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 Les mots du commencement

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Les mots du commencement   Dim 2 Oct 2016 - 12:00

La fraîcheur automnale qui s’était installée depuis une dizaine de jours était étonnement glacée au bord de la mer, mais Selene n'en tenait pas compte. Perchée sur le phare, le vent jouant dans ses longs cheveux, elle surveillait les environs, fusil de chasse dans les bras. Elle n’avait plus de calendrier, mais elle estimait que ça devait faire presque deux mois. Deux mois qu’on l’avait ramenée à l’article de la mort, qu’elle avait été sauvée par les soins incessant d’Aori et le dévouement de Gabriel. Deux mois pour que son corps mutilé retrouve son apparence, hormis quelques cicatrices : certaines discrètes, d’autres bien plus visibles. Depuis aussi longtemps, la musicienne n’était pas remontée faire son tour de garde sur le phare. Elle avait conscience qu’ils avaient été fragilisés : comment deux hommes auraient pu s’approcher de leur maison sans être vus sinon ? A cette pensée, ses mâchoires se serrèrent brièvement. Cette fois, ils avaient été des connaissances de la journaliste, mais et si ça n’avait pas été le cas ? Et si…

- Ne t’en fais pas. Tu fais conscience à Breann, pas vrai ? Si elle les connait, alors ça devrait bien se passer.

La pianiste se tourna brutalement. Flann était là, à ses côtés. A chacune de ses apparitions, elle ne comprenait pas, mais plus elle essayait de saisir, plus ses pensées s’effilochaient. Son amie était censée être morte, pourtant, la voilà sur le phare, profitant de sa brise dans ses cheveux cuivrés. Est-ce qu’elle avait rêvé ? Est-ce qu’en fait, elle avait survécu à l’attaque des trappeurs ? Elle ne savait plus ! C'était... confus. Trop. Dans le doute, Selene marmonna un « Oui, peut-être » mais détourna immédiatement les yeux. Le nuage de murmure qui rôdait dans son crâne prit le relais, s’intensifiant jusqu’à ce qu’il soit impossible de se concentrer et que l’habituelle voix glaçante de sa chimère résonne :

N’écoute pas… tu sais ce qu’il en est, pas vrai ?
…Ne fais confiance à personne.

Tu devrais les tuer. Tous les deux. C’est le seul moyen de les protéger. Je sais que tu le sais.


Impossible de l’ignorer plus longtemps, la jeune femme fit volte face en pointant son arme vers l’intruse. Le canon à moins d’un mètre de sa poitrine frêle, et son visage… cette fois, pour la première fois, elle en avait un. Semblable au sien, et imperceptiblement différent, c’était à n’y rien comprendre. Elle souriait. Un sourire narquois, carnassier plutôt, impassible devant l’arme qui pourrait lui ôter la vie.

Tu me menaces vraiment ? Moi ?
…Regarde plutôt.
Regarde qui arrive…


Deux silhouettes venaient d’apparaître, approchant du phare avec trop de précision pour être des rôdeurs. Utilisant le viseur de son fusil pour bénéficier du zoom, et donc constater ce qu’elle supposait, ou redoutait, il s’agissait des deux hommes qui avaient approché Breann. Son cœur s’emballa, sa respiration devint saccadée. Un geste, et elle pouvait mettre fin à tour ça. Il lui suffisait de presser la détente, et les visiteurs seraient morts. Plus de risque. Plus de discussion. Plus d’inquiétude. Ils n’avaient pas besoin d’avoir peur à nouveau, pas après Jonah…

Tue-les. C’est facile. Tue-les.

- Selene…, tu n’es pas comme ça. Je le sais. Tu-
- Taisez-vous, trancha-t-elle soudainement, laissez-moi, s’il vous plait… je vais leur parler.

Sa décision était prise. En fait, maintenant que ses pensées pouvaient se réorganiser, elle se souvenait que c’était déjà ce qu’elle avait prévu : s’ils revenaient, elle avait demandé à la journaliste de les voir seule à seuls. C’était son rôle de toute façon, même si Gabriel devait désapprouver de la voir en infériorité numérique devant deux types capables de la briser en quelques secondes. Est-ce qu’elle avait peur ? Ce serait un mensonge de dire que non, mais c’était justement ça qu’elle voulait exorciser. Ce sentiment de fragilité, de vulnérabilité, qui lui collait à la peau depuis son été chaotique. Ce n’était pas l’image qu’elle voulait garder… ce n’était pas l’image que ces deux inconnus auraient.

***

Quelques minutes plus tard, la musicienne les attendait, assise à la table du salon, le visage impassible. Elle avait demandé à ce que ce soit Aori qui les fasse venir, pas Breann. Ils ne la verraient qu’ensuite, si elle décidait que c’était bon. Quand les deux hommes entreraient, ils penseraient voir une jeune femme frêle et pâle, mais son regard glacier dirait bien vite qu’elle était plus que ça. Qu’elle avait fait des choses, vu des choses, subi des choses. Par précaution, elle avait coincé l’un des glocks dans sa ceinture, sous son T-shirt, dans son dos ; mais l’étudiante espérait sincèrement de pas en avoir besoin.

- Comment je dois vous appeler alors, demanda-t-elle immédiatement quand ses invités furent de l’autre côté de la table, Enrique et Kayne ou Hernando et Mike ? une esquisse se sourire en coin creusa la fossette de sa joue droite, moi c’est Selene. Asseyez-vous, je crois qu’il faut qu’on parle.


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Hernando Álvarez
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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Dim 2 Oct 2016 - 22:56

Depuis leurs retrouvailles avec Breann, les deux amis étaient déjà revenus à deux reprises, en restant à l'extérieur du phare pour simplement discuter, même si Mike tenait la chandelle plus qu'autre chose, il en profitait d'ailleurs au bout d'un moment pour rester à l'écart et observer simplement le paysage le rendant nostalgique. Comme chaque survivant, l'afro-américain était sans nouvelles de ses proches, en venant ici, il pensait à eux. Parfois avec tristesse en pensant à ceux décédés ou en se disant que d'autres les avaient rejoints, mais aussi avec joie, venant même à rire en repensant à tous ces moments passés dans les environs. Il revoyait chacun des visages, certains trop flous, et les larges sourires qu'ils abordaient en étant réunis.

Vacants à leurs occupations durant une bonne partie de la matinée, ils se décidèrent de rejoindre une nouvelle fois le phare. Pour cela, Hernando dut insister longuement pour que son ami accepte, car celui-ci n'entendait pas d'une bonne oreille ses allers-retours incessants. Oui, le latino avait le béguin pour la brune, mais aussi bien eux que Breann et ses amis n'étaient pas ici pour se dorer la pilule au soleil. Il y avait toujours des choses à faire, encore plus pour les deux amis nouvellement arrivés. Les deux premières maisons qu'ils avaient pu occuper étaient leur priorité absolue à chaque fois. Ils travaillaient nuit et jour pour les sécuriser et s'organiser, alors que là, Hernando avait la tête ailleurs, pensant à la jeune femme.

Ils finirent par arriver avec un Mike traînant des pieds, mais ne souhaitant pas son ami y aller. En dehors du danger, il craignait presque plus que le latino se perdre vu son sens de l'orientation quasi inexistant, en plus de ses absences. Pensant voir arriver Breann, les deux hommes tombèrent nez-à-nez avec une autre brune du phare, nettement moins accueillante. Hernando s'imaginait déjà la voir les braquer pour leur indiquer de quitter les lieux et ne plus y remettre le moindre orteil. « Oh comme tu veux hein ! » répondit le latino tout en riant. Rire, qu'il ravala pourtant bien vite en voyant la froideur dont la jeune femme faisait preuve, malgré un sourire pour le coup plutôt flippant. « Pardon. – Commença-t-il à reprendre en se raclant la gorge – Mike et Hernando oui. »

Ne pouvant faire autrement que d'accepter l'invitation, les deux amis prirent place à table. Selene voulait parler, pas de souci, mais de quoi précisément ? En citant les petits noms attribués par Breann était-ce simplement à cause du mot laissé ou elle avait raconté aux membres de son groupe les conditions de leur rencontre, et surtout, la fin de celle-ci ? Ne sachant pas trop quoi dire, Mike et Hernando restaient silencieux, tout comme la jeune femme leur faisant face.

« Bon, t'as l'droit de poser toutes les questions qu'tu veux et on t'répondra en toute franchise. J'tiens juste à dire un truc avant. – commença-t-il en cherchant l'approbation de son ami qui se contenta de hausser les épaules – J'sais pas si elle t'a tout raconté sur notre rencontre, même si j'pense que si, mais au cas où j'préfère prendre les devants. » Hernando ne quittait pas le regard de la jeune femme, et même s'il n'emmenait pas large, il se devait d'être honnête avec les amis de Breann. « Oui, au début on voulait la voler, oui à la fin on lui a pris son sac avant d'lui rendre. Mais entre les deux ça a été ma s'conde plus belle rencontre depuis tout c'merdier, la première c'est l'autre clampin à côté de moi. – dit-il en penchant la tête avec un sourire sur son visage – Sar.. Breann est une fille formidable, on s'est expliqué, j'ai admis mes erreurs. J'suis pas doué pour les relations dans c'type, j'suis maladroit dans c'que j'dis, mais j'me fous pas d'elle. J'ai merdé, j'le sais, mais c'pas pour rien que j'lui ai tout rendu avant qu'on parte, parce que c'est une fille bien et qu'elle méritait pas ça. On s'est tous menti sur quelques point quand on s'est vu, mais sur le fond, tout c'qu'on s'est dit, tout c'qu'on a partagé été vrai. »

Mike donna un coup de coude au latino qui ne laissait pas la possibilité à Selene de placer un mot, mais celui-ci poursuivit « Honnêtement, au début d'cette merde, on était d'gros cons, on volait, rackettait, on était sans scrupule, on oubliait qui on était vraiment. Parc'qu'on est pas comme ça, et on a changé. On a fait des rencontres qui nous ont aidé sans forcément sans s'en rendre, mais notre espèce d'égoïsme barbare n'est plus. Bon, sauf si c'est pour éviter la mort d'un d'nos proches où là on f'ra tout pour l'protéger. » Ca y était, il avait enfin fini de déballer sa plaidoirie et se sentit légèrement bête face au silence régnant dans la pièce.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Lun 3 Oct 2016 - 17:47

Qu’est-ce qu’il était bavard ! L’un des sourcils de Selene s’était légèrement soulevé, sincèrement impressionnée par ce débit de parole. Son ami eut beau essayer de l’arrêter, il poursuivait sur sa lancée, en plein plaidoyer alors qu’elle n’avait encore rien demandé. En tout cas, même si elle se garderait de le faire remarquer à haute voix, la musicienne put remarquer qu’il n’échappait pas au cliché de l’hispanique beau parleur. Connaissant Breann, après ces mois passés ensemble, elle comprenait ce qu’elle lui trouvait. Derrière cette apparente nonchalance et son récit qui laissait présager des actes peu glorieux, il émanait de ce type une étonnante sincérité. Brute, instinctive. Peut-être succombait-elle également à son don d’orateur ? Oui et non. D’ailleurs, après tout son passage mélioratif sur la journaliste, elle eut l’impression qu’il allait lui demander sa main.

L’étudiante avait envie de ne retenir que ce passage, celui où Hernando confiait sans le dire que Breann représentait quelque chose d’important. Se dire qu’il était quelqu’un de bien, qu’il n’était pas un ennemi, qu’il aurait même peut-être sa place parmi eux. Mais… sa capacité à faire confiance agonisait, si elle n’était déjà morte. Elle ne pouvait s’empêcher de se focaliser sur les parts d’ombres : le vol, le racket, l’égoïsme barbare, comme il disait. Et s’il leur prenait l’envie de renouer avec leurs vieux démons ? Et si cette trêve bienfaitrice n’était que passagère ?

Selene ne savait pas quoi en penser. Elle laissa planer le silence, occupée à libérer ses songes de l’étau de folie qui cherchait à les étouffer. Un bruissement de murmures qui lui sifflait des horreurs, une solution dans le sang, mais ce n’était pas ce qu’elle voulait. Réprimant les légers tremblements qui agitaient ses doigts fins en les joignant devant elle, la musicienne prit enfin la parole :

- T’as été franc avec moi alors… je vais être franche avec vous deux.

Ses yeux bleus, qui n’avaient pas quitté ceux d’Hernando pendant son monologue, passèrent de lui à son comparse plus discret. Elle était parvenue à redevenir maîtresse de son mental. Impossible de savoir jusqu’à quand, mais temps qu’elle pouvait avoir cette conversation sans lutter contre le chaos dans sa tête, c’était parfait.

- Toutes les personnes qui habitent ici… sans exception, elles sont ma famille maintenant. Ça représente beaucoup, quand on voit ce qui se passe dehors, ses traits se détendirent légèrement, ses lèvres pâles ébauchèrent même un sourire alors que ses pupilles restaient indéchiffrables, et il ne faut pas croire que parce que je suis jeune, ou que je suis une fille, je ne suis pas capable de faire ce qu’il faut pour les protéger.

Ce n’était pas censé sonner comme une menace, mais en même temps, Selene voulait qu’ils comprennent. Ils n’étaient pas des idiots, ni des pigeons, ni rien de tout ça. Ils essayaient de garder, ou de retrouver, leur humanité, et c’était sans doute pour cela qu’ils avaient cette discussion. Parce que le pardon avait encore sa place, l’entraide ou l’amitié aussi ; mais ils n’étaient plus innocents. Plus aucun. La pianiste en tête de liste. D’ailleurs, n’était-ce pas hypocrite de juger les agissements des deux hommes ? Il était possible qu’elle ait plus de sang sur les mains qu’eux deux réunis. Elle poserait la question, en temps voulu.

- Je fais confiance à Breann, et elle a l’air de croire que tout ce que tu as dit est vrai, alors… je voulais vous rencontrer, elle haussa les épaules, je peux plus faire comme si de rien était en vous voyant tourner autour de chez nous. Comment vous nous avez trouvé d’ailleurs ? On pensait être assez reculés pour ne pas voir de vivants arriver jusqu’ici.

Première question cruciale : le hasard faisait certes bien les choses, mais à ce point là ? Il fallait juste espérer que la raison soit rationnelle, et pas qu’il s’agisse de deux stalkers psychotiques qui traquaient la journaliste depuis l’hiver. Tout en enroulant sa chevelure sur elle-même pour la rabattre machinalement d’un côté de son visage, Selene enchaîna sur les autres interrogations, qui coulaient un peu de source :

- Vous êtes installés où d’ailleurs pour l’instant ? Vous vouliez vous arrêter dans la région ou vous allez quelque part ?


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Hernando Álvarez
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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Mar 4 Oct 2016 - 21:50

Bien que sa carrure ne soit pas des plus impressionnantes, le regard de la jeune l'était bien plus, une force incroyable s'en dégageait, au point de garder Hernando silencieux. Et puis, il y avait les mots, l'expression du visage, le tout mélangé faisait que les deux amis n'étaient pas à l'aise. Comme la brune l'avait annoncé, elle se montrait franche, chose qu'ils appréciaient, pourtant ses mots n'arrangeaient en rien l'inconfort ressenti, c'était même encore pire. Mais derrière cette menace non-dissimulée, le latino préférait retenir une chose pour laquelle il esquissait un sourire ; cette capacité à accomplir l'impossible pour protéger ses proches.

Cela pouvait paraître bateau, mais pour lui il s'agissait d'une qualité des plus utiles, bien plus que de savoir se battre, surtout si derrière il n'y avait rien d'autre. Selene possédait en elle cette rage, cette volonté de prendre soin des siens, ça se voyait et elle leur faisait parfaitement comprendre. Hernando hocha brièvement la tête comme pour lui indiquer qu'il était entièrement d'accord avec les propos qu'elle tenait.

Les questions qu'elle posait pouvaient paraître tout à fait classique, presque banale, mais il était évident que c'était une façon comme une autre de s'assurer que les deux amis ne lui suivaient pas depuis de nombreux mois. « Oh ça j'vais t'expliquer – rebondit immédiatement Hernando – C'est l'pur hasard en fait. J'sais, c'est con comme explication, mais c'est l'cas. J'vais faire la version longue pour qu'tu puisses bien comprendre pourquoi on a débarqué ici. » Mike roula des yeux en sachant pertinemment à quoi s'attendre ; un nouveau monologue.

« En fait, on est tombé assez vite l'un sur l'autre, on a décidé d'rester ensemble parc'qu'ado, il était ami avec un d'mes frères et qu'on s'entendait déjà bien. Et comme j'arrivais de Tacoma pour retrouver ma famille, on a fait l'trajet ensemble jusqu'à Seattle, mais on les a pas trouvé. On s'est installé à l'Est de la ville pour élargir le périmètre de recherches en bougeant jusqu'à Uper Preston, j'sais pas si tu vois où c'est, c'est quand tu continues sur la 90. – indiqua-t-il en se tournant pour tenter de se repérer – Bref, ça n'a rien donné. Et c'est là, qu'avec Mike on s'est dit qu'on allait essayer vers l'Ouest plutôt que d'rester sans fin au même endroit. En plus, il connaît un peu l'coin parce qu'il avait d'la famille ici. » Hernando s'arrêta net de parler pensant avoir tout dit et ne comprit pas pourquoi les deux autres le dévisageaient, il avait pourtant était assez clair dans ses explications, sans trop se perdre.

Mike soupira bruyamment, presque exaspéré par le latino qui avait quasiment oublié le plus important « Bon, vu qu'il est pas très doué, j'vais continuer hein – dit-il avec un regard de désolation en fixant Selene – Là on est dans un p'tit village au niveau de Port Gamble, et oui, j'venais souvent ici gosse. Plusieurs fois on était venu en famille au niveau de c'phare, parc'qu'on le trouvait magnifique et pas commun tu vois. – continua-t-il en levant la tête avec des yeux d'enfant – J'voulais montrer à l'autre à quel point c'était un beau bâtiment et en chemin on a vu trois ou quatre personnes. Forcément, on est bien resté en retrait et en r'gardant avec les jumelles j'ai reconnu Breann. On l'a suivi pour voir où elle habitait, être sûr qu'tout allait au mieux pour elle et... Nous voilà ! » termina-t-il d'expliquer en haussant les épaules en sentant une certaine nostalgie négative le gagner.

Constatant cela, l'hispanique agrippa l'épaule de son ami pour le soutenir, il comprenait cette tristesse affichée, Mike était lui aussi sans nouvelles de ses proches et revenir ici, bien que représentant un avantage certain, était par moment douloureux. Hernando se retourna ensuite vers la jeune femme, lui aussi avait des questions « Ça fait longtemps qu'vous êtes ici ? » commença-t-il en se gardant le droit de lui en poser d'autres après.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Mer 5 Oct 2016 - 17:18

Et c’était reparti pour un tour. Elle voulait simplement savoir ce qui les avait amenés à trouver le phare, voilà qu’Hernando lui déballait un résumé de leur périple depuis le début de l’épidémie. Dans un sens, ça jouait en sa faveur : si c’était un menteur, il n’aurait pas besoin de sortir toute sa biographie, il lui suffisait de ne rien dire. Les silences étaient les meilleurs alliés des entorses à la vérité. Selene fut à nouveau surprise par son naturel désarmant. C’était comme si tout lui venait avec une facilité déconcertante : les mots, les expressions, les émotions… pas de philtre, que du brute. Au final, il ressemblait tellement à un type sympathique que le tableau de lui, volant les biens d’autrui, paraissait surréaliste.

La musicienne avait tressailli quand il avait évoqué Tacoma. Un souvenir noir y était enterré. Elle essaya de ne rien laisser paraître et hocha vaguement la vague quand Hernando demanda si elle voyait où se trouvait Uper Preston. Oui. Non. Elle n’arrivait pas à visualiser la carte de la région, ses pensées s’obstinant à vouloir faire un tour du côté du club de hockey où l’ivrogne l’avait détruite.

L’étudiante profita du blanc laissé à la fin du discours de l’éducateur pour se ressaisir. Alors qu’elle souriait doucement pour encourager Mike qui prenait le relais, elle s’appliquait mentalement à chasser les flashs les plus tortueux de sa mémoire. Tout devint immédiatement plus clair. Incapable de résister à son naturel empathique, Selene se sentit connectée à la nostalgie qui teintait le récit. Dans un sens, ce n’étaient plus les deux hommes les intrus, mais tout son groupe. Planté là en plein milieu du tableau idyllique de quelqu’un d’autre, l’empêchant de jouir tranquillement d’un beau souvenir.

- Je suis désolée pour ta famille, sincèrement, fut la première chose qu’elle articula.

La pianiste les croyait. Une décision instinctive plus que réfléchie, mais elle sentait que ces deux types, qui qu’ils soient dans le fond, étaient sincères à l’instant présent. Ça ne signifiait pas qu’elle baissait sa garde, qu’ils étaient amis, ou quoique ce soit, mais… c’était un bon début. Restait à savoir ce qui commençait. Mike avait sans doute beaucoup joué en leur faveur. Lui aussi, à sa manière, était doté d’une honnêteté touchante. Comme quoi, l’habit ne faisait pas le moine…

- On est ici depuis le milieu de l’été. Ça doit faire plus de deux mois maintenant…, la jeune femme se détendit, abordant la suite sur le ton de la conversation tout en se grattant la nuque, avant, on vivait dans un chalet. Dans les bois, pas très loin de Sequim, vous voyez où c’est ? C’est là-bas que j’ai rencontré Breann, à la fin de l’hiver.

Y repenser lui fit se rendre compte d’à quel point le temps avait filé. Des mois en communauté, à lutter au jour le jour. Trouver de quoi manger et boire, améliorer leurs défenses, éloigner les mordeurs, se battre pour leur survie… connaître la tranquillité, l’espoir, mais aussi la sauvagerie. Essayer de rester eux-mêmes, et voir que le monde devenait violent et impitoyable. Selene eut un air compatissant avant de dires à ses interlocuteurs :

- J’ai été sur la route pendant un moment aussi. Je sais ce que c’est.      

Oui, elle savait, et ça rendait son rôle que plus crucial. Même si ça n’avait pas été formulé de la sorte : ils avaient un toit fiable et de quoi se défendre, ce qui était indispensable désormais. Des gens qui se soutiennent, des objectifs, une organisation. La musicienne pouvait faire de la place pour deux personnes, un geste qui les sauverait certainement de l’hiver qui approchait. Elle pouvait. Il y avait tant de choses dans la balance pourtant… Il était déjà tellement difficile de se nourrir à 7, y arriveraient-ils à 9 ? Est-ce que Hernando et Mike sauront s’acclimater à leur mode de vie après un an en duo ? Est-ce qu’ils ne rechuteraient pas dans leurs travers violents ? Quoiqu’elle choisisse, des vies reposaient sur ses épaules frêles. Les laisser à leur errance nomade, c’était potentiellement les condamner ; mais leur proposer de rester, c’était les accepter comme de nouveaux membres de sa famille.

- Est-ce que…, commença-t-elle doucement, j’aimerais que vous soyez honnêtes avec moi encore une fois…, l’étudiante se mordit l’intérieur de la joue en cherchant ses mots, ce n’était pas facile, quelle est la pire des choses que vous avez dû faire depuis que vous êtes sur les route ? Est-ce que vous avez... tué des gens ?

Selene hésita à se dévoiler la première, pour montrer qu’il n’y avait rien à cacher, mais se ravisa. Elle craignait que ça sonne comme une menace ou pire, que ça passe pour un concours. Ce n’était pas le but. Son but était simple : savoir « qui » se tenait en face d’elle.


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Hernando Álvarez
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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Jeu 6 Oct 2016 - 17:04

L'afro-américain esquissa un léger sourire en haussant les épaules à ce que venait de dire Selene, non pas qu'il s'en fichait ou ne la croyait pas sincère, mais simplement parce qu'elle n'y pouvait rien et que, elle aussi, avait subit la perte de proches, comme tout survivant. Mais ses mots le touchèrent et il tenta de ne pas se laisser submerger par l'émotion. Puis, naturellement, la brune répondit à la question posée juste avant par le latino qui secoua la tête lorsqu'il leur fut demander s'ils connaissaient Sequim. Hernando regarda brièvement son ami qui semblait lui non plus ne pas connaître.

Celle qui paraissait être la chef de cette petite famille devait avoir à peine plus de vingt ans, pourtant à l'écouter, il était perceptible qu'elle avait un sacré bagage avec elle et une expérience de survie non-négligeable. Cela faisait penser au vieux baroudeur que l'on se représentait seul sur la route, marchant de longues heures en devant faire face à un certain nombre de dangers. Sauf que tout ce que l'Homme avait pu s'imaginer par le passé était bien loin de la réalité dans laquelle ils se trouvaient tous à présent, alors ressentir cette expérience de vieux briscard provenant d'une jeune femme frêle, presque fragile, était surprenant sans l'être.

L'honnêteté était de mise, si bien que les questions qu'elle finit par leur poser eurent un échos des plus douloureux pour les deux amis, créant un malaise visible. L'un comme l'autre pensait à cette chose-là, qui était pire que de tuer de sang-froid un être humain, car dans ce dernier cas, la personne n'était plus là, il en était terminé d'elle. Contrairement à ce que l'hispanique avait fait subir à la rousse rencontrée début juillet, qui était très certainement pire que tout. Il avait détruit la vie de Rosaleen en souillant son corps jusqu'à son âme, la laissant vivre en ayant subis cet acte causant des séquelles irréversibles, devant réussir à aller de l'avant pour survivre. Comme si les épreuves et dangers n'étaient déjà pas suffisants. Plus d'une fois durant l'été, Mike et Hernando en avaient reparlé, le latino n'était pas la victime dans cette affaire, mais bien le bourreau, ce qui ne l'empêchait pas de regretter plus que tout au monde d'avoir fait ça, ce n'était pas son genre, jamais il n'avait forcé une fille même en étant complètement alcoolisé, il respectait les femmes. Mais ce jour-là, une connexion dans son cerveau avait rompu tout cela.

Il fallait pourtant répondre avec une certaine franchise, mais aucun ne parlerait de ce viol. Eux-même préféraient l'oublier. Avalant avec difficulté sa salive, Hernando planta son regard dans celui de la brune pour lui répondre. « J'crois, qu'le pire... Ça a été au début, j'sais même pas pourquoi on a fait ça, et si j'me trompe, t'interviens acho. – dit-il en jetant un coup d’œil vers son ami – En arrivant dans une maison, on a ligoté les occupants, certain'ment les proprios. C'était pour notre sécurité de base... Et puis, on a décidé qu'ce serait la notre. – baissant la tête face à la honte, il poursuivit – On les a emmené dans la ville la plus proche où on les a r'lâché, mais en les laissant attaché en fait... Ils avaient rien d'mandé en plus, ils avaient même l'air sympa, mais j'sais pas... On a été débile, on les a condamné à s'faire bouffer par ces apestosos alors qu'ils représentaient même pas une vraie menace... »

Ils n'étaient en rien fiers d'eux, et ils s'étaient rapidement rendus compte de leur stupidité se promettant de ne plus recommencer. « Ça s'est jamais r'produit tu sais. Alors, oui, on a volé, on s'est joué d'gens plus faibles que nous pour leur piquer des trucs voir tout c'qu'ils avaient, mais si on d'vait utiliser la force, c'était en dernier recours et sans s'acharner. Et... Oui, on a tué des gens, mais pareil, en rien par envie ou plaisir hein, c'était eux ou nous, l'choix était vite fait tu vois. – ajouta Mike en regardant la jeune femme comme pour chercher son approbation – J'veux dire, toi aussi pour te protéger ou protéger ta nouvelle famille tu f'rais tout c'qu'il faut, tu nous l'a dit d'ailleurs, et si quelqu'un fait du mal ou menace Breann ou quelqu'un d'autre tu s'rais prête à tout j'pense, tu d'viendrais peut-être même une autre personne quitte à laisser l'côté ''sauvage'' qui est en chacun d'nous ressortir, même si ça signifie tabasser l'mec ou la fille qui f'rait du mal à un être cher, quitte à le tuer.... Non ? » dit-il en soutenant le regard de Selene.

Mike s'était peut-être emballé un peu dans ses suppositions, mais il était persuadé que la plus part des personnes agirait de la sorte de nos jours, même si rien ne laissait présager qu'ils étaient capable de se montrer si violents, mais la vie n'était plus celle que chacun connaissait auparavant. Pour survivre et protéger les siens, il était nécessaire de savoir se transformer en une autre personne, même si celle-ci était à l'opposé de celle que vous étiez. « Et toi alors, c'est quoi l'pire truc que t'as fait ? » s'empressa de demander Hernando comme pour éviter que Selene cherche à approfondir davantage la gêne présente un peu plus tôt.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Jeu 6 Oct 2016 - 19:13

La musicienne avait vu Hernando déglutir avant de commencer son récit, mais elle ne put deviner le secret qu’il taisait, sous couvert d’être honnête. Plus encore, elle songea que c’était bon signe. S’il avait du mal à avouer ses agissements, cela signifiait qu’il s’en voulait réellement. Le corps était souvent bien plus explicite que les mots, bien que plus silencieux. Alors que se déroulait l’histoire du groupe ligoté et déporté sans raison, Selene essayait de ne pas juger leurs agissements. C’était difficile. Mike avait beau jurer que ça ne s’était jamais reproduit, elle ne pouvait s’empêcher de se dire « pour l’instant ». Et si elle les acceptait et que demain, ou le surlendemain, ou la semaine prochaine, ils se réveillaient tous ligotés et forcés de marcher jusqu’au patelin voisin ? Pire, de sauter dans l’eau froide de la mer ?

Elle détestait les pillards. Parce qu’elle en avait été la victime, parce qu’elle avait vu ce qu’ils avaient été capables de faire à Flann. Ce qu’ils lui avaient fait à elle, ce qu’ils lui auraient fait si Axel n’était pas miraculeusement intervenu. Pourtant, la pianiste n’était pas encore décidée à les chasser. Ils avaient honte. La tête baissée d’Hernando parlait pour lui-même, comme l’expression de Mike qui cherchait maladroitement son approbation. Tuer ou être tué. Oui, impossible de mentir, le choix était vite fait.

La jeune femme allait ouvrir la bouche, mais son aîné se laissa lui aussi emporter dans sa narration. Supposant de ce qu’elle avait pu faire, retournant ses propres paroles contre elle. Sans le savoir, il rouvrait une boîte pleine de sang et de violence. Les images se découpaient dans son esprit, plus crues encore à la lumière des souvenirs, s’intercalant devant ses yeux à chaque battement de cils. Stroboscopiques. Photographiques. Chaotiques. Ce n’était pas un côté « sauvage » qui dormait en elle, c’était un monstre. Une furie latente.

Selene soutenait le regard de Mike mais ne le voyait plus vraiment. Submergée par les fragments morbides de sa mémoire. Elle refit surface grâce à la voix d’Hernando, qui lui demandait ce qu’elle avait fait de pire. Par réflexe, elle cacha ses mains sous la table pour les coincer entre ses cuisses. Les avaient-ils vus ? Ces tremblements qui n’avaient rien à voir avec la température. Pouvait-elle être honnête ? Non. La pire des choses qu’elle avait fait, à ses yeux, était un secret. Seul Bobby était au courant. Ce Bobby qui avait choisi de partir…

- Je…, le film de l’innocente adolescente qu’elle tabassait à mort l’empêchait de se concentrer, je pense que…, le son de ses os qui se brisait résonna dans ses oreilles, Hum…, son visage tuméfié, son regard terrifié, ses gargouillis alors qu’elle s’étouffait dans son sang.

Cette pauvre fille n’avait rien fait. Rien d’autre qu’être sur son chemin au moment où elle pétait les plombs. Et ses amis ? Certes, ils avaient gauchement essayé de se venger, mais n’était-ce pas que justice ? Morts par sa faute, eux aussi. Elle ne pouvait pas avouer ça. Selene prit une grande inspiration pour se recentrer. Ses avant-bras se reposèrent sur la table, ses yeux bleus se posèrent brièvement sur ses index qui grattaient nerveusement les petites peaux de ses pouces. Elle non plus n’était pas fière.

- Il y a beaucoup de choses qui me paraissent les « pires », mais… je repense à ce qui nous a fait partir du chalet, elle déglutit douloureusement, des types nous ont attaqué, ils ont tué l’une d’entre nous, alors… on s’est défendus.

Elle regarda Mike, car ça faisait surtout écho à ce dont il avait parlé. Sa tête se pencha sur le côté, sa poitrine lui faisait un peu mal, mais elle continuait.

- C’était un peu comme une sœur pour moi, Flann. Alors… comme tu as dit, je suis devenue quelqu’un d’autre. Je réfléchissais même plus, je voulais les tuer, même si je devais mourir aussi, elle s’en souvenait. Le terme exact qu’elle avait employé à l’époque était « exterminer », il y a un des types… j’ai réussi à le rattraper et à le blesser en lui tirant dessus. J’aurais pu… l’achever autrement, ou même le laisser partir, mais…, ses orbes glacier se posèrent tour à tour sur les deux amis. La glace s’était estompée, laissait entrevoir sa détresse. Sa voix était blanche, je suis devenue folle. Je me suis jetée sur lui, et je me suis mis à le planter en plein visage, elle mima vaguement le geste, j’étais incapable de m’arrêter. Ce n’était même pas être sauvage, c’était… barbare.

Selene haussa doucement les épaules, l’air gênée. Peut-être qu’elle en avait trop dit. Ils risquaient de la prendre, au mieux pour une folle dangereuse, au pire, pour une vraie cinglée. D’ailleurs, est-ce qu’elle l’était ? Elle avait conscience de ne pas toujours aller bien, d’entendre certaines choses, d’avoir la sensation de revoir la libraire, mais… raaah ses pensées devenaient si confuses parfois. Elle n’arrivait plus à faire le point.

- Je n’aime vraiment pas en parler, dit-elle finalement en mordillant sa lèvres, mais… merci, pour votre franchise.

Ses paupières battirent encore un peu plus que de raison, cherchant à chasser ces images qui revenaient sans cesse. Véritables insectes nocturnes attirés par la lumière de ses yeux topaze. Retrouvant un peu de sa contenance, la musicienne eut un petit sourire triste en ajoutant finalement :

- Breann a toujours été là pour moi, malgré ça, je pense que je ne serai pas là aujourd’hui sans son soutien… et je crois qu’elle est contente de vous avoir revus. Alors… si c’est ok pour elle… et pour vous… vous pouvez peut-être arrêter de bouger... quatre bras en plus, ça ferait du bien à tout le monde ici.

Elle avait fait son choix. Instinctivement. Ce ne serait pas facile, elle le savait, d’ailleurs, elle n’osait pas encore les regarder. Mais sans avoir consulté la journaliste, elle se doutait du genre de phrase qu’elle serait capable de lui sortir : parfois, il fallait savoir faire un acte de foi. Avoir confiance, même quand on a peur, même quand on se méfie. Parce qu’elle se tuerait à se battre sans arrêt et que sa conscience avait besoin d’un peu de bonté pour ne pas sombrer.


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MessageSujet: Re: Les mots du commencement   Aujourd'hui à 17:29

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Les mots du commencement

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