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 Gib mir benzin !

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Gib mir benzin !   Sam 29 Oct 2016 - 9:42

29 octobre 2016, Bremerton

Tout était mille fois plus difficile qu’elle l’avait imaginé. A commencer par le froid. Les nuits étaient déjà glacées, impitoyables. Au début, ils dormaient dans les voitures, serrés comme ils pouvaient, partageant les tours de garde. Ensuite, ils étaient tombés d’accord pour essayer de trouver des endroits où faire halte. De toute façon, ils n’avaient pas de vraie destination : ils ne faisaient qu’errer. Bouger pour ne pas se faire piéger, pour se tenir chaud, pour garder espoir. Peut-être un jour, la maison qui les accueillait pour une nuit – ou deux – serait la bonne ? Peut-être trouveraient-ils un foyer digne de ce nom ? Peut-être…

Leurs provisions aussi, s’épuisaient trop rapidement. Déjà quoi, quinze jours sur les routes ? Le stress, les situations périlleuses, les insomnies, ça creusait. Ça donnait soif aussi. D’ailleurs, ils n’avaient plus d’eau depuis la veille, sauf un ridicule fond de gourde qu’ils réservaient à Arun. Leurs munitions étaient maintenant dérisoires : juste de quoi se défendre contre quelques rôdeurs, en cas d’extrême urgence. Jamais depuis le début de l’épidémie, Selene ne s’était sentie aussi vulnérable. Pourtant, elle en avait connu des bas, des périodes difficiles, des jours de diète forcée.

Instinctivement, ils suivaient la nationale 3, en partie parce que jusque là, d’autres itinéraires leur avaient été refusés. Par la force des choses. Aujourd’hui, ils avaient élu domicile dans un quartier de pavillons populaire, face à une église. Pas le choix : ils étaient à court d’essence, impossible d’aller plus loin sans risquer de tomber en rade au milieu de nulle part. Pâle comme une craie, la musicienne avait alors organisé la journée : ils devraient se séparer en petits groupes pour ratisser les environs. Priorité à l’essence et à l’eau potable, mais tout ce qui était utile était bon à prendre. Rendez-vous autour de midi pour faire un point ; ce qui, à vue de nez, leur laissait environ 3h. Deux membres du groupe s’étaient désignés pour rester veiller sur leurs affaires et l’enfant qui les accompagnait.

La pianiste aurait pu choisir un binôme avec Abigail, ou Gabriel, mais elle demanda à William de l’accompagner. Leur interminable périple automnal ne lui avait laissé que très peu de temps pour lui adresser la parole. Pourtant, il les accompagnait, plus ou moins par défaut. Elle ne pouvait pas le lui reprocher : survivre était devenu difficile ; seul, c’était pire. Mais s’ils devaient rester parmi eux, ils ne pouvaient pas ne pas faire un geste – lui tendre la main. Et puis… Aori était morte, parce qu’elle s’était précipitée pour l’aider. Ce ne serait pas honorer sa mémoire que de rejeter – indirectement ou frontalement – l’homme qu’elle avait voulu sauver.

Sac rempli de bouteilles vides sur le dos, arbalète en main, couteau de chasse et lampe torche accrochés à sa ceinture de flic, Selene remontait l’avenue Charlotte vers le nord. A ses côtés, l’ambulancier tenait les bidons qu’elle lui avait confiés et qui, elle l’espérait, seraient bientôt remplis de gazole. Ils avançaient avec précaution, devant sans cesse vérifier sur les côtés, derrière les obstacles, dans leur dos, que rien – ni personne – n’était en train de leur tomber dessus. Avant qu’ils ne débouchent sur la rue WG, il n’y avait eu qu’un rôdeur, immédiatement neutralisé d’un carreau au travers du visage. Extirper son projectile des chairs molles, retendre la corde, recharger… c’était devenu un geste habituel. A croire qu’elle avait fait ça toute sa vie.

- Wohow ! fit soudainement l’étudiante.

Était-ce leur jour de chance ? Ils venaient de tomber pile face au Black country binders, magasin de pièce de rechange automobile. De gros 4x4, plutôt impressionnant d’ailleurs, étant encore garés sur le devant. Était-il envisageable qu’ils trouvent ici ce qu’ils cherchaient ? Sans doute. La jeune femme reprit immédiatement son sérieux néanmoins : une charogne venait de contourner une voiture à la carrosserie enflammée. Le temps de stabiliser son arme, ajuster son tir dans le viseur, et le danger s’effondra avec un carreau dans l’œil.

- Allez : on fait le tour pour repérer les issues, et on voit si on peut rentrer. Ou ne serait-ce siphonner celles-ci, elle désigna les véhicules devant eux, tu as bien le tuyau dans ton sac ?


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William Baker
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Mar 1 Nov 2016 - 22:53

Pour William c'était complétement l'inverse. Bien que cette nouvelle idée de travailler en équipe, de faire confiance à un groupe et s'intégrer parmi un groupe d'inconnu l'effrayait un peu au début, il commençait peu à peu à ce faire à cette idée et ça ne lui déplaisait pas. L'ambulancier avait passé la dernière année à voyager en toute solitude et la plupart du temps à pied, dans la neige, dans le froid, sous une pluie glaciale ou même sous la chaleur étouffante de l'été. Voyager en compagnie d'être avec qui socialiser, et en véhicule par-dessus le marché lui paraissait du gâteau maintenant.

Le fait d'être en groupe avait par contre quelques inconvénients. Il était plus difficile de ce rationné. Les vivres descendaient à une vitesse assez impressionnante, et même l'eau commençait à manquer. La présence d'un enfant dans le groupe n'aidait pas, mais William ne pouvait s'imaginer la souffrance que devait endurer ce petit être dans la fleur de l'âge. Jamais il ne connaîtrait un monde normal, pour lui, devenir adulte serait de trouver toutes les manières inimaginables pour survivre.

Alors qu'ils faisaient un arrêt pour effectuer quelques recherches, pillages et remplir les provisions, il lui semblait tout naturel qu'il serait jumelé avec Abigail, puisqu'ils passaient le plus clair du voyage ensemble, qu'Hernando était "naturellement" lié à Breann et Mike, tout comme Selene l'était avec Gabriel. Toutefois, à sa grande surprise, l'ancienne étudiante en musique avait plutôt décidé de partir en reconnaissance avec lui. "Pourquoi pas ?" Se disait-il intérieurement. Ce serait surement le meilleur moment pour faire connaissance, en apprendre plus sur elle et vice-versa.

Sac de sport rempli de quelques outils dans la main gauche et machette dans la main droite, William avait glissé son Desert Eagle dans son étui de ceinture. De tout le voyage, il ne l'avait jamais utilisé, le chargeur était plein. À vrai dire, il ne savait pas s'en servir, mais il le gardait en urgence, ce disant que ça ne pouvait pas être très compliqué. Il laissait tout de même Selene nettoyée la route devant eux. Visiblement, elle était extrêmement habile au tir à l'arbalète, ce qui semblait impressionner le nouveau. Alors qu'elle s'exclamait devant son tir parfait ou devant la nouvelle découverte, William la suivait et étudiait sa méthode pour recharger et tirer.

- Est-ce que tu as appris à chasser avant le jour Z? Ce genre de tir de précision n'est pas donné à tout le monde.

Suivant la chef des Messiah de près, il observait en sa compagnie l'intérieur du bâtiment à travers l'une des vitrines qui servait généralement de salle de réception. Rien à voir là malheureusement, il faudrait entrer dans la partie garage pour voir les éléments intéressants. Alors qu'elle exposait son plan de match à William, elle lui désignait déjà un autre véhicule non loin de leur emplacement.

- Euh... Oui, ça doit être dans le sac. Par contre, j'ai jamais fait ça, je l'ai vu dans les films, c'est tout.

Il déposait déjà le sac de sport au sol, sortant de celui-ci un réservoir d'essence portatif de cinq litres et en cherchant un peu plus loin, un boyau d'arrosage coupé. Il s'approchait alors du véhicule le plus proche pour y ouvrir le couvercle du réservoir et y glisser le tuyau afin de vérifier la présence de liquide.

- Tu me couvres pendant que je fais ça ? Et tu t'moques pas, j'espère.



“I wish it need not have happened in my time, and so do all who live to see such times. But that is not for us to decide. All we have to decide is what to do with the time that is given us.” ― J.R.R. Tolkien
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Mer 2 Nov 2016 - 17:28

- Je ne rirai pas, promis, rétorqua-t-elle avec une esquisse de sourire, je m'en chargerai si tu n’y arrives pas.

Ces dernières semaines, elle n’avait pas vraiment le cœur à la fête ; moins que d’habitude en tout cas. Même ses taquineries étaient trop froides, trop sèches, trop impersonnelles. Pourtant, William avait un petit quelque chose qu’il l’incitait à se détendre. Sa pointe de légèreté, qui permettait de relativiser, se dire que tout n’était pas « si » terrible. Ses yeux bleus surveillaient les environs, n’acceptant aucun angle mort, aucune surprise. Avec l’habitude, ce genre de réflexe étaient naturels. Difficile à croire que ça faisait un an que l’épidémie avait mis l’humanité à genoux… mais la saison ne mentait pas : la verdure virait au brun, le froid revenait, les crachins s’invitaient avec plaisir. L’automne de l’état de Washington était bien là.

- Et à propos de l’arbalète…, Selene réalisait qu’elle n’avait pas répondu, je n’y avais jamais touché avant… tout ça. C’est un ami qui m’apprit. Au début, je n’arrivais même pas à tendre la corde ; ça faisait tellement mal que je pensais y perdre l’usage de mes doigts.

Cette fois, un sourire nostalgique adoucit ses traits ivoirins. Bobby… c’était rare qu’elle repense à lui sans amertume. A bien y réfléchir, il lui avait appris beaucoup de choses. Il avait beau dire qu’il était idiot, la jeune femme savait qu’il était assez malin pour survivre. Seulement, ils étaient trop différents. Elle l’avait prédit : viendrait un jour où leurs chemins devraient se séparer, parce qu’elle n’était pas faite pour vivre à ses côtés ; et lui, n’était pas fait pour l’accompagner en Enfer. Quoiqu’il fasse, la musicienne était certaine qu’il était plus heureux.

- Avec le temps, ça vient. Après des mois à l’utiliser presque tous les jours…

Sur ces mots, elle leva son arme et tira droit dans la boîte crânienne d’un mort qui débarquait dans leur rue de façon hasardeuse. Le temps d’aller récupérer son carreau, l’ambulancier avait l’air de s’en sortir pas trop mal avec le siphonnage. Ce n’était pas bien difficile dans tous les cas, une fois qu’on avait le truc. Là où ils avaient moins de chance, c’était que le réservoir dans lequel puisait actuellement William semblait être quasiment vide. Il n’avait pas pu récupérer plus de quelques centilitres, ce qui était loin d’être assez.

Le temps que son complice extirpe le tuyau, l’étudiante s’intéressa à la voiture d’à côté. Une superbe pièce ! Même si elle n’y connaissait rien en la matière, elle pouvait reconnaître la prestance du véhicule. Bien que couverte de poussière, la peinture noire obsidienne semblait encore briller au soleil. Les roues étaient si grandes qu’elles lui arrivaient quasiment à la hanche, avec d’épais pneus aujourd’hui à moitié dégonflés. De ce que Selene pouvait voir de l’intérieur, il semblait plutôt équipé et confortable. Posant son arbalète un instant, elle reprit la parole en essayant d’ouvrir la trappe :

- Je réalise que je ne t’ai jamais dit « merci »..., pour ce que tu as fait pour Aori. D’être resté. Même si…, sa voix se suspendit, nul besoin d’y repenser, tu cherchais quelqu’un avant de nous tomber dessus, non ? Ta…fiancée ? elle n’était plus sûre, tu ne penses plus à continuer ?

Loin d’elle l’idée de repousser William, bien au contraire. La musicienne voulait simplement s’assurer qu’il ne les suivait par obligation, ou pire, pas crainte. Comme elle l’avait dit à Hernando et Mike quand ils étaient arrivés, ils formaient tous une famille. Avec ses différents, ses soucis, ses affinités, ses fantômes, ses cadavres dans les placards… mais elle se battrait pour chacun d’entre eux, quoique ça lui coûte. L’ambulancier ne devrait pas avoir peur de se faire sa place, tout comme il ne devrait pas avoir peur de choisir de tracer sa route. La pianiste avait conscience d’être parfois froide, distante, voire extrême dans ses décisions. Mais la dernière des choses qu’elle voulait, c’était que les gens qui l’entouraient la craignent.

- Et cette trappe est coincée ! grogna-t-elle entre ses dents, tirant son long couteau de son étui pour essayer de forcer le mécanisme.


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William Baker
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Lun 7 Nov 2016 - 17:21

Will regardait le boyau avec peu d’enthousiasme. Bien qu'il connût la science derrière tout le principe de siphonner de l'essence, la dernière chose qu'il souhaitait, c'était d'en avoir dans la bouche. D'autant plus que la prochaine gorgée d'eau serait surement dans plusieurs heures et qu'il se retrouverait avec cet arrière-goût désagréable pendant près d'une demi-éternité. Il était étonnant de voir que même après l'apocalypse, des mois sans douche chaude et des repas douteux, on pouvait rester d'une telle coquetterie. Il fit tout de même ce qu'il fallait faire, posant sa bouche sur le boyau et aspirant suffisamment pour sentir le liquide monter à l'intérieur du conduit. Il retire alors ses lèvres à toute vitesse pour glisser l'embout dans le réservoir portatif, observant liquide former une masse sombre dans le fond, à travers le plastique translucide. Une moue de déception s'installe sur son visage alors que la masse sombre s'arrête de monter après à peine quelques centilitres de liquide. Secouant la tête, il écoute attentivement Selene lui parler.

- Faudra que tu m'enseignes un jour. L'idée de chasser à l'arc ou l'arbalète m'a toujours plu.

Il retire son équipement, puis s'approche de la nouvelle voiture désignée par la musicienne. Visiblement, il s'agit du style de modèle de luxe que William aurait voulu conduire à une époque. Il n'était pas un grand amateur de voiture, à vrai dire, il ne connaissait rien aux puissances de moteur et à la mécanique derrière la carrosserie, mais il savait apprécier la beauté d'un véhicule et le bruit qu'il émettait.

Selene le sorti toutefois rapidement de sa rêverie, lui posant des questions auxquelles il était loin de s'attendre. C'était donc pour cette raison qu'elle avait voulu passer du temps avec lui. Probablement afin de connaître ses motivations. Savoir pourquoi quelqu'un changerait son fusil d'épaule, comme ça, du jour au lendemain, pour rejoindre un groupe de gens dont la moyenne d'âge de dix ans de moins que lui. Will leva les yeux vers elle, visiblement un peu troublé, autant par son premier commentaire que par la question suivante. Déposant l'équipement au sol, et effectuant un regard de reconnaissance autour, il s'efforça de répondre le plus franchement possible.

- En tout honnêteté, je ne crois pas mériter de remerciements. Si je n'avais pas été là, Aori serait avec vous aujourd'hui. Il marqua une pause pour soupirer et s'appuyer sur la voiture alors qu'elle semblait essayer d'ouvrir le couvercle du réservoir. Je suis resté parce que le poids de la culpabilité commence à ce faire sentir, parce que je pensais pouvoir l'aider et que j'espère pouvoir vous aider. Si pour survivre, on doit sacrifier notre humanité, nous ne sommes pas mieux que tous ses cadavres. Il semblait profondément affecté par cette idée. Que des gens soient morts par sa faute, et visiblement, d'autres personnes devaient être présentes dans son bagage.

- Moi et ma copine, on a été séparé pendant l'apparition de l'épidémie. Ça fait un an que je la cherche. Je ne sais plus trop si je dois garder espoir de la revoir. Et je me dis que je peux être utile auprès de vous. Il prit une inspiration avant d'ajouter. Vous avez l'air d'être des gens bien.

Prenant un instant pour gratter sa pilosité faciale, il glissa son regard sur le couteau de Selene qu'elle faisait entrer dans la cavité entre la carrosserie de la voiture et le couvercle du réservoir. L'ambulancier n'était pas mécanicien, mais il savait que ce qu'elle faisait là risquait simplement d’abîmer son arme, ou dans le meilleur des cas légèrement plié la tôle autour du couvercle. Ce genre de véhicule de luxe était souvent muni d'une serrure solide afin d'éviter le vol d'essence justement. La seule façon d'ouvrir le couvercle serait de glisser quelques choses sous la serrure ou d'aller ouvrir le mécanisme par l'intérieur, coté conducteur.

Laisse... Soit on fracasse la fenêtre, soit on passe au prochain. Tu vas casser ton couteau comme ça.

Fracasser la fenêtre serait probablement une mauvaise idée. Déjà, ça ferait un boucan du diable, et puis ce genre de voiture devait être muni d'un système d'alarme. Il était possible que la batterie soit à plat depuis le temps, mais il valait mieux éviter de vérifier. William semblait déjà avoir pris sa décision en tout cas, car il se penchait pour prendre le réservoir et cherchait du regard la prochaine voiture qui pourrait être siphonnée.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Lun 7 Nov 2016 - 18:28

L’étudiante écoutait son aîné tout en essayant de forcer la trappe avec son couteau. Ça-ne-servait-à-rien. Elle avait beau s’acharner et y mettre toutes ses forces, elle ne parvenait qu’à rayer la peinture, émettre des crissements stridents et, comme le présumait William, avoir la sensation que c’était son arme qui allait se tordre. Ses gestes s’étaient déjà faits un peu plus distraits, quand son acolyte avait dit qu’ils avaient l’air d’être des gens bien. Le regard de Selene n’osait plus croiser le sien, alors que ses lèvres s’étaient figées dans ce qui aurait dû être un sourire. Elle ne méritait pas ce compliment. Breann, oui. Arun, forcément ; Aori, de son vivant. Mais les autres ? … la jeune fille savait ce qu’ils avaient fait. Ce qu’ils pourraient encore faire. La vérité, c’était que si la vétérinaire ne s’était pas précipitée pour aider l’ambulancier, la musicienne l’aurait certainement laissé se débrouiller avec les rôdeurs, et Harold aurait fait de même.

Une image s’imposa à son esprit alors qu’elle jetait ses dernières forces dans la bataille contre la voiture. Cette femme, seule, perdue, avec son chien. Elle cherchait de l’aide… « son » aide. La pianiste sentait qu’elle n’avait pas l’air méchante, qu’elle devait avoir été rencardée par Bobby, mais… elle ne lui avait pas tendu la main. Non. Elle l’avait abandonnée au milieu de nulle part, en prenant soit d’attirer les mordeurs. Une condamnation à mort indirecte. Alors… elle n’était pas quelqu’un de bien.

- T’as raison, soupira Selene en essuyant la sueur qui perlait sur son front, on continue, elle rengaina son couteau et ramassa son arbalète, ne t’en fais pas… pour Aori. Elle était comme ça, à toujours vouloir aider les autres. C’était une chouette fille. Si ça n’avait pas été pour toi, ça aurait été pour quelqu’un d’autre.

Prononcer ces mots raviva une douleur effroyable dans sa poitrine. Le sentiment de ne pas en avoir fait assez pour l’asiatique, de son vivant. Après tout, elle avait vu sa petite amie mourir, abattue sous ses yeux, mais avait surmonté sa dépression pour continuer à les aider. Tous. Des inconnus dont elle n’approuvait pas tous les agissements. Sans elle, la musicienne serait certainement morte de ses blessures cet été. Aori était resté à son chevet, s’était surpassée, s’était épuisée à la soigner nuit et jour à son retour inespéré. Lui avait-elle rendu ? Pas vraiment…. Trop renfermée sur elle-même, trop fragile, trop ébranlée, elle l’avait même évitée. Au fond, l’héroïne de leur groupe, ce n’était pas elle, ni Abigail, ni Breann… c’était Aori.

- Elle m’a sauvé la vie, aussi, confia la pianiste un peu fébrilement, elle a aussi sauvé Arun. Sa mère s’était fait mordre, elle a choisi de l’adopter, en quelque sorte.

Qu’est-ce que la mort était sadique. Ou peut-être la vie ? Cette impression que les actes des gens n’étaient jugés à leur geste valeur que lorsqu’ils n’étaient plus là était insupportable. Si Selene avait su, elle aurait pris plus de temps. Pour remercier la vétérinaire, lui dire qu’elle s’était attachée à elle, même si ça ne se voyait pas vraiment. Pendant que l’étudiante parlait, le duo avait déjà vérifié deux voitures dont les trappes étaient également solidement bloquées. La chance se manifesta néanmoins sur la suivante ; la dernière de celles qui étaient exposées en extérieur. Ensuite, il faudrait rentrer voir ce qu’ils trouvaient.

- Je ne sais pas trop quoi te dire pour ta copine, reprit-elle pour changer de sujet, si Gabriel disparaissait, je crois que je le chercherais toute ma vie. Mais… je suis contente, que tu sois restée avec nous.

Ou en tout cas, une émotion similaire qu’elle ne pouvait pas nommer. Cette fois au moins, elle réussit à sourire. Une expression pâlotte, un peu triste, mais elle avait un peu du mal à être véritablement heureuse ces temps-ci. Laissant William s’affairer pour le siphonnage pendant qu’elle veillait sur les environs, elle demanda avec douceur :

- Comment elle s’appelait ? Tu veux en parler ?


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William Baker
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Mer 9 Nov 2016 - 17:05

Ne pas s'en faire pour Aori. C'était une phrase si facile à dire, mais pouvait-on vraiment oublier la mort d'une personne juste parce que celle-ci se serait sacrifiée pour n'importe qui? William n'était pas quelqu'un de mauvais. Il savait très bien que, s'il se comparait à des criminels, des pilleurs sanguinaires ou des meurtriers, il méritait beaucoup plus de vivre, de survivre. Mais était-il "juste" d'échanger la vie d'une jeune femme dans la vingtaine, si lumineuse, contre la sienne. La justice n'avait rien à voir la dedans, la vie n'était pas juste, l'ambulancier l'avait compris depuis longtemps. Mais il ne pouvait s'empêcher d'y penser. Et si Aori s'était sacrifié pour sauver un pillard, est ce que ça aurait été différent? Est-ce que le sacrifice de sa vie en valait autant la chandelle?

William s'était fait la promesse, depuis sa plus tendre enfance, de sauver des vies. Pourquoi avait-il failli à cette promesse si souvent en un an. Toutes les vies qu'il avait sauvées, dans sa vie d'avant, dans sa vie d'ambulancier, comptait-elle encore aujourd'hui? Maintenant que le monde s'était effondré, maintenant que la population était au bord du gouffre, les gens qu'il avait sauvés étaient-ils simplement encore en vie? Est-ce que ça en avait réellement valu la peine?

C'était une phrase qu'il se répétait sans cesse, peut-être pour se convaincre qu'il avait la meilleure façon de penser, ou simplement parce qu'il ne souhaitait pas sombrer du côté obscur. « si l'on sacrifie notre humanité pour survivre, si nous nous nourrissons de la faiblesse des autres, en quoi sommes-nous différent des monstres qui se nourrissent de chair humaine? » cela le confortait suffisamment pour l’apaiser, pour ce dire qu'il était encore quelqu'un de bien, qu'il était encore vivant. Aori avait sauvé tellement de monde depuis l'apocalypse, et elle était si jeune. Aurait-il la chance ou la force de faire de même? Pourrait-il se racheter?

Il s'approchait de la voiture chanceuse avec l'équipement, déposant le tout au sol comme il l'avait fait la première fois et en y glissant le boyau à l'intérieur. Il écoutait attentivement ce que Selene lui disait, à propos de Gabriel. C'était quelque chose de facile à dire. Il ne connaissait la relation entre elle et son amant, mais il savait qu'il aimait Charlie plus que tout au monde. On ne pouvait pas faire une croix sur vingt ans de vie d'amour comme ça, du jour au lendemain. Par contre, il fallait se rendre à l'évidence, il fallait être raisonnable. Si elle n'était pas morte à l'heure actuelle, elle devait penser que William était mort et avait surement refait sa vie. Qui serait assez fou pour réellement chercher quelqu'un de toute sa vie, surtout dans un monde aussi vaste où les morts marchaient.

Dans un soupire, peut-être un peu exaspéré de lui-même, de sa lâcheté d'abandonner, il aspira le liquide à l'intérieur du réservoir pour laisser retomber l'embout du boyau dans le réservoir portatif, comme il l'avait fait la première fois. Cette fois, il ne regarda pas le liquide ce déverser, relevant plutôt les yeux vers Selene.

- elle s'appelle... s'appelait Charlie. Il leva ensuite brièvement les épaules, secouant la tête négativement avant d'ajouter. Je ne sais pas s'il y a beaucoup de choses à dire. Je suis resté coincé à Seattle plusieurs jours durant le début de l'épidémie. Quand je suis rentré chez moi, elle était partie. Je me dis qu'elle a surement refait sa vie depuis, si elle est encore en vie.

Il vérifia ensuite si le liquide coulait toujours. S'accroupissant devant le réservoir portatif afin d'observer à quelle hauteur la masse sombre à l'intérieur était rendue. Il espérait que la ressource de l'essence serait réglée, et qu'ils pourraient chercher autre chose, comme une bonne bouteille d'eau fraîche, ou plutôt tiède. La fraîcheur n'était malheureusement plus de ce monde.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Gib mir benzin !   Mer 9 Nov 2016 - 19:56

Selene avait pensivement hoché la tête en écoutant William. Elle ne pouvait pas le blâmer : ainsi était la réalité des choses. Un an déjà depuis que les morts cavalaient après les vivants, c’était une vraie éternité. Même l’amour s’épuisait quand il était rongé par l’absence, la peur et le silence. Pourtant, elle ne reviendrait pas sur ses pensées : la musicienne avait la conviction, peut-être juvénile, peut-être fleur-bleue, peut-être stupide, que même s’ils se perdaient de vue, elle et Gabriel se rejoindraient. De la même façon qu’il lui était tombé dessus par hasard au printemps, ou comme il avait su retrouver sa trace après qu’ils aient été séparés à Tacoma. Ses lèvres se pincèrent alors que ce sale souvenir revenait gangrener ses réflexions. Un rire s’imposa, surnaturel, creusant un sillon glacé dans ses songes. La pianiste essaya de fermer les yeux pour l’oublier, mais ça ne marchait pas. Dans son cerveau malade, son double dément ricanait.

- Hein ?

Elle venait brusquement de revenir au présent, sans savoir depuis combien de temps elle s’était déconnectée. Son aîné la regardait, montrant le contenu du bidon. Moitié plein. Il avait déjà sorti le tuyau du réservoir, mais avait-il parlé entre temps ? L’étudiante ne se souvenait de rien, plus depuis qu’il lui avait confié pourquoi il avait perdu sa fiancée. Charlie. Un peu hasardeuse, fuyant les orbes de l’ambulancier pour ne pas qu’il lise son trouble dans ses prunelles couleur glacier, elle demanda :

- Tu l’as cherchée 1 an. C’est déjà beaucoup, elle était sincère, tu as une photo d’elle ? Je veux dire… tu es repassé chez toi… tu aurais pu en emporter une.

Ou bien pouvait-il avoir une de ces photos d’identité qu’on conservait dans son portefeuille. Histoire de penser à l’autre chaque fois qu’on voulait sortir ses papiers. C’était un peu bête avant, quand on était qu’à dix minutes de chez soi et qu’on achetait son pain, mais aujourd’hui… Selene se disait qu’elle aurait peut-être dû conserver de quoi se souvenir de son père. C’était atroce de se rendre compte qu’elle en avait oublié les traits de son visage. Elle savait qu’elle serait capable de le reconnaître, entre mille, mais se sentait inapte à le décrire. Tant mieux. La jeune femme n’avait pas envie qu’il voit ce qu’elle était devenue.

- Tu me l’as montreras tout à l’heure si tu en as une ?

Tout en l’interrogeant, elle avait prit la direction de la façade est du petit bâtiment, celle qui était longée par l’avenue Charlotte. Il y avait bien une espèce de parking/garage du côté ouest, mais il ne restait principalement que des épaves. Elle avait eu le temps de jeter un œil pendant qu’ils tentaient de forcer les trappes à carburant des 4x4 exposés à l’avant. Les pièces détachées n’étaient pas – encore – une priorité, même si cela lui fit penser que c’était peut-être le jour de faire une révision technique des véhicules. Peut-être Duncan s’y connaissait-il ? Ou Mike ? Ou Hernando ? Ils avaient l’air des hommes les plus manuels de leur groupe. Étrangement, la musicienne ne comptait pas demander à Gabriel d’inspecter leurs moteurs.

L’arbalète levée à hauteur de son regard, afin de pouvoir viser immédiatement si un danger surgissait, Selene avançait le long de la paroi métallique. Elle avait l’habitude désormais : à pas de loup, ses jambes se croisaient souplement, le bruit de sa respiration s’estompait. Même ses longs cheveux semblaient se discipliner pendant ces moments là.

Impossible de contourner le Back Country Binders par l’arrière mais néanmoins, il y avait une petite porte de service sur le côté. Elle était entrouverte, les gonds rouillées, des traces de sang séché à hauteur de main autour de la poignée. Sans un mot, la pianiste les désigna à William et tenta de jeter un œil à l’intérieur. Impossible de voir quoique ce soit, trop sombre. Elle consentit alors à écarter la main sa main gauche de son arbalète pour frapper trois coups de poing sur le mur en tôle. Presque immédiatement, une suite de raclements se fit entendre de l’intérieur.

- On dirait qu’il y a du monde… prêt ?


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Gib mir benzin !

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