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 The hope breakdown

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: The hope breakdown   Jeu 13 Oct 2016 - 17:26


9 octobre 2016


Un dernier coup de pelle, pour aplanir la terre meuble de la tombe. Elle avait tenu à le faire, ses manches retroussées et avec des gants un peu grand. Haletante, en sueur malgré la fraicheur de cette journée d’automne, Selene observa son œuvre. Grave. Blafarde. Sur un petit écriteau, fait avec les moyens du bord, ils avaient gravé « Aori Kochi », pour se souvenir d’elle. Sa bonté, sa tolérance, son calme… toutes ces qualités qu’on voyait à peine de son vivant, mais qui semblait désormais manquer cruellement. Pourquoi la mort frappait-elle d’abord ceux qui le méritaient le moins ? Rosalie, Sandra, Aori… leur petit cimetière, isolé dans un coin de leur terrain, était gorgé d’innocence. Alors que les monstres, les fous, étaient toujours là.

La musicienne confia sa pelle à son acolyte le plus proche, ses bras fins endoloris, et se tourna vers William. Il était toujours là, cet homme pour lequel une amie était décédée. Oui, elle lui en avait voulu. Parce que sans lui, l’étudiante n’aurait pas écouté son instinct altruiste, elle n’aurait pas joué les héroïnes, elle serait toujours là pour sécher les pleurs de Arun. Selene lui en avait voulu, jusqu’à vouloir le tuer, jusqu’à ne plus discerner la voix parasite dans son crâne de ses véritables pensées ; mais… il était toujours là. Il avait veillé à son chevet quand il aurait pu partir, il partageait leur deuil quand il pouvait s’en détacher. Au bout de sa longue nuit d’insomnie, celle qui avait suivi la mort d’Aori, c’était la conclusion à laquelle la pianiste avait pu aboutir.

- C’est pas ta faute, avait-elle murmuré d’une voix éteinte, c’est pas ta faute.

11 octobre 2016


Trop de rôdeurs. Ce qui s’était passé quand ils avaient rencontré l’ambulancier était déjà un indice alarmant. Désormais, ils étaient à une moyenne de quinze par jour ; quinze cadavres ambulants qui découvraient leur refuge, alors qu’ils pensaient jusque là avoir trouvé un havre de paix. Ils devaient s’épuiser pour couvrir le tour du cadran en garde et leurs expéditions, même proches, devenaient extrêmement dangereuses. Selene avait fini par aller voir : accompagnée par Hernando, Mike et Gabriel. Elle avait un mauvais pressentiment, sans pouvoir mettre le doigt dessus, et voulait en avoir le cœur net. Ils avaient tourné longtemps, même si c’était de l’essence à perte, pour essayer de trouver ce qui expliquerait cette lente invasion. Combien en avaient-ils tué au passage ? Même si ce n’était que par poches de trois ou quatre, ces chimères étaient si nombreuses qu’on se croirait revenu dans les rues de Seattle.

Au bout de presque deux heures, la musicienne dut écraser la pédale de frein. Le groupe sortit de la voiture pour s’approcher un peu plus en restant discret. Au loin, à l’endroit où était censé se trouver les terres des Wheelers, elle ne décelait qu’une masse sombre et grouillante. Ses yeux s’écarquillèrent, elle ne pouvait pas y croire, mais c’était le cas : la famille de Hope n’était plus là. Morte ou chassée de son foyer. Inutile d’essayer de vérifier, ce serait un véritable suicide, et c’était certainement trop tard. Il avait alors fallu rentrer, la conscience alourdit par une vérité qu’ils ne pouvaient pas ignorer : la mort était là, à moins de trente minutes en voiture. La horde stagnait pour l’instant, mais quand se mettrait-elle en mouvement ? Combien de temps avant qu’elle ne vienne presser les flancs de leur phare ? La pianiste avait envie de pleurer et serrait les dents pour refouler ses lames. Ils s’étaient battus pour cet endroit, ils avaient souffert, puis ils avaient eu de l’espoir. Une lumière qu’elle devrait réduire à néant, car la solution était simple : ils devaient partir, avant que ce ne soit plus possible.      

13 octobre 2016

Moins de deux jours, c’était le temps qu’ils s’étaient accordé pour se préparer. La boule au ventre, le moral à 0. Alors qu’elle chargeait leurs trois voitures avec les armes, les répartissant de façon à ce que chaque groupe ait une réserve si jamais ils étaient séparés, Selene ne réalisait pas. Trois mois auparavant, il avait eu le temps de trouver un nouveau point de chute avant de quitter le chalet. Cette fois, c’était différent. C’était le retour sur les routes, elle et ses dangers, certainement mille fois plus meurtrière que l’hiver dernier. En préparant les bagages, il avait fallu faire des choix : ils ne pouvaient pas tout amener. La priorité allait à la nourriture, à l’eau et aux armes. Ensuite, Deux bidons d’essence qu’ils avaient pu remplir au prix d’une longue recherche, le peu de ressources médicales qui leur restait et de quoi se tenir chaud pendant les nuits froides qui s’annonçaient. Pour le reste et bien… ils prenaient ce qui tiendrait.

En voyant le phare s’éloigner dans le rétroviseur du Four Runner, la musicienne se sentit suffoquer, étouffée par la panique. Pas pour elle, mais pour tous les autres : ces gens qu’elle aimait, protégeait, guidait, sans réellement savoir pourquoi cela était si instinctif. Ils partaient à neuf, mais seraient-ils toujours autant quand ils auront à nouveau la possibilité de se poser ? Peut-être même qu’aucun d’eux ne s’en sortirait. Peut-être que c’était la fin…

- On va longer la côte et traverser le pont pour Port Gamble, réussit-elle finalement à articuler en regardant son petit-ami, si on tente de remonter vers la 104, on y arrivera pas…


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MessageSujet: Re: The hope breakdown   Jeu 13 Oct 2016 - 21:40

Les jours filaient et il lui semblait que la pluie acide du malheur ne cessait de s’abattre sur le groupe. Elle avait regardé Selene enterrer Aori, le visage fermé, les yeux rouges. Elle avait observé cet inconnu de loin, évitant soigneusement tout contact avec celui qu’ils avaient ramené et pour qui la douce Aori avait perdu la vie. Ce n’était pas qu’elle lui en voulait. Elle savait qu’il n’y était pour rien. Mais elle craignait que les sentiments sombres et douloureux qui étaient tapis au fond de son âme ne se réveillent et ne se déversent sur lui. Elle ne voulait pas commettre d’erreur, elle ne voulait pas creuser le fossé plus profondément, elle voulait refaire partie de la famille ou du moins, s’y sentir à nouveau à sa place.

Et puis il y avait eu cette réunion. Elle avait vu revenir Selene désorientée, affolée et elle avait compris instantanément que leur repérage c’était mal passé. Abigail avait d’abord cru à une perte, mais les trois hommes qui l’accompagnaient suivaient la jeune femme l’air tout aussi inquiet, mais saufs. Alors la pianiste avait expliqué la situation, les morts, le groupe de Hope qui avait disparu et la masse de monstres qui rongeaient les routes alentours, s’approchant dangereusement du phare. Ils n’avaient pas eu le temps de se protéger comme il fallait. L’été les avait épuisé, tant moralement que physiquement, et puis même si c’était le cas, ça n’aurait pas suffit au vu de la meute qui s’approchait.

Il fallait partir et vite. Le temps était compté. Alors, dans la précipitation, ils chargèrent les voitures, quittèrent le phare. Abigail sentait poindre au fond de son coeur une légère tristesse. Légère, seulement, car le phare avait été la scène de terribles moments. Peut-être était-ce mieux, comme pour le chalet, au fond, de quitter les lieux. Même si c’était pour les mauvaises raisons. Même si elle s’en serait bien passé. Les groupes se formèrent, Selene et Gabriel monteraient ensemble, Breann, Arun, Mike et Hernando dans un autre véhicule, tandis qu’elle, William et Harold rouleraient dans le troisième véhicule. Harold prit le volant, lançant discrètement une taquinerie masochiste à l’oreille d’Abigail avant de lui sourire doucement. La blonde ne pu s’empêcher d’esquisser un sourire à son tour. Elle sentait presque les muscles de son visage lui faire mal tant elle n’avait plus l’habitude d’étirer ses lèvres. William monta aux côtés d’Harold pendant qu’elle grimpait à l’arrière de l’auto, coincée entre les couvertures, les armes et les munitions. C’était elle qui avait la carte, si jamais ils se perdaient.Mais pour le moment, il n’avait qu’à suivre Selene et les autres. Ils fermaient la marche, assurant une certaine protection à la voiture du milieu -celle d’Arun- pour éviter que l’enfant ne soit encore plus effrayé.

« C’est parti ! » lança à mi-voix Harold alors qu’Abigail voyait s’éloigner ce qui avait été le lieu de leur vie pendant quelques semaines. Étrangement, elle se sentait mi-soulagée, mi-angoissée. Quitter le phare était synonyme d’un renouveau. Peut-être que c’était mieux. D’un autre côté, ils se retrouvaient sur la route, sans abris et l’hiver qui approchait rapidement. Elle soupira, portant son regard sur la fenêtre et le paysage qui défilait lentement.
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Hernando Álvarez
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MessageSujet: Re: The hope breakdown   Sam 15 Oct 2016 - 13:50

La blessure, puis la mort d’Aori avait chamboulé chacun des membres et le pauvre William culpabilisait car c’était en l’aidant que la jeune femme connut se sort tragique. Il n’était pas directement  responsable de cette perte, ce n’était pas lui qui l’avait tué, et son comportement fut exemplaire en restant au chevet de l’asiatique. Mais un malheur n’arrivant jamais seul, il fallait à présent se montrer bien plus vigilent qu’à l’accoutumé. Plus les jours passaient et plus le danger augmentait en laissant les apestosos venir quotidiennement jusqu’au phare pourtant si reculé. Cela faisait un peu moins de deux semaines que Mike et Hernando faisaient partis de ce groupe et ils pouvaient que constater le nombre grandissant de ces créatures tandis qu’au début, les deux amis en croisaient peu en venant régulièrement ici.

Venant constamment, Selene décida d’organiser une sortie en compagnie de Gabriel et des deux nouveaux venus afin d’identifier l’endroit duquel ces rôdeurs provenaient. Tout le long de ce périple, ils en croisèrent sans cesse, par petit groupe mais de façon constante, pour finalement s’arrêter et constater avec horreur cette masse énorme sans fin faites de cadavres ambulants. Le couple expliqua rapidement aux deux amis qu’il y avait un autre groupe de survivants avant, ce qui leur glaça le sang. Bien que ne les connaissant pas, Hernando espérait que ces personnes aient pu quitter ce lieu avant de faire partis de cette nouvelle bande. Décision fut prise de quitter au plus vite le phare. Ce serait le deuxième voyage de ce type pour la plus part du groupe en l’espace de quelques mois.

____________

Dans leur malheur, ils étaient cependant chanceux d’avoir trois véhicules à leur disposition car cela leur permettait de ne pas s’entasser tout en offrant la possibilité de charger au maximum les coffres et sièges arrière. Il leur aurait fallu un camion pour transporter tout ce qui se trouvait dans le phare et plus de temps, mais il fallait faire un choix et ne pas s’attarder encore plus longtemps au risque de voir cette horde venir jusqu’à eux ou leur bloquer la route.

La répartition des ressources fut intelligemment partagée entre les véhicules, permettant ainsi d’avoir de tout dans les trois. Bien que le convoi se suivrait de près, il ne fallait pas ôter la possibilité que le groupe se retrouve séparé temporairement ou définitivement. Et si par malchance cela se produisait, chacun aurait de quoi manger et se défendre sans mourir de froid la nuit. Quant à savoir qui irait avec qui, cela se fit naturellement.

Mike et Hernando feraient le trajet ensemble accompagnés de Breann, pour le plus grand bonheur du latino, et d’Arun. Ces derniers prirent place à l’arrière, l’enfant était encore en état de choc face à la mort de l’étudiante vétérinaire et se réfugiait en permanence dans les jupes Breann. Il était donc naturel qu’elle soit à ses côtés pour le rassurer au maximum. Le véhicule de Selene et Gabriel ouvrit la marche vers ce nouveau périple et le pick-up resta à l’arrière. En cas de danger frontal, cela éviterait à Arun de le voir trop vite, et toujours dans cette optique, Hernando avait placé son arme à feu sur le siège entre ses jambes plutôt qu’à la vue de l’enfant, même chose pour Mike qui gardait en revanche sa main constamment sur l’arme.



MIKE : #576A6E / HERNANDO : #A59450
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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: The hope breakdown   Sam 15 Oct 2016 - 18:58

Des morts, encore et toujours. Qu'il s'agisse de ceux qu'ils croisaient en permanence et de plus en plus grand nombre ou de ceux qui constituaient leur famille... les morts... LA mort était partout. Mais étrangement, alors qu'il pensait que la perte d'Aori l'aurait anéanti, Gabriel s'était surprit à n'éprouver qu'un vague chagrin. Son cœur s'était fermé à ce genre d'émotion et pour quelqu'un qui ne le connaissait pas vraiment, cela aurait put passer pour de l'indifférence. Le visage fermé, n'exprimant pas le moindre sentiment, Gabriel avait aidé Selene à enterrer la jeune asiatique.
Pour ce qui était du nouvel arrivant, celui pour qui Aori avait donné sa vie, la culpabilité se lisait sur son visage. D'une certaine manière, s'il n'avait pas été là, Aori serait toujours parmi eux. Mais à quoi bon chercher un coupable. D'autant que le nouveau venu semblait animé des meilleures intentions du monde. Aussi, plutôt que de lui reprocher quoi que ce soit, l'ancien professeur avait décidé de laisser couler.

Par la suite, devant le flot continu de putréfiés qui déferlaient sur le phare, Selene et lui, accompagnés des deux plus récentes recrues après William, étaient partis en reconnaissance. Et grand bien leur en fasse puisqu'ils avaient ainsi pu constater l'ampleur de la catastrophe. Une véritable horde s'était emparé de la ferme de leurs anciens alliés. Dans un coin de son esprit, Gabriel espérait qu'il ne leur soit rien arrivé et qu'ils avaient eut le temps de fuir.

Fuir... ce à quoi ils étaient réduit. En rentrant au phare, la mine déconfite, ils avaient brièvement exposé aux autres ce qui les menaçaient et, d'un commun accord, ils avaient fait leurs bagages.



Le grand jour était arrivé. D'ici quelques instants le phare disparaîtrait dans leur dos pour ne plus jamais leur apparaître. Dans le cas de Gabriel, ce n'était pas seulement un abri qu'il laissait derrière lui. C'était un pan de son passé. Un des plus sombres qui soit. Était-ce une bonne chose ? Sans doute que oui. Peut-être qu'en laissant derrière lui cette bâtisse, toutes les horreurs qu'il y avait faites resteraient, elles aussi, loin de ses pensées. Il ne pourrait jamais revenir en arrière... d'ailleurs le voudrait-il vraiment ? Si les choses étaient à refaire...

Selene le tira de ses pensées en lui indiquant le trajet qu'elle comptait emprunter. Rapidement, il jeta un rapide coup d’œil dans le rétroviseur. Il ne distinguait déjà plus le phare. Malgré tout, son esprit continuait de lui imposer sa part de monstruosité qui sommeillait en lui. Bien évidemment... ça aurait été trop simple de tourner ainsi la page.
Affichant un pauvre sourire, il se tourna vers la pianiste.
« Tu connais mes compétences en géolocalisation. Je te fais confiance. Si tu comptes sur moi pour jouer les gps on va se retrouver en Alabama. »
Il lui tapota doucement la cuisse pour appuyer ses propos, et également pour sentir sous ses doigts un contact réconfortant. Mais pour ne pas distraire la chauffeuse, il la libéra aussitôt. Avec le nombre de cadavres qui déambulaient dans les parages, elle avait tout intérêt à garder les yeux fixés sur la route.
D'ailleurs, deux jeunes femmes à la tignasse éparse se dandinaient sur le bas côté à leur droite. Trop loin pour représenter une menace, nul doute que d'autres risquaient de se trouver sur leur chemin.

Sentant la tension qu'éprouvait la jeune femme, il ne put s'empêcher d'essayer de la rassurer.
« Tout se passera bien. On est nombreux, on a des vivres et assez d'essence pour faire un bon bout de chemin, des armes pour nous défendre... »
À vrai dire il essayait de se convaincre lui-même en disant cela. Mais tout pouvait arriver. Le meilleur comme le pire. Restait à espérer que ce serait le meilleur.


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Breann Yates
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MessageSujet: Re: The hope breakdown   Dim 16 Oct 2016 - 11:29

Après avoir sangloté misérablement pendant les heures précédant et suivant l’enterrement d’Aori, je n’avais plus de larmes pour pleurer notre départ du phare et la vie que nous laissions derrière nous. Avec cette mort, le nouveau départ que je m’imaginais avait pris une toute autre tournure… Enfin, au moins, sans ces flots de larmes, j’inquièterai moins Arun, qui semblait vouloir fusionner avec moi. J’avais pleuré pour Aori et sa mort, mais aussi pour le petit, qui perdait systématiquement les gens responsables de lui. Et j’avais aussi pleuré de peur. Brusquement, la mort avait frappé à nouveau, alors que je nous croyais à l’abri de son regard. D’un seul coup, nous redevenions des réfugiés sur la route, livrées à nous-mêmes face à tous les dangers dont un monde remplis de morts-vivants regorgeait. On avait perdu Aori bêtement à cause d’une simple chute… Notre vie ne tenait-elle vraiment qu’à un fil ? Et nous n’avions même pas eu sous la main le matériel médical nécessaire pour la sauver… Qu’est-ce que notre dénuement allait encore nous coûter ?

Assise à l’arrière de la voiture de Mike et Hernando, mon chien à mes pieds, je regardais par la fenêtre silencieusement, serrant fermement contre moi le petit corps de Arun. Et si lui on le perdait à cause d’une simple entaille infectée ? On n’avait pas pu lui faire de vaccins… Et s’il tombait mal, juste comme Aori ? Les possibilités de le perdre se comptaient par millier… Il était tellement petit, tellement fragile… Ah, voilà exactement pourquoi je ne veux pas avoir d’enfants, on s’en inquiète constamment. Une pensée vaine me rappela qu’à m'inquiéter comme ça, j’allais voir ma crinière brune devenue complètement blanche demain matin. Il fallait que je m’oblige à relativiser, à m’éloigner un peu de cette situation. Et puis nous avions maintenant dans nos rangs un véritable médecin, qui saurait probablement quels gestes adopter pour sauver notre “mascotte”, puisqu’il avait réussi à diagnostiquer sans instruments ce qui avait tué Aori.

William… Je n’étais pas suffisamment sereine pour aller lui parler de tout et de rien et faire connaissance, aussi ne pouvais-je pas réellement me prononcer à son sujet. Je lui étais reconnaissante d’être resté au chevet de notre mourante, et je ne le tenais pas responsable de ce qui lui était arrivé. Comment aurait-il pu prévoir qu’un mort attraperait la cheville de la jeune femme ? Personne n’était devin… Il m’avait fait l’effet d’être un homme de bien, honnête et encore avec des valeurs, ce qui était assez rare maintenant pour être noté et apprécié. J’espérais qu’il ne nous jouait pas la comédie… D’autant que nous l’emmenions avec nous vers notre destination finale inconnue. Enfin, je sais apparemment faire ressortir le meilleur des bandits, pensais-je en glissant un regard vers les passagers à l’avant de la voiture. Je m’avançais vers eux, me mettant entre leurs deux sièges, observant la route avec eux. J’étais soulagée d’être avec eux pour affronter la route. J’avais un mauvais pressentiment concernant le voyage qui refusait catégoriquement de s’estomper.

« Dites… Vous pensez qu’on finira par trouver un endroit à l’abri de tout ? Une sorte de forteresse imprenable où on pourrait rester sans danger jusqu’à ce que les secours arrivent ? » J’étais terriblement naïve, mais j’avais besoin de m’y accrocher. Je ne tenais que parce que jétais persuadée qu’un beau jour, des troupes viendraient nous annoncer la fin de cette histoire avec le smorts, qu’on aura trouvé la solution pour les mettre hors d’état de nuire et qu’on pourra reconstruire notre civilisation pour vivre comme avant, peut-être mieux. On retrouverait un monde civilisé et en paix… Et on serait enfin à l’abri de tout danger.




"Yes, I feel sweet emotion
Every time you're near me
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William Baker
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MessageSujet: Re: The hope breakdown   Lun 17 Oct 2016 - 23:12

Jour J du départ. William était au-dessus de la sépulture d'Aori, comme il l'avait été régulièrement depuis son décès. Son historique de scientifique ainsi que les récents événements lui interdisaient complétement toutes croyances en une force divine quelconque, et il ne se tenait donc pas là dans le but d'obtenir un pardon de la part d'une force supérieure ou même simplement de l'âme de la défunte. Il se tenait là par culpabilité, et dans le but de ne pas oublier. Les yeux fixés sur le tas de terre aplati, les bras croisés dans le dos, il repensait au même rituel qu'il avait lorsqu'il visitait sa mère. William s'était fait la promesse de sauver des vies, de ne laisser personne mourir à cause de son inaction, ou par sa faute. Il lui semblait que depuis un an, il avait trahi cette promesse trop souvent. Il lui semblait que depuis un an, il avait trahi cette promesse trop souvent. En outre, elle méritait de vivre.

Ravalant sa salive, il se retournait vers les Messiah qui s'activaient afin de quitter cet endroit au plus vite. William sentait un brin de culpabilité à leur égard, mais avait aussi envie de s'arrêter, de travailler avec des gens, d'aider à rebâtir et à survivre. Il était un atout important, et il leur avait enlevé l'ancien atout qu'ils avaient. Ce petit groupe était à majorité composée de gens dans la vingtaine, des jeunes brillants qui avaient su comment survivre, et qui, malgré la situation, semblaient prêts à l'accueillir lui, parmi eux. Le Médic, sans être choqué, était un peu déçu de devoir déjà reprendre la route. À peine était-il arrivé et avait-il pris la décision de rester, du moins un peu, qu'ils devaient reprendre la route. Et la direction prise l'éloignerait encore plus de Charlie, si elle était bien en vie et à l'endroit qu'il croyait.

Il secouait vivement la tête, tentant de chasser cette idée de son esprit. Charlie était probablement morte à l'heure qu'il est, ou elle avait refait sa vie. Un an, c'était pratiquement une éternité, seul Will était assez fou pour garder tout ce temps sa fidélité. Il lui fallait se concentrer sur cette nouvelle vie, cette nouvelle opportunité d'être utile et de s'entourer. Il attrapait alors ses affaires et se dirigeait vers Harold et Abigail. Ceux-ci étaient déjà prêts à partir, et les autres montaient déjà dans les différents véhicules. Il jetait alors son sac sur la banquette arrière et s'assied à l'avant, gardant sa machette et son pistolet à porter, au cas où le besoin y était. Regardant Harold coté conducteur et Abi s'installer à l'arrière, William ne savait pas trop quoi dire. Il était du type timide au début, et s'intégrait généralement par l'humour, mais le moment était-il réellement propice à l'humour ? Il se contentait alors simplement d'exprimer que tout était en place : « Quand vous êtes prêt. » dit-il sur un ton réservé.

« C’est parti ! » ajoutait Harold, alors que la voiture démarrait, laissant le phare derrière eux. William jetait un coup d’œil par la fenêtre. Regardant cet endroit d'un dernier regard plutôt détaché. Il lui semblait plus dur de quitter la sépulture de la jeune asiatique que le bâtiment. Dans tous les cas, il souhaitait pouvoir s'intégrer dans cette nouvelle famille dans un endroit sûr.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The hope breakdown   Mar 18 Oct 2016 - 17:36

- C’est pas bien dur de lire une carte routière, je t’assure, rétorqua-t-elle avec un maigre sourire, je te rappelle qu’avant tout ça, je n’étais jamais sortie de Seattle.

Très brièvement, elle tourna ses yeux bleus vers son petit ami, puis reporta son attention sur sa conduite. La Tala Short Drive, si déserte auparavant, recevait aujourd’hui la visite de quelques rôdeurs. Très peu, égarés, mais c’était un signe. Sur sa gauche, elle pouvait voir la mer qui reflétait le ciel gris chargé de nuages. Il allait pleuvoir, sans doute. Les paroles de Gabriel pour essayer de la rassurer lui tirèrent une expression qui tordit le coin de ses lèvres pâles, plus proches de la grimace que du sourire. Est-ce qu’elle croyait que « tout se passerait bien » ? Non… elle l’espérait, éperdument. Ils avaient été sédentaires plusieurs mois mine de rien. Même s’ils avaient eu l’habitude de faire beaucoup d’expéditions pour trouver de quoi survivre, ce n’était pas pareil. Ils avaient toujours la perspective d’un retour à la maison ; cette sensation agréable d’avoir un foyer, un salon, un lit. Même s’ils n’avaient pas l’électricité, même s’ils se nourrissaient difficilement, même si un brouillard de plomb pesait sur l’atmosphère… c’était un chez soi. Alors c’était mille fois mieux que de se retrouver sur les routes.

Au moment de tourner à gauche sur la Paradise Bay Road, un trio de cadavres tourna passivement leurs yeux morts vers le cortège de véhicules. Le temps qu’ils réalisent et se mettent bêtement en mouvement, les voitures étaient trop loin, soulevant dans leur sillage des volutes de feuilles mortes. Des gouttes commencèrent à heurter le pare-brise au moment d’entrer dans un quadrillage d’habitations, pillés des dizaines de fois, après la Paradise Bay Bach. Selene alluma ses essuie-glaces sans un mot, concentrée, taraudée. Chaque pan de rideau qui dansait depuis une fenêtre ouverte, chaque déchet qui s’envolait, chaque arbre un peu tordu, lui donnait l’impression de voir débarquer une menace.

- Faut qu’on trouve un autoradio, dit-elle brusquement pour essayer de détendre l’ambiance, mais elle-même ne rit pas.

Quand elle repensait à ce qu’ils avaient dû faire le jour où il avait trouvé ce phare… elle revoyait la famille de Bobby, leur deuxième mort, le géant qui perdit la mémoire, la façon avec laquelle elle s’était énervée. La musicienne s’était promis de prendre soin des tombes de Sandra et Rosalie le temps que le colosse ait retrouvé toute sa tête, mais au final, il était parti, et elle aussi… les deux dépouilles étaient seules. Abandonnées. Oubliées.    

Enfin, ils atteignaient la 104, pour prendre vers le sud et le pont qui survolait le canal Hood. Jusque là, il n’y avait pas eu d’autre problème que la pluie qui tombait un peu plus fort. Les nuages étaient si épais qu’on croirait que la nuit tombait, alors qu’il ne devait pas être onze heures. Elle alluma ses feux. Selene s’embarqua sur la nationale, contournant une épave de voiture dont les vitres étaient teintées de sang, et sursauta en apercevant une silhouette dans le coin de son rétroviseur intérieur. Sur le siège arrière, aussi vraie que nature, sa propre silhouette, son propre visage, mais en bien plus cruel.

- Est-ce que au moins, tu sais où tu les emmènes ? … oooh… tu vas vraiment faire comment si je n’étais pas là ?

La pianiste continuait d’ignorer cette manifestation. C’était la première fois qu’elle se personnifiait aussi nettement. Même le son de sa voix n’était plus semblable à un murmure glacé, c’était une personne – c’était elle. En pire. Ce n’était pas normal, à n’y rien comprendre, mais dans ces moments là… l’étudiante n’arrivait même plus à savoir pourquoi.

- Tu les mènes tous à la mort… tu le sais pas vrai ? Tu peux faire semblant, faire comme si tu contrôles la situation, mais moi je sais… je sais que tu es complètement perdue, le sourire carnassier s’élargit, qui sera le premier à mourir ? Abigail ? Breann ? Gabriel ? son double savoura sa cruauté avant d’ajouter, le petit Arun ? Ce serait horr-
- STOP ! S’exclama soudain Selene en écrasant la pédale de frein.

Heureusement que les quelques voitures abandonnées en travers de la route les obligeaient à rouler plus doucement, sans quoi Hernando aurait bien pu emboutir l’arrière du Four Runner. Le moteur ronronnait encore alors que la musicienne ordonna à son reflet dans le rétroviseur :

- Arrête ça ! Descends de la voiture. DESCENDS !

L’autre ne fit que rire. Un rire mauvais qui lui fila mal au crâne, mais ne bougea pas de son siège. Pourtant, quand la pianiste se retourna, pour cette fois lui hurler dessus en face, il n’y avait plus personne. Sur la banquette, uniquement les couvertures qu’ils avaient empilées, une caisse avec des outils, un carton de vivres sur lequel était posée son arbalète. Les yeux de la jeune femme s’écarquillèrent, puis ses sourcils se froncèrent. Comment était-ce possible ? Qu’est-ce que… mais qui c’était en fait ?

- Elle était là…, murmura-t-elle quand son regard croisa celui de Gabriel, me regarde pas comme ça, elle était là !  

Elle regarda la route, trempée par la pluie sur laquelle se reflétait la lueur de ses phares. Quelque chose bruissait dans sa tête, mais elle ne comprenait pas. D’un coup, elle déclara « prends le volant » et ouvrit sa portière pour quitter l’habitacle. Les gouttes étaient froides mais bienfaitrices : elles apaisaient un peu le feu dans son cerveau, alors qu’elle essayait de retrouver ses connexions avec la réalité. Avant de prendre le siège qu’occupait avant l’instituteur, Selene fit un signe à ses acolytes pour signaler que tout allait bien. Une fois assise, elle se tourna vers la fenêtre, se refusant à regarder son petit-ami. Sur son visage trempée, ses larmes pouvaient passer incognito. Parfait. Ce ne fut que lorsqu’il eut recommencé à rouler qu’elle demanda fébrilement :

- Qu’est-ce qui m’arrive Gabriel… ?


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