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 It's been a long dream

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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: It's been a long dream   Ven 18 Nov 2016 - 22:58


''It's been a long dream''
ft. Rowen





A peine étaient-ils rentrés au lycée que la Galloise avait dû laisser à contre cœur son meilleur ami et April s'éloigner. Alex lui avait calmement expliqué qu'il ne pourrait pas la rejoindre immédiatement et qu'ils devaient passer devant le conseil en premier lieu. Ne pouvant s'empêcher de faire une petite moue, la rousse hocha néanmoins la tête et attendit devant la porte, tantôt adossée contre le mur, tantôt faisant les cents pas dans le couloir. Ça lui semblait interminable et lui laissa par ailleurs tout le temps de réfléchir.

Au départ, en voyant Rowen, elle s'était tout naturellement demandée si son cerveau ne lui avait pas joué un tour ; avec le stress que représentait sa première sortie depuis longtemps, et l'angoisse d'avoir croisé des malades, ç'aurait été possible. Mais ce n'était pas une illusion, Alex l'avait vu, les membres du conseil aussi, c'était forcément vrai. La jeune femme se rendit alors compte qu'elle tremblait légèrement ; ce trop plein d'émotions autant positives que négatives la mettait dans tous ses états, il fallait qu'elle se calme. S'enserrant avec ses propres bras, Rosaleen ferma un instant les yeux en prenant une profonde inspiration.

Et la porte s'ouvrit enfin. Rouvrant les yeux, la Galloise sourit en s'approchant des personnes qui en sortaient. Sally en faisait partie et c'est tout naturellement qu'elle se dirigea vers April pour lui proposer de lui montrer la chambre dont avait parlé leur leader et pourquoi pas aller manger un petit quelque chose. Après un regard échangé avec Rowen, la blonde s'était éloignée en compagnie de Sally qui avait au passage posé une main rassurante sur le bras de la Galloise.

Rosaleen prit alors la main de l'américain et se mit à marcher rapidement jusqu'à son antre, cette chambre au mur peint par le français dans laquelle elle s'était retirée depuis son retour de sa première sortie du lycée. Elle avait tellement de choses à lui dire, surtout à lui demander ; comment il avait survécu, ce qu'il avait traversé. Enfin arrivés, elle lâcha sa main et s'avança jusqu'au milieu de la pièce. Là, elle s'arrêta et prit une profonde inspiration avant de se retourner, triturant les manches de son pull de ses mains légèrement tremblantes. Alors qu'elle observait le brun, ses lèvres s'étirèrent en un léger sourire ; elle tentait de faire fi de la boule dans sa gorge. Était-elle due à une certaine crainte, à une trop grande émotion, ou simplement de la nervosité d'avoir le récit d'une année en enfer ? Qu'importe.

S'éclaircissant la gorge comme pour se donner une certaine contenance que son corps légèrement tremblant ne rendait pas réellement crédible, la Galloise comblait les quelques pas la séparant de Rowen et déposa doucement sa main sur sa joue. S'attardant sur son visage un peu creusé, la rousse planta son regard dans le sien essayant d'y déceler ce par quoi il était passé durant cette année, qui il était devenu. Après de longues secondes sans n'avoir toujours rien dit, la jeune femme passa ses bras autour de son meilleur ami, déposant son front contre son épaule.

« Tu m'as manqué. »

La gorge nouée, elle n'ajouta rien de plus, se contentant de serrer un peu plus l'américain comme de peur qu'il ne disparaisse d'un seul coup. Peu à peu ses tremblements se calmèrent, sa respiration se fit plus posée. Elle se sentait bien, ayant comme l'impression d'avoir retrouvé une partie de celle qu'elle était avant. D'un seul, il lui semblait que tout ce qu'elle avait vécu, toutes les horreurs qu'elle avait traversé, n'avaient plus la moindre importance, pas une once de séquelles, elle se sentait juste un peu plus entière. Et peut-être qu'il avait changé lui aussi, qu'il n'était plus le même homme et qu'il devrait aussi se reconstruire de beaucoup de choses, mais la rousse avait à ce moment précis l'intime conviction que peut-être, loin au fond d'elle, une part de ce qu'elle était pouvait être sauvée.

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Rowen Defreine
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Sam 19 Nov 2016 - 3:26

Pendant tout le retour vers le gymnase, il n’avait pas voulu y croire. Rosaleen, un camp renforcé, la fin de l’errance, c’était trop. Rowen ne trouvait pas les mots, il répondait par monosyllabe, n’osait pas regarder sa meilleure amie. Ni la fille qui l’accompagnait. Effectivement, elles avaient l’air plus propre, mieux entretenues, moins émaciées, que le duo qui avait passé des mois entiers dehors. Aucun moment il n’avait lâché la main d’April. Leurs yeux se croisaient souvent, plus fidèles que des mots. Ils comprenaient que leur survie se transformait, que leur monde changeait, mais avaient peur aussi. De l’inconnu, de s’autoriser à y croire, de se perdre, tout simplement.

Rendre leurs armes ? La quarantenaire avait été plus réticente que son cadet, mais ils n’avaient pas le choix. Comme deux animaux blessés, ils restaient si proches que leurs épaules s’effleuraient en continu. Toujours main dans la main, ils avaient suivi le conseil, avaient rencontré ceux qui étaient responsables de cet endroit. C’était incroyable. Dire qu’ils avaient déambulé dans Seattle, sans but, pendant un an ; et pendant ce temps, ces gens étaient là. Rosaleen était là. A l’attendre de l’autre côté de ce mur.

Pour être honnête, Rowen n’avait pas prêté toute son attention aux instructions qu’on lui donnait. C’était April qui écoutait, jaugeait, enregistrait. L’illustrateur, de son côté, rêvait, comme souvent. Quand allait-il être autorisé à voir son amie ? Qu’avait-elle vécu depuis tout ce temps ? Est-ce qu’elle avait pu sauver des choses de sa boutique ? Est-ce qu’elle lui en voulait de ne pas avoir pu la joindre ? Est-ce que-ah, c’était fini. On leur rendit leur liberté. Sans arme, toujours. La veuve n’était pas à l’aise à cette idée, mais rejoignit la preuve de confiance de son fils de substitution pour une raison : si la soigneuse était là en bonne santé, c’était que ces gens ne devaient pas être mauvais.

Quand l’une des femmes du conseil proposa de faire un tour du propriétaire à April, un élan de panique saisit les deux complices. Les séparer ? Maintenant ? Pourquoi ? Ils n’osèrent pas protester, mais l’inquiétude se lisait dans leurs yeux. C’était dur de voir une personne avec qui on avait partagé chaque jour de l’année écoulée s'éloigner avec une inconnue. La main de Rosaleen dans la sienne adoucit ses craintes et il se laissa guider. Il pensait ne plus jamais sentir la douceur de ses doigts, ne plus jamais revoir sa chevelure de feu, ne plus jamais l’admirer…

Face à elle, introduit dans son sanctuaire, les mots ne venaient pas. Il se sentait hirsute, sauvage, différent. Les cheveux en bataille, la barbe pas taillée, des horreurs gravées sur la rétine. Rowen ne se sentait pas métamorphosé, mais souillé par une crasse invisible. Tous ces morts, ce sang, ces larmes, cette poudre, les rôdeurs qu’il avait abattu,… chacun de ses sens en était encore imprégné. A tel point qu’un film semblait le séparer du monde qui l’entourait.

Il laissa la jeune femme l’approcher, le toucher. Elle aussi était troublée, elle aussi devait partager ses interrogations. L’illustrateur ouvrit la bouche… et la referma aussitôt. Décidément, il ne savait pas quoi dire ; il osait à peine soutenir son regard. Quand finalement, la soigneuse le prit dans ses bras, l’aîné ne réagit pas tout de suite. Est-ce c’était un rêve ? Il y a quelques heures, il errait dans les rues de Seattle sans savoir s’il allait survivre à la soirée et là… il était étreint par l’une des personnes pour laquelle il s’était le plus inquiété. Si elle n’avait pas été sa préoccupation première. Redécouvrir son odeur, l’entendre dire qu’il lui avait manqué, et son cœur s’emballa. Il eut envie de tout lui avouer, pour ne plus perdre une seconde, pour ne pas risquer à nouveau d’être séparée avec un si beau secret. Mais il bafouilla juste :

- Moi-moi aussi… tu m’as manqué ‘Leen…

Ses bras s’enroulèrent autour d’elle, tendrement. Il ne voulait pas la lâcher. Plus jamais. Elle n’était plus que sa meilleure amie, elle était une fenêtre grande ouverte sur le passé ; une preuve plus tangible encore que sa vie d’avant avait existé. Rowen la sentit se détendre, cesser de trembler, s’apaiser même. Combien de temps l’avait-il gardée comme ça ? Aucune idée. Longtemps. Puis ils s’étaient éloignés, à contrecœur, mais l’illustrateur avait laissé ses doigts courir sur les joues de la rouquine. Il lui sourit, complètement émerveillé par cette rencontre. D’un coup, quelque chose lui parut très important ! L’aîné plongea sa main dans sa poche pour en tirer l’Œil de Tigre que lui avait offert sa sœur. La soigneuse saurait certainement reconnaître la beauté de la pierre mais surtout, Rowen sentait que c’était le moyen de rétablir la connexion.

- Ewen me l’a donnée juste avant de partir en France… je suis sûr qu’elle avait senti que j’en aurais besoin. Est-ce qu’elle est toujours efficace ? J’ai essayé de la charger dès que je le pouvais à la lumière du soleil, mais ce n’était pas toujours facile.    

Ce n’était pas nouveau : Rosaleen était bien plus douée que lui pour ressentir l’énergie des pierres.



   
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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Sam 19 Nov 2016 - 12:01


''It's been a long dream''
ft. Rowen





Pour la réelle première fois depuis plusieurs mois, la Galloise avait vraiment l’impression de se sentir pleinement légère, l’impression que rien ne pourrait l’atteindre et qu’elle avait retrouvé une part d’elle-même. Bien sûr, il y avait eu de ces moments où elle s’était sentie un peu mieux, où elle avait réussi à faire fi de ce néant qui l’habitait, mais il y avait toujours eu au fond d’elle cette nouvelle négativité et cette peur avec laquelle elle avait peu à peu appris à vivre. Là, il n’y avait plus rien de tout cela. Il n’y avait que ce soulagement d’avoir retrouvé celui qu’elle considérait comme sa moitié, son âme-sœur ; la rousse avait certes perdu toute une partie d’elle après ce qui lui était arrivé, mais retrouver Rowen lui donnait l’impression que tout ce qu’elle était n’était pas définitivement balayé.

Quand il l’enserra à son tour de ses bras, elle le serra un peu plus fort, souriant sans qu’il ne la voit contre son épaule. Peu à peu elle se détendit, ses tremblements se stoppèrent. La jeune femme cependant ne put retenir quelques larmes silencieuses, principalement des larmes de joie de pouvoir tenir contre elle celui qu’elle pensait perdu à jamais. Rosaleen avait l’impression d’avoir retrouvé sa vraie famille, parce-que c’était bien ce qu’il avait été pour elle depuis son arrivée en Amérique : une famille.

Ils restèrent ainsi un temps, ne prêtant absolument pas attention aux minutes qui s’égrenaient ; ça n’avait pas la moindre importance, plus maintenant. Après avoir épanché sans bruit le plus gros de ses larmes, la rousse s’éloigna doucement de Rowen en se passant les manches de son pull sur les joues, lui souriant doucement. Quand il avait posé à son tour ses doigts sur ses joues, elle n’avait pas reculé d’un millimètre, ne s’était même pas crispée ; pour elle qui ne supportait encore que difficilement les contacts avec les autres, hormis certaines personnes qu’elle avait fini par accepter, ça relevait presque du miracle. Mais Rowen n’était pas ‘’les autres’’, il n’était pas n’importe qui, il était ce qu’elle avait de plus précieux, une part d’elle-même, et même si elle n’avait aucune idée de tout ce qu’il avait bien pu traverser, elle avait la certitude qu’il ne lui ferait jamais rien de mal.

Un court moment de flottement avant que l’américain sorte de sa poche l’Œil de Tigre qu’il portait sur lui. Le sourire de la jeune femme s’effaça doucement alors qu’elle observait l’objet d’un air interdit. Elle l’écouta attentivement ; Ewen lui avait donné, elle s’en était douté, la sœur du brun pratiquait aussi la litho-thérapie. Le regard un peu rembruni, la Galloise prit une profonde inspiration avant de regarder l’objet que son meilleur ami tenait. Depuis quand n’avait-elle elle-même pas touché à ses pierres ? Depuis qu’elle était sortie, que cet homme lui avait pris tout ce qu’elle était, qu’il lui avait arraché sans ménagement le Jade offert par sa grand-mère qu’elle portait depuis qu’elle était enfant ; depuis qu’elle avait été littéralement brisée de l’intérieur. Tendant une main tremblante, Rosaleen prit la gemme dans sa main et ferma un court instant les yeux, faisant de son mieux pour faire fi de ses réticences.

« Son énergie est faible oui. On va s’en occuper, on ira l’enterrer dehors une semaine pour la recharger. »

Rouvrant les yeux, elle rendit son bien à l’illustrateur en tentant de lui adresser un petit sourire partiellement vide. La rousse n’y croyait plus réellement. Ses pierres n’avaient pas réussi à la préserver de l’horreur du monde et des Hommes, elles ne l’avaient en rien apaisé ; quoi qu’elle n’y avait plus du tout touché depuis son retour alors il était difficile d’affirmer ce point, mais elle ne se sentait pas prête à y replonger, à s’y raccrocher. A quoi bon ? Espérant que son meilleur ami n’ait pas perçu ce vide en elle, la jeune femme reporta son attention sur l’extérieur, essayant de masquer le trouble que provoquait en elle la situation. Tirant légèrement sur les manches de son pull comme à chaque fois qu’elle était nerveuse, elle replanta ses yeux dans ceux du brun, ne sachant pas réellement si elle était prête à entendre tout ce qui était arrivé. D’un air désolé, elle poursuivit.

« Je suis désolée d’être partie de la boutique quand ça a commencé… j’aurai dû t’attendre, te laisser un mot, ou n’importe quoi. »

Elle rebaissa la tête en serrant les dents. Entendre le son de sa propre voix lui faisait toujours une sensation bizarre ; elle n’était plus aussi vive qu’avant, comme cette lueur vide au fond de ses yeux. Se replonger dans le passé accentua un peu tout ce néant partiellement comblé désormais par la présence de son meilleur ami en face d’elle.

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Rowen Defreine
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Sam 19 Nov 2016 - 14:35


Elle avait changé. Rowen ne dit pas un mot, l’observait de ses yeux bleu-vert. Pas besoin de mots, il suffisait d’étudier les gestes de son amie. Sa main qui tremblait, sa profonde inspiration, son regard décoloré, sa voix désincarnée. Instinctivement, il eut mal. Parce que c’était évident qu’elle avait souffert, que cette longue année n’avait pas été facile à vivre. Ça avait été stupide de croire que cette pierre pouvait faire oublier douze mois de galère, de mort, de douleur. Pour diluer un peu son malaise, l’illustrateur repoussa les mèches qui tombaient sur son front, beaucoup trop longues aujourd’hui.

Serrant les dents, l’aîné hocha la tête en reprenant sa pierre et l’enfouit rapidement dans sa poche. Hypnotisé par Rosaleen, il cherchait comment renouer le contact ; comment faire perdurer la sensation qu’il avait eut en l’étreignant. Il l’avait sentie se détendre, lui-même avait pu – enfin – baisser les boucliers. Leur connexion existait toujours, elle était juste… brouillée. Abîmée. Difficilement, Rowen essaya de sourire. Raté. Son esquisse mourut dans sa barbe mal taillée.

- Hey, non-non, exclama-t-il soudain, effaré, en voyant qu’elle se reprochait leur séparation, c’est moi l’idiot. J’ai fait tombé mon portable à l’eau à la pèche, je te l’avais dit sur facebook, mais je ne sais pas si tu as vu.

Ouai… c’était de sa faute. S’il n’avait pas été si maladroit, il aurait pu appeler la soigneuse ; ils auraient pu convenir d’un rendez-vous, ils auraient pu affronter cette année d’horreur ensemble. Peut-être que tout aurait été différent, qu’elle ne serait pas brisée. Parce que c’était ce qu’elle était quand il la voyait : une poupée de porcelaine au cœur fissuré, aux membres fracturés, des larmes invisibles s’écoulant sans fin sur ses joues. Personne ne pouvait le voir, personne… à part lui.

- Je suis passé chez toi, et à la boutique, mais tu étais déjà partie. Je comprends tu sais ? Tu es ici, tu es vivante, alors tu as bien fait.

Rowen parlait lentement, cherchant à deviner, ressentir, ce qui lui était arrivé. Mais il n’était pas un pratiquant. Ewen était douée pour ça, sorcière jusqu’au bout des ongles, digne fille de sa mère. Les énergies n’avaient pas de secret pour elle, l’empathie non plus, à croire qu’elle savait lire les pensées. Sa sœur lui manquait énormément, elle aussi. Elle aurait su ce qui avait transformé Rosaleen alors que lui, il restait planté là, comme un véritable imbécile. Même pas capable de la prendre à nouveau dans ses bras ou ne serait-ce que de prendre ses mains dans les siennes. Il n’osait pas. Au moins, il avait encore le cran d’être sincère. Après tout, elle était sa meilleure amie : il y avait bien peu de chose qu’il se passerait de lui confier.    

- Je… hum…, il se gratta l’arrière de la tête, c’est bête parce que pendant… depuis le début, j’ai prié pour pouvoir te revoir. Et maintenant, je suis là et…

Il rit, baissant brièvement la tête pour la secouer. Puis son hilarité devint un fou rire, nerveux et joyeux à la fois. C’était un miracle. L’épidémie n’avait pas ébranlé sa foi, parce qu’il ne s’attachait pas aux malheurs, il ne voyait que les signes. Il était vivant, la soigneuse aussi, ils s’étaient trouvés, ils avaient désormais le temps – et la possibilité – de rattraper le temps perdu. Les Dieux de sa culture n’étaient pas omnipotents, ils n’étaient pas le Bien opposé au Mal, ils Étaient, tout simplement. Alors on ne pouvait pas leur reprocher la mort et la souffrance, parce qu’ils étaient dans la mort et la souffrance, comme ils étaient dans l’espoir et le bonheur.

- Pardon, s’excusa-t-il en s’apaisant doucement, c’est juste… enfin… un an dehors c’était… je…

Et à quoi bon essayer d’expliquer ? Les mots ne servaient à rien. Ils étaient creux, factices, vides. Rowen n’aimaient pas tellement les discours, il préférait croire aux émotions, aux impressions, aux impulsions. Exactement comme ce qu’il allait faire : enfin, il réussit à bouger. Tendrement, il attrapa les mains  de Rosaleen pour la regarder dans les yeux. Les mots ne servaient à rien. Ils étaient creux, factices, vides. Mais exceptionnellement, il allait s’en servir pour traduire littéralement ce qui illuminait son cœur :

- Je ne te laisserai plus. C’est promis.



   
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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Sam 19 Nov 2016 - 19:30


''It's been a long dream''
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La jeune femme avait bien remarqué cette inquiétude dans le regard de son meilleur ami, il essayait de la sonder, de savoir ce qu'elle avait vécu, ce par quoi elle était passée ; comme elle l'avait fait quelques instants auparavant sans réellement y parvenir. Ils avaient tous les deux changés, c'était un fait et ça n'aurait de toute façon pas pu être évité au vu de la situation dans laquelle était le monde, leur monde. Mais étrangement, la rousse craignait de se rendre compte à quel point ils avaient changé ; et s'ils s'étaient trop éloignés pour pouvoir réellement se retrouver ? Si trop de choses avaient été brisées ? Serrant les dents en tirant un peu plus sur les manches de son pull, la Galloise se contentait désormais de fixer le sol en attendant que quelque chose ne se passe, se sentant de plus en plus écrasée sous le poids des regrets.

Si seulement elle n'était pas partie, si elle n'avait pas cédé à ses craintes et était restée à la boutique pour l'attendre, tout aurait été tellement différent. Avait-elle seulement cru un seul instant qu'il ne serait pas venu la chercher ? Bien sûr que non, elle savait qu'il reviendrait, elle avait simplement paniqué en voyant peu à peu les boutiques d'en face se faire braquer, les gens qui devenaient violents et elle, toute seule. L'angoisse avait pris le dessus et, sur le moment, elle avait simplement pris ce qui lui semblait utile et était partie dans l'optique de revenir une fois que tout serait calmé. Mais ça ne s'était pas arrangé, ça n'avait fait que s'aggraver sans même qu'elle ne s'en rende compte et la seule fois où elle avait pris son courage à deux mains pour affronter le monde, elle s'était perdue dans un néant duquel elle peinait à trouver une issue.

Rien ne pourrait effacer ce qu'il s'était passé, il était trop tard, mais la jeune femme ressentait au fond cette once d'espoir fou que peut-être, ensemble, ils pourraient au moins essayer de panser leurs plaies et d'aller de l'avant. Elle l'espérait du moins. Relevant le visage quand le brun s'adressa à elle, Rosaleen se contenta de hocher la tête ; son portable, oui, il lui en avait en effet parlé.

« Oui mais... »

Ne pouvant terminer sa phrase, trouver une justification valable, la Galloise haussa les épaules. Elle se reprochait tellement de choses, elle y avait beaucoup pensé après son arrivée ici, et encore après qu'elle se soit rendue compte que dehors ce n'était pas comme avant. Elle s'était rongée les sangs, et avait finit par se voiler la face, essayer d'avancer, se dire que quand ce serait finit ils se retrouveraient. Et puis elle était sortie seule, et elle avait arrêté de croire.

Rosaleen remarquait bien que son meilleur ami essayait de faire de son mieux pour la rassurer, lui faire comprendre que tout ce qui était arrivé n'était de la faute de personne, que personne n'aurait pu prévoir que la situation deviendrait si grave ; il n'avait pas tord, mais balayer d'un coup de main tous ses remords n'était pas chose aisée. Elle sentait cette distance qui s'était installée entre eux, comme s'ils devaient désormais se ré-apprivoiser l'un l'autre, apprendre qui était l'autre, recommencer du début ; cette distance était perceptible grâce à la gêne assez pesante, mais Rosaleen voulait croire que leur lien était suffisamment fort pour qu'ils parviennent à se parler, à se comprendre, et à avancer ensemble.

Le brun repris la parole, cherchant des mots qu'il peinait apparemment à trouver ; les deux avaient toujours su se comprendre d'un simple regard, d'un simple geste, mais leurs âmes meurtries qui n'apparaissaient qu'en lueurs sombres dans leurs yeux rendait désormais ce fait beaucoup plus difficile. Quand il se mit à rire, la jeune femme pencha la tête sur le côté, le regardant d'un air un peu interdit en se demandant ce qu'il pouvait bien y avoir de drôle, avant de laisser un petit sourire se dessiner sur son visage ; le rire de Rowen avait quelque chose de bizarre et de gai à la fois, mais elle avait tellement cru ne plus jamais l'entendre qu'elle senti son cœur se réchauffer un peu. Elle attendit patiemment qu'il se calme et parvienne à lui dire le fond de sa pensée ; ils avaient tout le temps du monde devant eux désormais, quelques minutes pour lâcher un peu toute la pression accumulée n'étaient qu'un infime grain de sable dans tout ce qui les attendait encore.

Il avait finalement repris pour mieux s'arrêter. Comment pouvait-elle lui reprocher quoi que ce soit ? Elle même ne parvenait pas à mettre de mots sur tout ce qui était arrivé, pour définir les faits, se réfugier dans le langage des signes avait été le meilleur moyen pour ne pas avoir à formuler à voix haute ce que tout le monde savait, pour ne pas le mener à ses propres oreilles. Elle ne pouvait que comprendre l'américain, trouver les mots justes n'avait rien de facile. Rosaleen le laissa prendre ses mains, y laissant un instant voguer son regard, doutant presque encore de la réalité de tout cela, mais ce contact la rassura encore un peu.

Elle recentra toute son attention sur Rowen avant de sourire à ses mots et de serrer un peu plus ses mains. Il ne la laisserait plus, il lui en faisait même la promesse et sa naïveté ne l'aida pas à être raisonnable : la jeune femme cru dur comme fer aux paroles de son meilleur ami. Ils allaient rester ensemble, avancer dans ce monde où il ne semblait plus y avoir aucun espoir, mais ils y arriveraient, parce-que désormais ils retrouvaient chacun une partie de soi. Prenant à nouveau une petite inspiration, elle posa la première question qui lui vint à l'esprit.

« Row comment... comment tu vas ? »

Elle savait pertinemment que sa question était des plus basiques, qu'il serait probablement partagé comme elle entre le soulagement de l'avoir retrouvée, et les séquelles de cette année en enfer, surtout pour lui. Mais elle voulait l'entendre de sa bouche, entendre son histoire bien que pour cela, elle n'osa pas lui demander directement, ne souhaitant pas pour l'instant briser ce lien à la fois fragile et fort qui se recréait en eux, et surtout pas avoir à arriver à son propre récit.

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Rowen Defreine
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Sam 19 Nov 2016 - 20:17


Comment allait-il ? Excellente question. L’espace de quelques secondes, son regard se voila, les images déferlaient. Lugubres, douloureuses, fracturées, toutes de noir, de blanc et de rouge. Surtout de rouge. Rowen pensa alors à April, elle qui avait tout perdu, tout vu. Dans l’histoire, il avait de la chance : il avait retrouvé Rosaleen et pouvait encore se permettre l’espoir que sa mère et sa sœur soient vivantes. Peut-être que l’Europe se débrouillait mieux ? L’épidémie était forcément mondiale, sinon les secours seraient déjà là, mais peut-être… dans d’autres régions, pays, continents, la catastrophe était mieux gérée.

- Comment je… hum…, répéta-t-il doucement, si je devais trouver un mot, ce serait « soulagé ». On a… on est sur les routes depuis l’hiver dernier. Toute la famille d’April était avec nous au début…

Sa gorge se noua un peu. Lui et la veuve ne parlaient pas souvent d’Antwan, Bruce et Arthur. Des fantômes, des cauchemars, ils étaient mieux relégués dans le silence. L’illustrateur savait que parfois, sa compagne de voyage se réveillait la nuit et pleurait, ou bien s’isolait pour verser quelques larmes. Les moments de faiblesse qu’elle s’autorisait, parce que le reste du temps, elle se montrait solide comme un roc. Plus que lui-même. Rowen ne voulait pas faire de mélodrame, alors il prit une profonde inspiration pour continuer :

- A la fin il n’y avait plus que nous deux. On s’est protégés mutuellement, je lui dois au moins dix fois d'être encore là. On a essayé de faire profil bas, on vivait avec ce qu’on pouvait.

Pour ne pas l’alarmer, il passa sous silence l’interminable privation, les semaines entières de jeûne forcé, les attaques de rôdeurs, les mauvais rencontres…. Il ne tenait pas à ce que sa meilleure amie le plaigne ou ne s’inquiète à posteriori. Ce n’était que du passé. Des événements qu’ils ne pouvaient que regretter, mais qui avait déjà été emportés loin par le vent. L’Enfer était dehors et ici, il avait une chance, alors… oui, il était soulagé. Trouvant l’anecdote assez cocasse avec le recul, le brun précisa :

- Pendant l’été on est passé dans le quartier et on s’est fait attaqués par une panthère échappée du zoo. Enfin… je crois que c’était une panthère. Elle avait des taches et essayer de me manger, alors j’ai surtout pensé à courir.

Est-ce qu’il essayait de la faire rire un peu ? Oui. N’importe quoi qui chasserait de ses yeux magnifiques le spectre de tristesse qui s’y était installé. Mais pouvaient-ils rire de tout ? Même de la Mort qui les menaçait inlassablement ? Rowen avait soudain peur devant la mission à accomplir : depuis qu’il avait passé les portes du gymnase, il pensait que tout coulerait de source. Qu’il retrouverait sa place aux côtés de la soigneuse, qu’ils seraient aussi complices, qu’ils avanceraient main dans la main. Mais… et si c’était trop dur ? Et si le mal qui lui avait été fait être trop profond ? Il n’avait pas lâché ses doigts et ne voulait pas le faire. Il avait promis. Hors de question qu’elle lui échappe, qu’elle disparaisse.

- Du coup, je suis soulagé d’être ici. Je t’assure, après ce qu’on a vécu dehors, c’est…, il eut une moue admirative avant de demander avec douceur, et toi ‘Leen ? Tu vas… bien, ici ?

Il avait peur de cette question. Mille fois plus peur de la poser que d’y répondre. Il craignait ce qui pouvait être dit ; ce qui pouvait de pas être dit. Un an, c’était long. Mais intérieurement, il priait pour que ça ne soit pas « trop » long.



   
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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: It's been a long dream   Sam 19 Nov 2016 - 21:36


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ft. Rowen










Un peu nerveuse dans l'attente de la réponse, la rousse ne quittait pas des yeux Rowen, ne lâchant également pas ses mains qui représentaient en cet instant précis une certaine ancre dans cette vie réalité décousue et cet avenir incertain. A sa question, elle ne pu que percevoir cette vague de souvenirs douloureux qui passa dans son regard et s'en voulu de lui avoir demandé. Elle aurait pu lui parler du camp, des gens qu'elle avait rencontré, de tout cela, mais l'envie de savoir comment il avait vécu tout cela était bien plus forte et autant aborder ce sujet maintenant plutôt que de rester dans le doute. Les doutes n'avaient jamais aidé à avancer, et rester sur place n'était pas une option envisageable.

Au mot ''soulagé'' Rosaleen sourit légèrement ; elle aussi avait ce sentiment, ce poids dont elle avait finit par ne plus réellement se rendre compte et qui l'avait quitté dès l'instant où elle avait croisé le regard du brun. Mais la fin de sa phrase lui noua instantanément la gorge ; la famille d'April était avec eux ? Mais elle était où maintenant ? Les yeux un peu écarquillés, la rousse n'eut pas à se poser la question bien longtemps : elle avait vu dehors, assez pour imaginer ce qui avait pu se passer.

Il poursuivait et la jeune femme écoutait en se contentant de serrer les dents, pressant un peu plus ses mains par moment pour lui montrer qu'elle était là, qu'ils n'étaient plus seuls maintenant. Elle pouvait clairement déceler toute la douleur que portait le brun, légèrement perceptible dans sa voix. Sa gorge se serra un peu plus, partagée entre la colère qu'elle ressentait contre elle-même d'être partie, et le soulagement de savoir qu'il n'avait pas été seul tout ce temps. April avait été avec lui, il était encore là grâce à elle ; jamais rien ne serait suffisant pour lui montrer à quel point la Galloise lui était reconnaissante pour cela.

Elle hochait la tête par moment, essayant de respirer par moment. Ils avaient vécu avec ce qu'ils pouvaient, comment était-ce exactement ? Elle n'en savait rien, elle ne connaissait rien de la vie la dehors. Ici elle avait toujours eu ce qu'il fallait, bien sûr ils devaient se rationner mais elle n'avait eu réellement connu la faim, encore moins maintenant qu'ils avaient construit un potager avec Tom, Lysbeth et d'autres quelques mois plus tôt. Elle ne mesurait pas vraiment la chance qu'elle avait d'être ici, mais voir son ami aux joues creusées et aux yeux aussi cernés créa dans son ventre une boule d'angoisse mêlée à la tristesse. Une fois de plus, elle avait l'impression que Rowen était son propre reflet. Ils n'étaient probablement pas passés par les mêmes épreuves, mais elle même avait perdu du poids depuis son retour de sa mésaventure, ainsi que son regard cerclé de noir et passablement vide ; elle se souvenait ne pas s'être reconnue dans le miroir la première fois, et avait toujours un peu de mal à s'affronter. Elle reconnaissait parfaitement l'américain, c'était bien lui, mais les ressemblances qu'elle distinguait lui firent mal au cœur.

Rowen aborda alors un point de leur été, parlant d'une panthère. La jeune femme s'arrêta de respirer quelques secondes, ses lèvres formant un petit ''o'' étonné. Est-ce que c'était possible que ce soit la même bête que celle qui était entrée au lycée ? Celle qui avait tué deux d'entre eux et en avait blessé d'autres ? Peut-être, peut-être pas. Il n'empêcha que la jeune femme, en se remémorant tout cela, ne pu s'empêcher de faire une petite moue mi-figue mi-raisin ; bien sûr elle était plus qu'heureuse qu'il ait pu réchapper à l'animal, mais elle n'oubliait pas leurs morts pour autant.

L'illustrateur arriva à ce qui semblait être la conclusion de son récit. Rosaleen se doutait bien qu'il ne lui avait pas tout dit, qu'il y avait certaines choses qu'il gardait pour plus tard, ou qu'il n'avait peut-être pas l'intention de lui dire du tout mais elle ne pouvait pas le lui reprocher ; elle était la première à vouloir tirer un trait sur cette année, sur toutes les horreurs qui étaient arrivées. Si seulement c'était possible.

Et la question tomba.

Il lui retournait sa propre demande. Elle s'y était attendue mais n'avait pu s'empêcher de se crisper légèrement, se mettant à réfléchir rapidement pour trouver les mots justes, ne pas l'inquiéter plus que nécessaire. Après quelques secondes de flottement, un fin sourire étira ses lèvres. Parler d'ici ce ne serait pas difficile, si elle omettait le fait de faire cet effort d'élocution.

« Au début c'était un peu difficile. Le camp était dirigé par les militaires et... ça a mal tourné. Elle haussa les épaules, repensant à ce qui en avait découlé. Les civils se sont soulevés et il y a eu beaucoup de morts. »

Elle n'avait pas besoin de préciser à son meilleur ami ce que cela signifiait, comment elle l'avait vécu, il savait parfaitement ce que représentait la vie à ses yeux. Comment lui-même percevait-il les malades d'ailleurs ? Balayant mentalement ce questionnement sur lequel elle pourrait revenir plus tard, elle poursuivit.

« Depuis ça va mieux, j'ai fais de belles rencontres ici et nous y sommes en sécurité. »

Elle lui sourit un peu plus, voulant prouver à l'Américain que cet endroit leur apporterait sans doute à lui et April le repos et la sérénité dont ils auraient besoin. Certes, rien ne pourrait effacer ce qu'ils avaient vécu, mais ce serait certainement mieux que d'être dehors, ici ils pourraient essayer petit à petit de se reconstruire. Penchant légèrement sa tête sur le côté, le rousse ne se défit pas de son sourire.

« Ce n'est que la troisième fois que je sors d'ici depuis un ans, à croire qu'il fallait que ce soit aujourd'hui précisément. »

Se centrant sur cette sortie précise, la jeune femme ne pu s'empêcher de serrer un peu les dents en repensant à la précédente, celle qui l'avait détruite. Non, pas maintenant. Pas encore. Jamais. Elle pourrait taire cela, elle y arriverait ; ne pas traîner Rowen dans les abysses dans lesquelles elle sombrait. Elle serra encore un peu sa main, tout pour ne pas rompre le contact, ne pas le lâcher ou le laisser partir. Et si Alex avait refusé sa demande de sortir avec elle ? Si la rousse avait finalement changé d'avis et avait rebroussé chemin ? Ils se seraient croisés, sans jamais se trouver. Non. Il ne fallait pas y penser. Ils s'étaient retrouvés, et c'était tout ce qui comptait.

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It's been a long dream

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