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 Now we have to work together

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Emerson R. Barnett
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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Lun 24 Oct 2016 - 11:56

Emy fit un grand sourire à Jimmy quand celui-ci revint vers elle après les questions de Daphne. La sorcière des glaces était peut-être terrifiante, mais le garçon devait garder en tête qu'elle faisait bien son travail. Pour ça, s'il fallait passer par un regard rassurant d'une blonde un peu plus accueillante, elle pouvait faire. C'était, de toute façon, souvent ce qu'on lui demandait avec les enfants, et la raison pour laquelle elle avait choisi cette spécialisation. Elle s'en sortait toujours bien avec eux, là où les autres pédalaient dans la semoule sans s'en cacher. Ça ne voulait pas dire que les enfants étaient faciles à vivre, simplement que la blonde avait quelques facilités avec eux. Rien de plus.

Quand les internes revinrent pour amener Jimmy jusqu'au scanner, Emy lui fit un autre sourire et un petit signe de la main. Elle lui promit de le rejoindre très vite pour ne pas qu'il s'inquiète, et attendit juste de pouvoir discuter un petit peu avec Daphne. La brune chercha à la mêler au diagnostic, un pas que la blonde nota et accueillit avec une mine réjouit de cette effort notable. Ce qu'elle en pensait jusqu'à maintenant ? Elle espérait que la cause n'était du qu'à un sport un peu trop violent, mais à la participation d'un parent. Le souci étant que Jimmy pratiquant le football en amateur, sa formation pouvait cacher des mauvais traitements et tout justifier.

« Son père ne devrait pas tarder à arriver, il a été prévenu. » Fit-elle simplement en soupirant. Se pinçant l'arête du nez, elle réfléchit. Sa mère avait l'air de prendre soin de lui, et son inquiétude était sincère et fondée à propos de son jeune fils. Emy pouvait reconnaître ça, vu qu'elle était elle-même maman, et qu'elle aurait eu les mêmes réactions si Kaycee s'était retrouvée à la place de Jimmy. Néanmoins, elle n'avait pas encore pu voir le père, et l'enfant avait l'air plus mitigé quand à celui-ci. Sans doute parce que dans le duo, l'homme devait avoir le rôle de celui qui faisait la loi, et donc d'infliger les punitions. « Il vaut mieux qu'on puisse poser des questions à Jimmy encore un peu. »

Même si cette disposition était souvent adoptée au sein des familles (une mère douce, un père figure d'autorité), il était nécessaire qu'elles établissent s'il y avait des débordements, pour prévenir une assistance sociale le cas échéant. Néanmoins, Emy se tourna vers Daphne avec une mine mitigée et amusée à la fois. En parler avec Jimmy, oui... Mais : « De manière... Plus rassurante. » Souffla-t-elle sans vouloir paraître trop méchante. En fait, ce n'était pas un mal. Daphne ne mélangeait pas les sentiments à son travail, fort bien ! Mais avec des enfants, ce caractère aséptisé pouvait avoir plus de conséquences que prévu. « Je m'en chargerais si vous avez du mal. » Poursuivit-elle simplement.

Plongeant les mains dans les poches de sa blouse, elle s'apprêta à rejoindre le scanner pour tenir sa promesse auprès de l'enfant. Mais avant ça, elle devait lui retourner la politesse pour maintenir des relations cordiales : « Vous avez des doutes ? » Demanda-t-elle. « A l'observation, avez-vous vu d'anciennes marques ? Des plaies non cicatrisées, ou des bleus ? » Daphne était celle qui l'avait reçu en premier, celle qui avait pu observer ce qu'il se passait. Son impression pouvait être juste, tout comme tout ça pouvait ne rien vouloir dire de particulier.

Il s'agissait surtout de la sécurité d'un enfant, en plus de sa santé, c'était tout ce qui comptait pour Emy. Alors bien sûr, ça impliquait qu'elle devait faire face aux réactions des autres médecins autour du cas, et à leurs avis, pour ensuite tenter de lui donner des soins adaptées, qui survivront aux longs termes. Le faire repartir dans un foyer nocif sans faire tout son possible pour lui n'était pas une solution. « Si vous avez besoin de moi, bipez moi. » Fit finalement Emy en sortant son appareil pour montrer à Daphne qu'elle serait joignable. Elle allait surveiller l'examen de Jimmy, pour tenir parole.


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Daphne C. Page
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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Lun 24 Oct 2016 - 21:57

Daphne approuva d’un signe de tête que le père ait déjà été appelé. Une bonne fois pour toute, elle se dit que l’appréhension sociale mise à part, ce n’était pas si terrible de travailler avec Emerson. Leurs méthodes étaient différentes, leurs façons d’être aussi, mais tout ce qui lui importait, c’était que le travail soit fait, et c’était le cas. L’aînée osa même un léger sourire, sans réellement joie toutefois, quand sa collègue proposa de poser les questions complémentaires d’une façon « plus rassurante ». Inutile de débattre sur ce point : elle n’avait pas envie de s’embarrasser de tact, que ce soit avec les enfants ou les patients adultes. Le simple fait que sa cadette ne réfute pas ses soupçons sur le père la satisfaisait : puisque la procédure suivait son cours, la blonde pouvait s’attribuer tout le mérite des échanges humains si ça l’enchantait. Après tout : travailler avec les gamins, c’était son job. Celui de la brune consistait simplement à réagir vite quand un cas se présentait devant les portes de l’hôpital.

- Je n’écarte aucune hypothèse pour l’instant…, répondit Daphne en soupirant légèrement, il a quelques autres bleus oui, mais rien qui ne s’apparente spécifiquement à de la maltraitance. Le sport peut très bien les expliquer.

Sans compter qu’à cet âge, les enfants se blessaient régulièrement, ce n’était pas un drame. Enfin, pas souvent. Aujourd’hui, il se pouvait fort qu’un trauma-crânien soit décelé au scanner. Dans un sens, c’était ce qu’elle espérait, car cela signifiait qu’elles n’auraient plus qu’à appliquer les soins habituels. Si jamais il n’y avait rien, alors on s’attaquait à une malformation cérébrale ou un dysfonctionnement neurologique, voire psychologique, ce qui était bien plus complexe – et hors de sa spécialisation. Mais au-delà des causes médicales, l’assistante urgentiste voulait des explications environnementales. Si ce gosse avait des lésions, et qu’elles étaient dues à des réprimandes parentales trop violentes, elle voulait le savoir. Identifier une maladie, ses symptômes, ses causes, et son traitement, c’était un package pour elle. Elle ne se sentait satisfaite qu’en ayant eu bon sur les quatre tableaux.

-   Oui, oui, ok. A tout à l’heure.

***

Daphne avait choisi de laisser les internes se débrouiller pour le scanner. Le but était un peu qu’elle ne les chaperonne pas ad vitam aeternam, et puis de toute façon : le docteur Barnett serait là pour s’assurer qu’ils faisaient ce qu’il fallait. La trentenaire put alors finir son maigre déjeuner et s’autoriser une petite sieste ; juste ce qu’il fallait pour lui éclaircir les idées après de trop longues heures de veille. C’était son bipper qui l’avait réveillée : Lane Olson, une autre des internes sur le coup. Quand elle arriva dans la salle où les images étaient examinées, Emerson était déjà là, avec Lane et Thomas. La troisième étudiante s’occupait de Jimmy.

- Alors, ça donne quoi ? demanda l’assistante urgentiste en glissant derrière une oreille une mèche rebelle.  
- Et bien… il y a bien des petites lésions ici et là , il les désigne de l’index, mais… ça me parait léger.
- Léger ? Du regard, elle demande à sa collègue de ne pas intervenir pour laisser les plus jeunes se creuser les méninges.
- Ces traumas prouvent bien qu’il y a eu un choc assez important, expliqua l’élève, mais leurs étendues ne peuvent pas vraiment justifier une crise généralisée aussi longue.
- Des suggestions alors ?
- Une… maladie infectieuse ?
- Pas totalement à écarter, mais il est apyrétique. Les infections les plus courantes causeraient de la fièvre.
- Une maladie métabolique héréditaire alors ?
- Sa mère n’a pas parlé d’antécédent dans la famille, ni d’une ancienne pathologie qui justifierait une encéphalopathie chronique. Peut-être une malformation cérébrale qu’on n’a pas encore repérée ?
- Pourquoi pas, acquiesça Daphne après avoir laissé Lane mariner quelques secondes, un cavernome cérébral peut justifier la crise de convulsion et la sensibilité dans les jambes dont il a déjà parlé. Faites-lui passer un IRM.

Les internes s’empressèrent de filer, ravis de pouvoir à nouveau manipuler les machines. La future urgentiste se tourna alors vers sa cadette, qui n’était pas intervenue jusque là. Si l’hypothèse d’une malformation passée inaperçue jusqu’à lors s'était creusée une belle place dans leur diagnostique, elle ne comptait pas laisser les parents échapper à un nouveau lot de questions, plus précises. Notamment pour savoir s’il n’y avait pas eu des symptômes d’une maladie infantile dont ils n’auraient pas parlé. Mais avant ça…

- Le père est arrivé depuis tout à l’heure ? Vous avez pu le voir ?



   
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Emerson R. Barnett
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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Mar 25 Oct 2016 - 1:36

Emy s'éclipsa rapidement après les déclarations de Daphne, pour rejoindre le scan comme prévu. Elle ne mit pas très longtemps à l'atteindre, et à participer à l'examen en accompagnant les internes et en parlant avec Jimmy qui s'inquiétait légèrement. Entendre la voix de la blonde avait eu l'air de le rassurer, et étrangement, les futurs médecins là pour l'assister, s'en mêlèrent à leur tour pour permettre au jeune garçon de ne pas trop s'en faire. Ils y mirent du leur, pour toujours lui faire la conversation, qu'il ne se sente pas seul à un seul instant. Ils eurent le temps de regarder les clichés de leurs côtés. Emy put ainsi se faire une idée globale du problème, sans pour autant le donner aux autres. Elle se doutait qu'il y avait un enseignement à donner ici, et c'était à Daphne de s'en charger, vu qu'il s'agissait de ses internes.

Quand ils la retrouvèrent finalement dans la salle, la conversation s'engagea, et comme elle s'en était doutée, le cours aussi. Les solutions fusèrent, pour essayer d'établir un diagnostique applicable au cas du petit Jimmy. Ordre fut finalement donné de lui faire passer un IRM, pour essayer de détermine la cause de son mal. Emy les regarda partir à la file indienne et à toute vitesse, sans un regard pour elle cependant. Ils étaient pressés par le temps, et par le regard noir de la femme qui les gérer et qui leurs enseignait leur futur métier. Quand Daphne vint finalement lui adresser la parole, la blonde secoua simplement la tête pour lui répondre :

« Il est arrivé, mais je ne l'ai pas encore vu. » Fit-elle. De toute façon, elle avait passé tout son temps avec Jimmy pour lui parler, essayer de déterminer s'il y avait de la maltraitance dans le sujet. Le garçon lui avait confié que son père ne levait pas la main sur lui, sauf une fois quand il avait fait une très grosse bêtise il y a quelques années de ça. Mais que jamais il n'était tombé, ni ne lui avait donné de claques dans la tête. Et puis, il avait cherché à minimiser l'acte de son père, car après tout, c'était vraiment une grosse bêtise, et aujourd'hui il en avait honte. Tous deux en avaient profité pour parler un petit peu de sa mère aussi, auprès de qui il trouvait une certaine sécurité. Il avait eu envie de la voir.

« Selon Jimmy, son père ne lève pas la main sur lui, sauf pour une grosse bêtise une fois. Il n'a pas souvenir d'avoir été cogné à la tête en dehors du sport non plus. » Soupira-t-elle. « Ceci étant dit, c'est possible que son état de conscience soit altéré, reste à savoir si c'est le cas et depuis combien de temps. » Rajouta Emy en se pinçant l'arête du nez. Pour savoir concrètement, il fallait une machine à remonter le temps, et s'infiltrer dans l'intimité d'une famille. Chose que la blonde n'avait aucune envie de faire, ça allait de soit.

Se tournant vers la brune, elle haussa les épaules après avoir croisé les bras sur sa poitrine. Ses yeux s'aventurèrent sur les scans. « Le cavernome collerait bien, s'il est génétique, ça pourrait vouloir dire qu'il a été asymptomatique pour l'un des parents jusqu'ici. » Et même s'il n'était pas génétique, les symptômes couvraient le diagnostique. « Il aurait pu confondre ses crampes avec une crise épileptique, il n'a pas l'âge de comprendre ce qu'il se passe, et pour peu que ça modifie son état de conscience... » Rajouta-t-elle à la suite, comme si elle se parlait à elle-même.

Ses observations faites, elle attendit une réaction de sa collègue. Devoir traiter un jeune garçon, avec les suspicions de maltraitance, c'était toujours un peu crispant pour elle surtout. Elle n'avait pas envie de commettre d'erreur, de poser une mauvaise solution, ou de le renvoyer dans un environnement familial nocif. Quoiqu'il en soit, elle ajouta simplement : « J'irai voir les parents, ils sont en salle d'attente, quand on aura affirmer ou non le diagnostique du Cavernome. »


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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Mar 25 Oct 2016 - 17:30

Daphne écouta les précisions de sa collègue en hochant très légèrement la tête. Pour l’instant, si le petit disait que son père n’était pas particulièrement violent, elles allaient mettre cette hypothèse de côté. A l’heure actuelle, l’angiome caverneux apparaissait comme le diagnostique le plus probable. Héréditaire ou pas, il pouvait parfaitement causer des troubles physiques ou sensoriels, et causer des crises d’épilepsie. Un traitement un peu rude, par exemple avec un sport musclé, pouvait favoriser les risques d’hémorragie. L’IRM leur apporterait plus de réponse : la seule incertitude qui demeurait était que ce cas de malformation cérébrale restait rare pour un enfant.

- Autant attendre oui. Que notre hypothèse soit confirmée ou pas, on ferait mieux de voir les parents pour réunir toutes nos questions, son bipper sonna. Elle y jeta un œil avant de dire à Emerson : je dois y aller. On se retrouve quand les résultats sont arrivés.

La trentenaire s’éclipsa prestement, appelée à l’aide sur un autre cas qui venait d’arriver. Dans un sens, son rôle dans l’affaire de Jimmy, si elle s’en tenait à sa spécialité, était certainement déjà terminée. Si le cavernome était validé, alors le relais devrait être pris par un neurochirurgien, il n’y aurait pas d’autre choix. Si jamais l’encéphale du gamin ne montrait aucun signe d’anormalité, alors il faudrait se rabattre sur la possibilité d’une simple épilepsie, ou avoir recours à un diagnosticien. Dans les deux cas de figure, ce n’était plus du ressort d’une apprentie urgentiste.

***

Un peu plus d’une heure après, Daphne était de retour auprès de ses internes et de sa collègue pédiatre. Elle était épuisée d’avoir couru d’un patient mortellement blessé à un autre, mais Moore tenait à ce qu’elle assume sa part de travail dans son binôme jusqu’au bout. Bras croisés, ses cheveux noirs écartés de son champ de vision grâce à une queue de cheval, elle regardait Lane et Thomas lui montrer le contour d’une malformation dans l’hémisphère droit du cerveau de Jimmy. C’était bien un angiome, particulièrement grand pour un enfant de 10 ans. Il n’avait pas encore saigné, mais son importance promettait au jeune footballeur de nouvelles crises épileptiques, si ce n’était des migraines et des problèmes de motricité.

- Il faut l’opérer, déclara l’urgentiste en se tournant vers sa cadette.

Elle redoutait sa décision, non pas par esprit de contradiction, mais bien pour la nature du patient. Aux yeux de la brune, ce n’était que l’image d’un cerveau malade qui avait besoin d’être pris en charge avant que les maux ne s’aggravent. Mais ce à quoi elle était insensible, c’était au fait qu’il s’agissait d’un enfant ; enfant qui venait déjà de passer plusieurs heures d’examens sans pouvoir voir sa maman ou son papa. Il devait être épuisé et angoissé, mais c’était bien la dernière des choses qui importait à Daphne.

Quant aux parents, dans quel état étaient-ils ? L’aînée en charge du cas s’était appliquée à éviter les zones publiques de l’hôpital quand elle se déplaçait d’un impératif à l’autre, justement pour ne pas se faire alpaguer au détour d’un couloir. Les internes géraient ça très bien, ils devaient avoir transmis le message que le scanner n’avait rien donné de concluant, et donc qu’ils poursuivaient leurs recherches.

- Vous savez qu’il n’y a pas d’autre solution, argumenta-t-elle, autant réunir maintenant le patient et sa famille pour les mettre au courant.

D’ailleurs, avec la taille et l’emplacement de la malformation, il y avait des chances que la chirurgie classique soit trop risquée – du moins, plus que d’ordinaire. Il resterait l’option de la radiochirurgie, mais ça… ce n’était pas à la trentenaire et sa froideur naturelle qu’il fallait confier la tâche de l’annoncer aux concernés.



   
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Emerson R. Barnett
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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Mer 26 Oct 2016 - 15:37

Quand elle avait vu les résultats, Emy n'avait pas eu besoin d'être spécialement convaincue par qui que ce soit. Elle connaissait son métier, avait conscience des risques encourus, des nécessités et des voies qu'ils avaient pour la vie de Jimmy. L'intervention était, pour le jeune garçon, une chance à ne pas manquer. Surtout que, son jeune âge était, et de loin, un avantage certain pour lui. De fait, le retour implacable et froid de Daphne, avec un avis appuyé et ferme sur la marche à suivre, Emy aurait tout à fait pu s'en dispenser. Les bras croisés sur sa poitrine, elle s'était contentée de relever le regard vers la brune, hochant la tête finalement.

Le temps d'avoir les résultats, Emy n'avait passé que peu de temps avec Jimmy, encore moins avec ses parents. Elle leurs avait promis à tous les deux de revenir dès qu'elle aurait de nouvelles informations sur l'état de leur fils, et c'était maintenant le moment de le faire. Simplement, elle savait que les retours ne seraient pas bons, et qu'ils allaient s'inquiéter énormément. Ce n'était pas un kyste qu'on pouvait enlever sans que ça ne fasse trop de dégâts à part une cicatrice, ni une opération des dents de sagesse... C'était une opération du cerveau, et la blonde ne savait pas encore comment annoncer ça à la famille.

« Je sais, » souffla-t-elle simplement en venant se pincer l'arête du nez. Les internes les regardaient toutes les deux, en sachant pertinemment la position de l'urgentiste sur la question. Moins celle de la pédiatre. Un angiome n'était jamais à prendre à la légère, et elle connaissait les risques. Une opération, cependant, non plus. Et elle essayait surtout sur le moment de trouver comment annoncer ça à la famille, en sachant que la première question que les parents allaient poser, c'était de savoir s'il n'y avait pas d'autres recours. « Allons y. »

Elle se redressa avant de voir que les internes allaient s'apprêter à la suivre. Emy lança un regard en coin à Daphne. Vu le caractère personnel de la chose, et le fait que les parents allaient vraiment s'inquiéter, rajouter autant de gens dans leurs sphères intimes n'étaient pas du tout une bonne idée. Elle leur intima d'un regard d'aller s'occuper d'autres choses, et elle se chargerait plus tard de leur faire le point sur comment annoncer des diagnostiques aux parents et aux enfants. Quand elles furent dans la chambre du garçon, elles invitèrent les parents à les rejoindre, et à voir leurs fils.

Ce qu'elles avaient à annoncé n'était pas plaisant. Et Emy savait que c'était pour sa pomme. Alors elle prit une mine sérieuse, cliché en main, pour les présenter aux parents et au jeune garçon à qui elle fit un sourire qui se voulait rassurant. Elle leur désigna la masse visible, et leur expliqua alors de quoi il s'agissait. « Un angiome ? Ça ne sonne pas comme une bonne chose. » Déglutit le père en tenant la main de sa femme, qui elle, n'avait pas les mots pour vraiment parler. Cette dernière s'était penchée sur son fils pour le tenir par les épaules.

Jimmy, pour sa part, lui demanda ce que c'était. « C'est une malformation entre les artères et les veines du cerveau. Nous ne savons pas si c'est génétique ou non. En fait, l'un de vous peut en avoir un sans que jamais vous n'en ayez eu des conséquences. Cette malformation peut être comme on dit dans notre jargon asymptomatique. Ce n'est pas le cas de Jimmy, elle se tourna vers le garçon. Ton angiome te provoque aujourd'hui de l'épilepsie mais il peut y avoir d'autres conséquences. » Elle eut un sourire un peu triste, avant de reprendre une mine sérieuse.

« Vu sa taille et sa localisation, nous craignons qu'il devienne hémorragique et qu'il cause à terme des problèmes bien plus importants. Dans le cas d'une hémorragie de l'angiome, Jimmy pourrait perdre sa motricité. Ou mourir. » C'était forcément le risque, et la déclaration la plus effrayante. Emy n'avait pourtant pas perdu son sérieux et son air ferme. Elle expliquait les choses pour que tout ça soit à porté pour des non-avertis, et qu'ils comprennent bien les enjeux. « Nous avons eu de la chance de le trouver assez tôt C'est gérable, et l'âge de votre fils fait que plus nous intervenons vite, mieux il aura de chance de s'en remettre. »

Il y eut un silence dans la chambre. Les parents se regardèrent un temps, jusqu'à ce que le père sorte de sa torpeur : « Allez vous participer à l'intervention ? » Emy hocha simplement la tête, regardant Daphne qui avait voix au chapitre : « Pour ma part, si vous l'acceptez, oui. Je serais là. Cependant si vous acceptez l'opération, vous devrez savoir qu'il y a des risques. Je ne peux vous promettre que tout se passera forcément bien et qu'il n'y aura aucun problème. Par contre, je peux vous assurer que nous ferons notre possible pour Jimmy. » Ce fut à ce moment-là que la femme sortit à son tour du silence : « Il y a des alternatives ? » Et elle demanda ça en regardant la brune dans les yeux.


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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Mer 26 Oct 2016 - 21:22

Dans la chambre occupée par Jimmy où elles recevaient ses parents, Daphne préférait rester spectatrice. Il n’y avait aucun doute sur le fait qu’elle n’aurait pas su égaler Emerson en matière de tact et elle n’avait pas du tout l’intention de faire un effort. Parfois, le père, ou la mère, cherchait une échappatoire dans ses yeux, comme si elle était là pour intervenir au moment le plus désespéré, et alors proposer une solution miracle. Immanquablement, ils se heurtèrent à son regard froid et professionnel, absolument indéchiffrable et vide de toute compassion. Ce n’était pas la première fois qu’elle le pensait : elle était docteur, pas assistante sociale. L’aînée laissa donc sa collègue mener les choses, resta silencieuse pendant que cette dernière confirma être présente pendant l’opération, et fut finalement tirée de sa passivité par Mme Edencroft. L’assistante urgentiste prit une brève inspiration avant de répondre :

- Non, il n’y a pas d’autre moyen d’ôter un cavernome cérébral. C’est une malformation, il n’y a donc aucune chance qu’elle disparaisse par elle-même, elle se connecta brièvement aux yeux de sa cadette, comme pour lui dire « prends le relai dès que j’ai fini », vous pouvez considérer comme une chance ce qui est arrivé aujourd’hui. Le sport pratiqué par Jimmy lui a causé quelques lésions, bénignes en elles-mêmes, mais qui peuvent avoir causé sa crise combinées à l’angiome. Sans ça, il aurait pu ne pas être diagnostiqué avant plusieurs années. Néanmoins, c’est ce même sport qui pourrait aggraver sa santé si l’opération n’est pas pratiquée.

C’était peut-être une façon un peu maladroite d’argumenter, mais l’idée était là. Les parents auraient toujours le dernier mot : rien ne pouvait les forcer à faire subir à leur fils un acte chirurgical aussi important. Car, en voyant les choses honnêtement, les interventions dans le cerveau étaient toujours particulièrement délicates. Pour un enfant, plus encore que pour un adulte, c’était une véritable épreuve à passer. D’ailleurs à ce sujet…

- Il y a toujours un risque, mais notre spécialiste neurochirurgien est excellent, et elle ne mentait jamais pour rassurer les patients, vous n’aurez pas de meilleur option dans l’état. Je lui laisse le soin de vous expliquer comment se déroulera l’opération. Il fera les examens complémentaires et vous laissera le temps de discuter entre vous. L’intervention est onéreuse et votre mutuelle…

Le regard que venait de lui adresser Emerson l’avait réduite au silence. Non, sauter d’un pseudo discours rassurant aux aspects financiers de la chose, c’était tout sauf habile, surtout lorsqu’il était question d’un enfant. Aux yeux de Daphne pourtant, c’était primordial ! Combien de patients, même gravement atteints, avait-elle vus repartir de l’hôpital sans traitement, simplement parce qu’il était trop cher ? Autant couper l’espoir d’entrer de jeu. Avant que les parents ne s’imaginent une guérison tombée du ciel, car c’était souvent le cas. Les gens ne retenaient que ce qu’ils voulaient. Les « peut-être » devenaient des certitudes, les hypothèses des affirmations, les réponses des promesses…

C’était aussi pour ça qu’elle n’avait pas parlé de la radiochirurgie. L’urgentiste ne voulait pas que ses interlocuteurs y voient une alternative « douce » au cas de leur fils. Ce n’était pas ça. C’était une science plus délicate encore, au succès parfaitement relatif. On n’y avait recours que lorsque l’acte chirurgical classique était impossible, mais ça, ce serait au spécialiste d’en juger. A ce moment, elle serait certainement penchée sur un autre patient, la tête bien loin du petit Jimmy. Ravalant donc les mots qu’elle était en train de débiter, la trentenaire conclut :

- Vous verrez ça entre vous. Me concernant, je ne serai pas présente au bloc. Mais vous pouvez... faire confiance au docteur Barnett pour faire de son mieux.

Daphne regarda sa collègue. Elle avait hésité, simplement parce qu’elle n’était pas encore complètement certaine des compétences de sa cadette. Oui elle était réactive, elle savait entretenir le contact et rester professionnel, mais… en la complimentant, c’était la réputation de son jugement que la brune engageait. Désormais, Emerson était condamnée à cartonner, sans quoi elle lui ferait regretter d’avoir un jour émis un commentaire positif à son sujet.



   
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Emerson R. Barnett
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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Jeu 27 Oct 2016 - 11:47

Daphne s'était montrée parfaitement persuasive auprès des parents de Jimmy, et Emy n'avait eu aucun mal à en observer l'impact sur l'instant. Claire, intransigeante, efficace. C'était sans doute pour toutes ces qualités qu'elle se montrait efficace aux urgences, et qu'on la réclamait forcément dans ce genre de situation. La blonde n'était pas sûre d'être efficace pour ça. Pas assez méchante, froide, détachée. L'implication qu'elle mettait auprès de tous ses patients (tous petits comme simplement petits) était un investissement qui avait toujours du retour. Elle se savait rétribuée en humanité, et rendait le séjour ici beaucoup moins pénible.

Elle disait souvent, par ailleurs, qu'il était important de faire passer les choses le moins durement possible. Quand les circonstances étaient difficiles, on pouvait toujours faire en sorte de les supporter avec le sourire. Parce que le sourire rendait tout ça moins pire, moins pénible. La douleur était une obligation comme elle le disait souvent, mais pas la souffrance. Est-ce que c'était pour éviter la souffrance que Daphne se détachait totalement de tout ? Sa curiosité ne serait de toute façon pas assouvie ici, et elle n'avait aucunement l'intention de le lui demander de toute façon.

Pour sa part, elle avait promis d'être là pour Jimmy, et ce fut ce qu'elle fit. Laissant aux parents le temps pour décider, Daphne et elle s'éclipsèrent et finirent par se séparer le plus simplement du monde pour retourner à leurs affaires. Dans les faits, elles ne se manquèrent pas à un seul moment, et n'eurent aucun mal à se consacrer à autre chose. Le cas de Jimmy revenait à Emy de toute façon, surtout maintenant que Daphne était obligée de laisser la main au neurochirurgien qui serait impliqué. La blonde fit le tour de ses patients, une journée éprouvante parmi beaucoup d'autres, avant de finalement rentrer chez elle. Simplement pour embrasser le front de sa fille déjà couchée, et venir se blottir dans les bras de son époux.

Rien de plus pour repartir en grandes pompes. Enfin si. Un petit déjeuner partagé avec les deux amours de sa vie, et déposer Kaycee à l'école en laissant Kendale partir plus tôt pour rentrer plus tôt. Sourire complice, œillades tendres, Emy se défit de son enfant pour la laisser aux mains de la ravissante institutrice Maxine Preston, et foncer jusqu'à l'hopital où les nouvelles s’enchaînèrent. Elle eut à faire au neurochirurgien, qui lui confia ce qu'il allait faire pour l'opération. La discussion fut brève, efficace comme toujours, et il admit qu'il comptait sur elle pour assister à tout ça. Elle le promit.

« Ils ont contacté leurs assurances et mutuelles, et ont choisi l'opération. » Fit Emy. Adossé au chambranle de la porte, donnant sur une des nombreuses salles de repos, la blonde esquissa un sourire poli à Daphne. Etait-ce par courtoisie qu'elle était venue lui dire tout ça ? Elle n'en savait rien, peut-être était-ce pour échanger simplement avec quelqu'un qui connaissait le cas, et qui aurait le recul nécessaire pour... Pour quoi ? Là non plus, elle ne savait pas. « Jimmy se fera retirer son angiome demain, dans la matinée. »

Elle s'avança jusqu'à la machine à café, pour s'en faire un rapidement, le tout en continuant à parler. « Le neurochirurgien... Le docteur euh... Je ne me souviens plus de son nom. » Admit la blonde en tapotant sur quelques boutons sans parvenir à faire couler le précieux liquide qui viendrait motiver sa journée. Longue journée en perspective, de surcroît. Mais bon... pas le choix ! Elle se dit sur l'instant qu'elle aurait mieux fait d'aller en acheter un dans un restaurant du coin, plutôt que passer pour une idiote auprès de la femme la plus glaçante qui existait dans cet hôpital : « Il est vraiment excellent, n'est-ce pas ? » Demanda-t-elle en se tournant vers Daphne. « Il veut que je vienne assister à l'opération, j'aimerais savoir à quel genre de médecin j'ai à faire. » Avoua-t-elle comme pour se justifier.


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