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 Why do good girls like bad guys

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Evelyn Collins
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MessageSujet: Re: Why do good girls like bad guys   Jeu 26 Oct 2017 - 23:47



Why do good girls like bad guys  
Ft Swann
Il pouvait dire oui, d'ailleurs Evy envisageait déjà de lui proposer tout et n'importe quoi. Ça partait d'un chocolat chaud, avec le fameux lait en poudre qui ferait l'affaire, à quelques biscuits, peu importait vraiment dès lors qu'il se sente apprécié et, surtout à l'aise. Oui, elle était prête à le voir passer la porte de chez elle, à lui parler bouquins durant des heures, à tenir avec lui une véritable conversation, pas comme ces phrases hésitantes qu'ils venaient de s'échanger. Puis, chez elle, se disait elle tandis qu'elle attendait impatiemment  sa réponse -  en quelques battements de cœur plus vifs - elle serait certainement plus zen. Les animaux n'étaient-ils pas plus sereins sur leur territoire ? C'était sans doute le même topo concernant les Hommes non ? Elle décréta que oui, elle serait capable d'être vraiment charmante et de parler sans avoir à chercher ses mots ou à lui retourner bêtement les questions qu'il lui posait.

Ravie, pleine d'espoir, pourtant le monde s'écroula subitement sous ses pieds. Sa réponse n'avait clairement rien à voir avec ce qu'elle s'était imaginée, après tout, pour le moment, ils avaient plutôt bien échangé non ? Déjà, son cœur n'était plus qu'un bruit sourd qui gênait l'écho du vent, et si Swann s'était penché un peu plus vers elle, sans doute aurait-il pu l'entendre se fêler. Ce bruit devait ressembler à un déchirement de chaire, un peu comme lorsque les rôdeurs festoyaient sur les restes d'un cadavre. Il lui arracha même un frisson alors qu'il n'existait tout bonnement pas, qu'il n'était que le pur produit de la déception soudaine, et douloureuse, qu'elle ressentait. La jeune fille fut même incapable de répondre, et son sourire, habituellement franc et aussi étincelant que sa jovialité, n'était plus qu'une esquisse pâle et sans reflet, uniquement là pour éviter aux larmes de ruisseler. En guise de réponse donc, Collins opina puis replaça une mèche derrière son oreille tandis qu'il s'éloignait, et ce ne fut que lorsque sa silhouette ne fut plus qu'un petit point sombre que, sous l'esquisse douloureuse y étant encore fichée, son timbre résonna sans qu'il puisse l'entendre.

Salut... Swann.


[...]


Sur le chemin du retour elle y avait songé, pensé à ce qui avait bien pu le forcer à la fuir de cette manière. Des tas de choses lui étaient passées par la tête mais celle qu'elle avait retenu, en étant persuadée que le problème se trouvait bien là, était sans nul doute ce qu'elle lui avait confié sur ses goûts littéraires. Avait-il comprit qu'elle mentait outrageusement, ou encore, s'était-il subitement rendu compte qu'ils n'avaient aucun point commun ? Evelyn l'ignorait mais tout était parti de là, des livres, alors, quand elle avait attendu vainement sur la plage, sans espoir de le voir revenir sur ses pas, subitement l'envie de terminer son bouquin lui était passée, d'ailleurs, bien qu'elle appréciait le récit, les nouvelles avaient rejoins le tiroir de sa table de nuit. Elle ne les finirait jamais mais peu importait, elle n'en avait plus le goût ni la patience et ce simplement car elle était convaincue que ce fichu livre avait foutu en l'air les prémisses d'une « relation » avec le jeune homme auquel elle ne cessait de penser. Ce soir là, elle n'avait presque pas ouvert la bouche, offrant à Lucas l'assurance que tout allait bien en de simples sourires dissimulant le mal-être que de s'être vue abandonnée de la sorte, puis elle avait rejoint son lit sans désirer lire une ligne. Le reste ne fut qu'un tas de rêveries sans queue ni tête jusqu'au cauchemar habituel qui finissait toujours par la réveiller en sursaut une fois le soleil levé.

Une fois encore, son buste se redressa dans le lit sous des inspirations sifflantes et dures à contrôler, une fois encore, elle observa autour d'elle et dut doucement réaliser qu'elle n'était plus dans les sanitaires mais à l’abri, dans une chambre, entre des murs sécurisants, sur une île loin de l'endroit où ses souvenirs l'avaient mené. En nage, et manquant de souffle, Evy se tira donc du lit et fila droit vers la salle de bain. Lucas était de sortie, il allait rejoindre l'extérieur, il lui avait simplement dit la veille mais, ne le trouvant pas au réveil, elle avait légèrement paniqué jusqu'à se souvenir de leur conversation, suite à quoi et sans attendre, elle s'était rafraîchie pour ensuite enfiler une robe tunique fluide et ses boots. L'apparence lui tenait encore à cœur, ce n'était pourtant qu'une chose futile à laquelle se livraient les gens inutiles et sans avenir, mais ne l'était-elle pas ? Swann ne l'avait il pas souligné d'ailleurs, hier, alors qu'elle tentait vainement de sympathiser avec lui ? Bien sûr que si, s'il avait passé son chemin s'était simplement car elle lui paraissait aussi insignifiante qu'une journée de pluie, rien d'autre.

Plus tard, tandis qu'elle faisait les poussières pour tuer le temps comme elle le pouvait, ayant même oublié sa passion pour s'éviter de songer à « Lui », elle sourcilla en entendant toquer au battant de l'entrée. Personne ne venait jamais la voir, c'était d'ailleurs ce qui lui sauta à l'esprit alors qu'elle relâchait le chiffon. Néanmoins, on avait peut-être besoin d'elle, pour une tâche quelconque. Aller savoir, si elle n'ouvrait pas elle n'allait très certainement pas le savoir alors, en vérifiant une dernière fois ses traits dans le miroir de l'entrée, histoire d'être présentable à la personne qu'elle trouverait sur le seuil, la jeune fille déverrouilla le battant et entrouvrit pour, aussi soudainement que c'était improbable, sentir son cœur vrombir dans sa loge.

- Swann ? C'était sorti tout seul, trop facilement d'ailleurs, et sur un ton si enjoué que l'idée même de lui tenir rigueur de ses actions de la veille n'était guère plus envisageable. D'ailleurs, aurait-elle pu lui faire la tête ? Absolument pas, elle en était parfaitement consciente si bien que lorsqu'il lui parla de ses livres, elle resta la bouche ouverte, une poignée de secondes, durant laquelle elle ne put s'empêcher de penser ô combien il était beau, peut-être plus encore que la veille, puis termina par réagir en ouvrant davantage la porte. Oui oui... Opina-t-elle en sourcillant subitement face au manque de politesse dont elle faisait preuve. Et euh... salut !

Pitoyable on ne faisait guère mieux, c'était pathétique si nul même qu'un instant elle se revit, comme une conne, sur la plage la veille à lui faire signe tandis qu'il ne regardait même plus dans sa direction. Enfin là n'était pas la question et madame Conscience pouvait bien aller se faire voir, il fallait qu'il entre point barre. D'un geste donc, en souriant, elle l'invita à passer le seuil et termina par refermer derrière lui. Brusquement, trop brusquement d'ailleurs, au point que son dos se heurta au bois une minute afin de tempérer ses gestes maladroits et précipités. S'il la toisait là, nul doute à avoir sur le fait qu'il la prendrait pour une cinglée à rentrer ainsi le cou dans les épaules comme une tortue.

- Tu peux monter, ils sont à l'étage dans ma.... ma chambre. Cette phrase, aussi innocente était-elle, l'invita à froncer les sourcils.

Ça n'avait rien de méchant, mais tout au fond d'elle, les mots prononcés avaient une valeur qu'elle peinait à comprendre pour n'avoir jamais proposé à un garçon de s'installer, à sa guise, dans son propre domaine. Du fait, et pour éviter au rose d'empourprer ses joues bien trop vite, elle avança en sa compagnie avant de l'abandonner au bas des marches. Lui sur la première, elle sur le parquet, d'ici la différence de taille était encore plus poussée au point de l'inviter à doucement rire.

- Tu veux quelque chose à boire... Swann ? Son prénom roula sur sa langue comme une promesse, et oui elle s'en rendit compte, tout autant qu'elle imaginait parfaitement une certaine lueur, partie de son petit cœur d’artichaut, se refléter dans son regard noisette : l'espoir.





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Swann Blackmore
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MessageSujet: Re: Why do good girls like bad guys   Ven 27 Oct 2017 - 13:05

Son sourire un peu exagéré – mais sincèrement embarrassé – s’élargit devant l’enthousiasme de la jeune femme. Il avait eu peur qu’elle ne lui en veuille pour la veille et qu’il ne doive, en plus, passer par un épisode d’excuses et de mensonges. Les mains dans les poches, il se balança un peu d’avant en arrière, sans oser franchement insister, jusqu’à ce que la porte s’ouvre grand devant. Les oreilles tendues, dans l’espoir de ne pas entendre la voix de Lucas en arrière plan, Swann doubla la blonde pour entrer chez elle. Il était déjà venu ici, ça lui revenait maintenant : sans doute de vieilles connaissances de ses parents chez qui ils avaient été invités à dîner il y a des années de ça. S’ils savaient ce que devenaient leur maison…

- Oui-euh… salut, répéta l’étudiant en baissant brièvement les yeux sur la silhouette menues d’Evelyn.

Il ne la vit pas dans sa maladresse pour refermer, le battant claquant, trop occupé à détailler les lieux et… à s’imprégner de ce sentiment. Grisant, intimidant, presque effrayant en fait. Il venait de pénétrer dans sa demeure et voilà même qu’elle l’invitait dans son repaire. Est-ce qu’elle était aussi ouverte avec tout le monde ? Combien d’autres garçons étaient venus « voir ses livres dans sa chambre » depuis qu’elle était là ? Involontairement, le cadet Blackmore se sentit pris dans un fantasme qui mettait en conflit hormones et conviction. D’un côté, ça l’arrangerait qu’elle soit une Marie-couche-toi-là : il pourrait sauter les étapes les plus délicates – ou embarrassante – et courir au passage crucial où il assouvissait ses désirs charnels, encore maladroits et tumultueux à cet âge. De l’autre, il n’avait jamais aimé les filles faciles – ce qui était compliqué car selon son jugement très critique, une grande majorité des représentantes du sexe opposé l’était. Alors même si l’envie de noyer ses pensées pour Joann dans un orgasme lui brûlait sa peau… il ne saurait s’attacher à son hôte si sa visite se soldait par une partie de jambe en l’air.

- Oui ? Hum…

La jeune femme l’avait tiré de ses rêveries. Le rouge montant aux joues, il la regardait du haut de sa marche d’escalier. C’était dingue comme vue d’ici… elle ressemblait à une innocente biche prise dans les phares d’un 36 tonnes. Swann ne pouvait pas prétendre avoir une carrure imposante mais son esprit lui… était un démon acéré et griffus qui se refermerait impitoyablement sur elle si elle ne faisait pas attention. Écarte-toi vite de la route Evy… Tout en déboutonnant son manteaux, il parvint à reprendre le contrôle des muscles de son visage pour lui offrir un sourire calculé et aimable.

- Je prendrai ce que tu as, je ne suis pas difficile, il savait surtout qu’ils avaient beau avoir une vie plus aisée, les stocks n’étaient pas toujours diversifiés, ni infinis, tu as un porte-manteau ?

Confiant son vêtement en cachemire à Evelyn, non sans que leurs doigts ne s’effleurent et que ses orbes d’acier se heurtent à ses iris noisette, Swann monta alors doucement à l’étage. Il ne voulait pas faire de bruit, comme s’il risquait de faire peur à sa chambre en arrivant avec ses gros sabots. L’homme de la maison n’était visiblement pas là et c’était une excellente nouvelle. Une fois sur le palier, l’étudiant se rendit compte de deux choses : d’une, il ne savait pas de quelle pièce il s’agissait ; de deux, il n’osait vraiment pas s’introduire dans son intimité dans être accompagnée par la locataire de la maison. Pour ne pas être pris en flagrant délit de gêne, il se pencha vers l’escalier pour devant à retardement :

- En fait… tu n’as pas besoin d’aide avec les boissons ?


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Evelyn Collins
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MessageSujet: Re: Why do good girls like bad guys   Ven 27 Oct 2017 - 21:38



Why do good girls like bad guys  
Ft Swann
Pas de choix distinct concernant une boisson en particulier, bien, Evelyn nota l'information dans un coin de sa mémoire. C'était qu'une futile petite info certes mais elle s'en contenterait, d'ailleurs, ne fallait-il pas se contenter des choses simples désormais ? Bien entendu que si, faire la difficile ne servirait à rien dans un tel univers puis, le simple fait de savoir qu'il ne la contraignait à rien de particulier, l'invitait à le voir comme quelqu'un de simple et peut-être aussi discret qu'elle. Opinant donc, tout en réceptionnant son manteau qui, de par le contact fugaces de leurs doigts, lui arracha un frisson dévorant, la jeune fille s'éloigna tandis qu'il s'élançait dans les escaliers. Pour un peu, le cachemire qu'elle tenait précieusement entre ses bras, aurait pu l'inviter à rêver davantage. Son parfum recouvrait l'étoffe, c'était d'ailleurs la première fois qu'elle avait l'occasion de le sentir et de s'y attarder, après tout, la veille, l'extérieur, le temps et la brise, ne lui avaient guère offert pareil présent. C'était grisant, elle l'aimait déjà beaucoup trop pour imaginer pouvoir devenir une véritable amie, peut-être une confidente, non...

Elle ne pourrait clairement pas envisager une relation si « simpliste » avec lui, tout bonnement car, à l'idée qu'il puisse lui parler de ses plausibles histoires d'amour, elle en crèverait de jalousie.  Néanmoins, et tandis qu'elle idéalisait déjà les choses sans être certaine qu'il puisse découler quoi que ce soit de cette journée, Collins se prit à croire qu'il valait mieux devenir son amie plutôt que rien du tout. Même jalouse, elle saurait faire face, elle l'avait déjà fait autrefois... mentir. Elle avait déjà modifié son comportement et son histoire pour d'autres et jamais personne ne s'en était aperçu, néanmoins, à l'idée qu'un jour Swann puisse lui parler d'une autre fille, par exemple de cette Casey qu'elle enviait secrètement, son cœur se serra tout comme les doigts qui retenaient l'étoffe. Mieux valait réfuter ces idées noires, et, pour ce faire, tout autant parce qu'il l'attendait, la gamine termina par pendre le vêtement dans le placard qui jouxtait la porte d'entrée puis rejoignit la cuisine à la recherche d'une boisson capable de lui faire plaisir. Fouillant les placards, même forcée de grimper sur le plan de travail étant donné sa petitesse, Evy parvint enfin à extirper deux verres de leur étagère ainsi qu'une bouteille de soda. Puis le liquide rejoignit les récipients durant un instant de rêveries qui prit fin, d'une bien mauvaise manière lorsque la voix de son invité retentit depuis le hall de l'étage.

- Non ça, Et là, le drame, surprise, tout autant que déstabilisée, la jeune fille relâcha l'un des verres qui, sous un plissement d'yeux de sa part, termina par s'éclater contre le carrelage. ira.... Ce dernier mot, Swann ne dut guère l'entendre, malgré tout, et bien qu'il fut encore loin d'elle, le brouhahas créé par l'incident avait sans doute attiré son attention. Bécasse ! Siffla-t-elle, à sa propre intention, en cherchant déjà de quoi nettoyer.

De l'essuie tout suffirait, néanmoins, et pour éviter que les semelles de son colocataires ne restent collées au sol, elle serait forcée de laver. C'était bien sa veine, elle qui, d'ordinaire, était plutôt calme et loin de la maladresse physique de certains autres, n'était qu'une boule de nerfs, émotive à souhait, et incapable de rester zen plus de deux minutes, lorsque Swann Blackmore était dans les parages. Un soupir fila ses lèvres et désormais, alors qu'il lui semblait entendre du mouvement à l'étage, que le jeune homme pouvait tout aussi bien avoir décidé de descendre malgré sa réponse, simplement pour s'assurer qu'elle ne s'était pas écorchée vive avec l'un des bris de verre, ses gestes devinrent aussi brouillons que précipités. Nettoyer... Non, ramasser les éclats avant oui... Déblayer et éponger ensuite.... Ramasser et....

- Aïe ! Couina-t-elle instinctivement dès lors qu'un morceau, plus effilé que les autres, se planta dans l'extrémité de son index.

De suite, une goutte rouge s'échappa de l'éraflure minuscule et sa réaction fut celle de centaine de personnes dans pareille situation, ni une ni deux, elle logea le doigt entre ses lèvres pour subitement rouvrir de grands yeux en le voyant apparaître dans la pièce. Pour être honnête, elle aurait appréciée qu'il ne descende pas, du moins pas avant qu'elle ait terminé de nettoyer ses conneries. Mais il l'avait fait et, déjà, tandis que son cœur battait de honte à l'idée qu'il puisse la trouver - en plus de très ennuyeuse -  empotée, elle restait clouée sur place comme le Christ sur sa croix.

- J'ai..... j'ai.... Les mots s'entrechoquaient dans son crâne sans trouver leur ordre précis entre ses lèvres, fort heureusement elle avait viré la phalange de ses pétales pour tenter de s'exprimer clairement. Evy paniquait déjà, un peu comme lorsque ses parents la réprimandaient jadis. Et pourtant ce n'était rien, il n'y avait pas mort d'homme, mais la présence du jeune homme n'arrangeait rien au débit saccadé de ses paroles. Je m'attendais pas à c'que.... tu..... enfin j'ai... et voilà...

La fin de sa phrase – si on pouvait appeler ça une phrase – fut accompagnée d'un geste tremblant vers les restes du verre baignant dans une flaque de boisson gazeuse et par une réaction trop vive – mélange de frisson horrifié et de pâleur subite – à la vue du filet de sang qui maculait désormais son index. Collins n'était pas rebutée par ce liquide non, mais depuis que le monde n'était plus celui qu'elle avait connu autrefois, pire encore depuis qu'elle avait failli mourir sous les mâchoires d'un rôdeur, l'hémoglobine avait tendance, en trop grande quantité, à la figer sur place.





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Swann Blackmore
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MessageSujet: Re: Why do good girls like bad guys   Sam 28 Oct 2017 - 11:09

« Ça ira » qu’elle disait mais visiblement, ce n’était pas le cas. Swann entendit le grand fracas du verre qui se brisait, il en avait même sursauté. Ce n’était pas qu’il était sadique mais quelque part, cet incident lui donnait une excellente raison de ne pas rester planté à l’étage comme un idiot. Il redescendit alors les marches, accéléra même le pas en entendant son hôte couiner qu’elle s’était fait mal. La vision qu’il eut en trouvant la cuisine avait quelque chose… d’effroyablement normal. La blonde, l’index dans la bouche pour sucer sa blessure. Notamment pour lui qui se remettait tout juste d’une blessure par balle – il avait laissé tomber l’écharpe il y a deux jours – il en avait oublié qu’il existait aussi des incidents domestiques.

- C-c’est pas grave, assura l’étudiant comme s’il était chez lui, fais voir ?

Il s’avança jusqu’à Evelyn, faisant son possible pour ne pas marcher dans la flaque de soda, et prit sa main dans la sienne pour évaluer les dégâts. Ce n’était vraiment pas grand-chose, c’était même pathétique quand on savait ce qui pouvait arriver aux gens en expéditions. Néanmoins, la jeune femme semblait réellement bouleversée. Elle tremblait, perdait ses moyens, et jamais le cadet Blackmore ne se dit qu’il pouvait en être la raison première. Ravalant quelques paroles aigries, optant pour une douceur un peu hypocrite, Swann lui glissa un « bouge pas » avant d’attraper une feuille d’essuie-tout et d’y envelopper le doigt de son hôte. A chaque fois que leurs peaux s’effleuraient, il avait un frisson étrange. Ce n’était pas habituel, ce genre de contact, surtout avec le sexe opposé. Ses joues rosirent légèrement et ses yeux gris évitèrent de croiser ceux d’Evelyn.

- Tiens, reste là, je vais… je vais nettoyer. Je t’assure, insista-t-il avant qu’elle ne puisse protester.

Le héros des temps moderne ! Retroussant les manches de son pull et de sa chemise, l’étudiant rapprocha la poubelle et s’accroupit pour ramasser un à un les gros morceaux de verre. Il redoublait de précaution, histoire de ne pas se blesser comme la blonde, laissant planer un silence un peu embarrassant. S’il laissait filer les mots, il lui rappellerait froidement que c’était un peu ridicule d’être à ce point affectée par une coupure superficielle quand pas plus tard que l’été passé, de nombreuses personnes de leur groupe étaient rentrées à l’article de la mort. Au lieu de ça, il rassembla tout le tact dont il disposait pour demander :

- Tu as… tu as dû en voir de plus dur que ça dehors, pas vrai ? Il releva la tête pour lui sourire, ça ira.

Bon, pour les gros débris, ça y est. Ne restait plus que la serpillère. Pour les morceaux plus petits, il faudrait passer le balai quand ce sera sec. Ou les laisser là et espérer que Lucas se balade pieds nus et marche dessus. Cruel dilemme. Swann se redressa et se dirigea vers l’évier pour rinça le bout de ses doigts enduits de soda. Espérant quand même ne pas avoir fait de boulette, il ajouta :

- Je… désolé. Je suis ici depuis le début alors… quand de nouvelles personnes arrivent… je m’intéresse souvent à ce qu’ils ont dû endurer, il s’approcha d’elle jusqu’à la dominer de toute sa taille et imita parfaitement une moue compatissante, ça a dû être horrible…


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Evelyn Collins
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MessageSujet: Re: Why do good girls like bad guys   Sam 28 Oct 2017 - 23:51



Why do good girls like bad guys  
Ft Swann
Il allait la prendre pour une barge, une tarée - débarquée de sa cambrousse - qui chouinait pour des broutilles pendant que le monde, hors de leurs remparts, souffrait davantage. Sa présence l'intimidait, peut-être trop pour terminer par pleurer alors que quelques larmes humectaient son regard. C'était récurrent, une connerie, même infime et sans grande envergure, lui arrachait des pleurs. Toute petite déjà c'était le cas, sans doute car elle voulait tellement bien faire que l'échec la terrorisait. Ici, c'était comme une sorte d'échec, une perte de moyens ou de confiance, face au garçon pour lequel son cœur battait sans qu'elle n'en ait le contrôle. C'était suffisamment gênant, outrageusement honteux, au point que lorsqu'il se baissa, alors qu'elle ne dégageait plus les yeux de la perle écarlate contre son index, Evy reprit une inspiration saccadée afin de réprimer les stupides sanglots qui lui obstruaient déjà la trachée. Mais quand il lui agrippa délicatement la main, pour y constater les « dégâts » un frisson la fit papillonner des cils. Ne pas croiser son regard, se répéta-t-elle intérieurement alors que, déjà, Swann s'emparait d'un morceau de papier absorbant pour panser – temporairement – sa blessure. Il était différent des autres, plus attentif, plus dévoué que la plupart de ceux qu'elle connaissait ici, du moins c'est l'impression qu'elle eut lorsque, sans vouloir la voir le lui interdire, il lui assura qu'il allait s'occuper des débris et flaque étendus au sol.

Figée, désormais droite comme un I, autant qu'elle était blanche comme une morte, Evy sentit l'embarras l'étouffer au point qu'elle dut tirer une chaise et s'y asseoir. L'instant lui déplaisait autant qu'il la touchait, car outre l'impression de se sentir vaine, voir inutile, elle entrevoyait quelques facettes de la personnalité de son invité. Il était adorable, c'était le premier mot qui lui venait à l'esprit en l'observant dégager les bris avec précaution, aimable et aussi doux qu'elle pouvait l'être à ses heures. Si elle n'avait guère eu le cœur battant pour lui – bien avant ce moment – sans doute que l'organe se serait mis à tinter de la plus touchante des manières. Sans doute l'appréciait-il suffisamment pour faire ce qu'il faisait à l'instant... Elle y croyait néanmoins puis, l'hypothèse n'était guère farfelue car, s'il ne l'aimait pas, s'il la haïssait, alors pourquoi serait-il revenu la voir aujourd'hui même ? Ces songes, aussi faussés par les sentiments étaient-ils, la poussèrent à rosir lorsqu'une question retentit alors qu'elle observait le doigt qu'il avait pansé plus tôt.

- Ou... Elle se racla la gorge, visiblement la sphère émotive ne s'était encore trop évaporée. oui.

Même si son sourire – qui déjà lui en arrachait un – allégeait quelque peu ses dires, Evelyn ne pouvait que lui donner entièrement raison. Elle avait vécu bien pire autrefois, lorsqu'elle était dans les sanitaires de la faculté par exemple. Immédiatement, ces souvenirs l'invitèrent à clore les paupières et à frissonner, de pieds en cape, sur sa chaise. Ce jour là, si Warren n'avait guère été présent, elle ne serait pas ici, à l'observer terminer de récurer et à rosir comme une idiote amourachée. Soucieuse de ce qu'il pouvait penser d'elle désormais, Collins baissa de nouveau les cils vers la poupée éphémère à son doigt. Le blanc devenait presque grenadine, peu à peu le rose passait au rouge, elle ne pourrait pas rester longtemps avec ce papier autour de l'index même si, bêtement, elle appréciait ce futile petit pansement car le garçon, qui se rinçait les mains désormais, en était l'auteur.

Tandis qu'il reprenait la parole, un autre frisson jaillit alors, mais cette fois il fut plus agréable. Il n'était que le fruit du souvenir de leurs peaux se frôlant, suffisant pour l'inviter à rêver puis à se redresser, aussi vite qu'elle le pouvait, dès lors qu'il revint dans sa direction. Inutile qu'il la pense incapable de se relever, prête à tourner de l’œil, suite à un incident n'en était pas vraiment un. Il venait déjà de prendre sa place pour rattraper ses conneries, il n'allait pas en plus devoir s'agenouiller pour lui parler... Cette idée, bien qu'irréalisable dans l'unique but de garder une certaine contenance, la séduisit au point de l'inviter à lui offrir un sourire qu'il dut prendre pour une sorte de gratitude. D'ailleurs, pour ne rien dévoiler, Collins jugea bon de lui souffler un merci histoire de garder une certaine maîtrise d'elle même, mais, une fois debout et face à lui, qui la surplombait de toute sa stature à quelques millimètres à peine, Evy ne put qu'entrouvrir les lèvres sans cesser de se noyer dans ses prunelles limpides.

Pourquoi ce mot – horrible – sonnait étrangement suave entre les lèvres de Blackmore ? C'en était presque fascinant à quel point, dans sa bouche et sur sa langue, la définition même de ce terme prenait une toute autre envergure. Habituellement, les gens parlaient d'horreur en pleurant, en tremblant, lui non... Il évoquait cela d'un ton presque soufflé, attentif, qui ne demandait que des réponses qu'elle n'était pourtant prête à donner à quiconque. Pour lui, elle aurait vendu sa propre mère sans doute – bon certes elle exagérait, mais l'intention y était –, elle se serait sans doute damnée, ou aurait vendue son âme au diable pour que son prénom, aussi détestable était-il, rende aussi bien que ce « horrible » entre ses pétales. N'était-ce d'ailleurs pas l'impression qu'elle avait eu la veille en l'entendant ? Oui, c'était le cas, Swann aurait presque pu lui faire apprécier le patronyme que ses parents avaient jugé bon de lui offrir à la naissance en l'honneur d'une grand mère qu'elle n'avait jamais connu. Pourtant, le silence s'installait, s'étirait et elle n'avait encore donné de la voix, elle se contentait de sombrer au creux de ses yeux et de s'imaginer l'effet que ça lui procurerait si, toutefois, ses lèvres se heurtaient aux siennes ou, encore, s'il ancrait les pétales à sa peau pour la marquer à vie. Mais là, elle secoua la tête et tenta de reprendre le fil de ses pensées.

- J'ai.... J'ai vécu un moment à la Faculté de Seattle. Lâcha-t-elle sans chercher à lui dissimuler quoi que ce soit.

Il venait de l'aider, de lui prouver qu'elle pouvait avoir confiance et qu'il pouvait l'écouter sans juger. Oui, il ne l'avait pas jugé sur sa maladresse ou sur le fait que ce qu'elle venait de vivre n'était qu'une bricole comparé à ce que vivaient d'autres gents à l'extérieur du Fort.

- L'armée avait réquisitionné quelques bâtiments, les soldats nous ont très vite empêcher de sortir du périmètre.... et...... plus tard ils sont partis sans prévenir sans..... Sans nous emmener. Les souvenirs étaient pénibles et elle les revoyaient entre leurs deux paires d'yeux. Swann n'avait guère les images mais son timbre devait suffire à lui intimer toute la peur et la souffrance qu'elle avait ressenti. J'ai pas revu mes parents restés à Richland et.... j'ai.... Cette fois, une larme dévala la rondeur de sa joue tandis qu'un sourire triste étirait la commissure de ses lèvres. J'ai pris aucun de leurs appels..... j'ai juste cru que tout ce tasserait..... puis les jours suivants, c'était trop tard. Mais, le groupe de gens à la Fac s'est pris la tête, après il ne restait que moi et quelques Étudiants. On a survécu comme ça durant quelques mois, j'suis jamais allée à l'extérieur et j'aurai du parce que..... parce que..... En croisant du regard ses lèvres, elle aurait juré qu'il avait répété son « parce que » simplement pour l'entendre cracher le morceau. L'un du groupe est revenu, personne savait qu'il avait été mordu et quand.......... Quand j'étais partie me rafraîchir il m'a..... il m'a.... il s'est jeté sur moi. J'en avais jamais vu, j'ai jamais eu aussi peur mais quelqu'un m'a aidé.

Prononcer le nom de Warren lui était impossible, peut-être car, par frayeur, elle l'avait abandonné à son sort sans véritablement savoir s'il était mort sous les coups de feu des types les ayant trouvé dans la station service.

- On a quitté la fac et on a fini par s'arrêter dans une vieille station, mais quand des types sont arrivées, j'ai fui.... j'ai laissé mourir celui qui m'a sauvé la vie. Les larmes coulaient d'elles mêmes, elle n'y avait plus aucun contrôle et tentait vainement de dégager les perles en glissant les mains sur ses joues rosies par la honte et les sanglots. J'ai vécu seule, j'sais pas trop combien de temps, mais j'évitais les morts j'en ai jamais tuer un qui pouvait me saisir... Toujours ceux qui ne pouvaient pas m'attraper, puis tu, Immédiatement, elle se reprit pour ne pas qu'il comprenne l'importance qu'il avait à son regard. vous m'avez trouvé.

La blondinette se tut alors, incapable d'en dire davantage. Puis, n'avait-elle pas tout résumé ? Désormais elle était mise à nue, face à lui, et n'attendait plus qu'une réaction de sa part et, déjà, elle espérait qu'il ne fuit pas comme la veille, qu'il ne la trouve pas horrible, d'avoir abandonné les autres, même Warren à qui elle devait le fait d'être encore de ce monde, pour sauver sa propre peau.





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Swann Blackmore
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MessageSujet: Re: Why do good girls like bad guys   Dim 29 Oct 2017 - 2:12

Et la lumière fut. Au fur et à mesure que Evelyn développait son histoire, l’étudiant voyait s’établir devant lui des dizaines de connexions. Il comprenait plus que si elle avait essayé de lui dire avec des mots, il suffisait d’observer sa gestuelle et ses émotions. Elle était terrorisée et faible. Ce n’était pas une battante, ce n’était une survivante que dans l’aspect le plus littéral du terme. Elle ne méritait pas d’être là, elle avait simplement eu de la chance. Une effroyable chance qui l’avait amenée ici, sur ce havre quasiment préservé du chaos. Si cette fille respirait, si elle mangeait, si elle buvait, indirectement, c’était grâce à lui. C’était la première fois que Swann rencontrait quelqu’un comme ça depuis l’épidémie : généralement, les gens étaient comme Takeo ou Casey. Ils avaient leurs propres convictions et s’ils se pliaient aux ordres sans rechigner, ils n’étaient pas entièrement convaincus par l’idéologie de ce qu’ils menaient.

La jeune femme, elle, était – ça faisait mal de l’admettre – un peu comme lui, au lendemain de la mort d’Apple. Ce moment où il avait compris que depuis le début, ils n’étaient que des moutons dans un pré, protégés du grand méchant loup par les bergers. Evelyn était une page blanche, griffonnée par la peur, mais le jeune Blackmore y voyait là une toile parfaite pour une œuvre qu’il aiderait à peindre : l’amener à comprendre ce qu’il avait compris, la transformer en prédateur.

Lentement, avec des gestes encore maladroit, Swann ouvrit les bras pour l’enlacer et l’attirer contre son torse. Il grimaça légèrement à cause des tiraillements dans son épaule mais autorisa son hôte à déverser ses larmes contre la laine de son pull. Ses mains un peu gauches la tapotaient dans le dos, souhaitant l’encourager à se laisser aller, alors qu’il murmurait :

- Je suis content de t’avoir trouvée, il faisait exprès de parler à la première personne, pour s’accaparer la figure du héros, je n’aurais… pas aimé que tu… finisses comme les autres.

L’espace d’une seconde – une très courte seconde – il se demanda si dans son rôle ce manipulateur, ce n’était pas un peu sincère. Cette fille ne ressemblait en rien à ce qu’il aimait, elle semblait inutile, presque handicapante, mais en même temps… quelque chose dans sa candeur et sa fragilité ravivait les souvenirs de sa défunte petite-amie. C’était en filigrane, une impression fugace impossible à décrire. Même entre ses bras minces, Evelyn lui donnait l’impression de pouvoir casser à la moindre et lui, sadique, ne savait choisir entre la protéger ou la briser. Peut-être les deux. Après l’avoir laissée pleurer un instant, l’étudiant accompagna son hôte à son propre et la fit s’asseoir à côté de lui. Dans tout ça, il n’avait même pas remarqué qu'il gardait ses doigts emprisonnés dans les siens.

- La plupart des gens deviennent fous en dehors d’ici, tu sais ? Ils… ils redeviennent sauvages et violents, il marqua une pause volontairement dramatique, on essaye de sauver le plus de monde possible, comme on a pu le faire avec toi, mais parfois… parfois c’est trop tard.

Swann se pinça les lèvres dans une expression désolée parfaitement hypocrite. Il n’avait pas regretté ses meurtres ni la façon avec laquelle il avait condamné des hommes à se faire dévorer vivant à sa dernière sortir. Ses yeux gris soutenaient le joli emballage de sa vérité déformé, pénétrant dans ceux d’Evelyn comme s’il cherchait à l’ensorceler et à lire jusqu’au tréfond de son âme.

- Comme cet été par exemple : tu ne souviens qu’on était partis en grosse mission en nombre ? En pensait pouvoir faire venir un groupe de gens et leur offrir… tout ce qu’on a : la civilisation, le confort, la protection, il secoua négativement la tête dans une déception à peine feinte, ils ont refusé notre aide et nous ont attaqué.

Inutile d’entrer dans les détails de comment ça s’était terminé, chaque chose en son temps. Avant de pouvoir l’endoctriner avec le fait d’accepter de tuer sans avoir de remord, il devait déjà poser les graines de leur mode de pensée. Il ne savait pas où elle en était ni si elle avait suivi ou écouté les discours du sénateur. Le b.a.ba c’était de saisir qu’ils faisaient toute ça pour la bonne cause ; que chaque action, même la plus atroce, était un sacrifice nécessaire pour la civilisation.

- Alors je suis content que… qu’on t’ait trouvée avant que tu ne deviennes comme ces gens-là… et je suis… sincèrement désolé pour tes amis et ta famille.

Absolument pas : il s’en tamponnait le coquillard avec une sandale égyptienne. Heureusement que son expression faisait parfaitement illusion et pour parfaire sa compassion factice, Swann aposa à nouveau sa main sur la sienne en guise de soutien morale. Main qu’il allait falloir soigner d’ailleurs : la feuille d’essuie-tout dans laquelle était enveloppé son index était rouge sur toute la zone qui cerclait son doigt. Ce n’était pas grand-chose, mais un pansement ne ferait pas de mal – et jouer l’infirmier l’aiderait dans le rôle qu’il essayait d’adopter.

- Tu as une trousse à pharmacie quelque part ?


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You got no place to hide and I'm feeling like a villain ; got that hunger inside. One look in my eyes and you're running 'cause I'm coming ; gonna eat you alive. Your heart hits like a drum, the chase has just begun. Monsters, stuck in your head. Monsters, under your bed. We are monsters ♪
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Evelyn Collins
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MessageSujet: Re: Why do good girls like bad guys   Dim 29 Oct 2017 - 11:21



Why do good girls like bad guys  
Ft Swann
Ses larmes ne cessaient de couler, pour sûr il allait la fuir comme la veille, après tout pourquoi s'apitoierait-il sur son sort ? Evelyn était persuadée, derrière le rideau de perles salines qui dévalait ses traits, qu'il allait partir et ne plus jamais revenir, mais ce à quoi elle ne s'attendait guère c'était qu'il puisse compatir de la sorte. Swann réagit alors, de la plus douce manière au monde, ouvrant les bras et l'attirant à lui alors qu'elle peinait à se calmer. Cette étreinte n'avait peut-être rien à voir avec celles qu'elle s'était mille et une fois imaginé, mais ce contact, l'écho de son cœur, suffisait à l'apaiser. Immédiatement, son visage s'était enfoui contre les fibres de son vêtement, presque instinctivement, ses doigts avaient serré son pull comme pour que jamais plus il ne s'éloigne et qu'elle puisse continuer à saisir le bien être soudain qu'il lui prodiguait. Si elle tremblait à l'instant, ce n'était que les échos des pleurs qu'il la poussait à lâcher sans la juger, si elle hoquetait, ce n'était simplement que pour vider les cuves qu'elle n'imaginait pourtant jamais s'assécher. Jamais elle n'aurait pu prétendre à tel rapprochement, si vite, si précipitamment, alors qu'elle était à mille lieux de la jeune fille qu'elle désirait lui faire entrevoir. Pourtant, sa tristesse, sa mélancolie subite et incontrôlable, l'avait poussé à la réconforter. Ce ne pouvait être qu'un signe, le signe que son cœur ne s'était pas trompé en s'entichant de lui le signe que, jamais, il ne la ferait souffrir bien au contraire...

Il était heureux d'être tombé sur elle, elle ne pouvait que partager ce sentiment et, malgré tout, elle n'en pipa mot tandis qu'il mêlait ses doigts aux siens pour la ramener dans le salon où elle prit place sur le sofa. Swann parvenait à la calmer sans s'en rendre compte peut-être, néanmoins le contact de sa main serrée contre la sienne suffisait sans doute pour l'inviter à reprendre lentement les reines de son corps et de son esprit. Gommant une dernière fois le dessous de ses yeux, la jeune fille redressa péniblement ces derniers dans les siens tandis qu'il évoquait les gens de l'extérieur et leur changement de comportement depuis que l'horreur s'était étendue sur le monde. Ce qu'il disait lui rappelait son vécu, ce qu'elle avait vu et ce qu'elle avait fait pour échapper à la cruauté des hommes, elle ne pouvait donc le contredire, c'était simplement la stricte vérité.

La communauté dont ils faisaient partie ne désirait simplement que tendre les mains à d'autres, elle ne l'avait pas envisagé de cette manière, elle pensait simplement que les régisseurs du Fort estimaient qu'ils étaient les derniers signes de civilisation qu'il fallait à tous prix préserver du reste. La blondinette se sentait d'autant plus coupable du fait, coupable d'avoir cru que ses lois et directives, n'avaient été mises en place que pour eux et non pour le reste des personnes en souffrance hors de leur cocon... Et le tableau que lui brossait le jeune homme lui apparaissait subitement bien plus beau, plus clair, que les idées faussées qu'elle s'était faites à leur encontre. L'image était belle et séduisante, comme si, dans cet univers ravagé par la faucheuse, il y avait encore des gens profondément bons, altruistes, capables de venir en aide aux plus démunis. Désormais, Collins esquissait un cliché encore plus divin de son interlocuteur et même si son monologue la rappela au souvenir d'un été étrange, un simple frémissement en ressorti.

On avait refusé leur aide, on les avait pris en traître.... Véritablement l'Homme n'était plus celui qu'il avait pu être, l'horreur l'invitait à devenir fou et, sur le coup, Evelyn se sentit privilégiée d'avoir su préserver ce qu'elle était et de n'avoir jamais trouvé judicieux de se joindre à quelconques groupes hormis celui duquel Blackmore faisait parti. Encore sensible, elle déglutit puis esquissa un chaleureux sourire à l'intention de son interlocuteur qui lui répétait, une fois encore, qu'il était heureux d'être tombée sur elle, d'avoir pu l'aider et qu'elle ait accepté la main qu'ils lui avaient tendu. C'était sans doute la plus importante décision de sa vie, la plus belle aussi, sans quoi, sans lui, sans doute aurait-elle fuit ceux dont les armes étaient pointées sur elle. Si elle leur en voulait ? Non, car d'après le récit du jeune homme, ils se protégeaient des autres, de leurs intentions parfois sombres, ils s'assuraient simplement qu'on ne se retournerait pas contre eux. Elle comprenait parfaitement même si, sur le coup et derrière leurs canons, elle avait cru qu'ils l'achèveraient au moindre faux pas, ou mauvaise réponse, de sa part... Ils étaient donc simplement sensés, encore capable de bonté et de courage, chose dont manquait cruellement les hommes l'ayant arraché au groupe qu'elle avait rejoint au début du chaos.

- J'suis véritablement navrée pour ta maman et.... enfin tes parents. Murmura Collins.

Dans ses plus précieux souvenirs de lui, Evelyn ne se souvenait guère avoir aperçu sa mère ou son père et, d'après ce qu'elle retenait de ses confidences, il vivait ici depuis très longtemps, même bien avant que l'enfer désire régner sur terre. Elle imaginait sans mal qu'il les avait perdu, cependant, savoir la manière ne lui venait pas à l'esprit simplement car, lui en parler le ferait peut-être souffrir et elle ne désirait guère être l'instigatrice de pareille douleur. Une nouvelle fois sa main rencontra la sienne. La jeune fille y déposa les yeux et pinça les lèvres aux délices de sensation que lui prodiguait ce simple contact, néanmoins, sa voix la ramena sur terre et à aux Topazes qu'étaient ses prunelles.

- Y a …. doit y en avoir une dans la salle d'eau derrière l'escalier. Approuva-t-elle en opinant du chef.

Doucement, la blondinette se redressa, quittant à regret le contact chaleureux et bienfaiteur de ses phalanges, lissa la mousseline prune de sa tunique, puis se dirigea dans la direction indiquée. Ce n'était pas il « doit » mais « il y avait », elle en était persuadée pour avoir rangé elle même le nécessaire dans l'armoire miroir qui surplombait la vasque. Sans attendre donc, l'étudiante ouvrit cette dernière, se hissa en appuyant une main sur le lavabo, et agrippa la trousse où elle trouverait de quoi changer le pansement rougi qui cerclait son index, puis referma le battant pour subitement croiser son air morne, rose et usé, que le reflet cruel lui rendait. Les paupières rouges, les yeux brillant, elle était belle la gamine qui ne désirait que passer un agréable moment avec le garçon de ses rêves. Elle ressemblait à une faible chose, meurtrie et incapable de se relever, qui n'avait aucune valeur propre sinon celle d'être incapable de faire face aux plus petits défis que la vie lui imposer. Pour autant, elle ne dit mot et baissa les traits pour quitter la pièce et revenir dans le salon. Swann avait raison, se couper le doigt n'était rien, ce n'était qu'une futilité sans intérêt contrairement aux monstruosités du dehors, elle ferait donc face et s'endurcirait, pour lui, quitta à quémander de l'aide auprès de Lucas ou de ce Stanley, pour être plus à même de survivre et de potentiellement devenir, plus tard, l'un des membres qui subvenaient aux besoins des autres, qui aidaient ou qui tendait leurs mains à ceux qui n'imaginaient pas qu'un tel havre puisse exister.

- Je l'ai trouvé... Dit-elle en déposant le tout sur la table basse pour ensuite à nouveau s'assoier auprès de lui. Par habitude, elle replaça une mèche derrière son oreille puis ouvrit la boîte pour entreprendre, elle même, de désinfecter et changer le papier pour un pansement plus adéquat. Faut que j'apprenne..... Reprit-elle sans regarder son regard afin de ne pas rosir. Il faut qu'je sache me défendre, enfin, j'imagine que si je veux aider, il faut que j'sois capable de me débrouiller pour ne pas être un poids pour ceux avec lesquels je pourrait sortir plus tard et... Alors qu'elle avait songé à Lucas, puis Stanley, subitement, en croisant ses prunelles, Evelyn se remémora que, lui aussi, tenait une arme à feu lors de leur rencontre. Le pansement attendrait donc, il fallait qu'elle lui demande. Tu, tu pourrais m'apprendre à....tenir un... flingue ?





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