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 Une cuillère de malice

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Ashley Grant
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MessageSujet: Re: Une cuillère de malice   Sam 9 Sep 2017 - 11:00

Bon d’accord, à voir la tête de Ludwig, Ashley était peut-être trop sèche mais elle n’avait pas cherché à l’être. Ce type avait l’air plus sensible qu’une adolescente en pleine poussée d’hormones, mais il avait l’air plutôt sympathique, du moins Hope l’appréciait donc c’était suffisant pour la brunette. Le sujet de Hope revint d’ailleurs sur le tapis, dissipant cette légère tension au profit d’un air plus léger des deux côtés. Ash’ installée dans le canapé, un coussin en guise de doudou, donna son ressenti sur la façon dont sa fille vivait tout ce nouveau monde qui était désormais le leur. Esquissant un sourire à la dernière remarque du rouquin, la jeune mère reprit. « Oui … c’est assez perturbant d’ailleurs sa façon d’être à l’aise avec tout le monde. » Hope était la mascotte du ranch, la supporter n’avait pas été évident pour tout le monde mais chacun s’était habitué à sa présence et à ses bavardages.

« Tout ce que j’espère c’est qu’elle ne change pas. » Toujours ce même sourire tendre et fier collé au visage, Ashley fixait un point invisible devant elle avant de reporter son attention sur Ludwig, cherchant à savoir comment lui vivait tout cela. Mais cette simple question était peut-être déjà de trop. Le roux avait l’air parti dans des réflexions et des souvenirs douloureux. A sa réponse finalement, Ash’ haussa les épaules. « Non, tu ne dois pas si c’est pas ce que tu ressens. Je suppose qu’on doit tous trouver une raison de se réjouir, je veux dire toute cette vie, c’est pas une vie pour nous, ça le sera pour les gamins comme Hope qui grandissent là-dedans mais pour nous … »

Si elle n’avait pas eu sa fille à protéger, Ashley n’aurait sans doute pas eu la force de survivre, surtout après la mort de sa mère. Alors elle pouvait parfaitement comprendre que tout était difficile, que Ludwig pouvait en avoir gros et ne pas se réjouir d’être simplement en vie. « La vie n’est pas facile, elle l’a jamais été, maintenant y’a juste les morts en plus, c’est ce que je me dis pour accepter tout ça … » Son sourire s’était quelque peu dissipé mais Ash’ afficha bien vite un nouveau sourire rassurant sur son visage. « Je suis sûre que tout s’arrangera ici. » Elle ne savait pas ce qu’ils avaient perdu avant de rejoindre le ranch, mais elle ne pouvait qu’imaginer qu’ils avaient vécu l’enfer pour arriver sans rien, blessés, épuisés.

« Tu es bien installé ici ? Je veux dire le ranch de manière générale, les gens, tout se passe bien ? » Si elle n’avait pas été pour au premier abord, la brune avait vite compris que les accueillir était la chose la plus humaine à faire. Et elle voulait dans ce cas que tout se passe bien, c’était autant nécessaire pour les survivants que pour le camp dans sa globalité. De son côté elle avait sympathisé avec plusieurs de ces nouveaux venus même si elle était loin de tous les connaître personnellement, mais qu’en était-il de Ludwig ? Est-ce qu’il s’intégrait bien en dehors des jeux de société avec Hope ?


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Ludwig Gulbrandsen
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MessageSujet: Re: Une cuillère de malice   Lun 11 Sep 2017 - 23:21

Ses doigts continuaient de tripoter les objets qui décoraient la cheminée. Une statuette de chat de mauvais goût, de très vieux bouquins – qu'il avait déjà lu -, une autre figurine de chat … C'était très moche, vraiment. Christina se serait arrachée les cheveux devant de telle faute de goût.
Un léger sourire, un brin nostalgique, lui chatouilla les lèvres.

Ashley reprit la parole, pour le contredire sur sa logique incertaine. Sans se tourner totalement vers elle, le libraire laissa ses bras descendre le long de son corps et baissa légèrement la tête. Son regard accrocha le coin de la table basse, tandis qu'il s'imprégnait de chacun des mots qui sortaient de la bouche de la jeune femme. Sa voix n'avait rien d'agressif, rien au contraire. Et, même s'il ne la regardait pas, il pouvait aisément ressentir le regard bienveillant et quelque peu touché qu'elle pouvait lui porter.
Lentement, il hocha la tête, avec un sourire d'excuse sur le visage. Il souffla lentement par le nez, assez pour ravaler le chagrin qui avait menacé, l'espace de quelques petites secondes, de prendre le dessus.

- Sans doute, oui, répondit-il du bout des lèvres, lorsqu'elle affirma que tout, ici, allait s'arranger.

Il avait tenté de mettre de la bonne volonté dans sa voix, mais une pointe d'amertume s'y décernait également. Oh, il n'allait cracher sur l'aide qu'on leur avait apporté : sans eux, le groupe de Tacoma serait probablement mort à ce jour. Et, de même qu'il n'allait pas rabaisser le ranch : oui, il s'y sentait bien. Le fait de rencontrer de nouvelles têtes et d'avoir autant d'occupations chaque jour étaient utile pour tout le monde. Pour ne pas sombrer. Pour ne pas penser.

- Tu es bien installé, ici ?

Il releva le nez vers Ashley. Pour un peu, il aurait presque oublié sa présence. Sa fâcheuse tendance à se perdre dans le fil de ses pensées lui causait souvent défaut.
Une seconde, il accrocha les prunelles de cristal de la jeune mère, avant de se dérober. Un profond sentiment de gratitude venu de nul part gonfla dans le cœur du Norvégien à son égard. Parce qu'elle prenait de ses nouvelles, alors même qu'elle ne le connaissait pas ? Qu'elle prenait le temps, tout simplement, d'en passer avec lui ?

- Tout se passe bien, répéta-t-il, se maudissant une fois de plus pour son absence d'éloquence.

Son sourire la remerciait.

- Votre aide a été salvatrice. On ne le sait peut-être pas tous, mais si on ne vous avez pas rencontré, on serait tous …

Il eut un petit mouvement d'épaules et écarta les bras, en signe d'évidence. Un petit rire jaune lui échappa.

- Morts.

Distraitement et un peu gêné par ses propres paroles, il s'approcha de la table basse, face au canapé. À genoux, il entreprit d'y mettre un peu d'ordre et de retirer la poussière du plat de la main.

- Je sais que ça n'a pas été une décision facile pour vous. Et que ça ne doit toujours pas l'être pour certains.

Notamment pour Axel, qui démontrait encore beaucoup de réticence avec le groupe de Tacoma. Il n'était sûrement pas le seul. Mais ... Ludwig ne pouvait pas leur en tenir rigueur. Il comprenait parfaitement leur manière de penser et de réagir.
Il pencha la tête sur le côté et adressa un coup d'oeil curieux à la jeune femme.

- Comment tu as vécu ça, toi ? Les réactions devaient être aussi variées qu'explosives, lorsque vous nous avez vu débarquer.



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Ashley Grant
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MessageSujet: Re: Une cuillère de malice   Mar 12 Sep 2017 - 20:26

Le rouquin n’en finissait plus de découvrir toute la lourde décoration du salon du ranch, les anciens propriétaires avaient des goûts particuliers, mais désormais qui étaient-ils pour s’en plaindre ? Cela donnait à l’endroit un look à part, et Hope aimait bien les sculptures d’animaux, aussi moches soient-elles. Et dans le cas présent, ils jouaient parfaitement le rôle de distraction pour Ludwig, Ash’ s’en rendait bien compte. Il était nerveux, perdu, sans doute encore marqué par les événements qu’ils avaient traversés.

La jeune mère termina par s’intéresser à l’installation de Ludwig dans le ranch, elle avait cherché à faire de même avec la plupart des nouveaux venus. Tout se passait bien, c’était déjà une bonne nouvelle que la brunette accueillit avec un simple sourire, écoutant en silence la suite des mots du norvégien. Sans eux ils seraient morts ? Cette pensée lui avait effleuré l’esprit, c’était ce qui lui avait aidé à accepter leur venue d’autant qu’après tout, ils avaient des enfants. S’ils ne les avaient pas recueillis, elle n’aurait pas retrouvé Jon. Le sort tenait à peu de choses.


« J’crois que ça sera jamais facile d’accepter de nouveaux venus mais … il faut se serrer les coudes entre vivants. » Pressant un peu plus le coussin contre elle, Ashley esquissa un sourire. Elle n’avait plus tant confiance dans les vivants, seulement ceux du ranch, cette famille improvisée. Son regard clair se reposa à nouveau sur le rouquin. « Oh tu sais … Axel râlait, Jasper essayait de nous raisonner, Carmen a tapé du poing sur la table … » commença-t-elle avec un sourire amusé avant de reprendre. « J’étais pas rassurée … J’ai … fait de mauvaises rencontres et j’avais peur de vous laisser venir ici, pour protéger Hope. Mais après tout, si Carmen et Erik n’avaient pas accepté de m’ouvrir la porte du ranch, alors Hope et moi … on aurait pas passé l’hiver … » Hochant la tête en fixant un point dans le vide, Ashley secoua finalement la tête de gauche à droite.

« C’était pas évident mais plus on est nombreux, plus on est fort non ? Plus de bras pour les expéditions, les surveillances, enfin … ça a forcément des avantages et … Vous aviez des enfants avec vous, ça a joué en votre faveur. » C’était la mère en elle qui avait flanché, se rappelant de son arrivée au ranch à elle. « Au final … c’est plutôt une bonne chose que vous soyez là, même pour nous et même pour moi. » C’était une bonne chose oui, il fallait s’en convaincre et la brune en était désormais convaincue. Il y avait dans ce groupe des personnes fortes, dignes de confiance, une famille qui s’agrandissait.

Jouant encore un peu avec le coussin sur ses genoux, Ashley le déposa finalement à côté d’elle, affichant son air curieux habituel, masqué derrière un petit sourire. Elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille avant de reprendre.
« Tu habitais depuis longtemps à Seattle ? Enfin … si tu m’excuse ma curiosité. »


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Ludwig Gulbrandsen
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MessageSujet: Re: Une cuillère de malice   Dim 17 Sep 2017 - 21:33

Il hocha la tête. Au moins, elle était sincère, il appréciait cela. De plus, elle possédait les mots justes pour s'exprimer en toute franchise sans se montrer désobligeante. Il aurait presque pu la remercier pour cela.
Ashley mentionna sa propre histoire afin de justifier son point de vu vis à vis des survivants de Tacoma. Il était, effectivement, beaucoup plus simple de posséder de la compassion pour autrui lorsque l'on a vécu auparavant une expérience similaire. C'est alors une corde sensible qui est touchée, plus encore lorsque l'on compare quelqu'un dans le besoin avec un proche. Selon Ludwig, si un homme n'a jamais connu sa famille ou n'a jamais eu d'ami, il sera, par la force des choses, dénué de cette corde sensible. C'est en se projetant sur son prochain, en identifiant sa propre vie à la sienne que l'on est capable de compassion. Parce que ça nous concerne, ainsi. Au fond … peut-être s'agit-il là d'une douce forme d'égoïsme, paradoxalement nécessaire à la solidarité.

- L'union fait la force, paraît-il, lâcha-t-il.

Il accompagna ses mots d'un sourire d'excuse, conscient du manque de réflexion de sa remarque. Il aurait pu rajouter que malgré tout, l'homme est un loup pour l'homme, mais il préférait, de loin, se persuader du contraire.

- Je suis... heureux d'être ici, en tout cas.

Ses mains se posèrent sur ses genoux. Ses yeux se relevèrent vers le visage de poupon d'Ashley. Par sa douceur et son calme, elle était parvenue à atténuer le stress constant que ressentait le libraire. Et, s'il avait été mal à l'aise à son arrivée, il pouvait affirmer apprécier, à cet instant, sa présence. Une aura de bienveillance émanait d'elle.

La conversation s'orienta finalement vers un autre sujet. Une corde plus sensible encore. Ludwig plongea dans son passé avec une douleur mêlée à de la confusion. Parce qu'il se surprenait de plus en plus à oublier des fragments de sa vie d'avant. Parce qu'il ne comprenait pas pourquoi certains visages d'antan étaient si flous dans son esprit, ni pourquoi les voix paraissaient si lointaines. Il ne comprenait pas comment certains ici faisaient pour être ainsi hanté par les fantômes de leur passé. Lui, les oubliait chaque jour un peu plus. Des âmes bien plus récemment envolées les avaient très aisément remplacées.

- Hm … quelques années maintenant. Quelques bonnes années. Je devais avoir … j'sais plus trop. Vingt-cinq ans, quelque chose comme ça. Un jeunôt, quoi !

Un petit rire lui échappa. Il eut un moue fataliste :

- J'en ai presque dix de plus maintenant.

Après un petit silence, il continua, puisque de toute manière, la question allait sûrement tomber à un moment donné.

- Je viens de Norvège. De Bergen. Je suis parti pour … travailler. Ou essayer, au début.

Petit haussement d'épaules.

- On pense toujours que l'herbe est plus verte ailleurs, pas vrai ?

Il se mit sur ses jambes pour finalement rejoindre Ashley sur le canapé. Prenant soin, néanmoins, de garder une certaine distance entre elle et lui, il posa ses avant-bras sur ses genoux, où il vint entremêler ses doigts.

- Et toi ? Tu viens d'où ?


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Ashley Grant
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MessageSujet: Re: Une cuillère de malice   Jeu 21 Sep 2017 - 21:18

L’union faisait la force, Ashley en était convaincue et pourtant elle avait toujours mis un point d’honneur à se débrouiller seule. A croire que ce nouveau monde l’avait aidée à grandir, mûrir. Un mince sourire se dessina sur ses lèvres, ravie de voir que Ludwig se détendait un peu, sans toutefois se transformer en moulin à paroles, elle gardait encore ce privilège. « Contente de l’entendre » souffla-t-elle sans se défaire de ce sourire en apprenant qu’au moins, le norvégien était heureux d’être au ranch. Ce n’était pas le paradis sur terre, ce n’était rien comparé à la civilisation, au monde d’avant, mais c’était ce qui s’en rapprochait le plus.

Poussée par sa curiosité, Ashley n’avait pas résisté d’avantage pour en savoir un peu plus sur le rouquin, notamment ses origines, depuis quand était-il sur le sol américain. Elle n’imaginait pas ce que cela devait être d’être si loin de sa famille, parce que sa seule famille, elle savait parfaitement où elle était.
« Hey c’est un âge tout à fait respectable ! » plaisanta-t-elle car c’était tout pile son âge à elle. Etait-elle « jeune » ? Ashley avait l’impression d’être déjà une vieille dame, qui couvait trop sa fille, qui repensait trop au passé. Elle n’avait bien pourtant que vingt-cinq ans. « Tu as encore de belles années devant toi, prends pas cet air désespéré ! » Même si elle avait une vague idée de la mélancolie qui pouvait habitait Ludwig, Ash’ essayait de détendre l’atmosphère.

Bergen, en Norvège. Elle n’avait pas la moindre idée de là où ça se trouvait, c’était à peine si elle aurait pu placer la Norvège sur une carte, l’école ça n’avait jamais été son fort, et elle n’en avait jamais eu honte.
« Et on a toujours besoin de le vérifier par nous-même. » D’un petit hochement de tête, Ash’ lui signifia qu’elle comprenait parfaitement qu’il ait eu l’envie de changer d’horizon. Le rouquin lui retourna finalement la question.

« Renton, au sud de Seattle … A l’époque ça devait être à une trentaine de minutes d’ici. Et c’est le plus loin que je sois jamais allée. » Un peu honteuse de n’avoir jamais vu du pays, la brunette esquissa un sourire gêné, laissant son regard se baladait dans la pièce, scrutant les allées et venues des uns, des autres. « J’ai grandi à Seattle même, mais avant la naissance de Hope j’ai bougé à Renton. » Parce que ses recherches l’avaient menée sur le porche de cette petite maison alors que son ventre commençait doucement à s’arrondir et qu’elle ne supportait plus les foyers.

« Du coup je suppose que tu fais partie des déçus du rêve américain ? » Sa question n’était pas destinée à vexer Ludwig, aussi Ashley la posa avec un petit sourire désolé. Elle n’avait pas rencontré beaucoup d’étrangers venus s’installer sur le sol américain, mais elle savait que pour beaucoup c’était le pays où tout était possible. Pour elle, c’était un endroit comme un autre, où tout le monde avait droit à son lot de merdes quotidiennes, comme ailleurs.  


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Ludwig Gulbrandsen
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MessageSujet: Re: Une cuillère de malice   Dim 24 Sep 2017 - 12:52

Il rit face aux mots d'Ashley. Non, il n'était pas désespéré de prendre de l'âge. Pas trop. Ce n'était même pas le fait de vieillir qui le dérangeait, mais le fait de toujours avoir ce visage de poupon. Face à son reflet, il avait beau avoir remarqué quelques petites ridules au coin de ses yeux et à la commissure de ses lèvres, il ne voyait toujours pas de barbe drue. Le rasage, au moins, n'était pas un problème pour lui. Il pouvait demeurer deux mois sans toucher à une lame qu'aucun poil ne viendrait le prouver. Il aura tout juste un duvet ridicule.
Toujours est-il qu'il faisait plus jeune que la plupart des hommes ici, et, déjà qu'il n'était pas bien au sérieux, ça n'aidait pas du tout.

Reprenant son sérieux après l'avoir renseigné sur son lieu de naissance, il hocha la tête.

- J'aime encore à me dire que, là-bas, la situation n'est pas si catastrophique.

Même si c'est sûrement faux. Il paraît que l'espoir fait vivre. Lui, en a fait son oxygène.
Ashley prit la parole à son tour, parlant de là où elle venait. De pas loin, d'après ce qu'elle disait. Et ça avait l'air de l'embarrasser légèrement, ce qui titilla la curiosité du rouquin. Penchant la tête sur le côté, il l'observa avec avidité. Pour lui, ce n'était pas une honte que de demeurer au même endroit toute sa vie. Il enviait, plutôt, cet ancrage à sa terre natale. Peut-être que pour Ashley, c'était un manque de courage que de ne pas voyager. Mais pour Ludwig, c'était admirable. Il n'y avait pas besoin de faire le tour du monde pour se sentir bien là où on est. Son frère, Tomas, ne l'avait pas compris. À vingt-sept ans au début de l'épidémie, il devait compter une bonne dizaine de pays déjà visité. Si son grand-frère l'enviait, à l'époque, aujourd'hui, sa mentalité à changer. S'il avait pu rester à Bergen toute sa vie, prêt de ses parents, il l'aurait fait.

- Ca doit être encore pire, de voir là où on a grandi, aujourd'hui, supposa-t-il, yeux perdus dans la contemplation d'une mèche de cheveux d'Ashley.

La jeune mère posa une dernière question à Ludwig. Une petite pointe d'amertume mêlée à un brin de cynisme se lisait dans sa voix. Peut-être n'était-ce pas une vraie question, pourtant, le libraire la considéra réellement.

- Non, pas du rêve américain … Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Ça n'a … n'a pas été facile. Mais c'était de ma faute. J'étais …

Il eut un petit rire jaune.

- J'étais un incapable. Assisté par mes parents.

Même s'il se considérait toujours tel quel, l'avantage était qu'il n'avait plus ses parents pour tout faire à sa place.
Constatant qu'Ashley était ouverte à la discussion et également curieuse, il se sentit encouragé et continua. Le coussin qui était posé sur ses genoux à elle quelques instants auparavant se retrouvant sur ceux de Ludwig.

- Ils étaient médecins. Logiquement, je devais suivre leur trace. Mon père avait pas mal de contact, ici. Il m'y a envoyé, dans l'espoir que je me découvre une vocation. En vain. Ça allait, les premiers mois, grâce à ma réserve d'argent. Puis je me suis fait virer. Une fois, deux fois, trois fois. J'étais un stagiaire affreux. Je me suis retrouvé à la rue, comme beaucoup d'étrangers venus pour apprendre à se connaître.

Les mains délicates du norvégien tapotaient avec délicatesse le coussin, avant de glisser lentement dessus, appréciant sa douceur.

- Ca n'a pas duré éternellement, heureusement. Grâce à une rencontre, j'ai pu ouvrir ma propre librairie. Après … Tout allait pour le mieux. Du coup, ouais … je ne m'en suis jamais sorti tout seul, même avant l'épidémie.

Un petit sourire nostalgique lui chatouillait les lèvres. Le visage de Lena, bienveillant au possible, lui revenait en mémoire.
Un peu mal à l'aise, finalement, d'avoir ainsi raconté sa vie à Ashley, qu'il ne connaissait pas vraiment, il redressa la tête, eut un nouveau rire gêné.

- Enfin, maintenant, tout ça n'a plus d'importance. On est tous au même niveau. Médecins, sdf, commerçants … Y'a plus de privilégiés. C'est … C'est pas plus mal, je suppose.



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Ashley Grant
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MessageSujet: Re: Une cuillère de malice   Mar 26 Sep 2017 - 9:36

Un petit sourire collé aux lèvres, Ashley hocha la tête à la précision de Ludwig sur sa ville natale. Il fallait effectivement espérer que certains endroits aient été épargnés ou moins touchés. La brune ne pouvait pas lui enlever cet espoir. Lorsqu’il retourna la réponse, la jeune mère indiqua qu’elle venait de Renton, non sans une pointe de déception dans la voix, qui souleva une réponse de la part du rouquin. Encore pire ? « Ouais … » Le pire, c’était d’imaginer la maison de sa mère sens dessus dessous, sans doute pillée, tous les souvenirs d’enfance de sa fille brisés, éparpillés aux quatre vents. « Des personnes ont sans doute grandi ici aussi … » souffla-t-elle en haussant les épaules, quelque part ils avaient pris possession de ce ranch, qui appartenait auparavant à quelqu’un. C’était ainsi désormais.

La brune s’était permise une question sous forme de remarque, étonnée d’entendre que Ludwig parlait plus facilement. Il s’était détendu, tant mieux, même si mettre les gens mal à l’aise était un de ses jeux préférés à une époque, dans cette communauté réduite c’était mieux de ne se mettre personne à dos. Elle l’écouta raconter son histoire, silencieuse, son regard clair ne le quittant que pour jeter des coups d’œil à l’extérieur quand un mouvement se faisait voir par les fenêtres. Des parents médecins qui avaient grandement financé sa vie aux Etats-Unis. Un mince soupir s’échappa de ses lèvres. Mais pourtant, Ludwig n’avait rien d’un gosse de riche, sans parler de son âge, il n’avait pas cette attitude.
« Toutes les cartes ont été redistribuées, ça c’est sûr … » reprit-elle en souriant, haussant les épaules.

« Tu as survécu jusqu’ici, t’es loin d’être un incapable. » Son regard clair se posa à nouveau sur Ludwig, empli de confiance dont lui-même semblait cruellement manquer. « T’as ouvert ta propre librairie ? Ça, c’est pas rien. Tu dois bien t’entendre avec monsieur rayon de soleil … Axel. » Un petit sourire amusé, la brune les imagina parler bouquins, elle qui n’était pas du tout lecture sortie des livres de contes qu’elle gardait pour Hope. « Et puis c’est pas moi qui vais te juger sur tes choix de vie, j’ai vingt-cinq ans et une gamine de sept ans, ça en dit long. »

Clairement, Ashley n’était pas de celles qui pouvaient se permettre de juger qui que ce soit. Elle s’en était certes sortie malgré tout, elle n’avait jamais baissé les bras, mais elle avait enchainé les petits boulots, peinant à les garder à cause de son mauvais caractère et de sa langue trop bien pendue. Le seul point fixe de son existence, c’était sa fille. « Et de toute manière, Hope t’apprécie beaucoup, c’est le seul indicateur dont j’ai besoin pour me faire une idée sur quelqu’un. » C’était triste à dire, mais sa fille était sans doute un meilleur juge de la nature humaine qu’Ash’ ne l’était elle-même. « Dis m’en plus sur cette librairie, c’était dans le centre de Seattle ? Tous publics ? » Quitte à le faire parler, autant évoquer un sujet dont il pouvait être fier, ça l’aiderait peut-être à gagner en confiance.


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