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 Sometimes, happy memories hurt the most.

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Andrea West
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MessageSujet: Re: Sometimes, happy memories hurt the most.   Sam 7 Oct 2017 - 21:46

« Il y arrivera. » Lança Andrea à son vis-à-vis, sans l’ombre d’un doute venant entacher le tableau. Elle n’avait pas de raison de ne pas y croire pour sa part, et même si Isaac ne serait pas toujours là pour son fils, tout comme elle ne pourrait pas être toujours là pour Ruben, elle songeait à laisser à son neveu tout ce dont il pourrait avoir besoin pour continuer sa route. « Tu n’as pas l’intention de l’abandonner demain, j’imagine. » Ajouta-t-elle en le poussant un petit peu de son épaule, échangeant avec lui un regard complice.

L’âge n’avait rien à voir là-dedans. Si Isaac n’était plus tout jeune, il restait un homme respectable qui avait fait de la route pour se retrouver ici. Un homme qui avait donc un savoir à offrir, beaucoup à donner. Et qui tenait debout, au moins pour son fils. Andrea comprenait tout à fait le point de vue du cavalier sur tout ça, sur comment ce monde avait changé, et sur à quel point tout ça était injuste. Elle ne trouvait pas sa vie d’avant plus juste, mais elle avait entrevu un semblant de bonheur quelque part, qu’elle ne voyait pas comment retrouver ici.

« Ils n’ont pas connu ce que nous, on a pu voir. Mais ils arriveront à prendre leurs marques ici, à se faire une place, à savoir se défendre. Ils s’en sortiront mieux que nous. » Un jour, des jeunes comme Ruben, Joachim, Juliet, gouverneraient ce monde. Selene en était la preuve !

Gardant son sourire, elle hocha la tête lorsque son voisin lui demanda d’éventuellement apprendre à Joachim de ne plus craindre les rôdeurs. L’avis d’Andrea à ce sujet était plutôt arrêté : la peur était nécessaire pour survivre, elle sculptait les bons réflexes, permettait de réagir, de se sauver, et c’était tout ce qui comptait. Mais elle ne devait pas prendre toute la place : si elle était une source, une énergie intarissable, elle pouvait être maîtrisée, assimilée, comprise.

« Peut-être que si tu lui expliques ça sous un autre angle, ça passera mieux ? » Suggéra-t-elle d’une petite voix, en réfléchissant.

Les morts avaient encore figure humaine, c’était ça qui rendait le geste si perturbant. Ils rappelaient quelqu’un, travaillaient forcément les souvenirs de ce qu’était la société avant la fin.

« Je n’ai pas l’impression de tuer quelqu’un quand je m’en prends à un rôdeur. Déjà, je me défends. Ensuite… Cette personne est déjà morte, et ce n’est pas moi qui m’en suis chargée la première fois. » Elle ne tuait pas les vivants. Et elle ne l’avait fait qu’une fois, pour protéger Sarah. C’était la seule fois où elle avait dévié de sa ligne de conduite, fixe, immuable, claire. Tuer pour protéger était acceptable. Ou tout du moins, tentait-elle de s’en convaincre. « Je pense qu’en plus, personne n’aurait envie de finir comme ça. Se relever, errer, dévorer des êtres vivants… »

Au fond… Parvenir à tuer un rôdeur, c’était lui rendre service.

« Je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi, et pourtant, j’en ai eu quelques-uns quand je travaillais. » Confia-t-elle avant de lui offrir un petit rire. « Je pourrais vous montrer, oui. » Elle appuya sa réponse d’un signe de la tête : « Ceci étant dit, je m’en sors mieux avec une lame ou une hache. Les armes à feux, il faudra se tourner vers Selene ou Duncan. » Elle marqua une pause et ajouta : « Selene a appris à Ruben à se servir de son arbalète, d’ailleurs. »

L’afro-américaine ne pouvait qu’être reconnaissante de ce qu’avait fait son amie. Ruben s’en sortait mieux maintenant : plus vif, habile, futé. Il était à deux doigts de pouvoir sortir sans elle dehors. Joachim pourrait probablement en faire autant un jour, s’il écoutait attentivement la leçon que les gens de la prison avaient à lui apprendre.




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Isaac S. Greene
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MessageSujet: Re: Sometimes, happy memories hurt the most.   Dim 8 Oct 2017 - 17:52


« Bien sûr que non ! » Isaac s’était mis à rire à la remarque d’Andrea. Non, il comptait bien rester auprès de son fils le plus longtemps possible. Souriant au léger coup d’épaule de la jeune femme, ses lèvres s’étirèrent encore un peu plus. Cela faisait du bien de pouvoir rire un peu, même après s’être remémorer de si tristes souvenirs. Parler lui permettait d’évacuer tout un tas d’émotions désagréables, et pouvoir en discuter avec la métisse allait forcément lui être bénéfique.

Andrea lui expliqua que Joachim et Ruben finiraient par se faire à ce nouveau monde, comme eux s’en étaient sortis dans leurs vies d’avant. Sûrement oui… Isaac restait plutôt perplexe à l’idée que l’humanité puisse perdurer dans un tel monde chaotique. Il espérait qu’un jour l’épidémie prenne fin. Si cela arrivait vraiment, peut-être que Joachim, Ruben et les autres seraient là pour reconstruire un monde plus juste, moins sombre… La jeune femme avait raison, il fallait que les jeunes soient en mesure de se défendre. Jusqu’ici le cavalier avait toujours protégé son fils, il l’avait sauvé à plusieurs reprises. Mais arriverait sûrement un jour où il ne serait pas là, et alors Joachim devrait s’en sortir seul.

Isaac avait toujours eu du mal à aborder le sujet des rôdeurs avec son fils. La mort de Nora n’avait pas arrangé les choses. Joachim avait mis du temps à comprendre que son père l’avait sauvé ce jour-là. Pendant longtemps il lui en avait voulu de ne pas l’avoir sauvé, et s’il ne l’avait jamais clairement avoué à son père, Isaac l’avait vu dans son regard. Ce regard… Le père de famille avait eu du mal à le supporter, et il était vrai qu’il avait fini par ne tuer les « morts » qu’en dernier recours, les évitant plutôt que de les affronter. En écoutant parler Andrea, l’homme prit conscience qu’il n’avait pas vraiment aider son fils en faisant cela. Agir de la sorte avait sûrement amplifié les craintes de son fils.

La jeune femme lui exposa son point de vue, et Isaac hocha de la tête, comprenant ce qu’elle voulait lui dire. L’homme était plutôt d’accord, tuer les rôdeurs était comme une façon de les libérer. C’était ce qu’il avait fait pour Nora. Voir sa fille dans cet état avait été insupportable, il ne l’avait pas reconnue. « J’ai dû le faire pour Nora. J’ai été obligé de la libérer… » Il se refusait à dire qu’il l’avait tuée. « Elle avait été emportée par la fièvre après avoir été mordue. Elle s’est réveillée en pleine nuit, et a essayé de s’en prendre à son frère. J’ai dû intervenir pour le sauver… » Son regard s’était reporté sur le ciel, comme s’il cherchait un signe de sa fille là-haut. Isaac n’avait jamais été très croyant, contrairement à ses parents. Mais il espérait que sa fille se trouvait dans un monde bien meilleur que le leur…

« Oui pourquoi pas. Je pense que ça serait bien qu’on s’entraîne. Le fait que ce ne soit pas moi qui lui montre ou lui explique les choses, ça passera sûrement mieux. Et puis, le fait de voir Ruben le faire, je pense que ça pourra l’aider à faire pareil. Ils s’entendent plutôt bien tous les deux, de ce que j’ai pu voir quand ils travaillent ensemble à l’écurie. » Le neveu d’Andrea avait clairement plus d’assurance que son fils. Isaac avait pu le remarquer en le voyant s’occuper des chevaux, Isaac n’avait qu’à lui expliquer les choses une seule fois pour que l’adolescent comprenne comment ça fonctionnait. Il l’avait même vu prendre des initiatives. Joachim n’avait pas le même caractère, il était plus passif et il attendait souvent les ordres de son père… Il était plus jeune aussi, cela pouvait être une raison. « Je vais lui en parler, lui expliquer que c’est nécessaire. Je pense qu’il sera partant ! »







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Andrea West
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MessageSujet: Re: Sometimes, happy memories hurt the most.   Jeu 12 Oct 2017 - 10:15

« Viens me voir demain, après ta sieste… » Lui souffla-t-elle avec un sourire en coin, qui n’augurait pas forcément quelque chose de bon pour lui. « Et on commencera l’entraînement. »

Le fait d’amener Joachim avec lui était intimé, évidemment. Isaac n’était pas vraiment celui qui avait besoin d’une remise à niveau. Et il ne s’agirait probablement pas seulement d’un entrainement, puisqu’une discussion s’imposait. Joachim avait besoin d’être… mis à niveau. Encouragé. Ça pouvait partir de rien, d’une simple conversation, pour créer un déclic chez l’adolescent qui allait bientôt devoir prendre des responsabilités. Se redressant, elle attrapa sa hache, qu’elle ne quittait quasiment jamais :

« On dira que ça sera pour te remercier de… distraire Ruben en lui apprenant à s’occuper des autres ! » Elle eut un petit rire. Son neveu s’amusait beaucoup trop en compagnie de l’homme, sans doute parce que sa compagnie était une curiosité pour lui.

Le garçon avait grandi sans père. Comme sa sœur et elle, à dire vrai, à croire que c’était un cercle vicieux duquel la famille West ne pouvait s’extraire. Isaac faisait figure d’une autorité qu’il n’avait jamais connu autrement, pas même Annabelle n’avait su le faire. Elle épousseta ses vêtements, et rajouta :

« Je vais me coucher, j’espère que tout ira bien ici. » Elle jeta un coup d’œil vers les grilles : calme pour l’heure. La situation pouvait évoluer à tout instant, ils le savaient tous pour l’avoir vécu quelques semaines avant. « Bonne nuit, Isaac. »

____________________

La nuit fut courte, mais pas déplaisante. Andrea s’était levée étrangement de bonne humeur. Même Ruben qui avait eu bien plus le temps de se reposer n’était pas aussi en forme et fut surpris de voir sa tante aussi vive. Il l’interrogea un moment pour essayer de comprendre ce qui la mettait en joie, mais ne trouva rien de très concret là-dedans. Sa garde s’était bien déroulée, la relève avait été assuré, il ne lui en fallait pas plus. En allant prendre son petit déjeuner avec son neveu, elle constata qu’Isaac dormait encore et que Joachim hésitait à se lever. Lorsqu’ils dépassèrent la chambre, l’adolescent en sortit pour les accompagner, timidement cependant.

Andrea s’arrangea pour l’intégrer à la discussion. Lui parler, en apprendre plus sur lui. Ça ne fut pas si facile, Joachim se montrant plutôt discret. Mais bizarrement, avec Ruben, tout semblait aller pour le mieux. Les deux amis étaient proches, parvenaient à parler. Probablement l’âge qui jouait là-dedans. Ils s’éclipsèrent tous deux en prétextant avoir mieux à faire, la laissant toute seule. Elle fut rejointe rapidement par Isaac, pour qui la nuit fut particulièrement courte visiblement :

« Le réveil a l’air difficile. » Commenta-t-elle avec une petite moue amusée. « La fin de ta garde s’est bien déroulée ? Tu ne t’es pas trop ennuyé ? » Lui demanda-t-elle pour lui faire la conversation.

Poussant le paquet de céréales vers lui – bien l’un des seuls mets qu’ils avaient pour le matin – elle lui adressa un sourire.




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Isaac S. Greene
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MessageSujet: Re: Sometimes, happy memories hurt the most.   Lun 23 Oct 2017 - 11:17


« J’en parlerai à Joachim. Et on commencera l’entraînement demain. » C’était une bonne chose, une très bonne chose. Le jeune Greene avait besoin de ça, Isaac en était persuadé. Et si durant tout ce temps cela avait été plutôt difficile pour le père de famille de faire entendre à son fils l’utilité de savoir se défendre, il savait qu’avec l’appui et les conseils d’Andrea, Joachim serait plus à l’écoute. Ruben avait également un rôle à jouer, en tant qu’ami de son fils, l’adolescent allait forcément être un moteur et un exemple à suivre. Ils avaient tout à y gagner.

« Merci Andrea. Bonne nuit à toi aussi. » Gratifiant la jeune femme d’un grand sourire, il la salua d’un geste de la main avant qu’elle ne disparaisse dans l’obscurité. Isaac avait encore quelques heures devant pour profiter du ciel étoilé et du silence de la nuit. Tout était calme pour le moment.


***


Ce ne fut que vers cinq heures qu’Isaac laissa Duncan prendre la relève. Le cavalier avait tenu bon, ne laissant pas la fatigue l’emporter. Il n’avait pas senti le sommeil l’envahir, ayant surtout profité de la beauté de la nuit pour méditer sur pas mal de choses. Seuls quelques râles étaient venus le déranger, l’obligeant à aller se débarrasser de ces fauteurs de trouble qui s’étaient aventurés bien trop près de la grille.

Une fois le relais passé au magasinier, Isaac avait rejoint la chambre qu’il partageait avec Joachim avant de s’installer sur son lit. « Papa ? » Un murmure vint le faire sursauter. Ne distinguant à peine la silhouette qui venait de se redresser sur le lit d’en face, l’homme chuchota à son tour. « Tu ne dors pas ? » – « Non, je me suis réveillé et je n’ai pas réussi à me rendormir. » Isaac hésita à lui demander s’il s’agissait encore d’un cauchemar. Cela n’était pas rare que le sommeil de son fils soit troublé par de mauvais rêve. Il se contenta de lui faire de venir d’installer près de lui. « Viens par là. Nous avons parlé avec Andrea pendant notre tour de garde cette nuit, et elle m’a proposé de venir nous entraîner avec elle demain. Qu’en dis-tu ? » – « Tu crois que j’en suis capable ? Je… » – « Bien sûr. Il suffit qu’on te montre comment faire, que tu apprennes quelques bases. Tu sais, Selene a même appris à Ruben à se servir de son arbalète. Andrea veut bien te montrer comment se défendre avec des armes blanches. » – « Hum, d’accord. » S’il semblait d’accord, le jeune Greene avait surtout dit ça pour faire plaisir à son père, comme toujours. Se battre, apprendre à manier les armes, ce n’était pas tellement dans son caractère. Mais il allait devoir apprendre, il le savait.

« Va te recoucher maintenant, le soleil ne va pas tarder à se lever. Profite de ces quelques heures pour te reposer encore un peu. » Sur ces mots, Joachim retourna s’installer sur son lit. Isaac s’allongea à son tour après avoir s’être déchaussé. Il ne tarda pas à s’endormir.


***


Lorsqu’Isaac ouvrit les yeux ce matin-là, la lumière du jour bien que peu intense, vint lui brûler légèrement les paupières. Il n’avait dormi que deux ou trois heures. S’étirant doucement, il prit le temps nécessaire pour se redresser, grimaçant en sentant son dos quelque peu douloureux à cause de son lit peu confortable. Il s’extirpa de sa couverture avant de remettre ses chaussures, avant qu’une odeur agréable de café viennent lui chatouiller les narines. Il était tôt. Mais il se leva néanmoins, étirant encore une fois ses bras.

Une fois debout, il se frotta le visage, ayant du mal à garder ses paupières ouvertes. Pourtant, il ne tarda pas à rejoindre la pièce qui leur servait de cuisine. Là, il fut accueilli par le beau sourire d’Andrea, à côté de qui il s’installa. « Je n’ai pas beaucoup dormi je dois l’avouer. » Répondit-il, alors qu’un sourire se dessina sur ses lèvres. « Tout s’est bien passé, à part deux ou trois morts qui se sont montrés un peu trop curieux. » Rien d’alarmant, heureusement.

Isaac remercia la métisse qui venait de lui donner un paquet de céréales. L’homme se servit avant d’ajouter « Joachim était réveillé quand je suis allé me coucher. Je lui ai parlé de l’entraînement, il est d’accord pour apprendre à se défendre. On pourrait s’y mettre après le petit-déjeuner ? » Cela le réveillerait sûrement un peu car pour l’instant il était encore dans le brouillard. Fatigué par sa courte nuit.







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Andrea West
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MessageSujet: Re: Sometimes, happy memories hurt the most.   Ven 27 Oct 2017 - 11:57

La nuit avait visiblement été plus que tranquille. Quelques rôdeurs, assez pour être comptés, ça n’était pas grand-chose, elle estimait Isaac chanceux d’avoir pu s’en sortir aussi facilement. Hochant la tête, elle esquissa un sourire satisfait :

« Tant mieux ! » S’enthousiasma la jeune femme en conservant sa risette en coin.

Elle ne tenait pas à revivre un moment compliqué avec sa famille recomposée. Une autre horde viendrait saper le peu de moral qu’ils arrivaient à avoir ici, ça serait trop difficile de s’en remettre. La brune pinça les lèvres, alors que l’homme lui précisa qu’il avait pu discuter avec Joachim durant la matinée, puisqu’il ne dormait pas. Elle hocha la tête pour lui certifier qu’elle l’écoutait, tandis qu’il lui annonça que le garçon se disait prêt à l’entraînement. Voilà qu’elle obtenait de nouvelles responsabilités !

Elle avait pu voir comme Joachim se retrouvait perturber par la présence des rôdeurs. Durant le passage de la horde, ça aurait pu très mal finir pour lui, comme pour Arun d’ailleurs. La présence de Ruben l’y avait aidé, à surmonter brièvement sa peur, mais le traumatisme devait rester. Andrea ne voyait pas encore comment faire avancer la chose, aussi réfléchit-elle un instant à tout ça :

« Bien sûr, ça me semble pas mal. » Lui certifia-t-elle en lui offrant un sourire assuré.

Elle avait réussi à former Ruben, après tout. Dès qu’ils avaient foulé l’extérieur, tous seuls. Ils avaient réussi à vivre un long moment en tête à tête, et même avant lorsqu’Annabelle était encore avec eux. Ça n’était pas impossible, même si elle ne cachait pas que ça restait compliqué. Isaac avait dû avoir beaucoup à faire pour protéger son fils de ce qu’il se passait. Ça n’avait pas toujours été que pour son bien d’ailleurs, puisqu’en refusant de le confronter à tout ça, il l’avait empêché de se familiariser complètement avec ce monde.

Qu’on s’entende : Joachim n’était pas un adolescent idiot. Il devait comprendre que plus rien ne serait comme avant, et que par la même, il devait désormais évoluer dans un univers sordide, violent, où la mort parsemait sa route. Ça n’était pas ce qu’ils souhaitaient, mais c’était comme ça maintenant.

« J’ai des choses à savoir sur lui ? » Demanda-t-elle par prudence, en plantant son regard dans celui d’Isaac : « Je ne voudrais pas me montrer trop exigeante, ou trop méchante avec lui s’il ne peut pas l’encaisser. Autant y aller progressivement. »

Elle hocha la tête :

« C’est à toi de me dire la manière que tu penses la plus judicieuse de s’y prendre avec ton fils… » Lui fit-elle.

Il avait son mot à dire.




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Isaac S. Greene
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MessageSujet: Re: Sometimes, happy memories hurt the most.   Dim 19 Nov 2017 - 0:58


Cet entraînement, c’était une bonne chose. Et si Joachim n’avait pas été tellement enthousiaste, Isaac avait tout de même perçu quelque chose dans son regard. Bon ça aurait été presque imperceptible pour beaucoup de gens, parce que l’adolescent était toujours plutôt réservé et introverti. Mais son père avait bien vu, dans ses yeux, que c’était quelque chose qu’il attendait. Comme si cela allait le rendre plus responsable, plus autonome. Clairement, le jeune garçon avait envie d’aider ici, et savoir se battre, se défendre, était nécessaire. Andrea avait entièrement raison. Le père de famille devait arrêter de se montrer trop protecteur, c’était sûrement pour ça qu’il avait essayé de « préserver » Joachim durant tout ce temps.

La jeune femme lui demanda alors si elle devait savoir des choses à propos du jeune Greene. Elle n’avait pas envie de se montrer trop brusque ou désagréable avec lui. Alors Isaac lui répondit, sans rien omettre. « Joachim a toujours été un gamin renfermé sur lui-même, il n’est pas tellement démonstratif. Il est très émotif, mais il gardera toujours ses sentiments pour lui. C’est toujours un peu compliqué de savoir ce qu’il pense. Et… Perdre sa sœur a été une épreuve très douloureuse, s’il y a bien un sujet qu’il faut éviter c’est celui là. » Nora avait laissé un vide énorme dans le cœur de Joachim, et Isaac savait très bien qu’il n’avait toujours pas fait son deuil, même après tout ce temps. Cela avait été très traumatisant pour lui, et c’était d’ailleurs pour ça que le cavalier en faisait part à Andrea.

« Après, il est volontaire. Il est toujours partant et il fait généralement bien les choses. Je pense que tu peux essayer de le pousser un peu dans ses retranchements, voir jusqu’où il peut aller. C’est vrai que moi… Je n’ai jamais tellement essayé de le faire, c’est plus compliqué. Quand je m’emporte un peu trop, il le prend mal et… C’est rare qu’on arrive à s’entendre. Mais je pense qu’avec toi, il arrivera à s’affirmer un peu. N’hésite pas à lui montrer comment vous faites avec Ruben, ils sont toujours fourrés ensemble, voir son ami réussir à le faire… Ça le poussera certainement à vouloir faire pareil… » C’était à peu près tout ce qu’il avait à dire. Le cinquantenaire ne savait pas tellement quoi ajouter d’autre, il espérait simplement que son fils n’allait pas se braquer. Il était toujours assez sensible, et pouvait avoir des réactions surprenantes quand on s’emportait un peu trop. Mais il faisait confiance à Andrea, elle saurait comment s’y prendre. « Si vraiment, je vois qu’il n’est pas à l’aise, si je perçois quelque chose. Je te ferai signe, mais ça devrait aller ! Il en est capable ! »

Après leur rapide petit déjeuner, Andrea et Isaac se dirigèrent vers l’extérieur, où Ruben et Joachim les attendaient déjà. « Bonjour Andrea. » Le fils d’Isaac salua timidement l’ancienne régisseuse d’un signe de la main, avant d’esquisser un sourire tout aussi léger. Visiblement, la jeune femme semblait l’impressionner quelque peu.







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Andrea West
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MessageSujet: Re: Sometimes, happy memories hurt the most.   Ven 24 Nov 2017 - 17:47

Elle l’impressionnait oui. Elle n’eut aucun mal à le remarquer. Il ne lui suffit que d’un regard pour voir dans celui de Joachim une certaine timidité qu’elle avait du mal à comprendre. Sans doute que sa froideur lui donnait des airs qu’elle n’avait pas. En tout cas, qu’elle ne voulait pas avoir avec un adolescent de l’âge de son neveu, ou presque. La présence de Ruben parvint justement à le détendre légèrement, elle en profita pour engager la conversation doucement. Ça ne fut pas simple : Joachim était plutôt silencieux, du genre contemplatif, difficile à intégrer. Durant une partie de la matinée, il ne réagit presque qu’aux questions ou aux remarques de son ami. Pas des siennes.

Jusqu’à ce qu’elle engage les deux autres à la laisser en tête-à-tête avec lui. Durant une heure, elle le convia à l’accompagner à la serre, là où elle passait le plus clair de son temps pour la remettre en forme. L’adolescent ne rechigna pas, mais eut l’impression de se retrouver coincée avant qu’ils n’engagent clairement la conversation :

« Les rôdeurs te font peur, pas vrai ? » Demanda-t-elle de but en blanc. Le garçon se figea, réfléchit, et haussa les épaules comme pour ne pas avoir à lui répondre. « A moi aussi, t’inquiète pas. »

Joachim ne pipa mot, se contentant de l’écouter avec une certaine patience. Son intérêt était piqué, coincé entre une certaine honte de ne pas être plus fort, et la curiosité d’en savoir plus.

« Ton père te dira ce qu’il voudra, et toi tu te mettras probablement beaucoup de pressions sur tout ça mais… C’est normal d’avoir peur, et de pas savoir comment faire pour passer au-dessus. » Lui expliqua-t-elle distraitement, aventurant ses yeux et ses mains ailleurs. « Même quand on a passé beaucoup de temps dehors, on s’y fait jamais vraiment à ce monde, on est les premiers à qui ça arrive, y’a pas d’expériences ou de… Formules magiques pour que ça aille mieux. »

Pas beaucoup d’espoir non plus, commenta-t-elle pour elle-même avant de retirer sa bague qu’elle fourra dans l’une de ses poches pour ne pas qu’elle ne se salisse davantage.

« J’aurais pas de conseil à te donner. » Ajouta-t-elle. « J’me permettrais pas. »

Joachim avait été suffisamment dehors avec son père, s’il l’avait laissé géré les gros problèmes, il avait aussi son lot de traumatismes à évacuer.

« Mais il faut que tu apprennes à te débrouiller tout seul maintenant, surtout pour te défendre, et que tu ne sois pas dégoûté de ça. » Elle le vit tressaillir légèrement à cette idée. Aussi le rassura-t-elle vite : « Tu auras toujours peur – et c’est une bonne chose parce que tu sauras quand partir, fuir, te cacher, appeler à l’aide – mais moins souvent. » Lui promit-elle d’un regard entendu.




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