The Walking Dead RPG

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- Délicate aube -
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MessageSujet: Délicate aube    Mer 13 Sep 2017 - 21:54

1er juillet 2017

Juliet s'extirpa de son lit alors que l'aurore teintait le ciel de ses premières couleurs tendres. La brume enveloppait le paysage de son épais manteau. L'herbe était humide et la température encore fraîche. Un beau spectacle se déroulait sous ses yeux d'habitude si facilement émerveillés. Elle restait toutefois de marbre face au théâtre de la nature. Les souvenirs nébuleux occupaient tout son esprit. Elle se repassait en sans cesse les événements qui s'étaient déroulés quelques jours plus tôt. Elle n'arrivait pas encore à bien se rendre compte comme la situation était réelle. Même la terre fraichement retournée n'était pas un témoignage assez fort.

L’histoire paraissait rocambolesque. Ce genre de choses pouvaient-elles seulement être réelles? Tout était flou. Le calme et les paysages semblaient détonner avec la violence et les morts. Dans ses moments de doutes, la jeune femme arrivait presque à se persuader que cette réalité n'était qu'un vilain cauchemar. Et quand les doutes vous rattrapaient, empêchant toute rêverie, l'atterrissage était d'autant plus violent. Mesdames et messieurs nous traversons de fortes turbulences, attachez vos ceintures. Les sentiments désagréables finissaient toujours par prendre le relais. On avait essayé de minimiser la culpabilité qu'elle ressentait, mais il est de ces travaux que personne ne peut faire à votre place.  

Juliet avait oublié que quelqu'un montait toujours la garde. Chacun semblait dormir. Elle se croyait seule au monde pour ces quelques instants. Derrière le grillage, elle tenta de faire abstraction de la réalité et se concentra sur les nuages roses. Il lui sembla que tout était silencieux, la brume donnant cette sensation ouatée. Elle s'autorisa à verser quelques larmes, sans cris ni plaintes. Elle s'assit dans l'herbe, ignorant les gouttes d'eau qui s'accrochaient à ses vêtements. Resserrant son manteau autour d'elle, elle tenta de formuler quelques excuses maladroites.

Je suis désolée.
Sa voix s'enroua. C'est trop facile de décevoir et de s'en vouloir. Qu'est-ce que tu faisais dehors sale idiot d'Aruun ? Tu m'as fait tellement peur. Pour une fois que je défendais et que je servais à quelque chose.  

Le silence se fit éloquent. Elle se sentait ridicule.

Roh et puis merde.

Elle se leva, tenta de brosser son pantalon sur lequel l’humidité s’était incrustée. Puis se dirigea vers les écuries. Dès qu’elle eu passé les portes, une atmosphère chaude à l’odeur caractéristique l’accueillie. Un sourire s’étala sur les lèvres de la blonde. Elle se sentait à l’aise. Elle s’introduisit dans le box de Django, la porte du box laissée ouverte. S’approchant doucement de la bête, elle caressa du bout des doigts l’espace entre les naseaux. Elle aimait beaucoup cet endroit pour son côté duveteux et surtout pour la réaction du cheval. Il ne manquait jamais de retrousser ses lèvres sous les grattouilles insistantes de la lycéenne. Un rire franc lui échappa, alors que l’animal s’exécutait en hochant lentement la tête. Elle finit par s’asseoir, dans la paille cette fois. Et appuya sa tête contre la chambranle du box en somnolant alors que Django frottait sa tête contre la sienne. Dans cet espace si vivant et à la fois calme, ses pensées s’apaisèrent. Le sommeil semblait anesthésier pour un temps ses peurs.


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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Délicate aube    Jeu 14 Sep 2017 - 18:22
Une nuit de plus, elle n’avait pas dormi. Ses yeux bleus étaient perdus dans le vague, sur le grillage tordu par les rôdeurs, au travers la brume matinale qui laisserait sa place à une bel journée d’été. Ironique. Hypocrite. Breann et Arun était déjà en terre, William attendait la fin dans l’infirmerie. Ils avaient beau faire de leur mieux, les conséquences d’une morsure étaient irrévocables : il allait mourir. Succomber à cette fièvre qui lui dévorait l’esprit et putain que ça la mettait hors d’elle de ne pouvoir rien y faire.

Elle était épuisée. Le manque de sommeil, la peur, la grossesse, toute cette tension retombait sur ses épaules frêles. En continue, elle luttait pour ne pas plier, mais c’était dur. Au cœur de la tempête, Selene n’était pas encore certaine de savoir à quelle branche se raccrocher. Elle avait la sensation d’être comme Sisyphe, maudite à rouler encore et encore le même rocher en haut de la même montagne. Soupir. Sa vision se troublait à cause de la fatigue. La musicienne se frotta les paupières et en rouvrant les yeux, la silhouette de Juliet lui passa devant.

Depuis le drame, les deux filles n’avaient pas encore eu l’occasion de parler. La pianiste savait qu’Isaac avait dû chercher à la réconforter, à lui épargner toutes les souffrances qu’elle pourrait elle-même s’infliger. Mais il ne pouvait sans doute pas comprendre ce qui la rongeait. Avoir une mort sur la conscience, c’était déjà quelque chose, mais celle d’un enfant de son propre camp… ironiquement, l’étudiante sentait qu’à la place de sa cadette, elle serait devenue folle.

Mais elle l’était déjà… d’après l’ambulancier. C’était sans doute la raison pour laquelle elle était la plus à même de la comprendre. Juliet lui rappelait l’adolescente qu’elle avait été. Dans un monde différent, certes, mais Selene l’imaginait parfaitement faire les mêmes erreurs, prendre les mêmes impasses, tomber dans les mêmes travers. Elle se sentait attachée à elle et responsable de la façon dont elle allait encaisser ce qui s’était passé. Faire en sorte qu’elle ne perde pas la raison… elle aussi.

Sans un mot, la musicienne avait suivi son manège. Ses gestes, ses mots, ses pleurs silencieux. Ça faisait mal de voir ça. Elle lui passa devant sans la voir pour aller dans l’écurie, moment où la jeune meneuse de la prison choisit de ne plus qu’être spectatrice. Une fois Juliet hors de son champ de vision, elle posa le M4 en équilibre contre le mur du bâtiment où dormaient tous les autres et s’empressa de rattraper l’adolescente. Elle la trouva dans le box de Django, à moitié assoupie dans la paille. Pour ne pas la brusquer, la pianiste souffla un « Hey » de sa voix encore enrouée et attendit qu’elle se rende compte de sa présence.

- Je sais… ce que tu ressens, tu sais…, commença-t-elle maladroitement, et je… suis passée par là…, ou à bien peu de chose près, tu veux en parler ? En fait… faut surtout pas le garder enfermé, elle s’assit aux côtés de la jeune fille après avoir gratouiller les naseaux du cheval, sinon… tu deviendras comme moi.

Et tu ne veux pas devenir comme moi…


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MessageSujet: Re: Délicate aube    Dim 8 Oct 2017 - 18:53
Une douce voix la sortit du brouillard du sommeil. Elle souleva ses paupières pour reconnaître la silhouette floue de Selene. Juliet posa doucement sa tête contre l'épaule de la pianiste qui s'était installée dans la paille à côté d'elle.  

Ça va, ça n'a pas l'air si horrible d'être toi. Regarde, tu es là. On est tous un peu fou ici, chacun à sa manière comme dans Alice au pays des merveilles. Seulement on ne sait pas qui est Alice. Si ça se trouve c'est toi.
Elle sourit, satisfaite de sa répartie.

Sa voix endormie n'était qu'un mince filet mais le silence ambiant la rendait audible. La douleur paraissait lointaine, elle allait sans aucun doute revenir l'assommer. Sans transition, elle répondit partiellement à la question posée.  

C'est que la vie paraît si ridicule parfois. Vivre à échéance, tenter de ne pas se noyer et voir l'hécatombe qui nous entoure. Je ne dis pas, ça vaut le coup. Mais on arrive à des moments où tout ça perd son sens. Se sentir déchiré puis recousu, car le temps est une aiguille. Elle laissa planer un silence. Je sais tout ça, je sais. Faudrait que je passe à autre chose je suppose.  

Ces belles paroles paraissaient toutefois ésotériques. Cette situation, elle aurait pu l'oublier mais ses propres tords ? On apprenait de ses erreurs, raison pour laquelle on les retenait. Sinon il ne serait pas utile de se creuser l'âme à coup de regrets. Mais qu'apprendre de ça? À ce stade, ce n'était plus une leçon mais un mauvais jeu avec lequel certains devaient s'amuser follement. Cette impression de n'être qu'un pantin. Perdre le contrôle encore et toujours. Juliet détestait ça, savoir qu'elle ne pouvait pas mesurer et quantifier sa vie. Elle avait perdu une grande partie de son contrôle sur elle-même et le monde qui l'entourait avec l'épidémie. Et à la fois elle était devenue si responsable. Elle en était venue à la conclusion que la facilité donnait l'illusion de contrôle. En réalité elle n'avait jamais autant prit son destin entre ses mains et cela n'avait jamais été aussi dur.  

Je veux pas t'affoler mais à ce stade là, c'est plus de la culpabilité.
Un rire rauque lui échappa. Le truc c'est que je sais pas comment me débarrasser de ça, je voudrais bien mais...

Mais elle avait l'impression que le sentiment innommable s'était enraciné en elle. Qu'il avait prit ses aises sur un terrain propice. Qu'il avait poussé même, développant ses feuilles amères qui lui chatouillaient maintenant la conscience. Elle se fit la réflexion que Selene avait besoin de plus que des paroles évasives pour l'aider. Elle tenta de puiser en elle ses sentiments et de les modeler afin qu'ils deviennent des mots. Elle ne réussit qu'à se créer une boule dans la gorge. Elle savait que prononcer la moindre parole déverserait les larmes qui tentaient de dépasser la cloison de ses paupières.  

Ehm, elle souleva ses mains pour accompagner des paroles qui ne vinrent pas.  

La jeune fille détourna son regard, elle avait toujours honte de pleurer devant des inconnus. Une veille habitude de l'ancienne société : pleurer ne se faisait pas devant les autres.  

En fait je ne vois pas comment je peux me pardonner. Et je n'imagine même pas pour vous. Elle avait réussit à garder les lamentations qui vibraient en elles. Mais les gouttes salées se répandirent sur ses joues.  


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MessageSujet: Re: Délicate aube    Lun 9 Oct 2017 - 13:47
Se comparer à Alice aux pays des merveilles, Selene ne l’avait encore jamais fait. Malgré la lourdeur de la situation, ça la fit sourire. Tendrement. L’adolescente avait une manière si particulière de voir les choses, de les exprimer aussi, ça la touchait beaucoup. Très certainement parce qu’elle la comprenait, que ses métaphores lui étaient des images bien claires, que ses émotions résonnaient directement avec les siennes. Juliet était comme elle : sa sensibilité à fleur de peau étouffait le courage et la force qui sommeillait en elle. La joue le la pianiste s’était posée sur le crâne de la cadette, pour l’envelopper pudiquement de sa chaleur, lui dire qu’elle pouvait tout livrer.

Alors, les mots qui suivirent étaient douloureux. Pas uniquement parce qu’ils étaient étranglés, teintés de larmes, mais parce que la musicienne les avait déjà prononcés, un jour – plusieurs fois. Comment se pardonner ? C’était une excellente question à laquelle elle n’avait pas vraiment de réponse. Selene n’avait pas l’impression de s’être pardonnée, sa maladie en était même la preuve. Sa raison avait rompu sous le poids de la culpabilité et maintenant, elle essayait de recoller les morceaux. Trop tard. C’était ce qu’elle voulait éviter à la jeune fille. Celle-ci s’était détournée, mais sans avoir besoin de l’entendre, la pianiste avait deviné qu’elle pleurait. Elle se déplaça doucement, pour pouvoir lui faire face, et fit délicatement tourner le visage de Juliet vers elle en calant un index plié sous son menton. Leurs yeux se trouvèrent, ses lèvres se plissèrent dans une expression compatissante et compréhensive avant de souffler :

- Ce n’est pas facile de se pardonner, inutile de lui mentir, de lui sortir des belles phrases qu’elle n’appliquait pas elle-même, personne… ne te reproche quoique ce soit, tu peux en être sûre, et si certains la faisaient mentir, elle s’occuperait de les remettre à leur place, ce qui s’est passé… la horde je veux dire, c’était horrible, et… tout le monde avait peur, il faisait nuit, tu as voulu aider… on aurait tous pu être à ta place.

Selene le pensait. Arun aurait pu se prendre une balle perdue, être écrasé par la voiture, recevoir un swing involontaire d’une arme tranchante. C’était un accident, tragique, mais rien qu’un accident. Avec des gestes presque maternelles, la pianiste essuya les joues de son amie de l’intérieur du pouce. Dans la continuité de son mouvement, elle écarta de son visage une mèche de cheveux blond, la cala derrière son oreille. Elle lui donnait soudainement l’impression d’être si grande, si mâture… l’étudiante n’avait jamais réalisé qu’elles avaient si peu d’année d’écart. Il y avait quoi, trois ou quatre ans entre elles ? La cadette était à un âge charnière, déjà compliqué dans l’ancien monde, sans doute pire aujourd’hui. Le crépuscule de l’adolescence, l’aube de l’âge adulte…

- Tu sais… j’ai… c’était il y a longtemps, j’ai… tué une fille, sans faire exprès, elle déglutit, ralentit le débit, on s’est… rentrées dedans… je l’ai pris pour un rôdeur, peut-être que elle aussi, alors on s’est battues, et…

Le fait qu’elle soit là pour en parler servait de conclusion. La musicienne avait un peu simplifiée l’histoire, enjolivée même peut-être, mais ce n’était pas l’essentiel. L’idée, c’était que Juliet comprenne qu’elle n’était pas seule, que ce qu’elle traversait, d’autres l’avaient aussi traversé. Et sincèrement, s’ils devaient faire des analogies avec Alice au pays des merveilles, Selene ne se sentait pas être Alice : elle serait la reine de cœur.

- Ce que je veux te dire c’est… je sais – vraiment – ce que tu ressens, et… avant… avant de pouvoir te pardonner, il faut que tu arrives à vivre avec.

Continuer à se lever le matin, à exister, à aller de l’avant. Au début, le paquetage était lourd, on était traîné en arrière, rappelé par de vieux démons. Puis… de jour en jour, on s’habituait à porter notre fardeau. Il était là, il écrasait nos épaules fragiles, mais on avait pris le rythme. Et peut-être, plus tard, on arrivait à l’abandonner sur le rebord du chemin… la pianiste n’en savait rien, elle n’en était pas encore là.


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MessageSujet: Re: Délicate aube    Sam 21 Oct 2017 - 23:10

Selene se décala légèrement, sa main entrant en contact avec le visage de Juliet. Sa peau était douce et chaude sur ses joues humides. La lycéenne eu le réflexe de baisser les yeux, vouant une attention toute particulière au sol. Elle crut un instant que de belles paroles allaient s'écouler d'entre ses lèvres et tenter de la cajoler. Il est vrai que lorsqu'un proche souffre, l'homme à tendance à décorer la vérité à la manière d'un sapin de noël, il y accroche toutes sortes de babioles pouvant enjoliver la choses. Toutefois la réponse de la pianiste fut honnête, elle lui accorda le bénéfice du doute, n'essayant pas de masquer ses pensées. Elle enchaîna même sa remarque sur une confession. L'objectif étant bien entendu de démontrer que chacun faisait des erreurs. Tout en saisissant le procédé ici effectué, la jeune fille observa son aîné qui développait tout ce dont elle était capable pour la réconforter. Une sorte de gymnastique habile que l'adolescente savait compliquée en vue de son état. Cette constatation lui extirpa un pauvre sourire. La brune, dans ses efforts, ses tentatives, était magnifique. Il rayonnait d'elle quelque chose d'indescriptible, et elle sut à ce moment précis pourquoi elle appréciait tant son Alice. Elle avait cette délicatesse, préservée malgré tout. Et une sensibilité si présente qu'elle en devenait malade. Ces côtés, parmi tant d'autres que Juliet adorait.

Sombrant de nouveau lentement dans ses préoccupations, elle s'autorisa à pleurer. Non plus seule, mais avec une spectatrice en laquelle elle avait confiance. Sa lèvre inférieure tremblant sous l'assaut des émotions, c'est de nouveaux que des perles salées débordèrent de ses yeux fatigués.  

L’adrénaline et le cortisol. Deux hormones qui me donnent cette impression de fatigue. Le corps et ses vieux mécanismes de survie, tout ce bazar qui accélère mon rythme cardiaque et ma respiration, dilatent mes vaisseaux sanguins et mes bronches, font affluer mon sang vers mes muscles qui se tendent. Tout ça pour verser quelques misérables larmes.  


Une énorme lassitude la pétrifiait, elle savait qu'elle n'aurait bientôt plus la force de pleurer. Elle tentait par le mental de récupérer le contrôle sur son corps. Elle se contenta de le comprendre et de l'expliquer pour cette fois. Alors qu'elle se débattait contre le sommeil qui tentait de l'arracher au présent, elle formula une réponse à son ainée.  

J'ai constamment peur de tout, j'ai une nature craintive, il faut l'avouer. Ses larmes se tarirent, ne lui laissant que sa voix écorchée, Seulement si je n'arrive pas à me faire confiance pour un temps, je ne vois pas comment je peux survivre à la situation la plus banale qui soit. Elle fit une pause. Avec ce poids je suis aussi un danger pour les autres.  

Ses bras vinrent délicatement entourer le buste de Selene. Elle ne se s'était pas montrée affective envers qui que ce soit depuis longtemps. Cela lui rappelait la manière dont ses grand-parents la choyaient. Dans cet océan de douceur, elle prêta son attention aux questions qui tourbillonnaient dans sa tête.

Il me faut un nouvel objectif je suppose. Quelque chose qui m'anime.  

A ces mots, elles creusa son esprit à la quête d'une étincelle qui serait capable d'embraser sa passion. Quelque chose de singulier, qui l'obligerait à repousser ses limites. À une époque, elle serait partie faire un trek à cheval. Elle aurait pu dormir sous une tente au milieu de la forêt, sans qu'un mort ne la déchire. Faire une escapade folle sans avoir peur de mourir. Se noyer dans l'insouciance. Juliet avait tendance à idéaliser l'ancien monde. L'enjoliver et lui attribuer des qualités qu'il n'avait jamais eu. Elle oubliait souvent la contrainte que sa famille avait été, les dangers tout aussi réels quoique moins fréquents. Parfois elle se glorifiait de sa liberté, d'autres elle se rappelait le confort et les êtres aimés. Elle tanguait ainsi au gré de ses émotions. Cette instabilité la menait inexorablement à un à malheur certain, jamais elle ne se comblerait de ce qu'elle avait. La lycéenne ne pouvait pas se contenter de vivre avec ses actes, elle devait apprendre à vivre avec ce nouveau monde.  


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MessageSujet: Re: Délicate aube    Dim 22 Oct 2017 - 10:16
Selene s’était tue laissa sa cadette pleurer. Il fallait que ça sorte. Les larmes n’étaient pas insignifiantes, elles aidaient à purger le venin, à laisser filer les sensations qui nous rongeaient de l’intérieur. Elles n’étaient pas une solution, mais on était toujours plus disposés à aller de l’avant après, une fois que les pleurs nous avaient éreintés. Juliet recommença alors à se confier, à mettre des mots sur les maux qui la pétrifiaient. Elle avait « peur ». La musicienne voyait exactement ce qu’elle voulait dire, car elle avait été là : des mois plus tôt – qui lui semblaient être des décennies – seule et désarmée dans les rues de Seattle. La terreur lui collait à la peau plus férocement que la crasse et elle aussi, avait cru mourir chaque jour qui passait. Mais elle était encore là… malgré tout ce qu’elle avait vécu, elle était toujours là.

La pianiste sourit tendrement aux bras de la jeune femme qui s’était refermés sur elle. En retour, elle l’enlaça aussi, appuyant sa joue sur le haut de son crâne, déposant même un léger baiser sur son cuir chevelu. C’était stupéfiant : cette sensation de se voir dans un miroir. La blonde était simplement encore dans sa chrysalide, prisonnière dans un sarcophage qui allait pourtant l’aider à grandir. Selene le voyait clairement, fusse-t-elle encore la seule à y croire : Juliet allait devenir quelqu’un d’important. Elle la surpasserait, elle survivrait, elle réussirait là où elle avait échoué.

Les traits de l’étudiante se raidirent un peu. Elle anticipait déjà la suite et si elle lui paraissait être la plus logique, elle avait du mal à l’accepter pleinement. Sa cadette n’était pas une gamine – pas plus qu’elle-même – et pourtant, ils l’avaient toujours protégée comme si elle n’était pas capable de se défendre. Après un soupir, la musicienne détacha délicatement leur étreinte pour pouvoir fixer son amie dans ses yeux. Pourquoi se sentait-elle si responsable d’elle ? Seulement parce qu’elle l’avait sauvée au printemps dernier ?

- Tu n’es pas un danger pour les autres, lui murmura Selene, si la peur te paralyse, tu es d’abord un danger pour toi.

Encore une fois, elle comptait lui parler comme à une adulte. Il fallait que le rapport change, que Juliet ait une chance de se sentir grandir ; et surtout : de se sentir utile. Il n’y avait pas d’autre chemin. Si elle avait tué Arun par accident, il fallait lui montrer qu’elle était aussi capable de se battre pour préserver des vies. La pianiste écarta une mèche brune venue tomber dans son champ de vision et prit les mains de sa cadette dans les siennes.

- J’étais comme toi au début. J’avais… peur. Et j’étais toute seule. Je voulais être forte, mais c’était trop dur, et… j’étais tellement terrifiée que je me suis enfermée dans un appartement un jour. Je me persuadais que c’était temporaire, que c’était pour attendre que la neige fonde, mais… je crois que je n’osais plus mettre un pied dehors, elle sourit tristement, c’était la première fois qu’elle se confiait aussi sincèrement sur cette période de sa survie, c’est Duncan qui m’a… qui m’a redonné confiance. Il m’a fait comprendre que parfois, rester immobile et attendre, c’était le meilleur moyen de mourir doucement. Que je devrais me bouger, me battre… trouver un objectif, la pianiste inclina légèrement la tête en avant, signe qu’elle faisait écho à la phrase de son amie, et je pense que… je pourrai te donner le même conseil.

L’espace d’un instant, Selene avait levé ses yeux bleus vers Django qui soufflait. Le doute venait de s’installer. Est-ce que c’était ce que la jeune femme avait besoin d’entendre ? Est-ce qu’elle n’aurait pas plutôt envie d’oublier un instant la mort et le sang ? …est-ce qu’elle aurait besoin qu’on lui mente, qu’on lui dise que la vie allait redevenir belle ? La musicienne rouvrit la bouche mais ne produit pas de son tout de suite. Non. Elle ne savait pas faire ça : peindre en doré les sentiments désorientés de sa cadette, l’enfermer dans un écrin pour la préserver du Mal. Il était là de toute façon. Le Malheur. Elle pouvait le regarder en face ou se cacher les yeux. Pour la meneuse du groupe, il n’y avait qu’une solution viable.

- Je peux t’aider. Je peux… t’apprendre à te défendre, à te servir d’une arme, à réagir vite en cas de danger, à avoir les bons réflexes en expédition, son regard s’ancra dans le siens, tu es forte Juliet, tu ne le sais juste pas encore. Et tu verras : un jour, ce n’est pas que tu n’auras plus peur, c’est juste que tu sauras la mettre en sourdine.


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MessageSujet: Re: Délicate aube    Jeu 28 Déc 2017 - 14:01
Selene capturait des bribes de vérité à travers son regard et ses paroles. Elle semblait capable d'étendre son empathie jusqu'aux sentiments exacts qui agitaient le cœur et l'esprit de Juliet. Les sensations qui s'échappaient de la jeune fille emmenaient également son énergie, la laissant complètement vide. Elle était présente, mais son attention s'effilochait lentement, remplacée par une fatigue de plomb. Le contact encore plus rapproché qu'offrit la pianiste réconforta Juliet. La légère peur irrationnelle de se faire rejeter disparut.

En livrant son expérience personnelle, Selene démontrait que le processus que Juliet subissait, sévissait chez beaucoup de personnes. De l'intérieur, Juliet avait l'impression d'être horriblement seule alors que chacun passait au travers d'une phase de remise en question. La jeune fille appréciait cette manière dont Selene lui livrait ses paroles, sans filtre, toutes crues et pleines de vie.

La phrase qu'elle avait le plus haï durant son temps de vie avec ses parents était la fameuse "tu comprendras quand tu seras grande". Cette réduction d'être, vouloir parler d'un problème d'adulte avec des mots inappropriés. Réduire la vie à une vision manichéenne. Finalement refuser de faire des efforts et s'aiguiser la conscience des enfants. Rester confortablement dans un savoir et le privatiser. Pour la jeune fille, c'était un manque de respect total auquel elle avait fait face autrefois et qu'elle tentait maintenant d'éviter. En la traitant comme une adulte, Selene touchait un point sensible dans un moment de vulnérabilité.

Aux mots "tu es forte Juliet, tu ne le sais juste pas encore", la lycéenne vibra, comme si l'on venait de lui confier un secret de la plus haute importance. La solution résidait exactement en cela. Elle s'accrocha au regard que Selene avait ancré sur elle et intégra mot après mot les paroles en elle. Elle acquiesça et lui répondit

La vérité, c'est que jamais je ne m'accorderais à ce monde, jamais. Je ne suis pas faite pour cette vie. Mais je peux faire semblant, donner un simulacre de moi-même. Jouer le rôle de la survivante. Apprends-moi. Dit elle en hochant la tête avec détermination alors que les vestiges de larmes brillaient sur sa peau.

Et peut-être qu'à force de jouer ce rôle, elle s'y glisserait sans s'en rendre compte. Il suffirait de projeter cette ombre d'elle-même et de doucement l'apprivoiser. Juliet était un être dissocié, aux multiples facettes qui s'imbriquaient mal entres elles. Elle n'arrivait pas encore bien à mêler de manière homogène toutes ses qualités et ses sentiments. Elle restait une énigme pour elle-même, ce qui lui offrait, à n'en pas douter, un océan de découvertes à explorer.


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