Partagez | .
 

 Les mots du commencement

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
Auteur
Message
Hernando Álvarez
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 19/05/2016
Messages : 495
Age IRL : 29

MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Ven 7 Oct 2016 - 22:47

La jeune femme n'avait pas hurlé au scandale ou à la barbarie en entendant les explications des deux amis, mais elle semblait comme s'absenter de plus en plus. Peut-être se contenait-elle pour ne pas leur sauter à la gorge ou alors, elle pensait à son tour à la pire chose qu'elle ait dû faire jusqu'à présent. C'était bien de cette dernière possibilité qu'il s'agissait. Selene avait un mal fou à s'exprimer, ce qui contrastait avec l'attitude qu'elle avait jusqu'à présent. Les deux hommes la regardaient, sans porter aucun jugement, il s'agissait davantage d'encouragements.

Quand elle finit par réussir à aligner plus de trois mots, ses propos trouvèrent échos dans ceux prononcés par Mike quelques instants plus tôt. Elle et les autres membres de sont groupes avaient dû se défendre, ce qui signifiait que la violence fut présente. Jusqu'à présent, les deux hommes s'étaient montrés chanceux en ayant le dessus dans leurs rencontres, en ne connaissant pas la perte directe d'un être cher contrairement à ceux présents dans le phare. Attentifs, ils continuaient à encourager la brune du regard.

Entendre cette histoire des plus réelles aurait pu faire fuir plus d'une personne pensant se trouver face à une fille complètement folle, mais qui pouvait se targuer de ne pas avoir franchi une seule fois les limites, ses propres limites quant aux choses à ne pas faire depuis la chute du monde civilisé ? Personne, et pour ceux s'imaginant le contraire, cela finirait par venir à un moment ou à un autre, que ce soit dans les prochains jours ou les prochaines années, s'ils étaient encore dans le camp des vivants. Les actes que Mike et Hernando avaient pu commettre n'étaient pas plus glorieux que celui-ci, et tout aussi difficiles à assumer, mais le latino ne pouvait s'empêcher de se dire que pour elle ça l'était davantage. Selene n'avait certainement pas évolué dans un monde violent jusqu'ici, elle était jeune, alors se rendre compte qu'elle était capable de faire ce genre de choses ne devait vraiment pas être simple à vivre pour elle.

« J'comprends, ce serait même plutôt inquiétant qu'tu nous dises un truc du genre ; ''Ouais c'était trop cool ! Vivement qu'j'recommence !'' Y aurait d'quoi s'inquiéter, mais tout c'que ça prouve, c'est qu't'es réellement prête à tout pour protéger les tiens, à t'surpasser, devenir une autre personne. C'est clair qu'ça doit pas être facile à raconter ou même à simplement y penser, mais tu sais, j'préfère qu'tu sois franche et voir qui tu peux être, ça a un côté rassurant en quelque sorte d'savoir qu'tu sais t'défendre. – dit-il en se penchant un peu sur la table pour capter l'attention de la jeune femme – L'monde a changé, nous aussi, il faut s'adapter. Les apparences sont trompeuses et d'notre côté on juge pas, mais en t'voyant on s'imagine pas d'quoi t'es capable, t'es toute fine, presque fragile d'une certaine manière, alors cette histoire, même si elle est horrible, moi j'la trouve rassurante par rapport à c'que j'te disais, tu sais te défendre, et pas qu'un peu, c'est c'qu'il faut retenir. Les autres peuvent compter sur toi, et ça, c'est une vraie force quand on vit en p'tit groupe. Il faut de tout, pour que la communauté avance, l'union fait la force comme on dit ! L'important n'est pas l'apparence, mais c'qu'on dégage avec le regard et l'mental. » finit-il par dire en souriant à la brune.

Le dépassement de soi était une chose très importante pour Hernando, comme l'honnêteté, et Selene avait les deux. Ce n'était pas parce qu'elle était une femme et jeune, que pour lui cela signifiait automatiquement qu'elle ne savait rien faire de ses dix doigts. Il avait connu par le passé dans son club de boxe d'autres femmes de la même carrure que Selene sachant parfaitement se battre. C'était d'ailleurs pour ça qu'il avait évoqué le mental, qui pour lui, était bien plus important que de savoir soulever cinquante kilos de fonte, car ça, c'était plus de la gonflette qu'autre chose, un type avec une musculature importante était imposant, certes, mais un coup bien placé et une force mentale élevée permettaient d'avoir le dessus. Beaucoup d'hommes pensaient avec leurs bras et non leur tête, ce qui était une erreur pouvant être fatale. Fuir un combat n'était en rien une honte, connaître ses forces et ses faiblesses étaient bien plus importants.

« Merci à toi Selene. » répondit Mike en la regardant dans les yeux d'une voix posée. Il avait remarqué les tremblements de la brune, mais ne les releva pas en se disant que c'était le fait d'avoir raconter cette expérience qui avait causée cela. « On sait que Breann est entre de bonnes mains ! » ajouta-t-il en souriant à son tour. Car même si l'afro-américain était moins proche de cette dernière que le tatoué, il l'appréciait pour son côté naturel et entier, en plus de ne pas manquer d'humour et de répondant. Comme ils l'avaient dit, elle était une fille bien, alors savoir qu'elle était bien entourée était rassurant.

Et puis, une chose inattendue se produisit, une proposition que les deux amis n'avaient même pas imaginé arriva ; le fait de faire partir de ce groupe. « Mais... Tout le monde est ok ? 'fin, j'veux dire, ça dérange personne quoi ? Pas que j'veux pas, ça m'ferait, nous ferait même, plaisir – commença Mike avant de croiser le regard de l'hispanique qui confirma – Mais j'voudrais pas qu'ça en emmerde tu vois... » répondit-il en se grattant la nuque. Jusqu'à présent, lui et Hernando se contentaient de vivre à deux, ça leur allait très bien d'ailleurs, mais ils se rendaient compte que ce n'était pas la meilleur des solutions pour survivre dans de bonnes conditions, que la fatigue était encore plus importante en devant tout faire, d'autant plus qu'ils avaient changé, qu'ils étaient redevenus eux, oubliant leur égoïsme et leur sauvagerie avec le souhait d'aider, d'apporter leurs connaissances, pouvoir partager cela avec d'autres. Mais leurs caractères n'étaient pas faciles, ils le savaient, alors cette proposition était une occasion unique, d'autant plus qu'ils connaissaient Breann, et qu'il n'y avait pas de raison pour qu'ils s'entendent pas avec Selene.

A son tour, Hernando prit la parole « Tu vas vite t'en rendre compte, j'peux être maladroit dans l'choix des mots, alors désolé d'avance pour c'que j'vais dire parc'que ça fait p'tet cliché ou trop homme d'une certaine façon, mais les amis de Breann sont mes amis et s'il faut qu'j'prenne une balle pour l'un d'vous, j'le ferai parc'que j'suis comme ça. » expliqua-t-il en finissant par laisser un rire de gêne fuser entre ses lèvres. Au moins, il avait eu l'intelligence de prévenir Selene sur cette maladresse dont il pouvait faire preuve en utilisant de mauvaises tournures de phrases. Mais ce qu'il fallait comprendre était que Hernando n'hésiterait pas un instant à secourir une personne du groupe, peu importait le danger s'il jugeait que c'était possible de le faire, il le ferait et qu'il ne privilégierait pas plus une personne qu'une autre, qu'il n'allait pas les lâcher ou se retourner contre eux.



MIKE : #576A6E / HERNANDO : #A59450
Revenir en haut Aller en bas
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1309
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Ven 7 Oct 2016 - 23:57

- Ce que j’espère, c’est que personne n’aura à prendre une balle pour un autre, rétorqua-t-elle en souriant légèrement.

Elle avait compris. Il était trop tôt pour prendre les mots de l’hispanique pour argent comptant, mais elle admirait l’intention. Tout comme elle appréciait son honnêteté à l’état brut. Il disait que c’était de la maladresse et, effectivement, c’était peut-être un peu ça. Mais d’un autre côté, ça lui donnait un charme – et un charisme – incroyable. Selene se sentait encore troublée, non plus par son aveu, mais par ce que lui avait dit Hernando : les autres pouvaient compter sur elle, elle avait la force de les défendre. C’était gentil de sa part. C’était rassurant aussi, de se voir commenter de la sorte par quelqu’un qui ne la connaissait pas. Elle occulta les derniers mois : son viol, sa blessure, la torture… tous ces événements qui l’avaient brisée, fragilisée, ébranlée. L’image que lui renvoyait son aînée était bien plus glorieuse, plus lumineuse à contempler. Il la respectait, ça aussi, c’était bon.

Une vague de chaleur montait à ses joues, colorant légèrement son visage opalin. Quand elle y réfléchissait, c’était la première fois qu’elle ouvrait les portes de sa communauté à des inconnus. Gabriel et Abigail n’avaient pas eu la même histoire : elle les connaissait déjà. Les accueillir avait été une continuité naturelle, il était impensable qu’elle les laisse sur le carreau. Mais Hernando et Mike… c’était son premier choix « humain ». En vertu de la qualité de responsable qu’elle avait acquise par la force des choses, la musicienne avait pris une décision qui pourrait tout changer. En bien ou en mal. Elle pencha la tête sur le côté, dévisageant le plus calme des deux. Son ami ne lui avait pas laissé le temps d’obtenir une réponse.

- Je vous l’ai dit, si Breann est ok, alors tout le monde lui fera confiance, j’en suis sûre, elle replaça derrière son oreille une mèche de cheveux qui venait de tomber en travers de son champ de vision, je ferai les présentations le moment venu. Hum… il nous est arrivé pas mal de chose cet été, on essaye de se reconstruite. Alors… n’en veuillez pas trop aux autres, s’ils ont l’air un peu… sauvage.

Selene ne s’inquiétait plus tellement de Gabriel. Il était probable qu’il se mette instinctivement sur la défensive en voyant deux mâles de plus, après ce qui lui était arrivée, mais le fait qu’ils aient réussi à discuter pour mettre les choses au clair avait arrondi les angles. C’était plutôt Abigail qui la préoccupait. Jusqu’à maintenant, la pianiste ne pouvait oublier ce matin où elle l’avait trouvé dans le sous-bois, prête à se laisser dévorer si elle n’était pas intervenue. Elle avait peur que la blonde ne soit jamais capable de renouer correctement avec les autres.

L’hôte avait l’air un peu gênée, mais bien plus détendue. Ses gestes devenaient plus naturels. Ils appartenaient plus à une jeune femme, moins à une chef de groupe. Elle croisa les jambes, s’adossa plus confortablement dans sa chaise, gratta même machinalement son bras du bout des ongles. Pourtant elle n’en avait pas fini avec les sujets sérieux, mais la glace était brisée. La transition pouvait commencer à se faire, doucement.

- On essaye de s’organiser, pour avoir toujours ce qu’il nous faut. A manger et à boire, c’est le principal. On n’a pas encore pu faire de jardin alors… on doit trouver tout ce dont on a besoin. Tout le monde participe comme il peut alors… je suis sûre que vous trouverez votre place dans notre mode de vie, elle fit un signe de tête vers l’endroit où se trouvaient les différentes pièces habitables, on n’a pas beaucoup de chambre, alors il va sans doute falloir installer des sacs de couchage dans une déjà occupée, désolée.

Selene s’était arrêtée de parler un peu brusquement. Elle leva une main en signe de mea-culpa, souriant légèrement alors qu’elle secouait négativement la tête.

- Je ne veux pas vous mettre la pression, pardon. Vous pouvez encore… je veux dire… vous pouvez prendre votre temps, en discuter entre vous. Revenez demain ? J’aurai parlé à Breann et aux autres alors…

L’étudiante se sentit soudain angoissée. Sur plusieurs plans : que ses compagnons se braquent et refuse la présence des deux hommes ; que Breann confie ne pas vouloir d’Hernando dans le phare ; que les nouvelles recrues ne reviennent pas le lendemain. Peut-être changeraient-ils d’avis ? Peut-être mourraient-ils ? Tout était tellement incertain désormais. Elle eut envie de dire quelque chose, de faire quelque chose, qui montrait que leur échange ne la laissait pas indifférente ; que leur entrevue avait eu un sens. Après avoir hésité quelques secondes, elle tendit par-dessus la table l’une de ses mains fines. Un éclat malicieux dans ses yeux bleus.

- Enchantée de vous avoir rencontrés, Hernando et Mike.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Hernando Álvarez
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 19/05/2016
Messages : 495
Age IRL : 29

MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Lun 10 Oct 2016 - 22:39

Le fait de rejoindre un groupe était quelque chose de nouveaux pour les deux hommes, qui, jusqu'à présent, vivaient ensemble sans avoir accueillir personne. Une vraie petite vie en colocation, presque de couple, s'était installée où ils partageaient les tâches à tour de rôle, ils arrivaient même à communiquer sans se parler, par de simples gestes ou regards, ils savaient dans la seconde ce que l'autre voulait dire. Ce qui était un point fort lors de certaines rencontres où la discrétion était de mise. Mais là, ils allaient devoir se trouver une place dans un groupe soudé et marqué par différentes épreuves plus que difficiles, dont la mort de l'un d'eux. Ils sentaient qu'ils devraient prouver leur bonne foi et montrer qu'ils n'étaient plus ceux que Breann avait rencontré durant l'hiver, en tout cas, concernant leurs côtés négatifs.

Et Selene confirma en un sens cela en évoquant le fait que sa famille pourrait avoir l'air un peu sauvage, comme elle disait. « Pas de souci, on comprend tout à fait. » répondit Hernando en accompagnant cela d'un léger sourire. Le réel souci lui venant à l'esprit était de savoir si cela durerait longtemps car, bien qu'il comprenait parfaitement, il fallait tout de même qu'à un moment où à un autre il y ait des efforts faits des deux côtés, mais il ne précipiterait pas les choses pour autant, laissant le temps nécessaire aux autres afin de leur montrer que les deux amis étaient dignes de confiance. En entendant, il y avait déjà Breann et surtout Selene qui étaient prêtes à les accueillir, un bon début donc.

Les deux amis se mirent à rire lorsque la jeune femme s'empressa de s'excuser face à l'engouement dont elle faisait preuve, mais c'était plaisant et rassurant de voir qu'elle n'était vraiment pas du tout contre l'idée qu'ils les rejoignent. « Non, non, pas de pression t'en fais pas ! On a hâte de faire parti de ta famille Selene et pour nous, notre décision est prise. » ajouta le latino en hochant la tête. La balle était dans le camp des deux brunes qui devraient réussir à convaincre leurs amis de les accepter, mais à écouter celle leur faisant face, ils avaient le sentiment qu'elle y parviendrait.

Mine de rien, Mike et Hernando s'était habitué à avoir un certain confort, dans le sens où ils n'avaient pas passé une seule nuit à dormir ailleurs que sur un lit, alors l'idée des sacs de couchage ne les enchantait pas forcément, surtout sur la durée en fait. Et d'un simple regard, ils comprirent qu'ils avaient eu la même idée ; ramener un matelas de la maison qu'ils occupaient. Regardant la brune, l'afro-américain prit la parole « On ramènera tout c'qu'on a si vous êtes tous ok, j'sais que dans l'garage y a des pelles par exemple, donc on les prendra aussi. On a des mat'las, alors si jamais y a d'la place on peut en ramener, ça nous dérange pas. » pour ne pas dire que ça les arrangerait en fait.

Saisissant la main tendue l'hispanique s'inclina légèrement avant de la remercier « Ce fut un plaisir, heureux d'avoir fait ta connaissance ! », puis ce fut au tour de son ami qui fit de même. La rencontre s'étant bien déroulée, ils n'allaient pas se gêner d'agrémenter la fin par un petit geste les amusant tous les deux, ils aimaient rire et ne changeraient pas cela.

____________________

Si ça continuait ainsi, les deux hommes pourraient faire le trajet les yeux fermés à reculons, mais plus ça allait et plus il leur paraissait long, car au final, le chemin était fait de longues lignes droites ennuyeuses. Ils se rassurèrent comme ils pouvaient en se disant que ce serait peut-être l'une des dernières fois où ils auraient à le faire. Ils finirent par arriver au phare où au fil de leur avancée ils étaient de plus en plus attendus, chacun des occupants de la bâtisse sortant à tour de rôle pour rejoindre ceux déjà présents à l'extérieur.

Ca foutait une certaine pression aux deux amis, surtout Mike, qui contrairement au latino n'arrivait pas à en faire abstraction, et ça se voyait sur son visage crispé. « Bonjour.... Tout le monde. » commença à dire Hernando. Il voulait continuer sur sa lancée, trouver quelque chose d'intéressant à dire, mais rien ne lui venait. Et si finalement, lui aussi ressentait cette pression ? Il posa son regard sur Breann et lui sourit timidement, presque gêné de sentir les autres les regarder. Quant à Mike, il n'arrivait pas à fixer un seul visage, ni même le sol, le plus perturbant pour lui n'était pas d'avoir le fait de se retrouver à ces personnes, pas toutes en tout cas, car le regard de la blonde lui glaçait le sang.



MIKE : #576A6E / HERNANDO : #A59450
Revenir en haut Aller en bas
Abigail Breckenridge
Bras Droit | Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 11/05/2016
Messages : 294
Age IRL : 22

MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Mar 11 Oct 2016 - 16:02

Des nouveaux arrivants… Peut-être... Selene avait accepté que d’autres, des inconnus, les rejoignent. Ils avaient la bénédiction de Breann, qui semblait les connaître plutôt bien et avoir pour eux  (surtout un) une certaine affection. Après un entretien, la brune avait décidé d’accueillir le binôme au sein de leur famille. Aujourd’hui devait être la dernière étape avant d’officialiser tout cela, si ils étaient toujours d’accord. Abigail n’avait pas été d’accord tout de suite. Du moins, ne l’était-elle toujours pas en réalité. Mais elle avait confiance en Breann et confiance en Selene. Elle se disait que sa méfiance et sa peur lui faisait peut-être prendre de mauvaises décisions et qu’elle devait prendre exemple sur les deux jeunes femmes qui semblaient être plus aptes à guider ce groupe, selon elle.

Elle nettoyait calmement son arme, assise sur un tronc coupé par Bobby avant son départ, à quelques mètres du phare. Elle avait l’angoisse de l’attaque, la peur que tout ne sombre une nouvelle fois. Elle se disait qu’elle devait être prête, tout le temps, à chaque heure de la journée. Elle gardait sur elle son arme, même à l’intérieur du phare, caché sous ses vêtements et la nuit, elle le glissait sous son oreiller. Si sa vague d’envie suicidaire était plus ou moins passée, il n’en restait pas moins que la culpabilité et la peur faisait intégralement partis de sa vie, de ce qu’elle était à présent. Elle se sentait, plus encore qu’auparavant, comme une véritable obsession, responsable de la sécurité de toutes les personnes présentes ici. C’est pourquoi la venue de deux étrangers la mettait particulièrement sur les nerfs. Breann avait beau être digne de confiance, eux ne l’étaient pas. Et s’ils avaient abusé de sa gentillesse et de sa douceur ? Et s’ils n’étaient que des manipulateurs, prêts à tout pour récupérer tout ce qu’ils avaient, les voler, les tuer ?

Elle vit au loin deux silhouettes s’avancer. Sa gorge se serra et sa mâchoire se crispa. Elle priait le ciel pour qu’ils soient réellement ce qu’ils disent être. Abigail soupira légèrement et se leva, s’approchant des deux inconnus tout en glissant l’arme à sa ceinture. Lorsqu’elle arriva à leur hauteur, Selene et Gabriel s’étaient déjà avancés et Breann les rejoignit quelques secondes plus tard. Abigail les dévisageait. Elle n’avait pas réellement eu le temps de les voir la veille, seulement de loin, furtivement. Ils ne semblaient pas exprimer de dangerosité, contrairement à Jonah, par exemple, où l’horreur s’était inscrit dans ses yeux.

« Abigail. » déclara-t-elle sobrement, s’approchant légèrement et leur tendant sa main. Question de politesse. Et puis, après tout, quoi de mieux que de faire ami-ami pour mieux les surveiller ? De loin, elle ne pourrait rien faire. Il fallait qu’elle se lance, les yeux grands ouverts, dans une communication sociale. C’était son rôle après tout. Selene comptait sur elle aussi. « Mais Abi suffira. » Elle tenta alors un furtif sourire, plus timide que forcé à vrai dire, serra les mains des nouveaux, et se recula e nouveau parmi les autres, se cachant légèrement derrière Gabriel et Harold, qui venait de rejoindre le petit groupe.



 
bloody creature poster girl
The night is when, the ghosts all come out. Playing with my head, spin it all around. This room is like a prison cell, I'm all by myself. I'm waiting for my friend to come and break me out.
Revenir en haut Aller en bas
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1309
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Mar 11 Oct 2016 - 17:24

Cette nuit là, Selene n’avait pas dormi beaucoup. Elle avait réussi à faire part de ses impressions, à convaincre les autres de donner une chance aux deux hommes, mais sentait que le doute subsistait. Dans tous les cœurs, dans toutes les têtes. La sienne y comprit. L’attaque du chalet ? Le violeur de Tacoma ? L’altercation avec Jonah ? Le destin les avait accablé cet été, à tel point qu’il devenait difficile de croire en l’humain. Leur lien avec le groupe de Hope avait dû être rompu, la petite famille trop peu désireuse d’être mêlée aux conflits de la communauté du phare, et la musicienne ne pouvait que comprendre. Mais alors, ils étaient seuls. Avec leurs séquelles, leurs manques, leurs remords, leurs besoins. Même Bobby était parti, et c’était notamment depuis ce jour que l’étudiante ne pouvait plus ignorer qu’ils étaient sur une pente glissante. Pas assez d’armes, de médicaments, de nourriture, … et ils étaient tout juste assez nombreux pour que ça tourne. Deux nouvelles têtes, c’était un pari.  

Dès le levée du jour, elle avait prit le relais d’Aori à la vigie. Depuis quelques jours, les rôdeurs semblaient plus nombreux qu’à l’accoutumée, alors même s’il fallait faire de longues heures de garde, il avait été préférable de réinstaurer les tours. Autant que possible. Postée sur le perchoir, Selene scrutait les environs de ses yeux bleus. Dès qu’elle voyait quelque chose, elle faisait un signe à Harold pour qu’il descende tuer les charognes quand elles étaient assez proches. C’était une méthode fastidieuse, mais ça permettait d’économiser les cartouches du fusil de chasse.

A midi, elle en avait compté 16. C’était beaucoup trop. Les mois passés, il leur arrivait de ne pas avoir un seul mordeur en trois ou quatre jours. Est-ce que quelque chose approchait ? Il allait falloir vérifier dans les temps à venir. Leur havre était parfait pour vivre isolé, mais il ne saurait contenir une horde : ils avaient pris du retard dans leurs installations défensives, rien n’était fait. Pensive, la pianiste finit par apercevoir Hernando et Mike. Passant l’arme en bandoulière, elle descendit prestement, de façon à être en bas des longs escaliers extérieurs quand ils arriveraient. Tout le monde avait suivi le mouvement, de telle sorte que les deux amis furent encerclés par le groupe.  

Selene les laissa tous se présenter ; Abigail, Gabriel, Aori, Harold, Breann – qu’ils connaissaient déjà – et même le petit Arun était là. Il se cachait néanmoins derrière les genoux de l’étudiante vétérinaire, épiant les deux inconnus comme s’ils étaient deux bêtes indescriptibles. La musicienne embrassa alors tout le monde de son regard. C’était le moment. Sa gorge était un peu sèche, mais elle prit la parole pour dire :

- Salut tous les deux. On en a discuté et… c’est bon, vous êtes avec nous.

L’espace d’un instant, elle voulu en rajouter une couche, dire qu’ils étaient les bienvenus tant qu’ils ne donnaient pas une raison de se méfier d’eux, mais se ravisa. Certes, Hernando et Mike n’avait pas un parcours blanc comme neige, mais pouvaient-ils prétendre à mieux ? Chacune des personnes présente ici, sauf Aori et Breann, étaient des criminels. Dans un sens, ce serait aux nouvelles recrues d’être sur leurs gardes, pas l’inverse.

- Venez, je vais vous faire visiter.

Elle sourit légèrement et tourna ses yeux vers sa meilleure amie, l’invitant silencieusement à les suivre. Juste avant de quitter la proximité de Gabriel, Selene laissa ses doigts s’attarder contre les siens, puis elle entreprit de remonter les marches en bois. Pendant le tour du propriétaire, les autres devraient bien retourner à leurs occupations, à commencer par Harold qui avait récupéré le fusil pour monter sur le phare. Alors qu’ils atteignaient la terrasse, la pianiste se mit à expliquer :

- Abi est un peu notre intendante. Elle surveille les stocks et organise ce qui se fait dans la maison ; elle est aussi en quelque sorte ma jumelle ici. Du coup, si vous avez besoin de quelque chose et que je ne suis pas là, vous pouvez voir avec elle.

C’était l’un des points les plus importants depuis cet été : que la musicienne, où sa complice, soit toujours au courant d’où se trouvaient chacun des membres du groupe. Une façon de ne plus se perdre et de savoir où chercher si on restait sans nouvelles. Pour Hernando et Mike plus spécifiquement, Selene tenait à ce qu’elle ou l’irlandaise soit au courant de leurs activités. Tout le temps.

- Vous avez déjà vu la terrasse je pense, alors on passe directement à l’intérieur, précisa-t-elle en les précédent dans la maison.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Hernando Álvarez
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 19/05/2016
Messages : 495
Age IRL : 29

MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Ven 14 Oct 2016 - 17:11

Un petit défilé s’organisa tout le monde se présenta à tour de rôle. Hernando se répéta les prénoms en tête pour les mémoriser au mieux, ce qui ne fut pas trop compliqué finalement Abi la blonde, Aori l’asiat’, Gabriel le blanc, Harold le black, Arun le gosse, Selene et Breann… C’est bon. Chaque personne était unique, mais s’il y avait que des hommes et femmes blonds aux yeux bleus, la tâche aurait pu être différente alors que là, c’était plutôt aisé devant la diversité physique présente dans ce groupe.

L’enfant resta derrière Aori, mais il ne fut pas le seul à se réfugier derrière quelqu’un. La blonde en fit de même en se postant en retrait à l’arrière des deux autres hommes. Elle sembla préférer rester sur ses gardes et observer les deux arrivants, ce que le latino comprit sans souci, mais son ami n’arriva toujours pas à fixer plus de deux secondes la jeune femme. Pour une fois, Mike ne parvint pas à être réellement lui, le regard fuyant, la respiration saccadée, il était une autre personne.

Bien loin du type sûr de lui au quotidien, ne lâchant pas ses yeux des autres, mais là, il stressait vraiment ne parvenant pas à se sentir à l’aise pour le moment. Selene aussi affichait un regard dur sur les deux amis au début, mais il changea ensuite, alors il en serait certainement de même pour Abigail. La méfiance était logique, mais il lui prouverait qu’elle pourrait avoir confiance. A l’inverse, Hernando était tout à fait détendu et souriant comme à son habitude, essayant de ne pas fixer trop longtemps Breann afin de se concentrer sur la suite.  

Pensant être venus sur place pour simplement faire connaissance avec les autres, les deux amis furent agréablement surpris par l’annonce faite. Tout se déroula vite, bien que la conversation de la veille avec Selene laissait présager de cette bonne nouvelle « Merci d’nous laisser entrer dans votre belle famille ! – commença à indiquer l’hispanique avec un large rictus de joie – On s’montrera digne de la confiance qu’vous nous accordez ! » En remontant de nombreux mois en arrière dans sa tête, il était heureux du chemin parcouru avec son acolyte et surtout, de l’évolution qu’ils eurent. A cette période, la rencontre avec le groupe aurait été bien différente et sanguinolente, ils auraient à tout prix tenté de le voler, aucun doute possible.

Mais à aucun moment cela ne leur était venu à l’esprit, ils se projetaient parfaitement dans cette nouvelle vie avec des projets en tête, notamment pour ce qui concernait le jardin dont la chef de groupe avait parlé la veille. Si eux avaient parfaitement conscience de ces changements, restait cependant à le prouver aux autres membres notamment Breann, qui les connaissaient avant, et Selene.

Hochant la tête pour indiquer qu’ils comprenaient les indications données, les deux amis finirent par entrer dans le bâtiment avec Selene et Abigail qui restait, une fois encore, en retrait. Ils avaient déjà pu voir l’entrée et la fameuse table où ils eurent une conversation avec la brune, mais cette fois-ci, ils en profitèrent pour regarder davantage l’agencement de la pièce principale. Elle leur paraissait être plus grande, peut-être par rapport à la différence de luminosité tout simplement. Mike et Hernando avaient été prévenus que toutes les chambres étaient déjà occupées et qu’ils devraient faire en quelque sorte un peu de camping.

Plus ils voyaient les différentes pièces et plus ils oubliaient le fait d’être dans un phare car ce dernier était bien loin de l’image classique de la grosse tour pour ce genre d’édifice. Il n’y avait pas une seule et unique pièce par étage, tout était regroupé. Une fois au dernier étage faisant office de vrai phare, Hernando constatait à quel point vivre ici de leurs jours se révélait être un sacré avantage. Un champ de vision à 360 degrés, une vue dégagée, bref, un point d’observation plus que parfait !



MIKE : #576A6E / HERNANDO : #A59450
Revenir en haut Aller en bas
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1309
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Dim 23 Oct 2016 - 15:00

Selene ne pouvait pas dire à quel moment elle avait commencé à se sentir comme la représentante d’une agence immobilière. Sans doute quand elle vanta le confort de leur salon qui, pour compenser des chambres trop étroites, était lui suffisamment vaste pour tout le monde. La cuisine ouverte permettait également à celui – ou celle – qui préparait les repas de ne pas être isolé du reste du groupe. Pas pudeur, toutes les photographies ayant appartenues aux anciens propriétaires avaient été rangées dans un coin. Toutefois, il restait quelques éléments de décorations ici et là. Pas toujours parce qu’ils étaient au goût des habitants, mais surtout pour rendre les murs moins impersonnels. Les temps étaient déjà assez compliqués pour qu’ils vivent dans une maison froide.

Volontairement, la musicienne omit le sous-sol, où était notamment planquée leur armurerie. Tant qu’ils n’étaient pas complètement validés au test de confiance, elle préférait ne pas leur faciliter la tâche. Elle ne pouvait toujours pas s’ôter du crâne que, peut-être, ils se rueraient sur leurs fusils la première nuit pour s’emparer des lieux. Dans tous les cas, elle dormirait certainement avec un glock sous son oreiller pendant un moment. La pianiste choisit alors de faire se terminer le tour du propriétaire par le phare, de façon à ce qu’Hernando et Mike puissent par eux-mêmes admirer la vue qu’ils avaient de là. Harold était là aussi, déjà de retour à son poste ; et même s’il n’en laissait rien paraître, on pouvait sentir qu’il avait l’œil sur la sécurité de la jeune meneuse.

- On voit tout d’ici, commenta-t-elle, ce n’est pas facile, mais on essaye d’avoir toujours quelqu’un à la vigie. Oui ?

Selene fit volte face : l’ancien acteur porno venait de lui signaler une nouvelle présence. Deux nouveaux rôdeurs. Décidément, ça ne s’arrêtait pas aujourd’hui ! Il ne semblait plus y avoir personne pour s’en occuper et, même si sa crise suicidaire semblait passée, elle n’avait pas envie d’y envoyer Abigail. Tendant la main pour que son aîné lui confie le couteau de chasse qu’il avait à la ceinture, elle déclara :

- J’y vais, c’est bon.

Ses yeux bleus se posèrent momentanément sur les deux nouvelles recrues, signe qu’elles pouvaient la suivre ; qu’elle les invitait à la suivre même. Sans un mot de plus, l’étudiante prit les devants pour prestement redescendre les marches en colimaçon. Une fois que l’installation des garçons sera terminée, il allait falloir qu’ils se bougent pour élucider la raison de l’accroissement du nombre de mordeurs. C’était normal d’avoir des jours où ils étaient plus nombreux, mais là, ça sortit réellement de l’ordinaire.

- Vous avez eu de la chance que personne ne soit là-haut quand vous êtes venus déposer le mot pour Breann, reprit-elle alors qu’ils empruntaient les marches de bois qui partaient de la terrasse jusqu’à la route, je ne garantis pas que selon qui s’y trouvait, on aurait pas tiré à vue.

Elle avait voulu avouer ça sur un ton léger, mais ce n’était pas vraiment une réussite. Toujours tendue par cette histoire de rôdeurs en augmentation, ses paroles étaient sorties un peu plus sèchement que désiré. Pour essayer de contrebalancer cet effet, elle adressa rapidement un sourire à Hernando avant d’adopter une allure plus rapide. Tandis que la musicienne trottinait en direction des deux intrus, ses orbes glacier épiaient les environs, pour voir si d’autres que ne lui avaient pas signalés Harold pointaient le bout de leur nez putréfié. Non, heureusement. Et qu’est-ce que les deux squatteurs du moment étaient moches ! En état de décomposition avancée, ils étaient même couverts de mousse et de champignons, comme s’ils avaient été longtemps coincés dans une forêt.

Affirmant sa prise sur le manche du long couteau de chasse, Selene tendit le bras, effectuant une parodie de fente. La lame s’enfonça sans résister dans l’un des orbites du premier cadavre, qui s’effondra comme une marionnette dont on venait de couper les fils. Pour le deuxième, elle esquiva les mains en se décalant sur le côté et attrapa l’épaule de la chimère pour avoir un point d’appui. Avant que le mordeur n’ait le temps de se retourner, elle avait perforé violemment l’arrière de son crâne. La pianiste écarta alors de son champ de vision quelques mèches de cheveux et se tourna vers Hernando et Mike. Bien entendu, elle n’avouerait pas, mais ça lui avait aussi servi de démonstration. Qu’ils sachent qu’elle ne faisait pas que parler : elle savait aussi très bien s’y prendre.

- Vous pouvez m’aider à les déplacer ? On a un coin où on les emmène pour les brûler.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Aujourd'hui à 17:30

Revenir en haut Aller en bas
 

Les mots du commencement

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

 Sujets similaires

-
» L'histoire en quatre mots
» Des mots (à deux)
» Au delà des mots...
» les mots par joelle
» Comptabilisation des mots...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives RP :: RP Terminés-