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 It's been a long dream

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Rowen Defreine
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Sam 26 Nov 2016 - 11:04

Rowen fut soulagé qu’elle le prenne dans ses bras. A ses yeux, c’était un signe qu’il avait réussi son coup : l’apaiser un peu, la faire sourire, rire, rendre son monde moins terne. Il savoura la chaleur de son corps, la sensation de ses cheveux roux sur sa joue froide, le rythme de sa respiration, son odeur qui raviva un tas de souvenir. A la manière de la madeleine de Proust, il voyait se peindre sur ses paupières closes des scènes de leur passé commun. Se séparant finalement de sa meilleure amie, l’illustrateur adopta un air surpris – mais emballé – quand elle lui proposa d’enterrer la pierre offerte par sa sœur.

- Oh, oui-oui, bien sûr !

Il s’accroupit avec elle dans le coin qu’elle avait choisi et commença à creuser à son tour. La terre était glacée, un peu durci, mais il ne s’en formalisait pas. Plus tôt, il avait eu l’impression que le rapport à la pratique de la soigneuse était un peu ébranlé, alors il était heureux que ce soit elle qui remette le sujet sur la table. Après quelques secondes, il osa finalement lui demander :

- Tu… tu as protégé cet endroit ? Je veux dire, avec tes pierres, ou des incantations, ou un rituel par exemple.

Il lui sourit timidement, croisa brièvement son regard, mais rompit le contact pour ne pas donner l’impression d’insister. Dans l’absolu, ça lui paraissait possible. Quelle autre bonne raison pour que ce camp soit toujours debout, si ce n’était la contribution « magique » de Rosaleen ? Les autres habitants n’auraient même pas besoin d’y croire. Tristement, Rowen songea que c’était quelque chose que sa sœur aurait fait. Disposer des pierres de protection, réciter des formules à des heures précises, ensorceler le lycée, et prier, bien sûr. Tous les jours. Sentant comme le besoin de se justifier, comme s’il parlait avec quelqu’un qui n’avait pas les même convictions que lui, le brun précisa ;

- On a beau se dire que les endroits comme ça tiennent grâce aux barricades et aux fusils… la foi aura toujours son rôle à jouer. On peut croire que les barrières vont tenir, ou pas, précisa-t-il avec un brin de malice, et… l’énergie positive des gens qui croient aura toujours plus de poids que celle, négative, des pessimistes…

C’était l’une de ses plus intenses convictions. La simple force de la foi, sans manipulation, sans rite. C’était l’une des raisons pour lesquels il ne pratiquait pas, comme sa mère ou sa sœur, parce qu’il aimait se fier à ses intuitions, ses prières, aux énergies de pensée. Il y avait bien des témoignages : les gens souffrants – ou mourants – à l’hôpital qui parvenaient à se remettre étaient, statistiquement, plus souvent ceux qui étaient entourés et/ou accompagnés par un groupe de prière. Nul besoin de formules anciennes, de cercle consacré ou de regard tourné vers l’est ; bien que Rowen respectait tout à fait ceux qui avaient besoin de ces mises en scène. L’essentiel se passait de tout ça.

Pendant qu’il parlait, le trou était devenu assez grand. L’illustrateur dut alors se contorsionner un peu pour sortir l’Œil de Tigre de sa poche sans avoir à se relever. Il la regarda longuement, persuadé qu’elle l’avait protégé tout ce temps, ultime relique de sa famille. Puis, doucement, il la tendit à Rosaleen ; elle saurait quoi faire.



   
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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Lun 28 Nov 2016 - 15:51


''It's been a long dream''
ft. Rowen





L'air étonné de Rowen ne passa pas inaperçu aux yeux de la Galloise qui lui adressa un sourire rassurant, ni même cette pointe de joie qui flottait dans le regard du brun ; rien que pour voir cela, elle était prête à faire des efforts, prendre sur elle pour voir un peu d'apaisement sur le visage de son meilleur ami. Il en avait sans aucun doute besoin après tout ce temps passé dehors, ses traits tirés par l'anxiété be le montraient que trop bien.

Occupée à ôter la terre de ses mains, essayant de ne pas penser à la raison qui l'avait poussée à ne plus pratiquer, à ne pas remplacer la Jade de sa grand-mère ; simplement se concentrer sur la raison pour laquelle elle aidait son ami. Parce-que tant qu'elle pourrait voir dans ses yeux clairs l'espoir qu'elle-même n'avait plus, tant qu'elle y décèlerait au fond de son regard cette part de ce qu'ils étaient avant, de ce qu'elle était, elle pourrait continuer à porter sur ses épaules tout ce qui était arrivé.

A la question de son meilleur ami, elle marqua un temps de pause, regardant ses mains terreuses sans réellement les voir. Posant son regard dans le sien, elle espéra néanmoins qu'il ne perçoive pas le trouble potentiel qui y flottait et fut presque soulagée quand il détourna son visage pour se recentrer sur ce qu'ils étaient entrain de faire jusqu'alors. Soupirant doucement, elle lui répondit d'une petite voix.

« Je l'ai fait à mon arrivée oui. »

Elle avait fait au mieux pour que sa voix soit la plus neutre possible, qu'il n'y entende pas ce léger tremblement et tout ce qu'il sous-entendait. Elle avait fait beaucoup de choses invisibles ici, sans même en parler à qui que ce soit. Le soulèvement des civils contre les militaires avait été un premier coup dur à encaisser, altérant un peu la foi qu'elle avait en l'être-humain. Mais elle avait tenu bon, avait continué à pratiquer, aider son entourage du mieux qu'elle pouvait. Jusqu'à ce qu'elle ne sorte en juillet et qu'elle ne soit même plus capable de s'aider elle-même. Heureusement qu'elle avait un entourage attentionné, mais ça ne soignait pas toutes les blessures, ça ne remplaçait pas tout ce qu'elle avait perdue ; seule la présence de Rowen semblait lui donner l'impression de se retrouver un peu.

A la nouvelle affirmation de l'Américain concernant le fait que la foi avait forcément aidé à faire tenir cet endroit aussi longtemps, tout comme la positivité de certains, la jeune femme se contenta de lui adresser un petit sourire. Peut-être qu'il avait raison, peut-être pas, ç'avait simplement pu être un coup de chance... La rousse n'en savait rien, devenue un brin plus égoïste depuis son retour, tout ce qu'elle savait était que ça ne l'avait pas sauvée elle et devoir se faire à cette idée était déjà suffisamment difficile pour qu'elle ne s'encombre pas de se demander pourquoi le lycée était encore sûr.

Alors que Rowen lui tendait sa pierre, elle la prit du bout des doigts avant de la serrer dans sa paume et de fermer les yeux. Un nouveau silence les engloba alors qu'elle faisait de son mieux pour respirer calmement et se concentrer sur sa tâche. Faire cela était presque devenu bizarre, comme si ça venait d'une autre vie, mais n'était-ce pas en partie le cas ? Leurs vies actuelles n'avaient plus grand chose à voir avec celles d'avant. Rowen aussi faisait partie de cette vie d'avant, et pourtant il était là, à côté d'elle. La jeune femme ressentait l'énergie bien que faible de l’Œil de Tigre, lui transmettant un peu de la sienne, avant de la déposer dans la terre et de la recouvrir doucement. Cela fait, elle laissa un court instant encore ses mains à plat sur la terre aplanie avant de prendre une inspiration et de reporter son attention sur son aîné.

« Voilà. On va la laisser là une semaine, voire même deux, et après tu pourras la reprendre. »

Lui souriant, elle se releva en frottant ses mains pour y enlever le plus gros de la terre humide et attendit que son meilleur ami en fasse de même. Le temps s'était encore rafraîchi, la faisant un peu frissonner ; depuis combien de temps étaient-ils là ? Quelle heure était-il ?

« On devrait peut-être rentrer, manger un peu. Puis dormir, une bonne nuit de repos te fera le plus grand bien. »

Sur ces mots elle s'en était retournée à l'intérieur du lycée, accompagnée de l'Américain. Ils avaient mangé ensemble, rejoints par April ; ce n'était pas un repas extraordinaire mais c'était apparemment bien mieux que ce que les deux survivants avaient pu avoir dehors. A la fois attendrie et heureuse de les avoir là, bien en vie, la jeune femme ne repensa à ses maux que lorsqu'elle rejoint sa chambre. Ayden l'y avait également rejoint juste avant le couvre-feu et elle lui avait parlé de Rowen ; le Français avait paru ravi pour elle, mais elle n'avait pu mettre de côté l'appréhension qu'elle ressentait quand au fait qu'ils auraient à rattraper beaucoup de choses, qu'elle devrait lui raconter ce qui était arrivé. Un jour.

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Rowen Defreine
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Lun 28 Nov 2016 - 17:16


28 novembre 2016


Dix jours étaient passés. Dix jours à l’abri du froid, des morts, des vivants aussi. Les nuits étaient toujours difficiles, perturbées par des angoisses latentes, des cauchemars cristallisés. Ils partageaient encore le même lit de camp avec April, comme avant, quand tout pouvait basculer d’une seconde à l’autre. Rowen faisait ce qu’il pouvait pour s’intégrer aux camps et se rapprocher d’autres personnes. Ça n’avait pas été difficile avec Norman par exemple, alors qu’Alex l’intriguait toujours et Maxine ne semblait pas voir sa sollicitation d’un très bon œil. Soit.  

Ces derniers jours, ce n’étaient pas ce qui l’avait le plus préoccupé. En fait… c’était Rosaleen. Plus le temps passait, plus il réalisait qu’elle était distante avec tout le monde, sursautait au moindre contact. Quand elle ne traversait pas les couloirs à la manière d’un fantôme sans couleur, elle parlait peu, voire préférait signer ou écrire. Sa foi semblait souffrante, sinon éteinte ; un mal-être constant semblait la ronger de l’intérieur. Bien sûr, l’illustrateur savait que l’époque n’était pas heureuse, qu’elle avait perdu des proches, qu’elle devait avoir le mal du passé, mais… est-ce que c’était tout ?

Il réfléchissait. Dès qu’il la voyait, il l’observait. Dès qu’ils discutaient, l’air de rien, ses yeux interrogeaient : « Qu’est-ce qu’il y a Rosaleen ? Qu’est-ce que tu ne me dis pas ? ». Ce matin, ça venait de lui sauter au visage. Un dernier indice, si évident qu’il s’en voulu d’avoir mis une dizaine de jours à s’en apercevoir. La soigneuse n’avait plus son collier de jade. Offert par sa grand-mère, Rowen ne l’avait jamais vue sans ; mais là… son cou gracile était nu. Étrangement fragile. Il avait essayé de trouver une réponse : l’avait-elle remplacé ? Mis en sûreté ? Prêté ? Mais rien dans ses souvenirs ne répondait à ce mystère.

Début d’après-midi. Le brun faisait les cent pas dans la classe réaménagée qui lui servait de chambre. Il s’était éclipsé en avance du déjeuner, demandant à sa meilleure amie de le rejoindre dès qu’elle aurait fini. Pourquoi tant de cérémonie ? Sans doute parce qu’il sentait qu’ils allaient passer par une conversation difficile, il n’en connaissait juste pas encore la nature. L’estomac noué, l’illustrateur se demandait comment aborder le sujet. D’ailleurs, avait-il choisi le bon endroit ? Il avait d’abord pensé à dehors, mais il pleuvait depuis la veille au soir. Le gymnase déserté était trop lugubre, le réfectoire était trop bondé, et la chambre de Rosaleen n’était pas à l’abri d’une intrusion de son… copain – si tant est qu’on pouvait l’appeler ainsi. Au moins, ici, April n’avait pas prévu de repasser avant le soir, elle s’occupait sans doute avec Sally.  

- Oh-euh.. re ! fit Rowen quand la rouquine l’eut rejoint.

Mince, qu’est-ce qu’il avait prévu de dire déjà ? D’une main, il l’invitait à s’assoir sur le lit parfaitement fait qu’ils n’utilisaient pas, de l’autre, il se grattait l’arrière du crâne. Fébrile, il vint ensuite s’installer à côté d’elle, frotta nerveusement ses paumes sur son jean, et la regarda dans les yeux. Ils étaient beaux, même quand ils ne brillaient plus. En fait, la tristesse la sublimait d’un clair-obscur saisissant, surréaliste.

- Je voulais te parler parce que… bon, on sait tous les deux que je suis nul pour ça, il eut un geste vague désignant sur situation présente, alors… j’ai remarqué… que tu n’avais plus ton collier, plus de marche arrière possible. Rowen prit une grande inspiration avant de se lancer, il n’y a pas que ça. Hum… j’ai l’impression que tu es distante, avec la plupart des gens, pour ne pas dire tous, tu… signes, au lieu de parler, c’est ça ? Je t’ai vu faire une fois. Avec Ian, je crois… et j’ai l’impression que tu…

Il voulait ajouter qu’elle ne « croyait » plus beaucoup, mais ne savait pas comment tourner sa constatation de façon non religieuse. Ce n’était pas tant le fait même d’avoir perdu la foi qui le questionnait, mais plutôt le fait que ça faisait partie d’elle. Rosaleen « était » sorcière, au même titre que d’autres étaient plombier ; c’était sa personnalité. Alors ne plus la voir pratiquer, c’était comme rencontrer un chanteur muet. Ça allait presque à l’encontre du naturel.

- Ce que je veux dire, reprit-il finalement, c’est que j’ai la sensation qu’il t’est arrivé quelque chose, et… tu ne veux pas m’en parler. Hum… en fait, le pire, c’est que ce n’est pas fini. Tu es toujours mal, tu le gardes pour toi, et… ça ne s’arrange pas, il marqua une pause, un peu lourde, avant de conclure, tu pourrais… me laisser t’aider, tu sais ? Je sais, je viens de revenir dans ta vie, mais j’aimerais beaucoup, que tu me laisses t’aider.

Parce qu’il n’y avait plus vraiment rien de plus important que de rendre sa lumière à un ange déchu. Et ensemble, main dans la main, il se l’était promis : ils s’affranchiraient des ténèbres.



   
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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Mar 29 Nov 2016 - 0:49


''It's been a long dream''
ft. Rowen





Cela faisait déjà dix jours maintenant que la Galloise avait retrouvé là dehors Rowen et April, dix jours que la vie lui semblait moins lourde, qu'elle osait se raccrocher à ce qu'elle était avant. Ils passaient beaucoup de temps ensemble, discutant de choses et d'autres, des banalités qui rendaient tout cela un peu moins dur, de souvenirs de leurs vies d'avant qui leur permettaient de ne pas oublier qu'ils avaient désormais la chance de pouvoir en créer de nouveaux.

La Galloise faisait de son mieux pour ne pas se laisser envahir par ces part d'ombres qui la rongeait, ne pas laisser entrevoir à son meilleur ami ce vide qui l'habitait désormais. Mais Rowen n'était pas dupe, il la connaissait suffisamment pour se rendre compte que quelque chose l'avait profondément changée. Si bien que quand il lui intima, alors qu'il avait terminé son repas, de la rejoindre dans sa chambre, son sang ne fit qu'un tour.

Elle s'était contentée de hocher la tête, prenant le temps de finir son assiette tout en ayant l’appétit coupé ; elle aurait pu laisser, mais le gaspillage n'était plus un luxe qu'ils pouvaient se permettre désormais. Après plusieurs minutes encore, à cogiter sur la discussion qu'ils allaient avoir, se rendant nerveuse toute seule, la rousse se leva en soupirant, emmenant sa vaisselle en cuisine, avant de se diriger vers la pièce où s'étaient établis les deux derniers arrivants.

Là, elle toqua, et entra dans la pièce, souriant à son ami malgré son regard totalement contradictoire, plein d'angoisse. Allant s'installer sur le lit suite à l'invitation du brun, elle déposa ses mains croisés sur ses genoux, essayant de ne pas laisser entrapercevoir la nervosité qui l'animait. Alors qu'il s'asseyait à côté d'elle et commença à lui parler d'un air franchement gêné, les jointures de ses doigts blanchirent encore. Alors il avait remarqué qu'elle n'avait plus sa pierre... Et pas que ça. Au fur et à mesure des mots de l'Américain, Rosaleen se sentait de plus en plus mal à l'aise, elle percevait nettement ce néant qui l'englobait à chaque seconde un peu plus.

Baissant la tête pour ne pas croiser le regard de son meilleur ami, la jeune femme faisait de son mieux pour respirer calmement, ne pas se laisser complètement happer par cette angoisse qui lui enserrait le cœur, ces souvenirs qui le traînaient au plus profond d'une terreur incontrôlable. Par moments, elle hochait la tête, signifiant ainsi au brun qu'elle l'entendait. Il marqua un moment de silence, cherchant ses mots ; elle avait cru un instant qu'il s'arrêterait là et se mit à réfléchir à quoi répondre à tout cela, mais elle connaissait assez Rowen pour savoir que oui, il était ''nul'' pour parler, mais que quand il était lancé, il allait au bout de ses pensées.

Et il termina finalement en lui demandant de le laisser l'aider. Est-ce que quelqu'un le pouvait réellement ? Probablement qu'il était la seule personne qui pouvait vraiment l'aider à s'en sortir pour de bon, mais il était aussi celui qu'elle craignait le plus de décevoir. Prenant une profonde inspiration, la jeune femme se leva prestement, dénouant ses mains pour se remettre à tirer sur les manches de son pull après avoir replacé derrière son oreille une mèche de cheveux.

« Je... »

Marquant une pause, la rousse posa une main sur une table pour ne pas flancher, et repris une nouvelle inspiration ; chercher un courage qu'elle n'avait pas. Mais elle ne pouvait décemment pas dire à son meilleur ami qu'elle allait bien, elle ne supportait pas l'idée de lui mentir ; lui cacher était une chose, mais maintenant que le sujet était abordé, elle ne pouvait lui mentir.

« Je suis sortie il y a quelques mois et... on me l'a arrachée. Quand on vous a trouvé avec Alex, c'était ma première sortie depuis. »

Elle n'avait pas reposé son regard dans le sien, préférant jouer du bout des doigts sur les rainures du bois devenues d'un seul coup réellement intéressantes. Rouvrant la bouche, Rosaleen senti sa gorge se nouer ; sa voix allait défaillir, ça ne faisait aucun doute. Elle n'y arriverait pas. Autant agacée que détruite, la Galloise sorti de la poche de son jean le calepin et le crayon qu'elle avait toujours sur elle et se mit à griffonner dessus avant de le tendre à son meilleur ami, hasardant un regard rapide vers son visage inquiet qui brisa encore un peu plus son cœur.


Il s'est passé quelque-chose dehors oui.


Elle ne pourrait définitivement plus faire marche arrière désormais bien qu'elle mourrait d'envie de prendre ses jambes à son cou et d'aller se recroqueviller dans sa pièce, au coin de son matelas comme quand elle était revenue ici. Mais Rowen avait le droit de savoir, bien plus que tout le monde.

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Rowen Defreine
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Mar 29 Nov 2016 - 8:43


Son cœur se serra douloureusement. Rosaleen venait de se lever, triturait le bout de ses manches, fuyait son regard. L’illustrateur se sentit soudainement cruel de lui infliger ça, la traîner de force dans cette discussion qu’il espérait thérapeutique. L’unique pensée à laquelle il se raccrochait était qu’elle était sa meilleure amie : il ne pouvait pas la regarder souffrir sans rien faire. Si la soigneuse ne voyait plus que le gris de ce monde malade, c’était à lui de lui montrer que de belles choses subsistaient. Leurs retrouvailles en faisaient partie. Oui. Ils auraient pu mourir séparés l’un de l’autre, privés de nouvelles jusqu’à la vie suivante, mais ils étaient là. Rowen ne démordait pas que c’était un signe, et… si c’était justement pour ça ? Pour l’aider à aller mieux ? Peut-être que les Dieux n’avaient pu l’empêcher de souffrir, mais il lui soufflait un baume par le biais de l’artiste.

La rouquine commença, il hocha doucement la tête pour l’encourager. On lui a arraché. L’illustrateur fronça les sourcils : pourquoi ? Comment ? Sans doute était-il un peu candide, mais il n’imaginait pas ce qui avait pu réellement lui arriver. Pas encore. Dans son imaginaire, il y avait des hordes de possédés, une course pour sa survie, l’angoisse de ne jamais rentrer. Était-ce cela ? Son collier aurait été brisé par la poigne froide d’un cadavre ? Était-elle traumatisée pour avoir vu un ami se faire dévorer ?

Brusquement, Rosaleen changea de moyen de communication. Elle écrivit, au lieu de dire, qu’il s’était effectivement passer quelque chose. Rowen garda les yeux rivés sur ces mots, comme si quelque chose d’autre allait en sortir. Plusieurs réflexions se bousculaient dans sa tête, plusieurs méthodes, plus réponses. Devait-il entrer dans son jeu ? Devait-il essayer de la secouer un peu ? Une fois encore, il eut la sensation d’être le méchant de cette journée. Ce médecin cruel qui vous faisait mal en garantissant que c’était pour votre bien. Hésitant, il tendit une main et fit un signe indiquant qu’il voulait qu’elle lui prête le calepin et le crayon. Une fois fait, le brun le resta un instant sans bouger avant de marquer :

Dis-moi.

Tout simplement. La soigneuse fit un geste pour reprendre son interface de communication indirecte, mais l’illustrateur l’écarta hors de sa portée. Il eut une moue gênée, tenta de lui sourire, et finalement, entoura ce qu’il avait marqué : « Dis-moi ». Tout était dans l’essence même de ces deux mots. Voir sa souffrance dans chacune de ses expressions, chacun de ses petits mouvements de gêne, était une torture ; mais c’était le mieux à faire. Il le sentait. On ne pouvait pas combattre un mal intérieur en le fuyant, c’était impossible.

- Dis-moi ce qui s’est passé à haute voix, expliqua-t-il enfin, je… je sais que c’est dur ‘Leen. Je le sais, et je me déteste de te faire ça, mais… je crois que pour réussir à… aller de l’avant, il faut que tu sois capable de le dire. Quand tu signes, ou que tu écris, tu te caches de ce qui te fait mal, mais… c’est toujours là.

Il choisissait ses mots avec précaution, craignant que d’un instant à l’autre, la rouquine préfère fuir la pièce plutôt que d’écouter son discours. Si c’était le cas, la laisserait-il partir ? Il ne savait pas… peut-être. Peut-être pas. Rowen se sentait triste désormais, mais il n’avait plus la possibilité de revenir sur tout ce qu’il avait dit, il devait aller au bout de cette démarche. Il préférait qu’elle lui en veuille d’avoir essayé, plutôt que de regretter de n’avoir rien fait.

- J’ai l’impression… que tu te trouves faible et insignifiante, reprit-il en tentant un autre angle, alors que… tu es là. Ça fait un an, mais tu es vivante, tu as participé à créer un potager qui nourrit des dizaines de gens. Tu es forte ‘Leen. Peut-être pas comme ceux qui savent se battre à longueur de journée, mais tu es forte, parce que tu es encore là. Tu as cru en cet endroit, en ces gens, et tu as contribué, même en étant blessée. Je suis vivant grâce à toi, April est vivante grâce à toi.

L’illustrateur tenait à ce qu’elle comprenne qu’elle n’était pas insignifiante. Ce monde n’avait pas uniquement besoin de soldats, il avait aussi besoin de gens dévoués, doux, volontaires. Ceux qui soigneraient les combattants, les empêcheraient de mourir de faim, et redonneront espoirs avec leur générosité. Rosaleen ne se rendait même pas compte de ses qualités comme survivante.

- Alors maintenant… je ne sais pas ce qu’on t’a fait, mais je suis certain que plus tu t’accroches à cette souffrance, plus tu te tues à petit feu. Lâche-prise. Tu peux avoir mal, on peut t’avoir… détruite, mais… en fin de compte, c’est toi qui a le choix. Est-ce que tu veux aller mieux ? Après un silence, il ajouta : qu’importe ce qui t’es arrivé ‘Leen, je serai toujours là. Je te le promets.

Si seulement elle pouvait lui faire confiance… si seulement elle pouvait comprendre qu’à ses yeux, il restait la même jeune femme extraordinaire. Rowen savait que sa leçon n’était pas facile à mettre en œuvre, mais le lâcher-prise était pourtant l’un des principes fondamentaux de la foi. C’est l’Ego qui se raccroche aux événements, aux émotions, aux pensées… et de là naît la souffrance. Mais si on arrive à s’émanciper de ce fonctionnement, alors ni la colère, ni la rancœur, ni la peine n’aura de prise. L’illustrateur espérait que la soigneuse saurait lester ces poids de son karma, sans quoi, elle sera hanter toute sa vie.



   
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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Mar 29 Nov 2016 - 10:29


''It's been a long dream''
ft. Rowen








Étonnée que le brun lui fasse signe de lui donner son calepin et le crayon, Rosaleen lui tendit néanmoins, se demandant pourquoi il se mettait lui aussi à écrire ; est-ce qu'il pensait que c'était un moyen d'entrer encore un peu plus dans cette bulle dans laquelle elle s'était enfermée ? Se penchant pour regarder ce qu'il avait écrit, elle allait reprendre les objets pour poursuivre, ne sachant toujours pas comment amener la chose, quand il recula ses biens. Le regardant d'un air plein d'incompréhension, la jeune femme se dit que peut-être il avait envie de rajouter autre chose, mais non.

Rowen s'était contenté d'entourer les deux mots qu'il avait écrit, appuyant le fait qu'il voulait qu'elle parle. L'incompréhension passée, la jeune femme senti son estomac se serrer encore un peu plus et, sans même pouvoir s'en empêcher, elle darda sur son meilleur ami un regard où se mêlaient à la fois une peine profonde et une colère sourde. Elle fronça les sourcils, ayant l'impression qu'il venait de la poignarder ; pourquoi faisait-il cela ? Pourquoi voulait-il qu'elle le dise à voix haute ? Qu'est-ce que ça pouvait bien changer ?

La jeune femme secoua vivement la tête d'un air impuissant, serrant les dents pour empêcher ses lèvres de trembler, à l'instar de ses poings serrés. Alors qu'il se remettait à parler, la rousse senti une nouvelle fois le sol s'effondrer sous ses pieds ; elle avait déjà été obligée de le dire à haute voix, à Alex, et l'état dans lequel elle s'était mise n'avait absolument rien eu de libérateur. Se montrer ainsi aux yeux de son meilleur ami la terrorisait, mais en cet instant précis, la colère qui se mêlait à cette peur était bien plus étouffante.

« Ce sera toujours là. »

Sa voix n'avait été qu'un murmure qu'il avait sans doute perçu ; qu'importe s'il se disait qu'elle ne voulait pas s'en sortir, qu'elle s'embourbait elle-même dans sa propre douleur, elle savait qu'au fond, ce qui était arrivé était irréversible. Son âme avait été salie, ce qu'elle était, tout s'était brisé en un instant.

Le brun entama un nouveau point, accentuant le fait qu'elle était bien plus forte que ce qu'elle ne pensait ; bien sûr, probablement, si elle ne l'avait pas été, elle se serait sans aucun doute laissée mourir, mais ce qu'il ne comprenait pas c'était que depuis ce moment, elle ne vivait plus, elle survivait. Ce qu'elle avait accompli ici n'était certes pas insignifiant, tout comme le fait de les avoir retrouvé tous les deux en vie, mais aider les autres avait toujours été dans sa nature, là... il ne s'agissait pas des autres, et elle n'avait plus la force de s'élever, c'est à peine si elle en avait encore pour sauver les apparences.

Alors qu'il approchait de la fin de sa justification, Rosaleen sentait ses yeux s'emplir de larmes. Est-ce qu'elle voulait aller mieux ? Pour qui ? Pour quoi ? Elle pouvait continuer comme ça, évoluer dans ce monde comme un fantôme, être là pour ceux qui étaient devenus proche d'elle ; rien de ce qu'elle ferait ne pourrait effacer ce qui était arrivé, rien qu'en y pensant elle sentait son âme déchirée en milliers de petits morceaux, un puzzle qu'elle ne parvenait pas à réaliser. Mais Rowen avait un bout de cette âme, elle en avait toujours été persuadée et peut-être que c'était ce morceau là qui lui manquait.

Relevant vers lui son regard où se jouait une tempête sans fin, elle ne pu retenir les premières larmes de couler, ne prenant même pas la peine de les essuyer avec sa manche. La Galloise sentait bien que si elle lâchait cette table, elle s'effondrerait, ses jambes tremblotantes en étaient la preuve. Se hissant tant bien que meuble pour éviter une chute ridicule, elle se glissa jusqu'à ce que son dos atteigne le coin du mur, là, elle remonta ses jambes contre elle, les enserrant de ses bras. Cette manie de se recroqueviller dans un coin pour se protéger ne l'avait jamais vraiment quittée depuis son retour. Après quelques secondes encore elle secoua la tête, resserrant encore un peu ses mains autour de ses jambes.

« Pourquoi tu fais ça Row ? »

Ç’avait plus été une question adressée au vide qu'au concerné ; un nouveau murmure qui s'était étranglé à la fin. La jeune femme tremblait maintenant de tout son corps, ne pouvant empêcher ses larmes de couler ; elle devait avoir l'air pitoyable comme ça, c'était précisément cette faiblesse qu'elle ne voulait pas montrer au brun, mais il n'y avait plus de retour en arrière possible. Ouvrant la bouche pour parler, la rousse baissa à nouveau son visage pour planter son regard sur la table sur laquelle elle était assise.

« Quand je suis sortie je... je suis tombée sur des hommes pas nets. »

De là, elle releva son visage pour croiser le regard de son meilleur ami ; pourrait-il lire dans ses yeux tout ce qu'elle taisait ? Pourrait-il lire en lui comme s'il était dans sa propre tête ? Peut-être, ou peut-être pas ; il devait être à milles lieues de s'imaginer ce qui avait pu arriver.

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Rowen Defreine
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WALKING WITH THE DEADS
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Mar 29 Nov 2016 - 11:27



Pourquoi faisait-il ça ? Très bonne question. Soudainement, devant l’ampleur du trouble de Rosaleen, il ne savait plus. Sa colère, son chagrin, sa souffrance, tout était lisible avec une clarté désarmante. Avait-il péché par orgueil ? Persuadé de pouvoir l’aider alors qu’elle n’aurait eu besoin que de temps ? Il ne savait pas. Il ne savait plus. Alors il se tenait là, assit comme un idiot sur son lit de camp, la tête qui tournait, les entrailles vides. Rowen avait peur aussi. Peur d’avoir brisé ce qu’il essayait de reconstruire, d’avoir repoussé sa meilleure amie dans les ténèbres en voulant l’en sortir.

Pourquoi faisait-il ça ? En fait, la réponse était claire. Parce que son silence lourd était aussi déchirant que ses larmes, que la voir réduite à un être fantomatique était aussi bouleversé que lui faire face, blafarde et sur le point de défaillir. La soigneuse avait dit que « ce serait toujours là », et c’était vrai. Les cicatrices restaient, mais la souffrance pouvait partir ; la souffrance était un choix. Elle vivait en deuil de sa propre personne, comme une veuve incapable de se remettre de la perte d’un mari. Ce n’était plus possible. Le monde était déjà assez dur pour qu’elle le rende encore plus sombre.

L’illustrateur s’était levé, incapable de tenir en place de toute façon. Devant la détresse de la rouquine, il avait été à deux doigts de laisser tomber, de lui dire de toute oublier, mais s’était ressaisi à temps. Ne pas fuir. Ne peux fuir. Ne pas fuir. C’était le mantra qu’il tenter de lui inculquer, alors il ne pouvait pas lui-même se défiler, pas après avoir ouvert cette brèche. Rowen avait abandonné le calepin sur le lit pour s’approcher de Rosaleen. Elle s’était prostrée dans un coin, il devait percer sa bulle, lui faire comprendre qu’elle n’était plus seule – qu’elle n’avait plus à être seule.

Doucement, il s’était assis à côté d’elle alors qu’elle tentait de formuler quelque chose. Observant une petite marge de pudeur, le brun tourna la tête vers elle, soutenant son regard quand elle annonça sa rencontre avec des hommes « pas nets ». Cette fois, il ne pouvait plus ne pas voir l’évidence. Sa peur des contacts, sa tristesse constante, cette impression qu’elle s’effaçait…. Est-ce que… est-ce qu’ils l’avaient violée ? Il ne laissa rien paraître de son trouble, car il ne voulait pas qu’elle l’interprète mal son expression. L’illustrateur peinait juste à y croire. Pas en l’existence des violeurs, non ; il vivait au XXIè siècle, il n’était pas passé à côté des nombreuses histoires sordides qui se multipliaient aux Etats-Unis. Juste… on avait beau dire qu’une femme sur cinq était victime d’agression sexuelle, on avait beau découvrir tous les jours que des actes de ce genre s’étaient passés, c’était comme les accidents graves de voiture. « Ça n’arrivait qu’aux autres »… jusqu’au jour où…

Rosaleen, « sa » Rosaleen, blessée de la sorte. Heureusement qu’il était contre le mur lui aussi parce qu’au final, il aurait pu défaillir à son tour. Que répondre après ça ? Devait-il lui demander de le dire à haute voix ? Non… ce serait trop cruel. Souhaitez que les coupables soient morts ? Non… ce n’était ni son genre, ni ce que la rouquine voulait entendre. Lui dire que ce n’était pas grave ? Stupide. Affirmer que ça ne changeait rien pour lui ? Pas suffisant. Ok…

- Tu n’es pas différente, murmura-t-il dans un souffle.

Pour ne pas qu’elle voit ses yeux s’écarquiller, ou qu’elle ne lise l’éclat de sa compassion, il ferma les yeux et appuya l’arrière de son crâne contre le mur. Il avait mal, tellement mal pour elle, qu’il en était difficile de respirer. Mais ça ne changeait rien, c’était la vérité. Au contraire, ça ne faisait que confirmer sa volonté de ne pas l’abandonner. Plus jamais.

- Je… c’est horrible. Ce qu’ils t’ont fait, c’est…, lui aussi en perdait ses mots, j’aurais envie de pouvoir tout effacer. Tu sais, j’ai ce truc, un peu bête, qui me donne l’impression que j’arriverai à faire pour toi ce que personne d’autre peut faire, mais…

Mais ça il ne pouvait pas. Malgré toute son affection, malgré tous ses efforts, malgré toute sa dévotion. Pire que ça, elle allait lui en vouloir maintenant. A cause de lui, elle avait revisité un cauchemar, et tout ça pour quoi ? Pour que tous les deux se sentent mal. Si Rowen avait un moment cru que c’était le premier pas vers la rédemption, il n’était plus sûr de rien. Rosaleen le haïrait, Alex aussi, Sally aussi, Wade aussi du coup, Norman probablement, et même April serait capable de lui faire des reproches.

- Je suis désolé de… de t’avoir-euh… demandé…. Ça me fait vraiment quelque chose que tu souffres et je voulais…, est-ce qu’il avait quelque chose à perdre ? Non. Alors autant se lancer maintenant. Ce sera toujours ça de moins sur sa conscience. L’illustrateur inspira profondément avant de lâcher de but en blanc : je t’aime.

Il venait de rouvrir les yeux, mais ne pouvait pas regarder la rouquine. Il ne voulait pas voir son expression, de peur d’y lire de la colère, de la tristesse, ou même encore plus d’incompréhension. Elle ne voyait pas le lien ? Pourtant, pour lui, c’était clair et net.

- Je veux dire…, essaya-t-il d’expliquer, je… j’ai des sentiments pour toi. Depuis longtemps. Et… j’ai pas arrêté de penser à toi là-dehors, et maintenant… ça change rien, tu vois ? Je déteste ce que ces hommes t’ont fait, je déteste te voir triste et je me déteste de t’avoir forcée à me dire. Mais je ressens toujours la même chose pour toi. Tu n’es pas moins aimable, ou moins appréciable à cause de ça, tu es…, toujours aussi rayonnante. Ton âme, ton aura, ton pouvoir, tous m’enivrent d’une chaleur extraordinaire, tu es toi

Il ne pouvait plus rien ajouter. Pas de morale sur le fait qu’elle était en vie, qu’il fallait aller de l’avant, que ces hommes lui grignoteront l’esprit tant qu’elle n’aura pas lâcher-prise. Rowen tenait juste à ce qu’elle sache qu’elle n’avait rien d’une femme souillée. Rien du tout. Un poids énorme pesait sur sa poitrine : il voulait partir. Loin. Ne jamais entendre ce qu’elle allait lui dire. Il avait été trop loin…



   
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Aujourd'hui à 17:33

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It's been a long dream

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