent de ses lèvres, des mots que le grand brun ne jugeait pourtant pas utiles de prononcer, et qui poussèrent Joséphine à hausser les épaules d’une manière maladroite. Ses doigts accrochèrent l’écorce, alors qu’elle en arrachait des petits bouts, peu à peu, tournant très légèrement son visage vers son voisin, dont elle ne loupa aucun des mots. Paroles qui eurent d’ailleurs pour réaction d’humidifier une nouvelle fois le regard brun de l’hispanique, qui essuya cette nouvelle coulée d’un mouvement d’épaule, le tissu du t-shirt absorbant aussitôt les larmes. Il savait écouter, disait-il, et pour autant, Joey n’était pas certaine de réussir à parler, de réussir à prononcer à voix haute les mots qu’elle se répétait pourtant en boucle, inlassablement. Ses doigts glissèrent entre les oreilles du chien, alors qu’elle ramenait une jambe contre sa poitrine, dans une attitude protectrice évidente. Comme si elle formait un cocon dans lequel se terrer.

Un long silence vint accueillir les paroles de Caleb, que Joséphine ne prit pas la peine de briser de suite. Sa présence était apaisante, elle ne pouvait prétendre le contraire, et elle avait peur que parler ouvre une nouvelle fois les vannes. Si le canadien avait senti sa souffrance, comme il le disait, qui d’autre au camp n’avait pas gobé le visage qu’elle leur présentait au quotidien, détendu, aimable, détaché ? La pompier déglutit douloureusement, avant de glisser un regard en biais vers son acolyte. « -Est-ce que…est-ce que t’as déjà tué quelqu’un ? » demanda-t-elle, même si ce n’était pas exactement ainsi qu’elle avait prévu de présenter les choses. Mais les mots étaient venus ainsi, et désormais, comme beaucoup de choses, elle ne pouvait plus les reprendre, les effacer. Elle tenta un sourire sans joie qui n’atteignit pas ses yeux striés de rouge. « -Parce que si c’est le cas, je pourrais avoir besoin d’un petit tutoriel pour apprendre à gérer la culpabilité… » souffla-t-elle à mi-voix, tout en pestant contre elle-même quand elle sentit ses yeux s’embuer une nouvelle fois.
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CASIER DE SURVIVANT
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Sujet: Re: Storms in her mind || Caleb   Mar 17 Nov 2020 - 13:45
La vie pouvait être étrange, parfois. Elle l’était déjà avant tout cela, alors que la vie ne risquait pas d’être anéantie par des hordes de charognes ensanglantées et décharnées amatrices de chaire humaine. Mais aujourd’hui, les choses étaient différentes. Car l’on avait beau se projeter vers l’avenir, préparer des demeures, penser à procréer, espérer une famille, tomber amoureux, réaliser des projets… La vie pouvait s’arrêter d’un moment à l’autre. Un rôdeur chanceux, des survivants belliqueux… Alors, que laisserions nous ? Qu’est-ce que Caleb laisserait s’il venait à mourir aujourd’hui ? Demain ? Dans 10 jours ? Dans 1 an ?

Il ne saurait pas répondre à cela, de même qu’il serait incapable d’essayer de se projeter aussi loin. Car le Canadien avait beau être une grande guimauve, un ours au cœur tendre… Il était détruit. Les années ne l’avaient pas épargnée, et à chaque fois qu’il fermait ses yeux, il revoyait sa femme, sa fille, son fils… Et l’homme qu’il avait assassiné pour que les Haven reprennent leur liberté.
- Heum… Eh bien, oui. Oui, j’ai déjà tué quelqu’un. Il laisse un temps de silence. Bien qu’il fasse quotidiennement face à cet évènement, dans ses cauchemars, dans ses pensées, le dire à voix haute apportait une nouvelle aura, toujours aussi horrible. C’était… C’était il y a quelques temps maintenant… Lorsque notre groupe s’est battu pour reprendre sa liberté. On s’est battu contre un autre groupe de survivants et… Enfin, tu dois bien le savoir, j’imagine… Peut-être même que tu y étais… Enfin, j’ai dû me battre… Et j’ai tué un homme. Il avait tiré le premier sur mon groupe. J’ai… J’ai réussi à me planquer, et quand il a commencé à manquer de munitions, j’ai ouvert le feu. Je lui ai mis trois balles dans le corps, et il mort sur le coup. Une seconde pause. Son index droit tape frénétiquement sur la souche d’arbre contre laquelle il est assis, signe d’un trouble intérieur, d’un stress palpable, d’une émotion à fleur de peau. Je n’ai pas de manuel tu sais… J’ai dû faire face à… A une période vraiment compliquée surtout après la… Enfin le… Enfin. Tout ce que je sais, c’est que la vie continue. Et elle est tellement instable, et tu es tellement jeune… Je ne sais pas ce quel évènement provoqua la mort de cette personne… Mais toi, tu es ici à présent. Et tu es quelqu’un de bien. Et par les temps qui courent, les gens bien sont rares. Et je suis heureux que tu sois là, aujourd’hui. Regarde, je n’aurais pas pu abattre cet arbre sans ton aide !

Caleb pointa de la main la souche qui leur servait d’assise, tentant d’allier la parole à la démonstration, et d’apporter un peu de réconfort à cette jeune femme qui en avait terriblement besoin.
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Sujet: Re: Storms in her mind || Caleb   Mar 17 Nov 2020 - 22:19
Joséphine aurait voulu éviter d’être si directe, de rentrer si franchement au cœur du sujet épineux qui la tracassait, alors qu’elle imaginait sans peine que Caleb pouvait lui dire que cette question, plus que personnelle, ne la regardait pas du tout. Et bien sûr, il aurait eu raison, à tel point que la pompier n’aurait même pas pu se montrer vexée d’une telle réponse. Pour autant, il avait dit savoir écouter, et puisque les mots étaient encore si difficiles à prononcer pour elle, c’était une façon plus qu’équivoque de dire, sans vraiment le dire toutefois, ce qui la mettait dans cet état. Malgré le côté presque intime de la question, le canadien n’envoya pas Joey sur les roses, et d’ailleurs, il ne sembla même pas hésiter quand il lui répondit par l’affirmative, la faisant relever ses yeux humides vers son visage.

Un nouveau silence s’étira entre eux, que Joséphine ne prit pas le parti de rompre, toujours occupée à arracher les bouts d’écorce qu’elle laissait tomber au fur et à mesure sur le sol. Elle laissa à Caleb le temps de lui apporter plus de détails s’il le souhaitait, tout en sachant qu’elle se satisferait également de ne pas en avoir davantage. La pompier savait à quel point ça pouvait être douloureux, dévastateur même, de se plonger dans ses souvenirs aussi violents pour les exprimer à voix haute, et elle ne voulait surtout pas lui infliger cette peine, la brune s’en voulait d’ailleurs déjà d’avoir posé la question. Et malgré tout, le canadien commença son récit, lui racontant comment il en était venu à se rougir les mains du sang d’une autre personne, lui aussi. Elle secoua légèrement la tête d’un geste négatif quand il lui évoqua la possibilité qu’elle ai pu participer à cette bataille dont il parlait, tâchant de ne pas le couper dans ses propos, dans ses confessions.

La pompier posa son menton sur son genou, alors qu’un nouveau silence s’étirait entre eux, qu’elle n’eut aucun désir de briser. Finalement, poser la question n’était peut-être pas une si bonne idée, et remuait encore trop de choses en elle. L’hispanique sentit les doigts du menuisier s’agiter sur le tronc, une réponse sans doute instinctive à ces émotions qu’elle avait réveillé en lui, bien malgré elle, et sans arrière-pensée, Joey posa sa main sur celle de Caleb, dans un geste qui se voulait apaisant, alors qu’il reprenait la parole, évoquant l’absence de tout manuel, qui aurait été plutôt utile dans sa situation. Joséphine fronça à peine les sourcils, tâchant de combler les trous de cette histoire qu’il cachait à moitié, et difficilement, la brume dans ses pensées lui permit de comprendre ce qu’il taisait sans doute presque pudiquement le décès des membres de sa famille, dont elle avait entendu parler par un autre membre du camp. La brune resta silencieuse, haussant les épaules face aux paroles pourtant pleines de gentillesse qu’il lui adressait. Joey ne savait pas si elle était une bonne personne, quelqu’un de bien comme il le disait. Elle ne savait plus.

Caleb réussit néanmoins le miracle de lui arracher un semblant de sourire, en évoquant ce tronc d’arbre qu’ils avaient abattu ensemble, dont il attribuait le succès de la chute à leur travail conjoint. « -Oh bah oui…c’est vrai qu’avec tes bras qui font la taille d’une de mes cuisses, t’avais largement besoin de mon aide pour venir à bout de cet arbre. Heureusement que j’étais là ! » dit-elle avec un soupçon de malice, bien que le léger sourire sur ses lèvres ne s’attarde pas, et disparaisse presque aussitôt. Le bout de ses doigts retrouva ce trou qu’elle avait commencé à faire dans l’écorce, alors que la pompier regardait droit devant elle, revoyant bien malgré sa volonté cette terrible journée de juillet, qui la hantait toujours. Avec le recul, ou le fait d’avoir revu la scène des tas et des tas de fois dans ses pensées, Joséphine n’était plus très sûre de tel ou tel détail, tout se mélangeait, bien qu’il restait des points précis qui la hantaient encore : la couleur de ses yeux, celle de sa chemise, l’odeur de brûlé qui émanait de la voiture. « -C’est arrivé deux fois, pour moi. Il y a quatre ans, et…le mois dernier. » souffla-t-elle au bout d’un long silence, d’une voix si basse qu’elle ne savait même pas si Caleb l’avait entendu.

Un bout d’écorce glissa sous son ongle, puis sous un autre, la faisant saigner légèrement, et pourtant, ce ne fut pas suffisant pour la convaincre d’arrêter son petit manège, qui étrangement lui permettait de rester ancrée dans la réalité, de ne pas sombrer, de ne pas quitter cette forêt, de ne surtout pas retourner dans cette ville côtière où tout c’était déroulé. « -Il… » Elle se tut, pinça les lèvres quelques instants, fronça doucement les sourcils, avant de tendre le cou. « -Il était au-dessus de moi, ses mains sur mon cou, il serrait si fort…je…je pouvais plus respirer, ma vue se brouillait, et… » Elle revoyait la scène, aussi clairement que si elle se déroulait juste là, à quelques mètres de leur tronc. Joey, étendue sur le bitume. L’assaillant au-dessus d’elle, les mains autour de sa gorge, les yeux exorbités par la rage. Les points noirs qui avaient dansé dans son champ de vision, tandis que l’air lui manquait, que la pression sur sa cage thoracique augmentait, cette impression écrasante qu’elle allait mourir, juste là. Et puis…l’issue fatale. « -Je lui ai planté un couteau entre les côtes…je sais même pas combien de fois à vrai dire, et…il s’est affalé sur moi. » raconta-t-elle, alors qu’une coulée salée quittait de nouveau ses yeux, et venaient se perdre sur son visage fin, glissant jusqu’à son menton pour finalement rejoindre la terre. « -Je sais pas trop si les gens biens font ça… » dit-elle finalement, alors même que savoir qu’elle était en situation de légitime défense n’apaisait en rien le feu destructeur de la culpabilité qui l’habitait chaque jour depuis cet événement.
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CASIER DE SURVIVANT
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