Partagez | 
 

 No pain no treatment

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
Auteur
Message
Neil Berry
American Dream
avatar
Date d'inscription : 06/10/2016
Messages : 2023
Age IRL : 22
MessageSujet: No pain no treatment   Lun 5 Déc 2016 - 1:36


La ferme était un bon plan finalement.
Il avait un peu craint cette nouvelle vie en communauté dans les premiers moments, pas franchement rassuré par ses anciennes expériences. Il devait quand même admettre que l’ambiance était calme, presque tranquille, personne n’hurlait, les embrouilles étaient rares et quand il y avait désaccord, quelqu’un se portait toujours volontaire pour servir de médiateur. Au moins l’atmosphère n’était pas rebutante. Quant au reste… il ne pouvait pas vraiment juger. Quand le chaos viendrait aux portes de leur refuge, qu’il faudrait fuir et tout laisser derrière, probablement que les quatre, peut-être même cinq, resteraient soudés, pour ce qui était de sa personne, rien n’était moins sûr.
Il venait de débarquer, ils l’avaient surtout pris en pitié. Probablement plus par égard pour la jument que pour lui, Alair lui avait offert de rester, et aussi parce qu’ils étaient endeuillés. Le gamin avait vaguement appris qu’ils venaient de perdre quelqu’un, une jeune fille, l’amoureuse du géant si léthargique depuis. Il n’avait pas osé poser trop questions, quasiment aucunes en fait. Il était déjà étranger à leur petit cercle, et le dernier arrivé, remuer le couteau dans la plaie ne pouvait pas le servir, ni lui, ni quiconque ici. Il essayait de se faire discret, autant que possible, obéissant religieusement à tout ce qu’on lui demandait et ne surtout pas déranger leur routine.

Le grand con lui faisait un peu de peine, alors il essayait de ne pas trop y penser. Déjà qu’il était un rat dans la grange, il n’osait pas vraiment l’approcher, même pour le réconforter. Il ne pouvait pas dire qu’il comprenait, ni même s’imaginait, il n’avait jamais eu personne du genre, d’aussi cher à son cœur. A la limite João, mais ce dernier l’avait trahi avant même que l’amourette se concrétise vraiment. Le couple roucoulait, le géant était esseulé et Alair s’occupait d’une fille malade qu’il avait ramené avant ce jour de pluie. Neil se contentait de s’occuper de la jument, par extension des bestioles de la grange, pour essayer d’avoir un peu moins l’air d’une sangsue à leurs yeux.
Ils étaient tous gentils et chaleureux, l’avaient tous recueillis et promis qu’il pouvait rester, mais il ne pouvait pas s’empêcher d’être un alien. Il fuyait les discussions parce qu’il refusait d’avoir un avis, tentait de son coté, bien enfoncé dans la forêt, de trouver comment remédier aux problèmes de sécurité d’un si grand périmètre. Pour l’instant il n’arrivait à rien, alors il préférait juste se la fermer.
Les gens n’avaient pas besoin de lui, sinon pour mettre la table, il n’était vraiment là que pour taper dans les réserves et occuper un lit. Ca le faisait chier, il aurait autant aimé hiberner dans une caverne bien éloignée mais craignait que rester enfermé dans sa chambre toute la journée ne soit encore plus mal vu.

Il lui tardait la venue du printemps, prendre la route de Brinnon, puis de Seattle et de là… il ne savait même pas. La ville était gigantesque, même titanesque, si son père y était arrivé, si il était encore vie, si il arrivait à le trouver, même là, que se passerait-il ? Il allait le suivre, mais pour faire quoi ? Probablement rejoindre un autre groupe, squatter comme un rat, juste parce que le même sang coulait dans leurs veines. Ils n’étaient que des étrangers sans la moindre trace de complicité, alors même s’ils se retrouvaient, ils n’auraient probablement rien à partager. Le souvenir de sa mère à la limite, une femme que son père haïssait.

Il avait fini de s’occuper de Roxanne, de Géraldine, des poules et de nettoyer la grange. Il n’avait plus de corvée, presque tout le monde était sorti, le rez-de-chaussée était vide. Il avait tenté de lire un livre pour pallier à son ennui morbide, rien n’y faisait. Il s’était juste étalé sur le canapé à contempler le mur et finalement, sans s’en rendre compte, s’était endormi.


Revenir en haut Aller en bas
Morgan R. Cole
bras droit | American Dream
Modératrice
avatar
Date d'inscription : 28/10/2016
Messages : 6716
Age IRL : 27
MessageSujet: Re: No pain no treatment   Lun 5 Déc 2016 - 12:07

La châtain était finalement arrivée à la ferme courant décembre, dans les premier jour de ce mois là. Au début elle avait refusé l'invitation du vieil Alair, mais après tout, il l'avait aidé au store, et elle aussi en retour. Ils s'en étaient pas trop mal sortis d'ailleurs. Un peu ébranlé mais sur leurs jambes.
Ca avait une rencontre étrange mais pas si déplaisante, enfin; Morgan n'arrivait pas vraiment à décrire ce qu'elle avait ressenti, mais une chose est sûre c'est qu'elle avait refusé l'invitation du fermier avec une certaine conviction. Elle ne voulait pas se retrouver dans une communauté où on abuserait de sa façon de faire, et qu'ensuite on la dépouille comme une si elle ne valait rien et qu'on la laisse aux charognes qui approchent. Même un an après cet événement restait gravé et encré en elle comme une marque au fer rouge sur la peau. Ce genre de chose ça fait mal toute la vie surtout quand ça touche mentalement, qu'on est encore un peu naïf qu'on a encore foi en l'humanité.
Aujourd'hui elle n'accorde pas sa confiance facilement, pointer le canon de son arme sur une personne est tellement plus simple. Etre dans la défense tout en restant dans l'agression est devenu son moyen de survivre. Même sa compagne de malheur ne sait pourquoi la demoiselle est ainsi. C'est son secret. Elle ne dira jamais vraiment à personne les détails de l'an dernier.

Une fois sortie du général Store; le vieil homme lui avait tout de même expliqué comment venir dans sa ferme. Vraiment cet homme avait encore des valeurs, et foi en l'humain, mais pour elle c'était étrange. Trop d'attention d'un coup cachait forcément quelque chose. Elle était donc repartie avec son sac vieillit et sale sur le dos. Elle était repartie comme elle était venue : sur ses gardes, regardant à droite à gauche, Elle était rentrée dans le squat où elle avait passé un temps à essayer de se soigner.
Mais le rhume était déjà là et bien installé, mais avec la fraîcheur, les courants d'air, l'humidité et le fait qu'elle n'ait pas vraiment de vêtements pour survivre à l'hiver les choses avaient vite mal tourné. La toux en premier, les éternuements, le nez qui coule. Ca ce n'était trop rien, et pourtant elle se soignait, elle faisait tout comme il faut. Mais rester sur un matelas défoncé et puant la mort ce n'est jamais très bon, surtout quand on est déjà atteint par les bactéries. Manquerait plus qu'un virus squatte son organisme et ce serait foutu.

Deux jours qu'elle est enrhumée comme pas possible, deux jours qu'elle épuise ce qui peut servir de mouchoir, deux jours qu'elle se soigne sans grande amélioration. Deux jours putain, deux jours où elle ne peut rien faire.

Le troisième jour elle a les yeux gonflés et rouge, ils coulent et ça colle au réveil, manquerait plus qu'une conjonctivite. Quel bordel mes aïeux ! Quel sacré bordel.
Ca faisait longtemps qu'elle n'avait pas été dans cet état et c'était vraiment un truc qu'elle ne supportait pas. Morgan qui d'habitude se bat contre vents et marrées.

Quatrième jour, rien ne s'arrange quelle merde, bordel !
Avec un temps soit peu de réflexion et rangeant son orgueil elle repense à l'invitation d'Alair. Elle soupire peu convaincue, mais sentir venir de façon lancinante les courbatures dans son corps indique que la fièvre ne  va pas tarder à la clouer au lit. September est douée pour la protection, mais Morgan se doit aussi de rester en santé.
C'est donc ainsi qu'elle prévint sa comparse qu'elle allait partir quelques jours pour retrouver la santé au grand air, loin de la pourriture, de la chair en décomposition. Elle donna ainsi à September les indications que le fermier lui avait donné pour la retrouver un jour à la ferme.

Une fois chose faite, bagage prêt elle partie pour la ferme, La route fut longue et elle due réunir ses forces pour ne pas s'arrêter et lutter contre quelques "Adams". Parfois elle avait l'impression d'être comme eux, une pauvre loque en putréfaction à renifler, tousser, se frotter les yeux.
Bordel mes aïeux ! Une vraie loque, une pauvre merde qui traîne la patte. Mais au moins avec une dégaine pareille c'est sur qu'elle ne peut pas avoir d'ennui avec les morts vivants.

Après un voyage qui a semble t'il duré plus longtemps que la normale elle voit enfin la lumière au bout du tunnel. La ferme !  
Elle est arrivée en titubant et s'est approché e la porte, toquant plus que de raison. Épuisée et courbaturée, pour une fois des plus rare Morgan avait laisser tomber son armure, sa carapace et tout ce qui la protège.
Alair l'avait reconnue et avait demandé au géant de la porter dans une chambre. Un lit propre, qui sent bon, douillet et chaud. Au bon dieu, le pied total !  Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas sentie d'aussi bonnes vibrations sur son corps amaigrit et endoloris.
C'est alors que l'on commença à la soigner, le bouillon était bon, les soins étaient doux. Alair était un homme de confiance. Un homme vraiment charmant, très british ça le rendait amusant, avec ses phrases alambiquées de cérémonies pompeuses. Mais c'était chouette.

Morgan profita des quelques jours de soins jusqu'à ce sentir mieux enfin, un peu. Elle se leva difficilement le corps encore bien courbaturé. Ses articulations craquant elle crue être devenue une vieille femme en peu de temps. Elle enfila des vêtements un peu grand mais chaud et décida d'aller voir la maison. Après tout elle ne connaissait que la chambre au papier peint neutre, et au mobilier en bois laqué. La douceur du lit, la chaleur de l'oreiller en plume, et la douce lumière hivernale qui traversait chaque jour la fenêtre.
Une fois vêtue, elle soupira et descendit, faisant un peu grincer le parquet et l'escalier. La maison était grande et douillette, il y avait cette sensation douce et chaleureuse qu'elle avait connu à la Nouvelle Orléans quand elle allait plus jeune chez feu sa grand-mère. Et puis c'était aussi très élégant, très anglais.

Elle fit le tour de l maison, passant par la cuisine, simple et grande. La salle à manger conviviale et en bois.
Lorsqu'elle arriva dans le salon, sa légèreté disparue à la vue d'un type brun au visage efféminé, à la couleur de peau mate. Elle s'approche en douceur, sur la pointe des pieds. Où est Alair ? Où est le géant qu'elle a vu ? C'est qui ce truc là sur le canapé.
Sa carapace revient, son armure se remet et son visage se durcit de nouveau. Encore un type qui veut profiter des autres, les dérober. Elle n'a pas confiance et le voir vautrer ainsi sur le canapé prouve bien qu'il soit un moins que rien, un feignant, un paresseux.

Elle soupire alors et de son regard dur elle fixe l'endormi, avant de sans se gêner et avec force donner un coup de pied dans le canapé et au niveau des genoux de l'inconnu. Elle le regarde, elle veut une place sur le canapé, mais elle ne veut pas être à côté de lui. Et puis y'a plein de choses à faire dans une ferme, et il ne semble pas malade. Il n'a pas le teint terne, les cernes violettes et les yeux rouge comme elle. Et pourtant malgré cette allure, Morgan se sent déjà beaucoup mieux. Elle reste debout, bras croiser, le regard dur, la mâchoire serrée et articule alors de sa voix un peu cassée par la maladie.

"Dégage."

Pas de bonjour, ni d'au revoir. Juste un mot qui peut facilement résumer son humeur en cet instant précis. Mais la demoiselle n'est pas du genre patiente quand elle est fatiguée et malade. Alors elle redonne un coup dans les tibias, histoire de le faire bouger plus vite.


Rock'n'roll is dead
Just like mama said. I'm not good at making friend. But I shot you down well.
©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Neil Berry
American Dream
avatar
Date d'inscription : 06/10/2016
Messages : 2023
Age IRL : 22
MessageSujet: Re: No pain no treatment   Lun 5 Déc 2016 - 14:11


Pendant un instant, ça ressemblait à sa vie d’avant, dormir pour passer le temps, pas parce qu’il s’écroulait dans un coin mais juste parce qu’il en avait envie. Ici il pouvait, les résidents ne viendraient pas le déranger. Il courrait un peu moins après la bouffe, pouvait espérer se détendre sans qu’on lui foute une baffe ou qu’un mort se jette soudainement contre les vitres. La vie était tranquille, pas dénuée de tous dangers mais quand même, l’amélioration était plus que nette.
Il dormait à poings fermés sur son canapé, il avait toujours eu le sommeil lourd. Le réveil n’était que plus brutal.

Sursautant surtout, il se redressait sur le coude et levait les yeux vers la femme. C’était la malade. Ça se voit sur sa face et pourtant elle a des allures de gardien de prison. Pas plus réveillé que contenancé, il la fixe comme un débile profond, plus franchement habitué à ce traitement. Son ordre est clair mais il ouvre la bouche une seconde sans trop savoir quoi répondre. Ce temps d’hésitation semble la gaver d’autant plus. Il bouge entre sursaut et totale panique en se faisant fracasser les tibias. Sur ses jambes il s’écarte rapidement. Il ne s’attendait pas à ça. Elle n’avait pas besoin d’en arriver là, il aurait bougé dans tous les cas.

Il s’éloigne rapidement pour rejoindre la cuisine, carrément perturbé. Ici il ne pensait pas que ça arriverait. Cette fille n’est pas comme les autres de la ferme, elle n’a même rien à voir avec leur tact et tranquillité. Neil va se coller à la table, faute de mieux à faire, sinon regarder par la fenêtre. De loin il jette un œil discret, elle s’écroule juste sur le canapé. Tout ça pour ça.
Tendu à nouveau, il ne sait même pas quoi foutre maintenant qu’il est debout. Il aurait bien rangé son bouquin mais il faudrait à nouveau passer près d’elle. Finalement s’enfermer dans sa chambre est peut-être une option, jusqu’à ce qu’elle parte au moins, qu’elle soit loin.

Il jalouse un peu les chaises qui ont une utilité, zieute autour de lui à la recherche de quelque chose qui lui donnerait un sens et tombe sur une bouteille d’eau. Il hésite quand même. Il n’a aucune envie de l’approcher. Elle lui fait penser à ces types qui ont repris son premier groupe, incapables de ménagement ou de demi-mesure. Avant un mois ils tiraient juste sur tout et n’importe qui qui ne leur plaisait pas.
Cette fille était un danger pour la ferme. Là elle était malade, fatiguée, et elle arrivait quand même à le faire flipper. Quand elle irait mieux, qu’elle remettrait la main sur ses armes, elle n’aurait qu’à prendre Alair en otage et tout le monde plierait. Peut-être même qu’elle avait des collègues qui attendaient, juste qu’elle soit rétablie, soignée par un autre et ensuite ils viendraient. La possibilité le terrifiait. Avant qu’elle soit sur pieds, il devrait se tirer. C’était trop risqué. La bonté des gens ici allait tous les faire tuer, il refusait d’y être mêlé, de recommencer.


Revenir en haut Aller en bas
Morgan R. Cole
bras droit | American Dream
Modératrice
avatar
Date d'inscription : 28/10/2016
Messages : 6716
Age IRL : 27
MessageSujet: Re: No pain no treatment   Jeu 8 Déc 2016 - 22:10

Le truc bouge, il la regarde vraiment stupéfait mais elle reste impassible devant son regard incrédule et décontenancé. Qu'est-ce que ça peut lui faire de toute façon ? Rien.
Elle a envie de prendre place sur le canapé, même si elle ne le montre pas, Morgan sent ses jambes faiblir et elles ne vont pas tarder à trahir son état lamentable. Elle tousse en mettant son coude devant sa bouche et s'écroule sur le canapé. Elle a froid, elle sent le bout de ses doigts se geler doucement, alors elle tire sur les manches du pull trop grand, mais il découvre ses épaules, alors elle remet le tissu chaud sur ses épaules fines, et cache ses mains dans les manches. Seule solution.

Elle regarde un peu dans le vide, se demandant où est Alair, pourquoi la maison est si calme.
Du bruit, une table qu'on tire et qui frotte le parquet. Lentement elle tourne son visage pâlot vers la salle à manger et se met à regarder longuement l'individu. Elle n'est pas sotte, mais juste sur la défensive, ce qui la rend quelque peu violente à l'égard des autres.
Morgan reste à le fixer ainsi de longues secondes qui deviennent peu à peu des minutes.
Au bout d'un moment elle sent sa gorge la gratter, alors elle se la racle, mais une quinte de toux grasse vient piquer sa gorge. Elle tousse, elle ne cesse de tousser à en chercher sa respiration. Le regard grand ouvert, elle tousse encore et encore, cherchant à reprendre sa respiration, à faire entrer un peu d'oxygène dans son faible organisme.

Quelle merde ! L'an passé elle avait eut une petit rhume, mais il est  vrai que passer sa vie dehors à squatter divers endroits pas très sain, met souvent l'organisme et ses défenses en action. Et parfois trop c'est trop. C'est sûrement ce qui arrive. Elle savait qu'elle pouvait trouver un peu de chaleur, un refuge pour quelques jours en ce lieu de calme, de repos, de réconfort, en cette maison chaleureuse.

Retrouvant enfin des couleurs, revenant du moins à sa couleur pâle, elle reprend sa respirations de façon saccadée. La toux lui a fait mal mais c'est ainsi, elle a cru qu'au bout d'un moment elle verrait ses poumons sortir de sa bouche, tomber au sol et ramper en faisant "couic-couic" sur le sol; laissant une traînée sanglante et visqueuse de son passage.
A cette pensée elle eut envie de sourire, mais rien ne se dessina sur son visage, tout rester à l'intérieur, ancré bien a fond. Ne pas montrer ses sentiments, sa faiblesse. Ici c'est désormais la loi du plus fort. Mais il faut aussi reconnaître ses moments de faiblesses, et là, elle est en plein dedans. Elle se sent tellement misérable qu'elle fait tout pour ne pas qu'on l'approche, comme quand elle se balade dans la nature.

C'est alors qu'elle reporte son regard sur l'étranger et l'observe, il a l'air niais, faible et étrange. Comme s'il se demandait ce qu'il foutait là. La châtain croise alors son regard et voit dans ce dernier le dédain et la méfiance qu'il a à son égard. C'est compréhensible, elle l'a réveillé avec violence et méfiance. Morgan soupire et continue de le regarder, soutenant son regard.
Le silence dure, il devient presque pesant dans cette grande double pièce, c'est désagréable. Mais étant dans un un sale état elle rompt ce silence désagréable.

"Pourquoi t'es là ?"

Une simple question, elle se force à ne pas être agressive, à prendre un ton calme, et peu menaçant. Elle essaye, c'est difficile mais elle essaye.
La demoiselle abîmée par la dure loi de la nature observe l'inconnu  et se frotte doucement les yeux. La conjonctivite est presque terminée, mais ses yeux la piquent et la grattent encore. C'est désagréable surtout quand on souhaite continuer de regarder quelqu'un. Quelqu'un en qui on n'a pas confiance, qui pourrait nous attaquer sans crier gare. Mais elle ne le croit pas vraiment capable de ça, il lui avait parut si apeuré et chétif quand elle avait fait preuve de violence avec lui. Il est faible, comment a t'il fat pour survivre jusqu'ici !?
Ce doit être le genre de type qui se sert des autres pour le protéger, une pauvre petite chose faiblarde ne mérite pas sa place ici. Et puis à la ferme tout le monde travaille, certes pas elle mais elle a de circonstances faisant que ça ne lui en ait pas possible pour l'instant. Mais une fois sur pieds, pour remercier Alair elle l'aidera avant de reprendre la route pour se rendre à Seattle. Mais lui là, il se permettait de pioncer sur le divan, quelle grosse feignasse ! Vraiment les types comme ça elle ne les ai me pas. Elle a une irrésistible envie de leur rentrer dans le chou, de les engueuler, de les frapper pour leur montrer qu'il faut se défendre pour survivre dans ce monde pourri.

Son regard est presque méprisant envers le type, elle ne le connaît pas mais elle se permet de juger de ce qu'elle voit, et alors ? Tout le monde fait ça, tout le monde l'a toujours fait, mais encore faut-il accepter de se l'avouer. Et Morgan l'a accepté depuis bien longtemps, mais ça, c'est une autre histoire. En attendant elle le jauge de ses yeux noisette patientant sa réponse en gardant son calme.


Rock'n'roll is dead
Just like mama said. I'm not good at making friend. But I shot you down well.
©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Neil Berry
American Dream
avatar
Date d'inscription : 06/10/2016
Messages : 2023
Age IRL : 22
MessageSujet: Re: No pain no treatment   Jeu 8 Déc 2016 - 23:09


A l’entendre tousser, il se demande un moment si elle ne va pas tout simplement claquer. Ça serait con quand même, surtout en étant le seul témoin. Même si elle était vraiment en train de crever, il ne saurait pas quoi faire pour l’aider. Il ne peut pas non plus la laisser seule, même s’il préférerait juste s’éloigner. Faute de mieux il l’écoute patiemment s’étrangler.

Finalement elle respire. Joie.

Neil lui porte un regard, voir si elle a l’air de s’être assagie. Il la fixe, elle le fixe, en chiens de faïence ils pourraient y passer la journée. Il savait bien jouer à ça quand il était petit, sa mère finissait toujours par plier parce qu’il était le plus borné. Cette fille-là n’est faible qu’aujourd’hui, demain peut-être elle sera en possession de plus de moyens que lui. Pour cet après-midi ça va, elle arrive à peine à respirer, à ne pas grelotter, probablement que là tout de suite, elle ne saurait même pas remonter.
L’atmosphère ressemble à celle avant la pluie, un poil électrique.

La question pique, son visage reste stoïque.
Il ne sait pas pourquoi il est là, ni dans la ferme, ni juste en vie. La chance probablement, même certainement. Des gens taillés pour la survie, il en meurt tous les jours dans ce monde, le talent n’a rien à voir avec ça. Suffit d’une mauvaise passe ou d’un coup de chance, et tout ou rien peut se passer. Il est tombé sur Alair en premier, alors il est resté. Il aurait ne serait-ce qu’entraperçu Bobby, il n’aurait même jamais franchi ce portail.

Il se décolle de la table en prenant la bouteille, traverse le salon.

Il pourrait, devrait sans doute l’ignorer, mais pour une raison ou une autre il n’arrive pas à se raisonner. « Pour l’hiver. Mon cheval est blessé. » Voix sèche et le visage fermé, il passe à côté d’elle pour lui lancer la flotte sur le bide. Il aurait pu être plus prévenant mais veut garder ses distances. Cette fille ne l’approchera plus à moins de deux mètres, même s’il doit bouffer sous la pluie pour ça, il le fera. Probablement qu’il foutra une commode devant sa porte avant de dormir.
Elle est de ces types qui pensent avoir une valeur particulière, sur une échelle qu’ils ont eux-mêmes inventés. Ça n’a rien de logique ou de pragmatique, ça sort juste d’un égo surdimensionné et d’une peur farouche de n’avoir rien d’autre à quoi se raccrocher. Il ne va pas gueuler sur une malade, à vrai dire les gens comme ça lui font un peu pitié. Ce sont des connards, et c’est vraiment tout ce qu’il y a à noter. Il refuse de parler avec les gens butés.

S’accroupissant près de la cheminée, il choppe le tisonnier.
Elle n’a rien pour l’attaquer, sinon une bouteille en plastique à jeter. Si elle bouge il l’entendra et c’est lui qui a un mètre de métal à la main. Qu’elle tente sa chance la catin, il l’attend. Il ne peut pas passer sa vie à fuir, pour aujourd’hui au moins, il est en position de force. Elle peut râler, même hurler, rien n’y fera, il a autant le droit qu’elle de squatter ici, au moins lui ne pille pas le placard de pharmacie.
Il remue un peu les braises avant de reposer une buche. La chaleur lui attaque un peu la face mais ce n’est pas désagréable. Il reste juste silencieux comme ça, près du feu. Les flammes reprennent mais il ne bouge pas, malgré l’air mou il est sur ses gardes. L’autre pute serait capable de lui cracher à la gueule juste pour le rendre malade.

Au moins il n’est plus déprimé, il est de mauvais poil.



Revenir en haut Aller en bas
Morgan R. Cole
bras droit | American Dream
Modératrice
avatar
Date d'inscription : 28/10/2016
Messages : 6716
Age IRL : 27
MessageSujet: Re: No pain no treatment   Mar 13 Déc 2016 - 13:48

L'ambiance est pesante, lourde comme avant un orage ou une tempête en plein été. Elle respire mal, elle a l'impression d'être comme Dark Vador. C'est fatiguant d'avoir une respiration qui tire vers l'asthme.
Les yeux rougis par la maladie, elle le regarde longuement et l'écoute. Un cheval blessé. Mh, pauvre animal, il a du en baver. Elle est un peu plus peiné pour l'animal que pour l'humain, comme si l'humain ne méritait pas vraiment sa place ici au final. Durant une année elle avait bien pu y penser, y réfléchir, changer de point de vue maintes fois. Et aujourd'hui elle parvenait à ressentir plus de peine pour un animal que pour un humain.
Les Hommes sont vils, calculateurs, manipulateurs. Ils profitent des autres, de leurs faiblesses. Désormais c'est la loi du plus fort et que les autres aillent se faire foutre. Elle le sait bien, trop bien même, et l'a rapidement sut à ses dépends.

Ce souvenir rapide la fait frisonner et froncer les sourcils. Maintenant elle ne se laissera plus faire, plus manipuler. Plus rien de tout cela. C'est elle qui jouera avec ceux qui font les malins mais elle respectera tout de même les gens qui lui sont venus en aide. Ceux là, elle ne leur fera rien, car même si on est devenu comme elle avec le temps il faut savoir fare la part des choses. Les concessions peuvent vous sauver. Cela n'indique pas que vous êtes faible, loin de là. Cela prouve votre intelligence. Il montre que vous êtes apte à survivre dans cet enfer puant la violence, la décomposition, le profit.
Certes elle profite de l'accueil chaleureux d'Alair et de ses bons soins, mais à dire vrai il lui semble qu'elle en a besoin. La grippe l'a fortement touché, elle ne pensait pas avoir une telle chose un jour. Mais il est vrai qu'en vivant dehors constamment et en ne squattant que des baraques désaffectées, des lieux pourris, en faisant le ménage des "Adams" avant de se reposer, son système immunitaire a prit un sérieux coup sur la tête.

Morgan n'est pas du genre à se laisser faiblir, loin de là, elle s'est forgé un caractère bien à elle, qui font que les gens la méprise, mais elle le leur rend bien. C'est ainsi. Après on l'apprécie ou on ne l'apprécie pas, elle n'en a que faire. Car de son côté elle n'aime pas grand monde et méprise les autres sans aucuns problèmes.
Quand elle reçoit alors la bouteille d'eau sur le ventre elle grimace de douleur, son corps est endoloris, pleins de courbatures et elle fixe l'énergumène avec mépris et colère. Mais d'un côté elle l'a bien frappé il n'y a pas cinq minutes. Alors c'est un bon retour de bâton, mais tout de même. Elle n'aime pas vraiment ça.

Tout en regardant la bouteille d'eau elle l'entend bricoler le bois, et le feu repartir doucement en faisant crépiter les bûches et rougir les cendres chaudes. Un feu. C'est beau le feu, c'est majestueux, tempétueux aussi, et dévastateur. Tout comme l'eau, même si ces deux éléments s'opposent parfaitement, tous deux font de grands dégâts.
Elle redresse alors le visage sur l"inconnu et fixe son dos, elle le regarde attendant de voir ses gestes, d'entendre ses paroles. Elle est sur le qui-vive prête à se défendre malgré la grippe. Prête aussi à agresser et à être violente si besoin est. La tension dans la pièce est à son comble, on y verrait presque des petits éclairs d'électricité clignoter autour d'eux.
C'est l'amour fou au premier regard, Morgan sait déjà rien qu'en l'ayant vu allonger comme une merde sur le canapé qu'elle n'apprécierait pas cet homme, elle le détesterait même. Car savoir que les autres travaillent dans la ferme tandis que ce malotru pionce ne lui ai pas supportable.
Elle a du brun une bien piètre vision, et vu sa façon qu'il a de lui causer, de lui jeter la bouteille, ce sentiment d'animosité est parfaitement réciproque.

L'animosité, c'est en effet ce genre d'air qui plane depuis qu'elle est entrée dans le salon, depuis qu'elle l'a frappé sans aucunes raisons vraiment valable, pour prendre sa place. Mais après tout, entre eux, c'est bien elle qui peut le dominer rapidement, même s'il tient un tisonnier, elle pourrait se défendre, du moins si ses poumons ne décident pas de s'échapper de sa cage thoracique.
Le silence est pesant, on entend juste le feu qui danse dans l'âtre de la cheminée. Morgan a le visage fermé, les yeux rivés sur le type à la peau mate, elle attend, comme un chasseur guettant sa proie. Elle patiente, en silence. Silence, observation, tension, défense, violence. Tout est prêt en elle, prêt à éclaté au moindre mouvement suspect, à la moindre phrase qui ne lui plaît pas. Elle attend juste le bon moment.


Rock'n'roll is dead
Just like mama said. I'm not good at making friend. But I shot you down well.
©️ by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
MessageSujet: Re: No pain no treatment   Mer 14 Déc 2016 - 21:01

La ferme a bien changé ces derniers temps. Si mon amie était toujours là, elle verrait d'un mauvais œil l'arrivée de non pas une, mais deux nouvelles personnes. Elle aurait exposé son opinion de manière franche et sans doute un peu agressivement. Si sur la forme je n'aurais pas été d'accord avec elle, sur le fond, j'aurais peut-être rejoint ses opinions. Oui l'ombre de Malou planait toujours sur la fermette. Les envies suicidaires de Robert se sont dissipées. Je sens bien que l'homme n'est plus heureux. Il vit parce que c'est ce que son amour lui a dit dans son dernier souffle. Vivre pour eux deux. Le pauvre homme, déjà pas vraiment gâté par la nature, venait en plus de subir un coup du destin tout ce qu'il y de plus tragique. On avait tous essayé de lui remonter le moral. Je crois que les mots de Charlie lui ont apporté le réconfort nécessaire. Cela avait été dur après l'envol de notre petit ange. Je n'ai jamais caché avoir eu un petit coup de blues. Mais j'ai une femme à coté. Une épaule sur laquelle j'ai pu poser la tête. Une oreille à qui je peux me confier. Charlie m'apporte beaucoup de calme et de sérénité. Je sais qu'elles ne s'entendaient pas plus que cela elle et Malou. Mais elle n'en fut pas moins peinée de nous voir arrivés ce jour là, le corps sans vie de la jeune femme dans les bras de son Nounours. Si Charlie avait été un tant soit peu triste, c'était sans doute par compassion envers moi-même, mais surtout envers Robert. Elle avait aidé le géant à s'en remettre. Et lorsque Robert allait mieux, c'est tout le groupe qui allait mieux.

Charlie demeurait la seule femme du groupe. Jusqu'au jour où une demoiselle a débarqué. Elle était mal en point. Alair lui avait expliqué la route pour venir jusqu'à nous. Je pensais pourtant que l'on s'était mis d'accord sur le fait de n'amener personne ici. Et c'est ce à quoi je faisais allusion. Si Malou avait été là, elle aurait gueulé. Surtout que la femme n'était pas des plus joyeuses qui soit. L'atmosphère aurait été électrique entre les deux. Bien pire que la relation Charlie-Malou à ses débuts. Elle passait toutes ses journées dans la chambre. Malade. Dangereusement malade par les temps qui court. Je m'étais montré accueillant et sympa aux premiers abords. Et je pense parfois que Morgan, c'est son nom, faisait des efforts pour ne pas se montrer trop agressive envers moi. Il n'aurait manqué que ça … Nous lui offrons un endroit chaud, des repas, un lit confortable, une présence sympathique et bienveillante. Tout ce que nous demandons est un peu de reconnaissance. Aujourd'hui je regrette tout de même un peu d'en avoir voulu à Alair. C'est un gentleman, un homme au grand cœur, il ne pensait pas à mal. Et même si cette femme possède son caractère, elle ne représente pas une menace. Je me vois quand même mal lui dire de partir de chez nous. Surtout qu'elle connaît l'adresse maintenant. La seule façon pour moi de souhaiter le départ de Morgan serait que Charlie s'oppose formellement au fait que la nouvelle rouquine reste. Mais Charlie n'est pas vraiment comme ça. Et si elle est méfiante, c'est parce qu'elle est en droit de l'être. Je lui ai promis que je nous protégerai. A ma belle, mais aussi et surtout à Malou avant qu'elle ne nous quitte. Je compte bien tenir cette promesse.

Et comme une « bonne » nouvelle n'arrive jamais seule, nous avons eu le plaisir d'accueillir une deuxième personne. Un homme cette fois. Il avait débarqué par hasard avec sa monture. Il avait l'air plus sympathique que Morgan. Mais j'ai l'impression qu'il reste sur la défensive. Qu'il se méfie comme nous l'avions fait les premières minutes en entrant chez Alair. Peut-être qu'il ne se sent pas à sa place. Sans doute parce que moi aussi je me méfie un peu. On ne sait jamais trop sur qui on peut tomber. Un éclaireur d'une troupe de pillards. Parfois je me dis que c'est bête de penser de la sorte. Parfois je me dis que j'ai raison. Nous sommes ici dans un coin de terre assez tranquille. Il ne faudrait pas que quelque chose, ou quelqu'un, vienne troubler davantage notre équilibre et notre relatif bien-être. Peut-être qu'avec le temps, les choses s'arrangeront. Peut-être que Morgan et Neil, le prénom du dernier arrivé, feront véritablement parti de notre groupe. Des Anges. Ils ont encore l'esprit trop individualiste je crois. Mais lorsqu'ils laisseront peu à peu tomber leur carapace, ils verront que nous ne leur voulons que du bien. Et que s'ils font des efforts, s'ils le souhaitent, ils pourront se considérer  comme membre à part entière de notre petit groupe.

Ces rencontres ont quelque peu chamboulé notre quotidien. Mais on essaye de reprendre notre rythme et de s'habituer. J'ai passé un bout de la matinée avec Gary dans les bois. Soit pour exterminer l'un ou l'autre monstre qui passait par là. Soit pour essayer de voir s'il n'y avait pas un petit lapin qui pourrait nous remplir l'estomac ce soir. Chou blanc et blanc chou. Quelle surprise … Je décide donc de rentrer. J'ouvre la porte. Siffle et appelle notre fidèle compagnon. Gary ! Allez viens ! L'hiver approche à grand pas et cela se sent. Il fait très frais le matin. Pas vraiment mieux en journée. Une chance qu'on ai des tonnes et des tonnes de bois pour nous chauffer. On avait fait un bon stock avec Robert. Couper des troncs avait été moyen pour lui de passer ses nerfs. D'être légèrement occupé plutôt que de ruminer la perte de l'être chère. J'enlève mes chaussures pour ne pas salir la maison. Ote mon blouson pour être un peu plus à l'aise. Je passe devant le salon. J'aperçois Neil devant le feu. Et … Morgan ! Qui visiblement a quitté sa chambre. Une excellente nouvelle je suppose ! Evidemment je pars les saluer. Bonjour vous deux ! Je vois que avez fait connaissance. Tu as finalement décidé de descendre Morgan ! Une très bonne chose. Elle ne pouvait rester indéfiniment alitée. Elle reprend des forces. Et j'espère que cela jouera sur son moral et sur son … mauvais caractère. Je sens alors Gary venir passer la tête sous ma main. Curieux de voir la jeune femme sans doute. Je regarde Morgan, puis notre brave bête, puis Morgan. Je crois que vous n'avez pas vraiment été présentés tous les deux ? Gary. Le chien de Charlie. Devenu un peu le chien de tout le monde maintenant. Je ne l'ai pas de suite senti mais j'ai comme l'impression que l'ambiance n'est pas à la joie. Une atmosphère somme toute tendue. Si je dois deviner, je dirais que Morgan n'est pas innocente à la situation. Je regarde alors Neil se tenant près du feu. Fronce légèrement les sourcils. Tout va bien ?
Revenir en haut Aller en bas
 
No pain no treatment
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» une recette bonne et pas chere...le pain de viande
» LOU PAN GROUMAND (pain gourmand)
» Crise du Pain !!!!
» No pain in your future. [Pv Sip]
» La Cascade de Pain : Illustration

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives RP :: RP Terminés-
Sauter vers: