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 Gib mir benzin !

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William Baker
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Mer 9 Nov 2016 - 20:42

William fronçait les sourcils devant son interlocutrice. Elle venait visiblement d'avoir un temps d'absence, mais comment ? Comment pouvait-on être « dans la lune » dans un moment comme celui-là ? Il n'en fit tout de même pas de cas. Ce n'était peut-être pas le meilleur moment pour la questionner, surtout qu'elle semblait faire comme si rien ne s'était passé. Elle revenait rapidement au sujet.

Une photo d'elle ? Ça aurait certainement été une bonne idée. L'ironie de la chose, c'est qu'en 2015, les photos, on ne les imprimait plus. Des photos de Charlie, il en avait des tas. Des très jolie comme des plus coquines qu'il n'aurait jamais montrées à personne. Mais toutes ses photos étaient du passé. L'ironie de la technologie le fait presque sourire. Il y a peu de temps, l'humanité était si dépendante de la technologie que la majorité des éléments de la vie quotidienne s'effectuaient sur un téléphone cellulaire. Toutes les personnes que nous aimions étaient à quelques boutons tactiles d'être contactées. Mainte fois durant son voyage, il s'était arrêté pour se remémorer le visage de Charlie, et il avait peur que celui-ci s'efface peu à peu de sa mémoire, qu'il ne la reconnaisse plus du tout s'il devait la retrouver un jour. Oh technologie, qu'as-tu fais à notre mémoire, qu'as-tu fait à nos souvenirs. C'était avec un brin de honte dans la voix qu'il répondit.

- Non... Je n'ai pas de photos d'elle. Elles étaient toutes dans mon téléphone.

Il se saisissait du réservoir de plastique, rangeant le boyau de caoutchouc dans son sac de sport afin de rendre le transport plus pratique. William était plutôt vulnérable de cette façon, laissant à Selene le soin de les défendre. En cas de problème, il n'aurait qu'à jeter son équipement au sol pour se saisir de sa machette qu'il avait attachée à sa ceinture.

On dirait d'ailleurs qu'il en aurait besoin, mais heureusement, il n'y avait aucune urgence. Il déposa à nouveau l'équipement en s'appuyant contre le mur, de l'autre côté de la porte. Il la regarda frapper à quelques reprises et entendit des bruits de raclements à l'intérieur. Peut-être quelques rôdeurs attirés par l'appel contre la porte. L'ambulancier acquiesça simplement de la tête lorsqu'elle lui demandait s'il était prêt, avant de lui indiquer un plan d'attaque qui semblait crédible.

- Écarte toi de la porte, je vais la pousser. Si y en a qui sort je m'en occupe, et toi tu pourras tirer à l'intérieur.

Sa lame en main, il se plaçait pratiquement contre le cadre de la porte, utilisant le bout de son arme pour appliquer une pression contre celle-ci. Les gonds rouillés résistaient légèrement à la poussée, mais rien ne semblait la bloquer. Celle-ci s'ouvrit lentement, conservant l'élan de sa poussée. Will en profita pour lentement glisser sa tête dans le cadre de la porte maintenant laissé libre de son obstacle, regardant discrètement à l'intérieur à la recherche de vie, ou de mort.



“I wish it need not have happened in my time, and so do all who live to see such times. But that is not for us to decide. All we have to decide is what to do with the time that is given us.” ― J.R.R. Tolkien
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Mer 9 Nov 2016 - 22:26

Aux raclements succédèrent des frottements, des objets métalliques qui tombèrent au sol, des meubles bousculés et enfin, les râles. Selene avait laissé William pousser le battant, couvrant ses arrières, en position pour décocher un carreau. A l’amplitude des grognements, elle devinait trois ou quatre mordeurs, pas plus. Dans la configuration actuelle, ça restait un nombre négociable à deux. Un carré de lumière crue se déposait à l’intérieur, et la première charogne à se manifester sous les feux de la rampe reçu immédiatement une flèche entre les deux yeux. Stoppée net dans sa progression, elle tomba mollement en avant, en plein milieu du passage. Le rôdeur suivant trébucha alors sur les cuisses décharnées de la femme inerte, ce qui permit à l’ambulancier de lui asséner un coup de machette dans le crâne sans risquer de se faire mordre. Le scénario se répéta encore une fois et, pour le dernier macchabée, un peu à la traîne mais plutôt excité, la musicienne avait eu le temps de recharger son arbalète.

Le calme revint, laissant alors les deux survivants face à un tas sinistres de quatre morts. La pianiste resta attentive quelques secondes, le temps de voir si d’autres se manifestaient, mais ça semblait être tout. Sans montrer la moindre émotion, elle s’approcha de leurs victimes et extirpa ses deux carreaux des visages déshumanisés. Elle les essuya sur les fripes dont étaient encore vêtus les chimères et en encocha une, avant de reléguer l’autre dans sa réserve.

- Il faut qu’on les bouge de là, expliqua-t-elle en posa soigneusement son arme au sol, ils vont nous gêner si on les laisse devant la porte.

Jamais trop prudent : s’ils avaient besoin de fuir cet endroit en vitesse, un amas de mordeurs sur leur chemin pouvait s’avérer être un problème. Alignant ses gestes sur ceux de William, Selene aida à soulever et déplacer les dépouilles de quelques mètres. Il n’en fallait pas plus pour que, malgré la fraîcheur de la journée, la sueur perle réellement sur son front. Elle frotta ensuite ses mains sur son jean, plus pour faire partir l’impression de souillure que pour véritablement les décrasser, et ramassa son arbalète après avoir prit sa torche.

La main qui soutenait l’arme était également celle qui tenait la lampe, projetant le faisceau de lumière droit devant, dans la continuité de son viseur. La musicienne s’était aventurée la première à l’intérieur, ne faisant un pas que lorsqu’elle avait visualisé tout ce qui l’entourait. Un capharnaüm s’étendait devant le duo, entre étagères renversées, pièces automobiles en vrac, chiffons pèle-mêle, et des tâches sombres impossibles à définir. Comme partout ailleurs, ça sentait la mort, la poussière, le moisi. La jeune femme ne put s’empêcher de grimacer lorsqu’elle éclaira un corps écrabouillé par une lourde armoire. La tête et un bras bougeaient encore, mais le rôdeur était en si mauvais état que son visage pendait, à la limite de se désolidariser de son crâne, et ses râles étaient des gargouillis à peine audibles.

L’étudiante ne prit même pas la peine de l’achever, cette chose était inoffensive. Elle évaluait plutôt les éléments qu’elle était capable d’identifier, aussi nulle était-elle en matière d’automobile : jantes, pneus, pots d’échappement, pare-chocs, volants, roues, et plein de pièces plus petites qu’elle ne pouvait nommer. Rien qui ressemblait à des bidons d’essence, pour l’instant en tout cas. Néanmoins, elle aperçut un petit réfrigérateur, qui devait certainement servir autrefois au personnel. Elle s’en approcha avec précaution et, après avoir poussé du pied le bordel qui se tenait devant, ouvrit doucement la porte. Selene eut le réflexe immédiat de ramener sa main en visière, prise par l’odeur de nourriture moisie piégée là-dedans depuis un an.

- Excuse-moi, murmura-t-elle en réalisant qu’elle avait balancé son faisceau lumineux en plein dans le visage de William sans le vouloir.

Retenant sa respiration, elle inspecta l’intérieur du regard, sans oser approcher ses doigts des amalgames de champignons qui avait proliféré dans le frigo. Il n’y avait plus grand-chose de reconnaissable, mais il semblait y avoir un pack de bières et une ou deux bouteilles d’eau.


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William Baker
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Lun 14 Nov 2016 - 15:28

L'étroit passage leur offrait un avantage indéniable, et que dire de l'absence de dextérité des marcheurs qui permit à William d'éliminer deux cibles sans même risquer d'être blessé. Observant les cadavres un instant, puis regardant Selene en guise d'approbation ou de la future marche à suivre, il ne fut pas surpris de sa demande de déplacer les corps. Les enjambés étaient une chose, mais s'il fallait partir à la course, ou pire s'ils avaient négligé la présence d'autres ennemis à l'intérieur, il vaudrait mieux ne pas finir comme leur précédente victime et trébuché sur la pile de cadavres.

L'ambulancier prit quelques secondes pour essuyer négligemment sa machette sur les vêtements du premier corps avant de la ranger à sa ceinture. Puis, avec l'aide de la musicienne, il déplaça les corps l'un après l'autre de manière à simplement les dégager du chemin. Il soupira finalement, essuyant les quelques gouttes de sueur ayant fait son apparition sur son front malgré la fraîcheur de l'environnement.

- Je crois que je m'habituerai jamais., exprima-t-il soudainement. Qui pourrait s'habituer réellement à cette vie ?

Suivant ses paroles, William observa les cadavres un dernier instant, réfléchissant à ce que leur vie avait pu être avant la catastrophe. L'un d'eux était peut-être garagiste, alors qu'un autre était un client avec sa femme. Peut-être que leur enfant les avait attendus à la maison, mais ils n'étaient jamais revenu. Du coin du regard, Selene entrait déjà à l'intérieur et il était hors de question de la laisser seul. Il laissa toutefois le réservoir d'essence à l'extérieur, contre le mur adjacent à porte, et emporta uniquement le sac de sport afin de le remplir des équipements qu'ils pourraient trouver. Il était inutile de s'encombrer d'un poids qu'il pourrait reprendre à la sortie.

Il suivait la jeune femme de près, gardant l'attention sur l'environnement intérieur du bâtiment. Il fut surpris de voir qu'elle laissait le cadavre dans sa misère, plaintif. William avait plutôt dans l'idée qu'il fallait libérer ses gens de leur état. Imaginons que l'esprit des vivants soit encore là, quelques parts enfouis à observer la scène d'horreur avec impuissance. Tirant sa machette, l'ambulancier s'approcha du cadavre pour lui enfoncer la pointe de sa lame d'un seul coup dans un œil, laissant le restant de vie s'échapper du corps impuissant écrasé sous l'étagère, puis il se fit volte-face, retournant auprès Selene. Elle semblait avoir trouvé un coffre-fort de nourriture, si quoique ce soit avait survécu là-dedans bien entendu. Ce penchant sur elle à l'ouverture, elle lui flashera la lampe torche en plein visage, aveuglant le nouvel arrivant l'espace d'un instant.

C'est rien... J'aurais pas dû me tenir là. Fit-il en prenant un pas de recul, laissant la jeune femme fouiller son trésor mal odorant.

Sur le coup, il ne remarquera même pas le butin, tournant la tête vers l'équipement tombé des étagères au sol. Il n'avait aucune spécialité en mécanique automobile, mais il connaissait tout de même l'importance des changements d'huile et de filtres à air. Quelques filtres ne seraient pas encombrant vu leur légèreté et deux ou trois bidons d'huile à moteur ne pourraient pas nuire dans le stock. Il se saisissait alors des quelques pintes d'huile jonchées sur le sol, les secouant afin de déterminer si elles étaient pleines, puis il rassembla une demi-douzaine de filtres à air afin de les mettre dans le sac de sport. S’affairant au ramassage de ce qu'il juge être son propre butin, il s'adressa à Selene alors qu'ils étaient pratiquement dos à dos.

Ça fait longtemps que vous êtes ensemble ? Toi et Gabriel ? Vous vous connaissiez avant le jour J? Et Abi était une amie à vous deux ? Vous avez l'air plutôt soudé. C'était une question légitime, une question qui en amènerait une autre. William voulait profiter de ce moment de solitude avec la musicienne afin d'en apprendre plus sur ce qui la troublait. Il y avait eu cet incident sur la route qui continuait de tourmenter son esprit et il avait besoin d'en savoir plus.

- J'ai l'impression que vous partagez quelques secrets aussi. Tu dois leur faire beaucoup confiance., ajouta-t'il simplement dans l'espoir qu'elle s'étale sur sujet. Peut-être ouvrirait-elle la porte suffisamment grande pour qu'il pose des questions sur son état.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Lun 14 Nov 2016 - 17:24

Pendant qu’elle réfléchissait à comment extirper son butin du frigo sans s’en mettre plein les doigts, William s’était détourné pour s’intéresser aux ressources plus mécaniques. C’était bien étrange, de pouvoir tuer des rôdeurs, qui n’étaient ni plus ni moins que des êtres humains aliénés ; de pouvoir patauger dans le sang, tâter des chairs mortes, mais la moisissure ? Beurk ! Selene se moqua d’elle-même et posa son arbalète pour, non sans ramasser un bout de chiffon, tirer à elle le pack de bières. Ce fut à ce moment là que son aîné rompit le silence avec les questions.

Chacune d’elle était légitime : il s’intégrait à un groupe, elle s’imageait comme la meneuse, alors il voulait la connaître. Heureusement, elle avait la tête masquée par la porte ouverte du réfrigérateur, alors il ne vit pas ses yeux bleus se baisser, ni ses lèvres décolorées se pincer, ni le vide envahir ses traits de femme-enfant. Des secrets ? Il y en avait oui… mais mieux valait qu’ils restent où ils étaient. De toute façon, elle-même avait perdu la notion de ce qu’ils étaient. L’étudiante savait – sentait – simplement que quelque chose n’allait pas. Mais… quoi ? Même si l’ambulancier ne pouvait le voir, elle attacha un sourire factice à son visage :

- On a tous nos secrets je suppose, même dans un monde comme ça. « Surtout » dans un monde comme ça, précisa-t-elle après une petite hésitation.

Elle venait de finir de décrasser les canettes de bières. La bonne nouvelle, c’était qu’elles semblaient intactes, le conditionnement hermétiquement ne paraissait pas abîmé. Plus qu’à espérer qu’elles soient buvables ; en même temps, vue la galère qu’ils traversaient, ce serait soir de fête même si elle rapportait la pire des pisses d’âne. Tout en posant l’alcool à ses pieds pour s’attaquer aux bouteilles d’eau, la musicienne reprit :

- Je leur confierais ma vie à tous les deux, mais je ne les connaissais pas vraiment avant. Gabriel c’est… c’est marrant en fait. J’ai fait une année dans la classe de sa sœur jumelle au secondaire. C’était ma prof’ d’anglais. Je n’avais rencontré Gabriel qu’une fois : pendant une sortie scolaire, il avait remplacé l’une de nos profs’ absente et… il s’était assis à côté de moi, elle se redressa pour essayer de regarder William, un sourire mélancolique illuminant son visage, j’avais même essayé de l’allumer à l’époque. J’étais en train de mûrir mais… je restais une idiote de première.

La pianiste ne put s’empêcher de rire légèrement. Aujourd’hui, même se souvenir de son adolescence chaotique lui faisait du bien, aussi incisif qu’était son opinion de son propre comportement. Oui elle était une peste, oui elle avait été ridicule, oui elle avait été stupide, mais… elle était insouciante. Sa vie se résumait à ses camarades, son père et à planer. Pas de morts, pas de souffrance, pas de douleur, pas de combat, pas de faim, … un monde fragile, fabriqué dans du papier, mais il lui donnait cette satisfaisante impression de sécurité.

- Mais ça n’a rien à voir. On ne s’était jamais revus, on s’est juste croisé par hasard, au début du printemps dernier. Il était seul, je vivais déjà en communauté, alors bien sûr, on l’a accueilli, elle haussa les épaules, j’étais plus une gamine et il n’était plus professeur alors… on s’est rapprochés. Ça date de quelques mois. Peut-être que le fait qu’on se connaissait un peu à jouer, je ne sais plus trop.

Mais elle savait bien des choses qu’elle passait sous silence. Qu’elle était éperdument amoureuse, parce qu’il l’aimait, même en l’ayant vue sous le pire de ses jours. Qu’elle ait des absences, perde le contrôle de ses émotions, massacre un être humain, l’instituteur avait toujours été à ses côtés. Il l’avait sauvée, il l’avait acceptée après son viol, il était devenu fou pour elle, il s’était sali les mains… bien que la pénombre empêchait l’ambulancier de voir ses traits, Selene se replongea dans le nettoyage de ses bouteilles d’eau pour ne pas que son trouble soit visible.

- Quant à Abigail, je l’ai rencontrée après le début de l’épidémie, à Seattle, grâce à un ami qu’on avait en commun. On l’avait perdue de vue, mais elle nous a retrouvés le printemps dernier aussi, et elle est restée. Et… ils ne s’aiment pas beaucoup avec Gabriel en fait. Mais pour moi, elle est comme… ma sœur jumelle. On se ressemble et on se comprend, c’est… trop fort pour être expliqué, capitula la musicienne en terminant sa besogne.

C’était tellement vrai. Elles étaient unies par leurs émotions à fleur de peau, leur rage latente, leur soif inextensible de se battre. Deux guerrières aux traits juvéniles, deux harpies rongées par un mal-être brûlant. Tous pouvaient « savoir » de quoi les deux meneuses étaient capables, mais elles seules pouvaient ressentir ce qui les animait respectivement. Il y avait un cercle dans un cercle. Selene ne savait juste pas encore lequel de celui de Gabriel, ou d’Abigail, emporterait la bataille pour son âme.


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William Baker
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Mer 16 Nov 2016 - 17:38

William avait envie de répondre qu'il n'avait aucun secret. Oh, il avait bien quelques remords ou regrets, il y avait bien des éléments de son passé qui rongeait son intérieur, mais rien de tout cela n'était secret. Après tout, il n'avait rien commis de moralement inacceptable directement. La majorité, pour ne pas dire la totalité, des éléments qui le hantaient, avaient été causés indirectement. Il se sentait responsable de la mort d'Aori et de la famille de Charlie, et il était troublé à simple idée d'éliminer des « vies » humaines au quotidien alors qu'il avait plutôt juré d'en sauver. Bien qu'il s’attribue un certain poids de la responsabilité face à ses choses, il n'avait pas lui-même tué les gens morts par sa faute, et il n'était pas le créateur de l'épidémie, il n'avait donc rien à cacher, rien à réellement se reprocher. Dans tous les cas, mettre cela au visage de Selene n'apporterait rien à la conversation. À vrai dire, cela risquait plutôt de la faire se refermer sur elle-même, peut-être se sentirait-elle « coupable » d'avoir des secrets alors qu'il n'en a pas.

L'ambulancier rassemblait les quelques pièces automobiles de base qu'il avait trouvées, les glissant dans le sac de sport puis se redressera, ce tournant vers la musicienne qui semblait avoir trouvé un trésor : de la bière. Will était loin d'être un alcoolique, mais il se rappelait l'effet relaxant que pouvait avoir une bonne bière froide à la fin d'une rude journée de travail. Celle-ci ne serait surement pas froide, mais la partager avec le groupe serait sans doute agréable. Observant la jeune femme s'adresser à lui, lui raconter son histoire avec Gabriel, il surprit le fin sourire mélancolique sur le visage de la belle. Sourire qui d'ailleurs se transforma en un léger rire. C'est dire que cette conversation devait faire du bien. Le passé était parfois lourd, mais d'autres fois, surtout en ses jours sombres, il était souvent synonyme d'un havre de paix.

Le nouvel arrivant s'appuyant simplement contre le mur près de lui, croisant les bras pour écouter ce qu'elle avait à dire à propos d'Abigail. D'une certaine façon, il était jaloux de leur relation. Un fin sourire s'était installé sur ses lèvres alors qu'il était plutôt ravi de parler d'autre chose que de la perte de Charlie ou des millions de cadavres à l'extérieur. Il était jaloux de la relation que Selene avait développée avec Gabriel, et avec Abigail, surtout parce que depuis un an, il n'avait eu de relation avec personne... Pas de connaissances, pas d'amis, pas d'amour. Que lui, avec ses pensées. Il n'avait de lien de confiance avec personne. Il lui semblait que la musicienne avait Gabriel pour la calmer, l'adoucir. Peut-être la blonde aurait besoin de quelqu'un aussi, visiblement, c'était aussi une jeune femme troublée.

- J'ai tout de suite vu ce lien que vous partagiez Abigail et toi. Elle a semblé être très affectée par notre arrêt inopportun sur l'autoroute. Quand Gabriel et toi avez changé de place.

William avait sorti ça comme une bombe. Il avait parlé de cet « incident » comme s'il ne s'agissait de rien d'important, comme si discuter de ce sujet était d'un banal déconcertant. Mais l'ambulancier savait comment s'y prendre pour faire parler les gens. Dans le cas d'intervention sur le terrain, il n'était pas rare qu'il faille user de psychologie pour qu'un patient en crise parle de sa condition. Le métier qu'il pratiquait n'était pas loin de la psychologie, de l’interventionnisme ou du métier de policier. Fallait pousser la personne à parler, sans toutefois la brusquer. Dans le cas présent, Selene n'était pas une patiente, elle n'était peut-être même pas atteinte d'une condition quelconque, mais ça ne rendait pas impossible la manœuvre. Quelque chose était arrivé ce jour-là, et il avait besoin de savoir ce que c’était. Pas parce que c'était nécessaire, mais parce qu'il avait besoin d'en connaitre plus sur la psychologie de la jeune femme qu'il suivrait aveuglément dans les prochains mois, voir années.

- Est ce que quelque chose n'allait pas? Tu ne semblais pas te sentir très bien.

Afin d'alléger le tout, pour que la situation ne ressemble pas à un interrogatoire, Will repris la route de ses occupations. Il attrapa la deuxième lampe de poche, qu'il avait laissée dans le sac de sport, puis s'avança lentement en direction de la deuxième porte qui les mènerait probablement dans la section réception, là où les camions devaient à l'origine déposés les pièces reçus. En y réfléchissant, il doutait de plus en plus qu'ils puissent trouver de l'essence dans cet endroit. Peut-être un autre réservoir portatif, avec un peu de chance, plein, mais rien de plus. Il fit passer le faisceau lumineux de sa lampe de poche à travers la petite fenêtre de plexiglas présente dans le haut de la porte, examinant rapidement à l'intérieur s'il y avait des mouvements lui permettant de croire qu'un ou deux rôdeurs avaient pu rester dans cette section du bâtiment. L'endroit semblait être une aire de chargement des plus normales, il faudrait y entrer pour s'assurer qu'on n'y trouverait pas des trésors.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Mer 16 Nov 2016 - 19:04

Heureusement que ses trouvailles étaient déjà rangées dans son sac à dos, sans quoi la jeune femme les aurait très certainement laissé tomber. Elle avait tressailli quand William avait reparlé du premier jour de leur périple, quand ils s’étaient brusquement arrêtés sous la pluie pour échanger de place avec Gabriel. Ses entrailles s’étaient un peu crispées, son souffle s’était suspendu. Est-ce qu’il savait quelque chose ? Quelqu’un lui aurait parlé ? Devait-elle jouer sur la défensive ou préserver le secret ? Oui, quelque chose n’allait pas. Elle ne se sentait pas bien et parfois, elle avait l’impression que son cerveau déconnectait et qu'elle agissait, sans vraiment se rendre compte de ce qu’elle faisait. C’était ce qui s’était passé ce jour là.

- J’étais juste… stressée, prétexta-t-elle en rejoignant son aîné, j’étais trop nerveuse pour conduire, j’ai préféré que Gabriel le fasse.

A la lueur des lampes-torches, elle chercha le regard de son complice. Ce n’était qu’à moitié un mensonge, alors ce n’était pas difficile de dissimuler la vérité derrière ses orbes de glace. Elle s’en détourna bien vite, préférant pousser la porte qui ouvrait sur un espace d‘entrepôt. Ici, pas de rôdeurs, pas même de désordre. En fait, il n’y avait pas grand-chose de façon générale. Les propriétaires ne devaient pas avoir été livrés depuis longtemps au moment où l’épidémie a mis tout le pays au point mort. Il y avait des palettes de bois, soigneusement entassées dans un coin, des cartons encore plein de pièces à ranger, mais pas d’essence. Toujours pas. Sans baisser son arbalète ni cesser de faire le tour de la pièce, Selene tenta une diversion en demandant :

- Elle te plait ? Je veux dire… Abigail, tu l’aimes bien, non ?

Est-ce qu’elle essayait de rencarder sa meilleure amie ? Oui et non. La musicienne était juste plus que sensible à sa détresse silencieuse ; un condensé de rage et de tristesse qui la rongeait de l’intérieur. L’irlandaise était malheureuse, c’était évident, mais la pianiste ne pouvait pas vraiment lui rendre le sourire. Elle pouvait la comprendre, lui tenir compagnie, la soutenir, mais au fond, la blonde restait bloquée sur cette histoire de culpabilité. Le fait qu’à ses yeux, elle avait failli causer la mort de la benjamine de leur groupe. Au moins, elle n’avait pas réessayé de mettre fin à ses jours, ce qui était un progrès. Mais si quelqu’un pouvait lui apporter un peu de lumière… Selene ne pourrait que l’encourager.

- Tu as pu lui parler, c’est déjà une bonne chose. Elle n’est pas très facile à approcher en général.

Elle non plus dans un sens, mais là où la jeune femme souffrait plutôt d’une difficulté à se sociabiliser, son aînée était carrément devenue sauvage. Passer un hiver dans les bois ne l’avait sans doute pas aidée, la colère et la rancœur ne sont pas les meilleurs compagnes de voyage. Et puis, la confrontation avec le groupe de Jonah n’avait rien arrangé. Les blessures étaient peut-être - sans doute - trop profondes pour être pansées, mais il devait rester une chance de l’apprivoiser. L’apprivoiser, pas la domestiquer.

Selene avait ouvert la bouche pour le mettre en garde mais se ravisa. Elle ne voulait pas lui faire peur, et William devait être assez grand pour savoir comment étaient les femmes quand on faisait souffrir leur meilleure amie : impitoyables. Et la pianiste avait prouvée depuis un moment qu’elle n’était pas comme les autres… non. Elle était pire.


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William Baker
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Mer 16 Nov 2016 - 20:41

Nerveuse... William n'en croyait pas un mot. Mais il ne laissa rien paraître, du moins pour l'instant. Faisant mine de regarder attentivement à travers la porte. Selene était chef d'un groupe de survivants, elle éliminait des cadavres avec un calme presque troublant et semblait d'une solidité impressionnante. Derrière chaque mur de pierre se cachait des faiblesses, mais trop nerveuses pour conduire une voiture par une journée pluvieuse ? L'ambulancier n'était pas dupe à ce point-là. Il tenta tout de même de jouer plutôt la carte de la compréhension plutôt que la carte de confrontation. S'il la coinçait dans le coin, ça n'apporterait absolument rien de bon à la conversation et cela risquerait simplement de la rendre distante et froide à son égard dans le futur.

La nervosité peut mener à des crises de panique. Si jamais c'est récurent n'hésite pas à m'en parler. J'ai souvent eu des cas comme ça dans mon ancienne vie.

Voilà, c'était dit. Si Selene ne décidait pas de s'ouvrir à lui, il ne pourrait rien faire de plus. Si effectivement, c'était « juste » de la nervosité, au moins il serait fixé. Mais si c'était un problème plus grave, si la musicienne cachait un secret ancré plus profondément, alors il pourrait surement l'aider. Soit en l'écoutant, en la guidant ou en trouvant des moyens plus chimiques pour l'aider. Toutefois, jusqu'à maintenant, il n'avait aucune raison de croire que la meneuse avait besoin de médications.

Il ne fut pas surpris que son interlocutrice cherche à changer de sujet. Elle le dépassait déjà pour pousser la porte devant lui et entrer à l'intérieur de l'aire de chargement. Il entra avec elle et éclaira les zones opposées à celle qu'éclairait Selene. Sans être éberlué, il était déçu de ne trouver rien d'autre d’intéressants dans cet espace. Il leur faudrait surement reconsidérer de siphonner plus de véhicule, ou bien de chercher d'autres bâtiments dans le même genre. Il était peu probable de trouver une station-service qui n'était pas à sec depuis qu'il n'y avait plus de livraison. Bien qu'il s'attendît à ce que sa complice change de sujet, ce qu'elle lui demanda le frappa de plein fouet. Est-ce qu'il « aimait » Abigail? Le seul fait que la question le fasse doutait lui permettait de croire qu'il n'était probablement pas indifférent face à la blonde, mais est-ce que c'était une forme d'amour ? Une amitié en devenir ? Une simple appréciation et compréhension de ce qu'elle pouvait vivre et ressentir ? William avait du mal à répondre à ses questions, ne sachant trop comment qualifier ce qu'il pouvait ressentir envers cette jeune femme qu'il connaissait depuis si peu de temps. De plus, depuis le jour J, il n'y avait toujours eu « que » Charlie. Jamais il n'avait considéré lui être infidèle ou simplement de refaire sa vie, mais maintenant qu'il faisait une croix sur l'espoir de la retrouver, pourrait-il envisager de fréquenter quelqu'un d'autre ?

Je... hum... C'est difficile à dire. Je veux dire... Je mentirais si je disais qu'elle n'est pas attirante, mais... Je n'ai jamais vraiment réfléchit à l'idée de... refaire ma vie. Tu comprends?

Le ton de voix de William laissait facilement entrevoir qu'il était légèrement confus à cette idée et encore une fois, il faisait preuve d'une franchise plutôt exemplaire. Il cherchait son approbation sur la conclusion, ne sachant pas trop si le fait de qualifier la blonde « d'attirante » devant son amie était la meilleure des idées. Soit elle trouverait cela dégradant, soit elle trouverait ça mignon, les deux possibilités se valaient parfaitement dans cette situation. Il est vrai que l'ambulancier avait eu une certaine chance de discuter un peu avec Abigail, mais elle s'était présentée à lui et non l'inverse, est-ce que ça signifiait quelque chose ? Il ne saurait le dire pour l'instant.

J'imagine que c'est un trait commun à beaucoup de gens de nos jours. Nous avons tous vécu des choses qui nous ont forcé à nous refermer sur nous-même. Je suis tout de même content d'avoir pu m'approcher un peu plus d'elle... Comme de toi aujourd'hui.

C'était une vérité indéniable. William avait passé la dernière année dans la solitude à se ronger de l'intérieur, était-il réellement aussi facile d'approche qu'il avait pu l'être avant l'épidémie ? Était-il aussi pince-sans-rire qu'avant ? La réponse était évidente, non. Après, certaines personnes avaient probablement vécu des choses pires que les siennes ou étaient déjà prédestiné à être plus refermées. Sur ces mots, l'homme se retourna vers la porte, prévoyant d'aller se saisir du sac de sports, prêt à quitter les lieux si c'est ce qu'elle déciderait.

Je crois qu'il n'y a plus rien à voir d’intéressant. Je ne sais pas si tu voulais qu'on fasse le tour une dernière fois, mais je crois qu'on ne trouvera malheureusement pas d'essence ici.



“I wish it need not have happened in my time, and so do all who live to see such times. But that is not for us to decide. All we have to decide is what to do with the time that is given us.” ― J.R.R. Tolkien
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Gib mir benzin !

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