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 Now we have to work together

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Daphne C. Page
médic | Seven Sins
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MessageSujet: Now we have to work together   Sam 22 Oct 2016 - 1:22

7 novembre 2008 – Kindred Hospital

Enfin. La paix. Ça faisait au moins dix bonnes heures qu’elle était en service sans avoir réellement eut le temps de se poser plus que quelques minutes. Daphne n’avait même daigné regarder par une fenêtre, mais le jour devait s’être levé désormais. Elle s’était émancipée des internes qui avaient assuré la garde des urgences cliniques sous sa surveillance, mais n’avait pas tenu plus de dix minutes dans le réfectoire. Ça grouillait déjà – ou encore – de discussions de machine à café sur l’élection de Barack Obama à la présidentielle, trois jours auparavant. Elle n’avait rien contre sa victoire, c’était simplement… ce cirque qui l’agaçait. Depuis petite. Les gens et leur docilité parfaite à se vautrer dans les moules, les idées reçues, les opinions toutes faites… non. L’assistante urgentiste n’en pouvait plus, alors elle s’était planqué dans l’une de ces pièces minuscules où se tenaient serrées quelques lits superposés. Elle savait parfaitement que la « chambre » qu’elle avait choisie spécialement, de part son caractère isolée, était l’une des favorites des internes – voire des titulaires – qui venaient prendre un peu de bon temps entre deux services. La trentenaire s’en fichait parce que le premier couple frivole qui se risquerait à faire irruption ici se heurterait si brusquement à son regard glacé que le feu s’éteindra immédiatement.    

Comme pratiquement tout le temps, Daphne grignotait un sandwich le nez fourré dans un livre de médecine. Elle était sur la fin de son assistanat et elle entendait bien passer praticien spécialiste dans l’année. Elle venait d’avoir 30 ans, ce serait une belle performance. Assise en tailleur sur un lit, ses cheveux attachés à la va-vite et des cernes sous les yeux marron-vert, elle parcourait son ouvrage avec un froncement de sourcils concentré. Finalement, ce ne fut pas un duo enflammé qui l’interrompit, mais la vibration de son biper dans la poche de sa blouse. Moins de trente seconde plus tard, elle cavalait déjà dans les couloirs pour rejoindre le docteur Arizona Moore.

Une femme de plus de 45 ans, urgentiste, au Kindred Hospital depuis des années. Elle était aussi la responsable directe de Daphne tant qu’elle n’avait pas terminé sa spécialisation. A qui voulait l’entendre, elle pouvait glisser que celle-ci prendrait certainement sa relève ; pourtant, elle n’était pas très expansive quand il était question de complimenter la concernée. La trentenaire ne s’en formalisait pas : elle n’avait pas besoin de se faire encenser pour savoir ce qu’elle valait et ce qu’elle voulait.

Aux portes de l’établissement, l’ambulance débarquait déjà un enfant, d'une dizaine d'année, allongé sur un brancard. Il n’était pas inconscient mais semblait particulièrement épuisé, pâle. Derrière, une femme qui devait être sa mère suivait le cortège, visiblement sonnée par l'inquiétude, encore plus blême que son fils. Le manège était habituel ; alors à peine le petit fut passé devant elle sur son brancard que Daphne lui emboîta le pas en interrogeant :

- Qu’est-ce que vous savez sur lui ?
- Jimmy Edencroft. A en croire la mère, crise convulsive généralisée, expliqua l’ambulancier, ça a duré plus d’une demi-heure. Il ne s’est calmé que pendant le trajet. Elle était trop déboussolée pour répondre à nos questions en route, il faudra l’interroger à nouveau quand elle sera plus calme.
- Madame Edencroft, embraya immédiatement le docteur Moore à calant son pas à celui de la mère, nous allons nous occuper de votre fils, d’accord ? Elle hocha la tête entre deux sanglots, nous allons avoir besoin de vous plus tard. Que diriez-vous de prendre un thé pour vous calmer ? Jimmy est entre de bonnes mains.

D’un signe de tête, la spécialiste avait indiqué à deux internes qui les suivaient de près, bloc-notes en mains, de prendre en charge la mère. A voir leurs têtes déçues, ce n’était pas exactement la tâche qu’ils s’attendaient à relever, mais il était impossible de discuter les directives d’Arizona. Alors qu'on faisait entrer le petit garçon dans une chambre, la quarantenaire présenta enfin la jeune femme blonde qui les suivait depuis l’arrivée de l’ambulance :

- Daphne, je te présente Emerson, elle est arrivée parmi nous comme assistante pédiatrique. Emerson, Daphne est mon apprentie en médecine urgentiste. Vous allez devoir travailler ensemble sur ce cas.

La brune s’arrêta immédiatement pour toiser l’inconnue. Est-ce que ça faisait longtemps qu’elle était dans l’hôpital ? Pour être honnête, elle n’avait jamais fait attention. Histoire de faire bonne figure, elle salua sa cadette d’un signe de tête, mais demanda immédiatement :

- Pourquoi ?! Ça dépend uniquement de son domaine seul, non ? Je ne serai pas plus utile ailleurs ? La crise s’est arrêtée. Même s’il y a eu un état prolongé, maintenant qu’il est stabilisé, ce n’est plus une ur-
- Ne fais pas la mauvaise tête maintenant, trancha Moore, tu sais très bien qu’il existe des causes qui peuvent demander une réaction immédiate. Et puis, tu dois apprendre à travailler en équipe, lâcha-t-elle avant de livrer les deux collègues à elles-mêmes.



   
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Emerson R. Barnett
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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Sam 22 Oct 2016 - 13:58

Emerson avait eu droit à bien des réactions depuis son arrivée au Kindred. Des sourires, des questions sur son internat, sur sa vie, des tapes sur l'épaule, des comportements paternalistes qui la mettaient mal à l'aise. Mais c'était bien la première fois qu'elle se trouvait face à une femme qui ne voulait simplement pas travaillé avec elle ! La blonde resta impassible devant cette réaction, sans trop savoir où se mettre sur l'instant. Ces derniers temps, elle avait appris à cacher ses émotions, ses angoisses, et tout ça. Sa formation de toute façon impliquait qu'elle se devait de rester distante vis-à-vis de plein de choses, sans pour autant pouvoir l'appliquer pour tout.

Alors forcément, elle s'était appliquée à simplement saluer la femme en face d'elle d'un signe de la tête, de deux ans son aînée selon les rumeurs, et d'un caractère très incisif il semblait. Quand on l'avait averti qu'elle devrait travailler avec Daphne, ne connaissant quasiment aucun de ses collègues pour le moment, elle avait évidemment cherché à se renseigner sur la réputation de sa partenaire. Dans les grandes lignes, elle était efficace et talentueuse, mais pas étouffée le moins du monde pour l'humanité. Des traits assez insensibles, il semblait.

Tant pis, elle ferait avec. Elle excellait dans le domaine ! S'habituer à tous les caractères. Par ailleurs, ça faisait quelques années qu'elle vivait avec Kendale, son époux, et que lui-même avait un tempérament de cochon ! Et pour autant, ça ne l'empêchait pas de l'aimer follement ! Elle avait eu une magnifique petite fille de lui, alors... ça ne voulait rien dire ! Sur l'instant, Emy songea même que Daphne et elle pourraient devenir de très bonnes amies, il suffisait d'y croire et de rester douce... Mais si, du coup, ça semblait parfaitement mal engagé.

Non. Suffisait de garder espoir, se contenter de relations courtoises et professionnelles. Et si ça n'allait pas plus loin, tant pis. Quand Moore les laissa en tête à tête, la blonde eut envie de plonger dans une cachette et d'y rester toute la journée pour s'éviter le regard assassin et condescendant de sa complice. Mais elle n'en fit rien, essayant de rester toute courageuse, et bienveillante aussi, parce que c'était ce qu'on attendait d'elle. « Concentrons nous sur l'enfant. » Fit-elle doucement alors qu'un lourd silence s'installait entre elles.

Pas qu'elle était gênée, mais du coup, elle comprenait à qui elle avait à faire pour l'occasion. Il lui fallait garder son calme, et une certaine froideur. Elle tenta : « Les présentations sont peut être un peu trop... Enfin... » Non, elle n'avait clairement pas les mots pour en parler. Tant pis. Si Daphne ne voulait pas de proximité, il n'y en aurait pas, et elle n'irait pas contre. « Docteur Barnett. » Déclara-t-elle simplement avant de se tourner vers le dossier du garçon en prenant une profonde inspiration.

Jimmy n'était pas encore réveillé, et ne le serait pas avant un moment. Groggy de toute façon par les médicaments qu'on lui avait donné pour calmer le crise, le diagnostique était à faire, et Emy attendait avec une certaine impatience, que la mère soit calmée pour pouvoir aller lui parler. Le contact avec les adultes pour gérer des enfants, ça la connaissait. Elle arrivait sans mal à s'en charger, prenant le problème comme il venait, le démêlant avec une certaine habilité. C'était limite un jeu pour elle, comme lorsqu'elle était avec Kaycee et qu'elles s'amusaient toutes les deux.

« Vous désirez venir avec moi pour parler à la mère peut-être ? » Proposa-t-elle par politesse, en se saisissant du dossier et des premières notes à propos de Jimmy. « Ou vous préférez rester ici ? » Demanda la blonde en relevant finalement le nez vers elle, prête à partir.


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Daphne C. Page
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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Sam 22 Oct 2016 - 18:38

Son mentor partie, elle continua à dévisager sa collègue comme si on lui confiait la garde d’une première année qui n’avait jamais touché un scalpel. Daphne n’avait pas l’intention de rompre le silence lourd qui s’installait : au contraire, elle aurait aimé que ce soit Emerson qui le fasse, pour se défiler d’elle-même. Après tout, Arizona Moore n’était « sa » responsable, esquiver habilement ce cas ne nuirait pas à sa progression. Mais… non. Non seulement elle ne déclarait pas forfait, mais en plus, elle tentait de prendre la direction des opérations. Se concentrer sur l’enfant ? Oui, elle aurait adoré, si on ne lui avait pas collé quelqu’un pour empiéter sur un travail qu’elle faisait très bien seule.

- Docteur Page, répondit-elle de même en s’approchant de Jimmy.

Tandis que la blonde s’intéressait au dossier, l’assistante urgentiste posa sa main sur le front du gamin. A première vue, il n’avait pas de fièvre. Fronçant les sourcils, elle se mit en quête d’un thermomètre pour vérifier et posa enfin la main dessus quand sa cadette lui proposait d’aller interroger la mère. Daphne se figea un instant, la fixant froidement, comme si elle s’attendait à ce que sa collègue lui dise que c’était une plaisanterie. Ce n’en était pas une, alors elle rétorqua sans la moindre empathie :

- Je vous laisse vous en charger. Je dois encore vérifier, mais il m’a l’air apyrétique. Si c’est le cas, je n’ai pas le temps d’attendre que sa mère soit calmée pour faire une prise de sang.

Aussi, mais elle ne le disait pas, c’était ce qu’elle aurait appelé un « boulot d’interne », mais ce serait très certainement mal pris par Emerson. Dès lors, l’aînée ignora l’assistante pédiatrique pour se concentrer sur ce qu’elle faisait. Elle en avait oublié l’interne qui les avait suivi jusque là mais n’osait plus faire un bruit, de peur d’être pris dans les tirs de glaces lancés par son docteur référent. Très vite, son thermomètre afficha 37,2°C. Pas de fièvre. Daphne se pinça les lèvres et, en se retournant, réalisant enfin la présence de son élève.

- Oh, Morris, vous n’êtes pas avec la mère ? Au fond elle s’en fichait, bon, le patient est apyrétique. Même si on ne sait pas encore si c’est la première crise, qu’elle est la première réaction à avoir ?
- Hum… comme vous l’avez dit, faire une prison de sang.
- J’ai pas besoin que vous me répétiez ce que j’ai dit. Pourquoi, la prise de sang ?
- Pour évaluer le taux de glycémie et de calcémie.
- Et d’électrolytes sanguins, ajouta Daphne, vous savez quoi faire du coup.

Le jeune interne se mit immédiatement en action, à la fois ravi de pouvoir participer mais terrifié à l’idée de faire une bourde qui lui attirerait les foudres du docteur Page. Ce n’était pas un secret qu’elle avait son caractère, et que plusieurs apprentis s’étaient déjà vus envoyés paître quand elle ne voulait plus d’eux à ses côtés. La trentenaire ne voulait que les meilleurs, afin qu’ils émergent… presque aussi doués qu’elle. Elle ne quittait pas de ses yeux perçants les gestes de Thomas Morris, qui s’appliquait à réaliser sa prise de sang. Quand il eut terminé de recueillir ses échantillons, l’assistant urgentiste commanda :

- Bien. Allez les examiner et revenez me voir avec les résultats.

Une fois seule dans la chambre, Daphne aurait pu rejoindre Emerson, mais le social, ce n’était vraiment pas son fort. Et puis, elle n’avait pas envie de jouer dans la même cours qu’elle. A la place, elle entreprit de vérifier les constantes de Jimmy. Il fallait encore brancher la machine, afin que les informations principales apparaissent sur le moniteur. Ça l’occuperait, le temps que sa collègue revienne.



   
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Emerson R. Barnett
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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Sam 22 Oct 2016 - 20:40

La froideur avait laquelle lui répondait le Docteur Page était saisissante. Pour dire, Emy avait eu l'impression qu'on la plongeait dans une baignoire remplie de glaçon. Cette femme n'était pas humaine. Ou alors si, mais croisée avec un frigidaire. Essayant de garder contenance et amabilité, elle resta totalement neutre devant la réaction de sa vis-à-vis, qui n'avait eu de cesse jusqu'ici de la regarder de haut en bas, et de la juger intérieurement. Sauf que si elle s'estimait discrète, ça n'était pas le cas. Ses yeux étaient perçant, et parfaitement dérangeant. En plus que ça soit déplacé.

Mais la blonde resta silencieuse. Dans leur domaine, il y avait différent profil de personnes qui exerçaient. Et Daphne faisait à l'évidence partie de celle qui était là pour l'égo, pour le challenge que représentait toutes ces situations difficiles. L'humain, elle le faisait passer en dernière position, se dispensant de prendre des gants, ou au moins d'essayer d'être douce. Ce qui était tout l'inverse de Emy. Et si elle se sentait à l'aise avec des enfants, avec la communication, pour en apprendre plus sur les symptômes, elle se rendit compte que l'aigreur dont Daphne semblait seulement pourvu, faisait qu'elle avait probablement l'habilité de discuter avec des éprouvettes.

Joie. Décidément. Elle n'enviait absolument pas sa position. « Très bien. » Lança-t-elle simplement. A chacun sa manière de se défendre de ce qu'il se passait autour. On ouvrait pas des corps en deux sans réussir à palier à ce que nos yeux voyaient. Il fallait adopter un comportement pour survivre psychologiquement à la douleur. Daphne avait probablement choisi de se transformer en l'iceberg qui avait fait couler le Titanic. Il fallait de tout pour faire un monde, à elle de se montrer tolérante maintenant.

Elle s'éclipsa un moment, et retrouva rapidement la mère de Jimmy. Quand la femme lui bondit à moitié dans les bras pour avoir des nouvelles de son fils et se faire rassurer, Emy la prit en charge. Elle demanda aux internes de rester à porter d'oreille, pour entendre comment il fallait s'y prendre avec un parent affolé. La blonde la rassura dans un premier temps : le Docteur Page était sur le coup et veiller son fils, des examens étaient en cours, mais elle, elle était là pour faire une enquête plus élargie pour savoir où orienter les recherches.

Dès lors, quand la mère de famille réussit à retrouver son calme, à respirer plus normalement, la discussion s'engagea. Emy en apprit beaucoup sur l'enfant qu'elle traitait, sur ses activités extrascolaires, et surtout sur ce qui les concernaient ici. Jimmy n'avait jamais eu de crises de ce genre, il s'était plein de sorte de crampes quelques jours auparavant, sans que ça n'alerte quiconque à la maison. Aujourd'hui avait donc été une première pour tout le monde. Rien d'étonnant. Sa mère lui expliqua qu'il pratiquait le football en amateur à l'école, pour pouvoir rentrer dans l'équipe au lycée.

Elles discutèrent encore un moment toutes les deux, puis finalement Emy laissa la main aux internes. Même si elle ne les gérait pas officiellement, elle leur confia quelques tâches : Continuer les questions, sur l'enfant, ses habitudes, l'endroit où ils vivaient, s'il y avait des problèmes de moisissures, d'humidité, si la chambre était bien isolée,... Bref, tout un tas de trucs, qui avaient l'air parfaitement barbant en l'état, mais qui était une nécessité pour le patient. Revenant dans la chambre qu'on avait donné à Jimmy, Emy enfila des gants en rentrant, avant de croiser le regard de Daphne :

« C'est la première fois que ça arrive, il s'est plaint il y a quelques jours de douleur dans les jambes, comme des crampes mais rien de plus jusqu'ici. Il joue à des sports violents, il n'y a pas d’antécédent d’épilepsie dans la famille. Il faudrait un scan et éventuellement un IRM pour le diagnostique, il y a peut-être des lésions visibles. » Souffla-t-elle simplement avant de sentir du mouvement sous ses doigts. Elle qui était venue regarder la forme du crâne de l'enfant, pour voir si des bosses n'apparaissaient pas à la palpation. Sans pouvoir en faire le tour. Jimmy ouvrit un œil, un peu sonné, vitreux, croisant le regard de la blonde :

« Regardez qui voilà ! Tu te réveilles. Tu te trouves à l'hopital Jimmy, et on prend soin de toi avec le super Docteur Page, là-bas, fit-elle en la désignant de la tête. Tu veux que j'appelle ta maman ? Ou tu préfères te rendormir un peu ? » Proposa-t-elle en douceur, d'une voix tendre à l'enfant qui mit un temps fou à vraiment réaliser. Il n'eut pas l'air d'avoir trop peur, mais sa main s'accrocha à la manche de la pédiatre, qui lui redonna un sourire rassurant. Il hocha simplement la tête. Il voulait voir sa mère.


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Daphne C. Page
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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Dim 23 Oct 2016 - 10:49

Quand sa collègue forcée revint, Daphne était occupée à sillonner mentalement les scénarios les plus probables. En l’absence de fièvre, le caractère urgent de la prise en charge pesait toujours sur ses épaules – et ce, jusqu’à ce qu’elle ait une piste. Anticipant les pas qui retentirent dans le couloir, elle se releva, droite comme un i, se refusant à laisser paraître son état de fatigue. Aussi carriériste qu’elle était, la trentenaire aurait mille fois préféré s’autoriser un peu de repos, plutôt que de collaborer avec un médecin pédiatre tout juste sortie de l’internat.

Emerson était de retour et commença immédiatement à palper le crâne de Jimmy. Au moins, elle avait pu tirer des informations de la mère. La pratique de sport « violent » pouvaient effectivement avoir joué un rôle dans son état. Par ailleurs, l’enfant ne paraissait pas particulièrement robuste, il devait plus être du genre à se faire bousculer par ses camarades que l’inverse. L’absence d’antécédent épileptique dans la famille écartait la possibilité d’un trouble idiopathique. Daphne fut tirée de sa réflexion par le réveil du patient et la proposition de la blonde de faire venir sa mère. Même le qualificatif « super docteur Page » ne l’avait pas adoucie ; ses yeux marron-vert s’élargirent alors qu’elle s’approcha de sa collègue.

- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, siffla-t-elle à voix basse, les examens sanguins vont arriver, et a fortiori s’il pratique des sports violents, il faut effectivement lui faire passer un scanner sans attendre ; et un IRM pourquoi pas.

Pour le coup, elle aurait adoré pouvoir corriger Emerson sur la démarche à suivre, mais elle n’avait pas volé sa place alors, forcément, elle savait comment réagir. Pour l’urgentiste, ces examens étaient d’autant plus importants qu’ils pouvaient révéler d’éventuelles lésions dans le cerveau. Pour vraiment déceler une autre forme d’épilepsie, il faudrait prendre le risque d’attendre une quinzaine de jours pour effectuer une analyse éléctro-encéphalographique. Avant ça, il serait trop tôt. L’espace d’un instant, elle baissa son regard vers Jimmy, qui semblait bien moins rassuré par sa présence que par celle de sa cadette.

- Je suis désolée, docteur Barnett, reprit-elle de même en appuyant sa dénomination, mais la priorité c’est de s’assurer qu’il n’y a pas de lésion grave. Il pourra voir sa mère après.

Au-delà de sa rigueur, Daphne n’avait simplement pas envie de devoir composer avec une civile déboussolée dans ses pattes. Inutile d’être devin pour savoir que sitôt madame Edencroft dans la pièce, elle allait l’assommer de questions auxquelles elle n’avait encore aucune réponse. Et le pire dans ce cinéma, c’était que la mère n’attendait pas des explications, elle ne voulait qu’être rassurée ; comme tous les proches des patients. Ceux-là même qui fondaient en larmes quand le diagnostique était à l’opposé de réconfortant. Donc : non. La trentenaire n’avait ni l’envie, ni le temps pour cette petite pièce de théâtre répétée à l’avance.

- En plus, au risque de paraître trop… procédurière, il nous faudrait interroger le patient avant, elle ne prenait même pas la peine de l’appeler par son prénom, on doit savoir si sa version concorde. Ce ne serait pas la première fois qu’on enfant atterri ici parce qu’un de ses parents l’a « corrigé » un peu trop fort.

La supposition de l’assistante urgentiste avait beau être cruelle, cette dernière savait aussi que deux ou trois cas avaient déjà été résolus parce qu’elle avait osé les faire. Même derrière un couple amoureux, ou une relation mère-fils attendrissante, pouvaient se cacher des éléments moins glorieux. Rien de devait être ignoré, qu’importe le ressenti de ses interlocuteurs. Son job était de sauver des vies, pas de faire du social. Le retour de Thomas, juste après la tirade de Daphne, rompit le lien entre les yeux des deux femmes.

- Les résultats seront bientôt là docteur Page, est-ce que vous avez besoin de moi ici ?



   
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Emerson R. Barnett
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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Dim 23 Oct 2016 - 20:39

Est-ce que Daphne avait postulé pour le rôle de la reine des glaces dans le film Narnia ? Et si oui, comment cela se faisait qu'elle y avait été refusé ? Parce qu'elle avait le comportement totalement en adéquation avec le personnage, à tel point que les bouquins devaient probablement en partie être inspirés d'elle. Emy se contenta d'un sourire, qu'importait les retours qu'elle pouvait avoir pour l'instant. Alors, oui, certes, elle soulevait des questions qui étaient somme toute assez pertinentes, mais si elle avait pris la peine de parler avec la mère de cet enfant, et finalement avec tout autre être humain qu'elle prenait naturellement de haut, sans doute arriverait-elle à tirer des conclusions plus qu'évidentes sur ces gens qu'elle prenait pour de la viande fraîche à découper ou à analyser et sur leurs comportements ou leurs vies.

La blonde papillonna des yeux un instant en regardant cette femme qui se retranchait derrière sa froideur. Elle était à l'image de cet hôpital. En fait, de l'immeuble en lui-même. Froide, aseptisée à tous sentiments, aussi sentait-elle plus la javel et le désinfectant qu'un parfum humain. La réputation de l'urgentiste lui collait à la peau, Emy était contente de savoir que si les rumeurs disaient vraies sur sa personnalité, ça voulait sûrement aussi dire que ses talents n'étaient plus à contester ici. « Bien ! » Souffla-t-elle en gardant une mine ouverte à la discussion. Elle se tourna finalement vers Jimmy, qui passait d'une femme à l'autre sans trop savoir où donner de la tête, et qui entendait d'une oreille distraite les mots qui s'échangeaient entre elles. Une pointe d'angoisse traversa ses yeux, angoisse que la blonde estompa tout de suite :

« Tu penses que tu peux attendre la fin de ton examen ? On va te mettre dans un immense vaisseau spatiale pour voir à l'intérieur de ta tête, mais tu ne sentiras rien. » Jimmy eut un petit sourire, un peu confus il fallait l'admettre, se renfrognant légèrement. Son air fatigué n'aidait pas à lui faire vraiment tout comprendre visiblement. « Maman ne pourra pas venir avec moi ? » Demanda-t-il pour avoir confirmation, la voix teintée d'une légère peur. Emy secoua la tête doucement : « Non, mais je lui dirais de t'attendre dans ta chambre à ton retour, ça t'irait ? » Le gamin n'eut pas l'air très convaincu, du coup, elle reprit aussitôt : « Nous serons là tout du long avec le Docteur Page. Nous veillerons sur toi au maximum ! »

La moue que lui rendit le gosse n'était pas des plus convaincues, mais devant l'attitude très ouverte de la pédiatre, il abdiqua : « D'accord... » De toute façon, il était encore un peu trop groggy pour vraiment réagir, et aussi partiellement intimidé par l'attitude de l'urgentiste. Au moins, il était entre de bonnes mains pour l'instant. Alors que l'interne était là depuis un moment, à admirer la souplesse dont faisait preuve Emy pour ne pas froisser qui que ce soit, la blonde releva le nez vers lui. Elle lui fit un sourire pour le mettre en confiance, et lui demanda dans la foulée : « Le scan pourrait le recevoir ? » d'une voix douce. Le jeune homme eut l'air un peu perdu sur l'instant, passant de la blonde à la brune en souhaitant probablement que la réponse lui tombe du ciel.

« Je... Je vais vérifier ça, si... » Ses yeux tournèrent à nouveau vers sa référente, Daphne. Il attendit son autorisation pour faire ce qu'il fallait. Un peu maladroitement, il quitta la pièce après l'avoir obtenu, et ils se retrouvèrent tous les trois à essayer de déterminer comment Jimmy finir ici. S'accoudant au bord du lit, la blonde le regarda en lui posant quelques questions : « ça ne t'est jamais arrivé, ça, avant ? Est-ce que ça t'a fait mal ? Sur une échelle de 1 à 10, tu dirais que tu avais mal à combien cette fois ? Tu as déjà eu des impressions comme là avant aujourd'hui ? D'autres douleurs ailleurs ? Mal à la tête, ou tournis, ou impression de ne plus savoir où tu es,... ? » Et tour à tour, l'enfant y répondit avec une petite voix. Non, oui, sept, je sais pas, oui mais, oui mais j'étais malade. Emy en prit bonne note, continuant son interrogatoire jusqu'au retour de l'interne.


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Daphne C. Page
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MessageSujet: Re: Now we have to work together   Lun 24 Oct 2016 - 8:23

Une fois encore, Daphne n’en laissa rien paraître, mais elle fut incroyablement surprise par la façon dont cette femme pouvait ré-improviser ses démarches. L’assistante urgentiste s’attendait à de la résistance, à une discussion sur les procédures à suivre, mais au lieu de ça, Emerson accepta ses contre-indications sans broncher. C’en était agaçant, parce qu’elle sentait que son autorité n’avait pas de prise sur sa collègue ; mais en même temps, ça signifiait que cette dernière avait une tête bien entière. Elle ne l’admettrait pas ouvertement, mais elle aimait ça : le genre de personne conscientes de ce qu’elles savaient, aptes à prendre des initiatives. Ce n’était toujours pas de gaieté de cœur qu’elle travaillait avec l’assistante pédiatre, mais ce ne serait peut-être pas aussi catastrophique que supposé.

Elle écouta alors la blonde habilement porter le changement de plan à l’attention du concerné, parlant de vaisseau spatial. Daphne eut un petit sourire en coin, à moitié moqueur, alors que son regard perçant passait de Jimmy, à sa cadette, puis à l’interne. C’était bien le genre de truc dont elle était incapable : inventer une belle histoire pour que les enfants acceptent leurs examens. Pour elle, il n’y avait que la réalité, avec plus ou moins de détails. La brune avait croisé les bras et quand Thomas la consulta des yeux pour savoir s’il avait le droit d’aller préparer le scanner, elle lâcha sèchement :

- Bientôt vous allez me demander aussi quand aller aux toilettes ? Faites votre travail, allez !

Une fois encore, les femmes se retrouvaient seules avec l’enfant. Emerson prit immédiatement l’initiative de le questionner, ce que son aînée ne contesta pas. Au contraire, elle aussi prenait mentalement des notes, et quand un blanc s’installait dans l’échange, sautait sur l’occasion pour y mettre son grain de sel. Chaque fois qu’elle ouvrait la bouche, le gamin avait l’air de sursauter et d’être extirpé de la bulle de confiance dans laquelle sa collègue le mettait.

- Est-ce que tu as fait du sport hier ? Oui. Tu as été frappé ou bousculé ? Oui. Est-ce que tes parents se montrent violents des fois ? Cette fois, Jimmy n’eut pas l’air de comprendre ce qu’elle demandait, alors elle s’efforça de traduire moins crûment, est-ce… ta maman se met très en colère des fois ? Il fit « non » de la tête. Et ton papa ? Il sembla hésiter, haussa les épaules, pour finalement timidement opiner du chef. Et dans ces moments là, est-ce qu’il te… met des fessés ?

Honnêtement : ça n’avait pas été facile de trouver un terme compréhensible du premier coup pour un enfant de 10 ans encore mentalement épuisé et shooté au valium. D’ailleurs, il n’avait pas répondu. Ses yeux s’étaient un peu arrondis et il s’était immédiatement tourné vers le docteur Barnett, comme pour lui demander de l’aide face à cette femme glaciale qui lui posait des questions désagréables. Ce fut le moment que choisit Thomas pour revenir et annoncer que le scanner était prêt. Derrière lui, les deux autres internes qui s’occupaient jusque là de la mère Edencroft, priant silencieusement qu’on leur donne quelque chose à faire.

- Emmenez-le passer son scanner, ordonna Daphne, revenez nous voir après avec votre interprétation des résultats.
- Les résultats sanguins sont sortis aussi, renseigna l’interne Morris en s’activant avec ses acolytes, il n’y a rien d’anormal.
- Bien, bien, fit l’assistante urgentiste qui s’en doutait un peu, vérifiez aussi le fond de l’œil alors. Mais le scan nous en dira plus.

Non sans un regard aiguisé, la trentenaire surveilla les moindres faits et gestes des étudiants pendant qu’ils effectuaient leurs manœuvres. Puis, lorsqu’ils se furent éclipsés et qu’il ne restait plus dans la chambre qu’elle et Emerson, elle se tourna vers la blonde pour la consulter. Au fond, elle se passerait très bien de son jugement, mais elle préférait quand même qu’Arizona Moore croit qu’elle avait faire l’effort de travailler en binôme.

- Qu’est-ce que vous en pensez jusqu’à maintenant docteur Barnett ? Est-ce qu’on doit faire venir aussi le père pour l’interroger ?



   
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