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 Les mots du commencement

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Hernando Álvarez
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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Sam 5 Nov 2016 - 8:05

Hochant la tête pour confirmer les propos de la jeune femme, Hernando n'eut guère le temps d'ouvrir la bouche que Harold indiqua la présence de deux apestosos à sa cheffe. Le latino ne put que constater l'avantage incontestable représenté par ce phare, il en avait déjà pris conscience à peine arrivé là-haut, mais tout ceci ne fit que conforter sa pensée.

Un bref regard fut échangé entre Selene et les deux amis nouvellement débarqués, sans dire un mot, Mike et Hernando lui emboîtèrent le pas afin de la suivre à l'extérieur pour s'occuper, si besoin, de ces deux créatures. Ce dernier laissa un léger rire s'échapper avant de répondre à la question posée « Ouais, c'est c'que Breann nous a dit l'autre coup et vu l'organisation qu'y a l'air d'avoir ici, j'me dis qu'on a été très chanceux ouais ! » dit-il en passant sa main à l'arrière de son crâne. Il s'était méfié, hésitant un instant avant de se lancer en pensant aux différents pièges ou moyens de surveillance mis en place, mais l'envie de déposer ce petit mot était plus forte, et pour une fois, il avait foncé tête baissée sans trop réfléchir. S'il ne regrettait pas ce moment en lui-même, ce n'était pas le cas sur la manière de procéder qui était idiote.

L'afro-américain opta pour son couteau, quant à l'hispanique, il se dépêcha de récupérer sa batte laissée à l'avant du véhicule. Il n'allait tout de même pas se balader dans sa nouvelle famille avec cet objet en mains, ça n'aurait très certainement pas donné un bonne image d'eux. A part passer pour des pillards ou des brutes, et confirmer les possibles doutes de certains, rien de bon n'aurait pu être dégagé de cette impression. Alors, il l'avait laissé bien gentiment dans l'habitacle pour éviter toute méprise sur ses intentions de la part des membres du groupe.

Pourtant, en l'espace de simples secondes, plus aucun râle ne sortit de ces créatures car dans une sorte de chorégraphie mortuaire, Selene s'en chargea sans difficultés, ce qui provoqua une certaine frustration chez les deux amis. Ils ne souhaitaient faire un concours ou même montrer leur manière de les achever, mais depuis presque un an, ils avaient pris l'habitude de se partager tout, même les rôdeurs lorsque cela était possible. Et le fait de ne rien avoir à se mettre sous la dent provoqua ce sentiment chez eux.

La seule autre chose qui traversa l'esprit du latino fut de se dire que la brune se débrouillait bien, très bien même, si bien que Hernando sourit et lâcha un simple « Joli ! » car il avait en soi réellement apprécié ce qu'il avait vu. Sa nouvelle cheffe savait y faire, ce qui était un nouveau très bon point. Oh, il ne doutait pas de ses capacités puisque malgré son jeu âge, si elle était en charge du groupe et qu'elle survivait jusqu'à présent, ce n'était pas pour rien. Même si l'union a toujours fait la force, il restait cependant nécessaire que des gens savent se battre pour protéger les autres et réussir à survivre.

« Yep, pas d'souci ! » répondit Mike d'un ton neutre en rangeant le couteau dans son étui. Il se chargea de prendre un rôdeur par les jambes, tandis que le tatoué se chargea de l'autre avec Selene pour ouvrir la marche en direction dudit bûcher à apestosos. Tout en s'y dirigeant, tous les trois se montraient vigilants, scrutant les alentours. « Pourquoi vous leur explosez pas simplement l'crâne un peu plus loin plutôt que d'les brûler ? » demanda Hernando intéressé.

Jusqu'à présent, les deux hommes se contentaient de réduire en bouillit les têtes de ces créatures à l'écart de leur maison ou directement sur place si ces dernières n'étaient pas trop proches de chez eux, mais ils n'avaient jamais opté pour la solution choisie par leur nouveau groupe, se disant que le feu pourrait en attirer d'autres, mais surtout, signaler leur position à d'autres humains, bien plus dangereux de leur point de vue.

Suivant les indications données par Selene, ils placèrent les deux cadavres à l'endroit indiqué où d'autres étaient déjà présentes. Un entassement de quelques rôdeurs patientait déjà de finir carboniser. « Vous mettez l'feu à tout ça tout les combien ? » interrogea une fois encore le latino.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Sam 5 Nov 2016 - 14:21

- Très bonne question, répondit Selene à Hernando en plissant les sourcils, peut-être… au fond, on doit se dire qu’ils méritent au moins ça. C’est plus propre que de simplement les laisser pourrir dans un coin.

Elle ne s’était jamais explicitement demandé pourquoi ils incinéraient les corps qui s’approchaient de leur refuge. C’était une réaction qui était venue instinctivement. Son explication spontanée semblait la plus logique, d’un point de vue humain et sanitaire. Même s’ils les attiraient plus loin, outre le danger que représentait le fait de jouer l’appât pour éloigner les mordeurs vers un autre secteur, les laisser se décomposer n’était pas une super idée. La musicienne voulait conserver l’idée d’une résidence d’où ils pourraient sortir sans tomber sur des restes de charognes, ou sentir les effluves de mort portées par le vent.

Il fallait marcher une bonne centaine de mètres pour arriver là où ils avaient coutume de carboniser les contaminés. Un amoncellement de cendres et d’os calcinés marquait les lieux, dans foyer artisanal délimité par de grosses pierres. Un odeur écœurante flottait, bien sûr. Quelques cadavres attendaient déjà de se faire embraser, tous pourris, mutilés, ensanglantés. L’image était saisissante, mais se rendre compte qu’on y était devenu insensible l’était encore plus. La musicienne oubliait parfois que chacune des victimes apportées ici avait un jour été un être humain, vivant, comme elle. Avec un peu moins de chance, elle aurait pu finir de la même façon… incinérée par des inconnus. Comme de vulgaires carcasses d’animaux.

- Ça dépend, expliqua-t-elle sans pouvoir détacher son regard des yeux morts de l’une des charognes, il y en a eu beaucoup aujourd’hui, alors on va attendre encore un peu…

Un deuxième voyage fut nécessaire pour le second corps, puis ils purent laisser derrière eux le sanctuaire sinistre dédié aux trépassés. Selene n’en dit rien, mais elle avait apprécié la réactivité de ses deux invités, lorsqu’ils avaient récupéré leurs armes pour lui prêter main forte. Leur groupe avait besoin de ça : d’hommes de terrain, qui n’avaient pas froid aux yeux, ni peur de se battre. Surtout pas. Parce que même si elle espérait ne plus avoir à le faire, la réalité n’était pas douce : les gens comme Jonah, elle en croiserait d’autres. C’était obligé, car c’étaient eux qui, dans un monde en perdition, s’attribueraient les plus grosses part du gâteau. Alors… plutôt que de nier l’évidence, autant être prêt à l’affronter.

De retour au bas du long sentier de bois qui menait au phare, la pianiste se demanda si elle avait fait le tour. Ils étaient officiellement acceptés, avaient visité les lieux, avaient même vu leur « cimetière à rôdeurs ». Quoi d’autre ? Pas grand-chose en vérité. Le reste était évident, ou ils auraient le temps d’en discuter. Savoir comment ils allaient contribuer, quelles tâches leur confier, quelques libertés leur accorder…. Frottant machinalement son nez avec le dos d’un poignet, elle proposa :

- Je crois que vous savez l’essentiel. Vous voulez… « emménager » maintenant ? C’était étrange comme façon de le dire, mais c’était de ça qu’il s’agissait, je peux venir avec quelqu’un vous aider à transporter vos affaires. Vous aurez peut-être besoin d’une voiture de plus.

Par précaution, elle préférait ne pas y aller seule – de toute façon, Gabriel ne la laisserait jamais faire. Même si elle avait confiance en ses capacités, Hernando et Mike restaient deux hommes vifs et vigoureux, chacun la surpassant aisément en force physique. Les conditions de vie difficile rendaient sa convalescence bien plus longue, alors il lui restait encore quelques faiblesses ; et puis… elle avait retenu la leçon. Gravée suffisamment profonde dans ses chairs et dans son esprit.


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Hernando Álvarez
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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Sam 19 Nov 2016 - 19:28

Une fois les apestosos éloigné du phare et empilé sur les autres déjà présents sur ce bûcher, les trois jeunes gens reprirent le chemin afin de rentrer. C’est alors que Selene demanda aux deux amis s’ils souhaitaient les rejoindre dès à présent, et donc, partir récupérer leurs affaires. Mike et Hernando se regardèrent un court instant avant de se retourner vers la jeune femme et de lui offrir de francs sourires. « Ouais et pas qu’un peu ! » répondit l’hispanique en hochant la tête comme pour appuyer ses propos. « Pour l’aide ce s’rait cool, parce qu’on a tout r’sorti du pick-up et c’est vrai qu’à plusieurs ça irait plus vite en plus. » ajouta-t-il.

La rapidité avec laquelle la proposition fut faite étonna les deux amis, surtout vis-à-vis du reste du groupe, car s’ils avaient beaucoup parlé avec Breann et Selene, il n’en était pas de même avec les autres, mais cela prouvait qu’ils faisaient confiance à la jeune femme. Et même si la première impression faite aux deux nouveaux fut plutôt étrange et froide de sa part, ils avaient pu découvrir d’autres facettes de sa personnalité et l’apprécier. Ce qui leur plaisait, surtout à l’hispanique, résidait dans l’honnêteté dont elle faisait preuve, bien qu’eux ne le furent pas entièrement, mais si quelque chose devait être dit, ils ne doutaient pas du fait qu’elle le formulerait d’une manière ou d’une autre.

De nombreux avantages étaient présents quant au fait de rejoindre aussi rapidement cette nouvelle famille. Déjà, d’un point de vue purement égoïste, cela éviterait à Mike et Hernando de se coltiner quasi quotidiennement le trajet entre le phare et leur abri à pied tout en empêchant que celui-ci représente un danger trop important pour eux tous à cause des rôdeurs de plus en plus présents dans les environs. Sans oublier qu’ils pourraient participer bien plus à la vie du groupe en les aidant pour les tours de garde par exemple, comme pour toutes les autres activités et tâches.

Les deux hommes souhaitaient se montrer utiles, sans que cela ne tourne à une mini-démonstration de force ou quoi que ce soit dans le genre, mais il leur semblait important de pouvoir prouver à tous qu’ils ne s’étaient pas trompés en acceptant de les accueillir en agrandissant la famille. Peu importait ce qui pourrait leur être demandé de faire, ils s’exécuteraient en tentant de le faire du mieux possible, sans pour autant s’en charger seul si une aide serait nécessaire. Ils n’hésiteraient évidemment pas non plus à demander conseil.

De retour avec les autres, Selene leur annonça cette décision et qu’elle les accompagnerait. A peine eut-elle le temps de terminer que Gabriel fixa les deux hommes en indiquant qu’il venait également. Rien de bien surprenant ou de gênant dans cette réaction. Après tout, laisser leur cheffe partir avec ce qui restait des inconnus pour quasiment chacune des personnes présentes, n’étaient pas forcément un présage très rassurant. « Avec plaisir, ça ira plus vite en plus. » dit Hernando avec un petit sourire en coin, comme pour rassurer l’autre homme sur leurs intentions.

________________________________________

Plusieurs après leur départ, les revoilà tous les quatre sur le point de se rendre au phare, le coffre blindé d’affaires, dont le matelas d’un lit double que les deux amis tenaient à emporter pour ne pas dormir à même le sol. Ils avaient été bien aidés par Selene et Gabriel, et effectivement, leurs bras et forces n’avaient pas été inutiles, tant il fallait faire des allers et retours entre le pick-up et la maison occupée depuis peu. Mike et Hernando s’étaient appliqués à sécuriser l’endroit tout en rangeant un minimum pour s’y retrouver, ce qui aida finalement à sélectionner ce qu’ils emmenaient ou non, bien que pour les objets superflus, très peu concernés ceux ramenés lors du dernier déménagement par les deux amis étant donné qu’une sélection devait déjà être faite à ce moment-là. Mais tout ce qui concernait les armes, les outils, l’armement, les vivres etc. fut pris et placé dans des sacs pour les plus petits objets afin de faciliter le déplacement.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Sam 19 Nov 2016 - 21:10

Selene n’avait pas rechigné à ce que Gabriel vienne, bien au contraire. Elle avait conscience que personne n’était mieux placé dans leur groupe pour assurer ses arrières. Même Abigail était encore trop fragile pour se risquer à une mission pareille ; la musicienne n’avait pas oublié sa tentative de suicide. Dire que si elle ne l’avait pas vu filer à l’anglaise, si elle n’avait pas pris l’initiative de la suivre, sa meilleure amie serait morte à ce jour…

- Bon, on y va.

Les voitures étaient pleines, il ne restait plus qu’un dernier trajet à faire. Sans s’expliquer outre mesure, la pianiste invita Hernando et Mike à prendre la tête. En fait, c’était pour pouvoir les garder à l’œil : ainsi, impossible qu’ils leur tirent dessus, ou qu’ils leur foncent dans l'arrière train. S’ils attendaient le moment parfait pour affaiblir la communauté, ça aurait été celui-ci : en prenant le couple par surprise, qui restait au phare pour le défendre ? Harold. La blonde n’était pas au mieux de sa forme, Breann se débrouillait mais n’était pas une guerrière, Aori encore moins. Quant à Arun, il n’entrait même pas dans l’équation.

Mais ce scénario n’exista que dans l’imaginaire méfiant de Selene. Il ne se passa rien sur la route, si ce n'était les quelques putréfiés décidés à leur barrer la route. Il avait fallu sortir des véhicules pour dégager le passage à coup de lame et de batte. En repartant, l’étudiante avait malencontreusement roulé sur un crâne, le faisant exploser comme un fruit trop mûr. Il n’y eut pas d’autres encombres jusqu’à leur destination, mais elle se demandait toujours pourquoi les charognes étaient soudainement si nombreuses. Ce n’était pas nouveau qu’elles migraient, mais là c’était…

Une fois arrivé, il fallut tout décharger. Moins endurante depuis les atrocités subies cet été, la musicienne sentait que ses muscles fatiguaient. Pâle, elle avait besoin d’une petite pause, mais ignora ses besoins physiologiques pour chapeauter l’installation des deux hommes. Il fallut regrouper dans la même chambre Abigail, Breann, Aori et Arun, pour laisser à Hernando et Mike la possibilité de poser leurs matelas chez Harold. Selene et Gabriel avaient encore le privilège de leur pièce privée pour deux, avec lit double, mais c’était encore justifié par la convalescence de leur meneuse. Même si elle était visiblement rétablie, ses forces peinaient à retrouver leur vigueur d’antan.

L’apport des ressources comestibles fut le bienvenu, car ce n’était pas Byzance depuis quelques semaines. Les expéditions tournant au ralentit avec l’indisponibilité des benjamines, dynamique encore plus impactée par le nombre croissant de rôdeurs dans les environs, leurs réserves s’épuisaient. Trop vite. L’intendante avait bien un œil dessus, mais ni elle, ni la pianiste n’étaient encore disposées à sortir longtemps. La jeune femme eut un vertige après le dernier sac vidé dans les placards alarmants. En guise de coup de fouet, elle but une rasade d’eau à même le robinet et se massa l’arête du nez.

Restait à s’occuper des armes. Selene savait que ça allait être le passage délicat, mais c’était une mesure qu’elle ne pouvait pas laisser passer. Blanche comme une craie, provoquant même le froncement de sourcil de son petit ami en le croisant, elle se planta devant les nouveaux colocataires et leur dit avec un mélange savant de douceur et de fermeté.

- On va garder vos armes pour l’instant. Toutes, précisa-t-elle sans ciller, je sais que… ce n’est pas agréable, mais on ne pourra pas faire autrement pour le début, Aori lui tendit un carton non sans timidement regarder Hernando et Mike, Breann vous fait confiance, rassura la pianiste, alors moi aussi, et les autres aussi. C’est juste… une dernière précaution. Vous n’aurez qu’à demander qu’on vous les rende si vous sortez.

D’un signe de tête, elle désigna le carton vide pour signifier qu’ils devaient ils déposer leur artillerie ; et en dépit de sa faiblesse, ses yeux impénétrables ne laissaient aucune chance à un refus.


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Hernando Álvarez
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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Mar 22 Nov 2016 - 13:03

Ouvrant la marche à bord de leur véhicule, Mike et Hernando se montraient confiants pour la suite de leur nouvelle aventure. Passer d’une vie à deux entre amis à une vie de groupe parmi lequel un seul visage leur était familier représentait tout de même un certain challenge. Ils devraient se montrer bien plus patients qu’à l’accoutumer, prendre le temps de connaître et d’apprivoiser chacun, et réciproquement. En comparaison au latino, Mike pouvait paraître plus effacer et discret, bien qu’en réalité ce n’était pas le cas, c’était simplement que Hernando possédait un débit de paroles plus importants et qu’il monopolisait bien souvent toute l’attention des interlocuteurs. Et sur ce point précis, l’éducateur prenait conscience qu’au début au moins, il allait devoir tenir un peu plus sa langue et échanger davantage qu’il n’avait l’habitude. Ce qui n’était pas insurmontable d’après lui.

Bien que le trajet soit court, les deux amis eurent le temps de rire de la situation et de chantonner. Ils aimaient s’évader lorsqu’ils se trouvaient à bord d’un véhicule, surtout via des routes de campagne. Cependant, l’afro-américain se montra d’un coup plus sérieux au moment de stopper le pick-up au phare. « Mec, faudra p’t-être éviter de trop parler en mode wesh wesh des quartiers, surtout qu’y a un gosse donc évite d’être trop… Grossier tu vois. » dixit l’homme étant tout aussi vulgaire que son ami. Hernando regarda Mike avec un large sourire jusqu’aux oreilles, le fixant un instant avant de laisser un rire résonner dans l’habitacle. « Sérieux acho ?! C’toi qui m’dit ça quoi… Nan, mais t’inquiètes, j’sais me t’nir hein, et puis, quand j’insulte c’est en espagnol en général alors le Aron, Arun ou j’sais plus quoi, il risque pas d’comprendre grand-chose… cabrón. » finit-il par ajouter en baissant l’intensité de sa voix, comme pour appuyer ses dires.

Secouant la tête en étant tout de même amusé, Mike sortit en premier du véhicule avant d’être rejoint par son ami, et à présent, il était temps de tout ressortir pour réellement s’installer. Etait-ce le contrecoup de travail accompli dans leur ancien squatte et la coupure du trajet qui provoqua assez rapidement chez eux une fatigue ? Possiblement, toujours est-il, que cette dernière se faisait de plus en plus sentir à la fin du déménagement. Ils occuperaient une chambre déjà occupée, il fallait alors regrouper les trois autres femmes et l’enfant dans une autre, et comme à la première rencontre avec la blonde, Mike se sentit mal à l’aise, il avait le sentiment d’infliger quelque chose de désagréable à Abigail. Elle était la première femme à provoquer ce genre de ressenti chez l’afro-américain, ce qui était des plus déstabilisants pour lui, mais le regard qu’elle avait le perturbé d’une certaine façon, il y avait une réelle intensité rarement vue.

Et puis, le couperet tomba. Selene demanda aux deux hommes de lui confier leurs armes, toutes. Pour ce qui était des pistolets ou couteaux, cela ne posait aucun problème. Il était logique et normal de rassembler celles-ci à un endroit, et même si les mots employés par la cheffe se voulaient rassurants, la méfiance était de mise, mais compréhensible. Le seul point négatif concernait la batte chérie de Hernando dont il ne souhaitait pas se séparer. Ce n’était pas par esprit de rébellion ou par manque de confiance vis-à-vis du groupe qu’il voulait la garder, il ne craignait pas de se faire attaquer par l’un d’eux puisqu’ils auraient pu le faire à bien d’autres reprises si tel était leur envie. C’était quelque chose de plus sentimental, car oui, le latino tenait véritablement à cet objet pour diverses raisons.

Grand amateur de ce sport, et l’ayant pratiqué, il avait cette batte depuis de très nombreuses années, une bonne quinzaine, et depuis le début de la chute du monde civilisé, il l’avait toujours eu avec lui. En dehors de quelques rencontres, elle prenait plutôt la poussière chez lui, mais depuis un an il la choyait. Il s’agissait du seul objet auquel il tenait et serait prêt à perdre un bras pour la garder, et au sens propre. Elle évoquait un tas de souvenir pour lui, aussi bien avec sa famille que ses amis, et il lui suffisait de la regarder un court instant pour avoir l’esprit submergé d’images et de sourires de ces êtres tant aimés. Tout en y pensant, il déposa dans le carton désigné par Selene tout ce qu’il avait sur lui et Mike en fit de même. Prenant en main ladite batte, il la regarda avec un brin de nostalgie tout en la faisant rouler dans sa paume.

Hernando planta ensuite son regard dans celui de la jeune femme et étira ses lèvres pour afficher un sourire crisper se voulant rassurant, avant de déposer lentement l’objet dans le carton. « Vous en prenez soin de celle-là ! Interdiction d’la jeter comme si c’était un truc inutile ou incassable, faut être délicat avec elle. » informa-t-il d’une petite voix. Il avait le comportement digne d’un enfant à qui on confisquait son jouet préféré ou sa peluche à laquelle il parlait tous les soirs pour se rassurer en étant seul dans sa chambre lumière éteinte. Car oui, les mots employés faisaient davantage penser à une personne qu’un objet, mais pour lui c’était bien plus qu’une simple batte.

Finalement, Selene indiqua qu'il pouvait la garder, autant dire qu'il ne se fit pas prier pour la récupérer en deux temps, trois mouvements. « Merci, c'est cool ! » dit-il avec un rictus de joie. L'hispanique pourrait continuer à la dorloter. Plaçant l'objet au coin de la pièce, manche vers le haut, Mike et Hernando entreprirent de ranger un minimum leurs affaires, ils avaient pour habitude de s'organiser un minimum et ne comptaient pas déroger à cette règle en faisant parti de la bande à Selene, car pour eux, il s'agissait d'une chose importante en fonction des objets concernés. Pour ce qui était des fringues, la plus part du temps le latino se contentait de les fourrer dans un tiroir, mais dès qu'il était question de nourriture, d'armes, de munition ou de toute chose ayant une utilité aux nouvelles conditions de vie, il se montrait pointilleux. Ce n'était pas dans le but d'être maniaque ou de faire chier, pour ça il avait bien d'autres moyens, c'était tout simplement pour éviter de devoir chercher de longues minutes ou plus quelque chose dont il pourrait avoir besoin urgemment.

En cinq minutes, Mike avait fini pour ses affaires et descendit dans la pièce commune pour se rendre utile, et une demie-heure plus tard, son ami se rendit au même endroit. Aori était présente avec Arun qui détourna instantanément le regard en apercevant le jeune homme arriver. Ce dernier haussa les épaules d'un air désolé accompagné d'une petite grimace d'excuse en croisant le regard de la vétérinaire. Hernando regarda à travers une fenêtre et se dirigea juste après vers la terrasse. Il resta un moment à contempler le paysage en trouvant celui-ci des plus agréables et reposants.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Mer 23 Nov 2016 - 17:59

- Tu peux la garder, avait-elle dit avec un haussement d’épaule en voyant la mine déconfit d’Hernando qui lui confiait sa batte.

C’étaient les armes à feux et les lames qui étaient les plus dangereuses, parce qu’elles pouvaient faire un carnage en quelques minutes. Pour le reste, de toute façon, tout dans cette maison pouvait potentiellement se transformer en outil meurtrier. La seule garantie que les deux hommes ne soient effectivement pas une menace pour autrui aurait été de les surveiller toute la journée pour les menotter dans leur lit la nuit venue, mais ce n’était pas le comportement qu’elle voulait adopter. Sans compter qu’ils avaient tous autre chose à faire de leur énergie. Selene avait choisi de leur faire confiance, alors c’était ce qu’elle ferait. De toute façon, Hernando et Mike seraient les premiers déçus de lui donner tort.

***

La musicienne ouvrit ses yeux bleus. A travers la fenêtre, elle pouvait voir que la nuit était tombée, noire, ce qui signifiait qu’elle avait dormi plusieurs heures. Juste après avoir mis les armes sous scellés au sous-sol et confié la clef à Gabriel, elle s’était absentée pour une sieste, un glock sous l’oreiller, parce qu’on ne savait jamais. Son corps était tellement fragile depuis son retour de chez Jonah : trop vite épuisé, trop vite douloureux. Le temps que ses forces se reconstituent complètement, sans doute, mais est-ce qu’elle pouvait toujours diriger le camp ? Ce n’était pas possible que les autres la voient comme ça, blafarde, sur les genoux après un peu d’effort.

Au moins, après la descente aux enfers, la pianiste avait la sensation que le groupe remontait la pente. Breann avait débloqué certaines choses en tapant du poing sur la table, Gabriel était moins sombre que le mois passé, et les nouvelles recrues viendraient combler le – grand – trou laissé par Bobby. Au sens propre comme au figuré. Parlant de ça, l’étudiante se demandait déjà quelles tâches confier aux deux hommes, mais elle n’eut pas besoin de statuer longtemps sur la question. Ils n’avaient pas encore fini de réfléchir aux plans de défense, il serait injuste de les bazarder aux travaux ménagers et il était hors de question de leur confier une arme entre les murs du Phare. Par contre, elle était persuadée qu’ils feraient d’excellents ravitailleurs. L’un comme l’autre semblait dégourdi, à l’aise dans la nature et ils avaient passé un an à errer en duo.

Aussi, ça permettrait de plus souvent garder Harold et Gabriel à l’intérieur, mais ça, Selene ne le présenterait pas de cette façon. Elle se remit alors debout, dépliant souplement ses jambes pour poser ses pieds sur le carrelage. Passant devant le miroir de la pièce, elle ajusta rapidement sa tignasse mais surtout, tira sur le semblant de décolleté de son bustier pour révéler la brûlure infligée par Jonah – jouxtant son tatouage. La cicatrice était encore d’un rose assez vif, mais elle s’estompait de jour en jour. Souvent, elle la regardait ; pour se souvenir des erreurs à ne plus commettre, mais aussi des hésitations à ne plus avoir.

Elle n’avait jamais autant compris le dicton « ce qui ne nous tue nous nous rend plus fort » qu’aujourd’hui. Son enveloppe charnelle était un mensonge. La musicienne était une bête, une louve. Les temps changeaient, les gens changeaient. Ils n’étaient plus une bande de citadins paumés reclus dans la forêt pour essayer de survivre. Ils étaient des combattants, des survivants. Une fierté et une malédiction, mais elle embrassait ce double fardeau, parce qu’elle n’avait pas décidée de mourir demain.


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