Partagez | .
 

 Now we have to work together

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
Auteur
Message
Daphne C. Page
médic | Seven Sins
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 20/06/2016
Messages : 105
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Now we have to work together   Jeu 27 Oct 2016 - 19:53

Ça n’avait finalement pas été si terrible. Les parents ne l’avaient pas assommée de questions inutiles, de théorie lues sur internet et autres inepties de médecine alternative. Ils avaient surtout eu l’air abattus ce qui devait être normal. Leur fils de 10 ans allait nécessiter une intervention directe dans son cerveau, pour une malformation qui s’exprimait par ailleurs rarement à cet âge. Dans une  certaine mesure, Daphne considérait que le couple Edencroft avait plutôt bien pris la nouvelle. Elle ne comptait plus les crises de larmes, colère, dénis, désespoir, parfois tout en même temps – les insultes en prime. Surtout dans sa spécialité, où les gens souffraient de véritables urgences, elle n’avait que rarement de belles annonces à faire. Savoir rester de glace face aux réactions de l’entourage des patients, c’était une qualité, elle en était persuadée.

Ce jour-là, elle était rentrée chez elle en début de soirée. La trentenaire n’avait pas vu son appartement depuis la veille au petit matin, voire la nuit, elle ne savait plus. De toute façon, personne ne l’attendait, ses meubles ne risquaient de faire une crise de jalousie. Outre le fait que les relations de couples l’ennuyaient, c’était la raison pour laquelle elle appréciait son célibat : pas de fiancé, ou de mari, pour un jour lui reprocher de passer plus de temps en blouse blanche qu’en soirée cocooning. Sa route était tracée depuis des années : le sommet de sa carrière l’attendait. Même au moment d’aller se coucher, l’assistante urgentiste laissait son bipper allumé, disposée à rappliquer au Kindred Hospital si son aide était requise.

***

8 novembre 2008

Le lendemain matin, Daphne était déjà sur le terrain avant le levé du jour. Avant d’être vraiment sollicitée, elle fit rappliquer ses internes pour qu’ils lui fassent un retour de leur garde, posent leurs questions, lui permettent de vérifier leurs résultats… une manie de perfectionniste. On l’aurait appelée de toute façon s’ils avaient tué quelqu’un, mais elle aimait se sentir en contrôle dès le début de la journée. Après avoir libérer ses apprentis, elle se rendit en salle de repos, espérant profiter d’un moment de lecture. C’était sans compter sur Emerson, qui débarqua quelques minutes après elle et engagea la conversation de but en blanc.

Son aînée était tellement déconnectée des cas qui n’étaient plus à sa charge qu’il fallut attendre que la blonde nomme le gamin pour qu’elle comprenne de quoi elle parlait. Les yeux froids de la brune la fixèrent le temps qu’elle déballe sa demande, avec un éclat de patience un peu infantilisant. Comme si elle était en train de regarder l’un de ses internes faire une découverte fondamentale de sa vie de médecin. Pour Daphne, sa cadette se posait trop de question, elle avait presque l’air nerveuse à s’acharner sur la machine qui ne fonctionnait pas. L’important était de savoir qui elle était, pas de quoi étaient faits les autres.

- Je ne mens jamais pour faire plaisir aux patients, répondit-elle d’un ton aseptisé, le docteur Schäferburg est vraiment très très bon dans son domaine. Il est allemand, précisa-t-elle comme si ça justifiait que sa collègue ne soit pas en mesure de retenir son nom, et cette machine ne marche pas depuis deux jours. Quelqu’un a dû trouver drôle d’enlever le post-it qui l’indiquait.

Sa voix n’avait pas fluctué ni trahit la moindre émotion. Elle pencha légèrement la tête sur le côté, sans se cacher d’être en train de détailler Emerson. Le neurochirurgien était excellent, professionnel, rien à redire là-dessus. Mais l’urgentiste savait aussi qu’il aimait les femmes – au sens épicurien du terme – et n’avait aucun scrupule à prendre l’hôpital entier pour son terrain de chasse personnel. En soi, les aventures et relations entre collègue étaient plus que courantes dans leur milieu mais lui, il était un champion toute catégorie. Si la blonde lui avait parlé, aucun doute qu’elle était dans son collimateur ; mariée ou pas – la trentenaire venait de remarquer son alliance.

- Venez, je vais vous faire topo sur le personnage avec un café. On ne sera pas loin si on nous bipe.

Soudain élan de sociabilité ! Non pas que Daphne avait soudainement envie de devenir amie avec la pédiatre, mais elle avait méritée d’être mise en garde contre certains spécimens de leur hôpital. Et puis… elle était curieuse aussi. Comment on pouvait être si jeune, avec un avenir prometteur, mais déjà unie par les sacrements ? Un belle erreur ; un décompte programmé jusqu’au divorce avant les 35 ans.



   
My veins are made of ice
Where worlds collide, blood divides. When darkness falls, fate calls. This winter breath, taste of death... Where iron meets flesh : we'll take it all.
Revenir en haut Aller en bas
Emerson R. Barnett
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 01/12/2015
Messages : 154
Age IRL : 23

MessageSujet: Re: Now we have to work together   Ven 28 Oct 2016 - 12:41

Évidemment. Elle s'acharnait sur une machine à café qui ne marchait plus. Et la remarque de Daphne ne la fit que se sentir plus bête qu'elle n'en avait déjà l'impression aujourd'hui. Une moue boudeuse lui échappa, du genre qu'elle faisait à son époux quand il faisait sa mauvaise tête. Une moue adressée à la machine qui s'était formidablement bien joué d'elle. Merci pour la réputation qui, jusqu'ici était à construire, et maintenant en partie faite. Alors bon, Daphne eut beau lui trouver l'excuse qu'un rigolo avait probablement enlevé le post it indiquant la défaillance, Emy se contenta d'essayer de mettre très loin tout ça dans son esprit, pour ne surtout plus s'en inquiéter.

Il était de toute façon de bon ton de revenir au principal sujet, à savoir le Docteur Sch... Schafuberg ? Ça ne servait à rien d'essayer, elle avait déjà oublié. Elle savait déjà qu'elle allait se contenter de l'appeler Docteur durant toute leur collaboration, et orienterait les médecins vers le gérant du service de neuro pour faire plus simple, en les envoyant vers l'accueil. Après tout l'hopital était grand, on ne pouvait pas connaître tout le monde, ce n'était pas si compliqué de faire croire pendant un... ou deux ans, qu'elle n'avait pas enregistré ce nom de la mort. Et puis, elle s'entraînerait à le prononcer dans l'intimité de son foyer, devant sa glace, en demandant à Kendale de lui faire répéter.

« Je ne sous-entendais pas ça. » Déclara simplement la blonde, quand sa vis-à-vis lui avait signifié qu'elle ne mentait pas pour le plaisir de ses patients. Encore heureux ! Elle n'avait de toute façon jamais, ô grand jamais, pensé, que Daphne était ce genre de personne. Elle n'avait pas la mine a passer du baume pour arrondir les angles avec qui que ce soit, et celui qui y songerait serait juste un parfait fou. Elle n'était pas comme ça, et c'était marqué sur son visage. Elle le portait, lisiblement ! « Mais j'aime bien savoir à qui j'ai affaire, voir s'il y a déjà des bruits de couloir sur les médecins. Pas que les commérages sur les vies privées m'intéressent, mais sur leurs méthodes de travail, beaucoup plus. »

Surtout quand on était toute nouvelle dans un service. C'était un bon moyen de savoir à qui on avait à faire. Le genre de personnalités, et les manières d'agir avec les patients. Par la même, de s'y adapter. Elle avait prêté attention aux remarques sur le travail de Daphne, et avait pu de ce fait se familiariser vaguement avec ses agissements. C'était plus simple, ensuite, de pouvoir accomplir une tâche en duo. Heureusement du coup qu'Emy était une femme qui s'adaptait facilement, et qui réagissait bien sous la pression. De surcroît, qu'on avait du mal à détester. Ça aidait pas mal de se montrer souple comme de pouvoir imposer doucement son point de vue quand les circonstances l'entendaient.

Mais le revirement de comportement de Daphne fut tel que la blonde se retrouva sur le cul. Une discussion autour d'un café ? Elle venait vraiment de lui proposer ça ? Les yeux ronds, la pédiatre s'agita finalement en bondissant : « Oui, bien sûr, je vous suis. » et ce fut ce qu'elle fit. Non seulement elle avait envie d'un café pour supporter sa journée, mais en plus, savoir qu'on allait enfin lui confier des armes nécessaires pour rivaliser avec un collègue la soulageait un peu. Quelques questions s'imposaient néanmoins : « Par curiosité, vous exerçait ici depuis longtemps ? Vous avez fait vos études dans la région ? » Elle savait que Daphne n'était pas la plus bavarde non plus. Il fallait être efficace avec elle.

Néanmoins, Emy se disait que parler du travail et du cheminement d'études qu'elle avait fait engagerait plus facilement la discussion. C'était un levier plutôt habile à user avec une femme comme le Docteur Page, qui avait tendance à accorder du crédit et du respect aux personnes qui se montraient compétentes dans ce qu'elles faisaient. Emerson était loin d'être la dernière dans sa spécialité, ça jouait en sa faveur. Il fallait cependant admettre qu'elles étaient très, TRES, différentes.


So close no matter how far, couldn't be much more from the heart; Forever trusting who we are and nothing else matters ©endlesslove.
Revenir en haut Aller en bas
Daphne C. Page
médic | Seven Sins
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 20/06/2016
Messages : 105
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Now we have to work together   Ven 28 Oct 2016 - 17:29

Le temps de troquer sa blouse contre son manteau d’un bordeaux automnale, au col en fausse fourrure, et Daphne se dirigeait vers la sortie de l’hôpital. Il y avait un Starbucks à moins de 5 min à pieds, sur la Northgate way, entre la 5è et la 8è avenue ; pas besoin de plus fancy. La clientèle était de toute façon, en grande majorité, composée des employés du Kindred. En chemin, Emerson interrogea son aînée sur son parcours d’étude. Sans peur des blanc, la concernée s’autorisa le temps que la porte de l’ascenseur s’ouvre enfin sur le rez-de-chaussée pour répondre brièvement à sa cadette :

- J’ai fait mes études à Redmond, mon internat aussi, au Swedish. Ça fait trois ans que je suis à Seattle, j’ai été contactée juste après la validation de mon diplôme.

Comment résister à l’envie de rajouter ce détail ? Qu’elle n’était pas n’importe qui, qu’elle n’avait ni supplié, ni galéré, et n’était passée sous aucun bureau. On l’avait fait venir, parce qu’elle était un élément efficace, voilà tout. Elles sortaient enfin. Le soleil venait de pointer le bout de son nez, mais il ne faisait pas plus chaud pour autant. Seulement début novembre, et les températures étaient d’une fraîcheur aiguisée. Daphne ne retourna même pas sa question à la blonde : bien qu’elle soit fière de son parcours, elle savait aussi que ce n’était pas la feuille de route qui faisait le médecin. Tout le monde peut avoir un joli papier. Ce qui comptait, c’étaient les résultats ; ni plus ni moins.

Il y avait un peu de monde au Starbucks. Une fois les deux docteurs dans la queue, l’assistante urgentiste daigna se tourner vers sa collègue. Cette femme l’intriguait. Aux premiers abords, elle avait l’air d’une débutante que la première pression briserait et pourtant… elle avait l’air de contrôler. Elle n’avait pas peur, elle étudiait son environnement. Métaphoriquement, elle était un roseau. Prête à s’adapter, à plier, mais pas à s’avouer vaincue. Son aînée était plutôt le chêne ; à la différence qu’elle avait l’écorce et les racines assez dures pour supporter toutes les tempêtes.

- Le docteur Schäferburg est plutôt droit professionnellement, dit alors Daphne, il est efficace et pédagogue, ça peut vous apporter beaucoup de travailler avec lui. Ce serait parfait s’il ne tenait pas autant à son égo. Si vous vous discutez ses choix ou ses décisions, je vous conseille de prendre des pincettes et de le faire en privée. Sinon… vous avez intérêt à avoir plus que raison, et à avoir les nerfs solides.

C’était un peu l’hôpital qui se moquait de la charité, que la brune mette le doigt sur l’égocentrisme de quelqu’un d’autre, mais elle pouvait témoigner. En à peine trois ans, le chirurgien avait été à la source de nombreuses larmes, et pas seulement celles des partenaires d'un soir qu’il répudiait sans délicatesse. D’ailleurs, la dernière apprentie de son service, en phase de se faire titularisée comme spécialiste neurochirurgienne, avait démissionné après une fiction au bloc opératoire. Bien fait. Il n’y avait pas de places pour les cœurs fragiles dans un environnement comme le leur.

- Si je peux vous donner un conseil, pour votre carrière, ce serait… faites en sorte qu’il joue dans votre équipe, mais ne jouez pas dans la sienne, Daphne n’avait pas l’air de vouloir éclaircir ses paroles un peu mystérieuse, mais elle fit un signe de tête vers la main d’Emerson où son alliance reflétait les lumières du café, vous êtes mariée, mais ça ne l’empêchera pas d’essayer de vous recruter.

C’était à elles de commander, l’urgentiste se tourna vers le jeune serveur pour commander un cappuccino. Ce n’était pas le couple de l’assistante pédiatre qui l’intéressait, elle se fichait éperdument que sa collègue soit fidèle ou pas, mais souhaitait simplement la mettre en garde. Coucher avec Schäferburg, c’était exposer une faille, donner à quelqu’un de crucial la possibilité de foutre notre vie en l’air. Il était renommé, influent, et connaissait du monde. L’avoir à dos, ou lui confier trop d’informations intimes étaient des erreurs.



   
My veins are made of ice
Where worlds collide, blood divides. When darkness falls, fate calls. This winter breath, taste of death... Where iron meets flesh : we'll take it all.
Revenir en haut Aller en bas
Emerson R. Barnett
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 01/12/2015
Messages : 154
Age IRL : 23

MessageSujet: Re: Now we have to work together   Ven 28 Oct 2016 - 18:08

Rien d'étonnant. Qu'on vienne la trouver, elle, pour faire un travail comme celui-ci. Emy ne parut pas surprise le moins du monde, ni impressionnée finalement. Il y avait des choses qui étaient simplement évidentes, et on ne questionnait que rarement ces évidences. Daphne était faite pour les urgences, là où Emerson était faite pour travailler avec des enfants. La blonde regarda autour d'elle en reconnaissant plusieurs têtes au sein de la clientèle qu'elle avait déjà vu à l'hopital. C'était apparemment un point de rendez-vous important, où elle se retrouverait très probablement dans les semaines à venir.

Elle écouta la brune avec attention, qui expliquait avec un détachement remarquable combien le docteur Schäferburg était compétent dans son domaine, talentueux et pédagogue de surcroit. Emy, étant du genre à vouloir en apprendre beaucoup sur tout, fut bien contente de savoir que cet homme était un nid à connaissance en neurologie et neurochirurgie, et qu'elle pourrait le questionner librement là-dessus. Ceci étant dit, la remarque suivante lui arracha un soupire : « Pire que la majorité des médecins ? » Réussit-elle a glissé au milieu des explications de la brune, qui ne tarda pas à lui répondre.

Hochant simplement la tête, elle esquissa un sourire avant de café commande. Un grand café latte pour elle. Tout en se tournant vers sa compagne d'aventure, en lui soufflant un « Je vois. » univoque. Elle avait heureusement aussi pris l'habitude de ménager les égos des autres médecins, en même temps que le sien. On pouvait la traîter d'anguille sur des sujets comme celui-ci, mais elle savait que partir immédiatement à l'affrontement n'était jamais la solution, et que la discussion prônait sur tout le reste. Elle n'était pas du genre à parler si ça ne servait à rien, tout ce qu'elle faisait n'était jamais une perte de temps. Et si on était pas d'accord avec elle mais qu'elle était en charge, alors comme tout le monde, son opinion primait, parce qu'on supposait qu'elle savait ce qu'elle faisait.

Par réflexe, elle baissa les yeux vers sa bague, venant y poser son pouce pour bien la sentir. La recruter ? « Voilà une jolie manière de dire que c'est un séducteur et un coureur. » Déclara-t-elle avec un sourire en coin. « Vous n'avez jamais l'air de prendre des gants pour imposer votre opinion, mais vous avez travailler votre art de tourner vos propos pour qu'ils soient à la fois directs et subtiles. » Elle regarda la brune avec une mine complice. Difficile de savoir si elle se faisait embêter par ce genre de spécimen. Son air froid devait en dissuader la majorité de s'aventurer à essayer de la séduire. Mais certains avaient de l'audace et un grain.

Surtout dans un environnement comme le leur, ou le sexisme régnait facilement, et où on se dispensait bien de tous les questions sur l'égalité, les genres, et tout le tintouin. Toutes deux avaient eu la chance d'en avoir terminé avec ces histoires. Emy avait été par ailleurs pas mal embêté par des camarades durant son internat de médecine, des petits plaisantins qui trouvaient drôles d'essayer de la séduire avec des phrases bien lourdes. Même l'alliance à son doigt n'arrêtait pas tout le monde, malheureusement. Alors la blonde avait développé une capacité spéciale pour ignorer très fort ce qui la dérangeait.

« C'est regrettable de développer des habilités à éviter les gens comme ça. » Soupira-t-elle doucement alors qu'elles s'installaient toutes les deux à une table. « Mais bon, c'est entendu, merci. Je devrais pouvoir lui survivre du coup. » Portant son café à ses lèvres, elle s'arrêta en remarquant le nombre de regards tournés vers elle. Comme si c'était tout à fait anormal d'y voir Daphne avec une autre personne, en ayant presque l'air humaine. « On a visiblement pas l'habitude de vous voir accompagnée. » Remarqua-t-elle avec un sourire amusé.


So close no matter how far, couldn't be much more from the heart; Forever trusting who we are and nothing else matters ©endlesslove.
Revenir en haut Aller en bas
Daphne C. Page
médic | Seven Sins
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 20/06/2016
Messages : 105
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Now we have to work together   Ven 28 Oct 2016 - 19:22

- L’important, c’est que vous ayez compris, rétorqua un peu sèchement Daphne quand sa cadette lui fit une remarque sur sa métaphore.

Elle n’avait rien contre le fait qu’Emerson l’ait bien cernée, au contraire, ça faisait plaisir de se voir reconnue comme quelqu’un qui n’avait pas peur de dire ce qu’elle pensait. Non ce qui l’embêtait plus, c’était le ton et la mine complice, comme si elle se permettait soudain de franchir une barrière. Pensait-elle qu’elles étaient en voie de devenir « bonnes collègues » ? Amies ? Confidente ? L’assistante urgentiste ne relèverait rien pour l’instant, mais elle espérait que ce n’était qu’une impression. Pour la simple raison qu’elle n’avait pas d’amis. Pas vraiment. Ils étaient comme les conjoints : des freins à l’indépendance et à l’autonomie ; quand ils n’étaient pas carrément des parasites. Le pire, c’était que la majorité des gens jugeraient sa vie comme « triste », parce qu’elle n’était pas entourée, alors que… ce sont ces personnes là qui ne connaîtraient jamais la vraie sensation de liberté. Et puis, ne pas avoir à supporter jérémiades, opinions, ou comportements hypocrites, c’était absolument parfait. Daphne n’échangerait sa vie pour rien au monde.

Assise face à la pédiatre, elle enleva son manteau et s’appliqua à réajuster les barrettes qui retenaient ses cheveux noirs. Sans un mot, elle avait haussé les épaules quand Emerson avait fait remarquer qu’il était dommage d’avoir à se former pour éviter les coureurs de jupon. Ce n’était pas vraiment son problème. Depuis ses plus jeunes classes, la fille d’instituteurs avait su comment rembarrer les garçons. Même les plus tenaces, les plus lourds, les plus entreprenants… aucun ne trouvait prise. Et puis, aujourd’hui, pouvait-elle réellement blâmer les hommes comme le docteur Schäferburg ? Au fond, elle aussi aimait croquer la chair d’un amant pour seulement un soir ou deux. Elle aussi devait avoir laissé quelques cœurs en peine, des courageux qui pensait pouvoir l’apprivoiser ou entrevoyait le début d’une relation parce que les nuits de toute une semaine avaient été occupées. Quels naïfs.

- On va plutôt dire que c’est moi qui ne gratifie pas n’importe qui de ma compagnie.

Esquisse d’un sourire en coin, et elle but une gorgée de son cappuccino. Rectification complètement égocentrique, mais tellement vraie. De la façon dont l’avait dit la blonde, on pourrait comprendre que son aînée courait désespérément après des partenaires de café. Ce n’était pas le cas, bien évidemment. D’ailleurs, parmi les regards qui ne pouvaient s’empêcher d’épier les deux femmes, plusieurs appartenaient à des membres du personnel du Kindred Hospital qui avaient déjà tenté de proposer une entrevue similaire à Daphne. Ceux-ci étaient au moins aussi surpris que les internes, qui voyaient leur responsable comme l’incarnation d’un iceberg – ou d’un livre de médecine, au choix. Du coup, dans un sens, la présence de la pédiatre à cette table était un compliment sur son travail, ou un encouragement, mais elle devait être assez maligne pour le comprendre toute seule. Toutefois, histoire d’en rajouter un peu, l’urgentiste sortit de son sac un épais livre de poche. Il traitement visiblement de médecine, mais rien que son titre pouvait donner un mal de tête.

- Voilà ma compagnie habituelle quand je prends une pause, déclara-t-elle.

Cette fois, c’était véritablement un sourire sur son visage d’opale. Pourtant, ses yeux restaient illisibles, son expression sans chaleur. Comme s’il y avait toujours un parfait détachement entre ce qu’elle disait et ce qu’elle était. Ses pensées, sa personnalité, bien à l’abri derrière des vitres de glaces. Quoiqu’il en fût, Daphne allait rendre la pareille à sa collègue. Puisqu’elle avait commenté sa vie en dehors des salles et des couloirs de l’hôpital, elle allait faire même. Et même si ce n’était pas justifié, ça la démangeait. Curiosité scientifique.

- En tout cas, félicitation pour être arrivée jusque là. J’ai toujours pensé que le mariage était une entrave à la vie professionnelle, surtout pour un médecin, homme comme femme j’entends. Mais vous devez être l’exception qui confirme la règle.

Et elle but de son cappuccino, le plus naturellement du monde. Finalement, elle n’allait pas lui en demander plus sur le sujet, ça ne l’intéressait pas tant. Embrayant brutalement sur autre chose, comme si elle ne venait pas de piquer la vie privée d’Emerson, elle demanda :

- Et vous avez toujours voulu être admise au service pédiatrie ?



   
My veins are made of ice
Where worlds collide, blood divides. When darkness falls, fate calls. This winter breath, taste of death... Where iron meets flesh : we'll take it all.
Revenir en haut Aller en bas
Emerson R. Barnett
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 01/12/2015
Messages : 154
Age IRL : 23

MessageSujet: Re: Now we have to work together   Ven 28 Oct 2016 - 20:02

Emy eut un sourire en l'écoutant dire qu'elle ne gratifiait pas n'importe qui de sa compagnie. Elle s'en doutait. Daphne ne pouvait pas être une femme s'entourant d'idiot. Il lui fallait quelque chose pour stimuler son intellect, où elle s'ennuyait ferme. Elle la voyait tout à fait énoncer clairement qu'elle s'ennuyait face à une personne incapable de la distraire. Tout comme elle n'accordait pas son intérêt, ni son respect, à n'importe qui. « Il faut ce qu'il faut pour rester au sommet. » Commenta Emerson avec une moue, en voyant l'épaisseur du bouquin et en se souvenant que c'était le genre de lecture qu'elle avait eu durant ses études. Un vrai moment de bonheur. Que les moins avertis n'auraient jamais réussi à comprendre. Elle ne s'en vantait pas, c'était un sacrifice obligatoire pour le métier qu'elles faisaient, elles ne pouvaient pas se permettre d'être juste douées. Elles devaient être excellentes, des vies en dépendaient.

Emy n'était pas du genre à s'en vanter, mais l'arrogance chez les médecins était tout de même choses communes. Ils étaient des sujets de savoir, ils avaient une expertise, et plus encore, ils avaient des vies entre leurs mains. Jeunes ou non, là n'était pas la question. Ce qu'ils faisaient compter, voilà pourquoi tant de gens étaient prêts à s'endetter sur des années juste pour pouvoir faire ce métier. Sauf que tout le monde n'était pas fait pour ça. Ceci étant dit, avec le temps et après les galères venait la reconnaissance méritée, un baume quand on se mettait soi même une pression monstrueuse pour réussir. Difficile de ne pas se prendre simplement pour dieu après ça, ou de ne pas avoir cette folie des grandeurs et de l'adrénaline facile. Emy possédait pour sa part une certaine humilité, qui lui permettait de travailler avec des enfants.

Tout le monde terminait d'y trouver son compte. La remarque de Daphne lui arracha un froncement de sourcil, et elle réussit tout juste à lui glisser : « J'ai juste de la chance d'avoir un mari qui comprend ce que je fais et qui m'encourage sans se sacrifier. » quand elle changeait déjà de sujet. Si elle avait toujours voulu être Pédiatre ? « Non. Comme tout le monde, j'ai cherché ma voie, et durant mon internat, je l'ai trouvé plus facilement que les autres. Ça a été une évidence, finalement. » Elle avait eu des moments d'errances, d'autres où elle s'était dit qu'elle se tournerait bien vers la cardiologie. Jusqu'à son affectation en pédiatrie pour se faire une idée du secteur, et la révélation que ça avait été pour elle.

Ça avait amené son lot de révélation d'ailleurs. Dès qu'elle avait pu se spécialiser, elle l'avait fait. Mais par la même, elle avait compris une chose : elle voulait des enfants. Un, plusieurs, difficile de savoir. A ce moment là de sa vie, elle était folle amoureuse de Kendale, et elle n'avait pas hésité à le lui dire de but en blanc. Qu'elle voulait faire sa vie avec lui, et avoir un enfant de lui. Qu'elle ne voyait pas son avenir autrement. Et son mari avait accepté, puis Kaycee était née. Tout n'était pas rose pour autant, mais Emy ressentait tout ça comme un accomplissement. Elle était à l'endroit où elle devait être, et elle évoluait d'une manière qui lui plaisait.

« Les enfants sont dans un autre monde, beaucoup plus appréciable. Ils ne mentent pas, ou alors ils mentent mal, ils ne sont pas tenus par des responsabilités, on lit en eux comme dans un livre, ils ont les bonheurs simples et les réactions spontanées. » Raconta Emy, en sachant que ça n'intéresserait pas forcément Daphne. Mais elle était un peu bavarde dans le genre de toute façon. Et même si ça ne convenait pas à sa voisine, tant pis. Elle n'allait pas s'empêcher d'être pour si peu. « Les moins gérables sont les parents, c'est l'inconvénient de ma spécialisation. » Signifia la blonde en secouant la tête. Elle devait souvent être fine psychologue pour comprendre ce qui venait des enfants, des symptômes des parents. Tout un monde !

« Et vous, les urgences... Une évidence ou un choix ? » Demanda-t-elle avant de savourer son café. Encore chaud. Elle manqua de se brûler la langue, mais n'en montra rien. Leur métier impliquait aussi d'apprendre à ne pas montrer ce qui les affectait, qu'il s'agisse d'un café trop chaud ou d'une situation les attristant. C'était ça aussi, la fierté. Emy avait tendance à enfiler ce costume en passant les portes de l'hopital. A la maison, elle retrouvait son humanité, et le partage était bien comme ça.


So close no matter how far, couldn't be much more from the heart; Forever trusting who we are and nothing else matters ©endlesslove.
Revenir en haut Aller en bas
Daphne C. Page
médic | Seven Sins
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 20/06/2016
Messages : 105
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Now we have to work together   Sam 29 Oct 2016 - 0:11

Ses yeux perçants l’étudiaient, avec la même froideur scientifique que quand elle analysait un prélèvement au microscope. La trentenaire était sincèrement impressionnée par ce qui transparaissait des paroles de son interlocutrice. Une vraie foi. Un tableau idéal, même ? La jolie blonde, un mari compréhensif, une vocation qui se découvre d’elle-même, et à voir la passion avec laquelle elle parlait des enfants… Daphne la soupçonna d’en avoir. Où était la faille ? Que cachette le parfait docteur Barnett derrière une si belle façade ? Les apparences étaient rarement fidèles à la réalité.

Comme sa description des gamins d’ailleurs ; honnêtes, libres, transparents : une vision biaisée. Celle d’une mère. L’assistante urgentiste n’y croyait pas : elle avait été petite, elle savait ce que c’était. Les enfants n’étaient pas innocents par nature, mais c’était leur grand atout de savoir le faire croire. Au moins, elle était d’accord sur le fait que les parents étaient encore moins gérables. Le tour de parole lui revenait. La brune fit mine de réfléchir en buvant de son café mais en fait, tout était clair.

- J’ai voulais faire la différence, déclara soudainement Daphne, tous les médecins peuvent le faire vous me direz mais… les urgences, ça demande de réfléchir et de réagir vite. On peut perdre un patient parce qu’on n’a pas pris la bonne décision assez rapidement.

A ses yeux, c’était même plus excitant que d’être chirurgien. Les opérations se préparaient, on savait pour quoi on entrait dans le bloc, sans complications imprévues. Son domaine, c’était chaque fois une page vierge ; un nouveau casse-tête, plus ou moins simple. Dans un sens, peut-être aussi que la trentenaire était faite pour ça. Elle avait la personnalité pour s’occuper des accidentés, des symptômes violents, des blessures incroyables… un choix et une évidence donc. Ceci dit, elle avait bien entendu touché à plusieurs domaines pendant son internat. Celui qui l’avait passionnée, hormis les urgences, c’était la neurologie. La complexité du cerveau, savoir comment l’appréhender, comment l'étudier, comment l’opérer, c’était aussi un défi à sa hauteur.

Elle ne comptait de toute façon pas s’attarder sur le sujet, mais elle comprenait pleinement à quel point elles étaient différentes. Là aussi. Pas les mêmes priorités, les mêmes engouements, les mêmes instincts. Tournant un instant les yeux par la fenêtre, elle vit passer sa responsable, le docteur Moore, en grande discussion avec l’un des assistants en chirurgien cardiaque. Ça lui rappela soudainement la raison pour laquelle, indirectement, elle se trouvait à cet instant dans ce starbucks avec Emerson. Elle avait bien joué son coup, si tant est que ça avait été fait exprès. Reportant son attention sur sa collègue, elle lui demanda :

- Qu’est-ce qui vous amenée au Kindred ? Et depuis quand vous êtes là d’ailleurs, j’avoue ne jamais vous avoir vu avant hier.

Non, elle n’avait absolument aucun scrupule à avouer qu’elle se fichait éperdument de reconnaître ses collègues, si une bonne raison de l’avait pas amenée à leur adresser la parole. Déjà, Daphne connaissait la responsable pédiatrique, ce qui était pas mal ! La plupart des chirurgiens aussi, parce que ce n’était pas rare qu’elle ait à communiquer directement avec eux. Notamment ceux qui s’occupaient des amputations. Pour le reste… elle avait pris la peine de retenir les noms de famille des internes qui gravitaient régulièrement dans son service, ce qui était un bel effort. Par contre, elle ne saurait nommer ni les infirmières, ni les ambulanciers, ni les secrétaires médicales.



   
My veins are made of ice
Where worlds collide, blood divides. When darkness falls, fate calls. This winter breath, taste of death... Where iron meets flesh : we'll take it all.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Now we have to work together   Aujourd'hui à 23:21

Revenir en haut Aller en bas
 

Now we have to work together

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

 Sujets similaires

-
» ¤~~You still have lots more to work on~~¤
» Recherche d'un adversaire Paris Saint Lazare
» Magic Work - Les bizarr'Sisters
» WORK IN PROGREEEESSS 2!!
» petit work in progress!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives RP :: RP Terminés-