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 It's been a long dream

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Rowen Defreine
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Sam 19 Nov 2016 - 23:30


Il la sentit se crisper, alors il raffermit tendrement sa prise sur ses doigts ivoirins. Son léger sourire était bon signe : elle ne mentirait pas. La Rosaleen qu'il connaissait serait incapable de déformer la vérité avec cette expression, pas avec lui en tout cas. Rowen n’eut pas besoin de détails pour comprendre le choc qu’avait dû être ce soulèvement : la violence, il l’avait vue de ses propres yeux dehors. Brute, sauvage. Les morts déchiquetaient les vivants, et les survivants pillaient leurs semblables. A nouveau, rien que d’imaginer sa meilleure amie prise dans le chaos d’une foule en révolution l’horrifia. Il donnerait n’importe quoi pour avoir pu être là. Elle avait survécu, certes, mais à quel prix ?

Au moins, ça expliquait certaines choses. L’origine militaire permettait de comprendre comme un gymnase avait pu se transformer en lieu aussi sûr. L’illustrateur ne connaissait pas encore les locataires, mais il avait un bon pressentiment. On l’avait accueilli, on lui permettait de discuter avec la soigneuse, on lui offrait gîte et couverts… tout ça en échange de quoi ? Rendre les armes, participer aux tâches communes, montrer patte blanche. C’était un marché honnête. Compte tenue de l’époque, c’était même le marché le plus honnête imaginable.

Le récit de Rosaleen fut court. Est-ce que son année pouvait se résumer à un soulèvement, des rencontres et trois sorties ? Il en doutait un peu, mais ne dit rien. Il ne laissa rien paraître non plus, se contentant de répondre à son sourire. La main de la jeune femme s’était encore resserrée sur la sienne, c’était un indice suffisant. Il y avait quelque chose. Un épisode qui avait brûlé ses ailes, meurtrie sa foi peut-être, mais il n’insisterait pas. Rowen n’estimait pas nécessaire de brusquer les choses. Pour l’instant, il « ressentait » qu’un secret la rongeait, et c’était suffisant. Un jour, il saurait, et la guiderait hors des ténèbres. Un jour.

- Je pense vraiment que ce n’était pas un hasard, confirma-t-il en hochant la tête, on « devait » se retrouver… comme on « devait » se rencontrer à l’époque.

Puisqu’il croyait en la réincarnation des âmes, l’illustrateur était persuadé que son lien avec la rouquine n’était pas anodin. Les plus puristes disaient que ça n’avait pas de sens, parce qu’à la mort d’un corps – et donc de la personnalité qui l’habitait – nous sommes débarrassés de nos enveloppes astrale et mentale. Nos émotions, nos pensées, tout ce qui nous définissait durant notre vie charnelle s’estompe, pour que seule subsiste notre existence causale – notre essence divine, notre « âme ». Cette lumière originelle qui nous définit n’aurait alors plus aucun lien avec les personnes que l’on avait été de notre vivant. L’aîné Defreine toutefois, croyait qu’il restait toujours quelque chose. Une sorte d’écho ; une énergie qui continuait à se répercuter éternellement, mais si faible qu’il était pratiquement impossible de la ressentir d’une vie à l’autre. Voilà où ils en étaient, lui et Rosaleen. Deux âmes qui s’étaient déjà croisées dans un passé révolu, dont les échos influaient sur leurs expériences présentes.

Il y avait encore des tas de choses que l’illustrateur voulait aborder : pourquoi sortait-elle si peu ? Avait-elle retrouvé des gens de l’extérieur ici ? Comment occupait-elle ses journées ? …avait-elle pu s’autoriser à avoir quelqu’un dans sa vie ? Il ne savait pas comment appréhender la vie des gens dans un tel camp, et de toute façon, il avait l’impression que chaque interrogation risquait d’ouvrir la porte vers un sujet qu’elle ne voulait pas aborder. Il se contenta alors d’affirmer, la regarda droit dans les yeux :

- Je suis content que tu sois sortie aujourd’hui. Tu m’as sauvé la vie.

Et il était sincère. April aurait peut-être pu survivre à un autre hiver dehors, mais pas lui. Il demeurait trop rêveur, pas assez endurci. D’ailleurs, en parlant de la quarantenaire, voilà qu’elle frappait discrètement à l’entrée de la chambre de la soigneuse. Elle avait l’air un peu froide mais Rowen savait reconnaître dans son regard qu’elle n’avait pas été si détendue depuis le début du chaos. La commissure de ses lèvres eut même l’air d’esquisser un sourire.

- Tu devrais venir voir où on va dormir. C’est…, elle ne finit pas sa phrase, il avait compris, et il y a de quoi se laver aussi.

Si en plus il pouvait faire un petit éclaircissement dans sa barbe et ses cheveux, ce serait le paradis. Retardant le plus possible le moment où il devrait lâcher les mains de Rosaleen, l’illustrateur lui proposa avec une soudaine fébrilité, comme si elle pouvait refuser :

- On se retrouve plus tard ?



   
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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Dim 20 Nov 2016 - 16:40


''It's been a long dream''
ft. Rowen





Rowen écoutait sans mot dire les paroles de la rousse. Une fois qu’elle eut terminé, elle se retrouva partagée entre le soulagement qu’il ne lui en demandes pas d’avantage, et la culpabilité de ne pas tout lui raconter. Elle savait pertinemment qu’il devait percevoir quelque chose, il était celui qui la connaissait le mieux, il s’était forcément rendu compte que quelque chose en elle avait changé, notamment son énergie. Mais il ne releva pas ce qui la détendit un peu ; bien sûr, la jeune femme savait qu’elle devra lui parler de ce qui était arrivé, mais elle ne s’en sentait pas encore prête. Elle avait toujours craint d’en parler de peur de voir cette pitié dans les yeux des gens, leurs regards sur elle changer, elle craignait encore plus d’avouer cela à son meilleur ami ; le décevoir, voir le dégoût dans ses yeux. Non. Elle ne pourrait pas le supporter.

Ne cessant pas de sourire quoi qu’il était un peu figé, la rousse hocha la tête aux mots du brun. Ils devaient se retrouver. Quelles avaient été les probabilités pour que cela arrive ? Ça revenait à trouver une aiguille dans une botte de foin, et pourtant ils s’étaient retrouvés. Au fond d’elle, la Galloise était persuadée qu’ils se retrouveraient toujours, qu’importe le temps, dans cette vie ou dans une autre. Et elle se rendait compte de la chance qu’elle avait eu de le retrouver là, maintenant. Penchant la tête sur le côté quand il affirmait qu’elle lui avait sauvé la vie, Rosaleen se demanda s’il se rendait seulement compte à quel point lui venait de sauver la sienne ; probablement pas, et peut-être qu’elle-même ne s’était pas encore rendue compte jusqu’à présent à quel point sa vie avait été fade sans celui qu’elle considérait comme une part d’elle.

« Je suis contente moi aussi. »

Souriant à nouveau, la jeune femme sursauta légèrement quand on toqua à la porte. April était là, elle venait chercher Rowen pour lui montrer tout ce qu’elle avait vu, découvrir les lieux. Bien que la rousse n’ait aucunement envie de lâcher son meilleur ami, et encore moins qu’il s’éloigne, elle comprenait qu’ils avaient probablement besoin de discuter de tout cela, de prendre doucement leurs marques ; elle n’allait pas se l’accaparer, bien que la peur de le perdre à nouveau lui serra un peu le ventre mais non, ils étaient en sécurité ici. Il reviendrait.

Quand il reprit la parole, Rosaleen hocha la tête en lui répondant un simple ‘’oui’’ ; bien sûr qu’ils se retrouveraient, elle attendrait, toute la nuit s’il le fallait. Lâchant à contre cœur les mains du brun, la rousse se dirigea instinctivement vers la quarantenaire et l’enlaça rapidement, peut-être un peu plus fort qu’elle ne l’aurait voulu.

« Merci. »

Elle n’ajouta rien d’autre, inutile, son regard était suffisamment expressif quand elle se détacha de la blonde pour que celle-ci comprenne la raison de son remerciement ; merci d’avoir été avec lui tout au long de cette année, de l’avoir aidé, d’avoir été une famille pour lui. Elles auraient tout le temps d’en discuter plus tard, quand le moment serait venu, mais pour le moment les deux nouveaux arrivants avaient surtout besoin de prendre du temps pour eux, se reposer un peu ; comme si quelques heures de repos pouvaient permettre de récupérer d’une année de galère.

Rosaleen les avait alors laissé s’en aller, passant sa main sur le bras du brun en lui adressant un nouveau sourire alors qu’il passait devant elle pour suivre la quarantenaire. Elle se retrouvait alors seule dans sa pièce, sentant instantanément le vide se repropager. Son cœur était toujours gonflé d’un soulagement immense, et elle se sentait un peu plus légère, mais le silence qui régna d’un seul coup dans la pièce avait un côté gênant qui la mit un peu mal à l’aise.

Après quelques heures à tourner en rond, la jeune femme se décida à aller voir Sally, lui demander rapidement dans quelle pièce avaient été mis ses amis afin d’aller voir si tout se passait bien. Elle s’y rendit rapidement avant de ralentir en arrivant devant la porte, hésitant un instant à toquer ; et si elle les dérangeait ? S’ils étaient entrains de se reposer ? Se mordant la lèvre inférieure, elle laissa un instant son poing serré devant la porte, hésitante. C’est à ce moment là que la porte s’ouvrit et qu’elle tomba nez à nez avec Rowen. Elle lui adressa un sourire un peu gêné.

« Ça va ? Vous avez pu vous reposer un peu ? »

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Rowen Defreine
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Dim 20 Nov 2016 - 17:51

Rowen ne put s’empêcher de sourire en voyant l’expression surprise d’April quand Rosaleen l’enlaça. Plus l’habitude. Hormis lorsqu’elle se blottissait contre l’illustrateur pour échapper au froid, à la faim, ou aux cauchemars, la quarantenaire ne connaissait plus rien aux contacts chaleureux. L’air gênée, elle rendit maladroitement son étreinte à la rouquine et bafouilla un « c’est rien » sans oser se confronter à ses yeux. Pas envie d’être considérée comme une héroïne ; elle n’avait rien fait d’autre que se raccrocher à la vie. Machinalement, comme un animal, finissant même par oublier pourquoi.

Un dernier coup d’œil à la soigneuse, savourant le glissement de sa main sur lui, et le brun s’éloigna en laissant l’ancienne chargée de communication lui prendre le bras. La tête posée sur son épaule, sa complice maternelle le guida dans les couloirs que lui avait, un peu plus tôt, présentés Sally. Rowen fut tout simplement époustouflé par ce camp. Des dizaines de personnes survivaient ici, en bonne santé, préservés par des murs solides et des installations fiables. De quoi manger, de quoi se laver, de quoi dormir en paix… ce n’était absolument pas la fin du fléau et pourtant, il avait l’impression d’être tiré d’affaire.

Commençant par les vestiaires, l’illustrateur se décrassa comme jamais depuis longtemps. Déjà, il avait l’impression de retrouver une partie de son humanité. Ses muscles étaient endoloris, sa peau sensible, ses pieds couverts d’ampoules. Une fois propre, il se sentit détendu, rafraîchi, réveillé. Il put mettre trouver une paire de ciseaux pour raccourcir ses cheveux et mettre de l’ordre dans sa barbe. Le voir ainsi illumina le regard fermé d’April, qui l’enlaça passionnément. Elle aussi, était déjà moins crispée, mais il la sentait toujours aussi sauvage. Sans avoir besoin de se consulter, ils savaient que même s’il y avait deux lits de camps dans la salle de classe qui leur servait de chambre, ils se serreraient pour tenir à deux sur le même. Difficile de chasser les habitudes et de toute façon, ils ne pesaient pas bien lourd.

Tous les deux avaient passé de longues heures à parler. Pour la première fois, l'espoir se mêlait à leur discussion. Ce qu’il pourrait faire ici, ce qu’ils pourraient devenir, les gens qu’ils allaient pouvoir connaître, l’aménagement de leur espace, …. En plus de toutes ces choses, planait toujours dans le crâne de Rowen son envie d’avouer ses sentiments à la rouquine. Pas pour la convaincre, ni la persuader, ni quoique ce soit. Juste… pour qu’elle sache. Il ne supporterait pas de la perdre à nouveau, sans qu’elle ne soit au courant. Alors qu’il s’apprêtait à sortir pour la voir, il s’inspecta de la tête aux pieds pour la dixième fois. Pourtant, il n’était pas excessivement coquet, mais rien à faire : même en faisant un effort d’abstraction, ses vêtements étaient dans un état déplorable. Sa chemise en tartan était délavée, élimée et avait perdu deux boutons. Quand à son pantalon noir, il était gris sale, l’extrémité des jambes étaient affreusement effilée et ses genoux se déchiraient.

- Elle te regarde comme le prince charmant qui va la libérer d'une malédiction, taquina April en feignant un air sérieux, je ne pense pas qu’elle s’arrête à ça.
- Oui-mais-hum… non mais c’est pas pour ça, il s’emmêlait complètement, ils sont vraiment abîmés, non ? Je vais trouver autre chose !

Mais force était de constater qu’il n’avait rien de mieux. Dépité, l’illustrateur s’assit sur le lit de camp, son sac à ses pieds, son aînée à sa gauche. Est-ce qu’ils avaient une banque de fringues ici ? Est-ce qu’il y avait une monnaie d’instaurée ? Est-ce-

- Va la voir, aller, le coupa la quarantenaire dans ses pensées.
- Pardon ?
- Tu en meurs d’envie, vas-y. Je vais bien, ne t’en fais pas, assura-t-elle.

C’était vrai, même si la tristesse au fond de ses yeux était indélébile. Rowen hésita, tapota du talon sur le sol, prit sa respiration, et se mit debout. Oui. Aller. Voir Rosaleen ! Ce n’était pas dur : il suffisait de la trouver, la prendre à part, la remercier encore pour l’avoir fait venir, et lui dire qu’il était amoureux d’elle quasiment depuis qu’il se connaissait. Simple. On avait rarement l’occasion de rendre les mots utiles, de dire les bonnes choses au bon moment. Aujourd’hui, c’était le bon jour. Il marcha d’un air résolu vers la porte, non sans rejeter un œil suspicieux sur ses vêtements usés, et ouvrit la porte.

- Oh ! ‘Leen…

Immédiatement, il rougit, l’impression d’être pris la main dans le sac. Un sourire timide fleurit sur son visage, mais il regardait ailleurs : les murs du couloir lui paraissaient soudainement extrêmement passionnants. Où est-ce qu’il en était déjà ? Ah oui. Avouer ses sentiments.

- Oui-oui, euh… reposés, lavés… merci encore pour… tout ça.

Sa gorge était sèche. Il fit un pas à l’extérieur pour s’isoler d’April et ferma la porte dans son dos. Afin d’essayer de reprendre contenance, Rowen frotta son front, pinça l’arête de son nez, passa la main dans ses cheveux, humecta ses lèvres, jeta un œil à ses pieds et, enfin, se plongea dans les yeux de la rouquine. Est-ce qu’il avait remarqué qu’elle était si belle tout à l’heure ? Même ternie, même triste, même blessée, elle était magnifique. Bref, il fallait se lancer.

- ‘Leen, je… euh… je t’… je me demandais si vous aviez une sorte de… réserve de vêtements ici ? Les nôtres sont vraiment abîmés, il eut un petit rire nerveux, et sinon, tu pourrais me dire où je pourrais me rendre utile ? Tu fais quoi toi généralement ? J’ai envie de participer ; de… mériter d’être ici. Tu vois ?

Raté.



   
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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Dim 20 Nov 2016 - 19:50


''It's been a long dream''
ft. Rowen





Souriant un peu plus devant l'air un peu perdu de son ami, la jeune femme se rendit compte qu'il avait pris le temps de se couper un peu les cheveux et la barbe. Il avait meilleure allure comme ça, se ressemblait un peu plus malgré ses traits toujours tirés, mais ça seul le temps permettrait de l'arranger. Elle pencha un peu la tête sur le côté, faisant une petite moue ravie.

« Tant mieux alors. »

La Galloise ne souleva pas son remerciement, pour elle tout ceci était ''normal'', et le fait de ne pas l'accorder aux deux nouveaux arrivants n'était même pas envisageable ; elle savait cependant que le brun était quelqu'un de très reconnaissant et qu'elle n'aurait pas finit de l'entendre la remercier. Mais elle n'attendait rien d'autre de lui qu'il soit là, qu'il reste, de ne plus le voir s'éloigner. Un court instant, la jeune femme eu la crainte qu'ils ne parviennent pas à s'adapter à cet endroit, à se refaire à la vie en communauté ; et s'ils décidaient finalement de reprendre leur route dans quelques temps ? Serrant un peu le poing, elle fit de son mieux pour envoyer valser cette crainte farfelue.

L'observant sortir de la pièce pour refermer la porte de la chambre, Rosaleen remarquait le trouble de son meilleur ami. Est-ce qu'il y avait eu un problème ? Est-ce qu'en effet il avait un mauvais pressentiment quand à cet endroit ? Ne pouvant s'en empêcher, la jeune femme lui adressa un regard un peu inquiet, s'apprêtant à parler quand il prit à son tour la parole. Elle l'écouta, comprenant qu'il avait quelque chose d'important à lui dire et resta un instant interdit quand il parla d'habits. Elle cligna plusieurs fois des yeux à la fin de son récit avant de hocher la tête en souriant.

« Oui vient on va chercher ça. »

Le prenant par le bras, la rousse se mit à marcher lentement dans les couloirs avec l'optique de rejoindre l'endroit où ils avaient mis quelques habits trouvés dehors, ceux dont personne n'avait besoin. Elle reprit, répondant aux interrogations de l'américain.

« J'aide un peu en cuisine et je m'occupe du potager dehors, on l'a fait il y a quelques mois. »

Lui souriant avec une petite fierté flottant dans son regard, elle repensa à ce qu'ils avaient fait. Ce n'était pas grand chose, mais ça leur avait permit d'avoir de beaux légumes pour l'été ; elle culpabilisait un peu de ne pas s'en être occupé pendant de longues semaines, mais elle s'y remettait petit à petit, accompagnée de Tom qui suivait de près les fruits de ses efforts, et d'autres.

« Je te le montrerai si tu veux. Mais vous avez encore le temps avant de vous rendre utile ici, reposez-vous d'abord. »

La Galloise ne doutait pas que ce serait difficile pour eux de rester immobile après tout ce temps dehors, mais ça leur ferait certainement le plus grand bien. Jaden pourrait bien comprendre qu'ils avaient besoin de se reposer un peu, elle ne l'appréciait pas trop au début mais il avait su garder le groupe hors de l'eau et pour tout ce qu'il avait déjà fait elle l'admirait. Ils arrivèrent finalement à la pièce dont elle avait parlé, où se trouvaient les habits.

« Voilà c'est là ! »

Entrant dans la pièce, la jeune femme sourit à son ami, lui signifiant ainsi qu'il n'avait pas à se sentir gêné ni quoi que ce soit. Ils pourraient être ici chez eux, comme tous les autres habitants du lycée. L'observant, elle afficha une petite moue inquiète, triturant à nouveau sans s'en rendre compte les manches de son pull.

« Dis Row... vous n'allez pas partir hein ? Je... je sais que ça doit être difficile pour vous, autant de monde, mais... »

Elle ne termina pas sa phrase, se contentant de hausser les épaules, autant parce-qu'elle ne trouvait pas quoi ajouter sans craindre de mettre la pression au brun, que parce-qu'elle se sentait épuisée de parler tant. Depuis qu'elle était revenue de sa mésaventure, elle n'avait pas autant parlé, signer était bien plus simple, ou écrire, mais elle n'avait pas envie d'inquiéter Rowen en faisant cela, alors elle faisait de son mieux pour prendre pour elle et masquer ce trouble qu'elle ressentait à faire tous ses efforts.

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Rowen Defreine
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Dim 20 Nov 2016 - 21:50

Encore bouleversé par sa tentative avortée de dire ce qu’il avait sur le cœur, Rowen se contenta de laisser sa meilleure amie lui prendre le bras et lui emboîta le pas. Voilà maintenant qu’on allait lui mettre des vêtements à disposition. Si le monde extérieur pouvait correspondre à la description commune de l’Enfer, alors ce lieu était le paradis. Ainsi, ils avaient également un potager ? Ce n’était même pas une vraie surprise qu’il ait été installé avec la participation de la soigneuse. L’illustrateur sentit un élan de fierté l’envahir : elle était une survivante, elle avait sa place dans ce groupe. Il était content pour elle, et espérait pouvoir en faire autant. En tout cas, il ferait de son mieux.

- Bien sûr que je veux le voir, assura-t-il, je pourrais même y aider si tu veux.

La jeune femme avait beau dire qu’il n’était pas obligé de se brusquer, qu’il pouvait se reposer d’abord, il n’avait pas envie de se laisser aller. Oh bien sûr, il avait besoin de reprendre des forces. Il le sentait, son corps était épuisé, son esprit aussi, mais il éprouvait tellement de reconnaissance, pour tous les gens ici, qu’il devait agir.

Arrivé dans la pièce où s’entassait des vêtements inutilisés, Rowen essaya de deviner ce que ça pouvait être avant. Une autre salle de classe ? Une salle des professeurs ? Une pièce informatique ? Tout avait été si bien réaménagé qu’on en oubliait se trouver dans un lycée. Déjà, il s’approchait d’une pile de pantalons, mais la question de Rosaleen le fit se retourner instantanément. Partir ? Pourquoi ? Est-ce qu’il avait dit quelque chose ? Comment pouvait-elle penser ça ?

- Non-non-non, répondit rapidement l’illustrateur, qu’est-ce qui te fait croire que je vais partir ?

Son cœur s’était serré. C’était douloureux de la voir si fragilisée, si triste, et de ne pas pouvoir instantanément la faire aller mieux. Un instant, il chercha ses mots, se demandant ce qui pourrait vraiment la convaincre qu’il était là pour rester – si on voulait bien de lui. Il lui avait déjà promis de toujours être là, mais peut-être pourrait-il lui avouer ? Non. Il n’était plus prêt et était bien incapable de rassembler son courage fasse à ses yeux. Il se dégonflait, comme il s’était dégonflé depuis qu’il avait commencé à vraiment la connaître.

- C’est vraiment dur dehors, tu sais… je pense que personne de sain d’esprit ne voudrait retourner vivre comme on vivait. Et puis… je te l’ai dit, je ne vais plus te laisser. Je t’assure. En fait… je ne veux pas vivre ailleurs qu’avec toi.

Le volume de sa voix était tellement tombé sur la fin de sa réplique que ce n’était pas certain que la rouquine l’ait entendu, mais ce n’était pas bien grave. Suffisamment embarrassé comme ça, Rowen ne comptait pas lui laisser le temps d’analyser sa déclaration. Il attrapa le premier jean qu’il aperçut, plutôt en bon état, et le déplia devant elle pour changer de sujet :

- Tiens, tu penses quoi de celui-ci ? Ah…

Maintenant qu’il le tenait à hauteur de regard, un détail était évident : il était beaucoup trop grand pour lui. Zut.



   
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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Lun 21 Nov 2016 - 15:38


''It's been a long dream''
ft. Rowen





A sa question, Rowen se tourna vivement vers air d'un air à la fois inquiet et plein d'incompréhension. Pourquoi craignait-elle qui partirait alors qu'il lui avait promis qu'il resterait avec elle ? Peut-être parce-qu'elle avait déjà vécu tellement d'épreuves difficiles desquelles elle n'avait toujours pas pu se relever que la disparition de son meilleur ami la mènerait littéralement à une fin contre laquelle elle ne pourrait pas se battre. Très égoïstement, elle priait pour qu'ils ne repartent pas, qu'ils restent ici aussi longtemps que la vie y serait possible. Et encore plus égoïstement, elle savait au plus profond de son être que s'ils s'en allaient, elle quitterait ce lieu et ferait tout pour rester accrocher à lui quitte à mourir là-dehors. Baissant la tête un peu honteuse, elle haussa à nouveau les épaules.

« Je ne sais pas. »

Il y avait pleins de raisons qui pouvaient le pousser à partir, à commencer par l'incapacité potentielle à ne pas s'adapter à ce mode de vie, à cette vie en communauté. Vivre ainsi dans un groupe était un avantage comme un risque, une sorte de grande famille ou chacun était prêt à se donner corps et âme pour la vie d'un autre ; et l'attachement était un risque non négligeable.

La jeune femme s'en voulu de douter ainsi des mots pourtant clairs de son meilleur ami. Jamais il ne lui avait fait une promesse en l'air, jamais il ne l'avait déçue, elle ne pouvait pas se permettre de lui laisser ressentir ses craintes infondées, et encore moins de le laisser entrevoir ce qu'elle cachait au fond d'elle, ce corps sans vie qu'elle était devenue.

Le brun reprit alors la parole, lui expliquant que dehors ce n'était vraiment les vacances, que c'était difficile ; elle comprenait, même si elle n'avait réellement ''vécu'' dehors, elle savait qu'elle ne voulait pas y retourner. Rien que cette simple sortie aujourd'hui l'avait mise dans tous ses états, mais la rousse ne regrettait pas parce-qu'il était là maintenant. L'américain avait terminé sa phrase en parlant de moins en moins fort, forçant la jeune femme à avancer un peu la tête en devenant encore plus attentive comme si ça pouvait lui permettre de comprendre ce qu'il disait. Elle ne parvint cependant pas à tout capter et ouvrit la bouche pour lui demander de répéter quand il agrippa un jean.

Rosaleen connaissait Rowen, elle avait compris qu'il essayait de changer de sujet mais pas réellement pour quelle raison. Et elle n'allait pas insister, pas maintenant. Ils avaient passé un an sans savoir si l'autre était encore en vie, elle n'allait pas déjà commencer à lui casser les pieds pour lui faire cracher ce qu'il semblait garder au fond de lui ; d'autant plus qu'elle n'était pas la plus légitime pour se le permettre.

Regardant avec des yeux ronds les gestes de son ami, déçu d'être tombé sur le mauvais jean, la Galloise secoua la tête d'un air un peu amusé en souriant légèrement, avant de s'approcher à ton tour de la pile d'habits. Elle en prit un, le regarda quelques secondes avant de lui fourrer dans les bras, rapidement suivit d'un pull en coton.

« Ca devrait t'aller, je vais regarder ce que je trouve pour April. »

Et elle fit de même, essayant tant bien que mal de jauger la perte de poids de la quarantenaire et trouver quelque chose de confortable. De toute façon, beaucoup de choses seraient mieux que leurs habits abîmés par le temps, mais ce n'était pas une raison pour prendre n'importe quoi. Fouillant un peu, la rousse sorti un jean bleu foncé, un débardeur gris, et un pull en laine blanc, ainsi que quelques sous-vêtements ; ce n'était pas du grand luxe, mais elle n'avait pas mieux. Penchant la tête sur le côté en faisant une petite moue, elle s'adressa à Rowen.

« Ca lui ira ça tu crois ? »

Au pire, ils pourraient toujours revenir voir tous les deux plus tard, peut-être que la blonde trouverait quelque chose à son goût dans ce bordel. Attendant la réponse de son ami, elle lui sourit doucement.

« On peut aller déposer tout ça et je te montre le potager si tu veux. »

Rosaleen ne voulait pas le forcer, après tout ils avaient tout le temps disponible pour aller traîner dans la cour, mais elle n'avait pas eu d'autre idée sur le moment, et ce qu'ils avaient fait là-dehors était sa petite fierté. Parler de choses simples avec l'américain, des choses de la vie de tous les jours, renouer un peu avec une certaine normalité, il en avait sûrement tout autant besoin qu'elle, si ce n'était plus.

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Rowen Defreine
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Lun 21 Nov 2016 - 18:44

Il était vraiment soulagé qu’elle n’insiste pas. Finalement, ce n’était peut-être pas le moment. Trop rapide, trop tôt, trop brusque. Est-ce que c’était une façon d‘excuser le fait qu’il laissait tomber ce qu’il était si résolu à faire ? Peut-être en partie. Mais en fin de compte… malgré son sourire, son amie avait vraiment l’air troublée. Alors il n’allait pas en rajouter une couche. Ils avaient pu attendre un an, quelques jours ne plus ne feraient pas de mal… n’est-ce pas ? Il bafouilla un « merci » en souriant timidement quand elle lui fourra des fringues propres dans les bras.

Pendant que la rouquine s’en allait fouiller les piles de vêtements pour April, Rowen s’exila à l’autre bout de la pièce pour se changer rapidement. Il était pudique sur les bords et ne pensait sincèrement pas à se montrer en sous-vêtements une demi-journée après avoir retrouvé la soigneuse. D’ailleurs, parlant de caleçon, il en chipa un aussi, avec une paire de chaussettes, parce que ce qu’il portait laissait à désirer. Il fit si vite qu’il manqua plusieurs fois de se casser la figure ; mais au final : tout s’était bien passé. L’illustrateur arborait désormais un jean slim noir et un pull écru en col V. Comparé à ce qu’il avait avant, on le croirait sur son 31.

- Hum-quoi ? demanda-t-il l’air de rien en revenant expressément vers Rosaleen, oui-oui, je pense que ça ira.

Il tenait dans ses bras les fripes qu’il avait l’intention de jeter à la poubelle. Nouveau refuge, nouvelle vie, nouveaux fringues. A la proposition d’aller voir le potager, il avait soulevé les sourcils en hochant vivement la tête, l’air sincèrement intéressé.

- Et bien sûr que je veux voir le potager.

Et comment ! Il avait toujours été passionné par ce que faisait la soigneuse. Pas parce qu’il l’aimait et qu’il était aveuglément subjectif, non, plutôt parce qu’il avait la sensation que quoiqu’elle entreprenne, c’était avec son cœur. C’était quelque chose d’extrêmement intense et important aux yeux de Rowen, car tout ce qu’elle faisait devenait magique. Au sens littéral. Il ressentait la rouquine comme une puissante source d’énergie positive et était persuadé que son intuition ne lui faisait pas défaut.

Pendant qu’ils remontaient voir le quarantenaire pour lui donner ses vêtements, l’illustrateur marchait au moins aussi lentement qu’à l’aller. Il n’était pas pressé de sortir voir les cultures, parce que cela signifiait qu’ils allaient très certainement aller manger ; ensuite ils allaient peut-être veiller, mais viendra l’heure de dormir. Et il ne voulait pas dormir. Dormir, c’était laisser le temps filer sans rien accomplir, sans rien partager. Des minutes et des heures perdues… non. Il ne voulait pas dormir, parce que cette journée unique serait terminée, et celle de demain serait déjà un peu moins extraordinaire.

- Tiens je me demandais… il n’y a personne avec toi dans ta chambre ? Je veux dire… moi et April on a été mis ensemble, ce qui est très bien ! assura-t-il, mais toi, tu es toute seule ?

Rowen s’efforçait de garder un air détaché, pour ne pas dévoiler ce qu’il pensait – espérait – vraiment. A savoir : aurait-ce été possible qu’il emménage avec elle ? Ou pourrait-il le faire plus tard ? En vrai, ce n’était même pas un songe égoïste ou amoureux : la chargée de communication serait la bienvenue et la salle de classe attribuée à Rosaleen serait certainement assez grande pour trois lits de camp. Il avait juste envie qu’ils soient de nouveau proche, qu’ils forment une famille. Mais c’était sans doute idiot… depuis le temps, la soigneuse devait déjà s’être reconstitué un entourage ici. Il était une pièce rapportée, tout simplement.



   
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It's been a long dream

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