The Walking Dead RPG

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- Cocoon. -
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Cocoon.   Lun 13 Nov 2017 - 13:34
Selene reçut le baiser sur sa tempe avec une moue un peu sceptique. Bien sûr qu’il voulait juste se tenir au courant. C’était juste bizarre, d’avoir l’impression que d’une façon ou d’une autre, il était devenu son psychologue en plus de son compagnon. Ce n’était pas vraiment ça, enfin… Eli s’inquiétait, c’était normal ; mais elle, aurait aimé que ce ne soit plus le cas. Il fallait qu’un jour, ils ferment ce cercle vicieux où le mexicain se faisait du mouron pour elle. C’était déjà un état de fait au lycée, quand il s’attachait à la faire sourire au moindre signe de déprime ou veillait sur ses fréquentations. La musicienne savait qu’il était plus que ça et voulait qu’il soit plus que ça. Pas parce qu’elle était amoureuse de lui avant mais parce qu’elle l’était maintenant. Ce n’était pas – ou plus – de son ami d’adolescence dont elle était éprise mais bien de l’homme qu’il était devenu.

Sa remarque, censée être une plaisanterie, lui fit lever un sourcil interloqué tout en lui jetant un regard. Comment pouvait-il rire de ça ? Il n’avait pas lu dans son dossier que c’était le genre de chose qui avait failli se produire – qu’elle assassine une personne dans son sommeil ? C’était aussi déplacé que de faire une boutade sur un suicidaire et sa tentative. La pianiste le connaissait assez pour savoir que ce n’était pas volontaire mais elle déglutit difficilement. Il dut sentir qu’il avait fait une boulette parce qu’il voulut faire changer le sujet mais, comme toujours, les ficelles étaient plus visibles qu’un éléphant dans un musée de miniatures.

- Rien de spécial, répondit-il plus froidement qu’elle ne l’aurait voulu, sa tête se pencha légèrement sur le côté avant qu’elle ne morde, les yeux fixés sur Eli, elles me suggéraient de cacher un couteau sous mon oreiller et… de te tuer dans ton sommeil, justement. C’est marrant parce que… la semaine dernière, je me suis réveillé avec une fourchette dans les mains.

Et ça, ça le faisait marrer ? Un sourire en coin insolent plissa le coin de ses lèvres. Ça avait été plus fort qu’elle. Le message devait passer, certes, mais pas si brusquement. Selene papillonna brièvement des paupières, comme si elle s’éveillait d’une transe, et son expression changea du tout au tout. Ses traits crispés se détendirent et l’éclat provocant dans ses paupières se fit navré – presque larmoyant.

- Excuse-moi…, souffla-t-elle, pardon, c’est juste…, elle ne pouvait pas lui dire que l’espace de quelques secondes, ses pensées avaient décroché, c’est pas drôle pour moi tu sais…, pour la durée d'un battement de cil, elle avait déconnecté, c’est… c’est vraiment… juste pardon.

Les mains d’Eli s’étaient éloignées des siennes. Elle les rattrapa, par peur soudaine qu’il s’en aille, sa lèvre inférieure relevée par une moue désolée. Dans un mouvement hésitant, elle se pencha vers lui et osa embrassa sa joue, puis le coin de sa bouche. Ça allait bien, il essayait d’être gentil, et voilà qu’elle risquait de tout foutre en l’air en perdant le contrôle. Dans une tentative de rattraper les choses, la musicienne s’éclaircit la gorge et ajouta à voix basse :

- Elles sont… assez confuses…, les voix, je ne saisis pas toujours ce qu’elles disent, je sais juste qu’elles parlent… tu vois ? Je… je les « ressens » en fait, fit-elle l’effort d’expliquer, elles me… m’influencent… je crois…


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MessageSujet: Re: Cocoon.   Lun 13 Nov 2017 - 23:31
La réponse de Selene est... perturbante ? C'est le moins qu'on puisse dire.

J'reste figé sur elle, les yeux lentement écarquillés par son discours. Pas foutu d'décrocher d'ses airs beaucoup trop sérieux, j'déglutis un malaise qu'a bien du mal à passer la gorge.  Okay... je flippe. Vraiment. J'ai un p'tit tic nerveux, à peine rassuré par son sourire insolent - tranchant - qui révèle la plaisanterie malvenue mais.. méritée.

J'baisse les yeux. Mon rictus tout tordu r'tombe comme du plomb. C'était pas qu'une petite boulette, hein ? C'que je me fatigue, putain. A peine rentré que j'lui fous un coup. A peine l'horizon s'éclaircit que j'le nique avec mes maladresses à deux balles. Le pire ? Elle m'aime quand même. Non, le pire, vraiment... c'est que je n'en doute pas un instant.

Elle s'excuse. C'est le comble. J'me pince fermement les lèvres, lève les yeux vers le plafond en maudissant ma petite personne. Quel con, t'es con putain. T'es tellement putain de con. "J'sais." j'acquiesce tout bas, passe nerveusement une main dans mes ch'veux pour ranger deux-trois mèches crasseuses derrière mon oreille. Et j'repose les coudes sur les cuisses, l'palpitant tremblant. Elle reprend mes doigts entre les siens. J'laisse faire. Elle a pas à s'excuser, merde. J'relève timidement le coin des yeux vers elle, mime un sourire forcé en accueillant ses baisers. Ses baisers que j'adore mais que je n'mérite pas. Vaudrait mieux m'creuser un trou pour que j'm'y terre.

J'essaie d'reprendre le fil de la conversation, tout d'même. Elles sont confuses ? Ça nous fait un drôle de point commun, tiens. Qu'elles ne soient pas des mots précis, ça rend juste la chose encore plus abstraite et moins compréhensible. Qu'elles l'influencent, ça me terrifie. Je sais, c'est vrai, ce qu'elle a déjà fait... Dans les grandes lignes, du moins. Et à quel genre de catastrophe tout ça peut nous amener. Sa blague de mauvais goût est effroyablement crédible. Une nuit, peut-être, je me réveillerai avec une fourchette plantée dans la gorge.

"J'suis désolé. Pense pas que.. j'prends pas tout ça au sérieux." C'est inutile de creuser là d'dans, j'vois bien. Trop d'attention, elle se vexerait. Pas assez, et.. elle se vexerait. Autant sortir à reculons de c't'impasse. J'm'y engouffre bien assez régulièrement sans le vouloir. Je conclus, "D'accord." Ça m'suffirait. J'ai envie d'en savoir plus, mais je n'veux pas forcer. J'en ai pas tout à fait le courage, de toutes façons.

"T'sais quoi, on devrait reprendre là où je t'ai arrêtée." Je recule un peu les fesses sur le lit, et sans sommation - sans lâcher sa main non plus - j'enroule le bras autour de son buste pour la tirer et la faire s'allonger avec moi. A la perpendiculaire du pieu, les pieds posé sur le sol. Avec son ventre, elle a l'air piégée comme une tortue retournée les pattes en l'air. J'ai l'crâne appuyé sur le mur derrière, le sien sur mon épaule. Et j'l'enlace doucement, priant pour qu'elle oublie ces dernières minutes. C'est bon, je n'ai rien dit, on s'en est arrêtés au beurre de cacahuètes, ouais. J'souffle, la voix paumée dans ses cheveux, "J'parie que tu peux pas t'relever." Faut dire que j'la retiens un peu, avec le poids de mon bras. J'ose un sourire franc. Oublier, oublier. Juste s'amuser, comme le joli couple parfait. Sans rancune. Et vite, noyer le poisson en changeant de sujet. On connait la danse par coeur. "Il s'rait temps d'aménager un coin pour le bébé, nan ?" Il ne va plus tarder, le môme qui va nous priver d'nos nuits jusqu'à nous épuiser. J'tourne le menton vers la chambre. On a bien récupéré un parc un peu abîmé, retapé avec les moyens du bord. Mais le tissu bleu foncé, usé par le temps, manque franchement de gaieté. Il est juste posé là, au beau milieu de la pièce. C'est à dire de bien peu de choses. Dans le coin d'ailleurs, tout près, il y a encore le carton plein des affaires de Gabriel. C'est... pas le moment, non.



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MessageSujet: Re: Cocoon.   Mar 14 Nov 2017 - 20:11
Eli s’excusait aussi et avait l’air aussi gêné qu’elle. Qu’elle drôle de couple ils formaient parfois. Ses lèvres qui se tortillaient d’embarras finirent par se fendre d’un sourire lorsque les bras du graffeur l’enveloppèrent pour la forcer à s’allonger. Effectivement, entre son poids et celui de son ventre, la musicienne avait la sensation que le simple effort de se relever serait herculéen. Elle rit doucement, ses yeux bleus se cognant à la limite supérieure de ses orbites pour essayer – en vain – de voir le visage de son petit-ami.

- Non, je suis une baleine échouée.

Aménager un coin pour le bébé. C’était le moment d’y penser et en même temps, Lisandro estimait qu’il lui restait un peu moins de trois mois de grossesse. C’était long et, paradoxalement, ça viendrait vite. Selene avait un peu peur d’y penser parce que ces derniers temps, elle envisageait sa vie comme si elle ne s’arrêterait pas subitement ; comme si tout irait bien et qu’elle accoucherait sans problème. Pourtant, avoir recueilli un ersatz de médecin n’avait pas rallongé son espérance de vie. Alors ce serait trop dur de se mettre à construire tout un espace de vie pour un enfant qu’elle ne verrait même pas grandir… ou qui ne survivrait pas, tout simplement.

- On pourrait oui, répondit-t-elle malgré tout, on va devoir trouver la place pour un berceau.

Forcément, elle pensa aux cartons où dormaient certaines des affaires de Gabriel depuis dix mois. Les enlever, ce serait immédiatement dégager pile l’espace dont ils auraient besoin. Ces chambres n’étaient pas faites pour être spacieuses alors sans ça, ils risqueraient de ne pas trouver un agencement convenable. Néanmoins, la jeune femme n’était pas certaine d’être prête pour cette étape. Elle préféra encore replonger dans un sujet épineux pour libérer une sensation qui lui pesait sur le cœur depuis l’échange précédant.

- Eli… tu sais je… je ne suis pas folle, elle savait que ça lui paraîtrait absurde dit comme ça, je suis… malade, elle jouait nerveusement avec ses doigts, les enroulait puis les dénouait avec les siens, alors quoiqu’il se passe dans ma tête… quoiqu’il se passe, répéta-t-elle, je me tuerai avant de vous faire du mal. A toi, ou au bébé.

Elle pouvait au moins lui promettre ça, comme un objectif personnel à maintenir. Selene espérait qu’il lui accorderait au moins ce crédit. Aussi, qu’il n’ait plus… « peur » d’elle car, dans un sens, elle sentait que c’était toujours le cas ; et elle ne saurait vivre heureuse auprès d’un homme qui la craignait. Elle porta alors l’une des mains du graffeur à ses lèvres et y déposa un baiser tendre.

- Fallait juste que je le dise, expliqua-t-elle, on peut parler berceau maintenant si tu veux, assura-t-elle avec un léger sourire.


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MessageSujet: Re: Cocoon.   Mer 29 Nov 2017 - 22:19
La distraction a presque fonctionné. Nos doigts s'emmêlent, la chaleur de Selene pèse confortablement le long de mon corps. C'est plus facile, bien sûr, de n'pas avoir à affronter ce regard déçu par ma maladresse. Juste le son vibrant de sa voix et son contact, comme si de rien n’était. Mais voilà : difficile de passer à autre chose, quand l'enjeu est si important. Elle n'est pas folle, elle est malade... J'ai encore bien du mal à faire une véritable distinction entre les deux. Je me disais simplement qu'elle était folle, parfois. Quand la maladie prenait le pas. J'vois bien qu'il y a encore quelque chose que je comprends de travers. Et puisque j'y mets tout de même de sacrés efforts, il faut croire que ça ne viendra simplement pas.

Le manège de nos doigts ne suffit plus à me détendre lorsqu'elle évoque l'idée de se tuer plutôt que moi ou le bébé. Mes phalanges se crispent contre les siennes. C'est malheureusement très littéral, pas de sens caché. Vraiment, si on en vient à quelque chose d'aussi radical... ouais, elle se tuerait. Puisqu'elle ne peut pas me voir, je n'retiens pas une brève grimace triste et contrariée. Et je n'y réponds rien, sauf un "D'accord..." doucement soufflé dans ses cheveux, la conversation scellée par un timide baiser sur le haut de sa tête, écho à celui qu’elle dépose sur le dos de ma main. Celle-ci se replie autour de ses doigts pour les réchauffer de la paume. Je n’ai vraiment pas envie de creuser le sujet. Pas cette fois, et pas en étant aussi mal parti dans ma performance d’équilibriste.

Pour ce qui est du berceau… Ça m’extirpe un soupir un peu trop profond. Oui, il faudrait bouger les affaires de Gabriel pour avoir le bébé près de nous. Mais non, je n’vais pas m’aventurer dans ce débat maintenant, ce serait purement suicidaire. “On a encore le temps,” pour que tu les déplaces… “pour trouver quoi faire.” ou pour que je prenne quelques leçons de diplomatie. “...j’veux juste qu’il soit bien, et tout près. Comme ça t’auras pas à t’lever. Quand il braillera j’irai l’chercher et… Bon, s'il a faim j’aurai quand même besoin d’toi, fatalement, mais j’te l’amènerai et.. On pourra p’têtre même finir la nuit ensemble tous les trois.” tous enlacés dans une grosse boule chaude d’amour et de tendresse. Voilà tout ce que je veux. Ma petite image du bonheur inchangée depuis tout ce temps.

J’tends l’bras libre jusqu’à la petite table de chevet. Du bout des doigts, en essayant de n’pas trop bouger Selene, j’attrape mon calepin et le crayon qui roule sur le papier. J’le place devant nous, relâche sa main pour le maintenir et tourner jusqu’à une page vierge. Passant sur quelques croquis plus ou moins réussis de la pianiste - qui parfois en était consciente et parfois pas - et d’autres gribouillages en tout genre, j’pose la mine sur le papier pour gratter les contours du coin d’la chambre visible depuis le lit. “R’garde, ça irait là…” J’trace les contours un peu maladroits du berceau - la position ne m’aide pas - et y suggère la silhouette du bébé emmitouflée dans une couverture. Très rapidement, sans m’attarder sur le trait ou les perspectives, j’esquisse plusieurs peluches qui lui tiendraient compagnie, “... et puis on pourrait lui trouver un de ces machins qu’on pend au dessus d’sa tête…” Le mobile trouve sa place sur le dessin, accroché au cadre du berceau imaginaire. Les vieilles chimères prennent facilement le pas sur les contraintes réelles et agrémentent la scène d’un tas de détails trop propres et trop idéalisés. J’ai toujours eu une image assez précise de la façon dont mon gosse grandirait. Il ne connaîtrait jamais le besoin, il serait pourri-gâté avant même de voir clair. Difficile de revoir mes ambitions à la baisse. J’lève la mine, réfléchis un instant, puis applique la touche la plus importante : une Selene bien grossièrement dépeinte en quelques formes penchées au dessus de l’enfant. “Voilà, c’est l’plan.” Elle n’a plus le choix, elle devra survivre à l’accouchement, sous peine d’éclater mes rêves. Le crayon dans la main, je cherche la sienne pour le lui glisser entre les doigts. Qu’elle y ajoute tout ce dont elle peut rêver, elle.

***


Le froid me glace la peau. Un simple T-shirt n'est pas assez pour affronter l'hiver, mais ce soir, j'ai envie d'avoir une bonne excuse pour trembler. L'humidité du sol remonte sur mes genoux, suit les fibres de mon jeans. Du bout des mains, j'ajuste la croix en bois plantée dans le sol, force pour y faire pénétrer la base. Elle ne surplombe rien. Il n'y a pas eu besoin de retourner la terre. C'est juste mes souvenirs. Juste mon deuil, qui bien loin d'être accompli, fait doucement son chemin.

Il en a fallu, du temps. Peut-être deux semaines, avant de venir faire sa tombe parmi celles des autres. Des inconnus. J'pensais qu'en laissant filer quelques jours, ça ferait moins mal. C'était une pensée stupide.

A genoux devant elle, je reste silencieux. Les autres sont bien au chaud, à l'intérieur. La nuit tombe déjà. Le ciel commence à se décharger d'un crachin dédaigneux.

Ta dépouille est perdue. J'espère que ça n'te retiendra pas ici-bas, maman. Et putain, j'espère surtout que tu avais raison de croire en cette connerie de paradis. J'espère que tu y retrouveras papa. Et Kate, et Tyron. Et même notre clébard. Je sens, tu sais bien, que tu veilles toujours sur moi. Tu n'vas pas m'lâcher comme ça... Tu vois tout, maintenant. T'aimerais pas que j'te pleure, t'as jamais voulu que j'me fasse de soucis pour toi. C'était toujours à sens unique. J'suis désolé, d'ailleurs, d'avoir raté des centaines d'appels de ta part sans jamais te rappeler. J'suis désolé d't'avoir fait la gueule, quand t'as trompé papa, alors qu'il t'aimait juste pas assez. J'suis désolé de t'avoir mené la vie dure. Les sorties, la came, les engueulades, l'insolence. J'suis désolé d'avoir été mauvais en cours, d'avoir ruiné tes espoirs de m'voir devenir quelqu'un d'important. J'regrette toutes ces fois où j'aurais dû t'écouter, toi, plutôt que ma bêtise. J'suis désolé... d'avoir été contre toi et Lisandro. T'avais bien l'droit, et... j'crois qu'il t'aimait vraiment. On aurait pu faire une famille bizarre. T'aurais pu être grand-mère, merde, t'étais presque grand-mère... Pour deux petits mois de plus. J'aurais voulu qu'tu sois là pour le gosse, j'vais être perdu. J'comptais sur toi pour m'apprendre à l'élever. Pour le faire bien, comme tu l'as fait pour moi. R'garde, j'suis encore en vie, j'ai même quelques amis. Ça pourrait être pire. J'comptais sur toi pour beaucoup de choses, au final. T'étais toujours là. J'me suis jamais vraiment rendu compte à quel point j'avais d'la chance d'avoir une mère comme toi.

D'mes ongles, j'creuse une petite cavité dans la terre. Juste assez pour y planquer ton portait volé, tout froissé, déjà trempé. L'papier se déchire déjà. J'peux pas t'enterrer toi, mais c'est mieux que rien. Doucement, j'rabats la terre sur ton visage. Jusqu'à n'plus rien voir dépasser.

J'souffle un nuage de vapeur. J'n'ai plus d'larmes pour pleurer. C'est la fin de quelque chose, j'le sens. Un commencement, aussi. 'Me reste encore une chose à faire, pour avoir l'esprit tranquille.

J'me r'dresse sur mes genoux, en entendant quelqu'un approcher. C'est Selene. Selene et le bébé. J'lui avise un sourire maladroit. C'est... compliqué, depuis que Duncan lui a dit. Même toi, et même si tu n'l'aimais pas tant que ça, j'sais que tu m'aurais foutu une bonne paire de claques pour avoir ne s'rait-ce que songé à marchander.

J'glisse la main à l'intérieur de mon col, tire sur la chaîne pour faire sortir le pendentif de Kathlyn.

"Selene... aide-moi, s'il te plaît." J'tourne l'agate entre mes doigts, y dépose sans le vouloir quelques brisures de terre. Tout ira bien. Et même si tout va mal... il fait froid, ça me fera une bonne excuse pour trembler. "Le collier, détache le." Rien qu'une dernière petite chose à faire.



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MessageSujet: Re: Cocoon.   Mer 29 Nov 2017 - 23:40
Un sourire flottait sur ses lèvres alors que la voix d’Eli résonnait contre son crâne. Ils avaient le temps. C’était bizarre de pouvoir se dire ça. Surtout quand on se souvenait que s’ils en étaient là, c’était parce qu’ils avaient eu peur de ne pas l’avoir. Dans l’ancienne maison de Tacoma, au milieu des souvenirs poussiéreux, où leurs corps s’étaient trouvés pour la première fois. Brisés, fatigués, déprimés. Une course effrénée pour fuir l’horloge de leur destin. La musicienne revoyait leur fébrilité tandis que le graffeur la faisait rire avec ses plans de papa enthousiaste. Ça avait été comme dénoué un nœud qu’il avait crée à l’adolescence, et aujourd’hui… d’une certaine manière, leur vie fantasmée était à portée. Elle. Lui. Un bébé.

Son expression ne changea pas après que le mexicain eu tendu les doigts pour attraper son calepin. Avec un simple crayon et son talent, il était capable de griffonner leur avenir, de faire briller les yeux de la jeune femme lovée contre lui. Il y avait une douceur triste dans la scenette, l’impression de voir un rêve suspendu sur le papier par des attaches fragiles. Le berceau, la couverture, le nourrisson, le mobile trouvèrent leur place… puis la mère. Selene comprit immédiatement le message et il n’y avait pas de mot pour dire comme elle aimerait voir ce « plan » se réaliser. Alors elle ne dit rien. Elle se contenta de rassembler ses efforts pour se redresser et pouvoir se tourner vers lui. Un coude enfoncé dans le matelas, sa chevelure cascadant en drapant sa silhouette gracile.

- Je t’aime.

Ça résumait tout. Absolument tout. Depuis cette blague du mexicain et de l’ananas jusqu’à ce croquis de leur avenir. Une vague de chaleur l’enveloppa tout entière. Profondément. La sensation qu’à ce moment précis, en dépit de tout le reste… elle était heureuse.

***

Ça faisait deux semaines. Deux semaines qu’Alma avait été tuée. Deux semaines que quelque chose en eux tous avait été brisé. Ce n’était pas qu’une question de chair, ce n’était pas la crainte d’être découvert. C’était le fait de savoir que certains d’entre eux – voire la plupart – n’avait pas hésité à tenter de vendre le camp pour la mère d’Eli. Elle comprenait l’urgence, la panique, l’empressement, le besoin de gagner du temps, mais… après tout ce qu’elle avait fait, tout ce qu’elle avait perdu, pour cette prison, tout avait manqué d’être réduit à néant.

Selene n’avait pas envie d’en vouloir au graffeur. Pourtant… une plaie s’était ouverte. Quelque part. Le constat restait entier : entre sa mère et elle, il n’avait pas hésité. Tout en sachant de quoi ils étaient capables, tout en sachant qu’elle portait son bébé. Jusqu’à maintenant, elle n’avait pas eu le courage de le lui reprocher – ni même de lui en reparler – parce que sa détresse était trop poignante. Par empathie, elle n’arrivait qu’à être l’épaule sur laquelle le mexicain pouvait se reposer et pleurer. Souffrir était facile, se sentir trahie aussi, mais comment réagirait-elle à sa place ? Et si on lui imposait de choisir entre Andrea ou Eli ? Alors tout était en pause. Tout sauf son amour pour lui. Elle le soutiendrait, jusqu’à ce qu’il soit en état d’avoir une conversation difficile.

Elle l’avait rejoint dehors. Enveloppée dans un épais gilet qui faisait disparaître jusqu’à la rondeur de son ventre de sept mois. La pianiste n’ignorait pas ce qu’il avait projeté de faire, elle lui avait simplement laissé quelques minutes de pudeur d’avance avant de sortir à son tour. Le froid avait mordu ses joues, une température de fin d’automne qui tirait sur l’hiver. L’humidité devenait aiguisée comme des lames, annonciatrice des premières neiges qui ne devraient plus tarder. Elle lui rendit son sourire, tout aussi maladroitement, sans savoir qu’elle comportement adopter. Lorsqu’il lui demanda de l’aider à détacher son collier, elle tendit les mains pour le saisir mais demanda :

- Tu es… sûr ?

C’était le pendentif de Kathlyn. Un souvenir, jusque là toujours suspendu entre eux, que Selene avait fini par accepter. Ou non : tolérer plutôt.  C’était son talisman quand elle avait sa bague de fiançailles. La partie était équilibrée. Alors le voir s’en débarrasser, transi de froid, avait quelque chose de déchirant. L’étudiant obtempéra, déclipsa la chaîne du bout des doigts. En effleurant la peau du cou de son petit-ami, elle se rendit compte qu’il était glacé. Une ombre triste passa sur ses traits alors qu’elle souffla un « Eli… » chargé de peine et d’inquiétude. Oubliant sa propre condition, elle ôta son gilet pour le poser sur les épaules du jeune homme.

- tu vas être malade, murmura-t-elle avec une douceur presque maternelle.


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MessageSujet: Re: Cocoon.   Dim 3 Déc 2017 - 11:31

"Non, je..." Je n'suis pas sûr. Comment je pourrais ? "Mais fais le." Il suffit d'un instant, un très léger cliquetis métallique, et la chaîne dégringole, roule le long de mon cou, me brûle la peau, rebondit sur mon col, flotte dans le vide, retenue par la pierre lovée entre le bout de mes doigts. C'est chirurgical. Et très étrange à la fois, de ne plus sentir ce léger poids. De ne plus sentir le métal. Le froid de la pierre. J'ai eu tout le temps de m'y habituer. C'était une extension de mon corps. De jour, de nuit, jusque sous les douches bricolées de la prison, elle ne me quittait pas. Et aujourd'hui, nous y voilà : je tourne doucement l'agate devant moi, aperçois difficilement l'éclat évanoui de Kathlyn dans un reflet trop brouillon, puis nettoie avec soin les traces de saleté en la frottant dans un bout de mon T-shirt.

J'entends Selene. Mais c'est un peu lointain, en cet instant. Je sens juste la lourdeur du vêtement qu'elle pose sur mes épaules. Sa chaleur, aussi. C'est vrai. Je n'peux pas me permettre de tomber bêtement malade. Ça n'est pas le moment de piquer dans le stock de médicaments... Ça ne serait pas utile, ni au groupe ni à Selene.

"Elles ne s'aimaient pas beaucoup, toutes les deux." J'élude sa remarque, reprends les deux extrémités de la chaîne et tente de les lier entre elles. Une tâche minutieuse et difficile dans l'obscurité et les tremblements de mes mains. "Mais je les aimais, toutes les deux." J'ai un bref rire nerveux. "Bordel, c'est... bizarre, d'utiliser le passé." Mes sentiments pour elles n'ont pas changé. Je décide juste de... les laisser à leur place. Dans un temps révolu. Un point sur une ligne, puis stop. Ils seraient bien mieux, figés dans le temps, que constamment ramenés à une réalité qui leur est hostile. Qui les rend simplement impossibles.

C'est peut-être ça, en fait, faire son deuil.

Je parviens à faire coïncider les deux anneaux. Doucement, je me redresse un peu, tends les bras vers la croix et glisse le collier autour de la barre centrale. Je l'ajuste, précautionneusement, pour bien centrer la pierre sur le bois. Les intempéries rouilleraient le métal. La poussière masquerait le vert éclatant de l'agate. Un jour, dans des années peut-être, l'ensemble céderait au temps et se détacherait. Ses miettes se disperseraient au vent, et de ces histoires, il ne resterait plus que les songes.

Le gilet me glisse des épaules. Je reviens sur mes talons pour le rattraper avant qu'il ne tombe, et me lève, fébrile, sur mes deux pieds.  Les yeux intensément ancrés dans ceux de Selene, je parle d'une voix légèrement vrillée par l'émotion, "J'ai fait un choix stupide pour Alma. J'ai fait des choix stupides pour Kathlyn aussi. Et j'en ai fait, et j'en ferai encore pour toi. C'est comme ça que j'aime, je crois. En étant putain de stupide." Je m'pince les lèvres, lui passe le vêtement sur les épaules. C'est elle, qui devrait avoir chaud, plus que moi. "Les autres... il y en a qui arrivent à être des héros. J'ai essayé, vraiment, j'ai vraiment essayé mais... " Je hausse les épaules en guise de conclusion : mais rien. Mais je suis juste un type normal. Lâche face à la mort de mes proches. J'pose une main sur sa tignasse brune, lui caresse tendrement la joue du bout du pouce. J'fronce les sourcils, brièvement. La moindre des choses que j'puisse faire maintenant, c'est de vivre dans le présent. Tout entier pour toi ; sans l'ombre de Kate qui se faufile entre nous à chaque fois. Sans être tracté vers le bas par la mort d'Alma. Et peu importe si tu gardes ton alliance, sincèrement. J'accepte sans concession que ton deuil soit au moins aussi long que le mien. "Je t'aime, Selene. Je t'aime tellement, merde... j'suis désolé." J'me penche légèrement pour l'embrasser ; lentement, tristement, amoureusement. Et tout près de ses lèvres, je n'arrive pas à m'empêcher de parler encore, "J'suis désolé de... d'être autant à la masse, de pas... réussir à m'adapter." Un autre baiser, plus court, plus pressé. Pour gratter autant de contact que possible avant qu'elle ne décide de me jeter. "de t'avoir brisé l'coeur, d'être aussi maladroit putain, de.." encore un, "d'être jaloux de Gabriel, de n'rien biter à ta maladie, d'avoir mis des mois à venir ici, de m'embrouiller avec tout l'monde... J'suis désolé qu'tu m'aimes depuis tout c'temps, vraiment." J'me raccroche à ses grands yeux bleus, l'inquiétude pesant sur mes traits. Elle pourrait bien me demander de partir, pour avoir manqué de loyauté. Je crois que je n'lui en voudrais même pas.



Tomorrow is another day. And you won't have to hide away. You'll be a man, boy !
But for now it's time to run, it's time to run !
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MessageSujet: Re: Cocoon.   Dim 3 Déc 2017 - 12:34

Elle l’écoutait sans rien dire. Le froid griffait ses chairs en dépit des mailles de son pull, mais ce n’était rien à côté de ce qu’elle ressentait à travers Eli. Pudiquement, la musicienne l’observait marquer le deuil des deux premières femmes de sa vie. Alma. Kathlyn. Elle n’était que la troisième, ne serait à jamais que la troisième, mais elle avait appris à s’en satisfaire. Pour reprendre la formulation du graffeur « elles ne s’aimaient pas beaucoup, mais il les aimait toutes les trois ». Alors passé le brouillard de la jalousie, Selene comprenait qu’elle faisait inconsciemment partie d’une équipe. Toutes les trois, elles étaient indispensables à l’équilibre et au bonheur du mexicain. Maintenant qu’elle était la seule – et la dernière – à ses côtés, elle devrait veiller jusqu’à la fin. Sans relâche. Pour chacune d’elle.

Tandis qu’il le battait avec le collier pour le refermer, ses yeux bleus se posaient délicatement sur la croix en bois et sur la pierre qui balançait au bout de sa chaîne. Je suis désolée. Une larme roula sur sa joue, silencieuse, traçant un sillon glacé sur sa joue d’ivoire. Je suis désolée de vous avoir détestées. Le bijou rejoignit la croix, ses lèvres se plissèrent pour l’empêcher de fondre en sanglot. Son cœur lui faisait mal. Elle grelotait et ce n’était plus uniquement à cause du froid. De nous trois, je suis celle qui le mérite le moins. Ni solaire, ni attentionnée, ni précieuse. La pianiste avait brisé Gabriel ; combien de temps avant qu’Eli ne subisse le même sort ? C’était sa spécialité. Perdre les gens auxquels elle tenait le plus, leur faire du mal. Je ferai de mon mieux, mais j’ai peur. Elle le savait… elle ne serait jamais aussi bien.

Lorsqu’il revint vers elle, la jeune femme leva les yeux pour se noyer dans son regard. Cette intensité si fébrile, si belle, si déchirante. Elle l’écouta, voulut protester, mais ses lèvres tremblaient trop. La chaleur recouvrit ses épaules, les pouces du graffeur redessinaient ses joues. Ses doigts s’élevèrent à leur tour, glissèrent doucement sur ses joues, suivant la rugosité de sa barbe qui repoussait. Selene secouait imperceptiblement la tête de droite à gauche. Comment pouvait-il dire ça ? Ce n’était pas la question d’être un héros et si jamais ça l’était… il avait été le sien, depuis le jour de ses 15 ans où il avait vu dans ses pupilles ce que personne d’autre ne voyait. Elle était seule, malheureuse, et il avait été là à chaque fois.

- Eli…, souffla-t-elle dans un tourbillon de vapeur blanche, Eli, tu… tu n’es pas…

Sa voix était trop basse, trop faible, il la coupa pour continuer. Il l’aimait. Il le répétait, puis scella ses mots avec un baiser. La musicienne le reconnaissait tellement ainsi, dans cette façon maladroite de reconnaître qu’il était maladroit, dans son amour total mais confus. C’était ainsi qu’elle le voulait, ainsi qu’elle l’aimait à son tour. Elle n’avait pas le cœur à être la « leader », juste la petite-amie, juste l’amie. Celle qu’il avait toujours connue. La jeune femme accueillit chaque fois ses lèvres en frémissant, plus fébrile à chaque contact. Ses doigts cherchèrent les siens pour s’y entrelacer alors qu’entre eux, le bébé était l’unique témoin de cet instant fragile.

- Je t’aime Eli. Je t'aime vraiment, vraiment, vraiment. Je… tu n’es… tu…, c’était si dur de trouver ses mots, si dur de ne pas s’embrouiller, c’est moi qui suis désolée… d’être… d’être comme ça. Pas juste maintenant… juste… comme j’ai toujours été. Je… je casse tout, je… suis pas capable de…

Inutile. Elle n’arriverait pas à tout exprimer. C’était trop confus dans sa propre tête, trop décousu, trop fractionné, trop friable. Il fallait qu’elle lui montre. Après une seconde d’hésitation, elle détacha leurs mains pour pouvoir faire glisser le long de son doigt l’anneau offert par Gabriel. Ça faisait bizarre de ne plus le sentir. Comme si la bague avait toujours été là pour enserrer son doigt, comme si une partie d’elle venait de se détacher. Mais c’était ainsi qu’elle le sentait : que c’était le moment pour aller de l’avant. Pour ne plus être à moitié dans le passé et à moitié dans le présent. Ils avaient le temps. Ils n’avaient pas le temps. Les deux notions se mélangeaient et Selene ne voulait plus jamais rater le coche. Peut-être qu’il ne leur restait que deux mois à passer ensemble, alors elle voulait lui appartenir complètement pendant ces jours qui allaient douloureusement s’égrener. Gabriel avait eu sa chance… mais il n’était pas revenu. Eli l’avait fait, lui, et il l’aimait, malgré tout.

La pianiste se décala de quelques pas pour trouver la croix au nom de l’instituteur. S’agenouiller fut compliqué, le gilet glissa de ses épaules mais elle ne prit pas la peine de le ramasser. A l’aide de ses ongles, elle gratta la terre durcie par le froid automnal jusqu’à ce qu’un trou suffisamment grand lui permette d’y déposer délicatement le bijou. Une larme lui échappa, le cœur en pleine hémorragie. C’était le bon choix, elle le savait. C’était juste… une trop longue page qui se tournait. Une fois la terre ayant recouvert le vestige de son ancienne union, elle releva ses yeux bleus vers le graffeur. Les traits palis par la fraîcheur de l’air, sa crinière l’enveloppait. Trop longue, trop épaisse.

- C’est toi et moi maintenant… juste toi et moi, murmura-t-elle, et… lui, sa main se posa sur l’arrondi de son ventre, juste nous trois.


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Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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