The Walking Dead RPG

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MessageSujet: Points de rupture.   Mer 11 Oct 2017 - 20:39
Le trajet du retour a été horriblement long. Comme si le temps avait gonflé en l'espace d'une vingtaine de minutes pour se traîner sur des heures. Entre.. Selene... le massacre, et par dessus tout le bras manquant d'Andrea... Merde, c'est vraiment possible ? De telles choses... existent ?

J'ai vu des gens crever, souffrir, j'ai moi-même tué ; et c'est encore mille fois pire. Je n'ai rien pu faire. Je n'ai rien fait. Soyons honnêtes, j'ai à peine essayé. Et peut-être qu'avec plus de persévérance, Andrea aurait encore ses deux bras. Selene n'aurait pas eu à les massacrer, et je lui reconnaîtrais encore quelque chose d'humain. J'ai tout foiré - c'est de ma faute. Tout ça, et depuis la mort de Roza, c'est à cause du caprice qui m'a poussé à suivre le chemin d'une folle à lier. Je les ai tous entraînés là dedans, à commencer par Lisandro et Alma. Ils m'ont fait confiance ; en terre promise, je leur ouvre les portes du purgatoire.

Bien sûr, les premiers soins sont allés à l'afro-américaine. J'ai même eu honte, à attendre sagement mon tour - comme si le mal était comparable. Comme si ça en valait la peine...

Je patiente, dans l'un des boxs, éloigné du massacre. Assis sur l'un des sommiers en métal mis à nu, Alma tout à côté de moi - elle parle, s'inquiète, s'offusque, et je crois deviner du passage, des cris, Juliet doit aider Lisandro à la sauver, c'est un chaos incroyable mais j'y reste sourd. C'est juste du bruit, un bordel de bruits étouffé. Comme si j'avais la tête sous l'eau, et j'esquive sans cesse les airs affreusement épuisés de ma mère. Je lui cause tellement de soucis. Putain. Son fils est une loque inutile, impuissant, qui a placé son héritage entre les cuisses d'une malade qui finirait par tuer la progéniture avant même qu'elle ne soit née.

Il se passe des heures, encore. Je n'dis pas un mot. Parfois, au gré des songes, quelques larmes me montent aux yeux, et sèchent dans la foulée.

Quand les choses se calment, qu'ils en ont fini ; le médecin vient nous rejoindre. Je lève vaguement les yeux vers Lisandro, sans atteindre les siens. J'ai le réflexe mécanique de vouloir esquisser un sourire, mais l'effort meurt aussitôt et mes lèvres se tordent dans un bref rictus abandonné. Elle va s'en sortir ? Elle est réveillée ? Elle a parlé ? Je n'dis rien, soupire légèrement et me relève face à lui. Le chilien sait bien. Il me comprend. Alma est aveuglée par un amour maternel délirant, elle m'idéalise ou m'infantilise, et les autres s'en foutent ou me méprisent. J'déglutis, et baisse les yeux vers mon bras inerte. Qu'on commence par le plus dur : me remettre en place l'épaule luxée depuis la veille.
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MessageSujet: Re: Points de rupture.   Jeu 12 Oct 2017 - 21:56
Le seul point positif pour Andrea, c’est qu’ils avaient veillé à ce que le moignon soit net et propre. C’était le seul point positif que le médecin pouvait sortir de cette situation. Et il se le gardait bien pour lui. Andrea n’en avait rien à cirer que le travail soit bien fait. Elle avait perdu son avant-bras. Ils avaient épluché son épaule comme on épluche une orange. C’était probablement cette plaie-là la plus moche, la plus sale, et avait plus de risques d’infections. C’était difficile de l’aider. Elle ne voulait pas qu’on la touche. Ils durent s’y mettre à plusieurs pour qu’Andrea tienne suffisamment en place pour que le chilien puisse la soigner comme il pouvait. Mais il ne fut pas mécontent quand il eut fini avec elle et qu’il s’octroya le droit d’aller s’occuper d’Eli.

Le garçon avait bavé lui aussi, sans comparaison avec Andrea bien sûr. Mais ce qu’il avait vu l’avait blessé au-delà des compétences du médecin. Alma était restée avec lui tout le long, elle avait nettoyé les plaies ouvertes et superficielles qu’il avait pointé du doigt. Alma devait s’occuper les mains. Mais depuis que c’était fait, elle semblait … ne plus pouvoir toucher son fils. Eli était complètement ailleurs, distant. Il réagit vaguement à sa présence, il essaye et Lisandro se sent soudain très las. Le coup d’œil qu’il jette à Alma est éloquent ; elle a peur pour son fils, l’inquiétude était partagée. Il aurait aimé pouvoir serrer les mains nouées d’Alma, et la rassurer un peu. Pour se rassurer lui-même aussi. Il n’avait pas pris le temps de s’arrêter encore. Il y avait d’autres priorités. Il s’accroupit face à Eli, souleva le menton du garçon pour ancrer son regard dans le sien. Il n’avait pas à s’inquiéter pour Selene, ni pour les autres, tout le monde irait bien. Physiquement.

« Ça va être douloureux. »

Il parlait en espagnol avec lui depuis son retour, le garçon l’exprimant avec un besoin évident. C’était l’occasion pour lui de s’isoler, au moins Alma et Lisandro étaient là pour éviter un total enfermement. Lisandro se redressa, posa ses mains sur l’épaule disloquée d’Eli. Il prit le temps, il ne l’avait plus fait depuis longtemps, il s’agissait de faire le mouvement correct pour ne pas lui faire plus de mal que nécessaire. Le garçon semble à peine là, pourtant dans quelques secondes, il ne serait nulle part ailleurs que dans l’ici et maintenant. Lisandro inspira et expira profondément.

« Okay, allons-y. A trois. » Il se place. « Un… » Crack. Douleur. Epaule remise en place. « Désolé. »

Alma le fusillait du regard, mais il n’y avait rien d’autre à faire pour le moment. Dans un geste rapide, Lisandro plaça son bras en écharpe. Puis lâcha Eli, s’asseyant à terre en soupirant. Alma plaça sa main sur l’épaule de Lisandro, un bref instant, avant de se tourner vers son fils, sans oser le toucher.

Imaginons que Lisandro ne fasse que parler en espagnol.
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MessageSujet: Re: Points de rupture.   Ven 13 Oct 2017 - 23:02
"HOLLY SHIT !!" Le claquement est profond, violent, le tendon crisse sur l'os et s'étire avant de retrouver sa place comme un gros élastique. Le bras de nouveau connecté est irradié d'une douleur tranchante, tombant de la nuque jusqu'au bout de mes doigts ; le point culminant presse sous l'articulation réalignée de l'épaule. J'ai l'impression de tomber, même assis, et pâlis brusquement, cédant au réflexe inutile de porter ma main à la blessure encore palpitante.

Au moins, Lisandro pourra se vanter de m'avoir fait cracher quelques mots. "T'avais dit à trois, enculé..." et quelques uns de plus - dans un espagnol mal articulé. C'est vrai, la douleur m'engourdit les muscles mais me réveille. La léthargie des remords ne fait pas le poids face à la dure réalité...

Personne ne me tiendrait rigueur de ces insultes. Même Alma, qui d'habitude aurait sauté sur l'occasion pour me reprendre et me traiter de mal élevé, se tait. Je la vois, la main qu'elle pose brièvement sur le médecin. Un contact qui se dérobe sans grande discrétion sous mon regard. Mouais, peu importe... pour l'instant.

Je cale mon coude dans l'écharpe, et redécouvre avec une certaine fascination le mouvement de mes doigt. Bien ; ils répondent, ne sont pas tout à fait morts. "Ça va, maman." J'ai encore l'adrénaline qui me bat les veines, les yeux relevés vers elle. Je déteste cette expression qui lui ride le visage. Elle est si rayonnante, lorsqu'elle sourit ou s'enflamme de colère. Mais... Dans quel état je la mets, bordel ? Elle se rapproche de moi, pose une main sur mon crâne pour caresser mes cheveux tout emmêlés. Son geste est hésitant, mais il semble important, alors... je reste stoïque, ne bouge pas d'un iota tandis qu'elle me murmure des mots désolés. Sa voix est un peu rocailleuse, dans sa gorge serrée. Et l'espagnol nous isole tous les trois dans ce box, totalement coupés des autres.

Je déglutis difficilement, et adresse mon attention à Lisandro. "Tu..." Presque immédiatement, je baisse les yeux. Je relève un peu les mains devant moi ; les poignets sont cerclés de bleus dus aux cordes, erraflés à cause de mes tentatives d'évasion ratées. Le dos de ma main droite est taillé tout en travers par une plaie ouverte dont ma mère a pris soin. Sur la gauche, la suite plus effilée et moins profonde de la blessure. Les doigts que j'avais cassé en juillet sont à peine rétablis : l'index et le majeur droit, dont la phalange du milieu marque un très léger décalage - a peine perceptible. Ajoutez à cette jolie cuisine mes empruntes digitales écornées et la peau asséchée par le froid et l'effort... c'était mon outil principal, bordel.

Tu crois que je pourrai à nouveau dessiner ? La question me démange, la préoccupation est si lourde ; mais elle parait si futile, en rapport avec tout le reste. Ce serait stupide... de lui demander. "Quand est-ce que j'pourrai sortir à nouveau ?" J'me mords l'intérieur de la joue, déterminé mais fataliste. "Il faut que... j'me rende utile." J'aimerais dire que si ça ne tenait qu'à moi, j'y serais déjà. A fouiller les magasins pour nous ramener de l'eau, de la bouffe. Mais même moi... il m'arrive quelques instants de réalisme. "...pour changer." Je soupire, plus bas. C'est bien plus facile comme ça. De lui faire miroiter le sommet émergé de l'iceberg, qu'il aille lui-même creuser le reste, le fond du problème.
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MessageSujet: Re: Points de rupture.   Dim 15 Oct 2017 - 17:12
Le gosse hurla, mais le chilien s’y attendait. Tout ce qu’il pouvait faire à présent c’était attendre que le choc lui passe, que la douleur électrique qui devait parcourir tout son membre passe, s’atténue un peu. Il aurait aimé avoir quelques antalgiques à lui donner, mais ils s’étaient mis d’accord sur le fait qu’Andrea était celle qui en aurait le plus besoin dans les prochains jours. Grâce à Alma, ils en avaient quelques-uns de plus, ils n’étaient pas arrivés les mains vide après tout. Lisandro l’avait trouvé avec un sang à un quart rempli de médicaments analgésiants, quelques anti-inflammatoires. Sa réserve allait être vite entamée, mais heureusement, ils étaient encore là. Eli l’insulta, le chilien n’eut pour lui qu’un pauvre sourire peu perturbé par l’insulte.

« Ça aurait été plus douloureux à trois. »

Sa mère fait de son mieux pour ne pas succomber au besoin de le prendre dans ses bras, elle est impuissante à sa douleur. A son mutisme, également. Lisandro avait à peine eu le temps de lui dire à quel point Eli était affecté. Mais elle avait pu le découvrir par elle-même depuis qu’ils étaient rentrés. Alma n’avait pas quitté son chevet. Elle passe une main hésitante dans ses cheveux, Lisandro observe le garçon se statufier devant ce geste qu’il semble subir plus qu’autre chose. Comme si tout ça n’avait plus rien de naturel. Le chilien les observe en silence, ne sachant pas trop où se mettre dans tout ça. Eli n’avait plus besoin de lui, pour ses plaies physiques en tous cas. Eli prend alors la parole, s’adresse au médecin qui envisageait de se lever pour les laisser profiter de leur solitude. Au lieu de ça, il leva les yeux vers le garçon, prêt à l’écouter. Il observait ses mains, plein d’interrogations. Il faudrait peut-être qu’il y regarde, voir ce qu’il pouvait faire. Mal à l’aise, il balbutie quelques mots. Lisandro se relève, choisit de s’installer plus confortablement sur le tabouret à côté du lit.

« Tu ne vas nulle part pour le moment. Tu ne servirais pas à grand-chose avec un bras en écharpe. On est assez de valides pour s’occuper des expéditions dehors. Il y a moi, Alma, Juliet, Isaac, Ruben, Sarah, Duncan bientôt et Selene. On est assez. Et on aura besoin de toi ici. »

Alma lui lança un regard plein de reconnaissance. C’était évident qu’elle ne voulait pas revoir son fils hors de ces murs avant un moment, et la vérité était flagrante, tant que son bras se remettrait, Eli ne pourrait pas se défendre seul.

« On aura besoin de toi ici… D’accord ? » Il chercha son regard, le temps d’un instant. « Est-ce que tu veux que je regarde tes mains ? »
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MessageSujet: Re: Points de rupture.   Mar 17 Oct 2017 - 13:25
Pour le moment ; ça n’répond pas à ma question, mais sans doute que le médecin n’en a lui-même pas la moindre idée. Il faudra attendre. Et attendre. Déjà, que la douleur me passe, puis que mon articulation soit de nouveau fichue de tenir l’effort. J’soupire brièvement, résigné. J’suis au fond du fond, putain. Ici, je n’saurai pas faire grand-chose de plus. J’suis bon qu’à crapahuter, faire le singe dans la ville, risquer ma vie qui n’a pas tant de valeur. J’baisse les yeux, encore un peu plus bas, sans croire une seconde à la tentative de réconfort de Lisandro. « Hm, euh… ouais… » Le chilien s’est installé à ma hauteur, sur son tabouret. J’tourne le buste vers lui – échappe au passage au contact trop insistant d’Alma – et lui présente les deux tas de chair écorchée qui me servent de mains. J’essaie de n’pas trop en donner l’impression, mais j’espère sincèrement que mon cas lui paraitra moins perdu qu’à moi.

« Selene ne devrait pas sortir non plus. Tu sais, avec le… bébé. » Ma voix est lasse, basse, sonne une terrible absence, et je suis pourtant sincère. J’ai un léger et rapide froncement de sourcils, observe Lisandro qui m’ausculte de bon cœur. Il doit avoir tellement d’autres choses à faire. « J’suis en colère contre elle, je crois. » Ou j’en ai juste peur, je n’sais pas. D’elle, de son geste, de tout ce que ça implique : son état mental en pleine perdition, la violence dont elle est capable, la violence tout court qui règne dehors.

J’pensais avoir eu ma dose, être rôdé comme les autres, et j’étais tellement loin du compte.

« J’aimerais que Kathlyn soit encore là. » J’marmonne, mais la pensée est clair. Ou peut-être que c’est juste à moi de la rejoindre. Peut-être que j’ai fait mon temps et - « Elle n’aurait pas agi comme ça. » C’est aussi puéril que biaisé. Je sais. En vérité, la mort a tel effet sur les hommes qu’il n’y aurait rien eu de très étonnant à la voir sombrer dans la même brutalité. Et si la rousse est morte et que la pianiste respire encore, c’est certainement par cette différence de caractère. Bientôt, l’apocalypse en aura fini de faire le tri entre les déglingués taillés pour la survie et les gens de principes qui ne sauront jamais s’adapter. Je le sais déjà : je n’passerai pas la sélection.
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MessageSujet: Re: Points de rupture.   Ven 27 Oct 2017 - 12:29
Les mains du graffeur étaient abîmées, mais avec du temps et de la patience, elles se remettraient suffisamment pour qu’il puisse dessiner à nouveau. Il faudrait du temps, de la rééducation, ses doigts cassés ne s’étaient pas très bien remis. Il aurait peut-être fallu les recasser à l’époque pour les aligner correctement. A l’heure actuelle, ce n’était peut-être ça que le garçon voulait entendre, son épaule démise lui avait coupé le souffle. Le garçon reprend la parole, l’alertant quelque peu. Selene ne devrait pas sortir non plus. Tu sais, avec le… bébé. Le chilien lève les yeux vers lui un instant, sans rien dire, avant de revenir sur ses mains. Les écorchures se remettraient bien, il pensait notamment à un baume de soin que William avait laissé dans le bureau. Des produits naturels, Lisandro était certains qu’il y aurait moyen d’en reproduire avec les bons ingrédients, mais il ne connaissait ni les recettes, ni les dosages, il devrait en parler à Selene et à Juliet, peut-être qu’il y avait encore moyen de trouver un livre, des notes en rapport avec ça. La bibliothèque de la prison ne l’avait pas vraiment aidé. Eli reprit à nouveau la parole et Lisandro prit soin de le laisser parler, sans intervenir. C’est quand il parla de Kathlyn que le chilien eu un instant d’hésitation. Il leva le regard vers Alma, elle s’inquiétait, elle aussi. Mais son fils fuyait son regard, s’adressait exclusivement à lui.

« Alma, dans le bureau il y a un baume cicatrisant… Il faudra le partager pour Andrea, mais cela soulagerait les écorchures sur ses mains, tu veux bien t’en occuper ? »

La brune hésita. Son instinct de mère refusait de laisser son fils seul. Mais Lisandro n’avait pas l’intention de laisser le garçon livré à lui-même et à ses sombres pensées. Alma décomposa ses gestes, se levant comme un automate, souriant à son fils avant de s’éloigner doucement. Lisandro libéra les mains d’Eli, elles devaient lui être assez douloureuses comme ça.

« Ce sera long, ton doigt ne s’est pas bien réparé, t’aurais dû me le montrer à l’époque j’aurai pu te le réaligner. On pourrait toujours te le recasser pour essayer, mais je ne sais pas te promettre à 100% que ce sera mieux qu’avant. Mais tu pourras redessiner, tu vas perdre un peu de souplesse, mais sinon … »

Il fit une pause. Dévisagea Eli longuement. Il comprenait que Kathlyn lui manquait, en cet instant. Il comprenait également qu’il puisse dire cela. Mais Kathlyn était morte avant que le monde ne se perde irrémédiablement. Elle n’avait pas vécu assez longtemps pour connaitre le même parcours qu’eux tous, ici présent, Selene comprit. Personne ne saurait jamais comment Kathlyn aurait évoluer dans ce monde, si elle aurait gardé la même naïveté qu’Eli, cette âme pure, ou si elle aurait révélé sa part plus sombre – humaine – comme Selene l’avait prouvé plus tôt aujourd’hui.

« Selene ne sera jamais comme Kathlyn. Je ne la connaissais pas bien … Mais tu ne peux pas les comparer. Elles n’ont pas vécu la même chose… Personne ne saura jamais ce que Kathlyn aurait été capable de faire aujourd’hui… Ni comment Selene aurait été si elle n’avait pas vécu toutes ces épreuves … Toi et moi, nous aurions probablement été bien différents si nous n’avions pas eu la sécurité du lycée. Ta mère est bien plus forte que nous deux réunis. Elles ont vécu plus. Tu ne devrais pas lui en vouloir pour ça … »

Il détourna la tête quelques instants. Il savait que ce n’était pas vraiment ce que le garçon voulait entendre. Mais que pouvait-il dire de plus ? Cela lui rappelait la situation qu’ils avaient vécue à la mort – brutale – de Grant. La désillusion qu’il avait lue dans le regard d’Eli, la confiance anéantie en leur chef. Au final, Jaden les avait abandonnés à leur sort, mais c’était cet événement qui avait commencé à briser les certitudes du garçon.

« Cela étant, je suis d’accord sur un point. Selene ne devrait plus sortir, j’ai l’intention de lui en parler. La grossesse est trop avancée pour qu’elle prenne encore autant de risques… » Il releva la tête, regardant Eli sans trop savoir comment apaiser sa colère. « Je comprends que tu sois en colère contre elle mais … Elle t’aime, elle aime Andrea et tous les autres ici. Ne pense pas que ses actes ne sont pas motivés par son amour pour les siens. Prends le temps d'y réfléchir. »
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MessageSujet: Re: Points de rupture.   Dim 5 Nov 2017 - 17:08
La douleur me lance toujours, dans le muscle froissé de mon épaule. Entre les mains de Lisandro, la mienne fourmille. Mes phalanges s'articulent de nouveau, le contrôle revient peu à peu. Je sais bien qu'il faudra du temps mais ce sera toujours trop long.

Je ne regrette pas mes mots. Mais j'n'aurais jamais osé parler ainsi devant Selene. Il n'y a que le chilien, à qui j'accepte encore de faire ce genre de confidences, ces élans de franchise. Il n'y a qu'eux, qui ont une toute petite chance de comprendre. Le médecin envoie ma mère dans le bureau. Je redresse brièvement et à peine le regard pour la voir s'éloigner et partir. C'est un soulagement égoïste qui me traverse, de ne plus l'avoir dans les pattes. J'en ai assez de la voir s'inquiéter à tout va. C'est insupportable. Lui, me rend mes mains, que je referme doucement sur mes cuisses. Je ne voulais pas lui montrer, à l'époque; parce que j'avais tellement honte de la tournure qu'avait pris la rencontre avec ces types. Je n'ai jamais donné plus d'explications que "des mecs m'ont tabassé".

"Les re-casser ?" Je murmure dans un demi-sourire nerveux qui retombe aussitôt. Rien que d'en évoquer l'idée, ça me frémit la nuque. Ça semble horriblement douloureux. Mais si je dois passer par là pour en retrouver un meilleur usage, alors, "Okay. On fera ça." sans hésiter. Je préfère souffrir physiquement le martyre que me résigner à une vie exempte de ma seule foutue passion. La seule, en tout cas, qui ne me fasse aucun mal.

Un silence flotte quelques secondes. Je sens que Lisandro pèse mes mots. Comme une sorte de jugement, et le sien est lourd d'importance. J'me mordille les lèvres nerveusement, en écoutant ce qu'il a à en dire. Selene ne sera jamais comme Kathlyn...

Selene ne sera JAMAIS comme Kathlyn.

La pensée est violente, me fait grincer des dents. Bien sûr, le reste de son discours nuance ce simple fait, mais... j'espérais retrouver, avec la pianiste, un peu de ce que j'ai perdu. Un amour inconditionnel et sans accrochages de ce genre. La rousse et moi, nous avions la même vision du monde. Celle de Selene me paraît totalement déformée. C'est vrai, elle a traversé plus d'épreuves... Je déglutis difficilement. Au coin d'mes yeux, j'sens les larmes se pointer. Encore, inlassablement, me réduisant à un pauvre gamin au bord de la crise de nerfs.

"m'ouais..."
Je murmure, tout bas et la voix brisée. Je n'veux pas me laisser convaincre : Lisandro a ébréché la barrière que je m'entête à présent à reconstruire. Trop têtu pour voir la vérité en face, préférant bêtement me noyer dans mes propres illusions malheureuses. "J'y réfléchirai..." C'est faux, je le sais. Je ferai tout pour ne plus penser à ça, et la stratégie consistant à tout oublier me paraît bien plus accessible que celle lui consisterait à comprendre et pardonner.

"C'est... c'est pareil que ce qu'il y a eu avec Jaden. Tu sais bien...." Je renifle, use de ma main la plus éveillée pour m'essuyer le coin des yeux. "Ce fossé qu'il y a entre nous, j'arrivais à me dire que... que j'pourrais la ramener de mon côté, en essayant assez fort. Mais c'est moi qui m'fais... piéger là d'dans." Mes pensées sont brouillon. Quand Alma revient dans le box, je sèche plus prestement mes larmes en espérant qu'elle n'y voit rien. C'est peine perdue, bien sûr. Elle reste dans l'entrée un instant, à m'observer avec peine.

"Eli..." Elle est vexée. Blessée que j'accorde à Lisandro des faiblesses auxquelles elle n'a pas droit. Elle approche, dépose le baume sur le lit près de moi et se redresse aussitôt. Elle entrouvre les lèvres, hésitante, veut me dire quelque chose mais n'y parvient pas.

"Je, j'viendrai te voir pour ça après, maman." Elle glisse une main dans mes cheveux, la laisse traîner sur l'épaule du médecin et s'en va pour de bon. J'relève les yeux vers Lisandro, toujours incapable de soutenir les siens plus d'une seconde. "Vous avez l'air proches." Je n'sais pas encore dans quel sens. Mais ça me permet de changer de sujet, même si ça doit manquer cruellement de discrétion. "Ma mère et toi, vous... vous êtes amis ?" J'passe une main sur mon front, essaie de ravaler toutes mes putains d'émotions. C'est trop énorme pour disparaître d'une bouchée, mais je ferai au mieux pour les refouler. "Ça me fait plaisir que... elle ne soit pas toute seule." Nerveusement, presque inconsciemment, je viens chercher le collier de Kate dans le col de mon T-shirt pour en toucher l'agate verte. "J'te dois beaucoup, Lisandro. Depuis.. l'enterrement de Kathlyn, jusqu'au retour d'Alma, et pour m'avoir suivi jusqu'ici, et être venu me chercher chez ces malades, et.. m'écouter me morfondre sans arrêt, putain." J'renifle encore, les yeux baissés vers le sol. J'aurais voulu t'avoir comme père. J'suis pas foutu de le dire. Parce que j'sais qu'il ne le prendrait peut-être pas.. si bien que ça. Que ce serait chier sur le fantôme d'Eduardo qui, même s'il a échoué, s'est tué toute sa vie à essayer. "J'veux pas être juste un poids pour toi, si... si tu as besoin d'moi, pour causer ou quoi... j'suis là, okay ?" Ça m'semble dérisoire, d'offrir mon écoute à un homme de deux fois mon âge. Après tout, qu'est-c'que j'connais d'la vie qu'il ignore encore ? Enfin... C'est l'intention qui compte, n'est-ce pas ?
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