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 Slow town

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Emerson R. Barnett
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MessageSujet: Slow town   Dim 15 Oct 2017 - 13:02

« Merde… » Grogna Emerson en sentant qu’appuyer sur les pédales ne changeait pas grand-chose au fait qu’elles ralentissaient inévitablement la cadence.

Ses yeux passèrent de la route à la jauge d’essence qui frôlait cruellement le zéro. Elles étaient en panne. Un soupir lui échappa, alors que ses mains étaient rivées sur le volant. Elle parvint à ralentir doucement et à basculer sur le côté de la route, pour éviter de se planter au milieu pour rien. Le moteur n’émit plus aucun bruit, ni aucune vibration, et repasser le contact ne servit à rien. Quelques mètres en plus ne l’auraient pas dérangé. Seulement quelques mètres, supplia-t-elle avant d’abandonner, retirant la clé du contact en se tournant vers April.

« Je te promets, je ne te fais pas le coup de la panne… » S’excusa-t-elle avant de lui adresser un sourire.

C’était couru d’avance : leur jauge n’était pas au mieux à leur départ, et elles avaient de toute façon prévu de devoir s’arrêter en route, juste pour refaire le plein. Si elles avaient réussi à rentrer dans Seattle, elles n’avaient pas pour autant trouver de quoi faire en route. En tout cas, pas assez. Emerson s’extirpa du véhicule pour récupérer son bidon d’essence vide ainsi qu’un tuyau qu’elle enroula avec précaution autour de son épaule. Il y avait quelques épaves à siphonner mais vu que la plupart des réservoirs était déjà éventré et étant proches des quais, le plus judicieux serait peut-être d’aller voir pour les bateaux à moteur.

Il fallait ruser. Jouer de chance aussi. Désignant le bas de la rue de la tête, elle présenta à April sa solution toute trouvée :

« On va rejoindre les quais. » Lui fit-elle avec un sourire qui se voulait rassurant : « On aura peut-être pas la poisse là-bas. »

Ça n’allait clairement pas être une partie de plaisir, elle en avait parfaitement conscience. Si elles n’avaient pas atteint le centre de Seattle, les rues restaient particulièrement difficiles à pratiquer. Et si celle-ci était pour l’instant déserte, elles savaient qu’en un rien de temps l’endroit pouvait être investi par une nuée de morts juste pour leurs beaux yeux. Entamant sa marche avec la blonde à ses côtés, elle rangea son arme à sa ceinture, accessible pour pouvoir s’en servir rapidement.

Ses bras étaient encombrés par ce qu’elle portait, qui heureusement, si c’était volumineux, n’était pour l’instant pas bien lourds. Lorsque le bidon serait plein, tout serait définitivement moins simple. Pour ça, il faudrait trouver de quoi le remplir, ce qui n’était évidemment pas gagné. L’angoisse lui tenait les tripes : il y avait tellement à penser en même temps. Ramasser des vivres, avoir un véhicule, trouver des armes pour pouvoir se défendre… La liste était longue, et elle n’en voyait pas le bout.



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April E. Hamilton
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MessageSujet: Re: Slow town   Dim 15 Oct 2017 - 15:16

La voiture avait perdu de la vitesse, crachotant les dernières gouttes d’essence collées au fond du réservoir. Une fois à l’arrêt sur le côté de la route, la blonde poussa un soupir résigné : ce n’était pas la première fois qu’une tuile lui tombait sur le coin de la tête et ce ne serait certainement pas la dernière. La boutade de sa cadette lui tira un mince sourire, mi-amusée, mi-blasée. Elles n’avaient plus que ça de toute façon : leur capacité à ne pas se laisser abattre, parce que ce voyage n’avait rien apporté d’autre. Rien à la hauteur de leurs espoirs en tout cas. A son tour, April quitta le van et coinça machinalement son flingue déchargé dans le bas de son dos, avant de le recouvrir par sa veste.

Le temps d’avait pas changé. Toujours aussi gris, humide, déprimant. La quarantenaire hocha la tête pour valider les instructions de sa complice et repoussa quelques mèches de cheveux emmêlées qui s’obstinaient à troubler son champ de vision. La lame de son couteau chuinta quand elle la sortit de son étui, de façon préventive. La chirurgienne était encombrée par leur paquetage, il fallait au moins que l’une des deux soit prête à réagir vite si une charogne s’invitait par surprise.

Les quais étaient sinistres. La couleur acier du ciel nuageux se reflétait à la surface de l’eau, entre les épaves couvertes de mousse et autre champignons qui proliféraient à l’humidité. Aucun de ces bateaux ne devait plus être en état de marche, ils ne flottaient plus que par dépit, comme des dépouilles misérablement enchaînées au port. Une ou deux mouettes battirent des ailes dans ce décor désolé, silencieuses, comme si elles aussi, ne voulaient pas alerter les mordeurs.

Un raclement de gorge alerta April qu’elles venaient de croiser un cadavre. Il n’avait pas l’air excité, ni accompagné, seulement hagard et égaré. Elle attendit qu’il approche, tendit un bras pour l’attraper par le col et enfonça sans hésiter sa lame dans un orbite énucléé. Il se figea, relâcha l’épaule qu’il avait agrippé puis ses genoux plièrent au ralenti. Les yeux bleus de l’aînée s’attardèrent sur les traits mutilés, juste une seconde, pour s’assurer qu’il ne s’agissait pas de Rowen. Elle le savait déjà, mais c’était devenu un réflexe morbide.

- On va trouver, glissa soudainement la blonde à Emerson, ne t’en fais pas.

Ce n’était pas vraiment de l’optimisme – c’était loin d’être dans ses habitudes – mais elle percevait les inquiétudes de sa cadette. Le rôle qu’elle avait endossé d’était pas facile ; ce n’était jamais évident de se retrouver responsables d’autres personnes. Elles étaient égales, semblables, mais ses quelques années de plus faisaient qu’instinctivement, April se voulait bienveillante envers sa complice. Un peu comme une aînée qui l’aiderait à garder le cap quand elle douterait de sa boussole.


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Heather Wu
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MessageSujet: Re: Slow town   Dim 15 Oct 2017 - 17:34

La route avait été longue mais heureusement peu mouvementée. Heather conduisait depuis l'aube et voulait souffler. Elle s'était enfin décidée à faire ce grand voyage qu'elle prévoyait depuis des semaines. Naïvement, elle avait songé à "emprunter" un ferry pour aller de l'autre côté de l'Elliot Bay. Ça aurait permis à la jeune femme d'éviter un sacré détour.
Conduire en étant en état d'alerte permanent était épuisant.

Elle s'appuya lourdement sur son volant en contemplant cette eau verdâtre qui la séparait de l'objectif qu'elle s'était fixée. Si près et en même temps si loin...
Le temps n'arrangeait pas son humeur morose.

Bah, au moins il ne faisait pas trop froid malgré les averses. Ses mains cherchèrent d'elles même un paquet de cigarettes dans le vide-poches, mais ne tombèrent sur rien de très utile. Il n'y avait que le plan de la région, quelques crayons et papiers d'emballage là-dedans.
Elle donna un léger coup de poing dans le tableau de bord avant de jurer. Le clapotis des vagues et la pluie masquèrent cela malgré le fait que ces fenêtres soient ouvertes.

Elle n'avait trouvé aucun navire capable de supporter le poids de son véhicule en état de marche et encore moins d'essence. Nombre de survivants devaient être passés avant elle avec pour idée de gagner le large ou de refaire un plein.

Heather fouilla du regard l'habitacle de son pick-up. Des fois qu'un fantôme eut oublié son briquet ou un paquet...

Elle soupira bruyamment avant d'ouvrir sa portière et de sortir du véhicule une nouvelle fois. Elle projeta sa veste sur la place du mort avant de s'approcher de la jetée. Elle s'étira en observant les carcasses de navires couverts de verdures. Elle ramassa un caillou et l'envoya dans les flots, de toutes ses forces, le plus loin possible. Elle répéta ce geste plusieurs fois cherchant même à réaliser quelques ricochets avant de s'en retourner auprès de sa voiture.

Heather contempla sa Chevrolet d'un air perplexe. Elle contenait sa vie après tout. Elle n'avait pas peur pour la quantité de fuel qui lui restait, mais pour sa qualité. Bon, c'est sûr que personne ne lui reprocherait de massacrer la nature avec une essence de mauvaise qualité... Mais ça n'était pas très bon pour le moteur d'utiliser du fuel de chauffage. À la longue, il s'encrasserait sûrement.
Elle fit le tour du véhicule pour vérifier que tout était nickel. Elle avait rayé plusieurs fois la peinture, mais en dehors de ça, rien de bien inquiétant. Sa première pensée en observant les griffures fut de ce dire qu'elle n'avait toujours pas fini de la payer et la deuxième fut d'estimer que le gris métallique ne masquait absolument pas ces dégâts superficiels.

À l'arrière du pick-up, elle avait ses outils de jardinage ainsi que plusieurs jardinières vides. Il y avait aussi quelques outils provenant de son garage, une herse de police et un pneu de rechange. Dans l'habitacle, elle avait posé sur la banquette arrière ses affaires de rechange ainsi que ses provisions. Rien de très folichon, mais de quoi tenir un peu de temps sans avoir à se ravitailler.
Le tout était emballé dans un sac marin et quelques sachets en plastique divers de manière assez anarchique. Elle avait juste veillé à bien séparer les graines et à les ranger dans des boites étanches et étiquetées.
Sur la place du mort reposaient son sac à dos et son fusil en plus de sa veste désormais trempée.

Elle venait enfin de quitter son foyer comme des millions avant elle et n'avait emporté que ce qui lui semblait nécessaire. C'est-à-dire d'avantage que son propre poids.
En observant ce bordel, elle s'estima chanceuse d'avoir eu le temps de préparer son départ. Ils étaient nombreux à ne pas avoir eu cette "chance".

Elle avait le moral dans les chaussettes. Toute cette "aventure" n'était plus que folie à ses yeux maintenant qu'elle était arrivée dans la banlieue de Seattle. Elle s'était elle-même approchée de la plus grande concentration de rôdeurs et de tarés de l'état.

Heather contempla son reflet dans la carrosserie du véhicule. Elle se trouvait vraiment un air stupide avec son débardeur, son gilet pare-balles et le badge de policier de Tess à la ceinture. Qu'espérait-elle en se grimant comme elle ? Ça ne la ramènerait pas.

Elle se posa contre le capot du véhicule et jura. Elle se sentait pathétique. Du mouvement attira son regard à l'autre bout du dock. Deux silhouettes s'approchaient d'elle par le chemin qu'elle avait emprunté une bonne demi-heure auparavant.

"Manquait plus que ça..."

Adossée à son véhicule, elle plaça une main sur son holster et posa l'autre sur le capot. Rôdeurs ou pillards, ils auraient une mauvaise journée s'ils s'en prenaient à elle.


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Emerson R. Barnett
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MessageSujet: Re: Slow town   Dim 15 Oct 2017 - 20:10

Elles allaient trouver. Les mots d’April trouvèrent un sourire un peu forcé sur le visage d’Emerson. Il fallait garder espoir, mais la blonde avait l’impression d’être vidé de ce côté-là. Après toutes les péripéties qu’elle avait traversé avec son groupe, ces longs mois dehors à vivre au jour le jour et à crever la faim, l’espoir était la dernière denrée qui ne remplissait pas le ventre malheureusement. Se reconcentrant sur son objectif, elle dépassa le cadavre précédemment tué par sa coéquipière sans y prêter attention. Ça faisait longtemps que le dégoût ne l’affectait plus à ce sujet, et qu’elle restait assez indifférente.

Poursuivant donc, elles approchèrent des quais pour se trouver proche des navires qui prenaient l’eau. Le manque d’entretien n’aidait pas à les maintenir à flots. Si elle n’avait jamais possédé de navire – pas comme une bonne partie de ses collègues qui trouvait ça nécessaire à l’époque – elle savait que ça demandait beaucoup de temps pour en prendre soin. Temps dont elle ne disposait pas. Le souvenir de sa maison toujours un peu bordélique et tellement pleine de vie s’imposa à elle : il y avait des gens qui ressentaient le besoin de dilapider l’argent dans un bateau qu’ils ne conduiraient jamais.

Elle, elle avait eu une belle maison, une belle famille et beaucoup plus à perdre qu’un compte en banque.

Ses yeux longèrent l’écume en surface, avant de regarder d’un bout à l’autre. Emy ne vit pas dans un premier temps la silhouette près d’un véhicule, mais ses pupilles se reposèrent dessus la seconde d’après lorsqu’elle capta sa présence. Dans un sursaut de méfiance, elle lui fit face et analysa la position : loin, certes, mais la main sur la hanche, près d’un endroit où devrait se situer d’ordinaire une arme à feu.

« Merde… » Lâcha-t-elle, alors qu’elle était généralement la dernière à jurer.

Le fait d’avoir travaillé longtemps avec des enfants, vraisemblablement. Depuis que le monde était touché, et qu’elle n’était plus sans arrêt obligé de tenir sa langue – même avec les petites O’Connell – ça avait bien changé. Si elle n’insultait pas comme Roza ou Trey quand ça leur prenait, elle pouvait avoir son vocabulaire fleuri elle aussi.

« Vivant, là. » Avertit-elle April, qui devait l’avoir vu elle aussi.

Elles n’étaient clairement pas en position de se montrer hostile. Emy n’osa pas poser son bidon vide, parce que ça pourrait être un signe qui rendrait l’inconnue agressive. Puisqu’il s’agissait vraisemblablement d’une femme.

« Seule. » Ajouta-t-elle après avoir jeté un autre coup d’œil autour d’elle pour essayer de trouver une autre personne. « Apparemment. »

Ça impliquait qu’elle n’avait aucune certitude. La configuration pouvait changer, et étant dans Seattle, elle craignait d’avoir à faire à une énergumène du groupe qui avait rasé le lycée. Si ça s’avérait vrai, probablement que la discussion ne serait pas courtoise, encore fallait-il qu’elle s’engage.

« Allons la voir. » Suggéra Emy doucement, en inspirant pour être sûre de garder son calme. « On s’approche, on échange trois mots et on voit si elle compte rester ou si elle s’en va. »

C’était le plus sage.



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April E. Hamilton
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MessageSujet: Re: Slow town   Dim 15 Oct 2017 - 22:26

« Non. »

C’était la première réaction qui lui était venu quand Emerson avait proposé de s’approcher de la silhouette qu’elle avait repéré, mais April se retint pour ne pas en faire part à haute voix. Son regard s’était assombrit, ses traits s’étaient durcis. Elle n’aimait pas les inconnus – ça n’avait jamais été le cas depuis le début de l’épidémie. Si Noam et Kerwan avaient eu l’occasion de lui prouver qu’ils valaient la peine d’être connus, ça n’avait pas suffi à lui faire oublier ses instincts de méfiance primaire. Il était bien connu que la chance tournait et April n’avait pas l’intention de croire en trois « bonnes » rencontres d’affilé.

La situation était délicate pourtant. C’était un peu comme trouver une araignée énorme dans son salon : on n’avait pas forcément le courage de la chasser de front, mais c’était encore pire lorsqu’elle était hors de vue. Les deux complices auraient pu s’en aller, faire volte-face, mais la sensation de redouter un potentiel ennemi derrière chaque coin de rue était horrible. Et puis, leur voiture n’avait plus d’essence, alors elles ne pourraient pas aller bien loin. Leur seule option viable était effectivement de convaincre cette personne de s’en aller…

- Ok…, grinça l’aînée sans grande conviction.

Suivant la chirurgienne, elle rangea doucement son couteau mais glissa sa main dans son dos, sous son manteau. Son flingue avait beau être vide depuis longtemps, il procurait toujours une illusion de sécurité et en plus, les autres n’étaient pas censés savoir que son chargeur était tristement nu. Ses doigts s'étaient donc resserrés autour de la crosse froide. La femme – car en s’approchant, la quarantenaire pouvait effectivement confirmer que c’en était une – avait aussi la main sur son holster. Parfait, April ne culpabilisa pas de sa position ouvertement défensive.

La blonde s’arrêta à une distance raisonnable, pour être à portée de voix mais pas de coup direct. La tête légèrement penchée sur le côté, elle détailla la brune de ses yeux perçants, avisant spécialement le gilet pare-balle et le badge de flic. Est-ce qu’elle avait vraiment été dans la police ? Elle en avait la dégaine en tout cas, mais… c’était bizarre. Comme un vestige de leur ancien monde, un symbole qui détonnait avec le décor, qui avait perdu de son sens. Ça avait eu une importance avant, mais maintenant ? Le silence était pesant, tendu, et la pluie automnale n’arrangeait rien.

- On pourrait commencer par toutes les deux écarter nos mains de nos armes, ce serait un bon début, commença-t-elle sèchement, puisqu’il fallait bien ouvrir le dialogue d’une façon ou d’une autre.

La concernant en tout cas, elle acceptait de faire cet effort, mais pas tant que planait la menace d’une balle en plein cœur. Ça faisait tellement longtemps qu’elle jouait du bluff avec son glock inutile que l’astuce était imperceptible. Pour le reste, elle échangea brièvement un regard avec Emerson : mieux valait qu’elle pose les questions. L’amabilité, ce n’était vraiment pas son fort, la plupart des personnes qu’April avait rencontré pouvait témoigner de son premier contact assez décourageant.


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Heather Wu
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MessageSujet: Re: Slow town   Lun 16 Oct 2017 - 1:20

Le regard perçant d'Heather analysa méthodiquement les deux femmes qui s'étaient avancées jusqu'à elle. Elles avaient toutes deux l'air d'avoir une petite quarantaine et de ne pas vraiment apprécier sa présence. Deux blondes, pas très menaçantes. La plus "jeune" tenait un jerrican à bras-le-corps comme si celui-ci pouvait la protéger d'une balle tandis que l'autre semblait avoir porté sa main sur une arme dans son dos. Elle n'aimait pas ça. La distance qui les séparait désormais était bien trop courte à son goût. Même un tireur novice aurait du mal à la manquer puisqu'elle était immobile.

Elle avait confiance en son gilet pour arrêter une balle de petit calibre, mais ne désirait nullement le mettre à l'essai. Prendre une balle faisait un mal de chien, même à travers une épaisse protection et plusieurs couches de tissus. Avec pour unique couche de tissus un débardeur, elle aurait probablement une côte cassée si le calibre était supérieur à du 9mm.

Elles étaient désormais à portée de voix. Pourquoi n'avait-elle pas dégainé plus tôt ? Pourquoi n'avait-elle par cherché son fusil dans l'habitacle pour régler la situation à distance ? Un sourire anxieux se dessina sur son visage alors qu'elle accentuait sa prise sur la crosse de son Smith & Wesson. Ça ressemblait presque à une scène western spaghetti à ses yeux. Le premier qui ferait un faux mouvement provoquerait une fusillade. Une fusillade dont elle avait peu de chances de sortir indemne.

Une des deux blondes prit enfin la parole et proposa de calmer le jeu. C'était sage. Heather hésita tout de même un instant. Son regard se porta successivement de la femme au bidon à celle armée. Merde, mais qui amène un bidon sur les lieux d'une baston ?

Sans dire un mot, elle souleva lentement la main qui était posée sur son arme pour la poser contre sa hanche quelques centimètres plus haut. C'était déjà un premier pas, fallait voir où ça les conduirait. Mais si la personne face à elle tentait sa chance, elle aurait sans aucun doute le temps de saisir son pistolet et de riposter.

Son autre main vint soulever une mèche qui lui tombait dans les yeux avant de se poser à nouveau contre le bloc-moteur de la Chevrolet. Heather se racla la gorge avant de déclarer sur un ton bien calme et presque chantant :

"Quel fichu temps n'est ce pas ?"

Elle rougit légèrement devant la stupidité de ses propos et le sourire anxieux qu'elle avait jusque-là porté se transforma en un pincement de lèvres gêné. Pour faire oublier cela, elle ajouta sur un ton plus sérieux et avec un peu plus de motivation :

"Bon, on s'entretue ou on discute ? Et par pitié, pose-moi ce bidon... C'est dur de rester sérieuse face à ça, j'te jure !"

Heather avait déjà vu quelques trucs improbables durant ses jours au soleil. Mais le coup du bidon comme armure improvisée face à une arme à feu ? C'était vraiment gênant !


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Emerson R. Barnett
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MessageSujet: Re: Slow town   Lun 16 Oct 2017 - 8:33

L’avantage de ne pas avoir d’armes à feu, c’était qu’elle ne pouvait pas être prise pour une personne hostile quand on s’en rendait compte. Le désavantage de ne pas avoir d’arme à feu… En fait, il y en avait tellement dans ces circonstances qu’il était préférable de ne pas commencer cette liste. Essayant de garder son calme, Emy fit au mieux pour ne pas rire nerveusement à la remarque de la femme en face d’elle. A dire vrai, elle n’était pas venue pour papoter du temps qu’il faisait, ou de si ça allait bien dans sa vie. Loin d’elle l’idée également d’être agressive, mais la méfiance restait de mise, et la seconde remarque sur son bidon vide lui arracha un froncement de sourcil.

Qu’est-ce qu’il avait, son bidon ? Pourquoi c’était gênant ? Pourquoi ne pas pouvoir garder son sérieux à cause de ça ? La blonde avait tant de questions et pas assez de temps pour pouvoir les poser. De toute façon, rien ne disait qu’une conversation sereine pouvait s’amorcer, même si la femme en face d’elle n’avait pas l’air de chercher les embrouilles. Si elle s’était raidie au mot « s’entretuer », elle comprenait avec le recul que le propos visait surtout à amorcer une discussion posée. A croire que la diplomatie n’était pas exactement dans les traits de caractère de l’inconnu.

« On a besoin d’essence. » Mentionna-t-elle calmement, en posant lentement ce qu’elle avait dans les mains au sol. Le tuyau sur son épaule suivi la même route : « Tu as déjà fait le tour et prit ce qu’il y avait, ou on a une chance d’en trouver aussi ? »

Première arrivée, première servie. Même si ça n’arrangeait pas Emerson, pour des raisons évidentes, elle ne viendrait pas voler ce qu’une autre avait mis du temps à obtenir. L’essentiel désormais était de ne pas perdre davantage de temps ici s’il n’y avait rien à trouver. Et surtout, si ça leur évitait d’avoir à mettre les pieds dans une eau vaseuse ou sur un navire qui coule à pic, c’était bizarrement un sacré avantage.

« Je préfère qu’on ne s’entretue pas. » Ajouta la blonde en maitrisant sa voix. « Nous ne sommes pas là pour ça, et même si tu es… très équipée… » Fit-elle en la regardant de haut en bas et en constatant son attirail : « Je suis à peu près sûre que toi non plus. »

Ça n’était cependant pas pour autant que la confiance était parfaitement de mise. Elles ne se connaissaient pas, mais n’étaient pas obligées de se tirer dessus, déjà un bon point. Fallait-il ajouter quelque chose :

« Je m’appelle Emerson. Je suis à la recherche de ma fille. Et toi, tu es ? » Lui demanda-t-elle. « Policière ? » Enchaîna-t-elle avec une pointe de curiosité sur le visage. « Et surtout, seule ici ? »



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