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 Quid pro quo

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Donovan C. Floyd
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MessageSujet: Quid pro quo   Jeu 24 Aoû 2017 - 20:19

« Non, si je te dis que la barricade a besoin d’être renforcée juste ici, tu réfléchis pas, tu renforces la barricade et tu fermes ta gueule ! » Son nouveau rôle de leader des forces armées de l’île lui serait monté à la tête ? Non, Donovan était juste d’une humeur massacrante depuis sa dernière rencontre avec Beatriz. Serge pendait à sa ceinture, sa conscience, toujours là pour lui rappeler qu’il était le pire des connards, car personne à part la peluche n’était au courant, c’était suffisant. Donnant une tape derrière la tête de son collègue qui rechignait à exécuter les ordres, le tatoué s’éloigna. Il devait faire une ronde, vérifier tout le périmètre. Ses nouvelles fonctions lui permettaient de garder son esprit occupé, et une raison d’être aussi con, il était là pour ça. Pour être celui qu’on détesterait pour ses mauvaises décisions, qu’on encenserait pour les bonnes s’il en prenait un jour.

Il prenait le chemin du deuxième poste de garde quand il croisa le chemin de Takeo.
« Tiens le bridé, tu viens avec moi. » Comme à son habitude, Donovan faisait sa tête de con avec le japonais, mais en même temps l’eau avait coulé sous les ponts entre eux, maintenant ils parvenaient à se tolérer, à défaut de s’apprécier. Pourquoi l’embarquer avec lui d’ailleurs ? Simplement parce qu’il y avait du matos à porter et que Donnie ne pourrait pas le faire tout seul. Sur le chemin donc, le tatoué récupéra des outils et des matériaux qu’il fallait apporter.

« Tu t’es bien remis de tes blessures ? » demanda-t-il finalement en tentant de tasser son caractère et sa mauvaise humeur. Allumant une cigarette pour se passer les nerfs, le tatoué tendit le paquet à Takeo avant de saluer les gars qui montaient la garde dans ce poste-là. On lui avait signalé une faiblesse dans certains pans de la barricade. Manquerait plus que les murs lâchent. Distribuant les ordres en même temps que les insultes plus ou moins sympathiques, Donnie alla finalement se poser le cul dans le sable et les cailloux sur la plage toute proche. Le militaire tourna la tête pour voir où était Sushi, c’était une des seules personnes qui n’avait pas essayé de le frapper durant les jours écoulés tellement il était d’une humeur de merde.

Donovan s’alluma une nouvelle clope avant de décrocher Serge de sa ceinture pour l’asseoir à côté de lui dans le sable.
« Ouais je sais, je suis qu’un con, et alors ? » Face au silence de la peluche, Donovan lâcha une nouvelle insulte, il devait avoir l’air fin, seul sur la plage à parler à une peluche. A moins que Takeo n’ait suivi le mouvement.


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Takeo Shigeru
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MessageSujet: Re: Quid pro quo   Sam 26 Aoû 2017 - 10:27

Takeo ne s’en cachait pas, il était plutôt satisfait de pouvoir se ré-impliquer dans la vie du camp à travers des tâches qu’il jugeait intéressantes comme les tours de garde ou le renforcement des barricades. Pourtant, il était le premier à s’en plaindre encore quelques semaines auparavant. Mais depuis son retour du lycée, à cause de sa blessure, il avait été contraint de se ménager et avait été affecté à des activités encore plus barbantes. L’inventaire des stocks, sérieux, c’est vraiment la merde. C’est pourquoi aujourd’hui, alors qu’il était en grande partie remis de sa mésaventure, il appréciait d’autant plus pouvoir se rendre utile sans se faire chier. C’est avec un certain enthousiasme – toujours mesuré chez le japonais – qu’il se dirigea vers là où il était censé bosser.

Mais avec tout ce temps passé à l’écart, le jeune Shigeru n’avait pas pris conscience de tous les bouleversements qui eurent lieu, notamment en ce qui concerne la vie politique du camp. Alec n’était plus là. Sur le coup, le japonais n’avait pas du tout réalisé l’ampleur d’une telle nouvelle. Lui n’avait pas été trop affecté par sa mort, n’ayant jamais été particulièrement proche. Le reste du groupe, en revanche, semblait beaucoup plus remué. Il était le chef des forces militaires, et il fallait donc impérativement désigner quelqu’un pour le remplacer. Lorsque Takeo réalisa que c’était Donovan qui avait pris la relève, il perdit d’un coup sa bonne humeur du moment.

Il le savait depuis quelques temps en vérité, la rumeur avait rapidement fait le tour du l’île pour arriver à ses oreilles d’ermite. Mais c’était autre chose de le voir en action. Cela n’avait jamais été le grand amour entre les deux hommes, qui ne pouvaient s’empêcher de se chercher à la moindre occasion. Le japonais avait donc du mal à accepter qu’il était désormais contraint d’obéir à ses ordres. Ce n’est pas sans râler qu’il le suivit lorsqu’il lui ordonna, l’aidant à transporter les outils et matériaux nécessaires.

Takeo trouvait tout de même quelque chose d’étrange dans l’attitude du tatoué. Enfin, il était con, ça ne changeait pas, mais il l’était d’une manière différente. Plus agressif et moins blagueur, il agissait comme un véritable petit tyran. Ce n’était peut-être que les conséquences de ses nouvelles responsabilités, au final. Lorsque Donovan demanda des nouvelles sur sa santé – et ce, sans se foutre de sa gueule – Takeo écarquilla les yeux de surprise avant de répondre.

« Ça va ouais, c’était pas grand-chose… » répondit-il avec mauvaise foi. Takeo accepta la cigarette que le militaire lui tendait et la porta à sa bouche en même temps qu’il terminait de déposer les outils qu’il transportait au poste de garde. Lorsqu’il releva la tête pour demander du feu au tatoué, il se rendit compte qu’il n’était déjà plus dans les parages. Il le vit se diriger vers la plage quelques mètres plus loin.

Comme aucune des autres personnes présentes ne semblaient en avoir, et qu’il avait laissé le sien chez lui, Takeo fut contraint de suivre Donovan s’il voulait profiter de cette cigarette. Il le surprit le cul dans le sable, en train de parler avec sa peluche. Cette fois c’était sûr, y avait un boulon qui s’était déréglé dans sa tête d’abruti.

« Mais qu’est-ce que tu fous, t’as pété un câble ou quoi ? Tu sais qu’il te répondra pas, hein ? » le questionna t-il d’un air un peu moqueur. « Il t’arrive quoi l’abruti ? »
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Donovan C. Floyd
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MessageSujet: Re: Quid pro quo   Sam 26 Aoû 2017 - 11:30

Pas grand-chose, au moins Takeo n’était pas du genre à se plaindre. C’était une tête de con au même titre que Donovan mais il avait des couilles, c’était sûrement pour ça que les deux se prenaient souvent la tête. Au moins il semblait s’être remis et avoir repris sa vie dans le camp pour aider là où c’était nécessaire. D’ailleurs, Donovan le laissa avec les gars pour s’occuper de la barricade à solidifier, lui il préférait aller se poser sur la plage. La plage, cette putain de plage. Assez ironiquement, c’était là qu’il avait passé un des derniers moments de calme avec Beatriz, avant le lycée, avant cette annonce qui avait fait l’effet d’un tremblement de terre de magnitude dix. Y’avait bien que Serge pour le comprendre, et pourtant la peluche le jugeait, depuis le début, depuis cette dispute qui avait suivi l’annonce.

« Oh mais il me répond, mais tes oreilles novices peuvent pas l’entendre. » Jetant un regard en arrière pour voir Takeo arriver, Donnie lui répondit avec le plus grand sérieux. Serge lui répondait aussi bien que cette petite voix dans sa tête, c’était sa conscience qui lui parlait sous la forme d’une peluche, tout était parfaitement normal ... Ouais, il avait l'air d’un demeuré. Reposant son regard gris sur le va et vient des vagues, le tatoué écrasa son mégot dans le sable avant d’allumer une autre cigarette, jetant le briquet au japonais.

« Il m’arrive que c’est la merde … » souffla-t-il sans quitter l’eau du regard. « Fallait bien que ça arrive un jour, mais pourquoi ça arrive tout au même moment hein ? Ca je sais pas … » Tirant une nouvelle bouffée de nicotine, le tatoué soupira. Il devait pas comprendre grand-chose le Takeo, au moins Serge y’avait pas besoin de tout lui expliquer. « C’est un peu la loi de Murphy, ou carrément la loi de l’emmerdement maximum. Alec passe l’arme à gauche, je récupère la gestion des militaires. Boom ! Juste comme ça. » Nouvelle bouffée de nicotine alors que le militaire posait son regard sur l’horizon. « Beatriz est enceinte. » Finalement c’était ce qui le tourmentait le plus.

Ça avait suffi à mettre son monde à l’envers, à tout foutre en l’air. Enfin c’était sans doute lui qui avait tout foutu en l’air.
« Je pensais que ça arrivait qu’aux autres, depuis le temps … Je voulais que ça arrive qu’aux autres. » C’était ça le cœur du problème. Il en voulait pas de ce bébé, mais Beatriz, elle, il aurait voulu la garder dans sa vie. Mais c’était pas à la carte. « Bref, pourquoi j’te parle de ça … Garde-le pour toi. »  


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Takeo Shigeru
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MessageSujet: Re: Quid pro quo   Mar 29 Aoû 2017 - 9:39

Takeo continuait à dévisager Donovan qui ne se démontait pas, affirmant avec un sérieux déconcertant que sa peluche lui répondait bien. Les sourcils du japonais se haussèrent d’étonnement. « Ah ouais, t’es encore plus perché que ce que j’imaginais… » lança t-il en soupirant. Et puis, il n’essaya pas de chercher plus loin. C’était de Donovan qu’il s’agissait après tout, et tout le monde savait bien qu’il avait un certain grain de folie. Essayer de comprendre tout ce qui lui passait par la tête était peine perdue.

Takeo attrapa le briquet que le militaire lui lança et put enfin allumer la cigarette qu’il lui avait donnée quelques minutes plus tôt. Tirant doucement sa première latte, il écoutait Donovan qui se plaignait de toutes les merdes qui lui arrivaient au même moment. Ses propos étaient flous, le japonais ne comprenait pas tout, mais quoi que ces problèmes pouvaient être, cela se voyait qu’il en était drôlement affecté. Le jeune Shigeru finit par rejoindre le tatoué pour s’asseoir à côté de lui, jambes pliées, bras sur les genoux. Il lui rendit son briquet et continuait à lui tendre l’oreille. Le militaire mentionna la perte d’Alec, ses nouvelles fonctions, et… Beatriz.

« Désolé, pour Alec… » Il n’avait pas encore eu l’occasion de lui dire, depuis leur retour du lycée. Takeo n’avait pas été particulièrement affecté par cette perte, mais il savait bien en revanche que Donovan était très proche de l’ancien chef militaire. « C’est pas facile ce genre de conneries ». Même s’il compatissait, il était toujours persuadé qu’il était mort tout simplement parce que leur plan était débile à la base. Mais ça n’était ni le moment ni l’endroit pour faire ce genre de remarques, alors il le garda pour lui.

« Tu récupères la gestion des militaires, et quoi ? » questionna t-il en prenant une nouvelle bouffée de cigarette. « C’est nous qui devrions nous en plaindre plutôt ! Une tête de con comme toi qui prend le lead, y a de quoi déprimer ! » plaisanta t-il avec un sourire en coin. Il ne le pensait pas vraiment. Malgré toutes les disputes qu’il pouvait y avoir entre les deux hommes, et en dépit du fait qu’il le considérait réellement comme un abruti fini, Takeo savait bien que le tatoué était un homme sur lequel on pouvait compter dans les moments importants, et qu’il avait les compétences nécessaires à ce poste. Mais il ne l’avouerait jamais. « D’ailleurs, espère même pas que je t’appelle chef un jour, c’est mort ! »

Mais le véritable problème semblait plutôt être la grossesse de Beatriz, étant donné qu’il s’agissait du point sur lequel il insista le plus. Sur le coup, lorsqu’il apprit la nouvelle, Takeo se laissa basculer en arrière en plaçant ses mains devant son visage « Naaaaan, sans déconner ! » s’étonna t-il. Il faut se l’avouer, il était difficile d’imaginer Donovan avec un bébé dans les bras. C’était même complètement surréaliste. De toute façon, cet enfant, il ne le désirait apparemment pas, à en juger par sa réaction.

« Pauvre gosse… » continua t-il en se relevant. Il fixa Donovan qui avait l’air totalement désespéré. Takeo se souvint avoir eu le même type de réaction lorsqu’il avait lui-même apprit que sa petite-amie était enceinte, à l’époque où il était à peine adulte. Il comprenait le désarroi de son interlocuteur face à cette situation. Il y avait des hommes qui n’étaient tout simplement pas faits pour être parent. C’était ce qu’il pensait, du moins à l’époque, et c’était sûrement ce que se disait aussi le tatoué.

« Et Beatriz, elle réagit comment ? interrogea t-il sincèrement. « Qu’est-ce que vous avez prévu de faire ? »
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Donovan C. Floyd
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MessageSujet: Re: Quid pro quo   Mar 29 Aoû 2017 - 20:46

Désolé ? Donovan haussa un sourcil, doutant vraiment du fait que Takeo soit désolé du sort de son collègue militaire. A vrai dire, il n’avait pas vu grand monde être bouleversé par sa mort à part la première dame, et lui-même. « Y’a pas à être désolé, regarde-moi, j’suis surtout en colère contre cet abruti d’être mort. » C’était sa façon à lui dire remercier le japonais malgré tout pour son attention, fallait juste lire entre les lignes. « La gestion des militaires c’est déjà suffisant ! Y’a d’autres abrutis comme moi dans le lot j’te rappelle. » Et ça, c’était pas du gâteau, sans compter les civils qui savaient rien faire de leurs dix doigts mais voulaient aider. Mais tout ça, dans le fond c’était rien comparé à tout le reste. La remarque du japonais lui arracha un bref éclat de rire alors qu’il tirait une dernière fois sur sa clope avant de l’écraser dans le sable à côté de lui.

Et puis le sujet qui fâche arriva sur le tapis, Donovan avait lâché cette bombe sans vraiment y penser, parce que ça lui pesait, parce que ça lui prenait la tête depuis ces quelques jours où il avait pas recroisé Beatriz.
« Oh ta gueule … » souffla-t-il à la remarque de Takeo, l’air sombre et trop sérieux pour que ça soit bon signe, profondément convaincu qu'il avait raison, ce gamin partait mal avec le tatoué comme père. Comment réagissait Beatriz ? Ça c’était une excellente question, à laquelle Donovan n’avait pas de réponse, abruti de première qu’il était, mais sans lui, il était persuadé qu’elle irait mieux.

Posant ses avant-bras sur ses genoux en baissant la tête, le tatoué soupira longuement.
« J’en sais foutre rien … » Ca avait le mérite d’être clair. « J’ai cru qu’elle inventait ça pour se débarrasser de moi, j’ai paniqué, et j’suis parti parce que ça me fait flipper. » Encore une fois, Donnie se montra on ne peut plus clair. Cette idée d’avoir un marmot, ça le faisait paniquer, plus qu’il aurait pu l’imaginer parce que simplement il ne s’était jamais imaginé avec un gosse. Pourtant, c’était pas faute de multiplier les entraînements, il aurait dû se douter qu’un jour ça arriverait.

« Elle avait peur, et comme un con, je l’ai laissée toute seule … J’suis un abruti. » Lui fallait une autre clope, augmenter ses risques de cancer ça serait pas une mauvaise chose. « Mais si je suis un abruti, alors ça vaut sans doute mieux pour elle que je sorte de sa vie, et de celle de ce gosse aussi. » Son estomac se tordit. Ce gosse c’était quand même son gosse, et cette fille, c’était quand même la femme de sa vie, il en était sûr depuis un moment. Pourtant il avait peur et il avait fait le con. Donovan inspira une longue bouffée de nicotine, ses doigts fins tremblant. Cette foutue apocalypse avait pourtant bien commencé pour lui. « Bref, c’est la merde, y’a rien d’intéressant à raconter. T’as pas plutôt un truc à raconter pour remonter le moral de Tonton Donovan ? »


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Takeo Shigeru
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MessageSujet: Re: Quid pro quo   Dim 10 Sep 2017 - 3:23

Le derrière bien enfoncé dans le sable chaud, Takeo écoutait Donovan qui semblait déballer ce qu’il avait sur le cœur. C’était un moment rare, à graver dans le marbre pour l’éternité : peut-être la première fois que ces deux hommes parvenaient à tenir une conversation sérieuse sans en venir à s’insulter et se provoquer bêtement et gratuitement. En même temps, vu le ton et l’air sérieux du tatoué lorsqu’il évoquait ses problèmes, même Takeo avait compris que c’était un sujet qu’il ne fallait pas prendre à la légère.

Et puis de toute façon, il se sentait sincèrement touché par les confessions du militaire. D’une part, parce qu’il le comprenait, ayant lui aussi connu une grossesse non désirée quelques années auparavant. D’autres part, parce que l’intéressée, Beatriz, était une femme qu’il considérait comme une amie et qu’il appréciait vraiment. Il prêtait donc une oreille attentive à son acolyte du moment, tandis qu’il tirait une nouvelle latte de sa cigarette.

« T’es pas sérieux… » réagit-il aux propos de son acolyte du moment. Dans le même temps, il lui donna un léger coup sur l’épaule pour lui signifier qu’il méritait vraiment de se prendre une rouste. « Tu vas voir si j’vais te remonter le moral… » souffla t-il. Il n’avait pas vraiment l’intention de lui changer les idées. Au contraire, il fallait le confronter aux conséquences de ses actes ! Quelque part, Takeo parvenait à se mettre à sa place, mais il savait aussi qu’il avait mal réagit. « Abruti, c’est peu dire… t’es vraiment trop bête putain ! »

Le japonais se releva d’un coup, puis tapota son pantalon afin d’enlever le gros du sable qui s’y était fixé. Il finit par se mettre en face du tatoué en le défiant du regard. Il était là, tout mou, à se plaindre depuis tout à l’heure ! Il fallait bien le secouer et lui dire la vérité en face. Sans y mettre les formes, évidemment : ça, le japonais ne savait pas faire. « Nan mais tu t’es regardé, avec ta gueule de con ? C’est déjà un miracle qu’une femme comme Bea te trouve du charme… » C’était volontairement provocateur, mais quelque part, il le pensait. Honnêtement, il n’était jamais parvenu à comprendre comment une tête de con comme Donovan parvenait à avoir autant de succès avec les filles. Un véritable mystère. « … et tu vas gâcher ça, juste comme ça ?! » s’exclama t-il en claquant des doigts.

Takeo tourna ensuite son regard vers l’océan. Terminant sa cigarette, il balança le mégot au loin. « Enceinte ou pas, faudra pas longtemps pour qu’on vienne lui tourner autour. Et ça sera pas bien compliqué de trouver mieux que toi ! » Cette dernière remarque était peut-être de trop, mais il fallait bien le faire réagir. Il passa ensuite son visage par-dessus son épaule pour observer le tatoué du coin de l’œil.

« Tu sauras l’assumer ? » La question était presque rhétorique. L’important était qu’il se la pose.
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Donovan C. Floyd
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MessageSujet: Re: Quid pro quo   Dim 10 Sep 2017 - 13:08

Tournant son regard gris vers Takeo au coup d’épaule, Donovan hésita à lui retourner un pain dans la tronche, mais il savait que le japonais essayait sans doute de le faire réagir. Et puis la suite de son discours le conforta dans cette idée. Son regard se faisait malgré tout plus sombre, il avait beau savoir que c’était pour son bien, Donnie détestait qu’il lui parle mal et il avait envie de coller une droite à ce bridé de ses deux. De la chance d’avoir Beatriz ? Il le savait pertinemment qu’il était chanceux et qu’il était en train de tout foutre en l’air. L’idée qu’un autre lui mette le grappin dessus ? Evidemment qu’il y avait pensé. Serrant les poings en détournant un instant le regard, le tatoué se releva finalement, visiblement agacé.

« Putain tu crois pas que je le sais ça ! » Balançant sa main droite en l’air pour éviter de frapper un truc ou quelqu’un, Donovan laissa sa frustration exploser. « Je sais que c’était déjà improbable que Beatriz tombe amoureuse de moi, j’suis un abruti, un foutu dragueur, je picole autant que je fume, j’suis violent. Elle a rien à faire avec moi … » La colère, la frustration, pour une fois le dégoût de soi. Tout cela lui nouait la gorge. « J’ai pas envie qu’un autre gars la touche, coule des jours heureux avec elle ou même élève ce putain de bébé … Mais est-ce que j’ai une tronche à être père ? Putain je sais même pas ce que c’est d’avoir un père ! »

Le ton de sa voix était monté à mesure qu’il parlait, ce nœud dans sa gorge toujours présent. Soufflant pour tenter de se calmer et éviter d’attirer l’attention de tout le camp, Donnie reprit. « Non … Je supporterai rien de tout ça, je sais pas si j’assumerai cette décision, mais … moi, en tant que père, j’peux pas infliger ça à un gamin, j’peux pas infliger ça à Bea … » Cette fois, plus que la colère, c’était la tristesse qui ressortait. Donovan n’était pas quelqu’un de fiable, du moins pas quand il s’agissait de tout ça. Sur le terrain, dans son boulot, c’était le meilleur et on pouvait compter sur lui, il le savait. Quand il aimait une nana, il pouvait tout donner, loin de cette image de coureur de jupons qu’il avait pour beaucoup. Mais cette fois ? Il avait trop peur de merder et de faire subir à la mexicaine ce que sa mère avait vécu, de faire subir à un gosse ce que lui avait vécu.

« Ca me terrifie, t’imagine même pas à quel point … » lâcha-t-il finalement dans un rire amer en se laissant à nouveau tomber au sol, les coudes posés sur ses genoux repliés. C’était une peur qui le clouait au sol, immobile. Il détestait avoir peur, Donovan il avait peur de rien, de personne. Du moins il aurait bien aimé le croire. Et pourtant quand il y pensait, la simple idée de Beatriz avec un autre, ça lui donnait envie de frapper tous les gars de l’île et de les noyer dans le Puget Sound pour éviter que ça arrive. Finalement, il était comme son père, faible, violent, un gros connard.


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