The Walking Dead RPG

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I come with knives
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Quinn St-Germain
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Sujet: I come with knives   Ven 28 Aoû 2020 - 22:23
I COME WITH KNIVES
with agony
to love you

@friedrich w. eden
Le soleil se lève à peine, mais Quinn est déjà debout. Habillée, prête à rejoindre le complexe, une tasse de café fumante posée sur sa commode, elle fouille la petite bibliothèque de sa chambre. A quatre pattes face au meuble, éparpillant consciencieusement les livres et les documents autour d’elle, la brune mâche nerveusement sa lèvre inférieure. Une idée lui est venue en se réveillant et elle veut la vérifier, l’éprouver. Et pour cela, elle a simplement besoin d’un manuel. Un foutu bouquin qui continue de lui échapper, même si elle a déjà retourné toute sa chambre. Elle pourrait probablement faire sans, mais sa disparition vire à l’obsession et elle a déjà rongé les ongles de son pouce et de son index au sang. Agacée, elle se redresse péniblement et tire sur le pull qui la couvre, s’assurant qu’il ne remonte pas trop haut. Si les cernes se sont un peu effacés et qu’elle dort un peu mieux la nuit, la mort de Vaughn continue de l’affecter. Sa responsabilité, surtout, pèse sur ses épaules et la cloue sur place. Petit à petit, la culpabilité ronge sa conscience et la laisse exsangue, ravagée par les tocs. Ses bras grattés au sang et ses ongles mangés en témoignent, de même que les os saillants de ses hanches et de ses côtes. Elle n’a jamais été épaisse, mais plus que jamais, Quinn a maigri.

Evitant son reflet dans le miroir, elle attrape sa tasse et en avale une gorgée, pianotant nerveusement sur la commode. Mentalement, elle repasse la liste des affaires qu’elle a transportées depuis la maison de Friedrich à celle de Maeve. Ses vêtements, ses livres, ses effets de toilette… Beaucoup de ses possessions ont disparus dans le séisme qui a détruit sa maison, et le peu qu’il lui reste tient dans quelques cartons. De toute évidence, il ne reste rien de son passage chez Friedrich, à part quelques papiers couverts de son écriture erratique. Lentement, elle avale une nouvelle gorgée de café. Elle a beau réfléchir, le livre qu’elle cherche semble avoir disparu. Elle ne se souvient pas l’avoir prêté à Maeve, encore moins à Arizona. Et elle est pratiquement certaine d’avoir vidé les deux tables de chevet de sa chambre. Pas le jour même de son départ, mais quelques jours après. Profitant de l’absence de Friedrich, Maeve et Quinn sont entrées et ont rassemblé ses affaires, de sorte qu’à son retour, le généticien a trouvé la maison vidée de sa présence. Avec le recul, elle se trouve cruelle d’avoir agit ainsi. Mais elle n’aurait pas supporté de le croiser, de le savoir dans la maison alors qu’elle empaquetait ses affaires.

Finalement, le souvenir la frappe. Elle se revoit donner le livre à Friedrich, un sourire aux lèvres, en lui indiquant les pages intéressantes pour lui. Bien évidemment, elle n’a jamais récupéré le manuel et a oublié l’avoir prêté à l’autrichien. Jurant à demi-mots, elle termine son café et descend à la cuisine pour y poser sa tasse, avant de partir en courant. Si elle fait vite, elle pourra passer à la maison et être quand même à l’heure au laboratoire. Il ne lui faut que quelques minutes pour rejoindre la maison et, par habitude, y entrer sans s’annoncer. Vraisemblablement, Friedrich est déjà parti travailler et elle ne risque pas de le croiser. Ou pas. A peine passe-t-elle devant la porte ouverte de la cuisine que la longue silhouette du généticien attire son regard. Aussi surprise que lui, Quinn se fige et le fixe un instant, avant de détourner le regard. Gênée, elle tire sur ses manches et reste silencieuse quelques secondes. Elle s’éclaircit finalement la gorge, cherchant un peu ses mots. « Désolée, je -… Je ne pensais pas que tu serais là, marmonne-t-elle piteusement. Je venais chercher le manuel que je t’ai prêté… »



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Friedrich W. Eden
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Sujet: Re: I come with knives   Dim 30 Aoû 2020 - 11:11
Il rentrait chez lui, après une nuit à travailler sur une idée, une hypothèse, une piste. Celle-ci n’avait menée à rien mais lui avait permis de tenir éveillé tout la nuit. Quand il devait passer la nuit dans cette maison, de toute manière, il n’y arrivait pas. La nuit, cette maison lui semblait trop bruyante, trop pleine de souvenirs passés. S’il permettait à ses collègues de rentrer plus tôt le soir, c’était parce qu’il savait qu’il serait là, toute la nuit, pour continuer les recherches, passer derrière les travaux de chacun pour profiter d’un autre point de vue, d’un autre recul pour avancer et peut-être trouver la solution. Le matin, en rentrant chez lui, il finissait suffisamment épuisé pour s’endormir quelques heures, avant de se réveiller après cinq ou six heures de sommeil pour participer aux tâches quotidiennes du Fort. Parce qu’il n’y avait pas que le complexe qui comptait en cette période troublée. Il était huit heures du matin et attendait que son café refroidisse, avant d’aller dormir. La maison était silencieuse, comme toujours. Et terriblement vide. Mais lui, aujourd’hui acceptait mieux la situation.

Quand elle est partie, elle a emmené tout ce qui restait de vie de cette maison. Un jour, elle était là et un autre, toutes traces d’elle avaient disparu. C’était ce qu’il avait cherché, après tout. Qu’elle s’en aille, qu’elle trouve un endroit pour revivre. Mais quand il était rentré du complexe ce jour-là, son absence l’avait abattu comme un coup de massue. Soudain, elle n’était plus. Et lui non plus. Il ne restait plus que lui, partagé entre sa propre peine à porter et le lourd sentiment de solitude qu’elle lui laissait. Il avait pu laisser libre court à cette colère qu’il portait en lui, à son chagrin, à son deuil, tout simplement. Chose qu’il n’avait pas osé faire en sa présence. Parce qu’elle avait souffert de la mort de Vaughn, mais lui aussi. Il avait dû faire face à des sentiments qu’il n’avait jamais pensé éprouver un jour. En ces quelques semaines sans Quinn, l’autrichien avait pu les reconnaitre et accepter que cela s’était terminé le jour où il l’avait embrassé. Il avait fallu faire le deuil de ça aussi.

Il essayait de trouver un peu de réconfort dans ce silence. Il s’illusionnait lui-même depuis des semaines. Mais à force, on y arrivait. Il n’avait pas proposé la chambre de Quinn aux nouveaux arrivants du Fort, il n’aurait toléré personne d’autre qu’elle alors, cette maison restait vide. Comme avant son arrivée, sauf que cette solitude ne lui pesait pas autant avant. Avec le temps, cela passerait n’est-ce pas ? Il était loin de se poser encore la question quand la porte d’entrée s’ouvrit à la volée. Assis sur sa chaise, il se tourne vers la porte de la cuisine, sur ses gardes, pour découvrir nulle autre que la silhouette de Quinn Saint-Germain. La surprise les fige tous les deux alors qu’ils s’observent sans encore, aucune animosité. Elle s’explique sur sa présence, il ne répond pas. Ou après deux secondes de trop. « Oui… Il est dans la bibliothèque dans le salon. » Répondit-il d’une voix atone. Et elle disparait, encore. Il hésite, puis se lève finalement, avançant à pas de loup jusqu’au living. Sa présence est presque absurde après la façon dont il l’a incité à partir, et la façon dont elle s’était volatilisée en emportant toutes ses affaires un jour qu’il n’était pas là. Il s’appuie dans l’encadrement de la porte, les bras croisés avant d’oser, d’un ton prudent : « Comment tu vas ? » Il n’est pas sûr de pouvoir le lui demander, et à sa réaction il sent immédiatement qu’il a fait une erreur. Trop tard.



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Quinn St-Germain
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Sujet: Re: I come with knives   Mer 23 Sep 2020 - 10:02
Sa présence la surprend. Sans doute a-t-elle imaginé qu’il serait déjà parti au laboratoire, ou même qu’il y aurait passé la nuit. Ce n’est pas vraiment inhabituel pour eux. Déjà en temps normal, il leur arrive régulièrement de rester bien après le départ des équipes. Mais depuis la mort de Vaughn, le laboratoire est devenu un refuge, pour lui comme pour elle. Un endroit neutre où les souvenirs ne les assaillent pas avec autant de violence qu’à la maison. Un lieu où rester tard ne soulève pas de questions gênantes, ni de regards chargés de pitié. Ils restent inévitables, mais Quinn parvient mieux à les ignorer au travail. Dans cet environnement familier, qu’elle connaît par cœur, elle arrive à s’isoler, à créer une bulle protectrice. Un cocon où les regards et les murmures ne l’atteignent pas.

Se mordant les lèvres, elle hoche la tête et détourne le regard en entendant l’indication de Friedrich. Bien sûr. La bibliothèque ploie littéralement sous les livres, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle en ait oublié un ou deux. Les ouvrages sont empilés dans tous les sens, les post-it dépassant de leurs pages comme autant de fanions colorés. Dans ce capharnaüm visuel, il est facile de passer à côté de ce que l’on cherche. Sans répondre au généticien, Quinn tourne les talons et rejoint la bibliothèque. Comme prévu, celle-ci est trop encombrée pour qu’elle repère immédiatement le livre qu’elle est venue chercher. Ses yeux parcourent les étagères mécaniquement, scannant sans s’arrêter les tranches à la recherche du bon titre. Pas assez vite, pourtant, puisque les pas de Friedrich résonnent déjà dans le salon. Quinn se crispe, penchée vers les rayonnages, ignorant ostensiblement la présence de l’autrichien. Sa question ne fait que la mettre un peu plus sur les nerfs. « Tu n’as pas le droit de me demander ça, lâche-t-elle entre ses dents. Pas après m’avoir foutue dehors. » Il est encore trop tôt pour qu’elle réalise à quel point elle avait besoin d’être secouée. Pour qu’elle comprenne que Friedrich n’avait que son bien-être à cœur, au détriment du sien. Pour l’instant, elle ne voit que la douleur, aveuglante et oppressante.

Son ton est encore mesuré. Agacé, plein de rancœur, mais elle ne crie pas. La confrontation ne l’intéresse pas. Elle veut simplement retrouver son livre, et s’enfuir loin d’ici. Loin de cette maison où les souvenirs suintent des murs, où le moindre écho porte la voix de Vaughn. Partir, et s’enfermer dans son laboratoire. Profiter du calme des lieux et de la distraction plus que bienvenue que lui procure le travail. Elle y sera entourée de collègues, certes, mais y sera plus seule que jamais. Et c’est tout ce à quoi elle aspire. La solitude, pour échapper aux sollicitudes en apparence bienveillantes des vautours.



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Friedrich W. Eden
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Sujet: Re: I come with knives   Lun 26 Oct 2020 - 14:20
Il aurait dû s’y attendre. Elle n’était pas venue à cette heure en pensant encore le trouver entre ces murs. Pas de chance pour elle, il avait travaillé de nuit et rentrait à peine se reposer. Ce qui signifiait également qu’il n’était pas vraiment d’humeur à la patience et à la compréhension. Il était fatigué de sa nuit, fatigué du travail qu’ils effectuaient ensemble, et fatigué de ce mur de glace qu’elle avait construit seule entre eux. Il n’avait pas la patience pour ça. Pas ce jour, non. Les bras croisés sur son torse, il la toise quelques secondes. Le manque de sommeil n’allait à personne. « Au moins, ça a eu son effet. » Souffle-t-il, avec amertume. Elle le haïssait toujours autant, visiblement. Mais elle avait déjà plus de couleur et ses formes semblaient s’être quelque peu remplumées. Son regard sur elle se fait inquisiteur, il n’est vraiment pas d’humeur, alors même que son intention première était bonne.

Son regard remonte jusqu’à ses prunelles, de glace. « Tu n’as toujours pas compris, n’est-ce pas ? » Il était sûr que non. Bien sûr. Quinn restait prostrée sur sa propre douleur, elle n’avait pas pu voir à l’époque et ne voyait toujours pas qu’elle n’était pas la seule à souffrir de la perte de Vaughn. Elle ne voyait pas non plus jusqu’à quel point il s’était préoccupé d’elle, pour qu’elle aille mieux. Jusqu’à incarner ce diable dont elle avait besoin pour extérioriser son chagrin et son impuissance. Il n’avait rien dit, non plus. Pas à elle. Parce qu’encore une fois, il n’avait pas voulu l’accabler d’un chagrin qui ne la regardait pas, dont elle n’aurait pas pu porter le poids. Néanmoins, il était déçu et blessé. Des mois s’étaient passés depuis, et elle ne voyait toujours pas. Elle n’était toujours pas capable d’entendre et de comprendre ce qu’il crevait de lui dire, de partager avec elle. Ne serait-ce finalement, pas plus facile ? Le généticien aurait aimé pouvoir s’alléger de cette peine, prendre un peu de la sienne peut-être. Mais partager. Partager les souvenirs, les mots doux, les beaux moments. Peut-être un jour lui dire… à quel point Vaughn avait compté pour lui aussi.

Mais le temps n’avait rien changé. Il savait qu’il devait être patient, mais ça n’avait jamais été son fort. Et qu’elle lui injecte ainsi son venin, encore aujourd’hui. C’en était assez. Mais soit. Alors le jeu continuerait, jusqu’à ce qu’il s’épuise et n’essaye plus jamais. Il n’avait pas franchement envie d’être agréable, pour le peu d’efforts qu’elle faisait envers lui. Comprendrait-elle seulement un jour ? Passerait-elle un jour, au-dessus ? La colère de Quinn semblait inépuisable. Mais il ne resterait pas son bouc émissaire éternellement. Et si elle ne voulait pas comprendre, il lui dirait : « Cette maison t’aurait achevée. » La vérité fuse et frappe. Il la regarde, glacial. Avant de tourner les talons pour la planter là, et retourner dans la cuisine. Elle avait son livre et ne voulait visiblement pas le voir alors, il disparaissait. Avant que sa propre colère ne vienne s’en mêler.



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Quinn St-Germain
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Sujet: Re: I come with knives   Ven 30 Oct 2020 - 16:11
Son manuel dans les mains, Quinn fixe Friedrich avec stupéfaction. Ce n’est pas la première fois qu’il lui crie dessus, loin de là. Ces derniers mois, ils n’ont fait que cela. Deux volontés aussi implacables l’une que l’autre, qui s’affrontent sans cesse. Aucun d’eux ne veut céder le pas, être celui qui avoue sa faiblesse. Quinn probablement plus encore que Friedrich. Ce deuil, cette dépression, tout cela lui a donné le sentiment de se perdre. De perdre ses capacités, alors que c’était la dernière chose à laquelle elle pouvait se raccrocher. Du moins, à ses yeux. Toute entière tournée vers son mal-être, elle n’a pas réalisé que de nombreuses personnes étaient prêtes à lui tendre la main. A commencer par Friedrich. Pour autant, étouffée par sa fierté, Quinn s’est détournée de tous ceux qui auraient pu l’aider. Elle en a même oublié de regarder au-delà de l’épaisse muraille qu’elle a bâtie autour d’elle. A tel point qu’elle est restée aveugle à la douleur des autres. A tel point que l’amertume dans la voix de l’autrichien la prend de court.

Sa première impulsion est de retenir son souffle, indignée par le ton du généticien. De quel droit se permet-il de la traiter ainsi ? Comme une enfant incapable de prendre ses décisions seule, de choisir sans aide la meilleure solution pour son bien-être ? Ca ne lui avait pas suffit, de la chasser de chez eux ? De la couper de tout ce qui la reliait encore à Vaughn. De lui interdire d’accéder à son fantôme, encore ancré dans les meurs de leur chambre. D’entendre l’écho de son rire dans le salon, dans la cuisine. Ces souvenirs étaient douloureux. Le sont encore. Elle se tient ici, debout au milieu des débris éparses d’une vie fracturée, et elle ressent toujours la douleur de l’absence. Elle ouvre la bouche, prête à lui répondre, lorsque Friedrich la questionne. Coupée dans son élan, elle reste interdite. Sourcils froncés, elle attend une explication. Un mot suffira, mais elle aimerait savoir. Elle aimerait comprendre, puisque c’est ce qu’il lui reproche. Une nouvelle fois, elle garde le silence. Plutôt que de monter au créneau, elle patiente, bouillant intérieurement.

Et la réponse de Friedrich fait retomber son indignation aussi vite qu’elle est montée. Sans attendre sa réponse, l’autrichien fait volte-face et quitte le salon. Surprise par sa réaction, Quinn reste seule, son manuel serré contre elle comme un bouclier. La froideur de Friedrich lui coupe le souffle et elle se laisse tomber sur le canapé. Elle ne se fait pas d’illusions. Elle sait que son deuil a très largement dépassé les seules limites de la sphère privée. Elle sait qu’elle n’a pas été la seule affectée par la mort de Vaughn. Ce qu’elle ignore, en revanche, c’est à quel point d’autres qu’elle ont souffert. A quel point Friedrich a souffert. Aveuglée, elle n’a rien vu de tout cela. Ou peut-être a-t-elle préféré l’ignorer, par commodité. Parce qu’il est plus facile de se concentrer sur sa propre douleur, sans se charger de celle des autres. Parce qu’il est plus facile de prétendre qu’on est la seule à souffrir. Mais lorsque les illusions s’effondrent et que la réalité refait surface… Se sentant pâlir, Quinn se prend la tête entre les mains, penchée en avant. Elle est encore très loin de prendre la pleine mesure de l’enfer qu’elle a fait vivre à Friedrich. Et il lui faudra encore probablement de longs mois pour arriver à le comprendre.

L’épidémiologiste se lève, ses mains crispées sur le manuel. Hésitante, elle reste quelques secondes debout. Elle pourrait partir, prendre la fuite sans un mot. Etre lâche, une fois encore. Ou elle pourrait rejoindre Friedrich, lui présenter de maigres excuses. Ce ne sera probablement pas suffisant. Pas pour rattraper les mois de froid qu’elle a entretenu entre eux, pour éviter de voir la souffrance du généticien. Mais peut-être peut-elle poser le premier jalon d’un renouveau… Elle tourne les talons, prenant lentement la direction de la cuisine. Quinn n’est pas à l’aise, son courage abandonné sur le canapé. En entrant dans la cuisine, elle reste dans l’encadrement de la porte, à la fois dedans et dehors. Prête à partir si Friedrich n’est pas prêt à l’écouter. Ce qu’elle comprendrait. Pendant des mois, c’est elle, qui n’était pas prête à le faire. Elle ne l’est pas encore, d’ailleurs. Pas prête à entendre ses erreurs, à les accepter. Elles sont pourtant bien réelles et ont fait beaucoup plus de mal qu’elle ne l’imagine. Alors ce ne serait que justice que Friedrich l’envoie sur les roses. Elle tente sa chance d’une voix mal assurée, à peine tremblante. « Tu as eu raison... » Pas d’excuses, pas de pardon. Cela lui parait déplacé, hors de propos. Trop tôt, peut-être. « La maison est remplie de souvenirs, je le vois et je l’entends dans chaque pièce... Même maintenant, je le vois assis sur cette chaise. » Elle effleure le dossier, fermant douloureusement les yeux. Il n’y a pas de fantôme, mais les souvenirs qui la hantent sont suffisants. « C’était plus facile de te blâmer, de reporter ma colère sur toi, plutôt que sur lui... » Sa gorge se noue, sa voix s’étrangle. C’est ridicule, d’en vouloir à un mort… Vaughn n’est pas responsable de son sort. Victime innocente de leur mégalomanie, il a fait les frais de leur envie d’être Dieu. De déjouer les plans de la faucheuse, d’une maladie implacable dont ils ne connaissent pas encore complètement les mécanismes. Quinn détourne le regard, lèvres mordues. La culpabilité est présente à chaque instant, et ne s’en ira probablement jamais totalement. « On a fait des erreurs, et c’est lui qui en a payé le prix. » Sa voix n’est qu’un murmure et elle se parle plus à elle-même qu’à Friedrich. Après un moment de silence, elle pose à nouveau les yeux sur l’autrichien. Un regard qui manque encore de fermeté et d’assurance. Mais au moins, elle le regarde. « Désolée de t’avoir dérangé. Je vais y aller. Merci pour le livre. » Elle esquisse un sourire aux allures de grimace et tourne les talons, en direction de la sortie.



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Friedrich W. Eden
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Sujet: Re: I come with knives   Lun 9 Nov 2020 - 14:47
Il n’y a pas que la colère qui le ronge à cet instant. Elle le faisait parler, elle animait ses gestes et son regard dur. Mais ce n’était pas la seule émotion qui l’animait en cet instant. Il y avait la douleur, le chagrin… et la solitude surtout. Cette maison était si vide depuis que Quinn en était partie, elle aussi. Il se sentait parfois englouti par leur absence. C’était terrifiant. Mais c’était aussi de cette façon qu’il avait décidé d’affronter les choses. Il aurait pu faire son deuil ailleurs, et laisser Quinn seule dans cette maison. Mais il avait vu le mal que ces lieux lui faisaient, comme son absence était en train de l’engloutir, elle aussi. Elle sombrait bien plus que lui et, il avait décidé de la faire passer avant lui. Parce qu’il jugeait qu’elle le méritait plus que lui, peut-être. Parce qu’il ne se sentait pas le droit de la laisser sombrer plus que ça. Ne serait-ce qu’à cause des troubles qu’il avait pu lui causer, et pour Vaughn aussi. Il n’aurait jamais accepté que son ami la laisse dépérir de la sorte.

Partir du salon, c’était la meilleure chose qu’il avait trouvé pour ne pas s’énerver davantage et laisser cette douleur et cette solitude déborder. Compartimenter, c’était la seule défense qu’il connaissait. En présence de Quinn, celles-ci se fendillaient, c’était plus difficile de contenir ce qu’elles renfermaient. Il trouva dans la cuisine et sa tasse de café à moitié vide une échappatoire à sa présence. Il espérait simplement qu’elle s’en aille, que cette conversation ne prenne pas un tour plus compliqué encore.

Quand elle franchit le seuil, cependant, c’est à peine s’il l’entend. Il reste dos à elle, appuyé sur le plan de travail. Il s’attendait à ce qu’elle crie, encore, qu’elle s’emporte contre lui, il était prêt à encaisser. Comme toujours. Mais son ton était beaucoup plus doux, plus prudent. Il ne dit rien, il ne bouge même pas pour ainsi dire. Il écoute, le regard baissé sur sa main accrochée sur le plan de travail. Il la sent s’avancer dans la pièce, mais il reste immobile. Jusqu’à ce qu’elle ne recule, s’effaçant pour le laisser en paix.

« Je sais.. » Se décide-t-il, au bout de quelques secondes. Sa voix sonne rauque, comme s’il s’était empêché de parler jusqu’ici. Il tourne la tête, lui offre son profil. Cela semble lui prendre du temps, mais il finit par se retourner complètement pour la regarder, avec une certaine douleur. « Je sais que c’était plus facile de me blâmer je… Je sais » C’était d’ailleurs pour ça qu’il avait si bien endossé ce rôle, l’assumant plus que nécessaire en voyant que cette façon de faire réveillait quelque chose en elle, qui lui permettait d’avancer. Il savait ce qu’elle ressentait, il savait comme elle avait eu besoin de lui, pour exulter cette colère et ce sentiment d’injustice causé par la mort Vaughn. Leurs erreurs les avaient mené à perdre la personne qu’ils aimaient, tous les deux. Elle ne le savait toujours pas, évidemment. Mais elle n’était pas seule.

« Tu n’es pas seule, tu sais… Moi aussi, il me manque. » Dit-il, finalement. Il la laisse un peu apercevoir cette douleur qui est la sienne, celle qu’il opprime en continue. A cause d’elle. Pour elle. Il savait ce qu’elle ressentait. Plus qu’elle ne pourrait jamais le supposer.  



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Sujet: Re: I come with knives   Mer 11 Nov 2020 - 12:31

Après sa diatribe, Quinn patiente une seconde, avant de faire volte-face. Loin d’elle l’idée de jouer les martyrs, les victimes offensées. De jouer le rôle de la repentante repoussée, aux excuses rejetées. Elle ne s’est jamais aimée en suppliante et n’a pas l’intention de commencer ce matin. Friedrich a entendu ses remords, ce qu’il veut en faire ne regarde que lui. La brune ne compte pas lui courir après jusqu’à ce qu’il lui pardonne ses erreurs. Elle veut lui laisser du temps, de l’espace ; lui rendre la gentillesse dont il a fait preuve à son égard. Faire un pas dans sa direction, tout en reculant de deux. Mais alors qu’elle disparaît dans le couloir, la voix de Friedrich résonne dans la cuisine. Lentement, Quinn rebrousse chemin et se poste à nouveau dans l’embrasure de la porte. Elle reste droite, figée, ne prend appui nulle part. Là, mais prête à partir s’il le faut. Si Friedrich le lui demande, d’une façon ou d’une autre. Silencieuse, respectueuse, elle l’écoute, comme il l’a écoutée.

Son profil effilé se découpe nettement sur le carrelage blanc de la cuisine. Il ne la regarde pas encore, ses yeux clairs fixant ostensiblement les pieds de l’épidémiologiste. Finalement, il se retourne et lui fait face, appuyé contre le plan de travail. La douleur qu’elle lit dans son regard est comme une claque, mais elle ne flanche pas. Elle l’affronte, comme lui-même a affronté sa colère et sa souffrance. Elle le lui doit. Cela ne suffira jamais à racheter ses erreurs, mais c’est un début. Serrant le manuel contre elle de ses bras croisés, elle se mord un instant les lèvres. L’aveu de Friedrich est un véritable couteau dans le cœur, mais elle encaisse sans rien dire. Il a raison, bien entendu. Elle ne voulait simplement pas le voir. Pas l’admettre. « Je sais, je suis désolée... » Les mots franchissent ses lèvres sur la pointe des pieds, prudemment. Pas parce qu’elle a peur de le mettre en colère. Mais parce qu’elle a peur de lui faire du mal. Plus qu’elle ne lui en a déjà fait.

Nez baissé, elle fixe ses pieds. Hésite quelques instants, avant d’ouvrir à nouveau la bouche, et de prononcer des paroles qu’elle pourrait regretter. « Je suis désolée que toi tu l’aie été, seul... » Sa voix est douce, mesurée. Elle n’est plus là pour la guerre, mais pour la rédemption. Pas encore pour le pardon, mais pour un chemin de croix laborieux. « Je ne sais pas si tu as été bon dissimulateur, ou si moi, j’ai été trop aveugle, mais… Je suis désolée de ne pas avoir vu que tu souffrais aussi. Que tu souffres encore. » Elle ajoute ces mots comme une évidence, parce que c’est vrai. Epaules baissées, lasses, regard chargé de douleur… tout le corps de Friedrich hurle le poids qui pèse sur lui, qui le tire vers le bas. C’est un cri silencieux et assourdissant à la fois, qui emplie toute la pièce. Une douleur qui prend de la place, au même titre que la sienne. Deux souffrances affrontées, qui se disputent le devant de la scène. Pourtant, elles peuvent cohabiter, se soutenir, s’aider. Mais au cours des derniers mois, Quinn a préféré ignorer cette possibilité, se replier sur elle-même pour nourrir son chagrin et entretenir son deuil. Malgré le mal que cela a causé, elle ne se considère pas fautive. Parce qu’il est impensable de blâmer quelqu’un pour la façon dont il gère la perte. Parce que nul n’est égal devant la mort.



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