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 From our blood

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Arthur E. McLeod
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MessageSujet: From our blood   Dim 9 Oct 2016 - 18:45

Il fait chaud aujourd'hui. Comme hier et sûrement demain. L'été s'est installé depuis quelques semaines. Plus d'un mois même. Et impossible maintenant d'en prédire l'échéance. Là où un temps aussi radieux n'était pas désagréable autrefois, il vient aujourd'hui perturber le peu de confort dont nous disposons. Adieu les ventilateurs électriques, les cocktails fruité presque glacé et les après-midi à se prélasser au bord d'une piscine en attendant le barbecue du soir. Non, aujourd'hui, la chaleur nous impose de nous hydrater bien au delà de nos limites journalières. Le prix de la survie. Et comme l'eau ne pousse pas dans les arbres, j'ai décidé d'aller en chercher à la rivière. En compagnie de ma femme, Isabel. Une petite sortie, sans trop de risque, histoire de nous retrouver un peu tout les deux. Si en plus ça peut être utile à tous.

Je suis là, devant ce véhicule. Est ce le mien désormais ? Ou est ce encore celui d'un autre, dont je ne sais rien ? Est il encore vivant ? Ou l'est elle ? Ce genre de questions occupent mon esprit alors que j'attends Izzy. Le soleil tape fort, et je sens quelques goûtes ruisseler le long de mon dos. Je me suis habillé du plus léger possible pour cette " mission ", à savoir un simple t shirt et un pantalon de toile. Des bottines de randonnée aussi. Le tout militaire, évidemment. Un sac à dos rempli de gourdes et de bouteilles vides, tout comme l'est le coffre du SUV. Quelques jerricans aussi. C'est qu'on compte bien ramener des litres !

Enfin, Izzy arrive. Je souris en la regardant, et dépose ensuite un baiser sur son front, avec toute la douceur dont peut faire preuve un mari protecteur. D'ailleurs, je ne suis pas sorti sans mon couteau et mon arme de poing. Ce serait de la folie.. même pour une sortie aussi simple que celle-ci. Nous montons dans le véhicule et.. c'est un véritable four. Heureusement, les fenêtres ouvertes apportent un peu d'air et de fraîcheur dès que nous prenons un peu de vitesse.


" Ca ne devrait pas être très dangereux. Un peu plus loin, la route se rapproche de la rivière. C'est un peu en pente mais à deux, ce sera facile. C'est rien comparé à la Colombie.. haha "

La Colombie. Cet été où nous étions tous deux partis là bas, pour aider les plus défavorisés. Des villages touchés par les affrontements, et qui en payaient toujours le prix, même des années plus tard. Nous manquions de moyens autant qu'eux manquaient de confort. Manquaient simplement de tout. Les aider nous avait épuisé.. mais nous étions heureux. Ensemble, partageant la vie avec ces gens désintéressés, pour qui le sourire était si vrai, si facile qu'il n'avait pas de prix. Quand je regarde nos conditions de vie aujourd'hui, je réalise que nous ne sommes plus différents d'eux.

" Regarde, c'est là. On va commencer avec les jerrican, comme ça.. on en aura déjà terminé avec le plus difficile. "

L'imposant véhicule s'arrête. Je descends, profitant d'un petit coup de vent qui me fait tellement de bien. Je souris à l'idée de prendre un bain dans cette rivière, après avoir terminé notre travail. Ah.. de l'eau..



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Isabel G. McLeod
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MessageSujet: Re: From our blood   Dim 16 Oct 2016 - 0:58


Debout, face au miroir de la salle de bain, Isabel scrutait son visage. Ses joues rosies lui rappelaient que l’été était bel et bien là. Même après toutes ces années passées dans des pays chauds, à l’autre bout de la planète, jamais elle n’était parvenue à avoir un teint bronzé, un léger hâle tout au plus. Fichue peau claire. A vrai dire ce n’était pas vraiment cela qui la tracassait depuis quelques semaines, non. D’abord il y avait ces quelques jours de retard dans son cycle, mais elle n’y avait pas prêté attention au début. Difficile de s’y retrouver sans un calendrier sous les yeux, sans compter son corps affaibli après l’arrivée des premières chaleurs. Puis la fatigue s’était faite de plus en plus présente, et elle avait commencé à souffrir de nausées. Alors évidemment, elle avait commencé à se faire des idées… Qui s’étaient finalement confirmées après plusieurs visites à l’infirmerie et un test de grossesse positif. Elle allait être maman. Ils allaient devenir parents, avec Arthur, et elle ne pouvait qu’être heureuse. Pourtant, elle n’avait toujours pas eu le courage de l’annoncer à son mari. Pas parce qu’elle avait peur de sa réaction mais parce qu’elle se sentait complètement fébrile dès qu’elle y songeait. A maintes reprises elle avait voulu le mettre au courant, mais elle n’avait pas trouvé le « bon » moment. Peut-être qu’aujourd’hui serait le bon ?

Terminant de se préparer, elle jeta un dernier coup d’œil à son reflet avant de soupirer en remarquant ces immenses poches sous ses yeux. Elle devait vraiment lui parler, parce qu’il finirait par se rendre compte de quelque chose de toute façon. Arthur la connaissait trop bien et il avait sûrement déjà remarqué son état de fatigue. Il finirait par lui poser des questions. Heureusement aujourd’hui, elle allait plutôt bien. Pas de nausées, ni trop de fatigue…

Vêtue d’un débardeur noir et d’un bermuda en jeans, elle avait chaussé ses chaussures de marche et emporté un sac à dos contenant de l’eau et quelques affaires. Couteau et arme à feu attachés à sa ceinture. Sortir ? Cela ne lui faisait plus peur. C’était devenu une habitude même. Arthur l’avait entraînée un peu au tir durant les mois précédents et elle se débrouillait plutôt bien. Une fois dehors, elle arriva près de la voiture, où Arthur l’attendait. Elle s’approcha, répondant à son sourire. Lorsqu’il embrassa son front elle ferma les yeux, profitant de ce baiser. Une sortie, rien que tous les deux. C’était sûrement l’occasion rêvée pour lui annoncer la nouvelle ? Peut-être oui…

Une fois dans la voiture, ils laissèrent le chalet disparaître derrière eux, prenant la route qui menait jusqu’à une petite rivière un peu plus loin. Il fallait réapprovisionner le camp en eau, surtout avec cette chaleur. Là, Arthur évoqua quelques souvenirs de leur mission humanitaire en Colombie, lui rappelant ces semaines éprouvantes qu’ils avaient passé là-bas. Elle se mit à sourire. Oui, cela avait été difficile mais c’était sûrement l’une des plus belles missions qu’ils avaient pu effectuer tous les deux, ensemble. Elle y repensa alors jusqu’à ce que la voix de son époux la ramène à la réalité et que leur véhicule s’arrête. Sortant de la voiture, elle la contourna pour rejoindre Arthur. Passant son sac dans son dos, elle fit un sourire à Mr McLeod avant de parler « Il fait tellement bon, ici, sous les arbres… J’espère tout de même que la fin de l’été ne sera pas trop chaud. J’ai l’impression d’être de retour à Kaboul, le sable en moins… » Elle se mit à rire… D’autres souvenirs inondant alors son esprit.

« On y va ? » Dit-elle, se mettant en route en direction de la rivière, un jerrican dans chaque main. Après avoir fait quelques mètres, elle s’arrêta. « Regarde. Y’en a un là-bas… » Avec le temps, Izzy avait appris à ne plus avoir peur des rôdeurs… Tout comme elle avait appris à ne plus avoir peur des bombardements et du bruit des balles quand elle était en mission près des champs de bataille… « Je m’en occupe. » Posant les jerricans, elle s’avança jusqu’à la créature, son couteau en main. Elle referma fermement sa main sur l’arme et s’approche encore un peu plus. Le rôdeur remarqua leur présence mais il n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit, tombant lourdement au sol après avoir reçu un coup de couteau dans la tempe.






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Arthur E. McLeod
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MessageSujet: Re: From our blood   Dim 16 Oct 2016 - 4:25

Il est de ces choses qui sont difficiles à cacher, et quand deux personnes partagent un lien fort, quand deux âmes sont liées par l'amour et la sincérité, difficile devient impossible. Je sens qu'Izzy est perturbée. Quelque chose occupe son esprit. J'ignore ce que c'est mais je le vois dans son regard vague, perdu dans le vide. Ses petites absences parfois, quand je lui parle de quelque chose et qu'elle devient évasive. Et surtout, ses yeux. Ils ne peuvent mentir. Isabel a quelque chose à me dire, à me demander. Elle a besoin que je la rassure, que je sois là pour lui rendre le sourire. Et c'est ce que je ferai quand viendra le moment.
Mais ce moment, quand viendra t il ? Nous ne sommes pas coutumiers des secrets, hormis peut être les fantômes et démons que j'ai gardé si longtemps enfouis loin de notre histoire. Notre couple est basé sur la franchise, quel que soit le sujet, quel qu'en soit la gravité, et c'est d'autant plus vrai aujourd'hui. J'ai réfléchi à ce qui peut bien la tracasser à ce point, et.. j'ai regardé autours de moi. Comment ne pas l'être dans un tel monde ? Comment ne pas se perdre au beau milieu de ses propres doutes quand demain n'est plus une certitude, mais une conquête ?

Voir son sourire se dessiner sur ses lèvres, quand j'aborde le bonheur qui caractérise nos souvenirs, me réconforte. Je la retrouve comme je la connais, aussi me dis je que ce ne doit pas être si grave. Je me sens encore plus soulagé quand elle évoque la poussière de l'Afghanistan. Haha, c'est cette même poussière qui a été le prétexte de ma première approche.. pour le moins maladroite. Y fait elle référence ? Je la regarde amusé, plissant légèrement les yeux, entrant dans un jeu qui est le bienvenu.


" Ah bah ça, quand on épouse un vrai-faux vendeur d'aspirateurs, faut pas s'étonner de ne plus trouver de poussières partout ! .. Par contre pour la chaleur.. Mhhh.. tu aurais sans doutes dû épouser un vrai-faux.. vendeur de ventilateur !

Je lève un sourcil aux derniers mots, remontant mes lèvres pour donner un petit ton taquin à mon sourire. Mon rire fait écho au sien, et je nage en plein bonheur. Comme si nous étions simplement un an plus tôt, prêts à faire une petite pause au bord d'une route. Sans se soucier de demain.

Au moins, j'peux toujours essayer de nous trouver un parasol. Et un marchand de glace. Bon, t'as raison. Allons y. "

Et la réalité nous tombe dessus. Rien d'alarmant en soi, juste.. la déception de voir se briser le rêve dans lequel je commençais à me perdre auprès d'elle. La mort déambule plus loin. Perdant immédiatement le sourire pour faire place à cette mine déterminée et implacable dont hérite tout vétéran, je me prépare déjà à envoyer cette horreur bien loin de notre petit monde parfait. Serrant déjà l'arme dans ma main, je me retrouve bien vite stoppé dans mon élan. Je m'en occupe, me dit elle. D'abord réticent, je hoche finalement de la tête, pour lui accorder cette tâche. L'arme de poing remplaçant la lame, je me tiens prêt à agir. Je me déplace pour ne pas avoir ma courageuse femme dans la ligne de mire, et je l'observe s'occuper tranquillement, sans faille, de notre ennemi.

Je range alors l'arme à ma ceinture. Je m'avance près d'elle, emplis de fierté de la voir ainsi réussir là où tant d'autres ont échoué, au prix de leur vie. Le rôdeur n'a plus aucune importance maintenant. Je pose mes mains sur ses épaules.


" Je suis fier de toi, tu sais.. Tu es forte. Et.. et ça me fait du bien de me souvenir que tu l'es. "

D'ordinaire, un homme serait horrifié de voir son épouse abattre quelqu'un de sang froid comme elle vient de le faire. Mais dans ce monde de dingue, perdus au milieu d'un cimetière sans repos, où nous sommes les proies de ceux qui étaient autrefois nos semblables, être capable de le faire est sûrement la plus grande des qualités. En tout cas, l'unique moyen de s'en sortir. Ainsi donc, je pose mes lèvres sur les siennes. Et je l'embrasse.

Peu après, je remplis le jerrican de cette eau si fraîche, si claire.. Je ne lui résiste pas ! Je le repose à côté de moi un instant, et plonge la tête entière dans la rivière. Je reste comme ça quelques secondes, et quand je surgis hors de l'eau, c'est pour me secouer avec vigueur, comme le ferait un chien ! Ah.. que c'est bon. J'ouvre grands les yeux, comme la bouche, soupirant le bienfait que ça m'apporte. Et là..

.. Face à nous, de l'autre côté de la rivière. Deux, trois, puis quatre. Ils sont ignobles, pourris, dégueulasses, transformés depuis bien longtemps. Je les regarde fixement. J'ignore s'ils peuvent traverser. Peut être vont ils se faire emporter par le courant, ou sans doute fondre instantanément dans une eau si pure. En tout cas, ils sont conscients de notre présence, et nous figurons sur leur menu.


" Izzy.. ?

La voix calme, mais sèche, j'essaye d'attirer son attention. Mais rien. Je recommence, plus fort.

Izzy.. !


Quand enfin elle me répond, j'enchaîne, fixant les monstres.

Y en a là bas. On va bouger plus loin, c'est plus sûr. Viens, on rem.. IZZY !!

Tournant la tête vers elle, je remarque qu'un cinquième, de notre côté de la rive, s'approche dangereusement de ma femme.. Une scène que j'ai déjà vu lors de la chute du stade, et qui me hante encore.. Je fonce, renversant le jerrican dont je n'ai plus cure désormais.

COURS VERS MOI ! "


Je reprend le contrôle de ma ruée, et je prends position là où je peux viser le crâne de ma cible sans risquer de toucher ma femme. Une machine à tuer bien rodée, dont ce genre de gestes ne sont maintenant plus que de simples réflexes. Voilà ce que je suis. Je ne tire pas encore, mais le doigt est sur la gâchette. Au moindre danger, je n'hésiterai pas.

Mais dans le sauvetage de ma femme, ce que j'ignore, c'est que je suis moi même en péril. Un autre m'arrive dans le dos. Un sixième que je n'ai même pas encore vu, et que je ne risque pas de voir, trop occupé à menacer l'autre. Y en a t il d'autres encore ? Je n'en sais rien, et vais je seulement avoir l'occasion de le savoir ? A mesure qu'Izzy prend de la distance avec son agresseur, le mien s'approche. Rien n'arrête l'avancée de la mort. Il n'est plus qu'à quatre mètres de moi. Peut être trois..



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Isabel G. McLeod
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MessageSujet: Re: From our blood   Dim 16 Oct 2016 - 19:13


Bien sûr qu’elle avait fait exprès d’évoquer cette histoire de vendeur d’aspirateur. Une façon de détendre cette atmosphère relativement tendue depuis leur départ. Avait-il perçu quelque chose de suspect en elle ? Evidemment. Elle savait très bien qu’il avait dû remarquer qu’elle était différente depuis un moment. Il était temps qu’elle lui avoue la vérité. Mais comment ? Parler de leurs souvenirs était donc un bon moyen de lui faire oublier ses interrogations, tout comme le fait de rire et de s’amuser de cette anecdote concernant leur première rencontre. Mais forcément ce bonheur partagé fut de courte durée, Isabel ayant remarqué la présence d’une silhouette chancelante à quelques pas de là. Ils étaient toujours là, tout autour d’eux. Il fallait toujours qu’ils viennent gâcher ces moments importants… Peut-être aurait-elle pu profiter de cette marche jusqu’à la rivière pour réfléchir à la façon dont elle allait annoncer la grande nouvelle Arthur ? Non. Cela ne serait pas pour tout de suite. Pas avec des rôdeurs dans les parages.

Le gêneur ne tarda pas à s’écrouler par terre. Isabel s’en était chargée, bien consciente qu’Arthur veillait sur elle, prêt à intervenir au moindre problème. Elle aurait pu lui dire de ne pas s’inquiéter, mais elle savait pertinemment que ce n’était pas la peine de lui demander une telle chose. Parce que c’était impossible. Ils passaient leur temps à s’en faire pour leur moitié, n’osant imaginer ce qu’il se passerait si l’un d’eux viendrait à disparaître. Non. Ça ils n’y pensaient jamais…

Arthur s’approcha d’elle, lui faisant part de cette fierté de la voir aussi forte avant de l’embrasser. Mais avait-elle le choix après tout ? Ce nouveau monde était devenu tellement hostile. Izzy ne pouvait pas se laisser submerger par ses peurs et ses angoisses. Elle fallait qu’elle se sente capable de gérer tout ça, même si c’était difficile, parce qu’affronter la réalité était le meilleur moyen de surmonter tout ça. Cela ne lui plaisait en rien, elle ne prenait aucun plaisir à tuer ainsi, même la pire des créatures. Elle savait au fond d’elle, que ces êtres immondes avaient été des humains, comme elle… Mais avec le temps elle avait appris à ne plus culpabiliser. Parce qu’au final c’était eux ou elle…

Arrivés près de la rivière, ils se mirent à remplir leurs jerricans. Longeant le cours d’eau, la jeune femme s’éloigna de quelques mètres, ne quittant pas Arthur des yeux et souriant en le voyant mettre la tête sous l’eau pour se rafraîchir. Après avoir rempli son premier jerrican, elle en attrapa un second et le plongea dans l’eau fraîche. Puis une nouvelle fois, ses préoccupations revinrent prendre possession de ses pensées. Oubliant le reste, elle se mit à fixer un point au hasard face à elle. Comment lui dire ? Comment lui annoncer ça de la meilleure des manières ?

Puis la voix masculine l’appela, finissant presque par crier son prénom. Que se passait-il ? Isabel releva la tête vers son époux, se demandant ce qu’il se passait. « Arthur ? Qu’est ce que… » Elle n’eut pas le temps de continuer sa phrase. Il y en avait d’autres. La blonde jeta un coup d’œil vers la direction indiquée par Arthur et entreprit de ramasser les bidons remplis d’eau. Mais ce fut au même moment que la voix de son mari lui ordonna de courir. Isabel se retourna rapidement et aperçut le corps putride d’un homme s’approcher d’elle. Elle détourna alors le regard vers Arthur, prête à se mettre à courir mais elle ne bougea pas. Ses yeux se remplirent d’effroi à la vue d’un autre monstre approchant également du soldat. Il ne semblait pas l’avoir vu. Tiraillée par la peur, Izzy voulut lui hurler de s’en aller lui aussi. Ils devaient rejoindre leur véhicule.

Malheureusement elle fut incapable de dire un seul mot. Elle prit alors l’arme à feu entre ses mains et la pointa en direction du monstre. Mais Arthur était sur la trajectoire. Elle ne pouvait pas tirer. Paniquée, elle tenta de se remettre en marche, comme lui avait ordonné son mari mais elle trébucha sur un des jerricans laissé à ses pieds. Posant un genou à terre elle regarda de nouveau vers Arthur « Derrière toi. ARTHUR ! DERRIERE TOI ! » L’effroi pouvait se voir dans ses yeux. Ce n’était plus une seule silhouette qui s’approchait de lui, mais plusieurs… Ils devaient bouger de là… Elle jeta un œil derrière elle. Un mort. A moins d’un mètre d’elle…






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Arthur E. McLeod
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MessageSujet: Re: From our blood   Dim 23 Oct 2016 - 17:38

La mort nous tient entre ses griffes, une fois de plus. L'étau se resserre, bien plus que je ne l'imagine encore. Le piège est en place, et chaque seconde qui passe m'oblige à prendre une décision. Tirer. Ameuter tout les morts du coin, leur signaler que le repas est servi, et tenter ensuite de se barrer. L'eau ? Je ne m'en soucie plus. Plus rien n'a d'importance, si ce n'est ce rôdeur qui approche de ma femme tétanisée. Il est dans ma ligne de mire. Il est foutu, et notre expédition aussi. Mais au moment de tirer, je vois Izzy qui pointe son arme vers moi. Je ne comprends pas.. ça n'a pas de sens. Mes mains tremblent..

" Izzy.. ? .. que.. Cours !! Il est.. Cours!!!


Elle tente alors de s'enfuir, enfin. Et dans sa panique, elle trébuche sur l'un des jerricans. Le monstre est à sa portée.

NON !! "

Je tire. Je me fiche du bruit que cela peut bien faire. Je prends le risque d'avoir ma femme à moitié dans ma ligne de mire.. Je tire. Je n'ai que trop traîné... et je rate mon tir. Ce n'est pas le front du rôdeur qui est percé par le plomb, mais son torse. L'impact le fait tomber à la renverse, ce qui offre quelques secondes à Isabel pour s'enfuir, et me laisser l'opportunité de l'abattre pour de bon. Mais elle se met à hurler quelque chose. Derrière moi ? Mon sang gèle. J'ouvre de grands yeux. Je suis bloqué à mon tour.. Car au moment même où elle hurle de désespoir, je sens la poigne de la mort se saisir de mon épaule. J'ai échoué. Je n'ai pas assuré mes arrières, bien trop affolé par le danger qui menace ma femme.

Les râles sont nombreux, et si proches. Le glas sonne pour moi. Cette main cadavérique posée sur moi commence à m'attirer vers l'arrière. Je suis foutu, semble t il. Mais au moins Izzy va s'en sortir. Elle doit s'en sortir. C'est elle que je regarde, alors que le temps semble s'arrêter. J'ai tellement de choses à lui dire, mais aucun son ne parvient à sortir. Je veux qu'elle s'en aille, loin d'ici, pendant qu'ils sont sur moi..

..Et enfin, l'adrénaline s'empare de moi. Je ne vais pas me laisser dévorer. Si je dois tomber, alors je tomberai en soldat. En luttant pour ma survie. Le temps s'écoule à nouveau, et je n'en ai plus à perdre. J'ai déjà dégainé mon couteau de la main gauche. Je me libère de l'emprise du non mort d'un grand coup d'épaule, et je frappe de toutes mes forces de ma lame, visant la tempe du second, tout aussi proche. Je hurle de haine, de rage, de l'ivresse du combat qui s'empare maintenant de moi. Il était temps..

Le premier recule d'un bon mètre, le second s'écroule. Je n'ai pas le temps d'ôter le couteau de son crâne. Je vais devoir faire sans. Un troisième se présente à moi, bien trop proche pour que je puisse aligner mon tir sans risquer de me faire mordre. Alors je le charge. Mon avant bras frappe sa gorge, sous sa mâchoire. Sous le choc, il ne peut planter ses crocs dans ma chair. Je colle le canon de mon arme contre son oeil et je tire.

" CRÈVE CHAROGNE ! "

La force du rôdeur me maintenait en équilibre, et à sa mort, toujours sous l'impulsion de ma charge, je trébuche. Me voilà un genou au sol, face à trois rôdeurs, dont un qui est déjà sur moi. Cette fois.. ma survie dépend d'Isabel. Elle seule, et son arme, peuvent me sauver maintenant. Les crocs du rôdeur que j'avais repoussé s'approchent de ma nuque, et je lutte pour tenter de l'en empêcher...
Derrière Isabel, le rôdeur qui était tombé se relève.



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Isabel G. McLeod
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MessageSujet: Re: From our blood   Mer 2 Nov 2016 - 8:43


Le regard d’Arthur se remplit d’inquiétude, d’incompréhension lorsqu’Isabel pointa son arme dans sa direction. Mais il n’y avait rien à faire, la jeune femme n’était pas suffisamment adroite pour réussir son coup. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était s’enfuir, comme son mari venait de lui dire. Malheureusement, elle se prit les pieds dans un des jerricans et se retrouva à demi agenouillée par terre. Derrière elle, mort continuait d’avancer, le râle effroyable se faisait de plus en plus proche. Puis brusquement un coup de feu se fit entendre, faisant sursauter la blonde. Jetant un œil dans son dos, elle put voir le corps putride s’écrouler par terre. Izzy n’eut pas le temps de s’y intéresser plus que ça, le pensant mort pour de bon. Elle devait aller aider Arthur, elle devait l’aider à sortir de cette mauvaise posture.

Se relevant difficilement, le souffle presque coupé par la peur, Isabel serra son arme de toutes ses forces. Puis elle la pointa de nouveau en direction des créatures qui entouraient son époux. S’avançant de quelques pas, elle remarqua très vite que son corps tout entier tremblait. Tellement longtemps qu’elle n’avait pas ressenti une si grande peur, depuis leur séparation, depuis leur fuite du stade… Elle ne pouvait laisser ses horreurs s’en prendre à Arthur, elle ne pouvait pas les laisser lui prendre l’être qu’elle aimait le plus au monde. Visant toujours l’un des rôdeurs, prête à presser la détente de son arme, Isabel resta immobile. C’était trop risqué de tirer, elle ne cessait de se répéter ça dans sa tête. Elle assistait impuissante à ce combat qui opposait son mari à la mort, incapable de faire quoi que ce soit pour l’aider.

Un nouveau coup de feu retentit, ne faisant qu’alerter encore un peu plus les créatures se trouvant dans les environs. Ils devaient partir, ils devaient s’enfuir… Arthur venait de se débarrasser de deux rôdeurs mais d’autres venaient déjà de l’entourer. « ARTHUR ! » Jamais elle n’avait hurler son prénom aussi fort, jamais une si grande peur ne s’était fait entendre dans sa voix. Elle devait agir, elle n’avait pas le choix. Isabel tira une première fois, touchant mortellement le deuxième rôdeur qui s’approchaient dangereusement d’Arthur. Elle pressa la détente une seconde fois, malheureusement son tir ne fit que ralentir la progression du troisième rôdeur qui s’avançait vers eux. Elle tira encore, ne loupant pas son coup cette fois… Il ne restait plus que celui qui était déjà sur Arthur. Il était trop proche, mais elle ne pouvait pas rester là à regarder son mari se faire mordre. Elle ne pouvait pas tirer… C’était trop risqué.

Saisissant son couteau, elle voulut se précipiter vers Arthur mais quelque chose la retint par l’épaule. Se retournant, elle remarqua que le rôdeur qu’elle pensait définitivement mort s’était relevé. Se débattant, elle réussit à pointer le canon de son arme vers le monstre, un dernier coup de feu et le corps tomba contre le sol… Là, elle se retourna et se mit à courir vers son mari, toujours menacé par une mâchoire dont les claquements étaient insupportables. Autour d’eux, d’autres silhouettes approchaient, menaçantes. Ils devaient partir… Isabel planta la lame de son couteau dans le crâne de la créature… « Il faut y aller ! ARTHUR ! On doit rejoindre la voiture, ils sont trop nombreux… » Aidant son mari à se relever, elle se mit à courir, prenant la direction de leur véhicule resté un peu plus en amont. Mais déjà, deux monstres leur faisaient face…






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Arthur E. McLeod
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MessageSujet: Re: From our blood   Ven 4 Nov 2016 - 14:26

Le rôdeur est plus fort que moi. Je me trouve en position de faiblesse face à lui, soumis à son courroux, à son poids mort-vivant s'appuyant sur ma nuque. Je ne peux que tenir sa gueule à distance de mes chairs d'une main. Mes doigts ancrés dans l'une de ses orbites. De mon autre main, je cherche l'une de mes armes. Le couteau, le flingue, ou une pierre peut être. Je ne trouve rien. Je lutte pour tenter de me relever, mais sa pression est trop forte.
Sous sa poigne, mon visage devient écarlate sous l'effort. Je grogne, je hurle à en lâcher des filets de baves, comme une bête enragée. Derrière les râles du monstre et ma voix, j'entends Isabel qui hurle mon nom. Je ne l'ai jamais entendue hurler comme ça. Mon sang gèle.. Et si elle était prise par un rôdeur elle aussi ?

Le temps s'écoule, et les autres monstres s'approchent de moi, prêts à sceller mon destin. C'est alors que j'entends des coups de feu. J'entends les balles siffler et pénétrer les chairs pourries des cannibales. Je les entends tomber. Mais il reste toujours celui qui me maintient soumis. Je lutte encore, de toutes mes force, du mieux que je le peux, mais je me sens faiblir. Cette position est douloureuse. Mes muscles commencent à lâcher, il gagne du terrain. Soufflant comme un boeuf, je regarde ses jambes, droites devant moi. Un plan me vient à l'esprit. Ma dernière chance peut être. Ce que j'envisage est risqué. Suicidaire même, car j'ai toutes les chances d'offrir l'occasion au monstre de me mordre. Mais si je ne fais rien, il me tuera. Et Izzy mourra aussi. Non.. je ne peux le permettre.

Et au moment où je n'ai plus d'autres choix que de plonger sur les jambes de mon ennemi pour le faire chuter, je sens sa force s'envoler. Je le repousse loin de moi. Mon pouce est couvert de son sang moisi.. c'est.. horrible. Izzy est près de moi. Elle vient de me sauver. Je reste planté là, à la regarder sans pouvoir prononcer le moindre mot. La surprise, la peur, l'admiration et l'amour se mélangent au fond de mes yeux. Oui, ma femme vient de me sauver la vie..

Ses ordres brisent le moment catatonique dans lequel je me perdais. D'autres monstres arrivent, de tout les côtés. Fuir est la seule option. La seule solution. Tant pis pour les jerricans.. de toutes façons, on en trouvera d'autres. Je ramasse les armes et fonce avec elle vers le véhicule. Mais.. deux rôdeurs se tiennent devant nous.

Je suis de retour. Je suis prêt à me battre. Et cette fois, sans réfléchir, sans perdre la moindre seconde de plus, je les flingue. Purement et simplement, avec toute la maîtrise dont fait preuve un militaire. Deux tirs, ajustés en pleine tête. Ils tombent, et j'avance sans me retourner, emportant Izzy avec moi.

La voiture démarre, faisant hurler les pneus. Je ne prends pas immédiatement la direction de notre demeure, de peur qu'ils nous suivent grâce au bruits. Je roule, en direction de Maple Grove, un peu plus loin..


" ... C.. c'était chaud. Trop chaud.. On ne sera jamais tranquilles avec ces.. monstres..

Je tourne la tête et regarde Izzy, les yeux rougis par les larmes que je ne laisse pas s'exprimer.

Tu n'as rien ? Dis moi que.. jure le moi !! Tu n'as rien ?!

Soulagé, je soupire..

Je n'ai rien non plus.. Il n'a pas réussi à me mordre, j'ai lutté.. je.. je ne l'ai pas laissé faire..

Quelques secondes plus tard..

Tu m'as sauvé la vie.. "

Je la regarde à nouveau, laissant maintenant toute l'expression de mes sentiment me monter aux yeux. Je ne retiens pas mes larmes, et deux d'entres elles coulent sur mes joues. Ma voix devient faible et crispée, sous ma gorge serrée. Je réalise réellement à quel point elle est forte, et à quel point j'ai besoin d'elle..



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