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 My bad, please don't get mad

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Neil Berry
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MessageSujet: My bad, please don't get mad   Sam 17 Déc 2016 - 4:54


Neil le savait, il allait se faire tuer.

La veille il avait vaguement entendu tousser en haut des escaliers. Elle, qui toussait. Il avait choppé son sac, son pull et dégagé de la maison. Il refusait de la recroiser. Cette meuf était pire qu’un pittbull qu’on aurait oublié de piquer. Elle grognait, elle gueulait et elle tentait d’assassiner les gens par son seul regard. Déjà qu’il n’était pas sûr de ce qu’il foutait là, à squatter la ferme alors qu’il aurait dû rejoindre Seattle au plus vite, elle finissait de l’achever. Si pendant une glorieuse seconde il lui arrivait d’oublier ce qu’il était, elle se faisait un plaisir de l’enfoncer.
Comme il n’avait rien à faire en particulier, et que la matinée était tout juste entamée, il avait décidé d’emmener Roxanne se balader. Faire un tour lui changerait les idées et ça l’aiderait à situer un peu les environs. Il avait tout juste prévenu qu’il reviendrait dans l’après-midi et avait filé.

A force de déambuler entre les arbres il avait croisé une route. A force de trainer sur la route il avait croisé un panneau. A force d’essayer de chercher Brinnon il l’avait trouvé. A deux kilomètres à vol d’oiseau, elle se tenait juste là en contrebas. Il était l’heure de rentrer mais maintenant qu’elle était en face de lui… ça serait quand même con de ne pas y aller.
Ça faisait des mois qu’il n’avait vu une ville, juste des arbres, de la boue, de la caillasse et de la flotte. Et puis merde, il n’avait pas envie de bouffer en face de l’autre pute, il y descendait.

Les rôdeurs étaient un peu plus chiants à gérer sur un bitume en pente mais temps qu’il pouvait trottiner, et que leur maladresse ne les faisaient pas tomber, ça allait. Il avait posé la jument à l’entrée de la ville, le temps de visiter une maison dont la porte grande ouverte laissait présager qu’elle serait vide. Chanceux pour une fois elle l’était. Il avait décidé d’y passer la nuit bien que tout le mobilier ait déjà été retourné. Il n’y avait qu’un cadavre avec une balle dans le crâne, et une fois ce dernier sorti, il n’était pas trop mal loti. L’odeur restait imprégnée mais bon, il s’en accommoderait.
Avant qu’il fasse nuit, et une fois barricadé avec son poney, il pouvait fouiller. Le plus pratique avait déjà été emporté mais quand même, restaient quelques trucs qui pouvaient servir à des sédentaires. Un filet de patates complètement germées, du sucre, des bouquins, des jeux de société, sur les routes ça n’avait aucune utilité, mais à la ferme ce ne serait pas plus mal à ramener. Il fourrait ça au mieux dans les sacs de selle de la jument débardée et continuait de zieuter. Une bouteille de sirop, il prenait, sait-on jamais. Il avait aussi trouvait un bocal sans étiquette, alors il goutait, jugeait et finalement considérer que ça ferait un repas décent.
A l’étage, dans une chambre dont le bordel était sans nom, il bouffait sa confiture de fraise en regardant par la fenêtre le soleil se coucher. Il revoyait son petit groupe de morts déambuler, probablement qu’ils le cherchaient toujours, ça le faisait sourire.

Le lendemain il laissait Roxanne en sécurité pour visiter.
Tout seul, avec juste son sac et sa hache, il pouvait au moins être discret. Il tendait l’oreille plus qu’il ne bougeait, se faisant une frayeur quand un mort se jetait contre une fenêtre. Putain il avait flippé. Il continuait, profitant du bruit causé pour s’en éloigner.
Neil finissait par apercevoir une pharmacie dont les vitres avaient quasiment toutes éclatées. Probablement qu’on s’y était réfugié sans grand succès. Les médicaments se faisaient rares à la ferme, surtout avec l’autre conasse qui pompait les réserves. Si quelqu’un venait à tomber malade, toute la science d’Alair ne pourrait suffire à le sauver.
Il était bien resté dix minutes à observer le bâtiment avant de se décider à approcher. Il aurait aimé voir quelque chose bouger, juste pour être sûr, mais les morts sans distraction avaient tendance à sommeiller.
Tant pis, il fallait y aller.

Profitant de la rue vide il évitait soigneusement les débris de verres, avançant à pas feutrés, les deux mains sur son manche. Rien dans l’avant salle, des traces de sang, une étagère tombée lamentablement, et un comptoir dans la caisse avait été pillé. Comme quoi, les premiers pillards en avaient moins après les ressources que l’argent facile. Il y avait encore espoir d’endiguer l’épidémie à ce moment-là.
Il avançait vers les casiers défoncés, ceux qui ne contenaient que les cachets sur ordonnance. Probablement que c’était les plus intéressants. Surement. Il espérait.
Un mort. Finalement. Prostré contre une des étagères en métal, il semblait presque dans le coma. Lui fendant le crâne avant qu’il comprenne ce qui venait de le frapper, Neil se planquait. Ça avait fait un peu de bruit, mieux valait rester un moment en sourdine. Il en profitait pour simplement observer autour de lui. Certains tiroirs avaient été forcés, probablement que ce qu’ils renfermaient avait plus de valeur que ce qui était foutu directement à portée des clients.

Déposant son sac, il commençait à engouffrer ce qu’il voyait.
Il n’allait pas lire chaque notice, alors dans le doute, enfournait trois ou quatre paquets de chaque. Peut-être simplement parce qu’ils étaient plus jolis, ils piquaient plus de packaging rouges que de bleus. Une quarantaine de boites plus tard, son sac faisait du bruit dès qu’il le bougeait. Ça allait encore être discret tout ça.
Il tendait l’oreille, attendait que deux morts soient passés et revenait vers l’avant. Il zieutait quand même au cas où, choppait des pilules contraceptives, des tests de grossesse et des dolipranes. Après tout il y avait un couple, ça pourrait être utile. Son regard tombait sur des boites de prozac, il restait planté devant dix secondes et en foutait trois boites dans la poche avant.
Encore une minute planqué sous le comptoir, la rue avait l’air désertée. Il filait. Putain son sac faisait un bruit monstrueux comparé à ce dont il avait l’habitude. Il avait bien tenté de marcher très doucement mais une fois que deux morts le suivaient, il n’avait plus le choix. Il se barrait en courant, en ameutant presque dix de plus. Passant devant la baraque où il avait dormi, il jetait son sac avant de filer dans les bois.

Une heure plus tard, quand il était définitivement persuadé de les avoir tous semés, il pouvait enfin revenir sur ses pas, se perdant un peu en route entre tous ces arbres, buissons et feuilles qui se ressemblaient toutes entre ici et l’autre bout du pays. Vérification faite qu’il n’y avait rien qui trainait, il rentrait avec le sac pour caliner son poney. Il était l’heure de rentrer.
Il refaisait quand même le tour, piquait tout ce qu’il arrivait encore à faire rentrer, deux brosses à dents, du savon, des pinces à linges et une brosse à cheveux. En revenant dans le hall il captait une paire de pompes quasiment neuves. C’était des chaussures de skate, pas vraiment pratiques pour se balader dans les bois, mais une fois qu’il les avait aux pieds, il refusait de les quitter. Rembourrée, chaudes, confortables et à peine utilisées, c’était mort, il les prenait, abandonnant les vieilles qu’il trainait depuis un an déjà.

Enfin il reprenait la route, quelque part en milieu de matinée.
Le chemin était plus long à monter qu’à descendre, mais c’était Roxanne qui faisait l’effort, lui n’avait qu’à poser ses fesses et vaguement se rappeler des directions à prendre. Il quittait la route en début d’après-midi pour repasser par la forêt, semer les trois pauvres morts suffisamment déterminés qui les avaient suivi jusque-là.
Bientôt il arrivait à la ferme. Putain, il allait se faire tuer.

Avec une journée de retard sur l’horaire auquel il avait promis de rentrer, il glissait jusqu’à la grange comme une ombre. Il pouvait desseller le poney, la brosser, lui redonner à boire et à manger et déposer une partie de ce qu’il avait ramené.
Plus le choix, il fallait s’y frotter. Reprenant son sac à dos, remplissant un seau de tous les machins utilitaires et comestibles qu’il avait ramené, il revenait à l’intérieur. Personne, hallelujah. Il posait ça sur la table de la cuisine et allait fureter jusqu’au bureau d’Alair. Attendant un instant devant la porte, il l’entendait. Il allait définitivement se faire tuer. Probablement pas gueuler dessus, parce que le chirurgien n’était pas de ce genre là, mais la leçon de morale il y aurait le droit, indubitablement.
Tant pis, il toquait.

La réponse ne se faisait pas attendre, le temps de souffler un coup, parce qu’il savait quel regard l‘attendait, il entrait. « Hey… chuis rentré.» Une bretelle sur l’épaule, le reste pendant du poids des médicaments, il ne faisait pas franchement le malin face au vieux.
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MessageSujet: Re: My bad, please don't get mad   Lun 19 Déc 2016 - 14:50


Alair & Neil


MY BAD, PLEASE DON'T GET MAD


Bloody hell! Quand Neil va juger bon de réapparaître, il va entendre parler du pays! Je me fais cette promesse en m'assoyant à mon bureau dans mon petit cabinet. Ma canne de marche s'appuie en équilibre sur le lourd bureau en chêne. Une des nouvelles règles de la maisonnée. Toujours avoir sur soi une arme pour se défendre en cas d'appétit subite de cannibale en maraude. Mais ces pourritures sur deux pattes sont très loin dans mes pensées. Chacune de mes réflexions se portent sur le comportement désinvoltes de celui qui partage notre existence. Je ne peux qu'être extrêmement déçu et offusquer par le manquement du jeune homme. La veille il est venu manière courtoise, poliment même, de son intention d'aller braver les éléments pour découvrir les limites de la pyrénéen qui nous entoure. Je sais pertinemment que nous avions décidé que chaque sortie devait se faire en duo. Mais il n'y avait aucune âme qui vive de disponible pour accompagner le jeune homme. Robert patrouillait sans relâche le périmètre comme le chien des Baskerville. Charlie et Josh devaient honorer leur résidence secondaire en grand renfort de hurlements de plaisir et d'actes scabreux. Je dois avouer, à ma grande honte, que j'aimerais bien connaître ces moments d'extase et de liberté charnel. Je suis certes encore vert, mais ma date de péremption sexuelle s'approche dangereusement. Enfin soit revenons à nos moutons. La dernière personne présente ne quittait aucunement son lit qu'avec mon accord. Morgan la Valkyrie rousse. Selon moi elle est la plus apte à survivre de nous tous. Elle a la cuirasse nécessaire et surtout la volonté. Mais grâce à mon flegme, mon tact, mon stoïque et ma politesse je crois que je suis en train de la ramener peu à peu vers le groupe. De la solidarité entre les survivants et aussi seulement réapprendre à vivre avec des gens. Quel soit belle comme un cœur et d'une chevelure flamboyante, une de mes faiblesses en matière de beau sexe je l'avoue humblement, ne pèse que très peu dans la balance. Elle m'a sauvée la vie et je serais son débiteur pour un très long laps de temps. Candidement j'avoue que j'adore dévisser avec elle. Pour ma petite personne, je dois me plier à nos lois verbales de groupe pour les expéditions. Naturellement comme je suis la seule ressource médicale et un gentleman de surcroît, on m'interdit de galoper vers les vert pâturages de l'aventure. Ce qui m'attriste avant que ma prudence légendaire refait subitement surface et remercie sincèrement cette directive. Donc pour faire une histoire courte, je sais que je passe par Rome pour faire le trajet entre Oxford et Londres, j'ai donné ma bénédiction au jeune métis.

Je sors ma vieille montre à gousset et je remonte le mécanisme. Une vieille habitude, une routine qui me permet de rester calme et serein. Même si à l'intérieur je bous littéralement de colère. Mais au-delà de la colère, le nuage de l'inquiétude surplombe mes sentiments si bien caché par mon stoïque britannique. J'espère sincèrement qu'il n'est rien arrivé à Neil. Je ne me le pardonnerais d'aucune manière si malheur lui est arrivé. Je referme le capot d'argent de la montre centenaire d'un mouvement vite et un peu brusque. Je sais que j'ai promis sur l'honneur, mais la vie doit passer outre. Je soupire de frustration et je me lève pour commencer une nouvelle valse des cent pas. Cette pièce est mon étude personnelle, mon cabinet qui renferme les outils de ma précédente profession. Les scalpels, les bistouris et j'en passe, sont soigneusement ranger dans leurs emplacements. La porte d'entrée s'ouvre alors. J'impose un arrêt complet à mon déplacement digne des Beefeaters du Palais de Buckingham. Je m'éclaircis la gorge en toussant un peu, m'apprêtant à répéter pour la millième fois au géant sur-protecteur que Neil n'est pas revenu à la maison. Mais je suis surpris d'entendre un chuchotement faible. Presque un murmure que je dois tirer l'oreille pour bien capter. Je suis dans mon étude mon cher Neil. Je vous prie de venir me rejoindre le plus rapidement possible. Mon ton est un peu autoritaire, mais le sourire de soulagement qu'il voit quand il arrive dans l'encadrement de la porte est sincère. D'une main je l'invite à s'asseoir sur le fauteuil rembourré à haut dossier. Je vous prie, assoyez-vous mon cher. Vous devez être fourbu. Même si je suis un peu énervé, ma disposition à la bienséance et la politesse l'emportent haut la main. Mon flegme et mon stoïque sont dignes d'un serviteur de sa majesté. De l'eau? Je lui sers un verre du broc en étai poser sur ma table de travail. Ensuite je m'assois sur le coin du meuble antique.


Je plonge mon regard d'acier tirant sur le bleuté dans ses billes noirs. Je le regarde. Il me regarde. Nous nous regardons. Je soutiens son regard juste au moment qu'il baisse les yeux. Je sais suis un brin paternaliste avec les membres de mon groupe. Je n'ai jamais connu la paternité, officiellement parlant j'entends. J'ai peut-être deux ou trois petits Alair en herbes de par le monde qui sait. Je m'administre une claque mentale phénoménale pour éviter de penser à ces scènes charnels de mon parcours disons olé olé. Je suis heureux de vous voir en pleine santé et surtout en un seul morceau Neil. Je laisse poindre un sourire pince-sans-rire. Comme vous avez manqué les derniers événements de la maisonnée de par votre escapade, j'aimerais vous mettre au parfum. Mon accent est pointu mais charmant. Mon ton est calme et en rien accusateur. J'ai eu une discussion avec Morgan sur les différentes monarchies qui ont occupé le trône d'Angleterre. Aussi j'ai parlé de ma prime jeunesse, temps d'insouciance et de liberté. Je prends ma canne et sans m'en rendre compte réellement, je tape quelques fois le bout ferreux sur le plancher de bois patiné par des milliers de pas. Les autres se sont occupés de leurs tâches comme vous pouvez vous en douter. Je me penche un peu vers lui. Je passe ma main de libre dans ma barbe taillée avec soin. Le soir venu, je peux vous certifier que nous étions inquiets de ne pas vous revoir mon cher. Charlie et Josh ont dû résonner le pauvre Robert de ne pas partir en pleine nuit à votre recherche. Je fais un petit sourire indulgent. Je lui place la main sur l'épaule pour accentuer mes paroles. Le pauvre homme à sillonner les alentour avec la hargne d'un limier sur votre trace. J'ai dû le surveiller une partie de la nuit pour le rappeler à l'ordre. Un sourire franc et honnête s'infiltra dans mon air dur et stoïque. Il vous apprécie beaucoup ce cher Robert. Il était prêt à se jeter tête première dans l'inconnu pour vous ramener. Il était prêt à se jeter tête première dans l'inconnu pour vous ramener. Et pour ma part j'ai lu « Guerre et Paix » toute la nuit. Une lueur d'espiègle rire illumine brièvement mon regard au reflet d'acier. Ça vous donne un indice de mon inquiétude grandissante, car j'ai horreur de ce bouquin.

Je me redresse alors et mon sourire fond comme neige au soleil. C'est pour vous dire que des gens vous apprécient mon cher. Ne nous faites plus une frayeur de ce nom je vous prie mon jeune ami. Nouveau petit sourire pince-sans-rire. Et je crois que vous allez devoir subir un câlin monstre de notre Robert bien aimé pour votre peine. Je souligne le dernier point pour étant d'une gravité sans borne. Mais dans le fond je suis heureux de voir le géant protecteur reprendre peu à peu contact avec les gens. Souriant avec sincérité de nouveau, je rajoute quelques mots pour faire bonne mesure. Je vais avertir les autres que je vous ai parlé durement et que vous semblez avoir retenu la leçon. Inutile qu'on vous rabaisse les oreilles de nouveau n'est-ce-pas? Je m'interromps pour quelques instants et quand je suis persuadé qu'il finit de parler, je me penche vers lui. Mon regard est devenu inquisiteur, curieux et surtout pétillant. Maintenant que la partie sérieuse est un lointain souvenir classé, j'aimerais ardemment que vous me racontiez votre périple mon cher Neil. N'oubliez aucun détail je vous prie. Vous comblerez ainsi un vieil homme assurément. Je lui fais un sourire calme et surtout apaisant. Invitant à se confier et à me raconter son expédition. Être cloîtré comme un moine me donne des envies de libertés surprenant.

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Neil Berry
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MessageSujet: Re: My bad, please don't get mad   Mar 20 Déc 2016 - 0:19


Ca y est, à peine rentré il s’était déjà fait repérer.
Alair l’attendait de pied ferme, et encore heureux qu’il ne soit pas tombé sur Bobby, il se serait fait broyer, d’affection, mais broyer. Durant tout le trajet du retour, Neil s’était demandé sur lequel il préférait tomber, un qui l’engueule par principe ou un qui s’était vraiment demandé ce qu’il foutait. Arrivé il n’avait plus le choix, probablement que c’était le moins pire des cinq.

Il préférait encore quand c’était sa mère qui l’accueillait. Quand il découchait sans prévenir, rejetait ses appels toute la journée et finalement revenait, à peine avait-il posé la main sur la poignée de porte qu’elle se mettait à vociférer. Elle gueulait, du coup il se défendait, ça se foutait sur la tronche pendant dix minutes et toute l’inquiétude potentielle des deux partis était dissipée au milieu des cris. Pour sûr les voisins devaient apprécier, mais pour eux en tous cas ça fonctionnait.
Mais Alair souriait, l’invitait cordialement à s’asseoir. Neil obéissait, pas près de se la ramener, posant le sac au pied du bureau. C’était pire que de se faire hurler dessus, ça au moins il était habitué, mais que l’autre retienne ses reproches le tuait. Il savait ce qu’il pensait, en avait au moins une idée, et les vides étaient comblés par pire que la réalité.

« Merci. » La voix timide, il prenait une gorgée qui passait difficilement avant de reposer le verre. Il osait tout juste lever les yeux sur le plus vieux, attendant que ça sorte, par pitié, les rabaissait quand il comprenait que ça n’arriverait pas tout de suite.
Le gamin écoutait religieusement, n’était pas vraiment sûr d’être trop concerné mais il ne ferait pas l’affront de se déconcentrer. Il était assez en dette comme ça, pas besoin d’aggraver son cas. Ils étaient inquiets. Pour lui et Robert il voulait bien admettre mais les autres, franchement. Josh le regardait toujours comme un assassin potentiel infiltré, avec Charlie il n’avait échangé que quelques mots en faisant la vaisselle et Morgan… probablement qu’elle avait dansé toute la nuit sur son potentiel décès. Malgré la fièvre, malgré la toux, elle avait dû puiser dans toutes ses forces pour chanter sa disparition.  
Probablement qu’il aurait dû prévenir Bobby de ne pas s’inquiéter s’il ne rentrait pas. Il le ferait pour la prochaine fois. Ce pauvre géant n’avait pas besoin de ce genre d’inquiétudes, ni le chirurgien. Neil ouvrait la bouche sans trouver quoi dire pour plaider sa cause. Il la refermait, l’autre enchainait.
Ne plus recommencer, il se contentait d’acquiescer.

Ça le tuait.
Les règles auxquelles il devait se plier allaient finir par l’achever. Les quatre derniers mois il les avait passé seul, paumé, dans un environnement qu’il ne connaissait pas, et avait survécu. Maintenant qu’il avait un lit, des repas chauds, qu’il était frais et reposé, on lui imposait une baby-sitter pour le protéger. Ça ne faisait aucun sens et le frustrait à en crever. En prime, à chaque sortie c'était quelqu’un qu’il ne connaissait pas qui devrait se coltiner de l’accompagner. Deux raisons que ça parte en couilles. Il ne pouvait pas s’organiser sur cette base-là. En cas de quoi que ce soit d’imprévu, il ne pourrait pas agir normalement, parce qu’il faudrait encore que l’autre décide de l’imiter, en soit capable au moins. S’il faisait tout autre chose, Neil serait juste paumé, coupé dans ses habitudes qui fonctionnaient parfaitement.
Déjà que le monde était hasardeux, se rajouter un paramètre tel qu’un inconnu dont les réactions lui échappait totalement le dépassait. C’était carrément suicidaire, au moins avec sa façon de fonctionner. Autant se lier poings et pieds et tenter de ramper, ce serait aussi confortable et probablement pas moins risqué. Et il en était réduit à accepter, juste pour ne pas faire plus de vagues. Putain, il détestait la vie en communauté.
Il hochait docilement la tête une nouvelle fois. Même si le britannique demandait aux autres de ne pas l’engueuler, il y en avait au moins une qui n’allait pas se gêner.

Il l’attendait cette partie, à croire que le chirurgien était en mal de nouveaux récits. Toujours pas en position de refuser, Neil se lançait. « J’étais juste parti en forêt, j-.. » J’ai pas fait exprès qu’il avait envie de dire. Probablement que ça ne passerait pas.
« Je suis tombé sur une route, j’voulais juste voir où elle allait, et quand je suis arrivé en vue de Brinnon… » Il aurait dû s’arrêter, rebrousser chemin bien sagement. Il soufflait, assez frustré d’avoir à s’expliquer. « Y a plus d’essence, ça serait une entreprise pas possible pour envoyer juste deux personnes là-bas. Alors que moi j’y étais déjà. J’avais plus beaucoup à faire alors j’y suis descendu. » Il était encore le type le plus mobile de toute la ferme avec son cheval. Il serait quand même de bon ton d'en profiter. Si lui ne se tapait pas les expéditions, personne ne le ferait, pas aussi facilement.
S’il avait prévenu qu’il irait en ville, on lui aurait collé quelqu’un, quitte à le faire patienter cinq jours pour ça, il n’aurait pas supporté. Il voulait juste se barrer, être seul une après-midi, c’était quand même pas coûteux à lui octroyer. En plus peu importe qui aurait été désigné volontaire, il n’aurait jamais pu être aussi discret. Probablement que tout aurait été plus compliqué, la moindre décision aurait nécessité des discussions à rallonge. Tout seul, avec Roxanne, il savait où il allait, ce qu’il faisait et comment gérer la plupart des imprévus sur sa route. A deux ça aurait été un vrai merdier.

« J’ai trouvé un coin où passer la nuit, le lendemain je me suis baladé en ville et j’ai trouvé une pharmacie. J’y suis allé, j’ai pris tout ce que je pouvais porter et chuis reparti. C’est tout, il s’est rien passé de bizarre ou de dangereux ou quoi. » Presque une promenade de santé. Juste qu’il avait dû courir comme un dératé dans les rues et failli se faire bouffer trois fois. En somme, rien d’exceptionnel. Au moins il avait eu l’impression de faire quelque chose, pas juste de tourner en rond jusqu’à ce que l’autre grognasse vienne l’emmerder.
« Y avait vraiment pas de quoi s’inquiéter. » Cette phrase, dès qu’il s’entendait la dire, il la sentait mal venue. Trop tard, tant pis. Il se rattrapait aux branches comme il pouvait pour la faire oublier. « J’ai posé ce que j’ai ramené dans la cuisine et là j’ai les médicaments. » Ouvrant son sac il espérait détourner un poil la conversation. Il y avait au moins des choses à regarder là-dedans.

Certes il était parti au pif, avait changé ses plans sur un coup de tête et laissé les gens s’imaginer tous les trucs possibles, mais au moins ça avait servi. Pour une nuit d’inquiétude il y avait de quoi ouvrir un petit dispensaire, en théorie, si les cachets avaient la moindre utilité. A vrai dire ça pourrait autant être du sucre compacté pour ce qu’il en savait.
Avec de la chance ça occuperait Alair un moment, l’empêcherait de ruminer. Rien que cette perspective valait le poids de toutes les boites et des risques qu'il avait pris. Il posait le sac sur sa cuisse pour le laisser piocher, espérant juste que dans un accès de curiosité, il n’aille pas fouiller la poche avant. Il y avait déjà assez à regarder dans le ventre principal.
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MessageSujet: Re: My bad, please don't get mad   Mer 21 Déc 2016 - 14:49


Alair & Neil


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J'écoute le jeune homme avec une attention particulière. Je fais mon sourire pince-sans-rire et j'hoche la tête pour lui signifier que je suis attentif. Plus que Neil parle, m'explique son périple, une idée commence à germer dans mon esprit. Quand les mots moururent sur une conclusion surprenante, j'hausse un sourcil inquisiteur et légitime. Je vous laisse le soin et l'honneur de placer sur mon bureau vos trouvailles mon cher ami. Vous savez que je suis respectueux et je ne veux aucunement piger dans votre sac. Je sais que mon regard acier tirant sur le bleuté doit reluire d'un optimisme et d'un bonheur égal à un écolier qui vient de découvrir la cachette des friandises de son grand frère. Mentalement je déchiffre les étiquettes des flacons, les classant en me référant aux grandes familles des médicaments. Bonté divine! Il y a tellement de catégorie et en plus l'organisation de la santé s'amuse périodiquement à les changer que j'en perds mon latin. Au moins une bonne chose dans cette époque de désordre. Il n'y a plus de changements dans les classements pour les médicaments.

Mais grâce à ma grande pratique, je m'en souviens aisément des principaux. Analgésiques et anti-inflammatoires. Les classiques, mais au combien utile, disponible en vente libre. Antibiotiques et antibactériens. J'espère de tout cœur qu'il y en a, car c'est presque une nécessité. Antituberculeux et antilépreux. Si la chance nous sourit, il pourrait en avoir une plaquette. Antimycosiques. On sait jamais ce que nous réserve le surprenant jeune homme. Antiviraux. J'ai un sérieux doute. Mais l'espoir fais vivre. Cardiologie. Bonté divine! heureusement que personne n'est affaiblie par le cœur dans le groupe. Dermatologie. Pour la cicatrisation de la peau, ce sera sublime d'en avoir. Surtout pour nos deux ouvriers massifs qui se blessent fréquemment. Ils ont autant de dextérité qu'un manchot qui jongle avec des tronçonneuses. Diététique et Nutrition. Dieu seul le sait. Gynécologie obstétrique et contraception. Ce sera peut-être utile pour notre couple d'amoureux. Hématologie. Avons-nous cette chance insolente? Anesthésiques locaux. Encore une fois des plus utiles. Immunologie allergologie, médicaments des troubles métaboliques, neurologie, ophtalmologie, oto-rhino-laryngologie, parasitologie, pneumologie, psychiatrie, réanimation toxicologie, rhumatologie, stomatologie, urologie, cancérologie et les vaccins, immunoglobulines, sérothérapie. Je vais nous considérer bénies des Dieux et même favoris du Diable si nous avons un flacon de ces familles qui se retrouvent habituellement en hôpital.

Quand la dernière bouteille hermétiquement fermé est aligné sur mon bureau en chêne massif, je tends ma main vers l'homme au teint chocolaté. Je lui serre la pince avec fermeté et chaleur. Je vous remercie mon cher pour votre clairvoyance et surtout votre grand cœur. Toute cette médication sera des plus utiles pour tous. Je suis gêné par tant de générosité. Je lisse ma barbe taillée avec soin. Je songe intensément et méthodiquement. Rejetant certaines récompenses d'un revers de la main intangible, j'en garde néanmoins une ou deux en tête. Même si je suis persuadé que le jeune homme va refuser en bloc de se faire récompenser vu qu'il est logé avec nous, je me dois de lui proposer un petit quelque chose. Selon mon humble avis, les efforts et l'esprit d'initiative doivent être récompensés et soulignés. Et naturellement, cette situation va en l'encontre de mon éthique personnelle de recevoir sans donner en retour. Je place ma main avec ma canne de marche et je prends une pose sophistiqués et recherchés. Même au milieu de ce chaos, je tiens à mon civisme, à mon savoir-vivre, mon stoïque et surtout mon flegme typiquement britannique. Je fais le tour de mon bureau et je m'assois sur mon fauteuil rembourré. Ma canne s'appuie sur le mur derrière moi. Toujours à portée de main en cas d'incident fâcheux.

Un peu plus et je me croirais de retour dans un passé pas si lointain. Quatre ou cinq ans à tout casser. Dans mon cabinet de Londres pour être exact. Je reprends même la pose songeuse de lors des visites de mes patients. Coudes biens appuyés sur les bras du fauteuil, dos calé au fond du dossier et bien droit. Mes doigts longs, fins et doté d'une motricité fine extraordinaire, raffiné par des années de perfectionnement dans ma profession chéri, se touchent par leurs extrémités. Je crois mon cher ami que j'ai une proposition à vous faire. Mon regard est sérieux, réfléchi. J'aimerais vous apprendre les rudiments de la médecine. Ou bien les bases des premiers soins. Sauf si naturellement vous répugner le sang ou bien que ça vous mets mal à l'aise très cher Neil. Mes yeux reluisent d'une espièglerie digne d'un gamin qui vient de demander à ses parents le comment de la conception d'un bébé. J'attends sa réponse avec une certaine fébrilité je dois l'avouer. J'aimerais bien avoir un assistant, un aide de camp pour le domaine médical. Et aussi j'ai une idée pour mettre à profit votre soif de liberté et d'aventure. Un rôle qui vous irait comme un gant si j'ose dire. Des fois je peux me considérer un génie. Si mes propositions sont acceptée par le timide jeune homme, nous pourrons en parler au repas du soir tous ensemble. Je serais, lors de cette tablée, encore considéré comme le père de ce petit groupe, mais je commence à prendre goût à cette interpellation.

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Neil Berry
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MessageSujet: Re: My bad, please don't get mad   Ven 23 Déc 2016 - 2:26


Le vieux avait l’air plus ravi qu’en rogne à présent, hallelujah.
Sans se faire prier, Neil commençait à vider son sac sur le bureau, empilant les paquets identiques jusqu’à en couvrir une bonne partie. Ça prenait pas mal de place en fin de compte, une fois organisé. Il ne restait plus qu’à espérer que ça ait une réelle utilité. Par les temps qui courraient, l’homéopathie n’était pas plus recherchée que les produits antirides, alors il espérait juste avoir pioché juste ; au moins que les pillards précédents savaient ce qu’ils faisaient. A voir la tête d’Alair, c’était déjà noël avant l’heure pour lui. Tant mieux, il avait un peu espéré que ça ferait cet effet, peut-être pas à ce point quand même.
Le gamin reste interdit devant la poignée de main des plus chaleureuses et les remerciements. Il le fixait, acquiesçait docilement et ne comprenait rien à ce qui lui arrivait. Il était sorti, avait récupéré des trucs et les avait ramené, c’est tout. Certes, le chirurgien plus qu’un autre devait être aux anges de voir des médicaments, mais en somme il n’y avait rien de bien incroyable. Deux minutes plus tôt il lui en voulait et maintenant il le félicitait. Ils étaient deux à être gênés pour le coup.
Au moins les restes d’inquiétudes du vieux s’étaient envolées.

Neil le regardait faire. Toujours aussi britannique dans sa posture, même en s’asseyant, il le toisait maintenant. Comme il ne l’avait pas renvoyé, le gamin reposait le sac au sol et ses fesses sur le fauteuil. Il l’observait à son tour, captant une idée derrière la tête qui transperçait sur sa face barbue. Un poil curieux, quoique retissant, il attend que ça sorte enfin. Il était dans de bonnes dispositions, mais sais-ton jamais, il pourrait toujours décider de lui filer une corvée comme punition pour son escapade. Ne serait-ce pour que ça passe auprès des autres, parce qu’il allait devoir les recroiser aussi, les autres. Bizarrement, ça ne lui tardait pas.

La proposition l’a surpris, clairement et visiblement.
Lui apprendre les rudiments de la médecine ? A vrai dire il n’y avait même pas songé un seul jour de sa vie, c’était tentable, au moins à l’essai, surement. Au pire ils ne perdraient pas vraiment leur temps et ça avait l’air de lui faire plaisir comme idée. « Non ça ne me pose pas de problème. » Même s’il n’avait jamais foutu les mains dans le sang, ça ne devait pas être pire que la chair en décomposition qui se baladait depuis un an. Et ça il avait foutu les deux pieds dedans, et un peu les mains aussi.
Le jeune était aussi décontenancé par la proposition que le vieux était excité.

Il prenait encore quelques secondes pour évaluer ce qui pourrait mal se passer avant d’abdiquer en hochant le nez. « Ouais, ça pourrait être utile. » S’il devait un jour repartir, ce serait même essentiel à sa survie. Même à la ferme, s’il se retrouvait au fond des bois blessé, ou avec Bobby d’incapacité, ça pourrait les sauver. Il ne risquait pas grand-chose au final.

La deuxième idée finissait d’achever sa curiosité.
Le stress de son retour était passé, Alair avait fini ses reproches et pouvait peut-être régulariser ses excursions aux yeux du groupe de survivants. Franchement, sans même savoir de quoi il s’agissait, Neil signait. S'il pouvait partir seul en prime, ce serait le pied. « Quel genre ? » Les pieds déjà planqués sous le fauteuil, ses mains mollement laissées sur ses cuisses prenaient appui sur l’assise. Il se penchait un peu plus vers Alair, intrigué au moins autant qu’intéressé.
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MessageSujet: Re: My bad, please don't get mad   Mer 4 Jan 2017 - 14:37


Alair & Neil


MY BAD, PLEASE DON'T GET MAD


Je ne peux m’empêcher de faire un sourire en coin. Un pince-sans-rire stoïque et typiquement britannique sera un meilleur qualificatif je crois de mon état de illumination subite. Mon regard d’acier tirant sur le bleuté est espiègle. Je garde quelques instants pour laisser monter le suspense. Je vois presque les points d’interrogation dans le regard de Neil et je m’en veux presque de le faire patienter de la sorte. Presque est le mot à retenir, car j’ai toujours aimé ces instants où les gens sont assis sur le rebord de leur chaise, des lueurs inquisitrices dans les yeux. Mais comme tout bon serviteur de Sa Majesté qui se respecte, je vais prendre d’une bienséance et d’un civisme à la hauteur de mes bonnes manières. Avant de me lancer dans l’explication de mon idée pour vous mon cher ami, laissez-moi vous parler d’Arthur Wakeman, un de mes grands-oncles. Et me voilà partie pour une longue explication. J’adore parler de tout et de rien, de passer d’un sujet à l’autre. Je suis une véritable pie qui aime propager mes connaissances et mes souvenirs. Pour le plus grand désespoir du jeune métisse, ce sera ma cible du jour. Une sorte de punition d’avoir découché de la sorte. Un peu plus et je pourrais me considérer comme le père de tous ces Yankees qui partagent mon toit. Enfin bref je continue de parler. Mon ton est hypnotique, charmant et surtout apaisant.

Dans ma famille nous avons servi sa Majesté dans les plus grands conflits que notre nation s’est retrouvés impliqués. Je pointe par-dessus mon épaule quelques vieux portraits. Plusieurs hommes portent l’uniforme et ont l’air digne et fier comme des paons. Je pousse un petit soupir et je soulève mes épaules. Je n’ai pas pu battre la campagne et porter le glaive contre les ennemies de ma patrie. Je vais vous faire une confession. Je laisse un instant comme si la nouvelle était fatidique et je rajoute avec une lueur d’amusement dans le regard. J’ai les pieds plats et je n’ai pas pu rejoindre les rangs. Dans un sens c’est pour cela que j’ai continué dans la branche médicinale. Pour soigner les braves qui revenaient du front. Mais c’est une autre page de mon histoire dont je me ferais une joie de vous raconter en temps et heure. Je prends ma tasse de thé et j’en bois une petite gorgée histoire de me rincer la glotte. Je claque la langue de satisfaction et je dépose ma tasse dans sa soucoupe en porcelaine. Comble de la politesse, j’offre un petit biscuit sec à mon invité du moment. Je sais je sais, je tourne un peu le couteau dans la plaie de l’attente de mon jeune ami.

Je me redresse et je porte ma main à ma barbe taillée à la perfection. Je sais c’est ma petite marotte. J’essaie de projeter une image impeccable malgré les temps durs que nous traversons. Les Wakeman ont toujours agi ainsi malgré les guerres et les périodes noires et que je sois damné si je me laisse aller. Paraître faible devant les Yankees? Plutôt mourir. Bonté divine je dois me hâter à me réchapper de ma perte temporaire avec la réalité. Mille excuses, mon cher Neil. Je pensais à mes ancêtres. Je vais de ce pas arrêter de vous faire languir. Je lui fais un petit sourire d’excuse. Habituellement les Wakeman étaient de valeureux cavaliers ou bien des membres des trains d’artillerie. Mais Arthur était l’exception qui confirme la règle. Il était les yeux et les oreilles de l’état-major. Vous connaissez les Pathfinders? Devant l’air hésitant du jeune métisse, je lui fais un hochement de tête indulgent. Si vous n’êtes pas un féru d’histoire militaire, j’aurai été agréablement surprise et estomaquée que vous connaissiez ce corps d’éclaireurs des plus versatiles et compétents. Je me penche sur ma table et j’ouvre un petit coffret de bois. Je sors ma vieille pipe de bois finement ciselé. C’est une vieille habitude et je ne fais que la mordiller. Ça me donne un cachet fou et une certaine prestance selon quelques conquêtes de mon jeune temps. Arthur avait l’esprit aventurier, le cœur bien accroché et un excellent instinct. Je glisse l’embout de ma pipe hors de mes lèvres et je pointe avec le jeune homme. J’ai cru remarquer votre besoin de liberté, de solitude même. Mais vous êtes comme un mustang. Indomptable, mais vous apprécier la sécurité du groupe. Je lui fais un sourire conciliant. Ensuite je reprends ma posture stoïque et je laisse mon flegme légendaire refaire surface. Donc j’aimerais, entre vos leçons mon cher, que vous arpenter les environs. Pour reconnaître le terrain, trouver des zones inexplorées et nous avertir des mouvements des cannibales ainsi que des potentiels survivants. Je me relève et je lui dépose une main confiante et apaisante sur son épaule. Je sais que c’est un poste à haute responsabilité, mais je crois que vous êtes l’homme de la situation. Votre besoin de voyage sera satisfait, vous pourrez explorer seul ou accompagner à votre guise. Vous n’aurez aucun compte à rendre sur la durée de votre expédition. À mon avis il ne va avoir qu’une seule contrainte. Je me tais et il peut facilement déceler la lueur d’espièglerie et d’amusement dans mon regard. Revenir en vie et bien portant. Si vous êtes d’accord, nous pourrons en discuter avec Charlie et Josh. Et n’ayez crainte, je vais expliquer votre situation particulière à Robert. Notre géant à l’air de vous apprécier au plus haut point. Je le regarde directement dans les yeux. Je sais j’ai l’air d’un inquisiteur qui pose la Question. Mais que voulez-vous, je n’y peux rien quand je suis songeur et pensif. Vous voulez avoir du temps pour y penser mon jeune ami?





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Neil Berry
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MessageSujet: Re: My bad, please don't get mad   Jeu 5 Jan 2017 - 10:55


Alair avait une certaine tendance à faire languir les gens.
Probablement que ça l’amusait, au moins lui assurait d’avoir une audience réceptive, dans l’attente de la fameuse information qui tardait à venir. Neil faisait vaguement la moue et se reposait sagement. De toute façon il n’allait pas le couper, et le vieux ne se hâterait pas, alors il avait aussi bon compte de simplement écouter.
Il s’accoudait docilement au fauteuil en le suivant des yeux, sa Majesté, à croire qu’elle était vissée dans toutes les histoires du chirurgien. Le regard du gamin glissait sur les portraits, tous aussi fiers que le dernier membre de leur famille ici présent, revenait à ce dernier. Il sourit devant la confession. Honnêtement, si Neil avait dû y aller sur le front, il se serait probablement fait passer pour dingue. Il aurait encore préféré avaler de la soupe toute sa vie durant que passer près d’une balle une seule fois. Maintenant le monde ne leur donnait même plus le choix.
Et Alair ouvrait encore la voie à une autre histoire. Le gamin commençait à se demander s’il n’avait pas déjà vécu deux siècles pour en avoir autant.

Récupérant son biscuit si gentiment offert, il ne se fait pas prier pour manger, attendant les mots qui tardent à tomber. Le chirurgien est parti dans ses pensées, Neil n’a plus qu’à prendre son mal en patience. Alors il attend, docilement, que le plus vieux se rappelle de sa présence et en arrive enfin au fameux Arthur promis.
Les Pathfinders. Il avait déjà lu à propos d’un truc de ce nom, mais de la NASA. Probablement que ça n’avait strictement rien à voir avec cette histoire. Des éclaireurs, il acquiesçait sagement. Alair sortait sa pipe, probablement qu’il arrivait à l’acmé de son histoire, bientôt Neil saurait ce que cet Arthur avait à voir avec sa situation, bientôt.

La comparaison le faisait rire, mais il ne pouvait pas nier. Il ne demandait pas mieux qu’un lit dans une zone protégée, mais rester entre ces quatre murs toute la journée le rendait dingue. Il ne savait pas où se foutre, pas quoi faire, et s’il n’avait rien contre être une loque totale durant des jours, probablement que le peuple d’ici lui en voudrait. C'était même certain. Ça ne se faisait pas de rester couché à regarder le plafond, mais il n’avait rien d’autre à faire.
Il le suit des yeux. Aucun compte à rendre, pouvoir se balader où il veut, autant de temps qu’il veut, rentrer quand il veut. La seule contrainte le fait sourire, il répond quasi-instantanément à la question.
« Non. J’accepte. » Pas besoin d’y réfléchir à deux fois. C’est tout ce qu’il veut depuis qu’il est arrivé, se barrer dans la forêt, maintenant il a juste un but. S’il n’avait pas eu l’opportunité à accepter, il aurait juste filé en douce quelques fois de plus. « Merci. » Définitivement, Alair est un homme conciliant.

Il laisse flotter un instant, Roxanne serait probablement aussi heureuse que lui de pouvoir courir dans la forêt, restait une question. « Pour les leçons du coup… on fait comment ? »
Il avait bien eu un précepteur à un moment, quand il avait réussi à se faire renvoyer de l'école, mais il avait surtout occupé son temps à le faire fuir. Faut dire qu’il faisait montre d’une imagination débordante quand il s’agissait de se rendre odieux. Il avait même pissé sur ses pompes, littéralement. Pour sûr après ça, l’autre n’avait jamais refoutu les pieds chez lui. Le pire c'est que cet incident le faisait encore rire.
Sale gosse.

En somme depuis ses dix-sept ans, il n’avait jamais plus eu de règles ou d’institution pour le cadrer. Probablement que ça n’aidait pas aujourd’hui à respecter les directives qu’on lui imposait. Déjà qu'il ne savait pas s'imposer lui-même une discipline, celle des autres n'avait aucune chance de l'atteindre plus que ça. Les dix dernières années, il avait été l’autorité suprême sur son domaine et sa mère, obéir n’était pas franchement dans ses gênes.
Quand quelque chose l’intéressait, il fouillait, se renseignait, apprenait. Quand il s’en foutait, il s’en foutait. En l’occurrence il avait plus à gagner qu’à perdre à écouter Alair, et ses histoires ne l’ennuyaient pas, alors il concédait à se la fermer. Au moins ça promettait de devenir intéressant par ici, quelque chose de nouveau au moins.
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My bad, please don't get mad
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