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 There's no time for us

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London Cassidy
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MessageSujet: Re: There's no time for us   Dim 8 Jan 2017 - 12:54

Reese ne fut malheureusement pas touchée par le miracle et la grâce de Noël. A deux jours près, pourtant, ça aurait été bien pratique, n'est-ce pas. Mais non. Elle ne put produire aucun tour de magie pour apaiser les souffrances de la jeune femme, et pour sauver la vie d'un enfant à naître. Alors que la rouquine se recroquevillait sur elle même pour accoucher celui qui aurait du être, Reese eut l'impression de se sentir incroyablement vide. Elle ne put que se contenter de l'encourager, éponger son front recouvert de sueur, lui souffler des mots gentils alors qu'elle était bien la dernière à en avoir l'habitude. Et lui mentir, honteusement, en lui disant que ça allait, que ça serait bientôt fini.

Pourtant, non. Rien n'allait. Rien n'était fini. Ça n'était que le début d'une lente, très lente, descente aux enfers. L'enfant mis au monde, Reese eut presque l'espoir d'entendre des cris emplirent soudainement la petite pièce où elles se trouvaient. Mais il n'y eut rien. Juste un silence entrecoupé par le souffle profond de sa voisine toujours pliée par la douleur, et épuisée au plus profond d'elle-même. L'avocate se détacha de l'autre femme, pour aller récupérer cette petite chose à peine formée, qui aurait pu être un être humain mais qui ne ressemblait qu'à un truc tout rose un peu difforme. C'était franchement malaisant...

Et vraiment dur à voir. Défaisant une taie d'oreillé, elle vint simplement prendre la petite chose pour la recouvrir et la poser sur l'un des coussins du canapé. Loin des yeux de sa mère, loin des siens, entouré d'un linge qui lui tiendrait chaud alors qu'il ne ressentait rien. Absolument rien. Et Reese choisit de se concentrer sur la rouquine, de voir si elle avait encore quelque chose à faire pour elle, ou si c'était enfin fini. Elle aurait presque aimé passer à l'étape suivante, le moment un peu fou où elles tenteraient de parler, de comprendre, de voir si la douleur avait une fin, si elle pouvait marcher ou si elle devait aller chercher les siens pour prendre soin d'elle.

Mais la rouquine était pâle. Si pâle. En croisant ses yeux rougis, son teint blafard, Reese se posa vraiment la question de savoir si c'était fini. Ses pupilles étaient vitreuses, ses cernes marquées, son sang semblait avoir quitter son visage. Elle était plus qu'épuiser, en fait. Elle était fébrile, probablement glacée par l'épreuve qu'elle avait traversé, et le fait qu'elle se trouvait présentement au bord d'un gouffre où il était si facile de tomber. Dégageant ses cheveux roux de son visage trempé, Reese chercha à prendre sa température, pour constater que parler de température était peut-être un grand mot. Même ses doigts froids semblaient bouillant à côté.

« Hm... ça ne va pas mieux, n'est-ce pas. » Souffla-t-elle doucement en revenant se placer entre ses jambes. Probablement parce qu'elle continuait progressivement à se vider de son sang. Que cet accouchement prématuré avait entraîné quelque chose. Des complications. Une déchirure à l'intérieur. Un truc trop violent pour que Reese sache vraiment quoi. Et si la brune voulait arrêter cette hémorragie qui s'écoulait sur le tapis, qui n'avait même plus la capacité d'absorber ce qui le retrouvait, elle allait devoir redoubler d'imagination.

« Dis moi ce que je dois faire... » Supplia-t-elle en sentant ses yeux se remplir de larmes et l'angoisse, qu'elle avait vraiment cherché à mettre à distance pendant tout ce temps, l'étreindre comme on enlace un cadavre. Son cœur remonta dans sa gorge, tambourinnant si fort qu'elle en avait la nausée. Mais elle devait rester forte pour l'instant, tout n'était pas encore perdu. Pas encore. Il y avait encore une maigre chance de pouvoir agir, un champ d'action restreint, une ligne de mire... Une seule occasion.



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MessageSujet: Re: There's no time for us   Lun 9 Jan 2017 - 20:25

    Il n'y avait pas de miracles. Ca n'existait pas, tout ça, les bonnes fées penchées sur les berceaux, les mauvaises sorcières qui jetaient des sorts, des malédictions. Le mauvais œil. Le voodoo. La magie blanche et noire. La ouija. Les esprits frappeurs, et ceux qui nous voulaient du bien. Non, même si elle avait jamais cru à tout ça, aujourd'hui, Jenna était bien obligée de se rendre à l'évidence. Elle aurait beau chercher et chercher encore une quelconque aide surnaturelle, elle n'en aurait pas. Le bébé n'avait pas pleuré, n'avait pas respiré. Entre ses paupières à demi-closes, fatiguée de cette expulsion, de ce travail vain qui lui coupait le souffle, elle avait vu Reese porter le petit corps sans vie. A ce stade là c'était quoi... Une vingtaine de centimètres, sans couleurs, marqué par la mort. Elle l'avait recouvert, puis était revenue à son chevet. D'un sourire faible, Jenna l'avait remerciée de ne pas lui avoir imposé la vue d'une nouvelle perte.

    Elle avait voulu parler, la remercier à haute voix, mais elle n'avait pas réussi. Elle n'avait même pas pu ouvrir les lèvres tant sa bouche lui semblait sèche. Elle qui ne se voyait pas ne savait pas à quel point sa chevelure restait le seul endroit coloré de son corps. Ses joues avaient perdu leurs couleurs rosées, ses lèvres étaient presque grises, son visage s'était cerné. Elle ne sentait même plus le sang couler, tant elle se sentait fatiguée.

    Une nouvelle contraction la saisit. Un dernier effort, et elle aurait expulsé le placenta, et tout serait fini. Et elle n'avait pas idée à quel point elle avait raison. Elle sentit la délivrance se faire, mais elle fut accompagnée d'un nouvel afflux de sang. Plus fort, et plus abondant. Bientôt, elle ne pourrait plus. Bientôt elle n'aurait plus assez pour faire, pour continuer.

    Reese posa ses doigts brûlants sur la peau glacée de la rouquine, en observant que ça n'allait pas mieux. Puis sa voix suppliante lui demanda ce qu'elle devait faire.

    Et c'est là que la réalité frappa Jenna. Il n'y avait rien à faire. Il n'y avait pas de chirurgien dans le coin, pas de gynécologue. Elles ne savaient pas ce qui s'était abimé là bas dedans, elles ne savaient pas ce qu'aurait pu faire Reese pour la sauver. Comme boostée par la peur, Jenna ouvrit ses yeux un peu plus grand, et les planta dans ceux de Reese.

    - On... On peut rien faire.. Pas vrai ?

    Non. Rien. Et d'ici peu... Elle refusait d'y penser.
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London Cassidy
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MessageSujet: Re: There's no time for us   Ven 13 Jan 2017 - 11:18

Non, elles ne pouvaient rien y faire. Reese n'avait pas les capacités pour lui sauver la vie, ni les mots pour la réconforter. Elle se retrouva dans cette marre de sang, à laisser ses pensées filer, s'enfuir si loin qu'elle ne pourrait plus jamais remettre la main dessus. La gorge nouée par la peur. Les bras ballants et trempés d'hémoglobine qu'elle tenta d'éponger sur son pantalon déjà rougi. Elle ne pourrait rien y faire, et la déclaration de la rouquine termina de la convaincre que c'était fini. Même si renoncer était vraiment dur, même si elle n'arrivait pas à s'en persuader, elle s'épuisait pour rien et les larmes qui lui montaient aux yeux ne faisaient que l'empêcher d'y voir plus clair.

Se raclant la gorge, Reese ravala nerveusement un sanglot qui lui resta en travers de la gorge. Elle toussa, s'essuya les yeux dans sa manche, et vint se mettre aux côtés de la rouquine. Ses mains toujours rouges, elle s'allongea la tête sur un coussin et la regarda en essayant d'avoir l'air le plus naturelle et le plus ordinaire possible. Mais toute cette situation n'avait rien de normal, et il n'y avait aucune raison qui l'obligeait à faire la forte. Elle ne connaissait même pas le nom de cette femme. Elles n'avaient rien été l'une pour l'autre. Rien. Mais voir quelqu'un mourir, à petit feu, et l'accompagner, c'était vraiment dur.

« Je vais rester. » Fit-elle finalement d'une voix faible. Parce que finalement, elle allait s'infliger ça. Elle ne pouvait pas simplement partir après avoir gâché une vie, en sentant le poids de la culpabilité d'être trop nulle, trop faible, trop inutile, trop incompétente, et la laisser là alors que tout ça, c'était de sa faute. Si elle avait été médecin ? Si elle avait écouté Rose quand ça avait encore de l'importance ? Si elle l'avait aidé mieux que ça à travailler ses cours ? La rousse n'en serait pas rendue là, elle aurait pu la sauver, ou essayer mieux que ça. Venant attraper la main de cette femme, elle s'éclaircit doucement la voix pour lui souffler : « Tu vas t'endormir doucement, et tu ne sentiras plus rien. »

Parce que c'était ça la mort. Un délicieux et très agréable rien. A côté de cette vie folle qui les avait tous détruit petit à petit, mourir était une sorte de récompense. Ou on pouvait le voir comme ça. Reese se le disait souvent en tout cas, et y avait pensé beaucoup ces derniers temps. Mais Jon avait besoin d'elle et elle voulait être là tant qu'il l'était aussi. « Ca sera toujours mieux qu'ici... » Plaida l'avocate avec un petit sourire triste, venant glisser une mèche de cheveux trempée de sueur derrière l'oreille de la rouquine. Elle était pale. Si pale. Tellement que même sa tignasse de feu semblait s'éteindre avec elle...

Elle allait devoir rester là, et regarder une inconnue mourir. Là, cette évidence la frappa en plein ventre, si violemment qu'elle crut de plus jamais pouvoir respirer. Ces derniers mois, Reese avait pourtant vu la mort de très près, et elle s'en était sortie pourtant. Mais à chaque fois, ça laissait des marques. Des cicatrices. Des impressions. Comme si on arrachait au passage une partie de soi. Et là encore, elle perdrait une tranche d'elle-même. Voir la mort si souvent, ça faisait beaucoup de mal. Beaucoup. « Je ne te laisserais pas changer en une de ces choses, je te le promets. » Lui jura-t-elle en hochant la tête, comme pour appuyer un peu plus ses dires.

Peu importait finalement qui elle était, ce qu'elle avait pu faire. Peu importait. Elle ne souhaitait pas cette mort errante à son pire ennemi. Personne ne le méritait. Et la vie était une sacrée connasse.



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MessageSujet: Re: There's no time for us   Mar 17 Jan 2017 - 22:10



    Elle n'avait plus la force de parler. Le sang avait déjà quitté ses lèvres, les rendant d'abord roses pâles, puis désormais presque blanches. Il s'était concentré autour de ses organes, et elle pouvait le ressentir au manque de sensation dans ses jambes, et les quelques fourmillements dans ses bras. Elle sentait la douceur et la chaleur de Reese à côté d'elle, et ses grands yeux déjà vitreux se levèrent vers son infirmière de fortune, pour la remercier du plus profond de son âme. Elle ne voulait pas mourir seule, elle ne voulait pas mourir abandonnée. Elle ne voulait pas se transformer en l'une de ces choses qu'elle avait tant combattu pour survivre. Et étrangement, ce n'était pas l'extérieur qui allait la tuer, non. C'était ce qui venait d'elle, comme une revanche karmique de tout ce qu'elle avait fait de sa vie et de son corps.

    Elle aurait voulu pleurer, mais elle n'y arrivait pas. Elle n'en avait plus la force non plus. Le sang continuait à s'écouler, et elle se demandait subitement combien elle pouvait en perdre, comme ça,sans que ça ne s'arrête. Quand est ce que son corps allait lâcher ? Allait elle souffrir, suffoquer, vouloir hurler ? Finalement ce n'était plus tellement l'idée de mourir qui lui faisait peur. C'était ce qu'allait être la mort. Ce qu'elle allait ressentir, ce qu'elle allait vivre. Et déjà elle tremblait sans s'en rendre compte.

    La main délicate de Reese sur ses cheveux l'apaisait comme elle n'aurait jamais pensé que cela pourrait arriver. Un peu plus loin, elle voyait le petit linceul de son bébé, de ce petit garçon – parce qu'elle n'avait pas demandé confirmation à Reese, mais elle était persuadée que c'était un petit homme – qui ne verrait jamais la lumière du jour. Elle non plus, ne la verrait plus jamais. Après tout, il devait être quoi, maintenant, vingt et une heure ? Quelque chose comme ça ? Jenna ne passerait pas la nuit, elle le savait. Elle était pleinement consciente que la fin était proche, et elle espérait juste que si les choses devenaient trop compliquées, trop douloureuses, la brunette aurait la décence et le courage de l'achever.

    Et puis soudain, il lui arriva quelque chose dont elle avait souvent entendu parlé, mais qu'elle ne comprenait que maintenant. Le fameux « Tu verra ta vie défiler devant tes yeux ». Ce n'était pas vraiment ça. Ce n'était pas un film qui se déroulait comme sur un écran invisible. C'est plutôt que dans un dernier sursaut de desespoir, pour oublier la réalité, pour échapper à la vision de cette mort imminente, l'esprit se projette en arrière, pour essayer de se souvenir du bon, pour se rassurer, pour s'évader. C'était ce qui était en train de se produire. Elle se remmémorait les moments les plus importants de sa vie.

    Sans s'en rendre compte, son regard vide, fixé droit devant elle, scintillait de larmes qu'elle ne pouvait ni exprimer, ni retenir, simple automatisme de son système lacrymal. Elle aurait pu sembler déjà morte, si sa poitrine ne continuait pas à se soulever à intervalle régulier, berçant la pièce de sa respiration lourde.

    D'abord, il y avait eu son arrivée au foyer, ce lieu où elle s'était senti à peu près chez elle. Les éducateurs, les activités, les rires des autres enfants qui avaient appris à oublier ce qu'était la solitude des orphelins. Il y avait eu Shannon. Celle qui, petit à petit, deviendrait la sœur qu'elle n'avait pas eu. Celle avec qui elle partageait tout. Le bien, le mal, les bêtises et les petits tracas. Celle qui l'épaulait toujours lorsqu'elle n'avait plus envie, plus d'espoir. Lorsqu'elle avait mal, lorsqu'elle pleurait. Mais aujourd'hui, elle n'était pas là. Elle ne serait plus là désormais, plus jamais.

    Il y avait eu Jo et Lena. La première disparue assez vite, la seconde sous ses yeux. La déchirure qui avait permis à la douleur de l'atteindre à nouveau. Qu'avait-elle fait pour elles, finalement ? Rien. Jo et Lena n'avaient été que les deux roues non motrices d'un véhicule qui les avait mené à toute allure vers une mort certaine. Et c'était Jenna et Shannon qui avaient toujours mené la barque. Elles étaient responsables de tout. Des braquages, des taudis dans lesquels elles avaient survécus...

    Puis il y avait eu l'Apocalypse, et elle avait cru ne jamais pouvoir vivre pire. Elle s'était trompée. Voir les morts déambuler, éviter les patrouilles militaires... Tout ça n'avait été qu'une formalité finalement, à côté de tout ce qui les attendait. Elles avaient rencontrés Luke et Leroy, sur ce toit, et si tout n'avait pas été simple au départ, finalement, tout c'était arrangé...

    Luke et Leroy... Ce duo infernal qui leur avait apporté autant de bon que de mauvais. Qui les avait séparé et réunit. Leroy, cette bête sauvage qu'elle n'avait pas réussi à apprivoiser, mais dont elle avait pu s'approcher suffisamment, à voir le petit cadavre profondément endormi à quelques mètres de là.

    A nouveau, elle était frappée à l'idée que Shannon et Leroy ne sauraient pas ce qui lui arrivait, qu'ils ne la retrouveraient pas. Qu'ils finiraient peut être par croire qu'elle s'était enfuie, encore une fois, qu'elle les avait abandonnés. Et ce n'était pas le cas... Loin de là. Cette idée, la fit paniquer, et si son corps avait du mal à trouver la force de réagir, ses mains se mirent elles à trembler.

    Elle se sentait glisser. L'heure était venue. Elle ne pouvait plus espérer s'en sortir maintenant, c'était la fin. Sa vision déjà floutée par le manque de sang tendait à s'éteindre désormais. Elle ne discernait plus Reese dans son entourage proche. Elle ne voyait plus les meubles, les murs, les couleurs. Elle ne sentait plus les odeurs du bois, du tissu, de la poussière. Elle ne percevait que la chaleur réconfortante de cette nouvelle amie impromptue, ce cocon réconfortant qui semblait l'accompagner vers un monde où plus rien ne l'atteindrait. Un endroit où elle n'aurait plus mal, plus froid, plus peur. Un endroit doux et calme, reposant.

    A bout de force, elle ferma les paupières, et s'abandonna à son sort. A bout de nerfs, son corps lâcha prise, et ses muscles se relâchèrent dans un dernier soupir presque apaisé.

    C'était faux ce qu'ils disaient.

    Lorsque les paupières se closent, il fait noir. Et c'est tout.
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