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 The story of gods and men

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Grant S. Levine
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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Jeu 13 Oct 2016 - 1:40

Quand Daphne baisse l'arme, c'est un vent de soulagement qui emporte les doutes et les craintes que j'avais. Ce que je ne m'autorise plus à ressentir désormais. Faut pas déconner non plus. Ce regard de glace qu'elle m'offre, je le soutiens sans flancher, avec le même froid. J'écoute ce qu'elle a à me dire, silencieusement. Même quand elle laisse couler quelques secondes avant de reprendre, pour mieux me toucher en plein orgueil. J'aurai pu être vexé, si seulement j'en avais quelque chose à foutre. Et si elle n'était jamais revenue pour demander son dû. Car il semblerait bien que ce que je vaux soit largement suffisant pour satisfaire la belle. Faute de grives, on mange du Grant.

Evidemment, elle n'oubliera jamais que j'ai cette dette envers elle. Peut être a t elle déjà l'idée de ce que je vais pouvoir, ou plutôt devoir faire pour elle. Elle en donne l'impression. Comme si tout était déjà clair et réfléchi dans son esprit. Peu importe ce qu'elle me veut, j'suis du genre à respecter ma parole. Surtout envers la seule medic du coin, quand on vit en plein champ de bataille.


" J'risque pas d'oublier.

Rien d'autre à dire. Les plus honnêtes sont ceux qui ne se sentent pas obligé de justifier. Un léger grognement, à peine audible, s'en suit. Car je sais qu'il y a de bonnes chances pour que, ça aussi, ça me brise les noix. Tout autant que le planning détaillé de l'opération qui va suivre, et qu'elle pond à Reese comme si elle était venue pour lui acheter un pack d'opérations d'chirurgie esthétique. Sauf qu'à la fin, la cicatrice restera moche. Je soupire dans mon coin, bras croisé, me sentant désormais aussi utile qu'une capote chez les mormons.

Et enfin, Daphne me file la liste des courses. Des brols d'infirmière, de l'eau, une chemise et un truc à mordre. Et tout ça à ramener de chez nous. Bah voyons. J'prends quelques instants pour réfléchir, à quelles conneries j'pourrais bien pondre au boss s'il me chope. Et comme je n'ai pas trop le choix, je hoche de la tête.


'Kay. J'y vais. "

Et j'y vais. J'les laisse toutes les deux, et j'le fais avec assez de confiance. L'une est sur le point de crever si l'autre n'agit pas, et j'ai fait une promesse qu'on n'refuse pas. Y a peu d'chance que j'revienne pour voir un combat de catch féminin dans de l'huile de moteur. C'est bien dommage, en un sens. Bref, j'me retrouve à furtivement fouiller dans la pharmacie de notre clan. Des machins pour la recoller, d'autres à lui faire avaler. Le savon, l'eau, ma chemise et .. mordre ? Mais putain qu'est ce qu'elle pourrait bien mordre ? J'prends le premier truc qui m'passe par la main, et c'est.. une pantoufle. Une seule. Un truc que j'avais récupéré dans l'espoir d'en choper une deuxième un jour. Eh bah.. au moins elle servira.

J'traîne pas dans l'coin. J'me casse en faisant bien gaffe à n'pas me faire voir. Manquerait plus que ça. Bref, j'suis bien vite de retour au garage. J'rentre là dedans pour admirer la table d'opération de fortune. Ah ouais.. génial. Elle a tout autant de chance de se choper une putain de maladie dont le nom comporte au moins trois " y " avec ça. Mais quitte à crever, autant essayer d'survivre quand même. Je tends mes bras chargés à Daphne, qu'elle puisse se servir de ce dont elle a besoin. Je garde le reste, pour ne pas le poser sur la merde qui tapisse toutes les surfaces de cet endroit. Et enfin, j'regarde Reese. J'reste là, suspendu au dessus d'elle, à me demander quand j'vais enfin arrêter les conneries. Est ce qu'elle commence à flipper ? Je la tiens, comme elle me le demande. J'lui tends la pantoufle.


" Si tu veux mordre, c'est p'tête mieux que ton truc là.

Grant le serviable. Le bon. Le sympathique.. Le mou ? Ouais non. Juste celui qui en a déjà marre et qui aspire à la fin de cette histoire. J'soupire un bon coup, là où j'aurais pu lâcher quelques jurons.

.. Vas y, j'la tiens. "

J'regarde Daphne maintenant, comme si elle avait besoin de mon feu vert. Ca va commencer à être joyeux dans l'coin..


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Daphne C. Page
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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Jeu 13 Oct 2016 - 18:53

Daphne s’activa pour débarrasser une table des breloques qui y étaient entassées pour la transformer en plan de travail. Sa conscience de médecin lui soufflait de suggérer à Reese d’arrêter de s’agiter et de simplement attendre sans rien faire, mais la trentenaire ne pouvait nier prendre un malin plaisir à la voir souffrir. Un peu comme une leçon, ou une compensation. Si Grant avait oublié quelles étaient les conditions quand on rencontrait l’un d’eux, son « plan cul » était là pour remettre les pendules à l’heure. Si elle survivait, la brunette se souviendrait très certainement de celle qui lui avait sauvé la vie, mais pas forcément pour les meilleurs motifs. Faute de mieux, elles couvrirent la table d’une bâche qu’elles fixèrent avec du chatterton. Ceci fait, l’urgentiste s’intéressait plutôt aux sources de lumière, ignorant presque complètement une Reese victime de sa fièvre. Si ça allait lui faire mal ? Très certainement. L’état de sa plaie était catastrophique.

- Il y a des chances, rétorqua Daphne sans aucune compassion, et il fait trop sombre…

Inutile de chercher, elle n’aurait pas mieux. En même temps, elle n’était plus à un handicap près : pas de salle aseptisée, pas de tenue adéquate, à peine le bon matériel… et puis, elle avait l’habitude. Combien de fois avait-elle rafistolé les militaires qui constituaient son groupe après la chute de son premier camp ? Dans un garage souterrain, presque sans lumière, et sans possibilité d’observer une hygiène basique.

Grant finit par revenir, juste après que le médecin eut à nouveau envisager d’abréger les souffrances de sa pauvre patiente. Le visage toujours aussi fermé, elle attrapa d’abord la bouteille d’eau pour se rincer abondamment les mains, utilisa un gel désinfectant, et enfila une paire de gants. Ensuite, sur le bord de sa table d’opération improvisée, elle prépara compresse, savon doux, et posa le reste d’eau. C’était le début.

- On n’a pas le temps de rigoler, intervint-elle sèchement quand l’homme proposa à son coup de foudre de mordre dans sa pantoufle.

A bien des égards, la ceinture ferait certainement mieux l’affaire. Les yeux froids de l’urgentiste se posèrent sur Grant, puis sur Reese, … et elle commença. D’abord, il fallait éponger les suintements pour nettoyer la blessure. A peine la compresse avait-elle effleuré les bords gonflés de la plaie, elle sentit le corps de sa patiente se crisper alors qu’un gémissement de douleur était étouffé par le cuir. C’était presque une chance que ses chairs n’aient pas commencé à nécroser. Au-delà des premiers contacts, Daphne oublia la délicatesse. Elle était précise, elle était propre, mais tamponnait les chairs mutilées sans se soucier de leur propriétaire qui risquait de tourner de l’œil. Parfois, elle levait son regard vers son complice qui maintenait fermement les épaules de la brunette, comme pour le mettre au défi de lui faire un reproche. Elle ne comptait pas s’éterniser : plus ils trainaient, plus leur absence pouvait paraître suspect.

Quand enfin, les écoulements de pue furent taris – ce qui demanda de longues dizaines de minutes – le médecin put se mettre à laver la blessure à l’aide du savon doux. Elle insista copieusement, essuyant par le même temps quelques écoulements récalcitrants, pour que son œuvre ait un aspect un peu plus encourageant. Pour terminer, avec les mêmes gestes habiles qui caractérisaient son travail, l’urgentiste apposa plusieurs bandes de rapprochement et fit un épais pansement.

- Le principe, c’est que ça reste propre, indiqua-t-elle en retirant ses gants, donc il vaut mieux éviter de bouger. Donne-lui ta chemise, Grant.          

Mine de rien, elle avait beau mépriser cette relation, ce plaisir restait grisant. Pas pour la beauté de la vie entretenue, mais pour cette gloire, cette sensation qui disait « tu l’as fait. Ce n’était pas évident, mais tu l’as fait. » ; le genre de défi taillé pour elle. Pendant que le mâle du trio aidait Reese à se redresser et à se rhabiller, Daphne posa à sa portée les antibiotiques.

- Tiens, prends en 2 maintenant.

Le temps de ranger ses affaires, la trentenaire resta silencieuse. En tant que responsable du stock médical, Michaela et Adam ne se rendraient pas compte d’une disparition en petite quantité, mais il était clair que pour le suivi, ils allaient devoir trouver ailleurs. « Grant » allait devoir trouver ailleurs. Son petit ménage fut vite fait et alors, elle reporta son attention sur le couple mal assorti. Elle croisa les bras et les toisa avec une autorité glacée :

- Bon… 5 jours, je ne reviens pas là-dessus, et on va établir des règles tout de suite, le médecin laisse planer un micro-silence presque sadique, pas de visite. Grant ne prend plus le risque de venir ici. Je viendrais changer ton pansement et voir si ça n’empire pas. Et pas la peine d’essayer d’être plus malins que moi… je vous tuerais tous deux sans que ça m’empêche de dormir, la menace se suspendit dans l’air qui venait de perdre quelques degrés avant qu’elle ne continue : tu ne viens pas. Je ne sais pas si il t’a montré où on habite, mais c’est moi qui fait le déplacement, toujours. Même si je suis en retard, même si je manque un jour… tu attends. Et enfin, si tu décides de partir, c’est ton problème. Je ne te courrai pas après dans le quartier pour te retrouver. Est-ce ça vous va ?

L’un de ses sourcils se souleva. En vérité, son avis était bien arrêté, ce serait difficile de négocier.



   
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Reese B. Maddox
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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Jeu 13 Oct 2016 - 19:18

Ça aurait été largement plus simple de s'évanouir finalement. Reese en fut convaincue, mais ne put s'offrir ce luxe quand Daphne commença son travail. La gorge nouée, un premier cri de douleur s'étouffa dans le fond de celle-ci, et elle fut bien incapable de dire ce qui lui faisait le plus mal. C'était juste totalement diffus, et même Grant qui y mettait toute sa force pour la maintenir immobile, en lui clouant les épaules à même la table, entraîna une douleur sinueuse qui ne fut pas aussi puissante que celle à son flanc. Elle fit juste tout son possible pour ne pas se mettre à pleurer, elle s'y refusa simplement, trop fière sans doute.

Mais elle ne manqua pas d'écharper les bras de Grant avec ses ongles, qui n'avait pas l'air d'en avoir quelque chose à faire. Pour sa part, difficile à dire combien de temps tout ça dura. Il lui sembla une éternité. A partir du moment où la torture avait commencé, la brune avait attendu avec une certaine impatience qu'elle finisse, sans qu'on le lui accorde. Et ça s'éternisa, très longtemps dans son esprit, au point de sortir chaque geste de la chirurgienne contre sa chaire meurtrie. Quand les bandes furent posées, la brune crut bien que son calvaire aurait finalement une fin. Et même la mort aurait été parfaitement acceptable...

Elle fut par ailleurs incapable d'entendre la voix de Daphne après ça. Retirant simplement la ceinture de ses lèvres à l'aide de ses mains tremblantes, elle fit Grant se défaire de sa chemise apparemment pour la lui donner, et quand il l'aida à se relever, elle crut qu'on la poignardait à nouveau. Elle gémit, en tentant de retenir ce gémissement pourtant, et fit tout son possible pour ne pas se plaindre. Ce n'était pas acceptable ici. Elle se devait d'être courageuse, tout particulièrement maintenant que Daphne menait le jeu. Mais les mains trop tremblantes, elle fut bien incapable de boutonner la chemise trop large pour elle.

On vint l'aider, ce qui la réchauffa partiellement. Elle n'osait pas vraiment parler, encore sous le choc de la douleur, et ne put pas vraiment remercier Grant de s'occuper d'elle sur le moment. Elle attrapa maladroitement les cachetons de Daphne, et les fourra en bouche comme elle lui avait demandé pour les prendre maintenant. Elle ne savait même pas ce qu'elle prenait, mais elle avait l'air de connaître assez son métier pour qu'elle lui fasse aveuglément confiance. Du coup, elle fit juste tout son possible pour ne pas s'évanouir maintenant, essayant de rassembler tout son courage pour retourner sur ses jambes et marcher jusqu'à...

Reese ne savait même pas où elle pourrait aller. Elle n'eut pas vraiment le temps de la réflexion, puisque Daphne posa immédiatement des règles. Cinq jours, oui. C'était entendu comme ça. Après ça, elle disparaîtrait, comme promis. Grant n'aurait plus le droit de venir ici, pour la voir. Il n'y aurait qu'elle, Daphne, pour être sa compagne d'infortune. Relevant son regard vitreux vers l'homme, elle comprit qu'il s'en moquait un peu. Tant pis. Elle aussi, du coup, elle ferait comme si ça n'avait aucune importance. La brune secoua juste la tête pour répondre à la chirurgienne : Non, elle ne savait pas où ils vivaient, et ne prendrait pas le risque de s'y rendre de toute façon.

« Oui » Souffla-t-elle simplement pour répondre aux invectives de la femme. Elle n'entendait pas négocier sur un quelconque point. Elle n'était pas en position de le faire, et elle n'en avait pas la force non plus. Pour l'instant, elle avait toujours l'impression de souffrir. Comme par vagues, la douleur venait lui couper le souffle, et Reese semblait être au bord de l'évanouissement. Elle redoublait d'effort pour ne pas vomir au pied de la chirurgienne, mais surtout parce qu'elle savait que la nausée serait plus douloureuse encore que la honte.

La brune se hissa sur ses jambes, toujours faible, mais qui ne voulait pas l'y paraître malgré son teint blafard, presque verdâtre. Lorsqu'elle fut sûre de tenir sur ses pieds, elle murmura maladroitement qu'elle se rendait dans le petit bureau à côté, pour être au calme, et en paix. C'était surtout pour ne pas être ici, en fait. Elle ne voulait pas. Elle aurait assez à faire à Daphne dans les prochains jours, et s'éterniser auprès de Grant ne servait plus à rien. Mieux valait s'épargner désormais. Elle laissait le masochisme des sentiments pour les autres.



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Grant S. Levine
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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Ven 4 Nov 2016 - 13:50

Le contrat est en train d'être honoré. Et j'y participe, comme je le peux, en tenant une Reese gesticulante et gémissante du mieux que je peux. Ses griffes taquinent mes chairs, c'est bien la fin que j'espérais à cette histoire. Mais pas le bon contexte. Pour le plaisir, faudra repasser. Pour l'instant, j'ai le droit à un regard plein de reproche et un pauvre p'tit coeur tout brisé. Moh. Si j'en avais eu quelque chose à foutre, j'me serais assis cinq minutes près de Reese et j'aurais pleuré, tiens.

Bref. Plan cul opère, et coeur brisé ne se tient pas tranquille. En même temps, vu la gueule de sa blessure, j'pense que moi non plus, j'arriverais pas à la laisser faire en paix. C'est que ça doit bien piquer. Bien plus qu'un pain distribué par un putain de gros skinhead dont j'ai pécho la femelle. Trou story. Repenser à ce connard m'permet de m'évader un peu, là. Parce que j'en ai marre. J'ai hâte que ça se termine.

C'est long. Très long. Et mine de rien, même si j'le montre pas, bah j'ai mal pour Reese. J'suis soulagé pour elle aussi. La vérité, c'est que j'voulais pas qu'elle crève. Quand j'l'ai rencontrée j'en avais rien à foutre, j'aurais la buter sans dire bonjour. J'sais pas vraiment pourquoi j'l'ai pas fait. P'tête parce qu'elle a eu les couilles - si j'puis dire - de m'tenir tête, et de jouer à un sale jeu avec moi.
Puis aujourd'hui. On en a vécu des choses. Des aventures. Non, vraiment, j'avais pas envie que ça se finisse mal. Elle va aller mieux, elle va se barrer, et moi j'vais m'taper Daphne avant d'aller pisser ma bière et d'aller piquer des trucs à des connards.

La réalité, voilà c'que c'est. Et m'la prendre en pleine gueule ne me dérange pas. Au contraire, ça me fait sourire. Au fond d'moi, j'me dis que j'suis quand même terrible. J'suis fier de moi. J'suis un enfoiré, un démon à gueule d'ange, et j'en ai rien à cirer du mal que j'fais aux donzelles. C'est leur problème. Bref, je souris réellement, et Daphne doit s'poser bien des questions si elle voit ma gueule en ce moment.

Son travail est terminé. J'relâche le fauve en haussant les sourcils et en lâchant un long soupir. J'regarde l'état de mes bras, puis j'crache au sol. Classe, non ? Sous les ordres de Madame, je donne la chemise à Reese. Je l'aide même à la boutonner parce que, franchement, ça n'a pas l'air évident pour elle. J'peux comprendre, elle vient de se faire visiter l'ventre par Daphne, à vif comme ça, c'est le genre de trucs à vous faire oublier que vous n'êtes pas une chèvre.

Daphne énonce ensuite ses dix commandements, et j'les écoute d'une oreille évasive. J'ai soif de ma bière. Faim de ma clope. Je hoche doucement de la tête aux propos qui m'concerne, et fais l'effort surhumain de ne pas signifier à quel point j'm'en fiche. Ou plutôt à quel point j'ai envie de m'en foutre. La vérité c'est que ça me fait chier, mais c'est tellement mieux comme ça. Reese loin de moi, avec une bonne overdose de haine dans la gorge, c'est atteindre mon but. Comme un méchant loup qui dégage la biche pour mieux aller bouffer les agneaux.

" Elle sait pas où on crèche. Chui pas dingue. Tu crois p'tête que j'ai envie que Michaela lui fourre un rouleau d'pâtisserie dans l'fion ?

J'regarde alors vaguement Reese.

T'as pas intérêt à nous suivre. T'as pas idée de la merde dans laquelle t'es fourrée là.

Et dans mes yeux, elle peut lire que je suis le premier responsable. Elle peut aussi lire que, peut être pour la première fois, je suis sincère avec elle. Là j'lui mens pas. Elle est dans la merde.

Encore besoin d'moi, ou j'peux me casser ? "

Bière.


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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Sam 5 Nov 2016 - 13:36

Pas d’objections ? Parfait. Elle n’avait pas envie d’argumenter, de tergiverser, ni de devoir en tuer l’un des deux après tout ça. Grant avait beau assurer qu’il n’avait pas balancé l’endroit où ils se réfugiaient, il avait déjà pris le risque de lui demander de l’aider, ce qui était une belle idiotie en soi. Daphne aurait pu tout révéler, elle l’aurait fait sans état d’âme. Plus d’inconnue, plus de mécanicien. Rien d’autre qu’un haussement d’épaule. Peut-être aussi que si elle n’avait pas mouchardé, c’était parce qu’elle détestait cette idée. Se courber docilement, une forme de mendicité pour la protection, prouver sa loyauté. Et puis…ce n’était pas suffisant. Michaela et Adam avaient certainement un coup d’avance ; elle ne pouvait compter que sur elle pour se prémunir.

- Tu vas devoir te débrouiller pour me trouver du matériel médical, répondit-elle quand son complice demanda si elle avait besoin de lui, je ne vais pas plus emprunter dans nos ressources.

L’accompagner ? Non. C’était sa merde. Elle avait déjà mis le pied gauche dedans en espérant que ça lui porte bonheur, hors de question d’y sauter à pieds joints. Si Reese claquait parce qu’ils n’avaient pas ce qu’il fallait pour son suivi, ou bien que sa blessure se réinfectait, c’était son problème. Celui de Grant aussi, même s’il voulait faire l’insensible qui se reprenait en main. C’était trop tard pourtant. Trop tard pour le cinéma et les grands airs de bad boy. L’urgentiste le tenait… et elle comptait bien l’utiliser à bon escient.

Quelques instants, elle resta seule dans sa salle de soin improvisée. S’enivrant pleinement de ce qui se jouait en ce moment. Elle avait la chair de poule, mais elle n’avait pas peur. Jamais. Sans un mot, elle emboîta le pas à son cadet, regagnant le commissariat où, heureusement, personne n’avait aperçu leur manège. Daphne avait soigneusement rangé son matériel médical, s’était copieusement lavée les mains, et avait regagné sa chambre comme si de rien était. Ce soir là, elle n’irait pas voir Grant. Peut-être pas les jours suivant non plus. Il avait au moins mérité une petite diète. Ça lui rafraîchirait les idées et ça l’inciterait peut-être à ne pas draguer toutes les midinettes qu’il croisait dans la rue. Parce qu’elle avait sauvé celle-ci, mais les prochaines, elles risquaient leurs têtes. Littéralement.

** Jour 1 **

Revenir seule était bien plus simple. Les autres habitants du commissariat étaient de toute façon habitués à son indépendance et le médecin ne rendait jamais de compte – ou très peu. Il n’y avait donc rien de suspect dans le fait de la voir partir avec son sac à dos, Beretta à la cuisse et machette en main. La température avait été amputée de quelques degrés. Sa patiente ne devait pas avoir apprécié sa nuit dans son garage, mais elle n’avait aucune couverture à lui apporter. Seulement ce que son « chéri » lui avait dégoté la veille, donc une petite gourde d’eau et le strict minimum pour refaire son bandage.

Daphne avait fait exprès de la faire languir plus de 24h. Au fond, elle espérait la trouver inconsciente, faible, blafarde. Affamée aussi, si elle n’avait rien à se mettre sous la dent. Par précaution, le canon de son arme l’avait précédée en entrant dans le refuge de fortune de Reese, mais si elle n’imaginait pas craindre grand-chose de la jeune femme. Quand elle la trouva, elle lui demanda cruellement, avec un brin d’ironie :

- Alors cette première nuit ?

Ses yeux glacials la transpercèrent. Elles étaient là, seules à seule. Le coup de cœur et le plan cul. Situation parfaitement ridicule au fond, à croire qu’elle avait été prévue pour un film. Un mauvais film, selon l’urgentiste. Chaque seconde qui passait était un instant où elle aurait pu la tuer et cacher son corps sans que Grant ne le sache jamais, mais elle préférait rester réglo. Du moins, tant qu’elle ne dépassait pas les bornes. La trentenaire tendit froidement la gourde en déclarant :

- Tiens, faut que tu restes hydratée.



   
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Reese B. Maddox
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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Lun 7 Nov 2016 - 12:09

Cette première nuit ? Atroce. Mais ça, Reese se refusa à l'admettre tout simplement. Et de toute façon, elle n'était pas vraiment sûre que Daphne lui posait sérieusement la question. Vu son air glaçial, condescendant, et qu'on pouvait qualifier de tout plein d'adjectif fondamentalement négatif, elle se contenta de rouler des yeux en évitant soigneusement d'avoir à la regarder trop longtemps. Elle ne l'aimait pas. Et c'était un euphémisme. Elle ressentait tout un tas de trucs à son propos, mais loin d'elle des sentiments qui approchaient du près ou de loin à de l'affection, du respect, ou ce genre de trucs. Il y avait un truc, fondamentalement en elle, qui la dérangeait.

Sauf qu'elle n'avait pas le choix que de la tolérer. C'était juste que ça l'emmerdait que ça soit comme ça. Dans sa tête, elle imaginait tout de même le moment où elle ne survivait pas à tout ça, malgré les paroles qu'elle avait eu envers la chirurgienne. Si elle n'y parvenait pas, Daphne serait la dernière personne qu'elle aurait vu de son vivant. Et cette idée lui était insupportable. Elle ne voulait pas que ça soit le cas, et c'était probablement le seul moteur qui la maintenait vraiment envie. Grant, passait encore. Mais Daphne ? Hors de questions !

Se contentant d'attraper la gourde qu'elle lui tendait, la brune eut l'impression qu'elle pesait une tonne à bout de bras. Pourtant, elle réussit à la soulever à deux mains, et à la porter jusqu'à ses lèvres. Elle n'en but que quelques gorgées, parce que le moindre mouvement lui faisait un mal de chien, et elle était assez affaiblie de toute façon. Mais elle constatait un mieux tout de même. Ouais... Y'avait du mieux. Elle n'était plus le fantôme de la veille, même si elle était affreusement fatiguée. Et la douleur l'empêchait de dormir. Elle ne dormait pas vraiment de toute façon, elle avait l'impression de... Comater. Un truc dans ce genre là.

« Si tu as autre chose à faire... » Commença Reese en lui rendant sa gourde, la fixant un long moment avec les yeux vitreux. « Faisons ça vite. » Termina-t-elle froidement. Elle se doutait que Daphne serait là pour voir sa blessure, surveiller l'évolution, changer les pansements. Enfin, probablement ? Peut-être n'était-elle là que pour venir la narguer, lui faire une petite danse du ventre pour lui prouver qu'elle pouvait le faire et qu'elle n'aurait pas une affreuse balafre pour le restant de son existence. Ce qu'elle avait envie de lui dresser son majeur, rien que pour ça.

Elle ne le fit pas cependant. Se relevant péniblement du siège où elle était assise. Elle se hissa sur ses jambes avec difficulté, mais rien d'anormal quand on s'était fait transpercé par un truc métallique. Elle allait survivre à ça, il le fallait. Mais c'était handicapant, et Reese songea à la suite. Si elle obtenait les soins de Daphne, il lui faudrait trouver un abri et un peu de quoi manger pour les quelques jours suivants, histoire de reprendre un rythme. Un abri discret, loin d'ici ? Elle devrait quitter Seattle, pas de doute là-dessus...

Relevant son haut, la brune sentit la morsure du froid. Cependant, pas de fièvre, alors c'était probablement moins pire que ce que ça pourrait être. Elle laisserait Daphne se chargeait du reste, elle s'y connaissait bien mieux qu'elle. Et même s'il était un peu tôt pour voir s'il y avait vraiment des résultats, Reese n'hésita pas longtemps à demander à l'autre femme, d'une voix enrouée par la fatigue : « Y'a du mieux ou... ? » Ou pas ? Parce que c'était la grande question qui lui brûlait les lèvres. Si ça pouvait le faire. Si elle allait tenir parole.



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Daphne C. Page
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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Lun 7 Nov 2016 - 17:26

Quelques secondes, elle confronta ses yeux froids aux pupilles vitreuses de sa cadette. Elle était si faible… il suffirait de rien du tout pour l’achever. Un instant, Daphne songea à attirer un rôdeur la prochaine fois, le laisser rentrer à sa place et voir comment la miss se débrouillait avec. Est-ce qu’elle le ferait vraiment ? La question resterait en suspend. Les jeux sadiques n’étaient pas vraiment sa tasse de thé, elle était bien plus grande pratiquante de l’indifférence, mais pour Reese… elle serait capable de faire exception à la règle. Pas vraiment de sa faute à cette nénette, c’était plutôt pour avoir la sensation de toucher Grant qu’elle ferait ça. Même pas par jalousie : pour punir sa stupidité, tout bêtement.

L’urgentiste avait récupéré la gourde et disposait son matériel de soin sur sa « table d’opération » qui n’avait pas bougé depuis la veille. Rapidement, elle se lava les mains et enfila une paie de gants en caoutchouc. Cette fois, elle avait apporté sa lampe torche, pour vaincre la luminosité discutable de la pièce. La mine inexpressive, elle inspecta la blessure, non sans se priver de tâter légèrement les bords. Il était fort probable que ça fasse mal, mais elle s’en fichait royalement. Ça suintait, mais il n’y avait plus de pu, donc c’était en bonne voie. Les bords de la plaie, rapprochés par les stéri-strips, avaient dégonflé de moitié et était visiblement moins enflammés. Daphne soupira, l’air presque déçue.

- C’est mieux. L’infection s’est arrêtée… pour l’instant.

Car ce n’était que le début. Tant que les chairs ne se seront pas fermement ressoudées, le risque que ça reprenne restait présent – surtout dans des conditions d’hygiène pareilles. C’était déjà un miracle d’avoir pu intervenir sans aggraver les choses. L’avocate avait de la chance ; beaucoup de chance. Sans un mot, le médecin déballa quelques compresses et son savon doux, pour nettoyer les suintements qui luisaient sur la peau blafarde de Reese. Ce savon, c’était bien la seule chose qu’elle avait accepté de ramener du commissariat ; ça, et quelques antibiotiques.

L’atmosphère était lourde pendant qu’elle accomplissait sa besogne secrète. Sans Grant pour faire la passerelle entre ces deux personnalités, la tension était palpable. Un château de cartes, une vraie scène de théâtre. La trentenaire elle-même se demandait quand tout allait basculer, quand elle allait finir par s’écarter, prendre son 9 mm et coller une balle dans la tête de sa patiente. Elle n’en fit rien. Silencieusement, elle refit le pansement, puis tira 4 cachets de sa petite trousse.

- Prends-en deux maintenant, garde les autres pour demain. Ce sont les derniers que tu auras, précisa-t-elle en la transperçant de ses yeux automnaux, sauf si Grant t’en trouve d’autre d’ici après-demain.

Encore un peu, elle défia le regard fébrile de l’avocate. Laissant sous-entendre à quel point sa survie dépendait de l’homme qui l’avait attiré dans ce piège, mais aussi comme Daphne gérait désormais la situation. Reese était, certes, comme un lapin dont l’avenir dépendait du bon vouloir d’un loup, mais le mécanicien aussi, s’était fait limer les crocs. Pour l’instant en tout cas. Ce furent ces pensées qui tirèrent une esquisse de sourire à l’urgentiste avant qu’elle ne se détourne, prête à remballer et à s’en aller.

- Garde ça au fait, dit-elle en posant la gourde sur la table, tu en auras plus besoin que moi.



   
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The story of gods and men

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