The Walking Dead RPG

The Walking Dead RPG

Une boîte de chocolat et un mot d'excuse
Aller à la page : Précédent  1, 2
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Ellie Ardley
Ellie Ardley
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Reign of Venus
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 128
Sujet: Re: Une boîte de chocolat et un mot d'excuse   Mar 1 Déc 2020 - 17:14
Plus ils parlaient, plus Joachim s’emmêlait les pinceaux. Et plus Ellie s’amusait. Pas méchamment, bien sûr. Elle était juste curieuse de voir où cette étrange conversation allait les mener. Quels malentendus allaient encore naître entre eux. Ces histoires de robe, qu’elle portait – ou peut-être pas – la faisaient sourire. Ne voulant pas embarrasser le jeune homme, elle se mord les lèvres pour retenir un rire, lui faisant signe de la suivre jusqu’à sa chambre. Leur discussion se poursuivait, parfois freinée par des petits moments de gêne. Mais elle reprenait à chaque fois, naturellement. Comme s’ils se connaissaient depuis longtemps, comme si se parler était normal. Distraitement, elle tendit une main pour piocher un bonbon dans le sachet qu’il lui offrait, et le glissait entre ses dents. Même ce simple geste, Ellie n’avait pas pu s’empêcher d’y insuffler une petite dose de séduction. C’était devenu une seconde nature chez elle, à force de le faire tous les jours. « Merci. » Le goût du bonbon s’était un peu estompé, mais ce genre de sucreries lui avaient manqué. Fronçant le nez, elle esquisse une grimace dégoûtée. « Ew… j’ai bien fait de pas regarder… » Sincèrement, elle les aurait probablement écartés sans y jeter un œil. Mais réagir ainsi semble être la bonne réponse.

Du coin de l’œil, elle observe Joachim alors qu’il s’allonge à ses côtés, les mains croisées sous la tête. D’un coup, il a l’air plus mature, alors qu’il rassemble les bribes d’existence qu’il veut bien lui raconter. Dans ses yeux, elle devine facilement une pointe de nostalgie. Quoi qu’il se soit passé durant son périple avec son père, le jeune homme avait l’air de regretter cette période. Compatissante, elle hoche doucement la tête. « Je vois… mais y a p’t’être une bonne raison à ça, tu sais… » Il n’avait pas réellement besoin d’entendre de la bouche d’une étrangère que leur fuite n’était qu’un caprice de gamins. Qu’à un moment de sa vie, elle aurait probablement tout donné pour un endroit où on s’inquiétait de sa sécurité. En un sens, elle l’avait trouvé au motel. Auprès de ces filles que la galère avait réunies et unies. Mais l’histoire d’Ellie n’était pas celle de Joachim et elle ne s’aventurerait pas à le juger. Elle se contenta de répondre à sa question, s’arrangeant pour ne révéler qu’une infime portion de son passé. Elle n’en faisait pas un mystère, mais n’avait tout simplement pas envie de s’étaler dessus. Mais forcément, cela amenait d’autres questions. Lentement, elle secoua la tête. La brune n’était pas totalement sûre de sa réponse. Pouvait-on considérer son accident comme tel ? « Non… mais un jour, j’ai mis un homme très en colère, et… disons qu’il m’a punie. » Cette fois, elle ne voulait pas effrayer le jeune homme. Même à ses yeux, la cicatrice de sa joue était impressionnante et pourtant, elle l’avait vue évoluée au fil des mois. Elle s’y était habituée. Joachim, lui, n’en savait rien.

Secouant la tête, rassembla ses cheveux d’un geste nerveux. « Non, c’est pas débile… Si vous avez senti que vous n’étiez plus à votre place là-bas, alors vous avez fait ce que vous deviez faire. Maintenant, savoir si c’est une bonne décision… » Elle n’en était pas certaine mais encore une fois, elle ne jugerait pas les garçons. Pas trop. Baissant le nez pour jouer avec le drap, elle fut surprise en l’entendant lui proposer de l’accompagner. « Quoi ? » Il lui fallut une seconde pour enregistrer l’information, avant d’éclater de rire et de tendre une main pour ébouriffer les cheveux blonds de Joachim. « C’est gentil, mais non. Les cages dorées, très peu pour moi. Au moins ici, je sors comme je veux. » Elle lui adressa un petit clin d’œil amusé. Peut-être que lui, il voudrait s’installer durablement dans le coin ? Pas au motel, bien sûr, Oxana ne le permettrait pas. Mais si ces deux oisillons avaient si soif de liberté, pourquoi ne pas s’établir ici ?


CROWN OF SCARS

bury underneath your feet the remains of what's been left behind --
Revenir en haut Aller en bas  
Joachim Greene
Joachim Greene
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Survivor
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 1188
Sujet: Re: Une boîte de chocolat et un mot d'excuse   Dim 13 Déc 2020 - 18:34
Je laissai échapper un bref rire quand Ellie fit mine d’être dégoutée à l’idée de tomber sur les sous-vêtements de Ruben. Je me calmai quand même un peu, en songeant qu’elle avait sans doute vu bien pire ici. Au moins, on profitait tous deux d’un moment de détente, comme une parenthèse agréable dans un monde qui courait à sa perte. Parfois, j’oubliais même qu’on était tous les deux allongés dans son lit… Enfin jusqu’à ce que sa sensualité, qui faisait partie intégrante de tout son être, me le rappelle aussitôt. Mon cœur s’emballait parfois bêtement, juste à contempler ses gestes félins et calculés. Elle entretenait si bien son mystère, comme mille promesses susurrées. J’avais parfois du mal à détourner mon regard. Il resta rivé un peu trop longuement à ses lèvres quand elle s’empara d’une sucrerie, pour la glisser entre avec une lenteur délibérée.

Je calai ma main blessée sous ma tête, de manière à peu près confortable, tentant de reprendre tant bien que mal le fil de notre discussion. J’appréciais qu’Ellie ne cherche pas à dresser un comparatif entre nos expériences mutuelles. Elle ne me jugeait d’aucune sorte, ce qui me mettait évidemment plus en confiance. Je fronçai les sourcils, un brin perplexe, quand elle me confia qu’un homme s’était énervé contre elle et lui avait fait du mal. « J’ai l’impression qu’il n’y a pas que le monde qui est devenu fou. Il y a une quinzaine de jours, j’ai simplement bousculé un type et… Il m’a brisé les deux doigts de la main. » Les ecchymoses s’étaient presque complètement estompées depuis. Et Kaycee n’avait pas menti, ma côte ne me lançait plus vraiment après une dizaine de jours. « Je m’en suis bien sorti, mais c’est simplement parce que je n’étais pas seul. » Je me penchai un peu sur le côté pour la fixer plus longuement. « Je ne sais pas ce que cet homme te reprochait… Mais tu n’avais sans doute rien fait de mal non plus, hein ? » Je ne l’imaginais pas s’en prendre à quelqu’un, encore moins gratuitement. Je soufflai doucement : « Ici, on te traite bien ? » Elle n’était plus seule, mais… Ca n’était pas une vie acceptable non plus. Elle n’avait sans doute pas eu le choix pour assurer sa sécurité. Je trouvais ça tellement triste.

Je lui rendis un pâle sourire. « On ne prend pas toujours les bonnes décisions. » Que ce soit elle ou moi. « Je n’ai pas réfléchi beaucoup, en vérité. » Je baissai un peu le regard, perdu dans mes pensées. « Je ne voulais pas laisser Ruben partir seul, c’est tout. » Je soufflai un peu, avec ironie : « Même si j’ai plus souvent besoin de lui que l’inverse… » Après tout, c’était lui qui m’avait tiré du pétrin avec Kaya. Je serais sans doute mort à l’heure actuelle sinon. Je craignais qu’il avait quelque chose d’équivalent à Ellie si elle restait là. Je lui proposais de nous suivre à notre retour au camp, un peu sur un coup de tête. Je lui rendis un regard dubitatif alors qu’elle éclatait de rire avant de m’ébouriffer les cheveux. Et quoi ? Elle trouvait ça… Mignon, peut-être ? « Je suis sérieux ! Mais… D’accord. » Je pouvais comprendre qu’elle n’affectionnait pas les cages dorées. Par contre, qu’est-ce qu’elles avaient tous à m’ébouriffer les cheveux ? « Bah… On a trouvé comment sortir une fois, on retrouvera bien comment faire encore. » De toute façon, je serais certainement puni pour les trois prochaines années, je ne tiendrais pas aussi longtemps ! « Puis je pourrais revenir te voir non ? » C’était une bonne motivation.

Je tendis une main hésitante dans sa direction, avant de lui désigner son masque de celle-ci. « Tu ne le retires jamais ? » Est-ce que c’était juste pour entretenir le mystère ou il y avait une autre raison derrière ça ? « Ca ne te dérange pas de le retirer avec moi ? » Je lui adressai un sourire serein, comme pour lui signifier que peu importe sa réponse, je n’en prendrais pas ombrage. Le moindre mouvement de recul et je retirerais ma main sans terminer mon geste.


« On peut seulement attendre du cheval le même degré de sensibilité qu'on lui montre,
le même degré de concentration qu'on lui offre.
Le travail avec le cheval commence par là, par nous-même. »
Revenir en haut Aller en bas  
Ellie Ardley
Ellie Ardley
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Reign of Venus
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 128
Sujet: Re: Une boîte de chocolat et un mot d'excuse   Jeu 31 Déc 2020 - 6:13
Croisant les bras, Ellie posa son menton, la tête tournée de manière à pouvoir fixer le jeune homme. Son air juvénile contraste de manière frappante avec la dureté de son récit. Par réflexe, la brune jette un coup d’œil aux mains de Joachim, cherchant la preuve de ses dires. Et aussitôt, elle s’en veut. Il n’a aucune raison de lui mentir : ni attirer sa pitié, ni même sa compassion. Il lui raconte seulement une aventure malheureuse, symptôme d’un monde sans dessus-dessous, où le plus fort mène les autres à la baguette. Comme lui, comme elle, des centaines, des milliers d’autres, en ont fait l’expérience. Tous n’ont pas eu leur chance. Tous ne s’en sont pas sortis. Et à ceux-là, à ces inconnus, ces anonymes, Ellie n’accorde même pas une pensée. Trop faibles, trop stupides, trop seuls, ils n’ont fait que se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, face aux mauvaises personnes. Incapables de se tirer de cette rencontre malheureuse, que ce soit par les armes ou par l’esprit. Qui sait, peut-être un jour ne bénéficiera-t-elle plus de cette chance insolente qui la caractérise, cette faculté improbable à se sortir, par une pirouette, des mauvais pas où sa route la jette.

Sourcils froncés, la petite brune secoue la tête pour toute réponse à la question de Joachim. « Franchement, je ne suis pas toute blanche dans cette histoire. On avait un business, pas très glorieux, faut bien l’admettre… » Voire vraiment mauvais. Moitié Robins des Bois individualistes, moitié escrocs, Horacio et elle s’arrangeaient pour détrousser les plus chanceux à leur seul profit. Finalement, rien de très différent de ses activités d’avant. Voleuse, enjôleuse, Catwoman sortie de ses pages de comics, Ellie n’avait qu’un seul intérêt ; le sien. « Mais nos opinions ont finies par diverger, et ce n’était pas le genre d’homme à qui on disait non. » L’histoire est ainsi résumée, et sa participation criminelle, esquivée. Elle lit dans le regard de Joachim une sorte d’admiration qu’elle ne veut pas voir s’éteindre. Alors, égoïstement, elle entretient le mythe qu’il a déjà commencé à construire dans sa tête.

A nouveau, elle hausse les épaules. Enigmatique Ellie, qui sait si bien alimenter le mystère. « La patronne s’assure que les clients soient pas violents, et c’est déjà pas mal du tout. J’ai connu des filles, avant, qui n’avaient pas cette chance. » C’est la vérité pure, lâchée avec un aplomb arrogant. Au début, l’idée de se vendre ne l’enchantait pas. Mais rapidement, elle s’est faite à sa situation, acceptant le marché passé avec Oxana. Et aujourd’hui, elle ne voit pas de honte à se débrouiller comme elle le fait pour survivre. Le plus vieux métier du monde. De tous temps, sur tous les continents, les filles comme elle ont existé. Ce n’est pas maintenant qu’elles disparaîtront.

La conversation se poursuit, et ils évoquent la fuite du jeune homme et de ses amis. Il n’a pas l’air de regretter, malgré leurs mésaventures. Il y aurait pourtant de quoi, au récit effarant qu’il lui a livré. « On a tous besoin de quelqu’un, tu sais… Les solitaires font pas long feu, c’est tout. » Elle en a fait l’expérience, à plusieurs reprises. Et à chaque fois, c’est le poids du groupe qui l’a sauvée. En riant, elle refuse la proposition qu’il lui fait très sérieusement, l’écartant en passant une main dans les boucles blondes de Joachim. A nouveau, elle rit en l’entendant suggérer qu’ils trouveront à nouveau un moyen de sortir. « Si vous êtes si mal là-bas, pourquoi y retourner alors ? » Question lancée en l’air, qui n’attend pas vraiment de réponse. Pourquoi rentrer ? Pour la famille, pour les amis, pour le confort d’une communauté soudée. Voilà pourquoi. « Bien sûr que tu pourras ! » Sourire aux lèvres, elle hoche la tête, faisant avec facilité une promesse à laquelle elle ne croit pas vraiment. Quel intérêt aurait-il à revenir ici ? Elle n’était rien pour lui. Rien qu’un moment fugace, une discussion mi-philosophique et mi-légère, partagée dans la chambre d’un motel miteux, au milieu de la fin du monde. De toute évidence, il l’oublierait sitôt la porte franchie.

Pourtant, Joachim semble sincèrement curieux, intéressé. Elle n’est pas qu’une anonyme, dans ses yeux. Et lorsqu’il tend une main vers elle, elle a d’abord un léger mouvement de recul instinctif. « Désolée… » Il ne s’est pas encore écoulé une année depuis sa blessure, et celle-ci n’a rien de plaisant à voir. Joachim l’ignore, bien sûr. Il ne voit que la dentelle, que la mise en scène mystérieuse et envoûtante qu’elle a créée dans cette chambre. A ses yeux, le masque, comme elle, n’est qu’un élément de décor, qui participe à l’ambiance générale. Mais il est en vérité bien plus que cela ; une armure, un bouclier derrière lequel elle se réfugie. « Jamais avec les clients… » Une manière de lui signifier que lui ne l’est pas. Qu’avec ses airs de gentil garçon et ses questionnements intérieurs, il a dépassé ce statut. Sans le vouloir, et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, Joachim l’a touchée, d’une façon bien plus intime que les hommes qui défilent dans son lit. Sans un mot, Ellie lève une main légèrement tremblante, qui détache lentement le nœud caché dans ses cheveux. De l’autre, elle écarte la dentelle, dévoilant la cicatrice tortueuse, torturée, qui déforme ses traits. L’œil est épargné, mais la joue et la tempe sont mangées par les sillons rougeâtres, témoins de ces quelques secondes fatidiques passées dans les braises. Alors qu’elle a évité de le regarder en retirant son masque, Ellie lève maintenant les yeux sur Joachim, lui interdisant silencieusement de la plaindre.


CROWN OF SCARS

bury underneath your feet the remains of what's been left behind --
Revenir en haut Aller en bas  
Joachim Greene
Joachim Greene
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Survivor
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 1188
Sujet: Re: Une boîte de chocolat et un mot d'excuse   Sam 13 Fév 2021 - 9:58
A quoi Ellie occupait ces journées, avant d’atterrir ici ? J’avais réellement envie de lui poser la question, simplement pour en apprendre plus sur elle, mais je n’étais pas certain que la réponse me plairait vraiment, et encore moins qu’elle serait prête à en parler. Je ne voulais pas la braquer par une curiosité mal placée. Elle avait dit ne pas être toute blanche dans cette histoire. Avait-elle attiré les foudres de la mauvaise personne par ses actes ? Je restais persuadé que ce n’était pas mérité. Qu’est-ce qu’il avait bien pu lui faire, pour la faire payer ? Elle ne le disait pas.

Je n’insistais pas, poursuivant sur un autre sujet comme Ellie semblait le souhaiter. « La patronne, c’est Oxana, c’est ça ? » J’avais eu l’impression qu’une relation de confiance, mais de hiérarchie aussi, était établie entre elles deux. Elles avaient l’air capable de se mettre d’accord d’un seul regard. Et, contrairement à Ellie, Oxana s’était retirée une fois que nous étions parvenus sur place. J’eus un bref sourire en réponse. « Elle fait peur, non ? » En tout cas, elle avait l’air impressionnante. Je ne faisais que gratter la surface, mais Ellie semblait avoir quitté un homme violent pour trouver refuge au motel. Ici, elle était protégée par ses pairs. C’était tellement triste, au fond. Elle avait seulement choisi de se rendre où c’était moins pire pour elle. Mais avait-elle réellement eu d’autres choix ? Je devrais sans doute m’estimer heureux, comparé à elle. Je lui lançai avec un sourire gêné : « Tu me fais pas mal relativiser sur ma propre situation là. » Franchement, ce qu’on avait dû traverser jusque là, ce n’était pas si pire.

Ellie paraissait bien plus blasée que moi. Elle avait eu l’air de vivre déjà plusieurs vies, et d’en avoir tiré pas mal de leçons. J’hochai lentement la tête sans répondre. Je n’avais pas eu envie que Ruben parte seul, mais je ne m’étais pas surestimé non plus. Si j’avais demandé à ce qu’on parte tous les trois avec Kaya, ce n’était pas sans raison. On avait besoin les uns des autres pour survivre. Ici, ce n’était pas différent pour Ellie. Je lui avais bien proposé de venir avec nous, mais elle s’était contentée de rire avant d’effleurer mes cheveux. Un refus poli, qui me fit quand même frémir. J’haussai les épaules, dans un geste faussement désinvolte. « On a des gens qu’on aime là-bas. » C’était aussi simple que ça. Je penchai la tête vers elle avec un mince sourire. « Mais la liberté, c’est grisant aussi. » Et effrayant, parfois. Il y avait quand même du bon là-dedans, comme ma rencontre avec Ellie. Mon cœur se gonfla d’un sentiment doux quand elle accepta de me revoir. C’était que ma présence lui faisait un peu plaisir aussi, non ?

Ellie ressemblait à un petit chat. Elle appréciait l’attention, mais il fallait la laisser venir pour en espérer plus. Je ne pris pas ombrage de son mouvement de recul quand je tendis une main timide vers son visage. « Tu n’as pas besoin de t’excuser. » Je pensais qu’on allait en rester là, avant qu’elle me confie en peu de mots qu’elle ne retirait jamais avec les clients. Mais… Je n’en étais pas un, si ? Avant même que je ne réalise, elle avait retiré ce rempart entre nous, en détachant le nœud dans ses cheveux d’un mouvement souple. J’écarquillai les yeux en découvrant ce qui se cachait sous le masque.

Sous ses airs de poupée de porcelaine, Ellie avait été défigurée par les flammes. La cicatrice ne laissant pas de place au doute. On lui avait infligé volontairement. Est-ce que c’était à cause de cet homme mauvais à qui elle s’était associée ? Je n’osais pas lui demander, de peur de briser l’instant, en lui rappelant de mauvais souvenirs. J’approchai lentement ma main de son visage. « Je peux ? » Elle ne se recula pas, cette fois. J’effleurai des doigts cette cicatrice qui encadrait son œil resté intact. Son regard me paraissait plus intense encore maintenant qu’elle avait fait tomber le masque. Mon cœur tambourinait si fort au fond de ma poitrine que j’avais l’impression que n’importe qui pourrait l’entendre dans cette pièce. Je stoppai mon geste, le long de sa joue, pour lui sourire doucement. « Tu es magnifique, Ellie. » Je le pensais toujours, évidemment.


« On peut seulement attendre du cheval le même degré de sensibilité qu'on lui montre,
le même degré de concentration qu'on lui offre.
Le travail avec le cheval commence par là, par nous-même. »
Revenir en haut Aller en bas  
Ellie Ardley
Ellie Ardley
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Reign of Venus
CASIER DE SURVIVANT
Messages : 128
Sujet: Re: Une boîte de chocolat et un mot d'excuse   Sam 20 Fév 2021 - 16:14
Elle esquisse un sourire lorsque Joachim lui parle d’Oxana. Il n’a fait que la croiser, quelques semaines auparavant mais manifestement, l’Ukrainienne lui a fait une forte impression. C’était également le cas pour elle, dans les premiers temps de son arrivée au motel. Finalement, elle a appris à découvrir une inquiétude sincère chez la maquerelle. Un désir puissant de mettre à l’abri du danger des filles qui, sans elle, devraient se débrouiller seules pour survivre. Il n’y a, dans l’entreprise d’Oxana, aucune volonté d’exploiter, de tirer avantage de leur situation. Bien sûr, elles ne travaillent pas à perte. Mais tout le monde profite des ressources reçues en échange de leurs services. Personne n’est lésé, ou laissé pour compte. A leur échelle, et d’une certaine manière, elles ont su créer une safe place pour toutes celles qui le veulent.

La brune passe une main dans ses cheveux, nonchalante. « Elle fait peur, seulement si t’as quelque chose à te reprocher. Sinon, elle prend soin de nous. » Elle s’apprête à ajouter comme une mère, mais se ravise au dernier instant. Si elle a appris à voir ses clients comme des hommes de passage, des coups épisodiques, des aventures mystérieuses, elle sait que de l’extérieur, cela ressemble toujours à de la prostitution. Pourtant, Ellie n’en a pas honte. Au contraire, elle se sent forte de parvenir à survivre sans le soutien d’un homme. De ne pas avoir à compter sur lui pour se nourrir et avoir un toit au-dessus de sa tête.

La conversation se poursuit, en apparence légère. S’ils ne discutent pas non plus du sens profond de la vie, leur discussion n’est pas anodine non plus. Et c’est agréable. A l’âge de Joachim, Ellie avait dû abandonner les livres qu’elle aimait tant, pour se faire voleuse et répondre aux ordres d’un gang de petites frappes et ainsi, payer les médicaments de sa mère. Mais sa soif d’apprendre, de réfléchir, de débattre, ne s’est jamais éteinte. Néanmoins, la conversation avance peu à peu sur un terrain glissant et avant qu’elle ne s’en rende compte, Joachim la questionne sur son passé. Elle reste évasive mais le sujet de son masque apparaît finalement sur la table. Sans se dérober, Ellie accepte finalement de retirer la dentelle qui couvre une partie de son visage.

Elle voit la surprise et l’incompréhension dans les yeux de Joachim, en même temps que ses doigts approchent précautionneusement. Cette fois, elle reste immobile, le laissant effleurer la cicatrice sans un mot. La sensation est étrange. Depuis l’accident, elle n’a laissé que peu de personnes la toucher, et principalement pour la soigner. Jamais il n’a été question de geste tendre, de compassion. Le sourire de Joachim lui retourne soudain l’estomac, et ses mots achèvent de la faire trembler. Pas de peur, de dégoût ou de chagrin. De soulagement. Parce que si Joachim, qui la connaît à peine, arrive à trouver chez elle ne serait-ce qu’une miette de beauté, alors elle-même le pourra. Peut-être pas ce soir, peut-être pas demain. Mais avec le temps, elle guérira. Elle se reconstruira.

Prenant une inspiration, Ellie se hisse sur ses coudes, avant de se pencher délicatement vers Joachim. Avec prudence, elle effleure sa joue, imitant involontairement son geste. La caresse est tendre, hésitante. Elle lui laisse le choix. Lorsqu’il ne la repousse pas, elle frotte son nez contre celui de l’adolescent, avant d’effleurer ses lèvres des siennes. Et lorsqu’il l’enlace maladroitement, elle soupire doucement, se détendant entre ses bras.


CROWN OF SCARS

bury underneath your feet the remains of what's been left behind --
Revenir en haut Aller en bas  
Contenu sponsorisé
Fiche de personnage
CASIER DE SURVIVANT
Sujet: Re: Une boîte de chocolat et un mot d'excuse   
Revenir en haut Aller en bas  
- Une boîte de chocolat et un mot d'excuse -
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: RP Terminés-
Sauter vers: