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 Gib mir benzin !

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Jeu 17 Nov - 20:40

- Je comprends…, laissa planer la musicienne en souriant pour elle-même.

Elle l’avait troublé, objectif atteint. Surtout qu’il se rajoutait une couche de stress tout seul ! Elle ne lui avait pas proposé d’épouser l’irlandaise, ni de « refaire sa vie » ; non, elle avait simplement demandé si elle lui plaisait. Au moins pour ça, elle avait sa réponse : « attirante ». Pas intéressante, ou mignonne, ou jolie, ou captivante, ou intrigante, … non. Attirante. Les hommes ne changeaient pas. Un an de la pire épidémie que connaissait l’espèce humaine, et les premiers adjectifs qui leur venaient au sujet des femmes étaient basés sur leur physique. La pianiste n’était pas vraiment outrée, elle-même reconnaissait à sa meilleure amie une beauté étrangement magnétique, mais elle ne dit rien et écouta William en continuant sa recherche.

Il marqua un joli point en confiant être content de lui avoir parlé un peu. Dos tournée à lui pendant qu’elle inspectait un carton, Selene soupira légèrement. Tristement. Pourquoi avait-elle le chic pour s’entourer de gens gentils qu’elle ne méritait pas ? A moins qu’il ne soit un sociopathe particulièrement habile, l’ambulancier se dévoilait sans résistance, un livre ouvert ; et elle… elle compartimentait. Comme toujours. Assez proche pour s’isoler en sa compagnie et parler de ses relations aux autres, mais pas assez pour nommer ses faiblesses. Cherchait-elle à se créer un mythe ? Parfois, elle se demandait. Une légende ont elle serait la première convaincue. Pourquoi était-ce si dur de dire ce qu’elle avait sur le cœur ? Les mots étaient comme physiquement bloqués dans sa gorge.

Elle fut ravie que son aîné propose de sortir : non, il n’y avait plus rien à voir ici, et elle ne savait pas quoi lui répondre. La lueur du jour l’aveugla. Une main en visière, elle évalua les environs avant de ranger sa torche. RAS. Ils n’avaient pas beaucoup d’essence, mais n’étaient pas bredouilles non plus. Un peu d’eau, des bières, des pièces de moteur… rien ne se jetait désormais. Quand ils furent prêts, sacs bien ancrés sur les épaules, la jeune femme prit les devants pour poursuivre sur la rue Charlotte. Marchant aux côtés de William, une partie d’elle avait envie de le taquiner. Lui demander si elle aussi, il la trouvait « attirante », par exemple. Mais il y avait autre chose… il méritait autre chose.

- Tu as raison. Pour ce que tu as dit tout à l’heure…, elle sembla chercher ses mots le temps de quelques pas, Abigail et moi, on a vécu des choses qui nous poussent à être… comme ça.

Méfiante ? Renfermée ? Froide ? Menaçante ? Aucun terme n’était exact ni approprié. Alors « comme ça », ça résumait bien ce qu’elles étaient. Selene se doutait que l’ambulancier voudrait approfondir le sujet, même si son ton laissait bien entendre que ce ne serait pas pour aujourd’hui. Afin d’adoucir un peu ses paroles toujours plus sèches qu’elle ne le voudrait, elle lui adressa un sourire. Ou plutôt, une esquisse, qui creusa à peine ses fossettes. De la pointe son arbalète, elle désigna alors ce qui leur faisait face, sur la sur Ste Preble qui mettait un terme à la rue Charlotte : une petite barrière, une grande cours de récréation, les bâtiments muets d’une école primaire. Ça n’annonçait pas de l’essence, non, mais peut-être une cantine. Et qui disait cantine pouvait imaginer quelques réserves de denrées non périssables.

- On essaye ça ? C’est un gros morceau pour deux, mais ça peut valoir le coup.


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William Baker
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Sam 19 Nov - 0:50

L'ambulancier ne semblait pas avoir saisir l'ampleur de la situation dans laquelle il s'était commis. Avait-il naïvement mal compris la question ou s'était-il lui-même lancé sur un sujet glissant sans même le réaliser. Le fait est qu'effectivement, il était un homme, et comme tout homme, ou comme il le penserait, tout humain, le physique était la première chose que l'on pouvait constater chez quelqu'un même dans un univers où plus personne ne faisait réellement attention à son apparence. Toutefois, même s'il ne pouvait l'expliquer, le terme "attirance" avait été choisi, car il allait plus loin que la simple façade physique. Il s'agissait plutôt de quelque chose de magnétique, quelque chose de plus profond, dépassant uniquement la barrière du "Elle est belle". Malheureusement, l'ainé n'aura pas la chance d'expliquer cette nuance, puisque le sujet n'était pas mis sur la table.

Selene acquiesçait plutôt à sa proposition, ce dirigeant déjà vers l'extérieur du bâtiment. Il prit un instant pour se saisir du sac de sport, puis du réservoir portatif sur le côté de la porte à la sortie. Il utilisa tout de même préalablement sa main droite comme visière afin de permettre à ses yeux de reprendre l'habitude de la lumière du jour, puis encombré de tout l'équipement, il emboîta le pas de la musicienne. Heureusement pour lui, alors qu'il marchait à ses côtés, elle ne profita pas de sa naïveté pour le taquiner, au lieu de ça, elle reprit un sujet plus ancien, préalable à ses questions sur l'incident de la voiture.

- Comme ça... reprit-il suite à ses paroles, un fin sourire au coin des lèvres. Un petit fou rire le prix, tournant la tête vers son interlocutrice. S'il avait eu les mains libres, il l'aurait peut-être même poussé un peu pour la taquiner. Je ne me moque pas, je t'assure. Mais j'ai bien vu, la façon avec laquelle Abigail a tenté de m'interroger. Il marqua une pause pour repenser à cette façon qu'avait eue la blonde de pratiquement le menacer de mort alors qu'elle n'avait utilisé que des mots et aucune forme de violence. Son ton de voix avait parlé pour lui-même, les mots n'avaient pas été suffisants.

- Je cherche pas à minimiser ce qu'Abigaïl... ou toi, avez pu vivre. Mais c'est la putain d'apocalypse. On a tous vécu des choses horribles et on a tous fait des trucs qu'on n'est pas fier. Il abordait le tout avec une certaine légèreté, mais il cherchait tout de même les bons mots pour conclure son monologue. J'ai juste l'impression qu'Abigail et toi, vous vous sentez obligé d'avoir le monde sur vos épaules... Alors qu'on est tous là, avec vous, pour ça. C'est le principe d'une famille non ?

Il était tellement perdu dans sa tirade, qu'il n'avait à peine remarquée qu'ils se tenaient maintenant devant une école primaire. Dirigeant son regard vers ce que lui montrait la jeune. L'idée n'était pas bête, une école primaire devait bien contenu deux ou trois trucs intéressants, de la nourriture en tout cas, peut-être de vieilles machines distributrices au minimum. Le risque pouvait être soit très élevé ou très bas. Les institutions publiques avaient dû soit été abandonnés alors que les quarantaines se multipliaient, ou avaient justement servit de refuge pour les rescapés. Cela valait tout de même le coup d'essayer.

- On regarde à l'intérieur. Si l'endroit n'a pas servi de refuge, on va
peut-être même avoir la chance de trouver très peu d'amis. On est mieux d'entrer par là à mon avis.


Il pointait une autre barrière un peu plus loin sur la rue Preble. Il prit l'initiative d'avancer sur le bitume, jusqu'à cette nouvelle barrière qui les guiderait jusqu'à l'école primaire. Glissant le sac de sport sur son épaule et le réservoir d'essence dans sa main gauche, il utilisa sa main maitresse pour venir déverrouiller la barrière en tirant sur la tige qui la retenait au sol, puis il la poussa afin de la laisser émettre ce léger grincement métallique, distinctif des barrières qui ne sont utilisé qu'à de très rares occasions. Il s'avança de quelques pas, la laissant tout de même prendre les devants, puisqu'il était toujours encombré par l'équipement.

- Une fois à l'intérieur faudra laisser l'équipement quelque part où on pourra revenir le chercher.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Sam 19 Nov - 2:29

En doublant William pour entrer la première, la jeune femme hocha la tête. Elle repensait toujours à ce qu’il lui avait dit, comme quoi elle et Abigail essayaient de porter le monde sur leurs épaules. Ce n’était pas la première fois qu’on lui faisait cette remarque depuis l’année dernière ; Ça devrait être vrai. C’était plus fort qu’elle, Selene ne pouvait que vouloir garantir le meilleur à sa « famille », dusse-t-elle pactiser avec le diable pour ça. Mais en même temps… l’ambulancier avait-il été séquestré ? Violé ? Torturé ? Elle lui souhaitait que non. Elle espérait que la majorité des survivants ne vivraient pas ces expériences. Et vue de cette façon… elle n’était pas « comme ça » par exagération.

La musicienne aurait voulu déballer tout ça, défaire les nœuds qui l’étranglaient du matin au soir, mais elle n’y arrivait pas. Ce n’était peut-être qu’une illusion, qu’elle n’avait réellement pas plus souffert que les autres, que c’était normal. Que chacun de ses cauchemars, de ses sensations fantômes, de ses traumatismes… n’étaient qu’une goutte d’eau dans l’océan. Le monde agonisait, et elle se mourrait avec lui.

Courbée, arme prête, la pianiste passa à côté des jeux pour enfant dans un bac à sable, inspecta le préau, pour finalement approcher le plus gros des bâtiments. La peinture des murs blancs s’écaillaient, ils n’avaient pas été lavés depuis des lustres. Il y avait un escalier extérieur, montant directement au premier étage, mais après s’être assurée que rien n’en descendait, Selene s’intéressa à la porte du bas. Respirant profondément, elle interrogea William du regard, et finalement, poussa le battant.

Un grand hall. Un grand couloir plutôt, fendant les lieux en eux parties distinctes. De part et d’autre, des rangées de bancs et de porte-manteaux, entrecoupées par les entrées des salles de classe. Le tableau était déchirant. Des tas d’affaires d’enfant étaient encore là : des cartables, des chaussures, des blousons, des jouets, des cahiers, des trousses… chaque chose était figée dans le temps, comme si on avait fait un arrêt sur image. Refoulant l’élan de tristesse inexpliqué qui montait lui nouer la gorge, l’étudiante frappa du poing sur la porte.

Une table grinça sur le sol, des pieds se trainaient… un rôdeur arrivait. Il sortit lentement de l’une des salles de cours, la moitié du visage en lambeaux. Ironie ou non, c’était un enfant. Neuf ou dix ans, pas plus ; visiblement mordu au bras car sa chair avait tellement été rongée que tout l’os était apparent du coude au poignet. Ça lui faisait toujours quelque chose de devoir tuer une charogne de gamin. Surtout depuis la mort d’Aori. Peut-être à cause de Arun… et si, un jour, c’était lui ?

Le carreau siffla et s’enfonça dans le front de ce qui avait dû être un petit garçon, dont le corps putréfié s’effondra immédiatement. Selene s’appliquait à laisser ses cheveux sombre masquer son visage, pour ne pas que l’ambulancier voit ses yeux briller. Reniflant discrètement, elle alla récupérer sa flèche et utilisa sa pointe pour désigner les bancs les plus proches de l’entrée :

- Laisse l’équipement là si tu veux, sous un manteau.

On ne savait jamais. Déjà que troublée comme elle était par la réaction, et les mots, de son aîné : elle en avait oublié de faire un tour des issues extérieures avant de rentrer. Inutile de pousser plus loin les négligences. La musicienne allait retendra la corde son arbalète mais se ravisa. Une ébauche de sourire timide sur les lèvres, elle tendit l’arme à l’ambulancier en demandant :

- Tiens, tu veux essayer ?


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William Baker
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Mer 23 Nov - 21:47

Ses pas suivait la belle de près, explorant l'endroit du regard avec une certaine curiosité. Alors qu'elle poussait la porte vers l'intérieur, il entra après elle sans attendre, refermant la porte derrière eux. Cet endroit était horrible, et à cet instant, il se demanda si c'était vraiment une bonne idée d'être venu ici. Il se rappelait qu'à l'époque, alors que l'épidémie se manifestait comme quelque chose de plutôt banal, alors que les autorités appelaient à ne pas s’inquiéter, Charlie lui avait confié que ses classes se faisaient de plus en plus vide. De moins en moins, d'étudiants allait à l'école, probablement parce qu'ils avaient fui en pensant être en sécurité ailleurs dans le monde. Avec cette idée en tête, il s'était imaginé que la majorité des écoles avaient dû vivre le même sort, mais n'avait pas réfléchit à l'idée que certaines avaient dû tomber durent l'épidémie. L'idée de se balader dans l'école et d'éliminer des minis rôdeurs le torturaient profondément.

Alors que Selene éliminait un jeune rôdeur sous ses yeux, il réfléchit aussi à Arun. Était-il raisonnable de penser que l'enfant vivrait dans un monde où les nouveaux survivants n'auraient aucune éducation ? Si l'humain survivait réellement à cette épidémie, s'il triomphait de l'envahisseur, qu'adviendrait-il de toutes les connaissances humaines ? De la science, de la médecine, de la technologie ? L'humain survivrait, mais seulement pour retourner à un monde où il devrait réapprendre à marcher. Restait-il simplement d'autres enfants sur terre qu'Arun pourrait fréquenter dans l'avenir...

William chassa cette idée horrible de sa tête, comme si l'intérieur de cette école primaire lui rappelait que la survie ne comptait pas réellement s'il s'agissait tout de même de l'extinction de la race humaine et de son savoir. Il s'avança plutôt vers le banc que la musicienne lui désignait, déposant son équipement dessus, sous les manteaux accrochés. Ce saisissant uniquement de sa machette, il fut un peu surpris par la proposition de la jeune femme. Était-ce réellement le moment pour "apprendre" à utiliser une arbalète ? Il regarda autour, comme pour sonder le couloir, écoutant par le fait même, comme pour se rassurer qu'ils ne seraient pas attaqués durant la manœuvre.

Je veux bien. dit-il, un fin sourire au coin des lèvres alors que l'idée d'utiliser cette arme lui plaisait plus qu'autre chose. L'ambulancier avait toujours eu une sorte de passion pour les armes plus ancienne, et s'était toujours promis que si un jour, il chasserait, ce serait à l'arc ou à l'arbalète. Il tendit alors les mains dans sa direction afin de se saisir de l'arbalète.

Je fais que ramener la corde vers l'arrière, c'est ça ? fit-il en désignant l'arbalète qu'il tenait maintenant dans ses mains, l'observant attentivement de tous les côtés comme le ferait un enfant à qui on venait d'offrir le cadeau de noël qu'il avait toujours voulu. Il attendit tout de même les instructions de l'experte avant d'exécuter les étapes indiquées puis réagis en tirant la corde tendue. Je dois avouer que je ne croyais pas que c'était si dur. Comment tu fais avec tes petits bras de poulet?

Une fois la corde ramenée vers l'arrière, il releva l'arbalète dans la direction du couloir, pointant dans le vide, puis en direction d'un manteau afin de s’imprégner de la prise en main de l'appareil. Il tentait de s'imaginer le meilleur point de repère à prendre pour tirer sur une cible sans la rater. N'ayant jamais encore utilisé son pistolet, il est à peu près certain qu'il ne connaissait même pas lequel de ses yeux était le plus fiable.

Si jamais on trouve une boutique de chasse, c'est certain que je m'équipe d'un de ses trucs ou d'un arc. ajouta-t-il simplement, alors qu'il attendait les prochaines instructions de sa nouvelle mentore de tir à l'arbalète.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Mer 23 Nov - 23:30

- Sur le principe, oui, acquiesça-t-elle quand William demanda s’il fallait ramener la corde en arrière.

Pour l’instant, aucune menace en vue, alors elle prit le temps de le regarder chercher. Elle se souvint avec une pointe de mélancolie que Bobby avait fait la même chose avec elle : il l’avait laissé se dépatouiller avec l’arme cinq bonnes minutes avant de lui confier comment tendre l’arbalète. Et encore, elle n’avait eu que la théorie, parce qu’avec ses bras de pianiste, c’était à peine si elle avait soulevé la corde de quelques centimètres la première fois. Finalement, elle prit la machette de l’ambulancier pour lui laisser ses deux mains libres et commença à lui expliquer :

- Regarde, tu as un étrier là. Tu le poses par terre, il faut qu’elle soit à 90° avec le sol. Tu passes ton pied dedans pour bien retenir l’arbalète, et tu tires.

Tout en s’assurant régulièrement qu’ils n’étaient pas surpris par autre rôdeur, la jeune femme sourit légèrement en réalisant qu’il peina un peu avant de réussir. Après la pique de William, sa bouche s’ouvrit en forme de « o » comme s’il venait de dire une grossièreté. Ses « bras de poulet » hein ? Un jour elle lui mettra une droite sur le nez et il pourra se rendre compte qu’elle a plus de force qu’elle en à l’air ! Mais au lieu de cette répartie, elle se contenta de rétorquer honnêtement :

- Je te l’ai dit. Au début, j’étais incapable de le faire.

Selene hésita alors un instant. A la base, elle pensait simplement laisser son aîné tendre la corde, puisque l’engin avait l’air de l’intéresser, mais ne songeait pas à le laisser s’en servir. Toutefois, en le voyant faire quelques mouvements pour s’habituer à la prise en main de l’appareil, elle envisagea de le lui laisser. Pour l’instant. Tant qu’ils n’étaient pas submergés par les macchabées, elle pouvait se contenter de la machette et lui, pourrait s’entraîner sur le prochain rôdeur qu’ils croiseraient. Ce n’était pas très moral de se servir des infectés comme cibles d’entraînement mais après tout, la finalité était la même : il ne comptait pas apprendre à s’en servir pour aller chasser le gibier.

- Laisse tombe l’arc, conseilla la pianiste, si tu ne pratiquais pas avant, ce sera vraiment trop dur à prendre en main. J’ai essayé…, avoua-t-elle en décrochant l’un des carreaux des encoches de stockage, tiens, tu n’as plus qu’à armer maintenant, et vise avec le red dot.

Elle tapota le petit viseur pour qu’il comprenne de quoi s’il s’agissait. D’après ce que lui avait expliqué Bobby, il était fait pour les tirs à moins de 25 mètres. Honnêtement, elle n’avait pas besoin de plus. Quand elle en venait à tirer sur une charogne, c’était qu’elle entrait dans un périmètre proche, elle ne s’amusait pas à les sniper sur une longue portée. Une fois que l’ambulancier fut prêt, la musicienne lui fit un signe de tête indiquant qu’ils allaient progresser. La méthode ? Avancer le long du couloir, s’assurer que chaque salle de cours était vide et passer à la suivante. Finir le rez-de-chaussée avant d’inspecter le premier – et unique – étage. Selene ne savait pas où trouver le réfectoire alors dans le doute, autant vérifier partout. Dans tous les cas, ils n’étaient pas à l’abri de tomber sur quelque chose d’utile qu’il n’avait pas prévu.

- Comme pour un flingue, ajouta-t-elle à voix basse alors qu’ils avaient entamé leur progression, garde l’index prêt, mais ne place pas sur la gâchette tant que tu n’es pas sûr que tu vas tirer. Tu risques de lancer ton coup par erreur.

Et outre le fait de manquer sa cible, voire de tirer dans le vide, il risquait de lui abîmer un carreau, alors qu’il ne lui en restait plus beaucoup. De son côté, elle n’arrêtait pas de faire pivoter le manche de la machette entre des doigts fins. Elle n’avait pas l’habitude de ce modèle et, comme beaucoup de chose, ce n’était que quand elle n’avait plus ses repères qu’elle réalisait comme elle s’était habituée à l’outil trouvé des mois auparavant à Sequim.


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William Baker
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Ven 25 Nov - 2:11

Il se mit à rigoler, regardant son institutrice d'arbalète avec un fin sourire aux coins des lèvres, visiblement un peu taquiner sur les bords. Il la regarda un instant, espérant vous une pointe de sourire sur ses lèvres, mais visiblement, elle avait mal pris sa remarque. Il était vrai que dans un monde comme celui d'aujourd'hui, il était difficile d'imaginer que quelqu'un puisse continuer à prendre la vie avec autant de légèreté et d'humour que William. À vrai dire, à l'exception de l'absence de Charlie, rien ne semblait réellement l'affecter. Enfin, sauf quand elle avait évoqué Abigail, mais encore là, c'était absolument rien de négatif. Il relâcha les épaules, abaissant l'arbalète maintenant chargée en direction du sol pour la retenir uniquement de la main droite alors que sa main gauche vint se saisir du carreau qu'elle décrochait et devait maintenant tendre dans sa direction pour l'armer.

- Il faudra que tu t'habitue à mon humour, je crois... Je te taquinais, c'est tout... Charlie avait à peu près tes bras, mais elle était plutôt forte. Je sais que vous cachez bien vos muscles.

Il lui fit un clin d’œil, toujours son sourire un peu amusé. Il avait réellement espoir que la belle se décoincerait un peu, et qu'elle deviendrait éventuellement amusée par les remarques de l'ambulancier. Mais trêve de plaisanterie, il arma l'arbalète en glissant le carreau dans l'espace qui lui semblait le plus logique, il leur fallait finir d'explorer cette école, et ils avaient pas mal de chemin à faire. Il releva l'arbalète en position de tir, et ferma un œil pour regarder dans le red dot. Ça ne semblait pas sorcier, restait à voir comme il arrivait à tirer sur une cible, surtout si elle était en mouvement. Il hocha la tête aux instructions que lui donnait Selene, écartant d'office son doigt qu'il avait placé sur la gâchette pour le mettre à côté, hésitant sur le coup à lui signifier qu'il se trimbalait avec un pistolet, mais qu'il ne s'en était jamais servi. Elle se moquerait surement de lui.

William commença à avancer dans le couloir, regardant droit devant lui, en direction que pourrait tirer l'arbalète s'il avait à appuyer sur la gâchette. La plupart des portes des salles de classe étaient ouvertes, des gens avaient dû fuir l'endroit et laisser les effets scolaires en place, car les cahiers et crayons avaient immortalisé les bureaux d'élèves qui n'avaient pas été bousculés. En entrant dans une salle, il vit sa cible de pratique parfaite, visiblement ce qui restait d'un professeur écrasé en position assise sur le sol. Il indiqua alors à la musicienne qu'il allait tenter un tir sur cette cible, de cette façon, s'il ratait sa cible, elle pourrait toujours finir le travail. Donnant un coup de pied sur le bureau afin d'attirer l'attention du cadavre, le nouveau tireur fixait attentivement sa cible, essayant de ralentir son souffle comme il l'avait vu si souvent dans les films. Il espérait secrètement impressionner la chef du groupe et envoyer filer le carreau directement dans le crâne du rôdeur qui était maintenant debout et marchait difficilement dans leur direction.

Dans un dernier instant de calcul de trajectoire, l'ambulancier appuya sur la gâchette, laissant le carreau aller bêtement s'enfoncer dans l'épaule de sa cible. Il fit une moue déçue, s'écartant pour laisser sa coéquipière éliminer le pauvre mannequin d'entraînement, puis s'avança pour aller lui-même trouver la meilleure manière de retirer le projectile de la chaire du rôdeur. Il ne souhaitait pas briser celui-ci, et attendit d'avoir les instructions de l'experte, ce tournant vers elle avec un air un peu interrogatif.

- J'imagine que peu de gens réussisse leur premier coup. fit-il dans un soupir, à demi pour se consoler lui-même de son échec.



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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Sam 26 Nov - 11:52

Les premières classes étaient vides et figées dans le temps. Cahiers, trousses, cartables, craies, tout était resté en place. Sur certains tableaux, on pouvait encore déchiffrer des cours qui n’avaient pas été effacés. Ils avaient croisé l’escalier et pratiquement fini d’inspecter cet étage quand ils tombèrent sur un rôdeur en sale état. Il grognait avec férocité, tendant ses bras vers le duo qui restait à bonne distance, mais ne représentait aucun danger immédiat. Puisque William manifesta l’envie de s’essayer au tir, Selene s’écarta un peu pour le laisser se préparer, observant sa technique et… raté. Normal. Le cadavre n’en était que plus furieux, mais la jeune femme mit rapidement fin à son hystérie d’un coup de machette sur son crâne ramollit. Elle retira alors le carreau pour lui fait la démonstration, le lui rendit, et rétorqua avec l’air le plus sérieux du monde :

- Moi j’ai réussi mon premier tir, ce qui n’était absolument pas vrai en réalité, pour les récupérer, fais juste gaffe à ne pas abîmer les empennages. Les ailettes, là, précisa-t-elle.

Ni à tordre le projectile, mais ça paraissait évident. Pour le rez-de-chaussée, il ne leur restait plus qu’à vérifier les toilettes, un placard à balais, et ils pourraient aller voir le premier. La musicienne s’autorisa alors un peu de répit, posant sa lame ensanglantée sur une table d’écolier, et s’assit sur une chaise trop petite pour sa taille. Elle étendit ses jambes et s’étira pour attraper ses chevilles avec ses mains. L’espace d’un instant, elle rentrant la tête pour essayer de décrisper les muscles de son dos et de ses épaules. L’ambulancier eut une vue brève sur sa nuque gracile avant qu’elle ne relève les yeux vers lui.

- C’était pas si mal. La précision vient beaucoup de la pratique ; une fois que tu t’es familiarisé avec le poids de l’arbalète, son recul, la vision du red dot, la vitesse du carreau…, elle sourit comme une enfant avant d’avouer, en vrai j’étais nulle au début. Il m’a fallu un moment, rien que pour toucher une cible immobile. Je ne suis toujours pas infaillible d’ailleurs…

C’était déjà un peu vieux, mais elle repensait à l’été passé. Quand ils découvraient le phare, que Bobby était à deux doigts de se faire mordre, et qu’elle avait manqué son tir. C’était Gabriel qui avait dû le sauver, et avait failli mourir à son tour d’ailleurs. Le même Gabriel qui lui avait épargné la contamination un peu plus tôt le même jour… elle ne pouvait pas être plus fière d’être sa petite amie ; il était un héros. A ses yeux, au moins. L’étudiante haussa les épaules. Déjà, elle songeait à autre chose, et avait envie d’en parler avant qu’ils ne se remettent en route :

- Je suis désolée au fait pour tout à l’heure. Tu ne m’as pas vexée, c’est moi qui… je stresse beaucoup. On a perdu Aori, Harold est parti… je voudrais qu’on arrête d’être de moins en moins nombreux. Je veux qu’ils soient tous en sécurité.

C’était peut-être parce qu’elle ne le connaissait pas bien qu’il était plus facile de se confier à ce sujet, ou bien parce qu’il était encore en partie un outsider. Oh bien sûr, il pourrait lui rétorquer à nouveau qu’elle essayait de porter le poids du monde mais… c’était un peu ce qu’elle avait choisi. Soutenir le ciel de ce groupe, sur ses épaules fragiles de 20 ans ; enfin… 21 sans doute maintenant, elle n’avait pas vu passer son anniversaire. Ça n’avait plus de sens. Selene essaya de sourire, une esquisse tristoune alors qu’elle baissait ses yeux bleus sur ses mains blanches. Couvertes de sang, même si ça ne se voyait pas.

- Mais… toi aussi tu es un peu comme ça, non ? Demanda-t-elle brusquement, le genre qui voudrait pouvoir « réparer » les gens ? Pas vrai ?

Elle ne pensait pas se tromper. Ça se voyait à sa manière de s’intéresser à Abigail, aux questions qu’il lui avait posées plus tôt, à sa présence dans le groupe en deuil d’une amie. La pianiste avait la sensation que William s’était octroyé la mission inavouée de les soigner. Pas sur le plan physique, pas uniquement, mais sur le plan mental et émotionnel. Il était humain et voulait faire revivre les humains qui sommeillaient en eux. Elle ne le dirait jamais à haute voix, mais elle l’appréciait d’essayer. Tous, ils avaient besoin de lui.


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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Aujourd'hui à 17:02

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Gib mir benzin !

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